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ACE

i’ucide acétique et de l’ammoniaque ou du carbonate d’ammoniaque, se conserve mal, l’acide acétique s’y transformant en acide carbonique ; ce sel est employé en médecine dans les maladies inflammatoires, telles que pneumonies, bronchites aiguës, capillaires, chroniques, ■dans l’emphysème pulmonaire, dans les fièvres typhoïdes. Sous son influence le pouls est moins agité, les sécrétions de la peau et des muqueuses, ainsi que les urines, deviennent plus faciles et plus abondantes. Ce sont les propriétés atfaiblies de l’ammoniaque.

Acétates de cuivre. — Il en existe quatre dont plusieurs sont employés dans l’industrie.

Acétate neutre^ Verdet^ Cristaux de Vénus. — S’obtient en dissolvant l’acétate bibasique dans l’acide acétique et évaporant la liqueur à chaud. Il s’en dépose des cristaux vert foncé contenant une proportion d’eau. Si l’évaporation se faisait à une basse température, les cristaux seraient bleus et retiendraient 5 proportions d’eau. — Ce sel est employé dans la teinture en noir sur laine. Bouilli avec du sucre de canne, il se décompose et laisse précipiter du protoxyde de cuivre Cu-’O. La décomposition est presque instantanée si l’on opère avec du glucose.

Sous-acétafe., vert-de-gris., (Cu0)2,C^^H30'^-{~GAq. — Se prépare en grande quantité dans le midi de la France, en particulier à Grenoble et à Montpellier. Dans cette dernière ville on introduit dans des pots de terre, couche par couche, du marc de raisin en fermentation et de minces lames de cuivre. Au bout de deux ou trois semaines on retire les plaques et on les expose à l’action oxydante de l’air en les mouillant de temps en temps. Il s’y forme une couche bleu verdâtre de sous-acétate de cuivre qu’on en détache en les raclant. A Grenoble on expose dans une étuve chauffée, des lames de cuivre mouillées de vinaigre. Le vert-de-gris ainsi obtenu est plus riche en acide acétique que le précédent. L’un et l’autre de ces sels sont employés dans la peinture à l’huile ou à la préparation de l’acétate neutre. Traités par l’eau, ils se décomposent en acétate tribasique (CuO)^, C'‘H303, qui prend la forme de paillettes cristallines insolubles et en acétates neutre et sesquibasique qui tous deux restent dissous.

Il ne faut pas confondre le vert-de-gris (sous-acétate de cuivre) avec le vert-de-gris qui apparaît à la surface des ustensiles de cuivre ou des pièces de bronze exposés à l’air humide et qui est un sous-carbonate de cuivre hydraté.

Les acétates de cuivre sont très-vénéneux, et on ne saurait trop se mettre en garde contre les dangers que peuvent occasionner les liquides qu’on a laissés refroidir dans des vases de cuivre, particulièrement si ces liquides contiennent du vinaigre.

Malgré leurs propriétés toxiques, les acétates de cuivre ont été employés môme à l’intérieur, à très-petites doses, il est vrai, contre certaines maladies rebelles; cet usage a été abandonné. A l’extérieur on s’en sert contre des ophthalmies rebelles ou pour modifier des plaies de mauvais caractère ; mais c’est particulièrement au sulfate de cuivre qu’on a recours dans ce cas.

Les anciens connaissaient le vert-de-gris, s’en servaient dans la peinture et en médecine et le préparaient comme no as.

Contre-poisons. — Blancs d’œufs, fer réduit par l’hydrogène, sucre en grande quantité. Concurremment provoquer les vomissements.

Acétate de fer. — Très-soluble dans l’eau et incristallisa,ble. On le prépare pour les besoins de l’industrie en traitant des ferrailles par l’acide acétique étendu. On obtient ainsi une liqueur brun foncé appelée bouillon noir et que l’on emploie comme mordant pour la teinture en noir. Avec l’acide acétique impur provenant de la distillation du bois, et appelé acide pyroligneux., on obtient le pyrolignite de fer., acétate de fer que M. Boucherie fait servir à la conservation des bois.

