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ailleurs. De plus, les étoiles né sont pas absolument fixes, comme le croyaient les anciens, elles se déplacent sensiblement les unes par rapport aux autres, mais de très-petites quantités. Un grand nombre d’autres corps parcourent le ciel tout en participant au mouvement diurne. Les astres ne forment donc pas un système solide, comme le suppose la conception de la sphère céleste; leurs distances sont d’ailleurs très-difiTérentes et variables pour un même astre. Ces considérations ont conduit naturellement à douter de la réalité du mouvement du ciel, et à chercher à expliquer les apparences, en attribuant à la terre un mouvement de sens contraire autour d’une droite parallèle à l’axe du monde. Cette nouvelle explication du mouvement diurne par la rotation de la terre rend compte tout aussi bien de l’ensemble des phénomènes que nous avons décrits. Elle est plus facile à concevoir mécaniquement; enfin, il en existe des preuves directes qui seront développées à l’article Rotation. E. R.
CIERGE (Botanique), Cereiis, Haw., du grec kêros^ cierge. En créant ce nom, on a fait allusion à certaines espèces à tiges droites et fermes qui ressemblent jusqu’à un certain point à des cierges. — Genre de la famille des Cactées^ tribu des Céréastrées. Les cierges sont des plantes charnues qui prennent souvent de la consistance avec l’âge ; leur tige est allongée, munie d’angles ou de côtes plus ou moins épais, plus ou moins ailés. Leurs fleurs sont disposées latéralement; elles s’épanouissent ordinairement la nuit et sont éphémères. Ce genre est très-nombreux en espèces. D’après la nomenclature de M. Salm-Dyck, qui est généralement adoptée pour la famille des Cactées, il renferme bon nombre d’anciens Cactus et ééOpuntia (Raquette). C’est dans ce dernier groupe que se trouvent le cochenillier et le figuier de Barbarie (voyez Opuntia). Nous citons parmi les espèces principales, le C. du Chili {C. chilensis, Pfeiff. ; Echinoractus elegans etpyramidalis, Hort.)qui est à 10- 12 côtes, avec des aiguillons extérieurs au nombre de 8-10. Le C. laineux ( C. lanuginosus, Haw. ; Cactus lanuginosus. Lin.) est couvert d’une laine blanche crépue, avec de longs aiguillons jaunâtres, au nombre de 10-12 extérieurement et de 3 au centre. Cette espèce, originaire de rAmérique méridionale, donne des fleurs verdâtres et des fruits rouges, lisses. Le C. du Pérou {C. peruvianus, Haw.; Cactus peruvianus, Lin.) est une plante trèsgrande, d’un vert obscur, à 5-8 côtes verticales, et garnie d’aiguillons roides, bruns, accompagnés d’un duvet gris. Les fleurs de cette espèce, longues de 0‘“,15, sont blanches. On cultive souvent une variété monstrueuse de ce cierge (C, peruvianus monstruosus, de Cand.), qui se distingue par la tige rameuse, extrêmement difforme et renflée en tubercules. Le C. magnifique (C. speciosissimus, de Cand., Cactus speciosissimus, Best) à tige rameuse, épineuse, 3 ou 4 angles j fleurs magnifiques, larges de 0“,12 à 0“,I5, d’un rouge pourpre à reflets irisés à l’intérieur. La culture en est facile. Le C. porte-épée (C. pugioniferus , Lehm. ; C. gladiator, Otto) est une belle espèce du Mexique. Sa tige est glauque, à côtes triangulaires cambrées, munies d’aiguillons noir bleuâtre et comme recouverts d’une rosée verdâtre. Le C. tétragone {C. tetragonus^ Haw. ; Cactus tetragonus. Lin.) nous vient du Brésil. Sa tige émet de nombreux rameaux inférieurement; ses aiguillons sont grêles, de couleur fauve, au nombre de 7-8 extérieurement et un seul central dépassant à peine les autres. Les fleurs de cette espèce sont blanches, striées de rouge. Le C. pentagone [C. pentagonus, Haw.; Cactus pentagonus^ Lin.) a la tige presque dressée, rameuse, articulée, avec des aiguillons roides, noirâtres et devenant blanchâtres. Le C. flagelliforme {C. flagelliformis, Haw.; Cactus flagelliformis. Lin.) rentre dans la section des Serpentins. Ses tiges sont cylindriques avec des aiguillons roux disposés en étoile. Ses fleurs sont nombreuses, d’un rouge pourpre. Il y a encore le C. à grandes fleurs, que l’on cultive souvent (C. grandi florus,\A.i\.'N.\ Cactus grandiflorus, Lin.). Il vient des Antilles. Ses fleurs sont trèsgrandes, blanches en dedans, jaunes en dehors, elles durent très-peu de temps; s’ouvrant le soir, elles exhalent pendant toute la nuit, une suave odeur de vanille.
