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divise en plusieurs groupes , d'après surtout la forme du corps qui peut être triangulaire, quadrangulaire ou comprimée. En général, ces poissons sont peu utiles à
Fig;. 591. — Coffre.
l’homme. Parmi les espèces assez nombreuses de ce genre, on peut citer le C. tigré {Ostracion cubicus, Lin.), corps quadrangulaire, sans épines. Il parvient à la longueur de 0“,36, et sa chair passe pour délicate. Selon Renard, on le nourrit dans les bassins où il devient familier.
COGNASSIER, Coignassier (Botanique), Cydonia, Tourn., de Cydon, ville de l’île de Crète, d’où cet arbre est originaire. De cydonia, nous avons fait coing et cognassier. — Genre de plantes de la famille des Pomacées. Le C. commun [C. vulgaris, Pers. ; Pyrus cydonia. Lin.) est un arbre de petite dimension qui croît dans l’Europe moyenne. Ses feuilles sont ovales, entières, molles, cotonneuses en dessous. Ses fleurs sont blanches, grandes, à pétales concaves et à calice tomenteux. Son fruit, qu’on désigne vulgairement sous le nom de coing, est jaune, très-odorant, à pulpe ferme, charnue. C’est un petit arbre qui n’est guère plus grand qu’un arbrisseau, et que l’on classe parmi les arbres fruitiers ; il se rapproche beaucoup du poirier. On l’emploie souvent comme sujet pour greffer plusieurs espèces de poiriers, et surtout ceux d’été. Il a l’avantage, dans ce cas, de pousser moins de bois que ceux qui sont greffés sur franc, et de donner du fruit plus promptement. On cultive plusieurs espèces de cet arbre, l’une à feuilles oblongues et ovales (C. vulgaris ohlonga, Mill.), une autre qu’on appelle le C. du Portugal [C. vulgaris lusitanica, Mill.) \^g. 592), qui
Fif'. 592. — Coignassier du Portugal.
est plus fort, plus beau, dont les feuilles sont plus larges et les fruits plus gros, plus charnus, plus propres à être convertis en gelée, marmelade et conserve que ceux de l’espèce suivante; enfin, le C. a fruits maliformes {C. vulgaris maliformis, Mill.), c’est-à-dire à fruits globuleux en forme de pomme. Le coignassier donne des fruits à saveur âpre et astringente ; lorsqu’ils sont cuits, leur pulpe acquiert une saveur aromatique un peu sucrée ; aussi les emploie t-on à faire des marmelades, des con fitures et même des sirops. Le coing a été fort célébré par les poètes. Virgile en parle dans ses églogues. Les anciens l’appelaient pomme de Cydon et malus cotonea, parce qu’il est couvert de duvet avant sa maturité. On regardait ce fruit comme l’emblème du bonheur et de la fidélité ; aussi, le dédiait-on à Vénus. On l’admettait comme décoration des temples ; ceux de Chypre et de Paphos surtout en étaient ornés. Le coing figurait aussi
avec les statues des dieux qui présidaient au mariage. Le C. de la Chine (C. sinehsis, Thunb.) est un arbre. à feuilles ovales, terminées en pointe aux deux extrémités. Ses fleurs sont blanches ou roses et répandent une odeur qui rappelle celle de la violette. Les fruits de cette espèce ne peuvent pas arriver à maturité sous le climat de Paris. On parvient cependant à la leur faire achever dans le fruitier; ils se colorent alors d’une teinte jaune et exhalent une odeur agréable; mais, la saveur leur manquant, on n’a pu encore en tirer parti, môme pour la confiserie. Le C. du Japon {C. juponica, Pers.; C. pyrus, Thunb.) est un arbuste cultivé seulement pour l’ornement des jardins. Dès les premiers jours du printemps, ses fleurs rouges, solitaires ou fasciculées, s’épanouissent et sont d’un joli effet. Cette e.'^pèce a des variétés à fleurs blanches ou roses. Caract. du genre : calice à 5 divisions; 5 pétales presque orbiculaires; 5 styles; fruit cotonneux pyriforme , à 6 loges contenant chacune 10-15 graines. G — s.
GOHOBATION (Pharmacie) , du mot arabe cohob , distillation double. — C’est une opération qui consiste à remettre plusieurs fois de suite le produit d’une distillation dans l’appareil à distiller (voyez Distillation). Les anciens chimistes, et surtout les alchimistes, avaient souvent recours à cette opération qu’ils réitéraient quelquefois jusqu’à plusieurs centaines de fois ; et ils avaient imaginé pour cela un alambic particulier qu’ils appelaient pélican, peu en usage aujourd’hui. Quelques pharmaciens ont encore recours à ce procédé qui est abandonné par le plus grand nombre d’entre eux.
GOHÉSIOIV’, force attractive moléculaire qui s’exerce entre les molécules constitutrices d’un corps (voyez Adhésion).
COIFFE JAUNE (Zoologie). — Bnffon a donné ce nom à une espèce Oiseaux du genre Carouge, VOriolus icterocephalus, Grael., qui a une sorte de coiffe jaune.
Coiffe noire (Zoologie). — Nom vulgaire par lequel Buffon a désigné une espèce à' Oiseaux du genre Tangara, de Cayenne, dont Vieillot a fait le genre Némosis.
Coiffe de C.ambrai (Zoologie). — C’est un des noms vulgaires donnés à V Argonaute argo (Mollusque).
COIFFE (Botanique). — Organe qui recouvre Fume des mousses, et le sporange des hépatiques ; il est nommé en latin catyptra (voyez Calyptre).
COIGNASSIER [Botanique). Voyez Cognassier.
COIN (Mécanique). — Corps dur en bois, en fer ou en acier, terminé par deux faces qui se coupent sous un angle très-aigu pour former le tranchant du coin. On l’emploie pour écarter deux corps l’un de l’autre, ou pour séparer deux parties d’un même corps, lorsque ce résultat ne peut être obtenu qu’en employant un grand effort. La troisième face opposée au tranchant s’appelle tête du coin ; c’est sur elle que s’exerce le choc destiné à le faire avancer. En faisant abstraction des frottements, l’effort avec lequel le coin tend à écarter les deux bords de la fente dans laquelle il pénètre est avec la pression exercée sur sa tête dans le môme rapport que la longueur du coin à la largeur de sa tête mesurée de l’une de ces faces à l’autre. Si donc la tête est en largeur la dixième partie de la longueur du coin, une pression de 100 kil. suffii’a pour vaincre une résistance de 1 000 kil. à l’écartement. Mais les frottements sont ici toujours en rapport avec la résistance à vaincre et, par conséquent, très-grands ; c’est môme grâce à eux que le coin chassé par un coup de maillet dans la fente d’un morceau de bois qu’on veut diviser en éclats n’en est pas expulsé vivement après le choc. Plus l’angle formé par les deux côtés du coin sera aigu, plus ce coin pénétrera facilement dans la fente et plus il y restera solidement fixé ; mais aussi plus il faudra que le coin s’enfonce pour produire un même écartement de l’obstacle.
COING (Botanique). — Fruit du Cognassier-,
COINS (Zoologie^ — On appelle ainsi les dents qui terminent de chaque côté les arcades dentaires incisives dans le cheval. On a aussi appliqué la même dénomination chez le bœuf et le mouton.
GOIX (Botanique), Coix, Lin. Nom employé par Théophraste pour désigner, croit-on généralement, une plante graminée. — Genre de plantes de la famille des Graminées, tribu des Panicées. Il comprend des herbes rameuses à tige pleine et à feuilles assez larges. Leurs fleurs sont disposées en épis fasciculés; les trois épillets basilaires sont logés dans un involucre ovoïde, dur, luisant et percé à la partie supérieure. Le C. larme de Job ou Larmille [C. lacryma. Lin.), ainsi nommé à cause de la forme de ses graines, atteint à peu près 1 mètre dn
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hauteur. Scs feuilles sont lancéolées et ses involucres fructifères sont d’un gris bleuâtre et très-lustrés. Cette espèce, qui est originaire de l’Inde, est une des graminées les plus singulières. Dans certains pays, on emploie les graines de coix pour fabriquer du pain en temps de disette. On n’en obtient ainsi qu’un aliment grossier. Dans le midi de l’Europe, les grains de cette espèce servent à faire des chapelets. Les femmes de l’Inde portent souvent des colliers, des bracelets faits avec ces fruits recouverts de leur involucre fructifère qui sont d’un assez joli aspect.