Acétates de plomb. — On connaît quatre acétates de plomb, trois seulement sont employés.

Acétate neutre., ou sel de Saturne, Pb0,G^H303-l-3Aq. — S’obtient en faisant agir l’acide acétique sur de la litharge (protoxyde de plomb), ou bien en exposant du plomb au contact de l’air et de l’acide acétique. L’acide, par son affinité pour l’oxyde de plomb qu’il dissout, favorise l’oxydation du métal. Le sel de Saturne a une saveur sucrée d’abord, puis astringente et métallique. Il est soluble dans 40 parties de son poids d’eau et dans 8 parties d’alcool. Il s’effleurit à l’air, devient anhydre à 100°, fond vers 190°, et à une température plus élevée se transforme en acétate tribasique. 11 s’emploie en mé-

decine et en teinture pour la préparation des jaunes de chrome.

Acétate tribasique, (Pb0)3,G''H303-l- Aq. — Se prépare en faisant digérer dans 30 parties d’eau 7 parties de litharge avec 10 parties d’acétate neutre de plomb. Il est employé en chimie organique pour précipiter les matières gommeuses, albumineuses ou extractives de leurs dissolutions ; mais son principal emploi est pour la fabrication de la céruse ou carbonatede plomb (voyez Céruse).

Extrait de Saturne, eau blanche, eau de Goulard (du nom d’un chirurgien de Montpellier). — Ce composé, intermédiaire aux deux précédents, s’obtient en faisant digérer 1 partie de litharge et 2 parties d’acétaten entre de plomb dans 3,5 parties d’eau. C’est un produit pharmaceutique.

Les acétates de plomb sont très-vénéneux ; ils donnent lieu à des coliques violentes et souvent mortelles quand ils sont pris à doses trop considérables ; pris en petite quantité, mais longtemps continués, ils peuvent produire le môme résultat. Ils sont cependant d’une grande utilité en médecine, et, convenablement administrés, ils n’occasionnent jamais d’accidents sérieux. Ce sont des astringents puissants. L’acétate neutre s’emploie à l’intérieur pour combattre les dyssenteries, Içs diarrhées rebelles, les hémorrhagies passives, les sueurs nocturnes des phthisiques. L’eau blanche s’applique à l’extérieur dans les inflammations superficielles de la peau, les contusions, les brûlures ; plus rarement contre les ophthalmies où elle n’est pas sans inconvénient. En général le plomb, quand il a pénétré dans nos tissus, n’en peut ôtre éliminé qu’avec une grande difficulté.

Contre-poisons. — Eau sulfureuse, sulfure de fer hydraté, alun, toutes substances qui, en contact avec l’acétate de plomb soluble, le transforment en un autre sel insoluble ou peu soluble. Il est utile en outre de provoquer immédiatement le vomissement.

Acétate de potasse, KOiG^'H^O^. — Autrefois appelé terre foliée de tartre, déliquescent, soluble dans l’eau et l’alcool. Il s’unit à l’acide acétique pour former le bi acétate de potasse. Ce dernier sel, déliquescent comme l’autre, fond à 148° et abandonne à 200° de l’acide acétique monohydraté, ce qui est un moyen simple d’obtenir l’acide très-pur.

Acétate de soude, Terre foliée mmera/e, Na0,C^H30'’ -h 6Aq. — Cristallise en gros cristaux (prismes rhomboïdaux obliques), efïlorescent à l’air sec, soluble dans l’eau, un peu moins dans l’alcool; fond dans son eau audessous de 100°, très-employé dans les laboratoires et dans l’industrie où il sert à purifier l’acide acétique (voyez Acétification). M. D.

ACÉTIFICATION. — Transformation de l’alcool du vin en acide acétique ou vinaigre, par l’i-ntermédiaire d’un ferment azoté. L’alcool pur n’absorbe pas directement l’oxygène.