L’horticulture a obtenu une grande quantité de variétés par l’hybridation de plusieurs cierges. Les plantes de ce genre demandent une terre franche, légère, très-peu d’arrosement. Elles sont d’une conservation facile, pourvu qu’on les rentre pendant le froid. Caractères : périanthe à tube longuement prolongé au-dessus de l’ovaire ; étamines indéfinies, insérées en plusieurs rangées à la base
du tube; style dépassant peu celles-ci; stigmates rayonnants ; baie munie de petites écailles ou de petits tubercules en aréole. G — s.
CIGALE (Zoologie), Cicada, Oliv. — Genre éé Insectes hémiptères, section des Homoptères, famille des Cicaclaires, caractérisé essentiellement par des antennes de six articles distincts, la soie terminale comprise, trois petits yeux lisses; leurs élytres sont presque toujours transparentes et veinées; les mâles portent de chaque côté de la base de l’abdomen un organe particulier, à l’aide duquel ils produisent une espèce de son monotone et bruyant, qu’on a bien improprement appelé le chant des cigales. L’extrémité de l’abdomen de la femelle est pourvue d’une tarière en scie, renfermée entre deux lames écailleuses. Elle a quelquefois jusqu’à 0“,012 à 0"*,014 de longueur, et l’animal s’en sert ponr percer le bois dans lequel il dépose ses œufs. Mais ce qu’il y a de plus remarquable dans ces insectes, ce sont les organes du chant ; les bornes de cet article ne nous permettant pas de donner la description de cet appareil compliqué, nous renverrons pour cela aux Mémoires de Réaumur, à l’article Cigale, signé Latreille, du Dictionnaire d’histoire naturelle de Déterville, et au Règne animal de Cuvier. Les cigales sont des insectes des pays chauds ; ils ne sautent pas comme la plupart des autres cicadaires ; on les trouve sur les arbres ou les arbustes dont ils sucent la sève. Les larves sont blanches, ont six pattes, et s’enfoncent dans la terre où elles vivent, dit-on, des racines des plantes. Au rapport d’Aristote, les Grecs mangeaient les cigales et leurs larves. Parmi les nombreuses espèces, on doit citer : La C. de Vorme {C. orni. Lin.), longue d’environ 0“,025, jaunâtre, pâle en dessous, mélangée de noir en dessus ; elle est du midi de la France, de l’Italie, etc. ; il est plus que douteux que ce soit elle qui, en piquant Vorme {Fraxinus ornus, Lin.), fait écouler ce suc mielleux, purgatif, qu’on appelle manne. La C. commune {C.plebeia, Lin.) {fig. 5G2), plus
Fig. 562. — Cigale conimune.
grande que la précédente, noire, tachetée de jaunâtre, la moitié inférieure des élytres à nervures testacées. Du midi de la France, de l’Italie, etc. La C. dix-sept ans {C. septemdecim. Lin.) est une singulière espèce qui, reparaît tous les dix-sept ans en grande quantité en Pensylvanie; elle fait un tel bruit que lorsqu’il y en a plusieurs ensemble, on ne peut s’entendre parler (Latreille).
CIGARE médicinal (Médecine). — Ces cigares peuvent avoir différentes formes ; tantôt ce sont des feuilles sèches de plantes médicinales qui sont roulées comme les cigares de tabac, et qu’on fume de la môme manière ; ainsi les feuilles de belladone, de jusquiame, de digitale, de stramonium , sont employées contre l’asthme, la phthisie. On obtient de bons effets des cigarettes dites d’Espic dans le traitement de l’asthme essentiel et des bronchites nerveuses : on les prépare avec des feuilles de belladone, de jusquiame, de stramonium, de phellandre aquatique, arrosées d’une solution d’extrait gommeux d’opium dans de l’eau de laurier-cerise. D’autres fois, ce sont des substances médicamenteuses qu’on renferme dans des cigarettes de papier et qu’on emploie de la même manière. Enfin, quelquefois on aspire sans combustion ces substances l’enfermées dans des tuyaux de plume ou d’ivoire; telles sont les cigarettes camphrées, fort en usage aujourd’hui.
