‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 16 sur 385 · A CA · texte numérisé non relu

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rial de France, et se trouve elle-même divisée en onze sections (géométrie, mécanique, astronomie, géographie et navigation, physique générale, chimie, minéralogie, botanique, économie rurale et art vétérinaire, anatomie et zoologie, médecine et chirurgie). En dehors des sections, deux secrétaires perpétuels sont chargés de l’administration scientifique de l’Académie et de ses rapports avec le public ou les autres sociétés savantes. Le président est élu annuellement. L’Académie se recrute par l’élection ; elle admet, outre les membres titulaires au nombre de soixante-six, huit associés étrangers, dix membres libres et un nombre assez considérable de correspondants tant en France qu’à l’étrangèr. L’Académie décerne tous les ans un grand nombre de prix aux auteurs de mémoires importants sur les diverses branches des sciences. Elle publie les comptes rendus des séances hebdomadaires rédigés par les secrétaires perpétuels, les Mémoires de V Académie et les Mémoires des savants étrangers.

ACAJOU (Botanique). — Mot emprunté aux idiomes d’origine malaise, et qui désigne en général un bois propre à être travaillé. — Dans notre langue, le nom A! Acajou s’applique à quatre espèces végétales originaires de l’Amérique.

1° Acajou à meubles, qui fournit le bois d’acajou des ébénistes, est un arbre de la famille des Cédrélées, genre Swietenia (dédié à G. Van Swieten, botaniste hollandais) ; c’est le Sw. Mahogoni de Linné (les Américains nomment le bois d’acajou, Mahogany) ; arbre de fortes proportions et d’un très-beau port, il atteint 35 et 40 mètres d’élévation, sur 5 et G mètres de tour. Son bois rougeâtre, si bien connu, est recouvert d’une écorce d’un gris cendré, marquée de petits tubercules. Ses vastes branches portent de,, feuilles pennées, composées de 8 folioles lancéolées d’un vert brillant ; les fleurs sont petites, blanchâtres, étoilées, à 5 pétales et à 10 étamines monadelphes. Le fruit est une capsule ligneuse fort dure, de forme ovale, et contenant 5 loges remplies de graines nombreuses. H Acajou à meubles ou Maliogon a une croissance rapide ; il se plaît dans les parties stériles des montagnes de l’Amérique où ses racines serpentent sur le rocher pour pénétrer dans les moindres fentes, et elles exercent, en grossissant, une pression assez forte pour faire parfois é^clater la roche. Le mahogon est commun à Haïti, à Cuba et en général dans les îles et sur le continent du golfe du Mexique; cependant la grande consommation que fait de son bois l’ébénisterie européenne commence à le rendre rare sur plusieurs points où il a été très-répandu.

2° Acajou à planches, Cèdre Acajou ou Cédrel odorant, est un arbre gigantesque de la môme famille que le Mahogon, mais du genre Cedrela, Cedrela odorata de Linné. Gomme tous les arbres du môme genre, celui-ci possède un bois coloré, léger, poreux, d’une odeur aromatique, d’une saveur amère, inattaquable aux insectes. Telle est la taille du cédrel odorant que son tronc creusé en canot peut porter jusqu’à cinquante hommes. Il croît à Saint-Domingue et dans plusieurs îles environnantes; on l’emploie pour la charpente, la menuiserie et les constructions navales ; son fruit répand une odeur d’ail qui se communique à la chair des perroquets lorsqu’ils s’en nourrissent ; son écorce a la môme odeur.

3“ V Acajou bâtard de Saint-Domingue et de la Martinique est la Curatelle, de la famille des Dilléniacées, voisine de celle des Renonculacées.

4“ Enfin V Acajou à pomme ou Pommier d'acajou est une quatrième espèce, qui appartient au genre Anacardium ou Anacarde, famille des Anacardiacées, dont le singulier fruit porte le nom de noix d’acajou et dont le bois est employé dans la menuiserie et la charpente (voyez Anacardier). G — s.

Acajou (Économie industrielle). — On connaît dans le commerce diverses espèces de bois importées sous ce nom. Acajou ordinaire, Mahogany ou Mahony des Américains, qui provient du Swietenia Mahogany, est un bois ferme, serré, susceptible de prendre un beau poli ; d’une couleur rouge un peu claire lorsqu’il est fraîchement travaillé, il devient bientôt plus foncé et enfin brun sombre au contact de l’air. C’est le bois le plus précieux pour l’ébénisterie; les vers ne l’attaquent jamais. Selon les parties de l’arbre d’où il provient et selon le mode de croissance, ce bois offre au travail divers aspects qui ont fait distinguer Vacajou uni, veiné, moiré, chenillé, moucheté, ronceux; ce dernier est surtout recherché pour les beaux dessins qu’on en obtient sur les panneaux pleins des meubles. Le bois d’acajou, si employé en France, nous vient d’Haïti, de Cuba et de

! Honduras, par Bordeaux, Nantes, le Havre et Marseille ; il est débité, pour le transport, en billes de diverses longueurs de 2“,30 jusqu’à 6 mètres sur 0“,32 et jusqu’à un mètre d’équarrissage. L’acajou d’Haïti, le plus employé en France, est d’un rouge vif et pèse de 28 à 3 i kilogr. le pied cube; l’acajou de Cuba, jusqu’ici importé en France par petites billes, est un peu plus lourd que le précédent et moins vivement coloré ; celui de Honduras, qui ne pèse guère que 20 à 25 kilogr. le pied cube, est plus poreux, d’une couleur un peu jaunâtre; ses billes sont en général de fortes dimensions, les plus grosses sont importées de préférence en Angleterre ; la France en reçoit peu.

