‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 191 sur 385 · GOA · texte numérisé non relu

GOA

COB

en celui de Lépadite. — Genre d'insectes coléoptères iétramères^ de la famille des Clavipalpes, Ils ont neuf articles aux antennes, la tête cachée sous le corselet et le corps en forme de bouclier. Le C. pubescens^ Schüppel, et le C. piceus, Kuns, se trouvent aux environs de Paris sur les bois morts.

Clypéastre, Lamk. [Zoo\o^\Q)^Echinonthus, Klein. — Genre d' Èchinodermes pédicellés^ famille des Oursins^ établi par Lamarck pour des espèces qui ont le corps déprimé à base ovale, concave en dessous, couvert de très-petites épines; l’anus près du bord; le contour quelquefois n’est pas anguleux. Sur dix espèces signalées par Lamarck, six sont fossiles.

GLYSOIR (Thérapeutique), du grec kluzein^ laver. — Instrument destiné à remplacer la seringue pour donner des lavements, et au moyen duquel on fait souvent des injections dans différentes parties du corps. C’est un tube long d’environ I mètre, flexible et imperméable auquel est adaptée une canule au bout inférieur, tandis que le supérieur est évasé en entonnoir. Le poids du liquide dont on le remplit suffit pour le faire pénétrer dans l’intestin. S’il y a quelque obstacle, on exerce une légère pression du haut en bas avec la main.

CLYSO-POMPE (Thérapeutique). — C’est le. clysoir auquel on a ajouté un petit corps de pompe vissé au fond d’une petite cuvette graduée qui contient le liquide.

CLYSTÈRE (Thérapeutique). — Voyez Lavement.

CLYTHRE (Zoologie), Clythra, Fab. — Genre d'insectes coléoptères tétramères^ famille des Cycliques, tribu des Chrysomélines ; ils ont été confondus avec les Gribouris^ dont ils diffèrent par leurs antennes, les mandibules arquées et bidentées, leurs tarses dont le quatrième article mince est un peu renflé à son extrémité. Ce sont de petits insectes qu’on trouve ordinairement sur les fleurs des chênes. Ils ont le corps à peu près cylindrique ; les plus grandes espèces ont à peine 0*",012 de long. La C. quadrille [Chrysomela quadripunctata. Lin.), longue de 0“,010,'“est noire, les étuis rouges avec deux points noirs sur chaque.

CLYTIE (Zoologie), Clytia, Lamx. — Sous-genre de Polypes à tuyaux^ de la famille des Tubulaires^ genre des Campanulaires , dont les tiges sont grimpantes, rameuses, quelquefois en forme d’arbrisseaux ou filiformes. Les animaux qui contiennent leurs cellules campanulées et portées par des pédicules sont toujours parasites sur les différents corps sous-marins.

CNEORUM (Botanique). — Voyez Gamélée.

CNIQUE (Botanique), Cnicus^ Vaill. Nom employé par Dioscoride pour désigner une plante épineuse, et dérivé du grec knaô, je pique. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Cynarées, sous-tribu des Centaurées. La plupart des cniques de Linné ont été répartis entre les genre Saussurée, Cirse, Rhapontiqiie, etc. Le C. bénit {C. benedictus , Gærtn. ; Centaurea benedicta. Lin.), appelé vulgairement Chardon bénit, à cause des propriétés qu’on lui attribuait, est une herbe annuelle originaire d’Orient, mais naturalisée dans quelques endroits de l’Europe méridionale. Ses capitules sont jaunes. Il possède une amertume qui peut être utilisée comme tonique. Caractères principaux : akènes glabres, striés, terminés par une large aréole ; aigrette presque triple, composée de 10 soies.

COAGULATION (Physiologie). — C’est l’état d’un liquide qui s’épaissit, se fige, et se change en une masse molle, demi-solide. Les substances organiques seules sont susceptibles de se coaguler, et dans cet état, elles ne présentent aucune forme constante, il faut donc, pour rendre un liquide coagulable, la présence d’une matière organique. La coagulation peut être totale ou partielle, lente ou instantanée. Certaines substances se coagulent spontanément; ainsi la fibrine de la lymphe et du sang ; d’autres par l’action de la chaleur, comme le blanc d’œuf et tous les liquides qui contiennent de l’albumine. Il y en a qui ont besoin de l’intervention d’un acide, ou d’un autre corps, comme le lait, la bière, etc.