CIGARES (Technologie). — Voyez Tabac.
GIGOGNE (Zoologie ) , Ciconia , Cuv. — Genre d'Oiseaux échassiers faisant partie de la troisième tribu de la famille des Cultrirostres {Règne animal). Cet oiseau a le bec gros, médiocrement fendu, sans fosse ni sillon, les jambes sont réticulées et les doigts antérieurs fortement palmés à leur base, surtout les externes ; les man-
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dibules légères et larges du bec, en frappant Tune contre l’autre, produisent un claquement, presque le seul bruit qu'il fasse entendre. Les cigognes vivent dans les marais et se nourrissent surtout de reptiles, de petits poissons, de vers, etc. ; leurs mouvements sont lents et mesurés, et une disposition particulière de l’articulation du genou leur permet de dormir commodément sur une seule patte {fia. 5f>4) en tenant l’autre fléchie. La C. blanche (C. alba^ Vieil. ; Ardea ciconia, Lin.) est blanche, avec les pennes des ailes noires, le bec et les pieds rouges, (fig. 563) C’est un grand oiseau long de l'“,10, bien connu du vulgaire, et pour lequel le peuple a un respect particulier, qu’il mérite bien par ses qualités de sociabilité et par les services qu’il nous rend; en effet, la cigogne blanche semble née pour habiter parmi les hom-
mes; elle fixe son domicile sur nos maisons, place son nid sur les toits et les cheminées, cherche sa nourriture sur les bords des rivières les plus fréquentées, chasse dans nos champs, presque dans nos jardins, ne s’effraie point du tumulte des villes, s’établit sur les tours, et partout elle est bien venue et respectée. Son naturel est doux ; elle n"est ni défiante ni sauvage, s’apprivoise aisément, et semble même avoir une idée de la propreté, car elle choisit les endroits écartés pour rendre ses excréments. On prétend qu’elle donne des marques d’attachement pour les hôtes qui l’ont reçue, et on connaît sa constance à revenir tous les ans aux mêmes lieux. La cigogne a un vol puissant et soutenu ; elle s’élève très-haut et fait de fort longs voyages ; elle a une grande affection pour ses petits, les nourrit longtemps et ne les quitte que lorsqu’elle leur voit assez de force pour se défendre et se pourvoir d’eux- mêmes. Elle pose ordinairement son nid sur les combles élevés, sur les créneaux des tours, quelquefois à la cime des plus grands arbres qui sont au bord des eaux, de manière à dominer toujours tout ce qui l’environne. La ponte est de deux à quatre œufs, d’un blanc sale, jaunâtre, un peu moins gros, mais plus allongés que ceux de l’oie ; le mâle les couve alternativement avec la femelle ; ils éclosent au bout d’un mois. Malgré leur facilité à se familiariser, ces oiseaux ne multiplient point dans l’état de domesticité. Les cigognes qui nous arrivent au printemps partent vers la fin d’août ; à cet effet, elles s’assemblent auparavant, à plusieurs reprises, dans quelque plaine; puis, le moment du départ arrivé, elles s’élèvent toutes ensemble et en peu de temps se perdent au haut des airs ; le plus souvent ce départ a lieu la nuit, et se fait dans le plus grand silence. En France, c’est en Lorraine et en Alsace qu’on en voit le plus ; il en reste môme souvent dans ces contrées. L’Égypte, la Barbarie, paraissent être les pays où elles se retirent en plus grande quantité.
Dans tous les temps et en tout pays, les cigognes ont été respectées comme un oiseau d’un augure favorable ; ainsi, il faudrait citer tous les peuples de l’Orient, les Égyptiens,
les Arabes, les Mahométans, les Maures, les Thessaliens; puis les Romains; et jusqu’au farouche Attila qui s’attache à la prise d’Aquilée, dont il allait lever le siège, parce qu’H avait vu des cigognes s’enfuir de la ville, ce qu’il^ interprétait comme un présage funeste pour elle. Aujourd’hui, on les protège en Hollande, et une des causes de cette protection, c’est qu’elles purgent les vallées humides des serpents, des grenouilles, crapauds et autres reptiles. La C. noire (C. nzV/m, Vieil.; Ardea nigra., Lin.) est aussi une espèce de notre pays; elle est noirâtre, à reflets pourpres, à ventre blanc ; elle fréquente les marécages écartés, niche dans les forêts les plus épaisses et ne se plaît que sur les plus hautes montagnes; elle offre , du reste , un contraste frappant avec la C. blanche, en recherchant les endroits les plus éloignés des habitations. La C. à sac {Ardea dubia, Gmel. ;
A. argalüy Lath.) est une espèce étrangère, qui a sous le milieu du cou un appendice comme un gros saucisson, et dont les plumes du dessous de l’aile donnent les panaches légers, que l’on appelle marabous ( voyez ce mot). Ce sont les plus grands oiseaux du genre {fig. 564); ils ont le ventre blanc et le manteau noir bronzé. Il y en a deux espèces, l’une du pig. 504. - cigogne à sac. Sénégal, à manteau uni
(C. maraboUy Tem.), l’autre des Indes, dont les couvertures de l’aile sont bordées de blanc ( C. argala, Tem.). Leur large bec leur sert à prendre des oiseaux au vol (Cuvier).