Le rôle du ferment dans cette opération est encore mal connu; suivant les expériences récentes de M. Pasteur, l’acétification aurait pour cause productrice la présence d’un végétal microscopique auquel il donne le nom de mycoderma aceti. Ce végétal aurait la propriété singulière de provoquer la fixation de l’oxygène sur l’alcool et de le transformer en acide acétique. Cette théorie se lie à l’ordre général d’idées par lesquelles M. Pasteur explique les fermentations. Ainsi , dans la fermentation alcoolique, je ferment serait constitué par une plante qui, se nourrissant de sucre, produirait l’alcool ( voyez Fermentation).

ACÉTIMÈTRE, de acetum, vinaigre, et métron, mesure. — Instrument destiné à mesurer le degré de force des vinaigres (voyez ce mot).

ACÉTINES. — Produits neutres résultant de l’union de la glycérine avec t, 2, 3 équivalents d’acide acétique, en môme temps qu’il se produit une élimination de 2, 4, 6 équivalents d’eau (voyez Glycérine).

Les acétines sont liquides, odorantes, peu solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther. Il existe trois acétines : mono-acétine, ; di-acétine, C'^H'-O *^ ;

tri-acétine, . ja production de l’une ou de l’autre

dépend de la température à laquelle le mélange d’alcool et d’acide acétique est porté, du degré de dilution de l’acide et des proportions relatives des deux corps. On trouve la triacétine dans l’huile de foie de morue. La production artificielle des acétines est due à M. Berthelot.

ACÉTIQUE (Acide), du latin acetum, vinaigre. — Principe actif du vinaigre, se rencontre combiné avec la potasse, la soude ou la chaux dans les tissus de quel-

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ques plantes et dans la sécrétion des animaux. Il est un des produits constants de la calcination, en vase clos, des matières organiques et notamment du bois (voyez \ IXA.IGP.E). Toutes les liqueurs alcooliques , vin, bière, cidre, etc., lui donnent naissance, en éprouvant, au contact de l’oxygène, une fermentation acide dite acétification. — Au maximum déconcentration, il est solide au-dessous de IG”; on le nomme alors acide acétique cristallisable. — A une température plus haute, r’est un liquide incolore, d’une odeur vive et pénétrante, d’une saveur brûlante ; sa densité à PO" est i ,003 ; — sa température d’ébullition, 120"; — sa densité de vapeur prise à 230", 2,00 ; son action sur les tissus organisés est comparable à celle des acides minéraux les plus énergiques. — Sa stabilité est très-grande, sa vapeur n’est décomposée par la chaleur qu’à une température irès-élevée. — L’acide acétique se mélange en toutes ju’oportions avec l’eau; une contraction se produit, au moment du mélange, si bien que la densité de la dissolution va en croissant jusqu’à ce que la quantité d’eau ajoutée soit supérieure à 32 pour 100.

Le chlore agit sur l’acide acétique monohydraté sous l’influence des rayons solaires. Il y a substitution du chlore à l’hydrogène et formation d’un acide analogue à l’acide acétique, qu’on nomme acide chloracétique et qui a été découvert par M. Dumas. ,

C4H303,H0 + 3C1=: 3, HCl) 001303, HO

Ac. acétique. Ac. chloracétique.

L’acide acétique s’obtient dans les laboratoires par la distillation sèche de l’acétate neutre de cuivre (uerdet). La liqueur obtenue est verdâtre ; une distillation nouvelle faite avec précaution donne de l’acide acétique dilué [vinaigre radical). Quand on le veut plus concentré, on traite un acétate alcalin, l’acétate de soude, par l’acide sulfurique; le liquide qui passe à la distillation est mélangé avec un excès de chlorure de calcium, puis rectifié; cette opération fournit un acide très-fort et se solidifiant vers 1 0".

Usages. — A l’état de dilution, ce corps est employé en grande quantité sous la lorme de vinaigre (voyez Vinaigre, Acétii'ication). Plus concentré, il sert à la fabrication des substances dites sels pour odeur. Les photographes s’en servent pour former avec le nitrate d’argent un acéto-nitrate et donner à l’image que feront apparaître les agents réducteurs une plus grande netteté.

