COULEURS. NOMS. COMPOSITION. ORIOINE
Jaunes.
Rouges.
Bleues
et
vertes.
Curcumine
Bixine-Rocou. . . .
Caroline
Lutéoline
Quercitrine. . . . . .
Morindine
Carthamine
Safranine
Jaune de la graine
d’Avignon
Spiréiiie
Draconine ou sangdragon purifié..
Santaline
Anchusine
Carthamine Alizarine. .
Hématine..
Brésiline
Matière colorante
du lichen
Carminé
Indigo
Tournesol en dra peaux
Chloi’ophylle. . . .
C16HSAz02
Racine du Curcuma long a.
Semences du Bixa orellana.
Racines du Daucus carotta.
Beseda luteola.
Bois du Quercus tinctoria.
Bois du Morus tinctoria.
Fleurs du Carthamus tinctorius.
Crocus sativus.
Fruitsverts du Bhamnus cathartica.
Fleurs du Spirœa ulmUrla.
Plusieurs variétés de Calamus.
Bois du Pterocarpus santalinus.
Rouge d’orcanette. — Racine de l’Anchusa tinctoria.
Carthamus tinctorius.
Racine de la garance [Bubia tinctorum.)
Bois de carn pèche (Æ’ematoxylum campechianum).
Bois du Brésil [Cæsalpiuia crista) .
Genres Variolarîa, — Roccella.
La cochenille, insecte hémiptère [Coccus cacti).
Indigofères ( Isatis tinctoria ), etc.
Croton tinctorium , sous l’influence de l’air et de l’ammoniaque.
Principe colorant des feuilles.
L’étude chimique des matières colorantes a été faite principalement par MM. Berthollet, Ghaptal, Ghevreul, Thénard, Robiquet, Dumas, Persoz, Liebig, Laurent, Gerhardt, Kane, Girardin, Range, Kuhlmann, Schiel, Schanck, Pelletier, Gaventou, etc.
COLORINE (Chimie). — On désigne sous ce nom le résida de la distillation des teintares alcooliques obtenues en traitant la garancme (voyez ce mot) par l’alcool. Ce résidu, formé en majeure partie par V alizarine mélangée à une petite proportion de matière grasse, offre la consistance d’un extrait quand on le retire de l’alambic. On le délaye dans une petite quantité d’eau et on en fait une pâte qu’on soumet à l’action d’une presse pour en éliminer le mieux possible la matière grasse qui altérait sa pureté. On le fait ensuite sécher, on le réduit en poudre, et c’est sous la forme d’une matière pulvérulente amorphe, d’un brun rougeâtre, qu’il est livré au commerce. La colorine se dissout dans l’ammoniaque en lui donnant une teinte pensée des plus riches. Épaissie avec la gomme ou l’amidon grillé, elle constitue une excellente couleur d’application. La colorine a été découverte et étudiée par MM. Robiquet, Kœchlin, Girardin.
COLOSTRUM (Physiologie). — On donne ce nom au premier lait d’une femme qui vient d’accoucher; il est très-séreux, doux, aqueux, d’un goût fade et un peu sucré et paraît avoir une vertu purgative qui le rend propre à faire évacuer le méconium de l’enfant nouveauné (voyez Méconium), surtout si la mère a la précaution de présenter le sein de bonne heure â l'enfant; en effet, le colostrum perd ordinairement cette propriété à l’approche de la fièvre de lait (voyez Lait).
COLUMELLE (Zoologie). — On appelle ainsi en conchyliologie l’espèce de petite colonne qui forme l’axe d’une coquille spirale, et qui est le résultat de l’euroulernent spiral et serré du cône que l’on peut concevoir la foi-mer.
CoLiiMELLE (Botanique). — C’est le nom qu’on donne en botanique à un axe faisant suite au pédoncule et sur lequel les carpelles de certaines plantes semblent fixés, comme dans les Géranium, les Euphorbiacées. La columelle résulte des bords unis des carpelles qui, le plus souvent, persistent après la déhiscence du fruit et semblent continuer l’axe. Dans les Ombellifères, les akènes se séparent à la maturité, suspendus au sommet d’une colonne centrale simple ou à deux branches qui est la cclumelle., appelée carpophore par quelques auteurs. La placentation est dite columellaire lorsque les ovules sont fixés sur l’axe qui traverse le fruit dans sa longueur. La famille des Garyophyllées présente ce caractère. On donne aussi le nom de columeUe au petit axe creux et fibreux situé au centre de l’urne des Mousses.