On a fait autrefois, en France, les meubles en acajou plein ; mais les droits énormes dont l’importation de ce bois a été frappée en i82G, ont fait préférer le placage sur bois blanc qui donne des meubles plus légers, aussi beaux d’aspect et beaucoup moins chers ; ce procédé est basé sur l’aptitude du bois d’acajou à se laisser diviser en feuilles de 0“,002 à 0“,003 d’épaisseur.

L’acajou n’était pas connu de l’ébénisterie européenne avant le xviii® siècle; dans les premières années de ce siècle le commerce l’importa en Angleterre, la France ne tarda pas à l’adopter, et le reste de l’Europe avec elle.

On nomme Acajou femelle le bois du Cédrel odorant, très-peu importé en France, mais que l’Angleterre reçoit en grosses billes comme l’acajou de Honduras. Le bois à' Acajou à pomme ou âé Anacardier est recherché parce que ses branches tortueuses fournissent des planches cintrées convenables pour les dessus de meubles ; ce bois ne peut être comparé à l’acajou ordinaire, il est moins dur, moins odorant et sèche moins vite ; il est d’ailleurs presque blanc. On a introduit dans le commerce, sous le nom àé Acajou d’Afrique, le bois du Cail-sedra {Raya Senegalensis) du Sénégal ; plus lourd et plus dur que l’acajou, ce bois est difficile à travailler.

AGALÈPHES (Zoologie), ou Orties de mer, du grec acalêphê, ortie. — Classe d’animaux marins qui a pour type le genre Méduse ou Ortie de mer. C’est dans la méthode de G. Cuvier la troisième classe de l’embranchement des Zoophytes ou Animaux rayonnés. Les Acalèplies ont le plus souvent une forme circulaire rayonnée ; leur cavité digestive est ordinairement un sac pourvu d’un seul orifice pour l’entrée des aliments et l’expulsion de leurs résidus ; leur corps est mou et de consistance gélatineuse, il se putréfie rapidement hors de l’eau. Beaucoup d’espèces, comme les Méduses, ont la propriété de déterminer par leur contact avec la peau humaine une démangeaison brûlante comme celle que produit l’ortie. — G. Cuvier a partagé cette classe en deux ordres : i° les A. simples (genres Méduse, Porpite, Vélelle) ; 2° les A. hydrostatiques (genres Physalie, Physophore,Diphye), animaux très-imparfaits, généralement soutenus dans l’eau par une ou plusieurs vésicules qui sont remplies d’un gaz et fonctionnent en manière de vessie natatoire.

ACALYPHE (Botanique), du grec acalêphê, ortie, parce que plusieurs espèces d’acalyphes ressemblent à l’ortie commune. — Genre de plantes de la famille des Euphorbiacées, type de la tribu des Acalyphées ; le nom vulgaire de ce genre est Ricinelle. Il renferme une soixantaine d’espèces originaires en général des contrées tropicales de l’Amérique, et caractérisées par des fleurs apétales monoïques ou dioïques en épis, 8 à 16 étamines, ovaire à 3 loges et 3 styles découpés.

ACALYPHÉES (Botanique). — Tribu de la famille des Euphorbiacées établie par Bartling et comprenant surtout les genres Tragie, Mercuriale, Acalyphe, Omphalier, etc.

ACANTHACÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones Monopétales, qui a pour type le genre Acanthe et lui emprunte son nom. Elle renferme des arbrisseaux, sous-arbrisseaux ou plantes herbacées à feuilles ordinairement opposées ; fleurs irrégulières en grappes, en épis ; calice à 4 ou 5 sépales soudés plus ou moins intimement ; corolle hypogyne irrégulière bilabiée (la lèvre supérieure avorte dans certaines espèces) ; 4 étamines didynames ; ovaire biloculaire ; fruit conformé en une capsule ovale. Cette petite famille est très-rapprochée de celle des Scrophularinées, mais en diffère surtout parce que dans les Acanthacées chaque fleur est accompagnée d’une bractée. Les Acanthacées sont des plantes tropicales répandues surtout en Amérique. Elles comptent une centaine de genres distribués en trois tribus : 1“ les Thunbergiées ; 2° les Nelsoniées; 3° les Ecmatacanthées. — M. Nees d’Esenbeck a publié les meilleurs travaux I sur les Acanthacées {Lepidagathidis generis Acantha-

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cearum ülustratio monograpMca,

1841 • et Plantœ Asiahcœ ranores de Walhch). G s.

acanthe (Botanique), du grec «/can^Ao, épine, parce nue les feuilles ont des dentelures épineuses. — Genre de niantes Hfco/î//ec?owe5Jlionope7a/e^ qui est devenu le type de la famille des Acanthacées. Les Acanthes sont herbacées le plus ordinairement, et leurs feuilles, opposées, profondément découpées et généralement de grandes dimensions, sont remarquables par lems lignes S^acmuses ; les fleurs, disposées en épi terminal, ont un calice à 4 dents, irrégulier, une corolle monopetale à une seule lèvre, 4 étamines didynames ; le fruit est une capsule ovale à 2 loges contenant chacune 2 graines.

L’espèce principale du genre est V Acanthe molle^ vulgairement Branc-ursine ou Branche-ursine, AcawtAw ynollis de Linné. C’est une belle plante haute de 0“>,40 à O»" ,60 ; ses feuilles, larges, sinueuses, vues de dents épineuses, atteignent jusqu à 0™,50 «p |Ongueur {fig. 31 ) ; elles forment une belle touffe d ou s élan

Fig. 87. -*■ Rameau fleuri et portion de feuille de l’Acanthe molle ou Branc-ursine (environ 1/5 de la grand, natur.).

cent, en minces filets, des pousses élégantes et que sur" monte un long épi de grandes fleurs blanches légèrement rosées ; la floraison a lieu en juin et juillet. L’Acanthe est très-commune en Italie et en Espagne ; on la trouve dans le midi de la France. Les belles formes de ses touffes et le majestueux développement de ses feuilles ont de bonne heure porté les sculpteurs à les introduire dans l’ornementation des monuments ; selon Vitruve’, le sculpteur Callimaque imagina la belle disposition du chapiteau dit corinthien, en s’inspirant d’une touffe d’acanthe qui s’était développée, sur le tombeau d’une jeune fille, autour d’une corbeille évasée recouverte d’une tuile carrée et que de pieux souvenirs y avaient fait déposer. On pense aussi que Virgile désigne cette plante dans le passage suivant de sa troisième Eglogue :

Le même Alcimédon nous a sculpté deux coupes

Et d’un flexible acanthe a couronné leurs bords.