Historique. — L’acide acétique a été obtenu pour la première fois assez concentré par Stahl, qui traita les acétates par l’acide sulfurique. Ce n’est qu’à la fin du XV me siècle qu’on a su obtenir son hydrate à l’état de pureté, et en 1852 seulement que Gerhardt l’a préparé à l’état anhydre. , B.

ACÉTONE, ou esprit pyro-acétique. — Substance qu’on obtient par la distillation d’un mélange de 4 parties d’acétate de plomb et d’une partie de chaux. C’est un liquide incolore, d’une odeur agréable, d’une densité de 0,7921 ; il bout à 6G", brûle avec une flamme blanche, et peut être employé quelquefois comme dissolvant. Sa formule est C^H'^Oh Les chimistes considèrent aujourd’hui le corps précédent, découvert par Chenevix vers 1804, comme le type d’un certain nombre de corps appelés acétones et qui dérivent des aldéhydes (voyez Aldéhyde), par la substitution d’une^ molécule hydrocarbonée à une molécule d’hydrogène : tels sont le propione, le butyrone, le benzone, etc.

ACHE (Botanique), Apium., Tourn., du mot celtique apon., eau, parce que cette plante se plaît dans les lieux humides. — Ce genre est intéressant pour la culture potagère, qui a fait d’une de ses espèces, l’Ache odorante, [Apium graveolens., Lin.), notre céleri cultivé [Ap. dulce.^ Miller), et une seconde variété, le céleri rave [Ap. rapaceum.^ Mill.) (voyez Céleri) ; une troisième variété est l’Ache des marais [Ap. palustre.^ P^nhin), type sauvage de l’espèce ; c’est une plante qui ressemble au persil avec des feuilles plus grandes et dont la racine et les fruits sont employés en médecine comme apéritifs et diurétiques ; elle entre dans la composition du sirop des cinq racines apéritives. Le genre Ache appartient à la famille des Ombellifères., tribu des Kock; il renferme

des herbes à racines épaisses au collet ; à tiges rameuses, sillonnées; à fruits arrondis, doubles; dont les carpelles ont 5 côtes filiformes; columelle indivise. Le persil [Petroselinum., Hoflm.) forme, actuellement le type d’un genre distinct de celui-ci (voyez Persil). G — s.

Aciie de montagne (Botanique). — Nom vulgaire de la Livèche [Ligusticum Levisticum., Lin.).

, Ache des chiens (Botanique). — Nom vulgaire d’une Ethuse [Æthusa cyympium., Lin.).

AGHÉE (Botanique). — L’un des noms vulgaires de la Traînasse ou Renouée des petits oiseaux [P olygonum aviculare., Lin.).

ACHÉES. — Nom donné par les pêcheurs aux vers lombrics dans quelques parties de la France. Pour se procurer cet appât, les pêcheurs choisissent des prairies fraîches et ombragées, puis, après avoir arrosé la terre avec une décoction de feuilles de chanvre ou de noyer, ils la trépignent avec les pieds, y enfoncent un bâton qu’ils font tourner sur lui-même et font sortir ces vers par ce moyen. On a étendu le nom (Tachées aux vermisseaux, aux larves qui servent d’appâts pour le poisson.

ACHILLE (Tendon d’) (Anatomie). — Large tendon situé en arrière et au bas de la jambe, et qui résulte de la réunion des tendons des vo\x?>c\e^s jumeaux et soléaire.

ACHILLÉE (Botanique), Achillea., Lin. — Plante de la famille des Composées.^ qui sert de type à un genre. Suivant Pline, ce nom a été créé en l’honneur d’Achille, élève du centaure Chiron qui le premier aurait employé VAchillée millefeuille pour guérir les blessures; quoi qu’il en soit de cette histoire, cette dernière espèce [A. millefolium., Lin.) a conservé sa vieille renommée à travers les âges, et c’est encore aujourd’hui Vherhe aux charpentiers., Yherbe à la coupure., à cause des propriétés qu’on lui attribue. Cette plante se rencontre abondamment dans les lieux incultes; elle porte des capitules ou fleurs composées blanches, groupées en corymbes denses [fig. 40). Quelques variétés ont des fleurs roses purpurines. Une auti*e espèce mérite d’être citée, c’est l’A. ptarmique [A. ptarmica., Lin.), herbe à éternuer (du grec ptarmos éternument) ; elle croît dans notre pays et se distingue par ses feuilles indivises, finement dentées.