GIGUE (Botanique médicale), Cicuta des Latins, Co~ nium des Grecs. — On a donné le nom de Ciguë à plusieurs espèces de plantes vénéneuses appartenant à difiérents genres de la grande famille des Ombdlifères (voyez Ombellifèues) ; et ce mot rappelle à l’esprit le breuvage empoisonné dont se servaient les Athéniens, et qui a été surtout immortalisé dans l’histoire par la mort de Phocion et de Socrate ; et cependant des doutes sérieux se sont élevés sur la nature du poison dont on se servait dans ces circonstances ; le kôneion employé déjà comme médicament du temps d’Hippocrate est-il bien la grande ciguë à laquelle Linné a cru devoir restituer ce vieux nom de Conium ? D’un autre côté, Pline a-t-il eu des raisons suffisantes pour avancer que le poison dont on se servait à Athènes était le suc de la ciguë? Cette assertion, répétée comme une vérité incontestable par tous les auteurs et corroborée par ce qu’il ajoute que Socrate avait péri par ce poison, est cependant sujette à discussion, si on considère que Platon, dans la relation historique de la mort de son maître, ne parle pas une seule fois du kôneiony et qu’il emploie fréquemment le mot de pharmakon , drogue, poison ; il faut se rappeler aussi que les symptômes de la mort de Socrate, décrits dans le PMfow, ne se rapportent guère à ceux que déterminent les diverses espèces de ciguë. Du reste, Théophraste parle d’un certain Thrasias, deMantinée, qui se vantait de donner la mort sans douleur avec le suc de kôneion, de pavot et d’autres choses semblables; il est donc probable que le poison des Athéniens était une préparation pharmaceutique, dans laquelle entrait sans doute la ciguë, et l’on comprend alors le mot de pharrîzacon employé par Platon.
Les plantes que l’on a désignées sous ce nom sont î 1° h'à Grande Ciguë, Ciguë tachetée {Conium maculatum^ Lin. ; Cicuta major, Lamk, du genre Conium, Lin., tribu des Smyrnëes), plante bisannuelle, à tige rameuse, glabre, cylindrique, marquée à sa base de taches d’un rouge brun, feuilles très-découpées, d’un vert foncé en dessus, fleurs blanches, petites, calice entier, pétales inégaux en cœur, fruit globuleux; elle croît dans les lieux incultes ; toutes ses parties froissées entre les doigts répandent une odeur nauséabonde spéciale, qui peut servir à la faire distingeur du cerfeuil avec lequel elle a beaucoup d’analogie;
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elle renferme un principe actif très-vénéneux^ nommé d’abord cicutine, puis conicine^ conine (voyez Conine) ; plus développé dans les pays chauds et fourni par toutes les parties de la plante, mais plus particulièrement par les graines, si on en croit MM. Devay et Guillermond, de Lyon (voyez Coniüm).
2° La Cigvë viveuse^ Cicuiaire aquaüque [Cicidüvirosa^ Lin.; Cicutaria aquatica, Devay, Lamk, du genre C^CM^a,Lin., tribu des Amminées)^ croît au bord des étangs; c’est une plante vivace, à racine grosse, charnue, qui contient un suc jaune très-âcre; à tige dressée, rameuse, striée, fistuleuse ; feuilles grandes, ailées, pointues, dentées ; fleurs petites, blanches, en ombelles lâches; pétales entiers, presque égaux; semences cylindriques : ses propriétés vénéneuses sont plus intenses que celles de la grande ciguë.