COKE (Chimie industrielle), de l’anglais coa/c^ dérivé luimôme du latin cocius, cuit. — Produit de la distillation de la houille en vase clos ou de sa combustion incomplète (voyez Carbonisation, Combustibles). Le coke est d’un gris noirâtre doué d’un reflet métallique; il est poreux, plus ou moins boursouflé ; il s’allume difficilement, brûle presque sans flamme et s’éteint dès qu’il est retiré du feu. Il ne brûle bien qu’en masse un peu forte et sous l’influence d’un courant d’air assez vif; mais il produit, quand il est employé dans de bonnes conditions, une température extrêmement élevée, ce qui, joint à l’absence de fumée dans les produits de sa combustion et à son degré de pureté supérieur à celui de la houille, le fait rechercher dans certaines industries, particulièrement dans le traitement des métaux et le chauffage des locomotives.
Le meilleur coke est préparé aux houillères mêmes par la carbonisation du menu charbon produit dans l’exploitation. Celui que l’on obtient dans les usines à gaz est de qualité beaucoup inférieure et n’est employé qu’aux usages domestiques. Il brûle très-bien dans les cheminées quand on y ajoute du bois et donne beaucoup plus de chaleur que le bois seul.
L’hectolitre de coke pèse de 40 à 45 kil.
Les Anglais imaginèrent les premiers, sous le règne d’Élisabeth, de carboniser la houille pour employer le coke à la fabrication du fer. Cet usage s’introduisit en France vers 1722.
COL, Cou (Anatomie, Zoologie), collum. — Ce mot, dans un sens général, sert à désigner un rétrécissement que présente un viscère dans son étendue, un resserrement qu’on observe entre les extrémités et le corps des os ; pris dans le sens propre, c’est la partie du corps qui se trouve entre la tête et le thorax, et qui offre un rétrécissement remarquable, surtout dans les animaux supérieurs. On concevra qu’il n’y a point de partie du corps dont l’anatomie soit plus compliquée que celle du col, lorsqu’on réfléchira que c’est le point par lequel doivent s’effectuer toutes les communications entre la tête et les autres régions du corps : ainsi, le larynx et la trachéeartère, le pharynx et l’œsophage, transmettent dans le poumon et dans l’estomac l’air et les aliments reçus par la bouche; le sang artériel chassé par le cœur est transporté dans toute la tête, et en particulier à l’encéphale, par les artères carotides et vertébrales ; à son tour, le sang veineux revient au cœur par de nombreux rameaux qui le versent dans les veines jugulaires ; les lymphatiques y forment de nombreux ganglions. Enfin, des nerfs et surtout la partie supérieure de la moelle épinière établissent des rapports nombreux et importants qui doivent exister entre la tête et le reste du corps. Toutes ces parties contribuent à constituer le col; d’autres encore lui donnent la forme, la souplesse et la variété des mouvements qu’il doit exécuter : ainsi, l’os hyoïde, les glandes maxillaires et sublinguales, la glande thyroïde, les sept vertèbres cervicales chez l’homme, et enfin une quantité considérable de muscles au nombre de soixante-quinze, dont trente deux pairs et onze impairs.
Le col présente de grandes variétés dans la série animale; peu différent de ce qui vient d’être dit dans les mammifères, si l’on en excepte les cétacés, où il n’est pas distinct, il ne l’est pas davantage dans les poissons, et en général dans les reptiles et les batraciens. Mais chez les oiseaux il offre un intérêt particulier : quelquefois il est court, d’autres fois très-long, et alors le nombre des vertèbres cervicales qui forment sa charpente peut aller à plus de vingt; ainsi on en compte neuf dans le moineau, douze dans le geai, treize dans le pigeon, quatorze dans le canard, quinze dans l’oie, dix-huit dans l’autruche, dix-neuf dans la cigogne, vingt- trois dans le cygne. Ces différences expliquent suffisamment l’étendue des mouvements que chaque espèce peut exécuter suivant le nombre de ces vertèbres cervicales, mouvements qui sont en rapport avec la nourriture que le bec doit saisir; ainsi on remarquera que les oiseaux nageurs qui doivent plonger la tête dans l’eau pour y chercher leur
proie ont en général le col plus long et plus flexible que les autres. F — N.
GOLASPES (Zoologie), Colaspis, Fab. — Genre d'insectes coléoptères tétramères., famille des Cycliques., voisin des Ghrysomèles et des Eumolpes. Ge sont de petits insectes dont le corps est court et arrondi et qu’on trouve particulièrement en Amérique. Une seule espèce se rencontre dans les départements méridionaux de la France, c’est la C. très-noire [C. atra, Oliv.), ovale, très-noire, pointillée, la base des antennes fauve.
GOLATURE (Pharmacie). — On donne ce nom à une opération pharmaceutique qui consiste à verser sur un tissu de toile ou de laine peu serré ou dans la chausse cV Hippocrate (voyez ce mot), un liquide quelconque, soit un sirop, une décoction ou une infusion, plutôt pour en séparer le marc que pour obtenir une transparence parfaite; elle diffère en cela de la filtration (voyez ce mot). On donne aussi ce nom au liquide ainsi passé.
COLGOTHAR. Voyez Fer [oxydes de).
COLGHTGAGÉES (Rotanique). — Famille de plantes Monocotylédones nommée ainsi par de Gandolle, et adoptée par la plupart des auteurs, mais sous le nom de Mélanthacées., R. Rr. (voyez ce mot). M. Nees a établi dans cette famille une tribu, les Colchicées, ayant pour type le genre Colchique (voyez ce mot). G — s.
GOLGHIQÜE (Botanique), Colchicum., Lin. D’après Dioscoride, ce nom viendrait de Golchide, parce que cette plante y croissait. Il est vrai qu’elle a toujours été trèsabondamment répandue en Europe; et on pense alors que le nom de la Golchide lui aurait été appliqué parce que les habitants de ce pays avaient la réputation de composer et de préparer un grand nombre de poisons. — Genre de plantes de la famille des Mélanthacées., tribu des Colchicées. Les espèces qui composent ce genre ont un bulbe solide ; les feuilles engainantes à la base et paraissant après les fleurs qui s’épanouissent ordinairement en automne et qui sont colorées d’un lilas ou d’un rosepurpurin souvent très-vif. Le C. d’ automne [C.autum-
nale., Lin.), appelé aussi Safran des prés., Safran bâtard., Tue-chien., à cause de ses propriétés vénéneuses, et Veillotte., veilleuse^ parce qu’il fleurit au moment où commencent les veillées de la mauvaise saison, est une plante à bulbe recouvert d’une tunique externe brunâtre, tandis que l’intérieur est blanc. Ses feuilles sont lancéolées, larges et d’un vert foncé. Ses fleurs, d’une belle couleur lilas, ont une partie de leur tube enterrée, ainsi que l’ovaire dont le développement reste, pour ainsi diro, stationnaire pendant l’hiver, après la floraison, qui a lieu en automne. Au printemps suivant, la hampe s’accroît, les feuilles se développent et la capsule mûrit. Le colchique d’automne croît en abondance dans les prairies, les marécages de l’Europe moyenne. Il est très-commun aux environs de Paris. On distingue plusieurs variétés de cette espèce : celles à fleurs doubles, à fleurs pourpres, à fleurs blanches, à fleurs panachées. Toutes les parties de cette plante exhalent une odeur forte et nauséabonde. Le bulbe surtout contient un principe extrêmement vénéneux dans lequel la chimie a découvert un alcaloïde nommé vératrine du Veratrum sabadilla., ou plutôt de VAsagrée officinale [Veratrum officinale., Brandt) qui produit la céoadille? voyez Vératrine, Gévadille. Son emploi en médecine demande une grande précaution. L’hydropisie, certaines affections rhumatismales, la goutte, etc., sont, dit-on, sensiblement soûla-
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gées par l’emploi du colchique d’automne. Cependant, nous ne pouvons passer sous silence les réserves très-bien motivées d’un homme qui fait autorité en pareille matière, M. le professeur Trousseau. Pour lui le colchique employé dans la goutte et le rhumatisme « n’a pas une influence en somme plus évidente que celle des purgatifs drastiques expérimentés comparativement. » Quant à la vératrine^ son action thérapeutique sera appréciée aux mots Goutte, Rhumatisme, Vératrine. Les bulbes de cette plante, habilement débarrassés de leurs principes toxiques, donnent une fécule amylacée qui peut servir d’aliment. Enfin la teinture a obtenu une couleur olive jaunâtre très-vive et solide des fleurs de cette espèce. On cultive comme plante d’ornement le C. de Bivona (C. Bivonœ^ Guss.), espèce très-originale par la coloration de ses fleurs, disposée en quelque sorte comme les carrés d’un damier. On y remarque alternativement le blanc et le pourpre. On le trouve en Portugal, en Italie et en Grèce. Le C. d’Orient (C. hyzantinum^ Galw.) a les fleurs plus grandes que celles du précédent. Un seul bulbe en produit quelquefois une vingtaine. On trouve cette jolie espèce dans le Levant, en Turquie. — Caract. du genre : périanthe en entonnoir, à tube allongé, à limbe en 6 divisions égales ; 6 étamines insérées vers la gorge, à anthères versatiles ; ovaire à 3 loges renfermant de nombreux ovules; 3 styles filiformes. Le fruit est une capsule. G — s.