Et molli.,., amplexus acantho. On a contesté avec Ta.hon hV Acanthe inolle la gloire d’avoir inspiré le chapitep corinthien. Il paraît en effet que cette espèce n’existe pas en Grèce, mais bien V Ac. épineuse {A. spmosus), VAcantha de Dioscoride, dont les feuilles peuvent aussi bien avoir été imitées par l’artiste corinthien.

Ces deux espèces sont herbacées et vivaces et se reproduisent par semences ou en divisant les racines en brins que l’on confie à la terre. On sème en mars dans un sol léger et sec, et l’on transplante en automne. L’Acanthe à feuilles de chêne {A. ilicifolius) peut résister au froid ; les autres espèces veulent la chaleur et l’abri d’un mur ; elles redoutent la gelée.

Les auteurs anciens ont encore nommé Acanthe un arbrisseau épineux qui, sans doute, est le houx (//eæ, Lin.) et une espèce d’acacia d’Égypte, peut-être Ÿ Acacia vera (voyez Acacia). G — s.

ACANTHIAS (Zoologie), du grec akantha, épine. — Nom d’un poisson observé par Aristote; il désigne aujourd’hui, dans le langage vulgaire, uno espèce du genre Aiguillât (voyez Aiguillât); un autre poisson, du genre Centronote, qui est Vépinoche commune., a reçu de quelques zoologistes le nom de Cent. Acaiithias (voyez Epi-

noche). , , . , , .

AGANTHIE (Zoologie), même etymologie que le précèdent. — Genre d'insectes de l’ordre des Hémiptères., où Fabricius avait placé presque seule la punaise des lits iCimex lectularius de Linné) ; modifié par Latreille, il comprend maintenant sept ou huit espèces européennes de petite taille. Le type du genre Acanthie sauteuse {A. saltatoria. Lin.), que l’on trouve dans le voisinage des eaux, aux environs de Paris. Ce genre rentre dans la famille des Géocorises de Latreille.

AGANTHOPTÉRYGIENS (Zoologie), du grec akantha, épine, et ptérygion, nageoire. — Nom donné par Artedi a un groupe de la classe des Poissons et adopté par G. Cuvier pour désigner le 1" ordre et le plus nombreux dans cette même classe. Cet ordre est ainsi caractérisé : La première nageoire dorsale ou la première partie de la dorsale unique, au lieu de rayons ordinaires, est soutenue par des baguettes osseuses terminées en pointe épineuse; quelquefois, au lieu d’une première dorsale, ces poissons n’ont que quelques épines libres. Leur nageoire anale a aussi quelques épines pour premiers rayons, et il y en a généralement une à chaque ventrale. Dans la deuxième édition du Règne animal. Cuvier divise cet ordre en 15 familles comprenant un très-grand nombre de genres : ces familles portent les noms de Peredides, Joues cuirassées, Sciéno'ides, Sparoides, Ménides, Squammipennes, Scombéroïdes, Tœnioïdes ou Poissons en ruban, Theutyes et mieux Teuthies, Pharyngiens labyrinihi formes, Mugildides, Gobidides, Pectorales pédiculées, Labrdides. Bouches en flûte ^

ACARIDES ou ACARIENS (Zoologie), du mot Acarus, nom latin du genre Mite. — Groupe de la classe des Arachnides qui comprend tout le genre Acarus ou Mite de Linné. Latreille [Règne animal de G. Cuvier) a fait des Acarides sa 2"“® tribu de la famille des Holêtres dans l’ordre des Arachnides trachéennes. Elle se distingue delà P® tribu, celle des Phalangiens [faucheurs, etc.), parce que les Acarides, ayant toujours l’abdomen uni en une seule masse avec le reste du corps, n’y montrent aucune trace d’anneaux reconnaissables, et leur bouche est conformée en suçoir. Les animaux de ce groupe sont connus sous les noms de mites, cirons ou sirons, teignes, tiques, etc. Latreille a divisé cette tribu en quatre sections : {'‘Acarides propres, 8 pieds uniquement propres à la course, des antennes-pinces (genres Trombidion, Gamase, Acarus , etc. ) ; 2® les Tiques organisés pour courir, comme les précédents, mais dépourvus d’antennespinces (genres Bdelle, Ixode, Argas, etc.) ; 3® les Hydrachnelles dont les pieds sont conformés pour nager (genres Hydrachne, Limnochare, etc.) ; ^i®les Microphthires, acarides parasites pourvues seulement de 6 pieds et que l’on sait aujourd’hui n’être habituellement que des jeunes encore imparfaits, dont les adultes appartiennent à d’autres genres, et ont leurs 8 pieds (voyez Mite).

AGARNE (Zoologie), aussi nommé sur nos côtes Pagre, Pageau, Pagau, Pagel. — C’est un poisson de la Méditerranée, long de 0“‘,35 et dont la chair est délicate. Il a le corps argenté, verdâtre sur le dos, sans une tache noire comme le Rousseau des Marseillais, Besugo des Espagnols, auquel il ressemble.

ÛAcarne est le Pagrus Acarne de G. Cuvier et appartient à l’ordre des Poissons Acanthoptérygiens. famille des Spardides, tribu des Spai^es.

