‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 199 sur 385 · SENS · texte numérisé non relu

SENS

du

moinement.

1531 août 25

Rétrogr.

1607 oct. 26

3Ülo,38'

1682 sept. 14

51°, tr

1759 mars 12

1835 nov. 15

30fo,32'

La durée de la révolution étant connye par l’intervalle de deux passages consécutifs au périhélie^ on en conclut le grand axe au moyen de la troisième loi de Képler, en la comparant au grand axe de l’orbite terrestre et à la durée de l’année ; les lois de Képler se vérifient en effet chez les comètes comme chez les planètes. Pour la comète de Halley, ce demi-grand axe est 18 environ, en prenant pour unité la distance moyenne de la terre au soleil, et comme sa distance périhélie est à peu près |, la distance aphélie est 35 |, ce qui dépasse peu le rayon de l’orbite de Neptune. Cette comète ne sort donc pas sensiblement de notre système planétaire.

Comète de Encke, ou à courte période. — La comète de Halley n’est pas la seule dont la périodicité ait été constatée. En I8l8, Encke, de Berlin, reconnut la périodicité d’une comète découverte par Pons à Marseille. Elle accomplit sa révolution en 3 ans et | ou en 1 200 jours environ. Son mouvement est direct, son ellipse, inclinée de 13» sur l’écliptique, a une excentricité égale à 0,8î9. Sa distance moyenne au soleil est 2,2; sa distance périhélie, 0,33; sa distance aphélie, 4,07. Elle traverse donc les orbites de Mercure, Vénus, la Terre et Mars, mais n’atteint pas celle de Jupiter. Elle n’a pas de queue et se compose d’un noyau environné d’une nébulosité. On l’a revue en 1822, 1825... et enfin en 1855, 1^58, 18G1.

Comète de Hiéla. — Cette comète, découverte en 1826 et reconnue périodique par Gambert, accomplit sa révolution en 6 ans Son mouvement est direct ; sa distance périhélie, 0,87 ; sa distance aphélie. G, 33; son demi-grand axe, 3,6. Elle n’est visible qu’au télescope et n’a pas de queue. A son apparition de 1846, elle a présenté un phénomène très-singulier : après l’avoir vue d’abord simple, comme dans les apparitions précédentes, on la revit dédoublée., c’est-à-dire divisée en deux autres comètes inégales, très-voisines l’une de l’autre et continuant à décrire à peu près le môme orbite que précédemment. "Elle a reparu en 1852 et était encore double.

Comète de Paye. — Découverte à l’Observatoire de Paris par M. Faye, le 22 novembre 1843. Son mouvement est direct; sa distance moyenne, 3,812; la durée de sa révolution,^ Elle a reparu au commencement de

1851. Sa distance périhélie est 1,69; sa distance aphélie, 5,90.

Comète de Brorsen. — Découverte en 1846; sa période est de 5a«s,6. Elle a été revue en l 857 ; à son retour de 1851, on ne l’avait pas aperçue. Sa distance périhélie est 0,65; sa distance aphélie, 5,64.

Comète de d’ Arrest. — Reconnue périodique par Yvon Villarceau en 1851, elle a reparu à la fin de (857. Son demi-grand axe est 3,5 ; sa distance périhélie, 1 ,2 ; la durée de la révolution, 6ans^44.

Ces six comètes sont les seules dont le retour régulier ait été reconnu ; la première exceptée, elles ne présentent de remarquable que cette périodicité. Il en est quelques

a,utres dont le retour est probable. Telle est en particulier la comète de 1556, dite de Charles-Quint , qui devait revenir avant 1860. On a cru un moment la reconnaître dans la comète^ de 1861; mais cette opinion a dû être abandonnée et jusqu’à ce moment elle n’a pas encore reparu.

Perturbation des comètes. — En traversant le système planétaire, une comète peut s’approcher assez d’une planète pour que l’attraction de ce corps influe sensiblement sur sa marche et l’écarte de l’ellipse qu’elle décrit autour du soleil. Ainsi la comète de Halley est troublée dans son mouvement par Jupiter et Saturne; et lorsque Clairaut fixa le retour de cette comète pour le milieu d’avril 1759, il avait eu soin de calculer l’action des grosses planètes sur les éléments de l’orbe elliptique. Ce sont ces perturbations qui font que l’intervalle de deux passages au périhélie, ou la durée de la révolution, n’est pas toujours la même, mais varie entre 75 et 76 ans. Pour chaque comète, il se produit des effets du même genre dus aux planètes dont elle s’approche, et on a môme cherché à en tirer parti pour calculer la masse de Mercure d’après les dérangements qu’elle cause dans la marche de la comète périodique d’Encke.

Mais l’effet de perturbation va bien plus loin dans certains cas ; il peut dénaturer complètement l’orbite de la comète et môme l’enlever au système planétaire. C’est ce qui est arrivé pour la comète de I^exell. Cette belle comète fut découverte par Messier en juin 17 70. Lexell, en i77 6, calcula ses éléments et lui trouva une période de 5a«s,5. Malheureusement, on ne l’avait pas observée en 17 76; on ne la revit pas davantage au passage suivant, en 1781, bien qu’alors on la cherchât avec soin. Or, en examinant attentivement la marche qu’elle avait dû suivre dans le ciel, Lexell reconnut qu’en août 1779, elle s’était approchée beaucoup de Jupiter : sa distance de cette planète n’était alors que de sa distance au soleil. L’action de Jupiter, devenue prépondérante, avait donc altéré complètement le mouvement de la comète et l’avait empêchée de revenir au périhélie en 1781. Il reconnut, de plus, qu’en mai 1767, la comète avait aussi passé très-près de Jupiter, qui en avait modifié l’orbite. De sorte qu’après avoir donné à la comète sa courte période de 5 ans c’est encore l’influence de Jupiter qui nous l’a peut-être définitivement enlevée, car on ne l’a plus revue depuis lors.

Constitution physique des comètes. — Ces astres présentent des formes et des apparences très-variées. C’est ordinairement une nébulosité dont la partie centrale, plus brillante et plus condensée, porte le nom de noyau. Leur volume peut être énorme ; la comète de 1811 avait 1 OOOlieues de rayon. Malgré cette immense étendue, leur masse est très-faible, car on n’a encore constaté aucune action sensible des comètes sur les planètes, tandis qu’elles-mêmes subissent des perturbations très-considérables. 11 faut donc que leur densité soit aussi extrêmement faible. Cette conclusion se trouve confirmée par le fait qu’on a vu de très-petites étoiles briller sans affaiblissement sensible à travers des épaisseurs de matière cométaire de plusieurs milliers de lieues. Il faudrait donc les considérer comme des amas de vapeurs légères; mais les gaz et les vapeurs réfractent la lumière. Or, on n’a jamais observé de réfraction sensible dans les rayons lumineux qui ont traversé une comète. On pourrait les comparer à un tourbillon de poussière dont chaque grain nous réfléchit de la lumière du soleil, tandis qu’à travers leurs interstices peuvent passer sans altération les rayons des étoiles situées par derrière. Cette manière de concevoir la constitution des comètes tend à les rapprocher de la lumière zodiacale dont l’éclat présente, en effet, quelque analogie avec celui des comètes et qui probablement n’est pas une atmosphère gazeuse, mais un ensemble d’astéroïdes très-petits.

Cependant, si rare que soit la matière cométaire, elle n’en obéit pas moins à l’action du soleil et à l’attraction de ses propres molécules, ce que prouve la forme globulaire qu’elle affecte toujours quand elle est éloignée du soleil. Mais lorsqu’elle s’en rapproche, son éclat augmente et sa forme s’altère. La nébulosité s’allonge dans le sens de la droite menée au soleil, et cet allongement dégénère en une queue ou une traînée lumineuse. Le plus souvent il n’existe qu’une queue et en général dans la direction opposée au soleil, suivant laquelle la matière cométaire semble s’écouler comme si elle était repoussée par le soleil. Les queues ont quelquefois une très-grande longueur. Celle de la comète de (680 occupait dans le ciel un arc de 90®, et sa longueurétaitde34 millions de lieues, c’est-à-dire

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Ift distance de la terre au soleil. La comète de 1843 était encore plus longue. C’est ordinairement après le passage au périhélie, lorsque la chaleur solaire est dans toute son intensité, que la queue atteint sa plus grande dimension. Alors encore elle est à l’opposite du soleil; elle précède donc la comète, tandis qu’elle la suivait avant le passage au périhélie. La chaleur due au rapprochement du soleil doit quelquefois être énorme. Ainsi la comète de 1843 a passé à une distance de la surface du soleil égale au ~ de son rayon seulement, et la comète de ICG8 passa encore plus près. Il est vrai qu’alors le mouvement est excessi ■ vement rapide, et la comète de 1843 ne mit que deux heures à décrire un arc de 180« autour du soleil.