COAPTATION (Chirurgie), du latin cumaptare, ajuster avec. — On donne ce nom à l’action par laquelle on rétablit à leur place et dans leurs rapports les fragments d’une fracture, ou les os qui forment une articulation où il s’est opéré un déplacement. Pour faire la coaptation dans une fracture (voyez ce mot), après avoir allongé le membre par le moyen de l’extension et de la contre-extension (voyez ces mots), on pousse les fragments l’un vers l’autre, et on rend au membre sa rectitude naturelle, qu’oü maintient ensuite au moyen des appareils et des

bandages (voyez ces mots). La coaptation dans les luxations se fait de la même manière, en allongeant le membre, etc. (voyez Luxation).

COARCTATION (Médecine), resserrement. — Ce mot sert à désigner souvent le rétrécissement d’un conduit ou d’une cavité naturelle ; ainsi l’urètre, le conduit lacrymal. Il s’applique aussi quelquefois à la petitesse du pouls dans le début d’un accès de fièvre.

COASSEMENT (Zoologie). — On appelle ainsi le bruit que font entendre les grenouilles et quelques crapauds. Cette espèce de cri bien connu des personnes qui habitent près des étangs est le résultat du passage de l’air expiré mis en mouvement de vibration dans le larynx supérieur au moyen des muscles de la gorge (voyez Grenouille).

COATI (Zoologie), Nasua, Storr. — Genre de Mammifères carnivores, tribu des Plantigrades* Ces animaux sont les moins carnassiers de tous ceux de cet ordre, avec les ours auxquels ils ressemblent en petit, si ce n’est qu’ils ont une longue queue ; leur taille approche de celle du renard commun ; mais leur corps est plus allongé, leurs jambes plus courtes et leur queue presque aussi longue que le corps, et ils la portent horizontalement ou relevée verticalement. Ils ont un nez singulièrement prolongé en avant, en forme de grouin, au moyen duquel ils fouillent la terre pour y chercher les insectes et les vers que la finesse de leur odorat leur fait trouver facilement à travers les herbes. Ils habitent les bois, montent facilement aux arbres, où ils vont chercher aussi les fruits, les insectes et les reptiles dont ils se nourrissent. Du reste ils se creusent des terriers avec leurs fortes griffes. Les coatis s’apprivoisent assez facilement, mais ils sont assez indociles, ne s’attachent pas, grimpent partout, furettent sans cesse et sont, en un mot, des hôtes incommodes bien qu’ils recherchent les caresses. Ils expriment leur joie par un petit sifflement doux et leur colère par une sorte d’aboiement très-aigre ; leur vie est nocturne ; leur marche traînante les rapproche des ratons, et ils ont, comme eux, trois arrière-molaires tuberculeuses dont les supérieures sont presque carrées. Leurs pieds sont à demi palmés, et cependant ils grimpent facilement aux arbres et leurs ongles allongés leur servent à fouir. Ils habitent les parties chaudes de l’Amérique. On n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces. Le C. roux ( Viverra nasua. Lin.), d’un beau fauve roussâtre sur tout le corps, la queue annelée de noir et de fauve, le museau brun gris. Le C. brun {Viverra narica. Lin.) est d’un brun noir ; sa queue est annelée de noir et de jaune sale ; des taches blanches à l’œil et au museau. Une troisième espèce, le C. noirâtre deBuff., Nama quasje, Geoffr., a été considérée par Fr. Cuvier comme une variété; son poil est d’un roux noirâtre, la queue annelée de brun et de fauve. Il a 0"*,65 de longueur de l’extrémité du museau à l’origine de la queue.