COLÉOPTÈRES (Zoologie), du grec koleos^ étui, ptéron, aile. — Nom imaginé par Linné pour désigner les insectes qui, comme les hannetons, ont quatre ailes, dont la paire postérieure seule membraneuse sert seule au vol, tandis que la paire antérieure, courte, coriace et rigide, sert simplement d’é^wt à la précédente pour la recouvrir quand l’insecte ne vole pas. Ces ailes en étuis ont reçu le nom A'élytres, du root grec élytron, qui, comme coleos^ signifie gaine, étui. Le nom de Coléoptères désigne actuellement l’ordre le plus important de la classe des Insectes; cet ordre, à lui seul, renferme presque autant d’espèces que tous les autres de la môme classe pris ensemble. On peut le caractériser ainsi : l’ordre des Coléoptères comprend des insectes pourvus de deux paires d’ailes ; l’antérieure (a, fîg. 594) conformée en élytres ou étuis
Fig. 594. — Coléoptère tétramère. (Lamie ou capricorne charpentier.)
destinés à recouvrir la seconde pendant le repos, la seconde {h) pliée sous la première longitudinalement en éventail à sa base et transversalement à son extrémité. La bouche des coléoptères est organisée pour broyer des aliments solides; on y trouve deux paires de mâchoires {mandibules et mâchoires proprement dites), libres, munies en dessus et en dessous d’une pièce médiane nommée labre ou lèvre supérieure et lèvre inférieure ou languette. La languette porte une paire de palpes dites labiales, les mâchoires proprement dites sont pourvues d’une ou deux paires de palpes maxillaires. Le corps des coléoptères se montre d’ailleurs nettement divisé en trois parties : une tête ornée de deux antennes et de deux yeux composés ou à facettes ; un thorax formé de trois anneaux pourvus chacun d’une paire de pattes et dont les deux premiers portent la première et la seconde paire d’ailes; l’abdomen généralement uni au thorax sans rétrécissement marqué et formé d’anneaux bien distincts.
L’appareil digestif des coléoptères comprend généralement un tube digestif accompagné de glandes salivaires et de canaux biliaires. Le tube digestif varie beaucoup en longueur suivant les espèces ; on y distingue un œsophage, puis un estomac multiple qui comprend un jabot,
quelquefois un gésier et un ventricule chylifique, enfin un intestin grêle, un gros intestin formé le plus souvent par un cæcum dilatable et un rectum. La respiration se fait à l’aide de stigmates placés par paires, l’une à la partie antérieure du thorax, les autres à chacun des anneaux de l’abdomen ; ces stigmates conduisent l’air dans un système de trachées finement ramifiées. L’appareil circulatoire offre les particularités essentielles que l’on retrouve chez les autres insectes.
Plusieurs coléoptères se font remarquer par de brillantes couleurs ou des formes singulières ; quelques-uns atteignent une assez grande taille. Ils subissent durant leur vie des métamorphoses complètes ; leurs œufs donnent le jour à des larves conformées en vers blancs ou colorés, dont le corps a les téguments plus mous que la tête et dontl a bouche est organisée pour broyer des aliments solides. Ces larves ont habituellement leurs trois paires de pattes plus ou moins développées et attachées aux anneaux qui plus tard formerontle thorax; elles se changent, après un temps qui peut atteindre deux ou trois ans, en des nymphes qui offrent toutes les formes de l’insecte parfait avec une immobilité complète. Enfin de ces nymphes sort l’insecte lui-même après quelques semaines, selon les espèces.
La longue série des Coléoptères est partagée artificiellement en quatre sections, d’après le nombre d’articles que l’on compte aux tarses ou parties terminales des pattes. — U® section : C. pentamères ; cinq articles à tous les tarses; cette section, de beaucoup la plus nombreuse, comprend d’abord les coléoptères carnassiers qui, comme le Carabe des jardins (vulgairement Jardinière), s’acharnent à la poursuite des autres insectes et nous rendent des services considérables, trop souvent méconnus, en détruisant beaucoup d’espèces nuisibles. Viennent ensuite des coléoptères qui vivent de matières animales ou végétales desséchées ; plusieurs d’entre eux dévorent nos parchemins, nos lainages, nos fourrures et nos collections d’histoire naturelle. Puis nous trouvons
Fig. 595. — Coléoptère pentamère.
(Ateuchus des Égyptiens.)
des coléoptères qui se nourrissent de matières végétales, comme les hannetons, les scarabées, etc. — 2® section : C. hétéromères ; cinq articles aux tarses des deux paires de pattes antérieures, quatre aux postérieures. La Cantharide se range dans cette section peu nombreuse. — 3® section : C. tétramères [fig. 594); quatre articles à tous les tarses. Ce groupe est riche en espèces nuisibles aux plantes, telles que les Bruches, les Charançons, les Scolytes,\Q?, Bostriches, les Lamies, les Saperdes, les Capricornes ,\e,% les Galéruques. — 4® section : C.
trimères; trois articles à tous les tarses. Les Coccinelles ou Bêtes à bon Dieu sont les insectes les plus connus de ce groupe.
Chacune de ces sections se divise en familles dont les noms, suivant la méthode de Latreille, seront mentionnés seuls dans cet article.
Les C. pentamères compvQnami six familles : 1" Carnassiers; 2» Brachélytres ; 3° Serricornes ; 4° Clavieornes; 5® Palpicornes ; 6° Lamellicornes (voyez chacun de ces mots).
Les C. hétéromères se partagent en quatre familles : 1“ Mélasomes; 2" Taxi cornes; 3“ Sténélytres; 4° Trachélides.
Les C. tétramères se distribuent en sept familles : 1° Porte-bec o\\ Rhynchophores ; 2° Xylophages; 3® Platysomes; 4® Longicornes; 5® Eupodes; 6® Cycliques; 7*' Clavipalpes.
Les C. trimères composent seulement trois familles : 1“ h ungicoles ; 2® Aphidiphages ; 3“ Psélaphiens (voyez ces mots).
Les principaux ouvrages à consulter pour l’histoire naturelle des insectes coléoptères sont surtout : le Species général des coléoptères du comte Dejean, qui ne comprend que les carnassiers carabiques; — les monographies d’Erichson sur les Brachélytres; d’Aubé sur les Psélaphiens ; — l’Hist. nat. et l’Iconographie des Buprestides, par MM. Gory et de Castelnau ; — le Manuel
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d’Entomologie de Burmeister ; — la Synonymia curculionidum de Schœnherr, etc.
COLÉORHIZE (Botanique), du grec koleos, gaine, étui, et rhiza, racine. — Terme adopté par de Mirbel pour désigner une sorte de poche charnue, close de toutes parts qui entoure la radicule de certaines plantes. Malpighi est le premier qui ait observé cet organe, qui n’est autre chose qu’une écorce plus ou moins épaisse se détachant d’elle-méme de chaque mamelon radiculaire. Si l’on observe un grain de blé en germination, on voit très-bien de petites gaines qui emboitent les radicelles à leur naissance; ces gaines représentent la coléorhize. Mais elle n’est pas toujours visible et, dans certaines plantes, elle ne devient perceptible avec la radicule qu’au moment de la germination. On a cherché à se servir de la présence ou de l’absence de la coléorhize pour diviser les végétaux phanérogames en deux embranchements; mais ces caractères très-irréguliers éloignent un grand nombre de plantes qui ont beaucoup d’affinité entre elles et que la méthode naturelle doit réunir,
GOLIADES (Zoologie), Colias, Fab. — Genre d'insectes lépidoptères diurne, de la tribu des PapUionides de Latreille. Ce sont des papillons dont les ailes inférieures sont sans échancrures à leur bord interne, prolongées sous l’abdomen et lui formant un canal. Ils sont de moyenne grandeur et leurs quatre ailes, dont le fond est d’un jaune plus ou moins vif, sont ordinairement bordées de noir ; ils ont d’ailleurs les antennes et les pattes lavées de rose. On les trouve souvent dans les champs de luzerne. Le C. citron, le Citron de Geoffroy {Papilio rhamni. Lin.), couleur citron verdâtre, est reconnaissable à la forme de ses ailes qui ont chacune un angle curviligne. Sa chenille est verte et vit sur le nerprun. La C. hyale. Souci de Geoffroy [Papilio hyule. Lin.) ale dessus des ailes jaunâtre; on la trouve dans toute l’Europe.