A mesure que la comète s’éloigne, elle perd de son éclat, sa queue diminue, puis elle devient invisible à l’œil et enfin au télescope. Si la comète est périodique, à son retour elle peut avoir éprouvé de gr ands changements d’intensité. Ainsi la comète de Halley, en 1460, répandit la terreur parmi les populations : sa queue avait 00“ de longueur; en 1682, elle n’avait plus que 30“ ; en 1769, laquelle fut presque invisible; en 1836, au contraire, elle atteignit v0“. On ne peut donc pas dire que cette comète va en s’affaiblissant. Du reste, pendant les quelques mois de son apparition, elle a éprouvé des changements de forme et d’éclat très-remarquables non-seulement dans la queue, mais dans la partie opposée ou la tête^ qui se compose du noyau et de la nébulosité ou chevelure.

La comète de Donati, qui a brillé dans le ciel pendant l’automne de 1868, a présenté également des apparences très-remarquables : on les trouve décrites dans les diverses communications auxquelles elle a donné lieu et qui ont été insérées dans les comptes rendus de l’Académie des sciences. Nous citerons en particulier les travaux de M. Paye et les recherches sur les atmosphères des comètes insérées dans le tome V des Annales de l'Observatoire de Paris.

Il est assez difficile de rien dire de précis sur la constitution physique des comètes, tant elles ont présenté de variétés : les queues peuvent être droites ou courbes, d’égale largeur ou en éventail, multiples, etc. La tête est circulaire ou déprimée vers le soleil, munie d’aigrettes, etc. On comprend cette diversité presque infinie de formes, si l’on réfléchit que cet amas de poussière ou de vapeur cesse de former un système sitôt que l’action solaire l’emporte sur les attractions mutuelles des diverses molécules. Dès lors, chacune d’elles continue à décrire sa parabole autour du soleil indépendamment de toutes les autres ; plus tard, en s’éloignant du soleil, elles peuvent se réunir de nouveau et reconstituer une nébulosité cométaire.

On s’est souvent j)réoccupé des effets que pourrait produire la rencontre de la terre avec une comète. Plusieurs de ces astres se sont beaucoup approchés de nous: ainsi la comète de Lexell a passé à six fois la distance de la lune sans qu’il en soit rien résulté. On n’a observé ni marées extraordinaires ni dérangement dans la marche du soleil ou de la lune. Il n’y a donc pas lieu de s’occuper de l’influence que les comètes peuvent avoir sur notre globe ou sur les autres corps du système solaire (voyez Astronomie). E. R.

COMMANDEUR (Zoologie). — Nom donné à un oiseau du genre Trowpiale^ ordre des Passereaux., à cause d’une tache rouge qu’il porte sur la partie antérieure de l’aile. C’est VIcterus pterophœniceus de Brisson, Oriolus phœ~ niceus de Linné (voyez Troüpiale).

Commandeur (Baume du) (Matière médicale). — Voyez Baume.

COMMÉLYNE (Botanique), Commelyna., R. Br. — Genre de plantes de la famille des Commélynées (voyez ce mot) à racines vivaces, pédoncules axillaires ou terminaux. De l’Amérique du Sud. La C. tubéreuse (C. tuberosa., Lin.) du Mexique; tige droite, articulée; feuilles ovales, lancéolées; elle donne de juin à septembre des fleurs d’un beau bleu, réunies dans une feuille en forme de spathe. Cultivée en France.

COMMÉLYNEES ou Commélynacées (Botanique). — Famille de plantes Monocotylédones à périsperme amylacé. Caractères : calice et corolle à 3 folioles chacun ;

6 étamines; anthères à deux loges; ovaire libre et sessile, à 3 loges renfermant quelques ovules. Le fruit est une capsule enveloppée d’ordinaire par le périanthe, qui devientquelquefois charnu. Ce sont des herbes à tige noueuse arrondie, à feuilles alternes, engainantes à leur base. Leurs fleurs sont ordinairement régulières, jaunes ou bleues. Ces plantes habitent les régions tropicales du globe. On en rencontre aussi un petit nombre en Australie. Les

rhizomes de plusieurs sont assez féculents. Genres principaux : r ommélyne., Ephémère.^ Cyanotide.

COMMÉMORATIF (Médecine). — Qui rappelle le souvenir. Circonstances commémoratives ; ce sont toutes celles qui ont précédé une maladie, dont le médecin doit s’enquérir avec soin et qui peuvent avoir une grande valeur pour établir le diagnostic et le pronostic. Les signes commémoratifs sont ceux que le médecin puise dans l’examen attentif du malade : ainsi les traces ou stigmates laissés par des affections précédentes, les difformités plus ou moins marquées, naturelles ou accidentelles, etc., qui peuvent l’éclairer sur les causes des maladies et leur gravité.

COMMISSURE (Anatomie). — On appelle ainsi le point de contact où deux parties se réunissent ensemble ; ainsi la commissure des lèvres indique les deux points où elles se joignent vers les joues ; on dit de môme la commissure des paupières, etc. On donne encore ce nom au moyen à l’aide duquel deux parties d’un organe se trouvent jointes ensemble; ainsi les commissures du cerveau sont deux petites bandelettes médullaires qui unissent l’un à l’autre ses deux hémisphères en avant et en arrière. L’une est située en avant, l’autre en arrière de l’adossement des couches optiques.

COMMOTION (Médecine), du latin commouere, ébranler. — En chirurgie, on donne ce nom à un ébranlement communiqué à un organe par une violence extérieure dont l’action, ordinairement indirecte, produit des changements peu appréciables en apparence. Le premier effet de la commotion est une sorte de stupeur, d’affaiblissement' ou môme de suspension dans les fonctions de l’organe, puis à la suite une réaction avec congestion, afflux sanguin plus ou moins considérable. La commotion du cerveau., produite souvent par une violence extérieure, une chute sur les pieds, sur le siège, détermine les éblouissements, la stupeur, la perte des mouvements, quelquefois la paralysie et môme la mort immédiate. Dans le premier moment de la commotion, il faut relever les forces par des stimulants et n’avoir recours aux saignées et aux autres antiphlogistiques que lorsque les symptômes de congestion sanguine se manifestent.

COMOCLADIE (Botanique;, Comocladia., P. Brown, du grec komè., chevelure, et klados^ rameau ; allusion aux rameaux de ce genre qui sont touffus et effilés au sommet. — Genre de plantes de la famille des Anacardiacées, tribu des Pistaciées. Il comprend des arbres ou des arbrisseaux dioïques renfermant un suc corrosif vénéneux. Il suffit de toucher quelques instants ces plantes pour que des pustules se lèvent sur la peau. C’est particulièrement dans les Antilles que ces végétaux dangereux croissent spontanément. Les indigènes empoisonnent souvent leurs flèches avec le suc des comocladies. On exagère sans doute en prétendant que le séjour prolongé sous ces arbres peut donner la mort.

COMPAS (Géométrie). — Instrument principalement destiné à décrire des circonférences. Il se compose de deux branches à charnières mobiles l’une sur l’autre de manière à pouvoir s’écarter plus ou moins à volonté ; ces branches sont terminées par deux pointes d’acier triangulaires que l’on appelle pointes sèches; une d’elles n’est fixée au reste de sa branche que par le moyen d’une vis de serrage, ce qui permet de l’enlever pour la remplacer par une tige portant un crayon ou un tire-ligne. Le compas sert aussi à mesurer des longueurs; quand il est borné à cet usage, les deux pointes sèches sont fixes.

Compas de réduction. — Compas dont la charnière est mobile et peut glisser le long des branches dont les deux extrémités, pour chacune, sont armées de pointes ; une petite échelle indique le rapport qui existe entre la longueur des branches au-dessous de la charnière et audessus ; il est le même que celui qui existe entre la distance des pointes inférieures et celle des pointes supérieures ; il en résulte que si ce rapport est 3, toutes les fois que l’on prendra sur un plan une longueur avec les pointes inférieures et que l’on portera sur une ligne la distance des pointes supérieures, on aura une longueur trois fois plus petite que la précédente. Cet instrument sert à construire des figures semblables.

Compas sphérique. — Compas dont les branches sont courbées de manière à pouvoir embrasser une portion de sphère. On s’en sert pour décrire des circonférences sur une sphère pleine.

Compas à balustre. — Compas dont les deux extrémités s’écartent ou se rapprochent au moyen d’une vis, ce qui permet de conserver bien exactement la môme distance entre les pointes.

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COMPENSATEUR, Pendulk compensé, Balancier compensé (Physique, Mécanique). — Pendule ou balancier dont la marche est rendue indépendante des variations de la température.