GOLYMBUS (Zoologie), Co/ymÔM?, Lin. — Nom scientifique du Plongeon, oiseau palmipède (voyez Plongeon).
COLZA (Botanique). — On désigne ainsi plusieurs variétés et sous-variétés d’espèces de choux. Ainsi on peut citer une variété oléifère du Chou des potagers (Brossica oleracea arvensis). Mais la plus importante appartient au Chou champêtre {B. cumpestris oleifero). L’espèce qui produit cette variété est uneplante annuelleou bisannuelle à feuilles inférieures comme hispides, un peu ciliées, lyrées, dentées, les supérieures amplexicaules, en cœur, terminées en pointe, presque charnues, glauques. Cette plante, qui est indigène, donne des fleurs jaunes. Les colzas sont cultivés en grand pour l’extraction de l’huile de leurs graines. C’est surtout dans les départements du nord qu’on en rencontre abondamment. Cette culture paraît avoir été apportée des Pays-Bas dans la Flandre française. Parmi les sous-variétés du Colza brassica campestris oleifera, on signale le colza froid., dont les tiges sont élevées et les graines rougeâtres; le colza à fleurs blanches, cultivé dans le département du Nord, et le colza parapluie, dont les tiges latérales retombent de manière à former un parasol. Il est très-estimé en Normandie parce qu’il peut ainsi supporter les pluies sans crainte qu’elles fassent tomber les graines.
On cultive plus particulièrement deux variétés de colza : le colza d’hiver, qui est presque bisannuel; en
effet, il se sème, si on veut le laisser en place, du 15 juil-
let au 15 août, soit à la volée, soit en rigoles, distantes de 0™,32 environ. Lorsqu’il doit être repiqué, on le sème en juin, pour le repiquer en septembre; cette opération se fait ou à lâ main ou à la charrue, et autant que pos-
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sible, les pieds doivent être écartés de 0“,25 en tous sens. La floraison a lieu vers le mois de mai suivant et la récolte vers le commencement de juillet, lorsque les deux tiers des siliques sont jaunes, par conséquent un peu avant la maturité, afin qu’il ne s’égrène pas en le coupant ; 2° le colza d’été est moins rustique et moins productif; on y a recours surtout lorsqu’un accident a détruit les récoltes du colza d’hiver. Il se sème dans le courant de mai en lignes ou à la volée, et on le soigne comme l’autre variété ; on l’emploie quelquefois comme un fourrage excellent et très-précoce. La culture du colza réussit surtout dans le nord de la France, en Belgique, en Allemagne; le centre et surtout le midi de la France lui conviennent beaucoup moins. Dans tous les cas, il lui faut une terre riche, bien ameublie, préparée par des labours profonds et des hersages; deux ou trois labours et une bonne fumure ne sont pas de trop. Pour être plus sûr d’une bonne récolte, il faut aussi choisir pour semences les plus beaux pieds de colza que l’on aura réservés, et on devra les laisser mûrir sur pied plus longtemps que les autres. Sur 100 parties de graines de colza on obtient environ 39 parties d’une huile employée, comme on sait, pour l’éclairage. On récolte les colzas à la faucille. Ils sont mis ensuite en meule, afin qu’ils achèvent de mûrir. Après quoi on procède au battage pour la séparation des graines. C’est à peu près la même opération que pour les graminées. Les siliques constituent une bonne nourriture pour le bétail. Quant à l’extraction de l’huile, elle se fait, suivant les localités, de différentes manières, qui arrivent toutes au môme but, c’est-à-dire au broyage et à la pression (voyez Huile). G — s.
COMA (Médecine), en grec coma, — On donne ce nom à un certain degré d’assoupissement dans lequel un malade tombe dès qu’il cesse d’être excité. Lorsque le coma est léger ^ il se rapproche de la somnolence ; s’il est profond^ il est plus voisin du carus (voyez Somnolence, Ca- Rus\ On appelle coma viyil ou subdelirium (voyez ce mot), celui dans lequel le malade rêvasse, chuchote, s’agite et délire, à moitié endormi : dans le coma somnolentum^ au contraire, il reste tranquille comme s’il dormait, et aussitôt que, par une excitation quelconque, on l’a tiré de cet état, il y retombe après avoir à peine ouvert les yeux et dit quelques mots. Le coma est ordinairement un effet de la compression du cerveau produite par une congestion sanguine ou un épanchement dans l’intérieur du crâne; c’est un symptôme très-fréquent de l’apoplexie, de toutes les lésions graves du crâne par violences extérieures avec fractures, épanchements, etc. Il accompagne souvent aussi la fièvre typhoïde, le typhus, etc. (voyez ces mots).