On employait autrefois sa racine contre les maux de dents, à cause de scs propriétés sternutatoires. On obtient dans les jardins une variété à fleurs doubles qu’on a appelée bouton d'argent., nom qui a été donné à plusieurs autres fleurs.

Le genre A appartient à la tribu des P>énécionidées, sous-tribu des Anthémidées ] ce sont des herbes vivaces à capitules multiflores, en corymbes; les fleurons de la circonférence sont pistillés ; le réceptacle est garni de paillettes transparentes. Les espèces sont nombreuses et plusieurs servent de plantes d’ornement. G — s.

ACHROMATISME (du grec a privatif, et chroma, couleur.) — Destruction des effets de coloration que l’on observe dans les images des corps vus au travers des prismes fit des lentilles simples (voyez ces mots; voyez également Lumière, Dispersion, Aberration de réfrangibilité).

Si nous regardons un objet au travers d’un prisme, en même temps qu’il nous semblera déplacé du côté du sommet du prisme, nous le verrons bordé dans le sens des arêtes de l’instrument de bandes colorées en bleu et violet d’un côté, en jaune et rouge de l’autre. En accolant ensemble deux prismes convenablement choisisl’un en cristal, l’autre en verre ordinaire, et les disposant en sens inverse, la base de l’un dirigée vers le sommet de l’autre, on peut conserver au système la propriété des prismes de changer la direction des rayons qui les traversent, tout en faisant disparaître ces bandes colorées, en sorte que les objets vus à travers ce système conservent exactement leur aspect en paraissant changer de plan. On dit alors que le prisme est achromatisé.

Des eficts de coloration analogues seraient produits

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dans des lunettesdontl’objectif ou verre dirigé vers les obiets n’aurait pas été achromatisé ou serait mal achromatisé et ce défaut, qui enlèverait toute netteté aux lunettes se corrige de la môme manière. A une lentille convergente en verre ordinaire {fig. 4 1 ), on accole une lentille divergente en cristal. Si^ les deux lentilles sont convenablement choisies, leur ensemble conserve encore les propriétés des lentilles convergentes et peut fournir une image réelle des objets vus au travers; mais les rayons élémentaires de diverses couleurs qui entrent dans la composition de chaque rayon de lumière ordinaire ne se trouvent plus séparés les uns des autres, chaque rayon émanant de l’objet conserve ses propriétés et l’image ^ achVo'nmikiï!’’^ ^este Semblable à l’objet dans sa coloration comme dans sa forme.

Nous donnons ici, comme exemple, le système adopté par le célèbre artiste Fraunhofer, pour l’objectif achromatique de sa lunette astronomique. La lentille convexe de verre ordinaire (crown-glass) est associée à un ménisque divergent de cristal ( flint-glass) ; l’ensemble agit comme une lentille simple d’une distance focale de 0“,60. Soient F cette distance, r, r\ les rayons de courbure des surfaces du crown, 5', ceux du flint, le tableau suivant donne une idée complète du dispositif.

INDICES DE REFRACTION.