La rapidité des oscillations du balancier d’une horloge ou d’une montre dépend des dimensions de ce balancier (voyez Pendule) ; d’un autre côté, tous les corps sont impressionnés plus ou moins parla chaleur; ils se dilatent quand leur température monte ; leurs dimensions diminuent, au contraire, quand leur température baisse. On conçoit dès. lors que la marche de nos pendules en soit troublée dans sa régularité et qu’on ait cherché à obvier à cet inconvénient par la coritpensation des balanciers. Une pendule bien réglée en été avancera en hiver, et réciproquement, si son balancier n’est pas compensé.

Compensateur à cadre ou à gril. Pendule de Leroy. — La compensation des balanciers s’obtient le plus souvent à l’aide d’une disposition proposée par J ulien Leroy. La lentille O est suspendue à l’exti émité d’un cadre ou gril formé de neuf tiges disposées parallèlement, les unes en fer A, B, G, les autres en laiton «, b. alternant entre elles ainsi que l’indique notre figure.

L’expérience a montré que le cuivre se dilate beaucoup plus que le fer sous l’influence égale de la chaleur.

Supposons donc que la température monte : les tiges de fer s’allongeront et la lentille descendra; mais par l’effet de la dilatation du cuivre, plus grande que celle du fer, un effet inverse se prodiû’"a, et si les Iongueuis sont convenables, le centre de la lentille, ou plus exactement le centre d’oscillation (voir Pexdule), sera invariable. Pour obtenir ce résultat, il faut au moins neuf tiges; on peut y parvenir cependant, même avec trois tiges, mais il faut alors faire intervenir des leviers qui ne sont guère employés que dans les appareils d’une très-grande précision ou remplacer le cuivre par le zinc qui se dilate beaucoup plus.

Compensateur de Graltam. — Ce compensateur, qui semble reprendre faveur, se compose d’une tige de fer ou d’acier a {fig. Cül) portant suspendus à son extrémité inférieure deux vases cylindriques en verre 6, h contenant du mercure. Lorsque la température monte, la tige s’allonge et les vases descendent; mais comme le mercure se dilate beaucoup plus que le verre, il s’élève dans le flacon d’une quantité qui peut aisément compenser l’abaissement de celui-ci. Ce compensateur est de tous le plus simple, mais il a l’inconvénient’d’être fragile.

Un autre compensateur encore plus simple consiste à. former la tige du balancier avec une lame de sapin du Nord séchée au four, imprégnée d’huile siccative et recouverte d’un bon vernis et la lentille d’un disque de zinc appuyant par son bord inférieur sur un écrou porté par l’extrémité inférieure de la tige.

, Cette tige s’allonge peu par l’eftet de la chaleur, tandis que la dilatation du zinc est considérable. Les deux dimensions des deux pièces peuvent donc être calculées de telle sorte que le rayon du disque s’allonge autant que la tige pour une môme variation de température. Dans ce cas, le centre de la lentille reste toujours à la môme hauteur.

Compensateur des chronométrés ou montres marines. — La dilatation du balancier circulaire des montres exerce sur leur marche la môme influence que la dilatation des pendules sur la marche des horloges. Il en résulte peu d’inconvénient pour les montres ordinaires que l’on porte habituellement sur soi, dont la température change peu et dont la marche, d’ailleurs, n’est jamais d’une précision rigoureuse. Il n’en est plus de môme des

Fig. 600. — Pendule de Leroy.

Fig. 601. — Pendule de Grahain.

Fig. 602. — Balancier compensé

montres marines dont on fait en mer un continuel usage pour déterminer la longitude du lieu où on se trouve. Les balanciers de ces montres sont formés de deux, trois, ou quatre rayons A, A partant de Taxe et aux extrémités desquels sont fixés par une seule de leurs extrémités autant d’arcs de cercle métalliques. Chacun de ces arcs BG est formé par deux petites lames de fer et de cuivre soudées entre elles dans le sens de leur longueur, le fer à l’intérieur, le cuivre au dehors. De petites masses de cuivre D sont de plus vissées près des extrémités de ces lames. Voici quel est Teffet de cette disposition.

Quand la température monte, les rayons s’allongent et les arcs s’éloignent du centre par leur extrémité fixée aux rayons ; mais comme le

cuivre se dilate plus que le fer et qu’il est placé en dehors, chacun des arcs se courbe davantage et son extrémité libre se rapproche, au contraire, du centre, ce qui permet d’établir la compensation. La disposition des métaux dans les arcs métalliques est souvent contraire à celle qui vient d’ôtre indiquée. Le cuivre est en dedans, le fer en dehors. Dans ce cas, l’extrémité libre de chaque arc appuie sur l’extrémité du rayon voisin et chaque petite masse est fixée vers le milieu de l’arc. L’arc se redresse, au contraire, par une élévation de température. Sa partie moyenne et le poids qu’elle porte se rapprochent donc du centre du balancier, ce qui prodrH le môme effet.

Par l’emploi convenable de ces divers moyens, on 'est parvenu à rendre la marche de nos horloges et montres de précision complètement indépendante des changements de température; mais nous devons ajouter qu’un grand nombre de nos pendules de cheminée paraissent compensées, tandis qu’il n’en est rien, les tiges de fer et de cuivre dont on compose leurs balanciers n’étant point disposées comme il convient pour obtenir ce résultat.

Compensateur magnétique (Physique). — Appareil servant à évaluer en mer l’influence des fers qui entrent dans la confection ou le chargement d’un navire sur la marche de la boussole. Cette influence est, en effet, souvent assez forte pour induire en erreur d’une manière très- sensible dans l’appréciation de la direction suivie par le navire.

Le compensateur imaginé par M. Barlow se compose d’un disque de fer fixé par son centre à l’extrémité d’une tige implantée dans le pied de la boussole. La po-:ition du compensateur est, pour chaque bâtiment qui en fait usage, déterminée par tâtonnement, de telle sorte que le disque produise à lui seul une déviation de l’aiguille aimantée égale à celle qui provient de l’action du bâtiment tout entier. Le compensateur étant enlevé , si l’on trouve , par exemple, que l’aiguille de la boussole fait avec l’axe du bâtiment un angle de 45'* et qu’en mettant le compensateur en place cet angle devienne de 47", 2 de plus, c’est que le navire dévie l’aiguille de 2°, et que, par conséquent, l’angle réellement formé par l’axe

Fig. 603. — Compensateur

magnétique.

du navire et le méridien magnétique n’est que de 43". Cet ingénieux appareil pouvait être considéré comme suffisant à l’époque où le fer n’entrait que d’une façon accidentelle dans la confection des navires: mais aujourd’hui, à raison de la masse énorme de fer qui agit quekiuefois, on ne peut attendre de lui qu’une compensation très-défectueuse.

COMPÈRE LORIOT (Médecine). — On donne vulgairement ce nom à un petit furoncle des paupières nommé orgelet (voyez ce mot).

COMPLEXUS (Anatomie). — Nom donné à deux muscles dont les fibres sont entrelacées et entremêlées d’intersections aponévrotiques au point qu’il est difficile d’en

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reconnaître la direction. Le Grand C. [Trachélo-occipiîaG Chauss.) va des apophyses transverses des quatre premières vertèbres du dos et des six dernières du cou à la face postérieure de l’occipital. Il renverse la tête en arrière. Le Petit C, (^rac/^e7o-ma5^o^c?^;e?^, Chauss.) s’attache aux apophyses transverses des quatre dernières vertèbres du cou, quelquefois aux premières du dos et va se terminer derrière l’apophyse mastoïde, un peu audessous du splénius de la tête. Il porte la tête un peu en arrière et de côté.

COMPOSÉ (Botanique). — Se dit des organes de plantes qui sont formées d’un plus ou moins grand nombre de divisions. Il est l’opposé de simple. Le bulbe formé par la réunion de plusieurs cayeux est dit Composé^ comme dans l’ail cultivée La feuille est composée lorsqu’elle porte plusieurs folioles articulées sur un pétiole commun. Quelquefois le pétiole ne présente qu’une seule

foliole; mais si celle-ci est articulée, la feuille est également dite composée^ comme dans l’oranger, la rose à simple feuille.

Le pétiole est compose quand il est divisé en pétioles particuliers qui portent des folioles, comme dans les féviers et l’épimède des Alpes. L’épi dont l’axe est ramifié, l’axe et les ramifications couverts de fleurs, est dit composé; ainsi l’an sérine bon-Henri, l’héliotrope d’Europe et du Pérou, la joubarbe des toits, etc. , présentent ce caractère. Il en est de même du chaton dans le noyer. Le Fi?. 604.- Pédoncule comnosé pédoncule est composé quand

il est divisé, comme dans les Ombellifères, le robinier faux acacia, le prunus padus {fig. 604). Quand les pédoncules d’une ombelle se divisent chacun à leur sommet en une petite ombelle on ombellule, comme la carotte, le panais, etc., l’ombelle est dite composée. Enfin, les fleurs sont composées quand elles sont réunies dans un réceptacle commun (voyez famille des Composées). Les fruits sont aussi dits quelquefois composés dans l’ananas, les conifères, etc. G — s.