COMANDRE (Botanique), Comandra, Nuttal; du grec komê, chevelure, et du génitif andros, mâle, à cause des étamines barbues. — Genre de plantes de la famille des Santolacées, qui ne comprend que le Thésion en ombelle {Thesium umbellatum, Pursh) (voyez Thésion). G — s.
COMARET (Botanique), Comarum, Lin., de komaros,, nom que donnaient les Grecs à l’arbousier et peut-être au fraisier. Le fruit du comaret a quelque ressemblance pour la forme avec celui d’une de ces plantes. — Genre de plantes de la famille des Rosacées, triha des Dryadées. Le C. des marais, Quintefeuille rouge des marais (C. palustre, Lin.), est une plante vivace, herbacée, dont les feuilles à 5-7 segments sont blanchâtres en dessous. Ses calices sont rougeâtres et ses pétales d’un pourpre foncé. Cette plante est indigène; elle habite les terrains humides et tourbeux, et paraît être surtout abondante dans les régions septentrionales de l’Europe. Elle était regardée autrefois comme fébrifuge. Garact. : calice à 5 divisions, muni d’un calicule à 5 divisions; pétales, 5, oblongs, aigus; styles latéraux persistants; akènes secs. G — s.
COMBATIVITÉ (Physiologie). — Nom inventé par Spurzheim pour désigner le penchant qui pousse l’homme et les animaux à combattre, et l’organe ou la partie du cerveau que les phrénologistes assignent à la manifestation de ce penchant ou faculté.
COMBATTANT (Zoologie), Machetes, Cuv., du grec machètès y combattant. — Genre Oè Oiseaux échassiers , famille des Longirostres, très-voisin des Maubèches. « Ce sont, dit Cuvier, de vraies maubèches par le port et par le bec; seulement la palmure entre leurs doigts extérieurs est à peu près aussi considérable que dans les chevaliers, les barges, etc. » La seule espèce connue, le Paon de mer. Combattant [Trinya pugnaxyldxn.), est un peu plus petite qu’une bécassine ; au printemps, les mâles se livrent des combats à outrance pour la possession des femelles. A cette saison leur tête se couvre de papilles rongx's, leur
cou se garnit de plumes si diversement colorées et saillantes, qu’on n’en trouve pas deux individus semblables, et cette diversité, cette variété dans le plumage a jeté une telle confusion dans les observations que plusieurs ornithologistes en ont formé des espèces imaginaires. Les meilleurs signes pour les reconnaître sont les pieds jaunâtres, le bec déprimé vers le bout et la demi-palmure de leurs doigts extérieurs. Communs dans tout le nord de l’Europe, ces oiseaux viennent aussi sur nos côtes, surtout au printemps, mais ils n’y nichent pas. Leui’ chair est estimée.
COMBINAISON (Chimie). — Union chimique de deux ou plusieurs corps donnant lieu à un corps composé, dans lequel on ne retrouve aucune des propriétés de l’un ou de l’autre des corps composants : c’est ainsi que le cinabre est formé par la combinaison du mercure et du soufre, que le blanc de céruse est formé par l’union du charbon, du plomb et de l’oxygène, etc.
Tous les corps se combinent en proportions définies (voyez Équivalents) ; leur union se fait entre leurs dernières particules, de molécule à molécule; en sorte que la vue, môme aidée des plus puissants microscopes, ne peut distinguer les uns des autres les corps composants ; mais on peut généralement séparer de nouveau ceux-ci par les divers procédés qu’enseigne la chimie.
COMBINAISONS (Théorie des) (Arithmétique, Algèbre). — On donne le nom permutations aux résultats que l’on obtient en disposant les unes à la suite des autres, de toutes les manières possibles, un nombre déterminé de lettres, de manière que toutes les lettres entrent dans chaque résultat et que chacune n’y entre qu’une fois.
Les arrangements sont des résultats analogues, mais ne contenant que quelques-unes des lettres.
Enfin, les combinaisons sont des arrangements qui diffèrent entre eux, au moins par l’une des lettres qui y entrent.
Nombre des permutations de n lettres. — Une lettre ne peut donner qu’î^n résultat; deux lettres a et 6 fournissent les deux permutations ab et ba : ce nombre de permutations peut s’écrire 1X2. Soient actuellement trois lettres a, b, c, on prendra chaque permutation des deux premières lettres, et on y intercalera c à toutes les places possibles, ce qui donne trois résultats pour chacune, en tout 1X2X3, qui sont :
abc acb cab. bac bca cba.