COBÆA (Botanique), dédié par Cavanilles au jésuite espagnol Barnabé Gobo, naturaliste du xvii® siècle. — Genre de la famille des Polémoniacées. Ce sont des plantes grimpantes à feuilles alternes, ailées sans impaire, terminées par une vrille dichotome, à fleurs solitaires, axillaires, grandes, violettes, qui nous viennent de l’Amérique méridionale. Le C. grimpant (C. scandens, Cav.) est une plante grimpante, à tige grêle, pouvant s’élever à une grande hauteur. Ses feuilles, d’un beau vert foncé, sont terminées par une vrille au sommet; leurs segments sont ovales et disposés par 2-3 paires. Ses fleurs sont solitaires, axillaires, munies inférieurement de 1 à 3 bractées; elles sont souvent très-grandes, colorées d’un pourpre violet, à calice largement lobé et à corolle à lobes orbiculaires. Le cobæa, aujourd’hui si commun, non-seulement dans les jardins, mais sur les fenêtres, le long des murs, n’existe guère que depuis une soixantaine d’années en Europe. Il a été rapporté du Mexique. Cette espèce se cultive comme les plantes annuelles. On la sème en février, en terre franche légère, sous châssis chaud. Elle nécessite des arrosements abondants, surtout quand elle est à une exposition méridionale. On emploie aussi quelquefois, pour garnir les berceaux et les murs, le C. stipulé [C. stipularis, Benth.), introduit du Mexique en 1840, et donnant pendant tout l’été des fleurs jaunes. Caractères du genre: calice campanulé, quinquefide ailé; corolle campanulée, à lobes étalés, larges; étamines saillantes; ovaire à loges contenant de nombreux ovules et entouré d’un disque charnu présentant 5 lobes; le fruit est une capsule coriace s’ouvrant eu 3 valves et renfermant des graines comprimées, ailées.

COB

COB

COBALT (Chimie) (Co). Équivalent 29,5, densité 8,G. — Métal d’un gris blanc comme le platine, ductile, malléable, et susceptible d’un beau poli II ne fond qu’à une température encore plus élevée que le fer ; il résiste assez bien à l’air sec, môme à une température assez élevée, mais, à l’air humide, il se recouvre facilement d’une rouille noire, qui est du peroxyde de cobalt hydraté. Du reste, avec les divers acides, avec le carbone, le chlore, le soufre, il se comporte à peu près comme le fer. Il est susceptible de former, avec les divers métaux, des alliages ductiles, et pourrait, sur ce point, recevoir quelques applications utiles. Il est à peu près sans usages. Ses composés oct au contraire une grande importance dans les arts.

Les principaux minerais de cobalt sont le cobalt arsenical et le cobalt gris. Le premier est d’un gris d’acier pur ; il se compose, de cobalt, d’arsenic avec un peu de fer et de nickel. Il renferme environ 20 p. 100 de cobalt. C’est le plus abondant des minerais de cobalt. On le rencontre particulièrement à Schneeberg et Annaberg , en Saxe, à Richelsdorf et à Bieber, en Hesse. Le cobalt gris ou arsénio-sulfure de cobalt, d’un gris clair teinté de rouge, est plus riche que le précédent, car il contient de 32 à 34 p. 100 de cobalt, mais il est moins abondant. On le rencontre surtout à Tunaberg et à Skuterud, en Suède. Il se compose essentiellement de cobalt, de soufre et d’arsenic, avec quelques traces de fer et de nickel. Ce minerai possède naturellement un éclat métallique assez vif, mais par son altération à l’air, il se transforme en arséniate de cobalt d’une couleur fleur de pêcher passant au rouge cramoisi.