Composé (Chimie). — Se dit des corps formés par la combinaison de deux ou plusieurs autres. L’eau est un composé d’hydrogène et d’oxygène ; l’air n’est qu’un med’azote et d’oxygène (voyez Combinaisons, Alliages). Les composés sont binaires.^ ternaires., quaternaires... qu’ils sont formés par l’anion chimique

de deux, trois, quatre... corps différents.

COMPOSÉES (Botanique). — Famille, de plantes Dicotylédones Gamopétales à étamines périgynes, la plus considérable du règne végétal. Syngénésie 6.Q Linné, Épicorollée synanihérée de Jussieu, classe des Sijnanthérées de quelques auteurs. Ce que l’on prend généralement pour une fleur dans le chardon, la marguerite et les plantes analogues de cette famille est l’assemblage d’une quantité de petites fleurs très-distinctes et très-complètes. Les composées se distinguent, du reste, par des fleurs réunies sur des réceptacles communs (voyez Clinanthe) constituant des capitules ou calathides (voyez ces mots). Le capitule est dit homogame lorsqu’il est composé de fleurs toutes hermaphrodites, ou mâles, ou femelles. Il est héto~ rogame quand il présente à l’extérieur des fleurs neutres ou femelles et à l’intérieur des fleurs hermaphrodites ou mâles. Les fleurs sontou tubuleuses, et constituent les fleurons (le capitule est flosculeux ou discoule quand il en est exclusivement composé), ou formant de petites languettes appelées ligules ou demi-fleurons (les capitules qui en sont composés sont ligulés ou semi- flosculeux). Dans d’autres cas, les capitules ont ces deux sortes de fleurs réunies : à l’extérieur, qu’on nomme rayon,.'s,ox\X les ligules ; à l’intérieur, qu’on désigne sous le nom de disque.^ sont les fleurons; c’est ce qu’on appelle des capitules radiés. L’involucre ou calice commun est composé de plusieurs folioles. Le réceptacle présente une foule de caractères qui contribuent à différencier les genres: calice adhérent dont le limbe est souvent réduit â des soies ou à un rebord; corolle insérée au sommet du tube du calice, à limbe 4-5 lobé ou présentant 5 dents dans les ligules; étamines à anthères soudées entre elles en un tube qui engaîne le style ; de là les mots syngénèse (du grec sun.^ avec, ensemble, et géïnomaï., je nais) et synanthère [sun, avec, antheros, anthère). Style divisé en 2 branches stig-

matiques ordinairement garnies de poils collecteurs i fruit sec, indéhiscent, à une loge et à une graine (akène), surmonté d’arêtes, d’écailles ou d’une aigrette quelquefois plumeuse. Jussieu divisait les Composées en trois embranchements : les Chicoracées, correspondant aux Semi-

flosculeuses ; les Cynarocéphales Richard),

aux Flosculeuses,, et les Corymbifères,, aux Radiées. On en avait ajouté un sous le nom de Labiatiflores et comprenant les Composées à fleurons bilabiés. Endlicher a divisé les Composées en trois sous-familles : les Tubuliflores {Corymbifères et Cynarocéphales. J ws?,.),, caractérisées par des capitules à fleurons tubuleux régulièrement dentés ; ' les Liguliflores [Chicoracées) ; enfin les Labiatif-ores. C’est à peu près la classification de de Candolle et celle de Lessing, dont nous exposerons le tableau plus loin. Chacune de ces sousfamilles ou tribus est divisée en sections et sous-tribus, puis en genres dont le nombre est considérable. Parmi ces sections, les }>rincipales senties Ethérocomées,, les Eupatoriées,, les Tussilaginées, les Asféruïdées,, les Imilées,, les Buphthnlmées. les Sénécionidées. les Hélianthées.

les Héléniées. etc. Cette famille comprend à peu près neuf mille espèces connues, c’està-dire le vingtième du règne végétal et plus qu’on n’en connaissait du temps de Linné.

Elle a été le sujet de plusieurs classifications d’où est résultée sa division en un grand nombre de tribus et de sous-tribus. Nous renvoyons pour ce sujet aux ouvrages spéciaux ci-après nommés. Les Composées sont répandues dans le monde entier, partout en assez forte proportion. Abondantes dans les régions tempérées, elles diminuent sensiblement vers les pôles ou vers l’équateur. En France, elles forment le septième des végétaux phanérogames. Les tubuliflores et les labiatiflores abondent dans l’Amérique et les liguliflores dans la zone tempérée de l’hémisphère boréal. Quant aux propriétés de ces plantes, elles ne sont pas en proportion de leur nombre. Quelques-unes d’entre elles, telles que l’achillée, l’armoise, l’eupatoire, la matricaire, la camomille, sont amères, fébrifuges, stomachiques. D’autres sont anthelmintiques, diurétiques, etc.

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Classîfîeation de liessing.

Yernoniacées. Ex.: Vernonie {fuj.

GOo), etc.

Eupntoriacées. Ex. : Cœlestine, eupatoire, tussilage, etc.

Astéroïdées. V.x. : .\stère, année, conyze, dahlia, pâquerette, verge d’or, etc.

Sénécionidées . Ex.; Soleil, œillet d’Inde, armoise, arnica, chrysanthème, camomille, cinéraire, immortelle, séneçon {fî.g. 60(i),achillée, etc.

Cynarée^. Ex.: Centaurée, chardon, carthame, artichaut, souci, bardane, etc.

Alulisiacées . Ex.: Mutisie, chaptalie, etc.

Nas.'^auviées . Ex.; Moscharia, triptilion, etc.

Chicoracées. Ex : Chicorée, salsifis, pissenlit, laitue, laiteron, scorsonère , picride , crépide , épervière, etc , etc.

Travaux monographiques : Cassini, Opuscul. phytolog. 182G-1834, — Robert Brown, Transact. linn. soc. Lond., t. XII. — Lessing, ’&yn. yen. compos. Berlin, 1832. — De Candolle, Ohserv. sur /es plantes composées; — A/m. du Muséum, d’hist. nal.., vol. XVI et XIX ; — Bull. soc. philom., 1811 et 1812 ; — Mémoires pour servir à dhistoire du rèqne végétai {Composées)^ 1838; — enfin les t. V, VI et VII du Prodromus. G — s.

COMPRESSE (Médecine), du latin comprimer e., comprimer. — Morceau de linge, de toile ou de coton, sans ourlets ni lisières, plié en plusieurs doubles, ordinairement plus long que large, dont on se sert pour faire les panst^ments. On en fait de formes et de grandeurs variées, suivant les différentes circonstances dans lesquelles on les emploie ; il y en a de longues., de longuettes., de carrées, de triangulaires, etc. ; elles peuvent être fenêtrées quand elles ont une ou plusieurs ouvertures plus ou moins grandes; découpées ({Wào A leurs bords sont plus ou moins profondément divisés ; les croix de. Malte sont des compresses carrées fendues également aux quatre angles. 11 y a des compresses graduées simples ou graduées prismatiques pour servir à établir des compressions (voyez Pansement).

COMPRESSEUR (Chirurgie). — On a donné ce nom à divers instruments destinés à comprimer des nerfs, dés vaisseaux ou une partie du corps quelconque, soit pour amortir la douleur, soit pour prévenir une hémorragie pendant ou après une opération, soit pour procurer l’adhésion des parois d’une tumeur, d’une fistule, etc. On connaît le compresseur ou tourniquet de .1. L. Petit (voyez Tourniquet), celui de Moore, modifié par Dupuytren, celui de Bell, etc.

.COMPRESSIBILITÉ des corps, Compressibilité des GAZ (Physique). — Voyez Élasticité.

Compressibilité des liquides (Physique). — La compressibilité des liquides, beaucoup moindre que celle des gaz, est généralement plus grande que celle des solides ; cependant on n’a réussi que difficilement à la mettre en évidence, on l’a môme révoquée en doute. Cela tient à ce que le changement de volume qu’éprouvent les solides sous dos pressions plus ou moins considérables se manifeste dans plusieurs circonstances, notamment dans les constructions où l’on voit les piliers de maçonnerie ou de métal se raccourcir, quand la charge qu’ils supportent devient très-grande, tandis que pour les liquides le même fait ne peut être reconnu que par des expériences spéciales et d’une institution assez difficile.