Réfract. moyenne Rouge

Crown 1,53 1,521

Flint 1,634494 1,616707

Crown r = 0,7347120 F

Flint s = 0,2981695 F

Demi-ouverture = 0,0333442 F

Epaisseur du crown = 0,004389642 F

Épaisseur du flint., = 0,003460118 F

Le ménisque divergent tourne sa surface concave du côté du crown-

On a cru pendant longtemps que V achromatisme était impossible, c’est-à-dire qu’on ne pouvait pas, autrement que par la réflexion sur les miroirs, changer la direction d’un rayon de lumière sans le décomposer. Cette question fut l’objet de longs débats entre les plus grands géomètres, tels que Newton, Euler, Glairaut, d’Alembert. Hall en 1733, Jean Dollond 'en 1757 résolurent les premiers la question en construisant des lunettes achromatiques. Aujourd’hui aucun doute ne saurait exister à cet égard, et cependant, malgré leS progrès de la science, la recherche des formes qu’il convient de donner aux surfaces des lentilles accolées ensemble reste encore un des problèmes les plus délicats et les plus difficiles, en théorie comme en pratique, de l’art de construire les lunettes. Dans les petites lunettes terrestres, les lorgnettes de spectacle, etc., tant de précision n’est pas nécessaire, et on se contente d’une approximation assez grossière, qui ne serait pas tolérable dans une lunette astronomique.

Les deux lentilles qui s’achromatisent sont ordinairement soudées l’une à l’autre par un mastic bien transparent; quelquefois elles sont libres dans une monture commune. Dans ce dernier cas, si on a besoin de démonter la lunette pour en nettoyer les verres, il faut avoir soin de les mettre en contact par les mêmes surfaces, autrement l’achromatisme serait altéré, et la lunette perdrait notablement de ses qualités.

(Voyez les grands traités spéciaux de physique et d’optique : Herschel, Traité d'optique. Douillet, Daguin, Jamin, Desains, etc. Traités de physique.)

ACHROMATOPSIE. — Affection particulière de l’œil qui le rend incapable de distinguer les couleurs, ou du moins certaines couleurs. Les personnes qui sont affectées d’achromatopsie complète sont sensibles aux différences que présentent les corps et leurs diverses parties dans leur degré d’éclairement, mais les voient tous colorés de la même manière ; il en est d’autres qui peuvent distinguer deux ou trois couleurs, mais qui rapportent tous les tons à ceux-là. Il arrive assez souvent que ces personnes ne se doutent nullement de cette imperfection de leur vue et qu’elles n’en sont averties qu’accidentellement. Aucun traitement n’est applicable à cette affection. Du reste, si

les noms que nous donnons aux couleurs nous sont communs à tous, les impressions qu’elles produisent en nous sont tout individuelles, et rien ne prouve qu’elles se ressemblent chêz deux personnes différentes. M. D.

ACICULAIRES (Feuilles) (Botanique), du latin acus, aiguille. — Feuilles étroites, rigides et pointues (voyez Feuilles).

Acigulaires (Cristaux). — Cristaux prismatiques allongés comme des aiguilles.

ACICULES (Zoologie). — Poils gros, rigides, piquants et sans crochets, au nombre de 1 ou 2 à chaque pied membraneux de certains Annélides.