ACARUS (Zoologie), du grec akarês, très- petit, d’où un autre mot grec akari, ciron, mite. — Nom scientifique, aujourd’hui assez connu du vulgaire, qui désigne les mites, les cirons, les teignes, les tiques et autres arachnides de petite taille, fort communes sur les matières animales et végétales conservées ou môme vivantes. Le genre Acarus de Latreille est le type de la tribu des Acarides et figure dans la 1''® section de ce groupe (voyez Acarides) ; il comprend de petites arachnides distinguées des genres voisins par 2 antennes-pinces didactyles, des palpes très-courts ou cachés, un corps mou sans croûte écailleuse, à l’extrémité des 8 pattes une pelote vésiculeuse qui fait adhérer l’animal aux surfaces sur lesquelles il marche, en se moulant exactement sur leur relief.

Id Acarus domestique ou Mite du fromage [A. domesticus de Degeer) est l’espèce la plus commune ; on la trouve abondamment sur le vieux fromage, sur la viande

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Fic:.38.— Acarus du fromage.

(Grossi environ üO fois en Ion gueur.)

sèdio ou fumée, sur les oiseaux, sur les insectes conservés dans les collections, sur le vieux pain, les confitures sècliées, etc. On l’a peut-être trouvé parfois sur la peau ulcérée de l’homme, car en 1812 Galès de Belbêze le représenta, fort à tort, comme le ciron de la gale humaine et prétendit l’avoir trouvé dans les boutons mêmes où ne vit aucune acaride. C’est un petit animal blanc à peine visible à l’œil nu [fig. 38). — Il faut encore citer V Acarus de la farine {A. farinœ de Degeer) qui vit dans la vieille farine. — On a distrait du genre Acarus les cirons de la gale de l’homme, du cheval, du chien, etc. ; Latreille en a fait un genre distinct sous le nom de Sarcopte (voyez Mite, Arachnides, Gale).

AGAULE (Botanique), du grec a privatif, et kaulos^ tige. — Terme employé pour désigner les végétaux que l’on peut considérer comme privés de tige. En réalité la tige ne manque jamais ch.ez les phanéj'ogames ; et les

cryptogames amphigè7ies (algues , champignons , lichens, etc.), auxquelles on n’appliquecependant guère ce terme, sont seules véritablement acaules. Mais beaucoup de plantes phané^'ogames ont une tige si raccourcie qu’elle semble ne pas exister, les feuilles rapprochées et accumulées au-dessus de la racine forment à la surface du sol une touffe ou une rosette, comme on l’observe dans les primevères, les pâquerettes, les pissenlits, les plantains, etc. On a quelquefois employé dans ce sens le mot iniigé.

ACCÉLÉRATION (Physique et Mécanique). — Accroissement de vitesse que reçoit un corps dans l’unité de temps (la seconde), sous l’impulsion d’une force continue et constante. Cette accélération est de 9“,8088 pour la pesanteur à Paris ; c’est-à-dire, qu’un corps pesant partant du repos et tombant librement acquerrait, sans la résistance de l’air, un accroissement de vitesse de 9“,8088 par seconde.

Cette vitesse s’accroît en réalité un peu moins dans l’air, à cause de la résistance de ce gaz au mouvement des corps, et peut même devenir très-faible pour des corps suffisamment légers ou d’une assez grande surface (voyez Résistance, Parachute). Les accélérations que plusieurs forces d’intensités différentes impriment à une môme masse, étant proportionnelles à ces forces, peuvent leur servir de mesure. C’est à ce titre que l’on dit que la pesanteur à Paris est de 9“,8('88 qu’on représente ordinairement par la lettre g (voyez Pesanteur, Mouvement). Les forces qui donnent lieu à une accélération du mouvement d’un corps sont dites accélérab'ices, et retardatrices celles qui produisent un effet contraire. La pesanteur est accélératrice pour les corps qui tombent, retardatrice pour les corps lancés de bas en haut.

Accélération diurne des étoiles (Astronomie). — C’est le temps dont avance, chaque jour, l’instant du lever et du coucher d’une étoile, ainsi que son passage au méridien. Le mouvement du soleil d’occident en orient étant en moyenne de 59' 10",5 par jour, l’étoile qui aujourd’hui passe au méridien en môme temps que le soleil, y passera demain plus tôt de tout le temps qu’il faut à la sphère céleste pour décrire l’arc dont nous venons de parler : ce temps est de 3™ 5(î®, c’est la différence du jour sidéral au jour solaire moyen. Mais comme le mouvement vrai du soleil n’est pas uniforme, l’accélération diurne des étoiles varie de 3‘“ 35s à 27s (voyez Ciel, Jour sidéral).

ACCÈS (Médecine), du latin accessus, accroissement, augmentation. — On désigne par ce mot toute invasion brusque et quelque peu violente d’accidents propres à troubler la santé : un accès de toux, un accès d’asthme, un accès de goutte, un accès de fièv7X. Les maladies intermittentes sont caractérisées par le retour périodique, et plus ou moins régulier, des accès, et ceux-ci ont alors, en général, une forme particulière qui peut servir à déterminer le genre de maladie (voyez Fièvre, Asthme, Goutte, Épilepsie, Hystérie, etc.). F — n.

Accès (Théorie des) (Optique). — Voyez Anneaux colorés.

ACCIPITRES ou Accipitrins (Zoologie), du latin accipiter, épervier. — Nom employé par Linné pour désigner le ï®'" ordre de sa classe des Oiseaux; Cuvier, en adoptant cet ordre, lui a donné les noms d.’Oiseaux de pi'oie ou Rapaces (voyez Oiseaux de proie).