Dès l’année IGG7, les académiciens de Florence se livrèrent sur ce point à des recherches qui restèrent sans résultat ; il est inutile de décrii’e ici le détail de ces tentatives et d’en expliquer l’insuccès. Noos nous bornerons à faire remarquer que rincompressibilité des liquides, ou de toute autre substance d’ailleurs, est incompatible avec les idées généralement admises sur la constitution des corps. On suppose, en effet, que ceux-ci sont formés d’un système de molécules maintenues à distance les unes des autres et séparées par des intervalles vides appelés pores. Il résulte de là que toute pression mécanique extérieure aura pour effet de diminuer la distance des molécules et, par suite, le volume du corps. Aussi des expériences convenablement dirigées permettent-elles d’établir rigoureusement la compressibilité des liquides et d’en apprécier la valeur.

ire tribu.

TUBULIFLOriES. . ( 4«

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LaIîIAT1FI.OP.E3 ,

Ligüliflores. ,

L’appareil que représente la figure GOÎ et qui est dù à OErsted, est très-propre à cet objet. Le liquide à comprimer est renfermé dans une sorte de gros thermomètre abc (piézomètre) dont le tube est soigneusement divisé et dont le réservoir a été jaugé, de façon que l’on sait à combien de divisions du tube équivaut son volume.

Une petite bulle de mercure placée audessus de la colonne liquide sert d’index, et l’appareil est placé dans une éprouvette de verre AB à parois très-épaisses, remplie d’eau.

Si à l’aide d’un bouchon à vis V on exerce dans l’intérieur de l’appareil une pression plus ou moins considérable, on voit l’index de mercure descendre et accuser ainsi une diminution de volume du liquide contenu dans le thermomètre. Quant à la pression exercée, elle se déduit de l’inspection du volume occupé par l’air contenu dans le tube c? servant de manomètre.

Dans cette expérience, le nombre des divisions dont se meut l’extrémité de la colonne liquide indique la diminution apparente de volume; car il est aisé de concevoir que le vase thermométrique lui-même doit, sous la pression qu’il subit, éprouver une variation de capacité dont il est nécessaire de tenir compte. OErsted supposait que cette variation était insensible ou nulle, puisque la pression se manifeste à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur du thermomètre; mais cette conclusion est erronée, car si l’on suppose le vase thermométriqne plein et qu’on le soumette à une compression, les couches intérieures devront réagir avec une force précisément équivalente à la pression qui règne dans l’intérieur du vase lorsqu’on opère comme nous venons de l’indiquer. Il suit de cette remarque que le thermomètre, dans l’expérience d’QErsted, éprouve une diminution de volume égale à celle qu’éprouverait un thermomètre plein dans les mômes circonstances. Il faut donc, pour avoir la diminution véritable du volume de liquide, ajouter à la contraction apparente la contraction de l’enveloppe. Cette dernière quantité n’est pas facile à connaître; il y a môme au sujet de sa valeur exacte des divergences d’opinion chez les différents physiciens qui se sont occupés de ce sujet délicat. Suivant M. Wertheim, la contraction de l’enveloppe s’obtient en supposant que le volume et la longueur de l’instrument diminuent dans le môme rapport. Quoi qu’il en soit, on voit que s’il est facile de constater par l’expérience le fait de la compressibilité des liquides, la mesure exacte de la contraction est subordonnée à la théorie de la constitution moléculaire des corps, théorie encore fort obscure et dont les principes ne doivent pas être considérés comme arrêtés d’une façon définitive.

Nous citerons ici pour terminer quelques-uns des résultats les plus importants relativement à la compressi bilité des liquides.

1° La compressibilité de l’eau est égale à 0,000048 pour une pression atmosphérique; elle augmente proportionnellement à la pression; elle diminue quand la température augmente.

2" Pour l’alcool, l’éther, la compressibilité, beaucoup plus grande que pour l’eau, augmente avec la pression et avec la température. Ce dernier résultat est contraire à celui qui a lieu pour l’eau.

Fig". 607. — Piézomètre d’OErsted.

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3® La compressibilité du mercure est très-faible, difficile à observer dans un vase de verre. Sa valeur moyenne, utile à connaître dans certaines expériences, est d’environ 0,0000035 pour une pression atmosphérique. Voy. le Mémoire de M. Régnault, XXIe vol. des Mémoires de l’Institut et les recherches de MM. Colladon et Sturm, Grassi, Annales de phys. et de chimie. P. D.

COMPRESSION (Chirurgie). — C’est une pression méthodique plus ou moins forte que l’on exerce sur les artères ou les tumeurs anévrismales, les varices, certains ulcères calleux, des tumeurs, des abcès diffus des membres, etc. On comprime aussi les œdèmes, les hydropisies articulaires, l’abdomen à la suite de l’accouchement ou de certaines opérations chirurgicales. La compression s’exerce au moyen de la main, des bandages, des instruments dits compresseurs ou tourniquets^ de bas élastiques, de tampons, etc. Elle peut être médiate, immédiate, latérale, circulaire. La compression digitale, par des^ aides qui se relèvent de demi en demi-heure, a été mise en vogue dans ces derniers temps pour le traitement des

CiïléVÏ*i'SYÏl€S • *

Compression (Machines de) (Physique). — On désigne ainsi des machines destinées à comprimer les corps; elles varient selon les industries. Nous parlerons ici seulement des appareils à l’aide desquels on comprime l’air ou les gaz.

La figure représente un appareil très-simple de ce genre. Oh voit qu’il est formé d’un corps de pompe dans lequel

se meut un piston plein.

A sa partie inférieure se trouve une soupape s s’ouvrant de haut en bas et établissant la communication entre le corps de pompe et le réservoir A dans lequel le gaz doit être accumulé. Un tuyau latéral , adapté sur le corps de pompe, est mis en communication , soit avec l’air, soit avec un réservoir de gaz. Dans ce tuyau se trouve une soupape s' s’ouvrant de dehors en dedans. Il est visible, d’après cette disposition, que si l’on vient à faire mouvoir le piston, à chaque fois qu’il s’élèvera le gaz pénétrera dans le corps de pompe en ouvrant la soupape latérale ; il sera ensuita comprimé dans le mouvement descendant du piston et refoulé dans le réservoir. La pression du gaz augmentera donc d’une manière continue dans ce dernier, et, si l’on dispose d’une force motrice suffisante , la compression n’a d’autre limite que la résistance des parois du réservoir et des pièces mêmes qui constituent la pompe.

Fig. 608. — Machine de compression.

Dans certaines expériences sur la liquéfaction des gaz, on a pu obtenir des pressions voisines de 250 atmosphères (M. Régnault). Les pompes de compression sont employées en chimie pour comprimer les gaz que l’on veut liquéfier. On s’en sert dans l’industrie pourrefouler l’acide carbonique dans les réservoirs contenant l’eau qui doit dissoudre le gaz (fabrication des eaux gazeuses). On a proposé aussi d’employer la force de ressort de l’air comprimé comme moteur susceptible de remplacer la vapeur d’eau dans quelques circonstances. On conçoit, en effet, que la force élastique de la vapeur d’eau doit être utilisée au fur et à mesure de la production de cette dernière ; l’emploi des machines à air comprimé offrirait l’avantage de pouvoir pour ainsi dire emmagasiner la force motrice, qui pourrait ensuite être transportée et employée où besoin serait, à l’aide de mécanismes appropriés. C’est de la sorte, par exemple, que des voitures pourraient être mises en mouvement par la sortie périodique de l’air d’un réservoir où il aurait été préalablement accumulé.

On trouve dans les cabinets de physique un appareil

connu sous le nom de fusil à vent {fig. 609), dans lequel on utilise la compression de l'air pour lancer un projectile. Il se compose d’une crosse servant de réservoir et dans laquelle on peut accumuler de l’air à 8 ou 9 atmosphères de pression. Un levier, qui porte sur la soupape ab de la crosse, en détermine l’ouverture momentanée par le jeu d’une batterie analogue à celle d’un fusil ordinaire. L’air, s’échappant avec violence, pousse un projectile placé au fond du canon. On peut, avec un appareil de ce. genre, de dimensions ordinaires et une balle de calibre, tirer six ou huit coups successifs capables de percer à vingt pas une planche de chêne de 0“,0I5 d’épaisseur. On a construit des fusils capables de lancer jusqu’à cent

balles de suite. L’explosion est accompagnée d’un bruit faible qui ne peut pas être entendu à une distance tant soit peu considérable; c’est ce. qui explique que le fusil à vent soit une arme prohibée. On observe aussi quelquefois une lumière due au frottement et à l’inflammation des particules solides qui sont toujours en suspension dans l’air.