COLIBRI (Zoologie), Tvochilus. — Genre d^Oiseaux de l’ordre des Passereaux, famille de« Ténuirostres. « Ces petits oiseaux, dit Cuvier, si célèbres par l’éclat métallique de leur plumage, et surtout par les plaques aussi brillantes que des pierres précieuses que forment à leur gorge ou sur leur tête des plumes écailleuses d’une structure particulière, ont un bec long et grêle, renfermant une langue qui s’allonge presque comme celle des pies et par un mécanisme analogue et qui se divise presque jusqu’à sa base en deux filets que l’oiseau emploie, diton, à sucer le nectar des fleurs. » Ce n’est que dans les contrées les plus chaudes de l’Amérique que se trouvent ces oiseaux, que la nature semble avoir doués de tous les dons extérieurs, la fraîcheur et le velouté des fleurs, le poli brillant des métaux, l’éclat scintillant des pierres précieuses; aussi les Indiens les avaient-ils appelés les cheveux du soleil. Les colibris construisent ordinairement leurs nids sur une branche d’arbre et ils le recouvrent à l’extérieur d’une couche de lichen pareil à celui qui croît sur cet arbre. Ils ont un vol continu, saccadé, rapide s’arrêtant parfois immobiles dans l’air, puis partant comme une flèche et visitant ainsi les fleurs dans lesquelles ils plongent leur langue pour y prendre leur nourriture. Les ornithologistes distinguent surtout les colibris des oiseaux mouches, en ce que, dans les premiers, le bec est arqué; il est droit dans les oiseaux mouches. Le C. topaze {T. pella, Lath.) est le plus beau et le plus brillant de tous les colibris, comme il est un des plus grands; sa taille, mesurée de la pointe du bec à celle de la queue, non compris ses deux longs brins, est de 0™,08. Une plaque topaze très-brillante couvre la gorge et le devant du cou ; les côtés du cou et le haut du dos sont d’un rouge pourpre très-brillant. Ils habitent la Guyane française. Les bornes de cet article ne nous permettent pas de citer d’autres espèces, parmi lesquelles il serait difficile de faire un choix.
COLIMAÇON (Zoologie). — Nom vulgaire du genre Hélice (Mollusque) (voyez Escargot, Hélice, Limaçon).
^ COLIN (Zoologie). — Petit groupe d’oiseaux d’Amérique qu’on a détaché à tort du genre Perdrix avec lequel il a des rapports intimes et dont il doit tout au plus faire une section. Il n’en diffère du reste que par un bec plus court, plus gros, plus bombé, la queue un peu plus développée. Ils se perchent sur les buissons et même sur les arbres lorsqu’ils sont poursuivis. Il y en a qui voyagent comme nos cailles. Le Tocro ou Perdrix de la Guyane de Buffon [Tetrao guyanensis, Gmel.) est de la taille de la perdrix. Le Tetrao mexicanus, Frisch., est de la grandeur de la caille, de même que le C. de Sonnini [Perdix Sonninif Tem.) et le C. à aigrette de la Californie {Tetrao cnlifornius,S\\.],
GOLIOUS (Zoologie), Colius,Gv[\c\. — Genre d'Oiseaux passereaux, delà famille des Conirostres, voisin des Durbecs. Ils ont le bec court, épais, conique, un peu comprimé et les mandibules arquées sans se dépasser. Les pennes de la queue étagées et très-longues, le pouce peut se diriger en avant avec les autres doigts ; leurs plumes sont fines, soyeuses, à teintes cendrées. Ces oiseaux, qui sont d’Afrique et des Indes, vivent en familles. Ils dorment suspendus aux branches, la tête en bas et serrés les uns contre les autres, grimpent à la manière des perroquets en s’aidant de leur bec, et vivent de fruits, de graines, de bourgeons d’arbres, etc. Le C. du Cap (C. capensis, Lath.), long de 0“,28, ale dos blanc, les scapulaires et le dessus des ailes d’un cendré pur, une tache rougeâtre sur le croupion. Le C. à gorge noire {C. nigricollis. Vieil.) est long de 0“,38. Il se trouve à Malimbe.
COLIQUE (Médecine), en grec côlicos, qui appartient à l’intestin côlon. — Ce mot semblerait devoir désigner une affection du côlon (voyez ce mot); mais l’usage lui a donné un sens plus général, et on comprend sous ce nom toute espèce de douleur vive, exacerbante, mobile dans la cavité abdominale. Ensuite on spécifie par un second mot tiré le plus souvent de l’organe malade le sens précis qu’on doit donner au mot colique. Ainsi, on aura :
Colique bilieuse. — Elle peut être épidémique ou sporadique (voyez ce mot). On l’observe le plus souvent en été, au commencement de l’automne, chez les sujets adultes, d’un tempérament bilieux, irascibles ; elle peut être déterminée par des excès de table, de boissons alcooliques, par les chaleurs excessives, des accès de colère, etc.
Elle s’annonce par la rareté et la couleur rouge des urines, l’amertume de la bouche, des nausées^ des vomissements bilieux, soif, chaleur dans la région du duodénum (voyez ce mot), quelquefois constipation, d’autres fois, matières bilieuses fétides ; elle a pour signe caractéristique une douleur atroce ; il semble que les intestins sont tordus, serrés avec une corde ; cet état peut accompagner les fièvres bilieuses, la jaunisse, la dyssenterie (voyez ces mots). Le traitement de la colique bilieuse consiste dans l’emploi des émollients et des adoucissants à l’intérieur et à l’extérieur ; ain.si, émissions sanguines, lavements, fomentations, cataplasmes avec la décoction de pavot, boissons acidulées, petit-lait ; quelquefois on devra avoir recours aux vomitifs, aux purgatifs doux, à l’opium ; mais ces moyens devront être employés avec une grande circonspection.
Colique hémorrhoidale. — Elle précède le flux hémorrhoïdal ou est produite par sa suppression (voyez Hémorrhoïde).
Colique hépatique. — Elle est produite parla présence d’un calcul dans les canaux biliaires (voyez Calcul biliaire).
Colique inflammatoire. — C’est celle qui accompagne X entérite (voyez ce mot).
Colique de Madrid. — Voyez Colique végétale.
Colique métallique. — Voyez Colique saturnine.
Colique de miserere. — Nom vulgaire de Vileus.
Colique néphrétique. — Douleurs violentes produites par la présence des calculs dans les reins ou dans les uretères ou bien par une affection nerveuse, rhumatismale, etc. (voyez Calcul, Rhumatisme).
Colique nerveuse. — On appelle ainsi des coliques qui, ne pouvant être rapportées à la lésion d’aucun organe situé dans la cavité abdominale, sont considérées comme résultant d’un trouble du système nerveux. Elles ont été niées par un grand nombre de médecins, et, en effet, il est rare qu’elles ne soient pas liées à une autre maladie; cependant, il y a des cas où on ne peut saisir aucun symptôme de lésion organique; elle peut être produite par une vive émotion, une forte contusion, parle froid, etc.
Les personnes impressionnables, qui mènent une vie sédentaire, y sont plus sujettes que les autres. Ces coliques se déclarent tout à coup par des douleurs vives, qui s’exaspèrent ou diminuent subitement ; elles ne sont pas augmentées et sont quelquefois soulagées par la pression ; la physionomie est altérée ; il y a de l’abattement, de ! l’anxiété, des sueurs; elles arrachent quelquefois des | cris. Les narcotiques, les antispasmodiques, en potion, en applications sur le ventre, les boissons légèrement aromatiques, de tilleul, de feuilles d’oranger, de menthe, etc., les émollients, etc., sont les moyens qui réussissent le mieux.
Colique saturnine. — Ainsi nommée parce qu’elle est le plus souvent déterminée par l’absorption du plomb i
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(appelé Saturne par les alchimistes). On lui donne encore les noms de colique mélallique, colique des peintres, colique de plomb; elle est caractérisée par des douleurs très-aiguës, la rétraction et la dureté du ventre, une constipation opiniâtre, des crampes, etc.
Tous les ouvriers qui travaillent le plomb y sont sujets, mais particulièrement ceux qui fabriquent la céruse (voyez ce mot), les broyeurs de coulëurs, les peintres en bâtiments, etc. La sophistication des vins par la litharge (voyez ce mot) la produit souvent, aussi bien que l’usage des eaux, des condiments, des mets qui ont séjourné dans des v.ases de plomb. On l’a vue occasionnée aussi par des bonbons colorés au moyen des préparations saturnines. La maladie débute ordinairement par des douleurs obscures, passagères dans le ventre, par la rareté et la dureté des matières évacuées ; les douleurs augmentent ainsi pendant plusieurs jours, puis elles deviennent vives, exacerbantes, mobiles ; il y a des nausées, des vomissements de matières vertes ou jaunes, constipation opiniâtre, rétraction et dureté du ventre, altération de la voix, suppression ou rareté des urines, hoquets, convulsions, etc. Abandonnée à elle-même, la colique de plomb, après un ou plusieurs mois de durée, se transforme en paralysie des membres, tremblements, amaurose; le malade devient tout à fait impotent. Traitée convenablement, elle ne dure que quelques jours et se termine presque toujours par la guérison. Le traitement dit de la Charité a reçu la sanction du temps et de l’expérience ; c’est un traitement empirique dont il est très-difficile d’expliquer le mode d’action. Voici en quoi il consiste :
Ier jour. — Le matin, le lavement purgatif des peintres, composé de feuilles de séné, 16 grammes; faites bouillir dans suffisante quantité d’eau ; ajoutez à la décoction sulfate de soude, 16 grammes; vin émétique, 120 grammes. Dans la journée, on donne Veau de casse avec les graines: eau de casse simple, I litre; sulfate de magnésie, 30 grammes; tartre stibié, 0s*',15. Le soir, le lavement anodin des peintres, fait avec huile de noix, 180 grammes; vin rouge, 360 grammes; après cela, le bol calmant: thériaque, 4 grammes; opium, 0®*‘,07.