De même, pour quatre lettres, on trouvera que le nombre des permutations est 1 X 2 X3 X 4, et généralement il est 1 X 2 X 3 X ••• n, pour n lettres.
Nombre des arrangements de m lettres n à n. — Le nombre des arrangements 1 à 1 est évidemment m. Pour former les arrangements 2 à 2, on pourra écrire à la droite de chacun des arrangements 1 à l chacun des m — 1 autres lettres, ce qui donnera pour chacun m — 1 résultats différents, et en toutwi(m — 1) arrangements 2 à 2. De môme, pour obtenir les arrangements 3 à 3, à droite de chaque arrangement 2 à 2 on écrira successivement chacune des m — 2 lettres restantes, d’oû — 2 résultats différents, en tout m[m — \){m — 2) arrangements 3 à 3, et ainsi de suite.
Nombre des combinaisons de ra lettres n à n. — Nous le déduirons de celui des arrangements à l’aide d’une remarque très-simple ; c’est que chaque combinaison fournirait des arrangements différents en faisant subir aux n lettres toutes les permutations possibles. Or, le nombre de ces permutations est 1, 2, 3... Le nombre
des combinaisons est donc
La théorie des combinaisons est d’une grande utilité dans un grand nombre de recherches, et notamment dans le calcul des probabilités. E. R.
COMBUSTIBLE. — Nom communément donné à toute substance pouvant produire économiquement de la chaleur par sa combustion. Les combustibles employés sont les bois et leurs charbons, la tannée, la tourbe naturelle ou carbonisée , le lignite, la houille, le bitume, le coke et V ajdhracite.
Bois. — La nature du bois est extrêmement variable (voyez Bois) ; son pouvoir calorifique varie comme sa composition. Le principe combustible y est formé presque exclusivement par le carbone, l’hydrogène pouvant y être considéré comme combiné avec tout l’oxygène (ju’il peut prendre. Le bois desséché à l’air et renfermant environ 25 p. 100 d’eau, contient de 38 à î5 p. ICO
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de carbone pur; son pouvoir calorifique est donc compris entre 3 000 et 3G' 0 calories par kil., celui du carbone ét£«it de 8 000 calories.
Les bois durs donnent généralement plus de chaleur que les bois tendres, mais ils donnent moins de flamme, ce qui, pour certains usages, rend ceux-ci préférables.
bois torréfié^ charbon roux. — Substitué dans quelques usines au charbon de bois, pour le traitement des minerais de fer. On a trouvé que la quantité de bois nécessaire à l’opération métallurgique est notablement moindre quand on l’emploie sous cette forme que lorsqu’on se sert du charbon; mais l’avantage ainsi obtenu est en partie compensé par l’accroissement des frais de transport. Le charbon roux est du bois incomplètement carbonisé, et l’opération se fait à l’usine môme, tandis que le charbon se fait sur place dans les forêts.
Charbon de bois. — D’un noir brillant, cassant et sonore quand il est de bonne qualité, ce charbon n’est pas pur; on peut lui faire perdre, par une forte calcination en vase clos, 8 à l5 p. 100 de son poids de principes volatils qui le font brûler avec une légère flamme dans les premiers moments de sa combustion. Sa densité vraie est environ deux fois plus grande que celle de l’eau; mais l’air qui remplit ses pores le fait habituellement paraître plus léger que l’eau.
Tannée. — Tan épuisé qui ne contient plus que la partie ligneuse de l’écorce de chêne. D’après M. Péclet, 1 260 kil. d’écorce de chêne produisent 1 000 kil. de tannée sèche équivalant à 800 kil. de bois et à 260 ou 27 0 kil. de houille. On la brûle en mottes.
Tourbe. — Combustible formé par la décomposition plus ou moins avancée de substances végétales. On l’extrait et on la consomme ordinairement en mottes de la grosseur d’une brique. Son pouvoir calorifique varie beaucoup suivant sa qualité. D’après les expériences de M. Garnier sur la tourbe des environs de Beauvais, 1 kil. de tourbe de première qualité dégage en brûlant 3 000 calories; 1 kil. de tourbe de seconde qualité n’en donnerait que 1 500.
La tourbe répand une odeur désagréable en brûlant, ce qui restreint son emploi pour les usages domestiques ; mais on la carbonise comme le bois ; le charbon qu’elle fournit ne répand plus aucune odeur.