Le jouet d’enfant connu sous le nom de hucquois ou de canonière est une sorte de petit fusil à vent. Il se compose d’un bâton creux de sureau ou d’un tube en général dont les deux extrémités sont fermées, à frottement très-dur, par deux tampons en liège, en étoupe ou en papier mâché. En poussant brusquement l’un des tampons avec une baguette, l’air comprimé chasse l’autre avec violence, tandis que le premier vient prendre sa place. P. D.

COMPRIMÉ (Air) (Mécanique). — L’air comprimé au moyen des machines de compression a été proposé ainsi que cela vient d’être dit à l’article Compression (Machines de) pour remplacer la vapeur d’eau dans les machines motrices ; la disposition du mécanisme est tout à fait semblable à cqWq machines à vapeur (voyez Vapeur, Machines a) ; la.distribution s’y fait delà même manière, et les différences ne portent que sur des détails secondaires. Ce sont des machines de ce genre qui mettent en mouvement les perforatrices destinées à creuser le tunnel qui doit relier les cbemins de fer français aux chemins de la haute Italie. On sait qu’après les études qui ont été faites sur ce sujet, on a renoncé, peut-être prématurément, à faire gravir à la voie ferrée les rampes des Alpes; il a donc fallu se résigner à creuser un tunnel, et on a choisi pour cela le point du massif qui a paru le plus propre à un travail aussi gigantesque et d’un succès peut-être chimérique. On s’est arrêté pour les deux extrémités du tunnel aux villages de Bardonèche, en Italie, et Modane, en France. Ces deux points sont distants de 13 kilomètres, et le massif qui les surmonte dépassé 1 6n0 mètres de hauteur. Ce massif est formé par le mont Thabor, situé à quelques lieues du mont Cenis, plus connu du public, et qui, à raison de cela, a donné son nom au travail. Cette dernière circonstance donne lieu à une difficulté toute spéciale: ordinairement, pour percer un tunnel (voyez Chemins de fer), on pratique de distance en distance des puits qui ont le double avantage d’aérer les travaux et de permettre de les pousser sur plusieurs points à la fois. Ici, cette ressource fait défaut; on est obligé de travailler aux deux extrémités seulement, et, indépendamment de la lenteur inévitable qui résulte de cette nécessité, on peut légitimement craindre qu’arrivé à une certaine distance, le renouvellement de l’air ne présente des difficultés insurmontables.

Les ingénieurs piémontais, MM. Sommeiller et Grandis, chargés de l’exécution du tunnel, sont parvenus à résoudre ces difficultés, à tel point que le succès de l’opération, qui paraissait fabuleux à bien des personnes, est aujourd’hui tenu pour à peu près certain, et qu’on va même jusqu’à fixer approximativement, pour la fin des travaux, le courant de l’année 1868. On a eu d’abord l’idée très- heureuse de profiter des chutes d’eau existant dans le voisinage pour comprimer de l’air à huit ou dix atmosphères; cet air est amené à une machine motrice située au fond de la galerie, qui fait mouvoir les perfo-

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ratours mécaniques destinés à percer les trous de mine ; ces perforateurs sont formés de puissants burins en acier, qui, sous faction de la machine, battent la roche, tournent sur eux-mômes, opèrent, en un mot, le môme travail que leur fait faire directement le mineur, mais avec beaucoup plus de célérité. Huit trous de 0®,90 sont percés simultanément en six heures ; quatre heures sont employées pour l’explosion et l’enlèvement des débris, de sorte qu’en réalité le travail avance actuellement d’environ 0'“,90 en dix heures; mais on espère pouvoir atteindre bientôt une plus grande rapidité. Quand l’air comprimé a servi à faire mouvoir les perforateurs, il se répand dans la galerie et renouvelle celui qui est absorbé par la respiration des ouvriers ou la combustion de la poudre;. la puissance des machines est de nature à fournir aux besoins de l’ouvrage pendant toute la durée des travaux, car elles pourraient débiter jusqu’à 600 000 mètres cubes d’air comprimé par jour ; la seule question obscure, quant à présent, et que l’expérience seule résoudra, c’est de savoir si dans un boyau de plusieurs kilomètres de longueur, les frottements n’absorberont pas la totalité du ressort produit par la compression de l’air, et s’il n’arrivera pas un moment où il sera à peu près impossible de transmettre au fond de la galerie l’air nécessaire à la respiration des ouvriers et à la marche des machines.

Un ingénieur français M. Triger a fait de l’air comprimé une application des plus heureuses pour la traversée des terrains aquifères ; son procédé fut employé d’abord pour atteindre un terrain houiller recouvert par une vingtaine de mètres de sable dans lesquels s’infiltraient les eaux d’une rivière. Depuis lors, on l’a employé à des travaux fort remarquables, et notamment, dans ces dernières années, à la fondation des piles du pont de Kehl sur le Rhin, qui, par suite de la nature mouvante du sol, devaient pénétrer jusqu’à près de 30 mètres au-dessous du fond du fleuve. Notre figure 610 donnera une idée suffisante du procédé primitif, qui a reçu d’ailleurs, depuis l’époque où il a été imaginé, de trèsnotables perfectionnements.

L’appareil est formé essentiellement d’un tube de fonte reposant sur le sol de la rivière, dans lequel une machine de compression comprime et envoie par le tuyau T de l’air à deux ou trois atmosphères. Sous l’action de cette pression, l’eau est refoulée, soit par la partie inférieure du tube qui ne touche jamais qu’imparfaitement le sol, soit par le tuyau A. De cette manière, le fond du tube est toujours à sec; on peut le

Fig. 610. — Appareil ïriger.

faire progresser graduellement en déblayant au fur et à mesure, et atteindre ainsi le point où doivent être établis les premiers travaux de maçonnerie. Le passao-e des ouvriers et des matériaux se fait par l’intermédiaire d’un sas à air, dont le mécanisme est fort analogue à celui des écluses à sas dans les canaux (voyez Canal), m et n sont de larges soupapes trous d’hommes, qui font communiquer le sas, soit avec l’intérieur du tube, soit avec l’air, extérieur; les robinets a et b atteignent le même but.' Quand un ouvrier veut entrer dans le tube, il pé-

nètre d’abord dans le sas par puis il ouvre le robinet a ; l’équilibre de pression s’établit aussitôt, et la soupape n s’ouvre dès lors avec la plus grande facilité; l’ouvrier entre dans le tube, ferme le robinet et descend par l’échelle. S’il s’agit de sortir, on opère de môme; l’ouverture du robinet établit dans le tube et le sas une pression uniforme qui permet de passer dans ce dernier; puis, après avoir fermé le robinet derrière lui, on ouvre celui qui communique avec l’atmosphère, et on peut sortir par l’ouverture m.

On avait craint, à l’origine, que la pression de l’air ne produisît chez les ouvriers des accidents plus ou moins graves, ou tout au moins une incommodité insupportable. Ces prévisions ne se sont pas réalisées. En général, la seule chose qu’on éprouve en entrant est une sorte de tintement un peu douloureux dans les oreilles ; mais cette sensation dure peu, et on peut d’ailleurs l’abréger en faisant des mouvements de déglutition comme pour avaler sa salive. On fait ainsi passer de l’air dans la caisse du tympan par l’intermédiaire de la trompe d’Eustache, qui communique avec l’arrière-bouche, et l’équilibre se trouvant ainsi rétabli de part et d’autre de la membrane du tympan, la sensation pénible qu’on éprouvait disparaît complètement. P. D.

COMPTEUR (Mécanique). — Instrument destiné ordinairement à enregistrer, soit le nombre de tours d’un axe, soit le nombre de mouvements périodiques exécutés par la pièce d’un mécanisme quelconque. Ces appareils sont très-répandus aujourd’hui, et ils servent de contrôle permanent dans les ateliers. Ils sont formés, en général, d’un système de roues dont chacune fait mouvoir la suivante à l’aide d’un râteau qui n’agit que lorsque la première a accompli une révolution. Des aiguilles portées par l’axe des diverses roues se meuvent sur des i cadrans qui accusent ainsi le nombre que l’on se propose * de mesurer (voyez Calculer, Machine a). ^

COMPTEUR DU GAZ. — Voy. Eclairage au gaz.

COMPTONIE (Botanique), Comptonia^ Banks, dédiée |

à l’évêque de Londres, Henri Gompton, promoteur de la i

botanique. — Genre de plantes de la famjlle des Myri~ <

cées^ et se distinguant principalement du genre Myrica j

par ses fleurs monoïques. La C. à feuilles de cétérach {C. \

asplenifolia^ Banks) est un petit arbrisseau de l’Améri- <

que du Nord. Ses rameaux et ses feuilles sont parsemés i

de points résineux blancs. Ces dernières sont allongées, ;

sinuées, pinnatifides, à lobes obtus.