2e jour. — Le matin on donne Veau bénite, qui consiste en tartre stibié, 0®*',30 ; eau tiède, 250 grammes, à prendre en deux fois à une heure d’intervalle. Après le vomissement, on fait prendre dans le reste du jour la tisane sudorifique laxative suivante : séné, 4 grammes ; gaîac, sqüine, salsepareille , de chaque 30 grammes; faites bouillir pendant une heure dans 3 litres d’eau, réduisez à deux ; ajoutez sassafras, 30 grammes ; réglisse, 15 grammes; faites bouillir légèrement et passez. Le soir, le lavement anodin et le bol calmant comme le premier jour.
3e jour. — On donne Veau de casse comme le premier jour, mais sans les graines, le lavement purgatif des peintres, la tisane sudorifique laxative ; seulement la dose de séné est portée à 30 grammes ; le soir, le lavement anodin et le bol calmant.
4* jour. — potion purgative des peintres, composée de : infusion de séné, 180 gr. ; électuaire diaphœnix, 30 gr. ; jalap en poudre, le', 50; sirop de nerprun, 30 gr. On aide l’action du purgatif par la tisane sudorifique laxative; le soir, le lavement anodin et le bol calmant.
5® jour. — Comme le troisième.
6® jour. — Comme le quatrième.
S’il reste encore des coliques après ce traitement, on le recommence jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de douleurs; la guérison est complète lorsque pendant cinq ou six jours après la cessation des purgatifs la constipation n’a pas reparu. On prescrit une diète sévère pendant le traitement; mais aussitôt qu’il est terminé, on accorde des aliments dont on augmente promptement la quantité.
Ce traitement, suivi d’un succès presque constant, a cependant subi le reproche d’être empirique et presque aveugle, et^ sous l’empire de cette idée il a été modifié plus ou moins profondément; celui qui a été proposé par Stoll, a été vanté par plusieurs médecins comme plus rationnel ; il consiste dans l’emploi des émollients, des mucilagineux, des anodins, puis ensuite des purgatifs et des calmants; mais le traitement de la Charité a conservé sa vieille réputation ; les seules modifications qu’on puisse admettre sont celles qui tiennent à celles de la maladie elle-même: ainsi, lorsque le ventre est sensible à la pression, on pourra, pendant quelques jours, prescrire des bains, des lavements, des fomentations émollientes, même des saignées locales ou générales, puis ensuite on reviendra au traitement de la Charité.
Colique de cuivre. — On a dit que les ouvriers qui travaillent le cuivre étaient sujets à une affection analogue à la colique saturnine, qui offre à peu près les mêmes symptômes et exige le même traitement. D’après MM. Chevallier et Boys de Loury, qui ont fait de nombreuses recherches à cet effet, cette maladie n’existerait pas.
Colique végétale. — Elle a beaucoup d’analogie avec la colique saturnine et s’est montrée épidémiquement dans plusieurs pays, et particulièrement dans le Poitou, ce qui lui a valu le nom de colique de Poitou; à Madrid, colique de Madrid; en Normandie, à Amsterdam. On pense qu’elle est produite par les fruits acerbes, les vins nouveaux et peut-être sophistiqués par la litharge; on a signalé aussi à Madrid l’air froid et humide du soir et l’usage immodéré des glaces et des fruits. Les symptômes sont à peu près les mômes que pour la colique de plomb, si ce n’est que le ventre, au lieu d'être rétracté, est distendu à un degré extrême, excepté dans celle de Madiâd, où il est rétracté. Les moyens les plus efficaces ont été les narcotiques, les purgatifs, les vomitifs et l’éloignement des causes qui ont pu la déterminer.
Colique venteuse. — Voy. Pneumatose.
Colique vermineuse. — Voyez Vers. F — n.
COLITE (Médecine). — On a donné ce nom à l’inflammation du côlon, mais comme elle se confond avec celle des autres portions du gros intestin, il en sera traité aux mots Diarrhée, Dyssenterie, Entérite.
COLLAPSUS (Médecine). — Mot latin qui veut dire chute et employé par Cullen pour désigner un état dans lequel le cerveau manque de l’excitation nécessaire et où cet organe cesse de remplir ses fonctions ou les remplit irrégulièrement. Dans l’acception commune, ce mot exprime un affaiblissement rapide et prompt des facultés cérébrales et surtout de l’action musculaire; il n’est donc pas tout à fait synongmQéV adynamie ni de prostration, ces derniers mots s’appliquant à un affaiblissement qui n’arrive que graduellement et non pas tout à coup (voyez Adynamie, Prostration).
COLLECTION (Médecine). — ^ Collection purulente se dit d’un amas de pus dans une partie quelconque du corps, où il forme alors un dépôt, un abcès (voyez ces mots).
En pharmacie, la collection des drogues, des substances médicinales est l’approvisionnement qu’on doit en faire. Pour les drogues tirées du règne minéral, la collection ne consiste que dans le choix éclairé de ces substances ; il n’en est pas de même pour les substances fournies par les végétaux et les animaux ; ici, en effet, il faut de plus la récolte, Vémondation, la dessiccation, la conservation des diverses substances.
COLLERETTE ou Golerette (Botanique). — On a donné vulgairement ce nom à Vinvolucre de Vombelle, dans les plantes de. la famille des Ombellifères (voyez Involucre).
COLLES (Chimie industrielle). — Matières adhésives que l’on emploie surtout pour réunir et fixer ensemble des pièces d’un système solide quelconque, mais qui reçoivent aussi des applications aux apprêts des étoffes, à la fixation des couleurs, à la clarification des liquides, etc. On distingue dans le commerce un grand nombre de colles d’espèces différentes ; nous mentionnerons ici les principales.
Colle de pâte. — S’obtient en délayant de la farine dans de l’eau jusqu’à la consistance d’une bouillie claire, puis en élevant la température graduellement jusqu’à 75 ou 80®. La colle ainsi obtenue est employée surtout dans le cartonnage et pour le collage des papiers d’appartenjent.
Colle de poisson. Ichtliyocolle. — Formée par la membrane interne de la vessie natatoire de l’esturgeon. Plusieurs espèces de ce genre se rencontrent en abondance dans le Volga et les autres fleuves qui se jettent dans la mer Noire et la mer Caspienne, et c’est de la Russie que nous viennent, en effet, les qualités les plus estimées de cette substance. Pour l’obtenir sous la forme qui est connue dans le commerce, on fait ramollir dans l’eau froide la vessie natatoire du poisson de manière à ce qu’on puisse enlever la membrane externe ; on divise alors l’autre en fragments que l’on blanchit à l’acide sulfureux et que l’on sèche. L’ichthyocolle sert au collage des vins blancs, du café, aux apprêts des étoffes délicates, telles que les gazes, les rubans, etc. , et aussi à la confection des gelées alimentaires. C’est la plus chère des colles employées dans le commerce.
Colle forte. Colle de gélatine. — On distingue dans le commerce plusieurs colles fortes qui portent en géné-
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ral soit le nom des localités où on les fabrique, soit celui des substances employées à leur confection; mais, quelle que soit leur diversité, elles ont toujours pour base la ^e7atine (voyez ce mot).
Notre figure 596 représente la disposition générale d’un appareil destiné à ce genre de fabrication. B est un*é
Fig. 596. — Fabrication de la colle
chaudière contenant les colles-matières^ c’est-à-dire les matières premières employées et qui sont ordinairement des débris de peaux ou de cuir, des rognures de parcheminerie ou de tannerie, des peaux de lièvre ou de lapin épilées. Ces matières ont été préalablement en contact avec l’eau froide, qui les ramollit et les débarrasse de la chaux qui a servi à les conserver en magasin. Après avoir cuit quatre ou cinq heures dans la chaudière B, où l’on fait arriver de temps en temps de l’eau du réservoir A, on coule le liquide dans la chaudière G, et de là dans le seau D qui sert à le porter dans les moules où il se solidifie. Après cette solidification, la colle retirée des moules est débitée en petites plaques que l’on sèche et qu’on assemble de façons différentes suivant les qualités.