Charbon de tourbe. — Ce charbon est, en général, tendre et friable quand il contient peu de matières terreuses, compacte et dur quand il en contient beaucoup ; il brûle facilement en produisant une légère flamme, mais sans dégager d^odeur, et laisse des cendres en proportion souvent considérable. La fabrication économique du charbon de tourbe a présenté jusqu’à présent d’assez grandes difficultés, aussi cette substance est-elle peu employée.
Lignite ou bois fossile. — Substance charbonneuse, luisante, à cassure résinoïde, provenant de la décomposition de matières végétales dont on peut encore y distinguer la structure. Cette matière brûle facilement en donnant une flamme longue, accompagnée de fumée. Elle ne se boursoufle pas en brûlant, et ses fragments ne contractent pas d’adhérence entre eux comme ceux de la houille; on l’emploie comme ce dernier combustible, pour les évaporations, le chauffage des chaudières, la cuisson de la chaux et des briques, le chauflage domestique, etc. Le pouvoir calorifique du lignite partait est de 5790 calories, celui du lignite imparfait de 4 800, celui du lignite passant au bitume, de 6 680.
Houille. — Formée, comme les deux précédents, par
la décomposition des matières végétales. C’est le combustible le plus abondant et le plus précieux pour toutes les industries qui ont besoin de la production d’une forte chaleur. A ce point de vue^ on distingue diverses sortes de houilles.
Houilles grasses, fortes ou dures., qui donnent un coke métallique, boursouflé, mais moins gonflé et plus dense que celui des houilles maréchales. Elles sont les plus estimées pour les opérations métallurgiques qui demandent un feu vif et soutenu, et donnent le meilleur coke pour les hauts fourneaux. Leur poussière est d’un noir brun.
Houilles grasses maréchales., qui donnent un coke métallique très-boursouflé. Ce sont les plus estimées pour la forge, parce qu’elles y donnent une chaleur extrêmement forte et qu’on peut y former facilement do petites voûtes qui concentrent la chaleur sur la pièce à chauffer. Cette houille, en effet, plus que les autres, éprouve en brûlant une espèce de fusion qui agglutine entre eux les fragments voisins. Elle est d’un beau noir présentant un éclat gras, caractéristique. Sa poussière, est brune.
Houilles grasses à longue flamme., qui donnent, en général, un coke métalloïde, boursouflé, mais moins que le précédent, dont les divers fragments s’agglutinent encore très-bien au feu. Ces houilles sont très-recherchées pour le fourneau à réverbère, quand il faut donner un coup de feu vif, comme dans le pudlage. Elles conviennent aussi très-bien pour,le chauffage domestique, mais il est nécessaire que les cheminées tirent bien, parce qu’elles répandent une odeur désagréable en brûlant. Ce sont elles que l’on préfère pour la fabrication du gaz de l’éclairage; elles peuvent donner un bon coke pour haut-fourneau, mais il est peu abondant.
Houilles maigres., qui donnent un coke métallique non boursouflé et à peine fritté; leurs fragments n’acquièrent que peu ou point d’adhérence entre eux. Ces houilles sont encore bonnes pour la chaudière ; elles brûlent avec une flamme longue, mais de peu de durée; quand elles sont de bonne qualité, elles donnent peu de fumée et peu d’odeur; aussi, les préfère-t-on souvent pour les usages domestiques ; mais elles ne sont pas susceptibles, pour les usages industriels, de donner une chaleur aussi intense que les houilles précédentes (voyez le tableau plus bas.).
Anthracite. — De même origine que les précédents, très-compacte et difficile à brûler, ce qui l’a fait négliger pendant longtemps. Ce charbon ne dégage en brûlant qu’une très-petite quantité de matières volatiles ; il ne donne pas de flamme ; ses fragments conservent leurs arêtes vives et ne se collent pas entre eux ; son éclat est vitreux, souvent irisé ; sa poussière est d’un noir pur ou d’un noir grisâtre. Il faut donner aux foyers une disposition particulière pour y bien brûler l’anthracite; le courant d’air doit y être très-vif, mais alors la chaleur qu’il produit est énorme.
Bitumes. — Les asphaltes., bitumes., goudrons, sont rarement employés comme combustibles; cependant, dans les usines à gaz qui n’ont pas de débouché suffisant pour les goudrons provenant de la distillation de la houille, on fait arriver cette substance demi-fluide en mince filet dans le foyer destiné à chauffer les cornues. Son emploi doit être alors ménagé, parce que la chaleur qu’il produit est excessivement vive et pourrait amener la fusion ou la destruction rapide des appareils de distillation.
Nous avons réuni dans le tableau suivant les principaux résultats obtenus par M. Régnault dans son beau travail sur les combustibles minéraux. M. D.