ACIDE (Chimie), en latin acidus, du grec akis, akidos, pointe, piquant. — Nom donné à tout composé dont le mode d’action se rapproche plus ou moins de celui du vinaigre qui n’est lui-même que de l’acide acétique délayé dans l’eau. Les acides, au moins ceux qui se dissolvent dans l’eau, présentent, en général, les caractères suivants : ils ont une saveur aigre, piquante, ils rougissent la teinture bleue de tournesol ou le papier qui en est imprégné, ils décomposent la craie, le marbre avec effervescence et sont plus ou moins neutralisés par la chaux. Les acides les plus simples dans leur constitution sont les hydracides ; ils résultent de l’union d’un métalloïde avec l’hydrogène, ce sont : les acides fluorhydrique, chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, sulfhydrique, sélénhydrique, tellurhydrique ; et môme l’acide cyanhydrique ou prussique, bien que le cyanogène soit un corps composé de carbone et d’azote, à cause des analogies qui existent entre le rôle chimique du cyanogène et celui du chlore, du brome ou de l’iode. On appelle oxacides, les acides dans la constitution desquels entre de l’oxygène ; ce sont les plus nombreux et les plus employés. Exemple: acide sulfurique ou huile de vitriol, acide azotique ou nitrique, connu sous le nom à'eauforte, acide phosphorique, les acides acétique, oxalique, tartrique, stéarique, etc. Les acides sont dits hydratés ou anhydres suivant qu’on les considère comme renfermant de l’eau en combinaison ou comme n’en renfermant pas. Les oxacides anhydres ne sont plus, à proprement parler, des acides, et prennent le nom d’ANHVDRiDES. Cette circonstance est très-importante, en ce sens qu’elle permet de rattacher les oxacides aux hydracides par l’élément commun hydrogène, que ces deux classes d’acides contiennent et qu’ils peuvent échanger en totalité ou en partie contre un métal en donnant naissance à différents sels. Un acide ordinaire n’est môme, au fond, autre chose qu’un sel à base d’hydrogène, l’hydrogène pouvant être considéré comme un métal gazeux à cause de la manière dont il se comporte dans les réactions. On distingue les acides en minéraux et en organiques suivant la nature des corps dont ils proviennent (ces derniers contiennent toujours du carbone); mais cette distinction n’a rien d’absolu, attendu que l’on a pu former de toutes pièces, à l’aide des éléments fournis par le règne minéral, des substances identiques à celles que produisent les végétaux ou les animaux. On appelle 2i.e\éiespyrogénés les produits acides résultant de l’action de la chaleur sur certains acides organiques, produits qui ne diffèrent des acides primitifs que par de l’eau ou de l’acide carbonique en moins, ou bien par les deux à la fois. On appelle acide monobasique ou mono-atomique un acide qui, dans les doubles décompositions, échange toujours tout son hydrogène basique (hydrogène en quelque sorte disponible) contre un métal ; bibasique ou bi-atomique celui qui peut n’échanger que la moitié de cet hydrogène ; tribasique ou tri-atomique celui qui peut n’échanger que le tiers ou les deux tiers du môme élément, etc... Les acides bi-atomiques, tri-atomiques, etc., constituent le groupe des acides polyatomiques, ainsi nommés comme si la molécule d’un de ces acides renfermait plus d’un atome d’hydrogène basique, ordinairement deux ou trois. Exemples : l’acide métaphosphorique, HO,PO=^ et l’acide acétique, H0,C'»H303, sont mono-atomiques, et forment des sels, MO,PO®, et MO,C'^H30®, dans lesquels le métal M remplace l’hydrogène H ; l’acide pyrophosphorique, 2HO,PO^, et l’acide tartrique, 2H0,G®H'0*®, sont bi-atomiques, et forment des sels neutres 2MO,PO^ et 2MO,G8H'‘O'0, plus des sels acides HO,MO,PO% et HO,MO,G8H40io. Enfin l’acide phosphorique ordinaire 3HO,PO®, et l’acide citrique 3H0,G*2HS0*', sont tri-atomiques et forment trois séries de sels, les uns neutres 3MO,PO“% et 3M0,C‘2H50^% les autres acides 2HO,MO, PO ‘ et 2HO,MO,Ci2HSO>i, plus H0,2M0,P05, et II0,2M0,Gi2H50“.

A l’époque où ont été posées les bases de la nomencla-

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TunE CHIMIQUE oiî regardait l’oxygène comme l’élément générateur des acides, comme l’élément essentiel à la constitution de ces corps, et l’on considérait un sel comme une combinaison formée de deux principes antagonistes, d’un acide et d’un oxyde, tel que la potasse, la chaux, l’oxyde de fer, l’oxyde de cuivre, etc. appelé base.

On a reconnu, depuis, l’inexactitude et l’insuffisance de cette manière de voir, et, tout en conservant l’ancien langage, on se contente d’exprimer le plus simplement possible les résultats des réactions sans adopter d’hypothèse absolue sur le groupement des molécules que nous ne connaissons pas d’une manière certaine. Dans le système unitaire., si simple et si rationnel, qui tend à prévaloir sur le système ancien dit dualistique., on regarde un sel comme un édifice moléculaire unique, dans lequel l’hydrogène et les métaux peuvent se déplacer et se remplacer suivant certaines proportions. L. G.

Les acides jouent un rôle extrêmement important dans la chimie et dans les arts. Plusieurs d’entre eux sont employés en médecine. Nous donnons ici la liste et la formule des principaux d’entre eux :

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