CONCASSER (Pharmacie). — Casser en petits frag- \

ments ; ce terme s’emploie, en pharmacie, pour désigner 1

la pulvérisation grossière d’une substance. On concasse s

avec le pilon ou avec un marteau les écorces, les ra- i

cines, les fruits secs, les bois, pour séparer les principes 3

qu’ils contiennent, et les mettre plus facilement en rap- ]

port avec l’eau ou l’alcool qui doivent les dissoudre. j

Ainsi, pour faire du vin de quinquina, de l’eau de rhu- i

barbe, on doit concasser ces substances.

CONCENTRATION (Chimie). — Opération à l’aide de | laquelle on réduit successivement la quantité d’eau contenue dans une dissolution. Cette concentration s’obtient, i en général , par l’action de la chaleur qui détermine i l’évaporation de l’eau. Quelquefois, on place le liquide à concentrer sous le récipient de la machine pneumatique ; d’autres fois, on combine l’action de la chaleur » avec celle du vide, ainsi que cela se pratique, par exemple, pour concentrer les sirops dans le raffinage du sucre. i

CONCENTRÉ (Médecine). — En médecine,, on appelle * pouls concentré celui dans lequel l’artère est peu déve- < loppée sous le doigt qui la presse ; le pouls concentré peut .i offrir de la dureté ou de la mollesse.

CONCEPTACLE (Botanique). — Les anciens auteurs ' ont donné ce nom aux loges ou parties du péricarpe, ou à l’enveloppe des graines, ce qui se rapporte à ce que nous appelons aujourd'hui péricarpe (voyez ce mot). Depuis, on a nommé conceptacle une sorte de fruit qui se rapproche de la silique, mais qui s’en distingue par l’absence de cloison. La chélidoine et plusieurs autres Papavé- / racées présentent un fruit de cette nature. Aujourd’hui, .•) on ne doit guère donner ce nom qu’à une sorte de sac ou poche close, renfermant les organes de reproduction dans * les plantes cryptogames. Ce conceptacle représente, pour u ainsi dire, l’ovaire des Phanérogames. |

CONCHIFÈRES (Zoologie), Coric/if/erœ, Lamk. — Dans « sa classification des animaux sans vertèbres, Lamarck a ' donné le nom de classe des Conchifères à tous les ani- i maux mollusques acéphales, qui sont contenus entre deux ? valves (voyez Mollusques).

CONCHOLEPAS (Zoologie) , Concholepas, Lamk. — ‘

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Genre de Mollusques gastéropodes pectimhranch.es dont les coquilles ont les caractères généraux des pourpres, mais leur ouverture est énorme et leur spire peu considérable; leurs caractères sont : coquille univalve, ovale, convexe en dessus ; sommet obliquement incliné sur le bord gauche, cavité inférieure simple ; deux dents. L’animal ressemble à celui des Buccins propres, si ce n’est que son pied est énorme en largeur et en épaisseur. Le Buccinum concholepas est la seule espèce connue. Des côtes du Pérou.

CONCHYLIOLOGIE (Zoologie), du. grec konchylê^ coquille , et logos^ description. — On a donné ce nom à cette partie de la zoologie qui traite des coquilles, qu’on rencontre chez beaucoup d’animaux sans vertèbres, appartenant à différentes classes, plus particulièrement de Mollusques,, quelquefois à'Annelés. C’est à Bruguières, à Lamarck et à de Blainville que l’on doit les travaux les plus remarquables sur cette partie de la zoologie qui, indépendamment de l’intérêt scientifique qu’elle présente pour le savant, a été de tout temps l’objet d’une distraction des plus agréables pour les amateurs collectionneurs. Les principaux ouvrages de conchyliologie que l’on pourra consulter sont : de Lamarck, Hist. nat. des animaux sans vertèbres ; — Th. Brown, Elém. de conchyliologie (en anglais); — Martin Lister, Eist. ou Synopsis méthod. des coquilles (en latin) ; — Martini et Chemnitz, Nouv. Cabinet systém. de coquilles {e,n allemand); — Bruguières, Dictionn. des vers testacés,, dans V Encyclopédie — Denys de Montfort, Conchyliologie systématique; — Adanson, Hist. nat. des coquilles du Sénégal; — Geoffroy, Traité somm. des coquil., Recueil des coquil.; — Draparnaud, Hist. nat. des mollusques de France; — Férussac, Essai d'une méth. conchyl. ; — de Blainville, Dictionn. des sc. nat.,, art. Conchyliologie ; — D' Chenu, Descript. de toutes les coquil. connues; — Deshayes, Traité élém. de conchyliologie. (Voyez Coquille.)

CONCOMBRE (Botanique), Cucumis, Lin., de cwcc, inot celtique qui exprime toute chose creuse ; allusion faite à plusieurs espèces dont les fruits vidés peuvent servir de vase. Chez^les Latins, cucurna signifiait vase, chaudron. — Genre de plantes de la famille des Cucurbiiacées qui comprend des plantes annuelles, ordinairement couchées. Leurs fleurs sont jaunes, axillaires, les femelles solitaires, et les mâles souvent fasciculés. Le C. cultivé {C. sativus, Lin.) est une plante à tiges rugueuses, accompagnées de vrilles. Ses feuilles cordiformes sont à angles plus ou moins saillants et aigus. Son fruit est oblong, un peu arqué, verruqueux dans la jeunesse ; la pulpe est blanche, aqueuse, fade au goût. Cette espèce, dont on distingue la variété jaune, à fruit lisse et brillant, et la variété blanche, à fruit très-allongé, est originaire des Indes orientales. Une autre variété, le C. vert., donne les cornichons (voyez ce mot). C’est surtout comme plante alimentaire qu’on cultive le concombre. Son fruit, connu depuis l’antiquité comme comestible, est assez fade, mais nutritif. 11 demande à être fortement assaisonné et ne convient qu’aux estomacs robustes. On le mange au maigre ou comme assaisonnement des viandes rôties. Il possède des propriétés laxatives assez prononcées. Les graines sont souvent employées avec les amandes douces dans la composition d’émulsions calmantes. Sa pulpe, en cataplasme sur les brûlures, calme la douleur. On la prépare en une pommade qui fournit un bon cosmétique adoucissant pour certaines éruptions de la peau. La culture du concombre ressemble, en général, à celle du melon (voyez les mots Melon, Melonnière). Le C. d'Égypte[C. chate, Lin., de son nom chez les Egyptiens) est une plante très-velue, à tiges flexueuses, à petites fleurs et à fruit velu aussi, de forme elliptique et atténué aux deux extrémités. Le C. des prophètes {C . prophefai'um., Lin.]., ainsi nommé parce que les prophètes en parlent dans l’Écriture, est originaire d’Arabie et se distingue par ses petits fruits gros comme une cerise, panachés et couverts de poils roides. Le C. porte-soies {C. dipsaceus., Erh.) croît à peu près dans les mômes lieux que le précédent, surtout sur les côtes de la mer Rouge. Ses fruits, cylindriques et obtus aux extrémités, sont garnis de soies roides, serrées, qui lui ont valu son nom. Le C. porte-bornes {C. metuliferus., Hort., Par.), ainsi nommé à cause des protubérances en foriûe de bornes que présente son fruit jaune foncé, avec des taches vertes. Plante d’Afrique. Le C. melo.. Lin. (voyez Melon).

Caract. du genre : fleurs mâles : calice à 5 dents ; 5 pétales soudés avec le calice; 5 étamines, dont 4 deux à deux, et la 5® libre ; anthères conniventes. Fleurs femelles : ovaire infère à 3 loges contenant de nombreux ovules ;

le fruit est une péponide ou fruit indéhiscent, à chair épaisse, laissant au centre une cavité sur les parois de laquelle sont nichées les graines; celles-ci sont nombreuses, comprimées, à bord mince. G — s.

CONCOMITANT (Médecine), du latin concomitari., accompagner. — En médecine^ les symptômes concomitants sont ceux qui accompagnent les phénomènes importants et caractéristiques d’une maladie, mais qui, bien qu’accessoires, n’en ont cependant pas moins une certaine valeur.

CONCRÉTION (Médecine). — On donne ce nom, v?n médecine, à des corps étrangers, inorganiques et solides, qu’on trouve dans l’épaisseur des tiss-us après certaines inflammations ou suppurations, ou dans les articulations, dans certains réservoirs, telles que les concrétions arthritiques, tophoxées, biliaires, etc. Ce mot est alors synonyme de calcul (voyez ce mot). On donne aussi le même nom à des concrétions osseuses, tophacées, cartilagineuses, qui se développent ou se déposent accidentellement dans quelques organes, comme le foie, le poumon, etc.