Les minerais de cobalt sont particulièrement employés à la fabrication du smalt, verre bleu que l’on prépare en fondant ensemble du minerai de cobalt grillé , du sable quartzeux et de la potasse, et qui, réduit en poudre impalpable, produit Vazur (voyez Smalt et Bleu). On les traite cependant aussi pour en retirer du pi-otoxyde de cobalt ou les divers sels que celui-ci peut former. Pour préparer cet oxyde, d’après M. Wôhler, on mélange le minerai broyé avec le triple de son poids de carbonate de potasse et autant de soufre en poudre, et on projette le tout successivement et par petites parties dans un creuset préalablement chauffé au rouge. On obtient un culot de sulfure de cobalt mélangé d’un peu de sulfure de fer et de nickel, et une scorie de sulfarséniate de soude. Celle-ci est enlevée par l’eau qui la dissout, puis le culot est traité par l’acide sulfurique étendu, et ainsi transformé en sulfate de cobalt. Au moyen d’un alcali fixe, l’oxyde de cobalt est déplacé, et peut être recueilli sur un filtre. Cet oxyde est loin d’être pur, car le fer et le nickel du culot se précipitent en même temps que le cobalt. On le dissout dans de l’acide nitrique, et on y verse une dissolution de carbonate de soude. Le fer se précipite le premier sous forme de peroxyde, et si l’on règle convenablement la dose de l’alcali carbonaté, il ne restera plus dans la liqueur que du cobalt et des traces de nickel. Celle-ci étant donc filtrée, puis traitée par un excès d’alcali, donnera un oxyde de cobalt satisfaisant à toutes les exigences de l’industrie; mais pour les besoins de la chimie, il faut lui enlever encore son nickel. Pour cela, on le redissoudra dans de l’acide nitrique, et on le transforme en oxalate de cobalt que l’on dissout dans de l’ammoniaque, et qu’on abandonne au contact de l’air. Le nickel se dépose en entier sous forme de poudre verte d’oxalate double de nickel et d’ammoniaque. Le cobalt reste dans la dissolution qu’il colore en rose, et d’où on peut le retirer au moyen du carbonate de potasse. Il se précipite du carbonate de cobalt qui, calciné en vase clos, perd son acide carbonique et laisse un résidu d’oxyde de cobalt anhydre gris cendre foncé.

Cobalt (Oxydes de). — L’oxygène forme avec le cobalt cpatre combinaisons, dont la dernière se comporte comme un acide. Toutes sont facilement décomposées par l’hydrogène, le carbone, le soufre, le phosphore, l’arsenic. Avec le borax et le phosphate de soude, ils donnent au chalumeau, des verres transparents d’un beau bleu. Leur pouvoir colorant est considérable.

Protoxgde de cobalt (CoO). — D’un gris foncé quand il est anhydre, et ayant quelquefois un léger éclat métallique. Son hydrate est bleu lavande, et devient spontanément, ou par l’ébullition , d’un rose pâle. Il se dissout dans l’ammoniaque et son carbonate qu’il colore en rouge. Il peut s’unir à tous les acides, et forme des sels diversement colorés. Il s’unit également aux bases. Le composé qu’il forme avec la magnésie est rose; d’un beau bleu d’outremer avec l’alumine ; d’un assez beau vert avec

l’oxyde de zinc, c’est le vert de Rinmann. Le composé bleu d’alumine et de cobalt est remarquable par ia stabilité, la richesse et la beauté de sa teinte. On en fait grand cas en peinture.

Le protoxyde de cobalt s’extrait directement du minerai de cobalt, comme il est dit plus haut ( voyez Cobalt). On l’obtient aussi, soit en calcinant le nitrate de cobalt, soit en versant une dissolution de potasse caustique dans une dissolution de nitrate de cobalt ou d’un autre sel quelconque de cobalt pourvu qu’il soit soluble.

Deutoxyde de cobalt. — Peu connu, ne s’unissant pas aux acides , on lui donne la composition de l’oxyde de fer magnétique GoO,Go20h A l’état d’hydrate, le seul sous lequel on le connaisse, il est de couleur vert sale. On le prépare en calcinant modérément le nitrate de cobalt.

Sesquioxyde ou peroxyde de cobalt (Go^O^). — Noir à l’état anhydre, brun à l’état hydraté. Il ne forme pas de sels et n’est d’aucun usage. On l’obtient en traitant du protoxyde de cobalt par un hypochlorite alcalin.

Acide cobaltique (GoO^). — Peu stable, formant des sels appelés cobaltates peu stables eux -mêmes et se décomposant spontanément à l’air.

Cobalt (Sels de). — Ils sont tous à base de protoxyde. Tous sont plus ou moins colorés en rose, lilas ou bleu, quand ils sont anhydres, en rose fleur de pêcher passant au rouge grenat quand ils sont dissous ou simplement hydratés. Les alcalis caustiques précipitent complètement le cobalt de ses dissolutions ; le précipité, d’abord bleu de lavande, devient violet rougeâtre par l’ébullition; les carbonates alcalins le précipitent en rose ; l’ammoniaque et son carbonate en excès redissolvent le précipité et se colorent en rouge. Les phosphates alcalins y donnent un précipité bleu, et les arséniates un précipité rose fleur de pêcher; enfin, l’hydrogène sul.furé ne les trouble pas, mais les sulfhydrates alcalins les précipitent en noir.