3® La Petite Ciguës Ache des chiens. Faux Persil {Æthu-sacynapium. Lin., du genre Æ^/msa, Lin., tribu desSéselinées), croît dans les lieux cultivés, d’où le nom de ciguë des jardins, qui lui a été aussi donné ; racine annuelle, longue, blanche; lige dressée, rameuse, cylindrique, cannelée ; feuilles d’un vert foncé, ailées ; fleurs blanches, en ombelles très-garnies; calice entier, pétales inégaux, fruit ovoïde, semences demi - globuleuses ; elle ressemble au persil ; voici ce qui l’en distingue : le persil a des ombelles pédonculées, garnies d’une collerette à une seule foliole; l’odeur du persil est agréable ; ses fleurs sont d’un blanc jaunâtre : dans la petite ciguë, les ombelles n’ont pas de collerette, l’odeur est nauséabonde, les feuilles sont d’un vert noirâtre, les fleurs sont blanches. Elle est très-vénéneuse comme la précédente.
4® La Ciguë d'eau {Phellandrium aquaticum. Lin. ; CEnanthe phellandrium , Lamk, du genre Œnanthe, Lamk, tribu des Sésélinées), nommée encore fenouil d'eau, commune dans les mares, tige creuse, feuilles trèsdivisées, fleurs très-petites, ombelles de sept à dix rayons, fruit ovoïde, allongé. Un peu moins vénéneuse que les autres espèces.
Les symptômes de l’empoisonnement par la ciguë sont l’assoupissement, la stupeur, le délire, les syncopes, le ralentissement du pouls, les vomissements, soif ardente, suffocation, etc. Les premiers moyens à employer sont de provoquer le vomissement, on donne ensuite les boissons adoucissantes , acidulées ; enfin , quelquefois les opiacés. La ciguë a été employée en médecine comme fondant et résolutif dans le squirre, le cancer, les engorgements chroniques; à l’intérieur, en poudre, en extrait ; à l’extérieur, en emplâtres, etc. " F— n.
CILIAIRES (Anatomie). — Adjectif qu’on ajoute à plusieurs des parties contenues dans le globe de l’œil ; ainsi les artères ciliaires, les nerfs ciliaires, le corps ciliaire, le ligament ciliaire, les procès ciliaires (voyez Œil, Procès ciliaires).
CILIÉ (Botanique), ciliatus. — Ce mot s’applique à toutes les parties des végétaux bordées de cils; ainsi, on dit des feuilles ciliées, des pétales ciliés, des bractées ciliées, etc.
CILLER (Hippiatrique). — On dit qu’un cheval commence à ciller lorsque les poils des sourcils blanchissent ; ce caractère indique une vieillesse déjà avancée.
CILS (Anatomie), du latin celare, cacher. — On appelle ainsi ces poils durs et roides, implantés dans l’épaisseur du bord libre des paupières; on en compte de cent à cent cinquante à chacune d’elles, un peu plus en haut qu’en bas. Ils décrivent dans leur direction une légère courbure qui, pour ceux de la paupière supérieure, présente une concavité en haut, et une en bas pour ceux de la paupière inférieure ; il en résulte que dans l’occlusion des yeux les deux convexités se rencontrent, mais sans jamais se croiser. Les cils ont pour but de tamiser, l’air, pour ainsi dire, afin de garantir les yeux contre le contact et l’introduction des corpuscules qui y sont con- ! tenus. Tout le monde connaît les effets du renversement ! des cils en dedans de l’œil; ils viennent dans ce cas irriter, piquer cet organe, et y déterminent souvent une inflammation qui ne cesse que par leur ablation ; c’est à cette affection qu’on a donné le nom de trichiasis (voyez ce mot). La perte des cils par suite de maladie constitue une incommodité grave, parce que cette absence expose l’œil au contact trop direct de l’air et à l’impression souvent trop vive de la lumière. F — n.
Cils vibratiles (Zoologie, Botanique). — On donne ce nom à de petits appendices filiformes, très-fins, transparents, dressés sur toute la surface de certaines cellules épithéliales de quelques animaux invertébrés surtout et se contractant par eux-mêmes, sous l’influence apparente des
nerfs, par des mouvements vibratiles très-vifs. On distingue : r Les cils vibratiles proprement dits, qu’on trouve chez les animaux à sang chaud ou autres sur des cellules d’épithélium dans toute l’étendue de la muqueuse des organes de la respiration, par exemple, et aussi sur des cryptogames vasculaires, des mousses, etc, 2“ Des fdaments vibratiles qui existent à la surface du corps des animaux, tels que les infusoires, sur les bi-yozoaires, etc.