Les colles de gélatine les plus pures, telles que les colles de Flandre^ la grénétine, sont quelquefois tout à fait incolores et peuvent remplacer la colle de poisson ; ce sont elles qu’on emploie pour faire la colle à bouche, le papier-glace, les capsules dans lesquelles on renferme certains produits pharmaceutiques, etc. Les colles de qualité inférieure sont réservées pour les usages de la menuiserie ou des apprêts communs ; pour s’en servir, il faut mettre en contact avec l’eau pendant quelques heures et chauffer au bain-marie.
On prépare, pour les usages de l’économie domestique, une colle forte liquide qu’on obtient en ajoutant 200 grammes d’acide azotique ou eau forte ordinaire à la dissolution de 1 kil. de colle forte dans un litre d’eau.
COLLET (Chasse). — On donne ce nom à une espèce de piège que l’on fait le plus souvent avec des crins de cheval et dont on se sert pour prendre les oiseaux. Le plus ordinairement, ces pièges se tendent au milieu des petits sentiers, dans les bois peu fréquentés, et ils se composent d’un petit piquet planté en terre auquel on attache le collet disposé en anneau à nœud coulant ; les oiseaux se^ prennent au passage. C’est ce qu’on nomme les collets à piquets. Il y en a d’autres que l’on suspend à une baguette^ de bois vert qu’on retient pliée ; cette baguette se relève avec l’oiseau qui a voulu saisir l’amorce attachée à ce piège. C’est le collet pendu.
Collet (Botanique). — Terme qui s’applique à une sorte d’étranglement qui est le point intermédiaire entre la tige et la racine. On emploie aussi souvent cette expression pour désigner le point de jonction entre la radicule et la plumule dans l’embryon des végétaux phanérogames. On a nommé également collet la couronne membraneuse que l’on trouve attachée à la partie supérieure du pédicule de certains champignons.
COLLÈTE (Zoologie), Colletés.^ Latr. — Genre d’/nsectes hyménoptères.^ section des 'Porte-aiguillons.^ famille
des Mellifères., tribu des Ândrenètes. Ce sont de petits insectes observés par Réaumur, qui nous a dépeint avec son talent ordinaire les moyens qu’ils emploient pour la construction du berceau de leurs petits. Nous ne pouvons clans cet article entrer dans les détails que comporterait ce sujet, et nous sommes obligés de renvoyer le lecteur
au tome VI des Mémoires de Réaumur, n® 12. La C. ceinturée {C.succincta), longue d’environ 0'",009, est VHylée glutineux de Cuvier.
COLLIER DE Moraxd (Médecine). — - Espèce de sachet en forme de collier employé par Morand contre le goitre (voyez Goître).
Collier (Pathologie).
— Espèce d’éruption dartreuse qui fait le tour du col comme un collier(voyez
COLLÎQUATION (Médecine), du latin colliquescere, se fondre. — Ce mot avait autrefois deux significations différentes :
ainsi on entendait par là la diminution de consistance, la liquéfaction des humeurs, et particulièrement du sang; il signifiait encore, et c’est ainsi qu’on le comprend maintenant, la consomption (voyez ce mot), qui provient d’évacuations abondantes soit par la transpiration, soit par les voies digestives;, ainsi on remarque la colliquation par les sueurs ou les sueurs colliquativeSy les diarrhées colliquatives, dans la phthisie, dans les fièvres adynamiques (voyez Sueurs, Diarrhée, Phthisie, Fièvre adynamique).
COLLODION (Chimie, Photographie). — Produit de la dissolution du pyroxyle ou coton-poudre dans l’éther alcoolisé, le collodion forme par l’évaporation du dissolvant une pellicule mince, continue, translucide, imperméable à l’eau et s’attachant fortement à la peau ou aux tissus organiques. Cette propriété a permis de l’employer en chirurgie pour remplacer le taffetas d’Angleterre ou les bandelettes imprégnées de diachylon, quand il s’agit de réunir les bords d’une plaie. Pour le préparer, il ne faut pas se servir de la poudre coton ordinaire obtenue par l’immersion du coton dans un mélange d’acide azotique concentré et d’acide sulfurique. Le pyroxyle ainsi obtenu est peu soluble dans l’éther. On fait un mélange de 100 parties en poids d’azotate de potasse et de 200 parties d’acide sulfurique monohydraté; on y ajoute, par petites portions, 5 grammes de coton cardé, en agitant chaque fois ; on laisse reposer pendant quelques minutes, puis on lave le coton poudre obtenu à grande eau, jusqu’à disparition de toute acidité. Le pyroxyle, parfaitement sec, se dissout complètement dans l’éther sulfurique additionné d’environ un dixième d’alcool. On a ainsi un liquide sirupeux épais comme du miel ; c’est le collodion médicinal. Le collodion sert encore en photographie. A cet effet, le collodion médicinal est étendu d’alcool et d’éther de manière que, pour 3 grammes de coton azotique, on ait employé 30ü centimètres cubes d’éther et 125 d’alcool. A la liqueur limpide et filtrée est ajouté de l’alcool ioduré renfermant pour 57 centimètres cubes d’alcool, 7 grammes d’iodure de potassium et 0®l7 d’azotate d’argent. On a ainsi le collodion photographique qu’on coule ensuite, sur une plaque de verre bien nettoyée, en couche mince et uniforme. C’est sim cette pellicule de collodion rendue sensible à la lumière par l’immersion dans un bain de nitrate d’argent que sera développée et fixée l’image dans la chambre obscure (voyez Photographie). L’application du collodion en chirurgie est due à M. Maynard, de Boston. Son emploi en photographie à un Anglais, M. Archer.
COLLURION (Zoologie), Collurio.^ du grec kolluriôn, et mieux korulliôny nom de l’oiseau que nous appelons Pie-grièche. — Famille A' Oiseaux établie par Vieillotqui en a fait la quinzième dans sa méthode sous le nom de Collurions , dans laquelle plusieurs des espèces du genre Lanius.^Ae, Linné, forment des genres particuliers. Les oi-
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seaux de cette famille ont le bec convexe, comprimé sur les côtés, échancré ou denté, le plus souvent crochu à la pointe, le pouce grêle. Elle a pour types la Pie-grièche rousse {Lanius collurio rufus^ Gmel.) et VÉcorcheur {Lanius collurio, Gmel.).
COLLUTOIRE (Matière médicale) , du latin colluo,jQ lave, je nettoie. — C’est un médicament destiné à être porté dans la bouche et à agir sur les gencives et la partie interne des joues ; il est ordinairement moins liquide que le gargarisme et s’applique au moyen d’un pinceau de charpie ou d’une éponge, I) y en a d’astringents avec des solutions de sulfate de zinc ou de cuivre ; d’autres, très-acides et presque caustiques préparés avec les acides nitrique, hydrochlorique, etc. On les emploie surtout dans les stomatites (voyez ce mot).
COLLYRE (Matière médicale), en grec collurion. — Ce mot a d’abord servi à désigner toutes les préparations pharmaceutiques d’une forme allongée et cylindrique qu’on introduisait dans l’anus, danscertaines fistules, etc. Le sens en a été complètement changé, et le nom de collyre s’applique aujourd’hui seulement aux médicaments qu’on met en contact avec les yeux; encore après l’avoir donné dans les ouvrages modernes aux substances sèches, liquides ou gazeuses, on en a même restreint le sens aux médicaments liquides employés dans les maladies des yeux. Les collyres peuvent être émollients^ astringents, excitants, irritants, narcotiques, Qi ces différentes propriétés peuvent être combinées ensemble, suivant l’effet qu’on veut obtenir. Ne pouvant citer la série de ces médicaments, nous renverrons le lecteur, pour plus de détails, aux mots soulignés plus haut^ et nous nous bornerons à rapporter ici la formule de quelques-uns des collyres les plus usités. — Collyre (sec) de Boerhaave contre tes taies de la cornée : aloès succotrin, 0®*',30 ; sucre, 4 grammes; mêlez, pulvérisez et insufflez avec un tuyau de plume. — Collyre avec le sulfate de zinc: sulfate de zinc, 0s*’,25; eau distillée de roses, 125 grammes. — Collyre de Gimbernat : potasse à la chaux, Qs^lO; faites dissoudre dans eau distillée, 40 grammes ; une goutte ou deux trois fois par jour dans les taies de la cornée. — Collyre alumineux : alun en poudre, 1 gramme ; eau de roses et de plantain, de chaque 30 grammes ; dans les ophthalmies chroniques rebelles. — Collyre astringent de Scarpa : acétate de plomb liquide, 6 gouttes; eau distillée de plantain, 200 grammes; mucilage de gomme arabique, 30 grammes; mêlez et agitez chaque fois
COLMATAGE (Agriculture). — Voyez Irrigations.