ACCLIMATATION (Zoologie, Botanique), du mot français climat, et du latin ad, qui exprime l’idée de rapprochement; habituer à un nouveau climat. — Acclimater une espèce animale ou végétale, c’est la transporter de

son climat natal sous un climat différent, l’y faire vivre et l’y propager. Il n’y a pas véritablement acclimatation lorsque le climat nouveau est semblable à celui sous lequel l’être vivant naît et vit habituellement ; car l’espèce dans ce cas n’a pas réellement changé de climat, mais seulement de pays ; il y a eu simplement naturalisation. L’acclimatation proprement dite est possible seulement pour certaines espèces que Dieu semble avoir créées dans cette prévision et que les naturalistes désignent sous le nom d’espèces co^mopo/iïe5 (habitantes du monde entier). Ces espèces propres à l’acclimatation annoncent en général leur aptitude à cet égard par ce fait môme, qu’elles vivent naturellement dans plusieurs contrées de climats différents. Les animaux et les végétaux domestiques, dont le secours est indispensable à l’existence des sociétés humaines, sont tous plus ou moins cosmopolites, et par cela même propres à l’acclimatation que la plupart ont, depuis longtemps, subie en diverses contrées. La simple naturalisation d’espèces est possible pour un beaucoup plus grand nombre, et ce sont généralement des faits de naturalisation que l’on s’est efforcé de provoquer sous le nom d'acclimatation d’espèces utiles. Un mouvement très-prononcé entraîne actuellement les esprits vers les diverses questions di acclimatation et de naturalisation.

Depuis les premiers âges de l’humanité, marqués par la conquête des plus importantes espèces domestiques animales et végétales, l’homme a fait dans cette voie de bien lents progrès, certaines époques célèbres par de grands voyages furent seules fécondes à cet égard : l’expédition d’Alexandre introduisit le paon en Europe; la découverte de l’Amérique provoqua l’importation du cheval, du bœuf, du mouton, du cochon sur ce nouveau continent, et l’Europe reçut en môme temps le cochon d’Inde, le dindon, divers végétaux. A l’époque de notre Henri IV, la fondation du jardin botanique de Montpellier (1596) inaugura, au moins pour les plantes médicinales, une nouvelle époque où l’acquisition des végétaux étrangers fit de notables progrès. Déjà en 1577 Nicolas Houël avait fondé à Paris son jardin des simples de la Maison de la Charité chrétienne : peu d’années après, la Faculté de médecine eut aussi le sien ; et Jean Robin, arboiHste ou sir.cpliciste du roi Henri IV, attirait toute la société élégante du temps, dans son jardin des plantes 7'ares, situé à la pointe de l’île Notre-Dame. Enfin trois médecins, Jean Heroard, Ch. Bouvard et Guy La Brosse, obtinrent de Louis XIII, en 1626, la fondation du Jai'dm du Roi, connu aujourd’hui sous le nom de Jardin des Plantes ou Musémn d’Histoire naturelle de Paris. Ces diverses fondations et, par-dessus toutes, la dernière, devenue une gloire nationale, ont successivement développé la culture des plantes étrangères et réalisé d’importantes conquêtes.

Le règne animal semblait oublié, lorsqu’on 1854 plusieurs savants, agriculteurs et riches propriétaires, présidés par M. le professeur Is. Geoffroy Saint-Hilaire, fondèrent la Société ImpéiHale zoologique d’acclimatation. Son but est de concourir à l’inb'oauction, à l’acclimatation et à la domestication des espèces d’animaux utiles ou d’ornement, au perfectionnement et a la multiplication des races nouvellement introduites ou domestiquées. Elle siège à Paris, rue de Lille, n“ 19. Cette société n’a pas tardé à étendre ses travaux aux végétaux utiles ; protégée par un grand nombre de souverains, et en particulier par S. M. l’Empereur des Français, elle a pris une extension rapide et ne compte pas moins de 2 500 membres. Le Lama, le Yack, la Chèvre d’Angora, le Colin de la Californie, le Ver à soie du ricin et celui du vernis du Japon ont exercé surtout les efforts de cette société encore récente. Elle a enfin provoqué l’établissement d’un jardin d’acclimatation au bois de Boulogne, dans le voisinage de Neuilly, près Paris. Le temps seul lui permettra de réaliser des résultats que le public puisse apprécier; là plus que partout ailleurs, cet élément est de la plus haute importance (voyez Domestication, Naturalisation). Ad. F.

ACCLIMATEMENT ou Acclimatation (Hygiène). — Les médecins désignent ainsi, pour ce qui concerne l’homme, l’aptitude d’un individu à vivre sous un climat différent de celui où il est né, sans se montrer plus sujet aux maladies que l’indigène lui-même. Cette aptitude est plus ou moins difficile à acquérir, et l’on peut en résumer ainsi les conditions principales :

1“ L’âge, le sexe, les constitutions, exercent sur l’acclimatement une grande influence ; les enfants, les femmes, les individus débiles, s’acclimatent difficilement. 2“ L’époque du changement de climat doit aussi être prise

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en considération ; les saisons tempérées sont les plus favorables. 3° Le régime alimentaire des émigrants doit être sévère, et basé sur les nécessités du nouveau pays qu’ils viennent habiter. 4“ Les travaux seront d’abord modérés, pour ne pas entraîner trop de fatigue. 5“ On devra, auiant que possible, établir les nouveaux habitants dans des endroits salubres, un peu élevés, loin des émanations marécageuses, des eaux stagnantes, en un mot dans les conditions les plus propres à éviter toutes mauvaises influences, toutes les causes de maladie. F — n.