Azotate de cobalt. — S’obtient en dissolvant l’oxyde de cobalt dans l’acide nitrique. Il est très-soluble et sert dans les essais au chalumeau.

Arséniate de cobalt. — D’une belle couleur rose fleur de pêcher, quand il est fraîchement préparé, mais tournant le plus souvent par la calcination au violet ou au lilas. On l’emploie à la préparation du bleu Thénard (voyez ce mot).

Phosphate de cobalt. — Gélatineux et bleu violacé quand il est récemment préparé, devenant d’un beau bleu quand il est desséché à l’air, et noir violacé par la calcination. En mélangeant intimement 1 partie de phosphate de cobalt humide, obtenu en versant une dissolution de phosphate de soude dans une dissolution de nitrate de cobalt, avec 8 parties d’alumine en gelée, faisant dessécher à l’étuve, puis calcinant ensuite au rouge cerise dans un creuset ouvert, on obtient la belle couleur bleue appelée bleu Thénard. Malheureusement, ce produit noircit à l’air en perdant de son oxygène.

Cobalt (Ghlorure de) (GoCl). — Composé très-soluble et même déliquescent ; ses dissolutions sont roses ; ses cristaux sont roses eux-mêmes à la température ordinaire, mais ils deviennent d’un beau bleu quand on les chauffe pour redevenir roses par le refroidissement. C’est sur cette propriété qu’est fondé l’emploi du chlorure de cobalt comme encre de sympathie. En écrivant avec une dissolution de chlorure de cobalt, l’écriture rose très-pâle est presque invisible; mais si on l’approche du feu, elle devient bleue et facile à lire (voyez Encre).

COBALT (Minéralogie). — Le cobalt natif n’existe qu’associé au fer natif dans quelques pierres météoriques, mais il entre dans la constitution de quelques minerais dont le plus important est le cobalt gris. Les principaux sont les suivants :

Cobalt arséniate ou Érythrine (Beudant). — Remarquable par sa couleur fleur de pêcher. Densité, 2,96 ; système cristallin ; prisme oblique rhomboïdal sur les angles de 55"15' et de 10l“13.

Cobalt arsenical ou Smaltine (Beudant). — D’un gris d’acier, noircissant à l’air. Sa densité est environ de 6,5. Il cristallise dans le système cubique.

Cobalt gris ou Cobaltine (Beudant). — Il ressemble au précédent par sa couleur qui a cependant une légère teinte rougeâtre. De plus, il possède trois clivages conduisant au cube et affecte fréquemment les formes hémiédriques du dodécaèdre pentagonal et de l’icosaèdre. Ce minéral qui, par sa composition, se montre comme un arsénio-sulfure de cobalt, est une des substances les

coc

COC

plus remarquables par la netteté et la beauté des formes cristallines. Sa densité est G, 30. On le rencontre en filons dans les terrains anciens.

On trouve encore dans la nature un oxyde noir de cobalt, du cobalt sulfuré et le cobalt sulfaté ; mais ces minerais ont peu d’importance. Lef.

COBAYE (Zoologie), vulgairement Cochon d'Inde; Anœma, F. Guv. ; Cavia^ Ilig. — Genre de Mammifères rongeurs^ division des McU-claviculés^ détachée, par F. Cuvier des Cabiais, qu’ils représentent en petit; seulement, ils ont les doigts séparés, deux incisives à chaque mâchoire, quatre molaires ; la lèvre supérieure entière ; point de queue. L’espèce la plus connue, le Cochon d'Inde [Aperea^ d’Azara; Cavia cobaya^ Pall. ; Mus porcellus^ Lin.), est connu de tout le monde; originaire du Brésil, il est très-multiplié aujourd’hui en Europe, où on l’élève dans les maisons , parce qu’on pense que son odeur chasse les rats. On le nourrit avec toutes sortes d’herbes et de fruits, du son, de la farine, du pain. « Ils aiment le persil de préférence à toutes les plantes ; ils ne boivent jamais, et cependant ils urinent beaucoup ; ils ont un petit grognement semblable à celui d’un petit cochon de lait » (DesmaresI). Leur chair est fade et insipide ; peutêtre cela tient-il à ce qu’ils sont continuellement enfermés dans des espaces étroits. Il y a lieu de penser que cette espèce vient d’un animal d’origine américaine nommé Aperea^ de môme taille et de môme forme, sur lequel d’Azara nous a donné des notions positives. Il est long de 0“,28, se cache dans les trous des rochers et on le chasse comme un bon gibier ; il abonde au Brésil et au Paraguay ; il court assez vite, est doux et s’apprivoise facilement (voyez Essai sur l'histoire naturelle des quadrupèdes du Paraguay, d’Azara; traduit par Moreau de Saint-Mery. 2 vol. in-8. Paris, 1801).