COLORE (Zoologie), Colobus, du grec kolobos, mutilé.
Genre de Singes de V ancien continent, tribu des Cynopithèques ^ de Is. Geoffroy Saint - Hilaire , établi par ce zoologiste. Il est très-voisin des Semnopithèques , dont il diffère surtout par les pouces antérieurs réduits à de simples rudiments, qui semblent des pouces atrophiés ; c’est là le caractère essentiel des colobes ; nom proposé déjà par Iliger et adopté par Geoffroy. Ces singes, à peine connus autrefois et qui n’ont été étudiés que depuis la publication de la 2^ édition du Règne animal de Cuvier, habitent tous l’Afrique, et les espèces en paraissent assez nombreuses. Le C. b fourrure (C. vellerosus) habite la Gambie ; il a le dos, les flancs et les lombes couverts de poils noirs longs de 0«>,15 à 0“,20. Le tour de la face, la queue sont blancs, avec une grande tache de môme couleur sur chaque fesse. Le C. fuligineux [C. fuliginosus, Ogilb.) a le pelage assez long; les parties supérieures sont d’un noir ardoise ou d’un gris bleuâtre, les parties inférieures jaunâtres ou blanchâtres. II habite aussi la Gambie. Le C. Guereza {C. Guereza,R\xpp.) a été découvert par M. Ruppel en Abyssinie ; il a des poils fins, doux et longs.
COLOCASE (Botanique), Colocasia, Ray. Suivant certains étymologistes, ce mot est altéré du mot golgâs, nom arabe de la plante ; suivant d’autres, il est dérivé du grec kole, plante potagère, et kasia, casse. — Genre de plantes de la famille des Aroïdées, type de la tribu des Colocasiées. Il fournit des herbes à rhizome tubéreux renfermant ordinairement une fécule alimentaire; à spathe droite ou en capuchon; spadice à fleurs mâles et à fleurs femelles disposées alternativement; anthères biloculaires. La C. des anciens {C. antiquorum, Schott. ; Arum colocasia. Lin.) est une plante acaule qu’on suppose être originaire de l’Inde. Cultivée en Grèce, en Égypte et même aux États-Unis, etc., elle est connue dès la plus haute antiquité comme plante alimentaire. A l’état frais, son rhizome contient un principe âcre que la dessiccation ou la torréfaction lui enlèvent. Cette plante tîst très-productive. On fait du pain avec son rhizome
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très-féculent et ses feuilles se mangent comme les épinards. La C.à feuilles de nénuphar [C. nymphæi folium, Kunth. ; Arum nymphæi folium, Roxb.) paraît être une variété de la précédente. Elle est aquatique et croît spontanément dans les Indes orientales et le Bengale. Son tubercule est très-gros. Les Hindous surtout l’emploient dans l’alimentation. La C. comestible (C. esculenia, Schott.) est le Talla on Tayades indigènes de l’Amérique méridionale. Dans les Antilles, on lui donne le nom de Chou caraïbe. Ses tubercules et ses feuilles servent aussi d’aliments aux Océaniens, ainsi, du reste, que ceux de la C. à grosse racine {C. macrorhiza, Schott.) et delà C. odorante (C. odora, A. Brongn.). G — s.
COLOCYNTHINE (Chimie organique). — Principe extrait de la coloquinte (voyez ce mot).
COLOMBAR (Zoologie), Colombar, Vaill. ; Vinago, Guv. — Genre d'Oiseaux de la famille des Pigeons, ordre des Gallinacés. Ils se reconnaissent à leur bec plus gros que dans les autres pigeons ; il est de substance solide et comprimé par les côtés ; leurs tarses sont courts, leurs pieds larges et bien bordés. Ce sous-genre, établi par Vaillant dans son Ornithologie d’Afrique, a été adopté par Cuvier. « C’est, dit le grand naturaliste, la meilleure des divisions que l’on ait faite parmi les pigeons. » On n’en connaît que quelques espèces, toutes de la zone torride de l’ancien continent; ainsi le C. abyssinica, Vaill. ; le C. vernans, Temm., etc. Il y en a aussi à queue pointue; tel est le C. oxyura, Temm. (voyez Pigeon).
COLOMBE (Zoologie). — Genre d’Oiseaux de la famille des Pigeons {Columba, Lin.). Ce mot est synonyme de Pigeon (voyez ce mot).
COLOMBl-GALLINE (Zoologie), Chamepelia, Svvains. — Genre d’Oiseaux de la famille des Pigeons, très-voisin des Gallinacés ordinaires ; ils ont le bec grêle et flexible, les tarses nus, plus élevés que les autres pigeons, les ailes amples et arrondies ; vivent en troupes et cherchent leur nourriture sur la terre sans se percher. La C. à barbillons {Columba carunculata, Temm.) tient aux Gallinacés par les parties nues et les caroncules qui distinguent sa tête ; elle a la tête, le cou et la poitrine d’un gris ardoisé, le dessus des ailes et les scapulaires d’un beau blanc, les pieds rouges. On la trouve au cap de Bonne-Espérance. La C.passerine (C. passerina, Lath.), longue de 0"‘,16, a le plumage pourpre, le bec et les pieds rouges ; elle habite les pays chauds de l’Amérique (voyez Pigeon).
COLOMBIER (Économie domestique). — On appelle ainsi les habitations de nos pigeons de ferme ; on le désigne encore sous le nom de pigeonnier (voyez Pigeon, Pigeonnier).
COLOMBIDÉS (Zoologie). — Famille d’Oiseaux gallinacés établie par Is. Geoffroy dans sa classification ; ils ont le bec médiocre, droit, renflé en avant, rétréci au milieu, les narines oblongues, les tarses réticulés, quatre doigts libres, ailes médiocres ou courtes. Ils ont été divisés en deux tribus : 1® les Colombiens ; T les Lophy riens (voyez Lophvre) .
COLOMBIENS (Zoologie). — Les colombiens (voyez CoLOMBiDÉs) ont les doigts moyens ou allongés, les tarses en partie emplumés. Ils renferment les genres Colombar, Colornbe, Nicombar, Colombi-Gaïline (voyez ces mots et surtout le mot Pigeon).
GOLOMBINE (Agriculture, Engrais). — Dans la véritable acception du mot, la colombine ne désigne que les déjections du colombier; cependant on a l’habitude d’y comprendre aussi celles des autres oiseaux de basse-cour. On sait d’ailleurs que les excréments de pigeons sont supérieurs à ceux de poules et de dindons, et ceux-ci bien préférables à ceux d’oies, de canards, ce qui tient sans doute à la nourriture moins riche en azote et plus aqueuse. Aucun cultivateur n’ignore la valeur de la colombine ; mais, en raison de sa rareté et de son prix, on est obligé de ne l’employer qu’en petite quantité. Suivant Matthieu de Dombasle, elle ne doit pas être mêlée avec les autres engrais ; on doit la faire sécher, la réduire eu poudre et la répandre à la main sur les récoltes en végétation ou au moment de la semaille, «sans l’enterrer. Cet engrais convient à toutes les cultures, surtout dans les terrains humides, froids et tenaces. Dans les Flandres, elle est surtout recherchée pour la culture des plantes industrielles, telles que lin, colza, etc. Du reste, la colombine fraîche ne convient pas aux récoltes ; il faut qu’elle soit desséchée et pulvérisée. Dans la culture potagère, elle rend de grands services ; on la pulvérise bien et on en jette quelques poignées dans l’arrosoir, ou bien on la délaie dans l’eau et l’on arrose avec le gouleau le pied des plantes que l’on veut pousser. Son effet est surtout
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remarquable sur les plantes de la famille des Cucurbitacées, telles que les courges, les concombres, etc.
CoLOMBiNE (Chimie organique). — Matière organique cristallisable qui constitue la partie active de la racine de Colombo. Ce principe, trouvé par Wistoock en 1830, est très-amer, en petits prismes transparents, soluble dans l’alcool, surtout à chaud, dans l’éther et très-peu dans l’eau (voyez Colombo).