ACCORD (Physique). — Coexistence ou succession de deux ou de plusieurs sons produisant une sensation agréable. L’accord le plus simple est l’unisson. Dans ce cas particulier, les sons, qui se fondent en quelque sorte l’un dans l’autre, ont le môme degré d’acuïté ou de gravité et ne diffèrent que par le timbre ou l’intensité ou par les deux à la fois. Viennent ensuite l’octave, la quinte, la quarte, la tierce majeure et la tierce mineure (i). Lorsque deux ou plusieurs corps sonores font entendre un accord, on trouve que les nombres de vibrations qu’ils exécutent dans le môme temps sont dans des rapports simples. L’unisson, l’octave, la quinte, la quarte et les deux tierces se caractérisent et se définissent par les rapports simples 1, 2, |, |, f et f; ces rapports expriment que dans l’unisson deux corps sonores font, dans le môme temps, le môme nombre de vibrations ; que dans l’octave l’un des corps fait deux vibrations pendant que l’autre n’en fait qu’une; que dans la quinte, l’un des corps fait trois vibrations pendant que l’autre en fait deux, etc. (2).

On nomme accord parfait 7najeur la réunion de trois sons correspondant à des nombres de vibrations qui sont entre eux comme les nombres 4, 5, G ; tels sont les trois accords suivants qui plaisent le plus à l’oreille: fa, la, ut — ut, mi, sol — sol, si, ré. — Le premier et le deuxième son d’un accord parfait majeur forment une tierce majeure ; le deuxième et le troisième, une tierce mineure ; le premier et le troisième, une quinte. On fait ordinairement suivre ces trois sons d’un quatrième qui est l’octave du premier. Si l’on fixe sur un même axe horizontal quatre roues dentées dont les nombres de dents soient entre eux comme 4,5, 6, 8, et, qu’après avoir imprimé au système un mouvement de rotation assez rapide, on présente le bord d’une carte successivement à chacune des roues, on produira l’accord parfait majeur (voyez Gamme).

ACCOUCHEMENT (Médecine et Hygiène), du mot couche, lit. — L’accouchement est une opération de la nature par laquelle la mère donne le jour à son enfant. Dans les conditions normales il a lieu à la fin du neuvième mois de la grossesse; assez souvent cependant î’enfant naît seulement au bout de sept mois, sept mois et demi, huit mois. Plus rarement la grossesse se prolonge au delà du neuvième mois, et, sur l’avis des médecins, les législateurs ont admis qu’elle pouvait durer jusqu’à dix mois. L’accouchement prochain s’annonce par des douleurs particulières dans les reins et dans les flancs; il faut que le médecin soit appelé promptement. Ses connaissances doivent le faire préférer à une sage-femme. L’accouchement pouvant toujours entraîner certains dangers, il importe que la personne qui y préside soit instruite; d’ailleurs il ne faut pas oublier que la loi oblige la sage-femme à faire appeler un médecin dès que l’accouchement présente quelque difficulté. La chambre que l’on destinera à cette opération, devra être spacieuse, aérée, sans être froide ni sujette à des courants d’air, bien éclairée et à l’abri du bruit; il y faut maintenir une température de IG" à 18" centigrades. La femme devra se vêtir de façon à n’être gênée en rien; le corset, les liens des jupons, les jarretières devront être enlevés ou détachés. Il convient de n admettre que peu de personnes dans la chambre, une ou deux suffisent avec le médecin; il faut surtout veiller à ce qu’aucune parole indiscrète ne vienne inquiéter la femme. On évitera le bruit, les odeurs fortes et pénétrantes, et en général tout ce qui pourrait la tourmenter et l’agiter. Alors, sous la direction du méde-

(1) Uu accord peut rester musicalement le même lorsqu’on élève ou que l’on abaisse convenablement chacun des sons qui le composent : ainsi üo et sol forment un accord de quinte aussi bien que mi et si.

(2) On a remarqué que dans les monuments d’architecture les grandes divisions dont l’ensemble satisfait pleinement l’œil, sont entre elles dans des rapports analogues à ceux qui constituent les accords. Ne\vton avait fait une ren;arf]iie analogue sur les espaces occupés par les couleurs dans le spectre solaire.

cin, on préparera ce qui est nécessaire pour recevoir et habiller l’enfant.

L’accouchement est d’ailleurs, il ne faut pas l’oublier, un acte naturel et non une maladie ; le plus souvent il a lieu sans que le médecin fasse autre chose que d’y assister en le surveillant. On estime que i93 fois sur 20(', l’accouchement se termine sans accidents graves. Dès que l’enfant est né, on le frotte avec de l’huile ou du beurre, puis on le lave dans l’eau tiède et on l’habille avec soin. La mère doit alors être maintenue en repos ; il conviendra cependant de ne la laisser dormir qu’après trois quarts d’heure ou une heure, et pour cela on lui présentera son enfant, et la personne qui l’a assistée cherchera à la distraire doucement et sans bruit. Il faut lui donner une chaleur modérée, éloigner les importuns et ne laisser arriver jusqu’à elle aucune cause d’émotion, et particulièrement les visites. Les boissons convenables sont l’eau de tilleul, l’eau sucrée, la tisane d’orge, l’eau gommée tièdes, etc. ; il faut attendre un certain temps avant do permettre des aliments, et on le fera toujours discrètement. Quelques femmes très-robustes se remettent, peu d’heures après l’accouchement, à leurs occupations habituelles ; quoi que l’on ait pu dire pour prouver qu’ainsi le veut la loi de nature, il y a toujours une imprudence extrême à en agir ainsi. Le médecin doit être consulté et écouté fidèlement pour fixer toute la conduite d’une femme récemment accouchée; la moindre désobéissance peut avoir de très-graves conséquences. Trente-six à quarante heures après l’accouchement il se manifeste un accès de fièvre qui dure de quinze à vingt-quatre heures et que l’on nomme fièvre de lait ; puis la santé de la femme rentre peu à peu dans l’ordre accoutumé. Cet accès est à peine marqué quand la mère allaite son enfant. Au bout d’une dizaine de jours on la laisse se lever, puis quelques jours plus tard, suivant la saison, on lui permet de sortir. On .ne saurait trop recommander aux femmes qui relèvent de couches d’éviter soigneusement le froid. F — N.

