CIE
l’Europe, au printemps. La C. hybride {C. hybrida. Lin.), un peu plus grande que la précédente, est d’un gris verdâtre, teinte dorée ou cuivreuse en dessus, vert luisant doré en dessous. Deux taches blanches sur chaque étui.- Dans les sablonnières. La C. des forêts {('. sylvatica, Lin.), qu’on trouve dans les bois de pins de la forêt de Fontainebleau, est très-voisine de la précédente, mais elle a le corps noir.
CICINDÉLÈTES {7iOo\og\Q),Cicindeletœ, Latr. — Tribu à' Insectes (voyez Cicindèli-;s), à six palpes, pattes propres à la course, extrémités des mâchoires terminées par un crochet, mandibules très-fortes et très-dentées. Elles ont la tête forte, de gros yeux ; sont éminemment carnassières. La plupart des espèces sont exotiques. On les a divisées {Règne animal) en neuf genres, savoir ; les Manticores, les Mégacéphales, les Oxycheiles, les Euprosopes, les Cicindèles propres, les Cténostomes, les Thérates, les Colliures, les Tricondyles.^
GIGUTAIRE (Botanique), Cicuta, Lin.; Cicutaria, Lamk. — Genre de plantes de la famille des OmheUifères, composé de trois espèces, qu’on trouve en général dans les lieux aquatiques, les prés humides ; une seule se rencontre en Europe, les deux autres en Amérique. La C. aquatique {Cicutaria aquatica , Lamk; Cicuta virosa, Lin. ) a une tige cylindrique, fistuîeuse, haute de près d’un mètre; elle est garnie de feuilles ailées, d’un vert foncé, à folioles étroites, lancéolées, dentées; fleurs blanches, en ombelles lâches. Elle croît en France, sur le bord des étangs. Elle est vivace et fleurit en été. Toutes les parties de la plante sont un violent poison pour l’homme. Il donne lieu aux mômes accidents que la ciguë (voyez ce mot). Il ne faut pas la confondre avec la phellandre aquatique, qu’on appelle aussi vulgairement ciguë d’eau (voyez Phellandre). Garactères du genre : involucre nul ; involucelle multi-foliolé, calice à limbe 6-denté, 5 pétales^ ovales, courbés, 5 étamines, ovaire inférieur, deux graines ovoïdes appliquées l’une contre l’autre.
GIDRE (Ghimie industrielle), du latin sicer, liqueur fermentée. — Le cidre est une boisson qui remplace le vin dans certaines contrées, et particulièrement en Normandie. Il se fabrique avec les pommes ; on a cependant vulgairement étendu ce mot à des liqueurs fermentées provenant d’autres fruits, et même du marc de raisin dont le jus a été soutiré pour le vin. Les meilleures pommes à cidre sont âpres, amères au goût ; ce sont elles qui donnent le cidre le plus riche en alcool, le plus facile à conserver et à clarifier; les pommes douces viennent après, et en dernier lieu les pommes acides.
Après la récolte, ces fruits sont mis en tas pour y compléter leur maturation, puis, au bout d’un mois ou six semaines, on les écrase avec un pilon en bois dur, ou sous une meule verticale en bois, ou enfin entre des cylindres cannelés en bois, pour éviter d’écraser les pépins qui donneraient au cidre un mauvais goût ; puis on les met immédiatement en presse à la manière du raisin ; toutefois, quand on veut avoir un cidre très-fortement coloré, on dépose la pulpe dans des cuviers en bois, où on la laisse macérer pendant plusieurs jours en la remuant cinq à six fois par jour, pour l’empêcher d’entrer en fermentation. La pulpe portée sur le pressoir s’égoutte sous son propre poids pendant vingt-quatre heures, et donne la mère goutte qui fournit le cidre le meilleur; puis on presse fortement. Le marc est ensuite délayé avec 25 p. 100 d’eau, et soumis, au bout de vingt-quatre heures, à une seconde pression, quelquefois môme à une troisième avec 35 p. 100 d’eau, ce qui donne un cidre très-faible, consommé par les gens pauvres. On calcule, en Normandie, que 2340 kil. de pommes donnent environ 1 GOO litres de bon cidre, obtenus de la mère goutte et des deux premiers pressurages. Le jus, au sortir du pressoir, est transvasé dans des tonneaux dont la bonde est simplement fermée par une toile. Au bout de quatre ou cinq jours, une fermentation tumultueuse s’établit d’abord ; elle s’apaise peu à peu, et il se forme un chapeau de mousse, qu’il est utile de laisser intact pour empêcher le contact de l’air avec la liqueur. Après cette première fermentation, le cidre est soutiré, puis soutiré de nouveau un mois après dans des tonneaux de 7 ou 800 litres, où il reste jusqu’à la consommation, ou bien mis dans des bouteilles de grès, plus fortes et moins chères que les bouteilles de verre. Du reste, le travail du cidre peut être modifié de diverses manières et fournir des produits de qualités très-différentes. Quand on veutquelecidre restedoux, on s’oppose à sa fermentation par des transvasements ou soutirages multipliés, que l’on opère dès que ce phénomène commenr.e à se manifester. Si l’on veut obtenir du
cidre mousseux , on décante une seule fois le moût de pommes avant la première apparence de fermentation, et on le transvase dans un tonneau dans lequel on a fait brûler une mèche soufrée, ou mieux encore un peu d’alcool enflammé, contenu dans une coupe et promené dans toutes les parties du tonneau. Cette opération paralyse pendant assez longtemps la fermentation pour que le moût se clarifie avant qu’elle ne commence à se déclarer. Dès qu’elle menace, on soutire dans des bouteilles de grès, qu’on bouche, qu’on ficelle et que l’on cachette. Ce cidre mousse comme du champagne, et est très-agréable à boire. Les cidres doux sont ordinairement préférés par les habitants des villes; mais quand, après la seconde fermentation, il est renfermé dans de grands tonneaux, il ne tarde pas à éprouver une dernière fermentation qui lui donne une saveur acide et amère; on le nomme alors cidre paré^ et c’est dans cet état qu’il est préféré dans les pays de production.