COBITIS (Zoologie), Cobitis^ Lin. — Nom scientifique du genre Loche (poisson).

COCA (Botanique), nom péruvien. — Espèce de plantes du genre Erythroxylum, type de la famille des Erythroxylées. È'E, coca^ Cav,, est un arbrisseau du Pérou, à feuilles alternes très-entières, à stipules axillaires. On emploie souvent, dans les endroits où il croît spontanément, ses feuilles pour les maladies d’estomac et d’intestins. Les .Indiens qui travaillent à l’exploitation des mines mâchent sans cesse ces feuilles mêlées avec les cendres (nommées ypa) de l’ansérine quinoa {chenopodium quinoa)^ et doivent à cet usage la force de résister à la fatigue et à l’ennui de leurs travaux pénibles et dangereux. Lorsque l’emploi de cette substance masticatoire dégénère en abus, — ce qui arrive souvent chez les Indiens, — il se produit dans l’organisme une excitation analogue à celle produite par l’opium.

COCGIJNELLE (Zoologie), Coccinella, Lin. — Genre A'Insectes coléoptères^ section des Trimères^ famille des Aphidiphages ; ils ont le corps presque hémisphérique, le corselet très-court, presque en forme de croissant. Plusieurs espèces sont très-répandues dans nos jardins, sur les arbres, sur toutes les plantes; on les connaît vulgairement sous les noms de Scarabées hémisphériques, Bêtes à bon Dieu, Bêtes de la Vierge, etc. Ce sont de petits insectes très-communs dont les enfants s’amusent beaucoup et qui paraissent des premiers au printemps; ils se nourrissent de pucerons, et, sous ce rapport, ils ne sont pas sans utilité. Les larves des coccinelles ont le corps allongé, conique et divisé en douze anneaux; elles se nourrissent delà même manière. La C. à sept points {C. septem pu7ictata, Lin.), longue de 0“,008, est noire, les étuis rouges, trois points noirs sur chacun, un septième au milieu, la plus commune de notre pays. Il y en a plus de cent cinquante espèces.

GOGCULE (Botanique), Cocculus^ de Gand., de coccus, nom donné par les Latins, d’après les Grecs, à la graine d’écarlate. Les fruits des plantes de ce genre sont ordinairement rouges. — Genre de plantes de la famille des Ménispermées, Il comprend des plantes, en général dioîques, à 3 ou 6 sépales ; pétales en même nombre ; les mâles à G étamines distinctes; les femelles à 3-6 ovaires devenant des drupes. Le C. à feuilles de laurier (C. laurifolius,, de Gand. ; Menispermum laui'ifolium, Roxb.) est un arbuste du Népaul. Ses rameaux délicats, d’un vert jaunâtre, et ses feuilles persistantes sont d’un joli eflet dans les serres tempérées. Le C. subéreux (C, suberosus, D. C. ; Anamirfn corculus, Wieht et Arnott) est un arbrisseau grimpant, élevé de trois à quatre mètres. 11 croît dans le sable, au milieu des rochers, sur les côtes de 1 île de Ceylan, du Malabar, de Java, etc. Ses fruits, qui renferment un violent poison.

sont connus en médecine sous le nom de coques du Levant.

Le Colombo est la racine d’un Coccule (voy. Colombo).