ACCOUCHEUR (Zoologie). — Nom d’une espèce de crapaud (voyez Crapaud).

ACCROISSEMENT des être!:; vivants (Zoologie et Botanique). — Les animaux et les plantes viennent au monde dans un état rudimentaire où ils ne doivent pas rester; il leur faut se développer et s'accroître, pour arriver à leur taille et à leurs formes définitives, à ce que l’on nomme leur âge adulte. Cet accroissement n’a jamais lieu chez les corps vivants par l’addition de nouvelle matière à la surface de leur corps. Un tel mode d’accroissement, que l’on désigne par le mot âQ juxtaposition [ponere, placer ; à côté de), n’appartient qu’aux minéraux.

Les êtres vivants s’accroissent en prenant au dehors des matériaux divers, tels que les aliments, les boissons, l’air respiré; introduites dans leur intérieur, ces substances sont élaborées, transformées en des matières semblables à celles du .corps et arrivent enfin à en faire partie : on dit pour exprimer ce travail que les êtres vivants s'accroissent par intussusception {suscipere, prendre ; intus, à l’intérieur) et par assimilation {assimilable, rendre semblable à) ; on pourrait représenter les deux idées par un seul mot se nourrir, nutrition. En même temps que les êtres vivï?.r-cs prennent autour d’eux de nouveaux matériaux, ils en rejettent sans cesse d’autres hors de leur corps (voyez Respiration, Digestion, Exhalation, Sécrétion, Nutrition). Leur accroissement ne peut donc avoir lieu qu’à cette condition que la quantité des matériaux nouvellement acquis surpasse la quantité des matériaux éliminés, ou, pour parler le langage des physiologistes, pendant la période d’accroissement, le mouvement de composition est plus actif que le bnouvement de décomposition.

L’accroissement d’un être vivant est d’ailleurs d’autant plus rapide que cet être est plus jeune. En général aussi l’accroissement total d’une espèce exige une plus grande durée lorsque sa vie est très-longue, et inversement; mais ce principe ne serait plus vrai si l’on considérait des êtres vivants très-diftéremment organisés; il se vérifie en général pour les plantes d’une même famille ou les animaux d’une même classe.

ACÈNE {akaina). — Mesure de longueur grecque valant 10 pieds grecs ou 3“, 08259. — Mesure de superficie des Grecs valant 9“c^502307.

ACÉPHALES (Zoologie), du grec képhalê, tête, et a qui marque l’absence. — G. Cuvier a désigné par ce nom caractéristique la 4“® classe de son embranchement des Mollusciues. Les Moll. Acéphales n’ont point le corps divisé de façon qu’on y reconnaisse une tète distincte (exemple : l’huître comestible, la moule), leui

ACÈ

AC

touche est cachée sous un repli du manteau. Celui-ci, généralement plié en deux, enveloppe le corps et porte le plus souvent sur chacune de ses moitiés une coquille articulée par une charnière avec celle du côté opposé et formant ainsi ce que l’on nomme une coquille bivalve. Parfois les deux moitiés ou lobes du manteau se réunissent en arrière et forment du côté de l’anus un tube

Fig. 39. — Miilelte d’eau douce ou Moule des peintres (grand, nalur.).

charnu contractile. La respiration s’exécute par des branchies, car toutes les espèces sont aquatiques. Cuvier les divise en 2 ordres : Ac. testacés; Ac. sans coquilles. Les premiers, nommés aussi Lamellibranches par de Blainville, sont caractérisés par la présence d’une coquille bivalve, ou rarement multivalve, et par la conformation des branchies en longs feuillets au nombre de quatre, régulièrement striés par les vaisseaux dans le sens de leur largeur; un assez grand nombre possèdent ce qu’on appelle un byssus (voyez ce mot). On les divise en 5 familles : les Ostracés, les Mytilacés, les Camacés., les Cardiacés, les Enfermés. — Les Ac. sans coquilles., nommés aussi Tuniciers, sont beaucoup moins nombreux que les précédents ; leurs branchies ne sont jamais conformées en feuillets; la peau, dépourvue de coquille, est un tégument épaissi et comme cartilagineux. G. Cuvier en fait 2 familles : les Biphores, et les J remarquables parce que dans ces espèces plusieurs individus vivent réunis sous une peau commune et forment une masse vivante multiple.

Acéphale (Tératologie). — Enfant monstrueux venu au monde privé de la tête; tantôt la tête entière et une portion du cou manquent, et le monstre est dit Acéphale complet; d’autres fois on trouve encore des vestiges de certains os du crâne, et on l’appelle un Acéphale incomplet (voyez Tératologie).

ACÉPHALIENS (Tératologie). — Nom d’une famille de la classification tératologique de M. fs. Geoffroy Saint- Hilaire; elle comprend des monstres dépourvus de tète et présentant ordinairement d’autres anomalies en rapport avec cet important arrêt de développement. I

AGÉPHALOCYSTES, de a privatif, képhalé., tête, et i ky.stis^ vessie (Médecine). — Espèces de vers intestinaux | qui se présentent sous la forme d’une vésicule remplie | d’un fluide incolore, sans qu’on y puisse, au premier abord, reconnaître ni tête, ni aucun autre organe. Ces vers sont connus sous le nom d' Hydatides {\oyez ce mot).

ACER (Botanique). — Voyez Éiuiîle.

ACÉRAt ÉaS (Botanique). — Voyez Acép.ixées.

ACERDÈSE (Minéralogie), du grec akerdês., non profitable.— Sesquioxyde de manganèse hydraté : Mn-03,H0 ; minéral gris métallique, fibreux, très-semblable à la pyrolusite par ses caractères extérieurs : moins riche en oxygène, il ne peut comme elle servir à préparer ce gaz, et il n’est d’aucune utilité dans les arts. Les principaux dépôts d’acerdèse se trouvent dans les mines de Rancié (Ariége), à Lavoulte (Ardèche), â Laveline (Vosges), à Ihlefeld (Harz, en Prusse), etc. L’acerdèse cristallise dans le système du prisme droit rhomboïdah Densité : 4,328.