Cils (Botanique). — Poils parallèles qui bordent les organes de certaines plantes et disposés souvent comme les cils des paupières. Ces organes sont alors dits ciliés. Exemples : les feuilles de la joubarbe, du jonc poilu ; les bractées du charme, de la menthe verte; la gorge de la corolle de plusieurs gentianes ; les pétales de la capucine, de la rue ; les anthères de la brunelle, de la lavande, de la petite orobanche ; la graine du menyanthes nymphdides; le stigmate du rumex seutatus, du sanguisorba media, etc. L’orifice de l’urne des mousses est souvent bordé de cils qui jouent un grand rôle dans la détermination des espèces de ces plantes. G — s.
CIMBEX (Zoologie), Cimbex, Oliv. — Genre d'insectes hyménoptères, section des Térébrants, famille des Portescie, tribu des Tenthrédines, qui se distingue par un abdomen saillant ; des antennes de cinq à sept articles, terminés en massue conoïde ou ovoïde. Ils diffèrent peu des autres espèces de la môme tribu ; cependant, l’abdomen est plus court et plus large. Ces insectes proviennent de fausses chenilles à vingt-deux pattes dont le corps est ras. Elles se nourrissent de feuilles de saule, de bouleau, d’aune, etc. Quelques-unes, quand on les touche, font sortir de chaque côté de leur corps une liqueur verdâtre, claire, qu’elles lancent quelquefois à la distance de plus de 0™,30. Le C. jaune [Tenthredo lutea. Lin.), long de 0“,025, brun ; abdomen jaune. Sa fausse chenille est d’un jaune foncé. Sur le saule, le bouleau, etc. Le C. à épaulettes, Frelon à épaulettes, de Geoflf. (C. humeralis), a environ 0“,020 de long, le devant de la tête jaune, le reste noir; corselet noirâtre, velu; une tache jaune, grande de chaque côté de sa partie, antérieure, formant comme deux épaulettes; les pattes brunes. On la trouve aux environs de Paris.
CIMENT. — Voyez Chaux hydraulique. Mortier.
CIMETIÈRE (Hygiène), du grec cdimêtêrion, lieu pour dormir, cimetière. — On désigne sous ce nom le lieu où l’on enterre les morts. Plusieurs nations de l’antiquité ont livré leurs morts aux flammes ; mais les bûchers ne s’élevaient que pour les gens riches, et le vulgaire inhumait ses morts ; chez les Romains , par exemple, il y avait des lieux destinés aux sépultures communes ; on les appelait puticuli, petits puits ; lorsque les chrétiens devinrent nombreux, des personnes riches leur donnèrent quelques fonds de terre destinés aux inhumations publiques; ce fut l’origine des cimetières. Bientôt ces lieux funéraires se multiplièrent ; ils furent d’abord situés le long des grands chemins les plus fréquentés, puis autour des églises. Il est vrai que quelques peuples de l’antiquité avaient déjà l’habitude de déposer leurs morts dans le sein de la terre ; tels étaient les Égyptiens, les Chinois, etc. Mais ce n’étaient pas encore là les cimetières, c’étaient plutôt dessépultures particulières, sans ce caractère de généralité de nos cimetières modernes. Cependant, les sépultures, qui avaient d’abord eu lieu dans les villes, autour des églises, finirent par envahir le sanctuaire lui -môme, et des évôques, de hauts fonctionnaires ecclésiastiques, des laïques môme, furent enterrés dans les églises. Mais bientôt des inconvénients, des accidents môme, furent signalés et montrèrent le danger de ces inhumations dans les villes et dans les églises ; les médecins firent entendre des réclamations sérieuses, et parmi eux surtout Maret, de Dijon, Vicq-d’Azyr, etc. ; enfin, en 1776, défense fut faite d’enterrer dans les villes et dans les églises ; plus tard, un décret du 22 prairial an XII (12 juin 1804) comprend dans cette défense également les villes et les bourgs, et exige que les cimetières soient établis à la^distance de 35 à 40 mètres de l’enceinte de ces villes et bourgs, qu’ils soient clos de murs de 2 mètres au moins d’élévation. D’après le décret du 7 mars 1808, aucune habitation ne doit exister à moins de 100 mètres des cimetières. Les grandes villes doivent avoir plusieurs lieux de sépulture, et, comme il faut au moins trois ans pour la décomposition d’un cadavre enfoui à 1“, 50 ou 2 mètres de profondeur,l’étendue du cimetière devra être au moins le triple de l’étendue nécessaire pour le nombre de morts d’une année. Les divers cimetières de Paris, ainsi que ceux
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