GOCCYX (Anatomie), en grec kokkux, qm veut dire coucou, parce que, dit-on, on a trouvé quelque ressemblance entre cet os et le bec d’un coucou. — G’est un petit os triangulaire courbé d’arrière en avant ; sa base, tournée en haut, s’articule avec la partie inférieure du sacrum. Antérieurement, il correspond au rectum, qu’il protège et qu’il soutient. Il donne attache à plusieurs muscles. Gliez les jeunes sujets, il est composé de quatre pièces réunies par des fibro-cartilages qui s’ossifient avec l’âge et soudent toutes ces pièces entre elles. Dans les animaux, le nombre de ces pièces ou vertèbres varie beaucoup ; elles manquent complètement chez un trèspetit nombre de mammifères (quelques roussettes) ; dans d’autres cas, on en compte jusqu’à trente : c’est ce qui constitue la queue (voyez ce mot).

GOGHE I Zoologie). — Nom vulgaire de la Truie^ femelle du Cochon (voyez ce dernier mot).

COCHÉES (Pilules) (Matière médicale). — On appelle ainsi des pilules purgatives officinales dans la composition desquelles entrent V Niera pict'a (électuaire d'aloès),, le Stœchas [Lavandula stœchas),, le Turbith {Convolvulus tu?ppf hum), etc. Elles sont très-peu employées aujourd’hui.

COGHEVIS (Zoologie). — Espèce d'Oiseau du genre Alouette (voyez ce mot).

GOGHENILLE (Zoologie), du grec coccos,, petite graine qui donnait une couleur écarlate et dont la nature est peu connue. — Plusieurs espèces portent ce nom; deux d’entre elles vivent en Europe, les autres se trouvent réparties dans les diverses parties du monde. Linné a réuni les unes et les autres dans un môme genre nommé Cochenille [Coccus), qui a été maintenu jusqu’ici dans les classifications. Les cochenilles sont de petits insectes de l’ordre des Hémiptères, i-ection des Homoptères, famille des Gallinsectes de Latreille. L’étude d’une des deux espèces, la C. du nopal, si précieuse par la teinture rouge qu’elle fournit au commerce, fera connaître la singulière existence de ces animaux.

Histoit'e naturelle de la cochenille du nopal [Coccus cacti. Lin.) — Le cactus nopal, répandu dans plusieurs provinces du Mexique, est la plante qui nourrit la cochenille fine sur ses larges raquettes à peu près dépourvues des épines que portent la plupart des autres cactus (voyez Opüim'ia. et Nopal). La présence des cochenilles se révèle à certaines époques sous la forme de gros globules rouges fixés à la surface des jeunes raquettes ; à d’autres moments par des taches blanches d’aspect farineux au milieu desquelles se sont cachés les globules rouges si visibles auparavant. Ces globules sont les cochenilles femelles qui, à leur plus grand développement, au moment de la ponte, atteignent jusqu’à U“,00G sur 0“,00'i de largeur et 0“,ü02 d’épaisseur; elles sont fixées au nopal par leur bouche armée d’un bec plus long que leur corps , légèrement conoïde , très-mince et assez pointu. Leur corps, bombé sur le dos, aplati en dessous, montre neuf ou dix plis transverses d’autant moins marqués que l’animal est plus gros et qui limitent une dizaine d’anneaux; on distingue à la tête deux antennes filiformes, sous les trois anneaux suivants trois paires de pattes très-courtes, et à l’extrémité postérieure du corps deux soies fines, divergentes, beaucoup moins longues que l’animal lui-même. Avant d’avoir atteint son complet développement, la cochenille femelle se meut lourdement à la surface des raquettes du nopal ; à mesure qu’approche le temps de la gestation des œufs, elle augmente considérablement de volume en se renflant comme un petit pois, jusqu’au moment où elle se fixe définitivement pour pondre. Alors elle donne issue, par un orifice placé sous l’extrémité postérieure du corps, à deux cent cinquante ou trois cents œufs d’un rouge foncé, d’une forme ovale et fort petits, qui restent cachés sous leur mère ; celle-ci se couvre alors de cette sécrétion farineuse qui dissimule à ce moment l’insecte et sa famille. A mesure que l’expulsion des œufs vide le ventre de la cochenille, la paroi inférieure abdominale, repoussée en haut parles œufs mêmes, se rapproche de la paroi dorsale de manière à former sur la couvée une sorte de double coquille protectrice. Dans cette position, la mère meurt au bout de quelques heures et se dessèche sur les œufs en les abritant de sa dépouille. L’éclosion a lieu au bout de trois ou

Fig. 580- — Cochenille femelle.

coc

mo

Page 1