— On a nommé aussi ce minéral Manganite, Oxyde de

man g. prismatique, HJang. oxydé hydraté, Mang. oxydé terreux, Mang. argentin. Lee.

ACÉRÉS (Zoologie), du grec kéras, corne, et a privatif.

— Grand genre de Mollusques Gastéropodes Tectibranches créé par G. Cuvier (Règne animal) en réunissant les Bullées et les Bulles de Lamarck aux Acérés proprement dites. — Caractères : tentacules tellement raccourcis, élargis et écartés qu’ils semblent ne former qu’une sorte de bouclier charnu sous lequel sont les yeux ; estomac le plus souvent armé de pièces dures ; coquille parfois nulle. Plusieurs espèces répandent une liqueur pourpre (voyez Bulléens).

Acérés proprement dites (Zoologie), Doridium, Meck. — Sous-genre du g. précédent, caractérisé par l’absence de coquille, quoique le manteau en ait la forme extérieure. On en trouve dans la Méditerranée une petite espèce, BuUa carnosa, Cuv.

Acérés (Zoologie). — Walkenaëra appliqué ce nom à ht classe des Arachnides de G. Cuvier. — Dejean a nommé Acèrepn genre d'insectes Coléoptères Pentamères.

ACÉRINÉES (Botanique), dQ Acer, érable; AcÉ- RACÉES de Lindley; Acérées ou Érables de L. de Jussieu. — Famille de végétaux Dicotylédones dio~ lypétales {poly pétales), à étamines hypogynes ; on n’y range plus le marronnier d’Inde, mais seulement les vrais érables qui sont des arbres généralement élevés, à feuilles opposées, simples, rarement pennées. Leurs fleurs, d’un jaune verdâtre, sont groupées en corymbes ou en grappes ; elles sont régulières, souvent dioïques ou polygames par avortement; calice à B sépales, rarement 4 à 9 ; corolle composée comme le calice, quelquefois nulle ; généralement 8 étamines, insérées, comme la corolle, sur un disque circulaire charnu ; ovaire composé de 2 carpelles renfermant chacun 2 ovules; fruit en samare double avec une aile dorsale souvent fort longue. — Les Acérinées habitent la région tempérée de l’hémisphère boréal ; leur sève aqueuse et limpide contient du sucre que Ton extrait parfois ; leur bois est employé dans les arts; il fournit aussi un bon combustible. Cette famille renferme les genres Acer et Negundium. (voyez Érable). G — s.

AGÉTABULE ou Acétabülaire (Botanique), du latin acetabulum, gobelet. — Genre de plantes Cryptogames marines de la classe des Algues; on les a longtemps regardées à tort comme des animaux de l’embranchement des Zoophytes. Les espèces de ce genre se présentent sous la forme de petits champignons verts, en gobelet évasé, fixés sur les pierres, les coquilles ou les rochers et qui, à leur complet développement, s’incrustent de sels calcaires.

Acétabüle, mesure romaine pour les liquides, valant CSOG743G.

ACÉTAL, G'^H'''Oh — Produit intermédiaire de l’oxydation de l’alcool vinique. L’acétal s’obtient en mettant la vapeur de l’alcool anhydre en présence de l’oxygène de l’air et du noir de platine. L’action condensante exercée par ce dernier sur le mélange gazeux suffit pour déterminer une oxydation de Talcool et engendrer un liquide nouveau, incolore, qu’on peut rectifier sur le chlorure de calcium, qui bout vers 106“ et que des influences oxydantes plus énergiques peuvent transformer en acide acétique.

ACÉTATES. — Sels formés par la combinaison de l’acide acétique avec une base. Ils sont tous solubles dans l’eau à des degrés divers, et décomposés par l’acide sulfurique qui met en liberté l’acide acétique reconnaissable à son odeur de vinaigre ; ils sont également tous décomposés par la chaleur rouge. Les uns, comme ceux d’argent et de cuivre, laissent passer à la distillation de l’acide acétique concentré et donnent pour résidu le métal, l’oxygène de l’oxyde ayant brûlé une partie de l’acide; d’autres, comme ceux de chaux, de baryte, donnent de Xacétone au lieu d’acide acétique et pour résidu du carbonate de chaux et de baryte.

Les principaux acétates sent les suivants :

Acétate d’alumine. — Connu dans l’industrie sous le nom de mordant de rouge des indienneurs, il est d’une grande importance dans la teinture et l’impression sur toile (voyez 'Peinture).

On le prépare par double décomposition. On dissout séparément dans l’eau du sulfate d’alumine et de l’acétate de plomb; on verse l’une des liqueurs dans l’autre jusqu’à ce que le précipité cesse de se produire. L’acide sulfurique quitte l’alumine pour se porter sur l’oxydo de plomb et former avec lui un sulfate de plomb blanc insoluble qui se dépose ; l’acide acétique prend sa place et forme l’acétate qui reste dissous dans l’eau et peut être employé dans cet état pour la teinture. Dans ce cas, le sulfate d’alumine peut être remplacé par l’alun. Pour isoler l’acétate, on évapore la liqueur dans le vide, parce que, si on opérait à l’air, une portion de l’acide acétique se dégagerait. On obtient ainsi une substance incristallisable ayant l’aspect d’une masse gommeuse.

L’acétate d’alumine s’emploie â froid dans la teinture et donne ainsi des couleurs plus vives et plus nourries.

Acétate d’ammoniaque [Esprit de Mindérérus), AzH-^ H0,G''H'^0^. — Produit par la combinaison directe de

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