COLOMBO ou Colombo (Botanique médicale). — C’est laracine du Ménisperme à feuil les palmées {Menispermum pjalmutmnjss^m^^aw Coccuhispalmntus,D. C.) {Méntsjiermées)^ plante sannenteuse qui croît à Ceylan, aux environs de la ville de Columbo, d’où lui vient son nom. Le commerce nous l’apporte en tranches orbiculaires ou en morceaux d’un jaune verdâtre intérieurement; son écorce, épaisse et rugueuse, est d’un brun verdâtre ; son odeur, légèrement aromatique, est un peu nauséabonde; sa saveur, extrêmement amère. Le colombe est un médicament tonique considéré comme un excellent stomachique. On l’a beaucoup vanté dans la diarrhée chronique et dans la dysseiiterie ; mais il faut que tous les symptômes d’inflammation aient disparu ; dans ce cas, on prescrit souvent la décoction de 15 grammes de cette racine dans 1 kil. d’eau ; l’infusion à froid peut s’employer comme stomachique; on prend aussi la poudre à la dose do 0®'',60 à 0®'’,80 plusieurs fois par jour. On a quelquefois substitué au vrai Colombo la racine d’une gentianée, la Frasera WaWærii de Michaux, qu’on a aussi appelée Faux Colombo; elle est peu amère, presque sans odeur, et son action est peu marquée.
COLON (Anatomie), kôlon des Grecs. — C’est la seconde partie du gros intestin ; elle s’étend du cæcum au rectum, avec lesquels elle forme un canal non interrompu. Le côlon s’étend de la région lombaire droite à la fosse iliaque gauche ; en raison de son étendue, on l’a divisé fictivement en quatre portions : jo le G. lombaire droit ou portion ascendante^ va du cæcum au rebord des fausses côtes; il se trouve placé au-dessous du foie et de sa vésicule, derrière les circonvolutions droites de l’intestin grêle, devant le rein droit qu’il touche à nu parce qu’il est dépourvu de péritoine en arrière; 2° leC. transverse ou l’«/c du côlon^ placé transversalement de droite à gauche, règne tout le long du bord inférieur de la poitrine, au-dessous de l’estomac, au-dessus des circonvolutions de l’intestin grêle; c’est la plus longue et la plus volumineuse des quatre portions; 3" le C. lombaire gauche ou portmi descendante , situé dans le flanc gauche, au-dessous de la rate, derrière les circonvolutions de l’intestin grêle, devant le rein gauche auquel il s’attache; 4“ enfin le C. iliaque gauche ou S iliaque du côlon ^ la plus mobile des quatre; située derrière l’intestin grêle, elle forme une S qui commence à la région lombaire et finit au détroit supérieur du bassin, en se continuant avec le rectum, vers l’union du sacrum avec la dernière vertèbre des lombes. Le côlon est remarquable par des bosselures qui vont en s’affaiblissant à mesure qu’on s’approche du rectum. Il a pour fonction de ralentir le cours des matières et de préparer leur excrétion, après qu’elles ont été dépouillées de toute substance nutritive.
COLONNE VERTÉBRALE (Auatomie). — Voyez- Squelette.
COLOPHANE ou Arcanson (Chimie).-— Matière solide résineuse provenant de la distillation de la térébenthine brute, qui donne les 0,12 de son poids d’essence et les 0,88 de résine solide. C’est un corps jaunâtre, à cassure brillante, conchoïdale, friable entre les doigts, fusible à une température peu élevée, s’enflammant facilement et brûlant avec une flamme fuligineuse. Par la distillation, la colophane donne quatre carbures d’hydrogène li-
quides :
Rétinaphte bout à 108o.
Rétinyle C10H12 — Io0°.
Rétiiiole C32H16 240°.
Métanaphtaline . (120h8 325».
Ces quatre carbures se mélangent dans le récipient où se condensent les produits de la distillation et constituent Vhuile de résine^ les deux premiers passant entre liO" et 150®, les deux autres entre 240® et 350. Elle donne encore beaucoup de goudron et une petite quantité d’huile essentielle de térébenthine. Elle est insoluble dans l’eau, soluble en partie dans l’alcool ; les solutions alcalines la dissolvent; elle forme avec elles des résinâtes. Aussi la colophane est-elle considérée comme une résine acide. La colophane est formée de plusieurs principes immé-
diats ; dans celle qui provient de la térébenthine ordinaire des Vosges, on trouve deux acides isomériques, l’acide pinique et l’acide sylvique (G*0H20O®,HO) ; le premier s’extrait en épuisant la résine pulvérisée par l’alcool à froid ; le second, en soumettant à l’action de l’alcool bouillant la partie de la résine insoluble dans l’alcool froid. Le premier est amorphe, le second cristallisable. Dans la colophane qui provient de la térébenthine de Bordeaux, on trouve l’acide pimarique isomère de l’acide pinique et le remplaçant. Dans la térébenthine d’Alsace, on trouve deux nouveaux produits, Vabiétine et l’acide abietique. La colophane sert pour l’éclairage au gaz; sa distillation en vase clos donne un gaz très-éclairant. L’huile de résine obtenue dans la distillation de la colophane avant 150® remplace, dans quelques industries, l’essence de térébenthine ; celle qui passe à une haute température forme, par son mélange avec la chaux, une sorte de graisse noire utilisée dans les usines pour oindre les axes de rotation des roues. La colophane et ses dérivés ont été étudiés par MM. Berzelius, H. Rose, Trommsdorff, Unverdorben, Blanchet, Sell, Pelletier, Walter, Deville, Laurent, Fremy, Caillot (voy. Résines). B.
COLOQUINELLE (Horticulture). — Nom donné par Duchesne à une sons-variété de Courge^ du genre Pepo {Cucurbita pepo)^ dont le fruit est rond, petit et à peau fine. On lui a aussi donné le nom de Fausse coloquinte.
COLOQUINTE (Botanique médicale). — C’est le fruit du Cucumis colocynthis, du genre Concombre., famille des Cucurbitacées. Cette espèce se trouve en Orient, en Égypte, dans l’Archipel; elle a une tige grimpante, charnue, cylindrique, couverte de poils rudes et qui s’élève au moyen des vrilles qui partent de l’aisselle de ses feuilles; le calice des fleurs mâles est hérissé de poils blancs; la corolle est jaune. Iæ fruit globuleux est de la grosseur d’une belle orange, couvert d’une écorce dure; à l’intérieur, on trouve une pulpe spongieuse blanchâtre contenant des graines planes et allongées; c’est cette partie du fruit qui est seule employée. La plus estimée nous vient d’Alep ; elle est blanche, légère, presque inodore et d’une saveur âcre ex'cessivement amère; l’analyse chimique y démontre la présence d’une résine, d’un principe amer, nauséeux, etc. C’est un violent purgatif, qui ne doit être employé qu’à une faible dose, de 0®‘‘,i0 à 0®'‘j55 encore est-il bon de lui adjoindre un correctif, sans cela il peut donner lieu à des accidents graves, tels que coliques, vomissements, diarrhée, flux de sang, etc. Aussi l’a-t-on rangé parmi les poisons âcres (voyez Poison). Ses propriétés sont dues à un principe nommé colocynthine., très-amer, résineux, brun, précipitant par la noix de galle en flocons blancs; il est soluble dans l’eau et dans l’alcool.
COLORANTES (Matières) (Chimie organique). — On donne ce nom à certains principes immédiats colorés qui se rencontrent dans les corps organisés, plus particulièrement dans les végétaux, et qui ont la faculté de s’unir aux fibres des tissus, soit directement, soit par l’intermédiaire des mordants (voyez Teinture), pour y faire apparaître une coloration durable qui doit résister aux lavages par l’eau pure. Ces principes immédiats éprouvent souvent une modification très-notable dans leur nuance quand, après avoir quitté le corps organisé qui les renfermait, ils sont exposés à l’air. Il se produit là un phénomène d’oxydation qui rend en général leur nuance plus foncée. Ainsi, la matière colorante de la garance est jaune dans la racine et devient d’un beau rouge au contact de l’air. Les matières colorantes constituent souvent des composés définis capables de cristalliser et même de se volatiliser sans altération Çndigotine, alizarine) ; quelquefois elles résultent de l’union de deux ou plusieurs principes colorés et présentent alors une teinte intermédiaire. La lumière fait en général pâlir les couleurs ; on admet que, sous son influence, l’oxygène de l’air fait éprouver à la substance colorée une sorte de coinbustion lente. Les autres agents principaux de destruction sont le chlore et l’acide sulfureux ; le premier agit ou cornme déshydrogénant, en prenant l’hydrogène à la matière organique, ou comme oxydant, en s’emparant de l’hydrogène de l’eau et brûlant la couleur par l’oxygène naissant que fournit l’eau décomposée. L’acide sulfureux blanchit les couleurs, soit parce qu’il leur prend de l’oxygène pour devenir acide sulfurique, soit parce qu’en décomposant l’eau pour se combiner à son oxygène, l’hydrogène de celle-ci s’unit au principe colorant pour constituer un hydrure incolore. Les matières colorantes ont en général des aptitudes acides assez marquées; elles peuvent, pour la plupart, s’unir aux oxydes métalliques pour former
COL
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des combinaisons stables qu’on YiommQ laques. L’oxyde le plus employé dans ce cas est l’alumine. Les principales matières colorantes peuvent être distribuées en trois catégories d’après leur teinle, rouge, jaune, bleue ou verte.