Outre le cidre proprement dit, résultant de la fermentation alcoolique du jus de pommes, il en existe un autre connu sous le nom de poiré, qui se fabrique, avec des poires, exactement comme le précédent. Les poires douces doivent seulement être pressurées dès qu’elles sont cueillies, tandis que les poires âpres doivent achever en tas leur maturation. Dans tous les cas, le pressurage doit suivre immédiatement le broyage.
Le poiré est plus capiteux que le cidre, et par une bonne préparation et un séjour de quelque temps dans les bouteilles, il devient complètement vineux , et peut être confondu, par des palais peu exercés, avec les vins blancs de l’Anjou et de la Sologne, et même, quand il est mousseux, il peut prendre le masque des vins légers de la Ghampagne. Mais généralement cette boisson est préparée sans soin et avec de mauvais fruits, ce qui donne de très-mauvais produits. Gependant les poires sont plus sucrées et donnent plus de jus, plus d’alcool que les pommes; le poiré donne 10 p. lOo d’eau-de-vie à 20 ou 22°, pouvant servir à tous les usages de l’eau-devie de vin ; il donne d’excellent vinaigre, et, sous l’un ou l’autre de ces rapports, il pourrait devenir la source d’un produit important pour le Nord.
Dans quelques contrées de la France, les classes pauvres font du cidre avec des cormes, des baies de genièvre, etc. Le cormé est excessivement âcre, quand pour le préparer on n’a pas laissé blettir les fruits; mais il peut servir avantageusement à conserver les cidres qui veulent tourner au gras.
Les maladies des cidres tiennent la plupart à une préparation défectueuse et à l’usage vicieux de puiser pour la consommation dans des tonneaux qui restent ainsi plus ou moins longtemps en vidange. Le cidre noircit ou s’aigrit. Mais, môme dans des tonneaux bien clos, le cidre tourne souvent au gras, maladie analogue à celle des vins blancs, qui porte le môme nom et qui est due à un défaut de tannin dans la liqueur (voyez Vin).
Quelques fabricants avaient imaginé de clarifier les cidres par de l’acétate de plomb ; une certaine quantité de cette substance vénéneuse restait dans la liqueur et produisit de graves accidents. Son usage a été interdit en 1852. Le meilleur cidre vient de Normandie.
GIEL (Mouvement diurne du) (Astronomie, Gosmographie). — La plus simple observation du ciel nous montre que le soleil se lève chaque matin à l’orient; il s’élève progressivement, puis s’abaisse et va se coucher à l’occident. La lune se comporte absolument de môme. Enfin, si l’on suit avec quelque attention les étoiles qui brillent au ciel pendant la nuit, on reconnaît qu’elles se déplacent dans le même sens que le soleil ; elles montent graduellement au-dessus de l’horizon, redescendent ensuite pour disparaître au couchant. Dans nos climats, en se tournant vers le midi, on voit ces astres décriredes courbes sensiblement circulaires, parallèles et inclinées sur l’horizon. Les unes, les plus méridionales, ne se montrent que quelques instants; d’autres parcourent un demicercle et sont visibles pendant douze heures. En se tournant vers le nord, on observe encore ce mouvement des étoiles ; mais certaines d’entre elles offrent cette particularité, qu’elles ne descendent jamais au-dessous de l’horizon et décrivent un cercle entier autour d’un point voisin de V étoile polaire, qui elle-même reste à peu près immobile dans le ciel. Le mouvement de ces étoiles, qui sont dites circumpolaires, semble dirigé d’occident eu orient dans la partie inférieure de leur cercle.
On entend par mouvement diurne du ciel ce mouvement de circulation des étoiles qui les entraîne de l’est à l’ouest, et les ramène à la même position au bout d'en-