Concrétions (Minéralogie) . — Quelques auteurs donnent ce nom indistinctement aux stalactiques , aux stalagmites, aux albâtres, etc. Mais il existe des substances pierreuses qui, pjar le mode de leur formation, semblent devoir plutôt prendre ce nom. Ce sont celles qui se forment dans la terre, sans adhérer d’une manière sensible avec les matières au milieu desquelles on les rencontre : nous citerons, dans le nombre, les Priapolites des environs de Castres; elles sont cylindriques et isolées dans des couches marneuses, mêlées de sable : la terre calcaire y domine le plus souvent. Les dragées de Tivoli sont des globules calcaires dont la forme, la couleur et le mode de formation rappellent les dragées des confiseurs. On les trouve aux bains de Tivoli, près de Rome. Les gâteaux de strontiane, de Montmartre, sont aussi des concrétions pierreuses.

CONDENSATEUR électrique (Physique). — Instrument de physique servant à condenser l’électricité, à l’accumuler en assez grande quantité pour suffire aux expériences que l’on veut réaliser. Sa forme est très-variable; la plus généralement usitée est celle de la bouteille de Leyde (voyez Bouteille de Leyde, Batterie électrique).

Voici quel est le principe sur lequel il repose.

Un conducteur A, supposé sphérique et isolé du sol par un pied isolant, est mis en communication avec une source d’électricité positive constante, au moyen d’un fil conducteur «S, l’électricité va s’y distribuer uniformément à la surface (voyez Électricité). Mais si, dans cet état, nous en approchons une seconde sphère B mise en communication avec le sol, l’électricité positive de A agira par influence sur l’électricité neutre de B, repoussera l’électricité positive dans le sol et attirera l’électricité négative. Gettè dernière électricité, à son tour, agira par attraction sur l’électricité positive de A. De ces deux influences réciproques qui s’accroîtront jusqu’à ce que l’équilibre soit établi, résultera finalement que le corps B, sur sa face qui est en regard de A, se trouvera chargé d’électricité négative, et que cette électricité aura produit appel d’électricité positive sur la face la plus rapprochée de A, qui aura ainsi pu recevoir de la source une quantité d’électricité beaucoup plus grande qu’avant l’influence de B. Le pouvoir condensant de cet appareil, ou le rapport qui existe entre la quantité totale d’électricité que reçoit A sous l’influence de B, à ce qu’il recevrait de la môme source si B n’existait pas, est d’autant plus grand que les deux conducteurs sont plus rapprochés l’un de l’autre. Il est une limite, toutefois, qu’on ne saurait dépasser. Les deux électricités positive et négative qui sont en regard et s’attirent, ne sont maintenues sur leurs condensateurs que par la résistance que l’air oppose à leur combinaison. Or, cette résistance n’est pas indéfinie, elle est même assez faible. Pour l’accroître, on interpose entre les deux électricités une lame do verre ou de gomme laque ; les deux sphères sont alors remplacées par des disques ou feuilles métalliques appliquées sur les deux faces du verre, ou recouvertes d’une couche de gomme laque. Dans ce cas, la quantité totale d’électricité accumulée sur le condensateur est proportionnelle à la charge de la source d’électricité mise en communication avec lui; proportionnelle à l’étendue des surfaces métalliques en regard, et inversement proportionnelle à leur distance, lorsque la lame isolante interposée reste de même nature La nature de cette laine exerce d’ailleurs une très-grande influence sur la puissance du condensateur. Quant à la forme de l’appareil, que les lames restent planes ou moulées sur les surfaces

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interne tt externe d’une bouteille, elle paraît sans effet sur le i»ouvoir condensant.

Les bouteilles et les batteries électriques permettent de

condenser des quantités énormes d’électricité; Volta, au contraire, a fait servir le condensateur à accuser des traces imperceptibles d’électricité en l’appliquant à l’électroscope.

Electroscope condensateur. — Il se compose d’un électroscope ordinaire G à lames d’or «, 6, sur le bouton duquel on fixe un plateau métallique circulaire A', couvert supérieurement d’une couche uniforme et très-mince de vernis à la gomme laque. Sur ce premier plateau, on en place un second A également verni sur sa face inférieure, et muni d’un manche isolant B. Dans cet état, si l’on touche le plateau inférieur A! avec une source d’électricité très-faible, et qu’on touche en môme temps le plateau supérieur A avec le doigt, rien n’apparaît dans les lames d’or; mais si l’on enlève le doigt et la source électrique, et qu’on soulève le plateau supérieur, les deux

lames sont repoussées et s’écartent. C’est que sous l’influence du plateau A, le plateau A' a pris une quantité d’électricité beau coup plus grande qu’il ne l’eût fait sans lui, et que l’influence condensante du premier disparaissant, cette électricité se répand sur les lames qu’elles font diverger, ce qui n’avait pas lieu sous la seule action de la source d’électricité. Il suffit ensuite, pendant que les lames divergent, d’approcher de A un bâton de verre ou de résine frotté, pour juger de la nature de l’électricité fournie par la source. Si cette électricité est positive, le verre augmentera la divergence des lames, tandis que la résine la fera diminuer; le contraire se produira, si l’électricité fournie par la source est négative.

M. Péclet a encore accru la sensibilité extrême de 1 électroscope condensateur, en interposant un troisième plateau verni sur ses deux faces entre les deux plateaux de Volta.

CONDENSATION (Physique). • — Rapprochement des molécules des corps, diminution de leur volume et augmentation de leur densité qui en sont la conséquence. Les corps se condensent par la pression ou la diminution i de température. j

Le retour des vapeurs à l’état liquide, sous l’influence de l’une ou de l’autre de ces deux causes, est également ! appelé condensation. La transformation des gaz en liquide |

par les mêmes causes porte plus particulièrement le nom de liquéfaction (voyez ce mot).

Les brouillards, les nuages,la pluie, la rosée, le givre, la neige, etc., sont dus à la condensation par le froid de la vapeur d’eau contenue dans l’air.

On condensation électrique l’accroissement de

charge électrique que prend un corps conducteur sous l’influence d’un autre corps très-rapproché du premier (voyez Condensateurs).

CONDILLAG (Médecine, Eaux minérales). — Village de France, arrondissement et à lO kilomètres N. deMontélimart (Drôme). On y trouve deux ou trois sources d’eaux minérales bicarbonatées calciques; tempérât,, 13° cent. Elles contiennent 0i‘t,548 d’acide carbonique par litre d’eau ; des bicarbonates de chaux, de magnésie, de soude ; d’autres sels alcalins, un peu de carbonate et de crénate de fer; des traces d’arsenic. Employées surtout comme boissons de table, on a vanté leurs effets dans la gravelle, les dyspepsies, etc.

CONDIMENT (Hygiène alimentaire), du latin condire^ assaisonner. — Synonyme d’a.Mawonnemenf (voyez ce mot).

CONDOR (Zoologie), Vultur gryphus., Lin. ; Grand Vautour des Andes. — Espèce dJOiseaux du genre Vautour., ordre des Oiseaux de proie.

Longtemps relégué parmi les oiseaux fabuleux, le condor passait pour avoir une taille et une force prodigieuses; il pouvait emporter dans ses serres les plus grands quadrupèdes, et Bufibn lui-même n’a pu résister à l’entraînement général; mais il n’en est plus de môme aujourd’hui ; non-seulement les observations répétées de Humboldt, faites sur les lieux, ont réduit à néant toutes ces fables, mais encore on a pu étudier cet oiseau en France môme, où il a été rapporté vivantpar un officier de marine et il a vécu pendant quelque temps au Jardin des Plantes. Le nom de condor, suivant de Humboldt, est corrompu du mot cuntur., de l’ancienne langue des Péruviens. Le condor a les yeux à fleur de tête, le bec allongé, recourbé seulement au bout; une partie de la tête, du cou et les joues sont revêtus d’une peau nue; sa tête est surmontée d’une crête charnue, presque cartilagineuse, très-résistante, qui s’étend de la racine du bec au commencement de l’occiput ; la femelle en est dépourvue. Une autre crête existe sous le bec comme au coq. Ces deux caroncules sont de couleur violâtre ; il porte un collier très-fourni à la pgrtie inférieure du col, composé d’un duyet épais de nature soyeuse, d’un blanc de neige. Le plumage du corps est d’un noir bleu ; une grande partie de l’aile d’un gris-perle cendré ; la queue courte, rectiligne au niveau des ailes. Dans le premier âge il est brun cendré et sans collier; la femelle est tout entière d’un gris brun. C’est le plus grand de tous les vautours; il a jusqu’à 1“,60 de longueur, avec 4 mètres d’envergure ; toutefois de Humboldt réduit ces dimensions à 1 mètre de longueur et 2 à 3 mètres d’envergure. C’est l’oiseau gui vole le plus haut dans les airs; il s’élève à des hauteurs immenses; il niche dans les lieux les plus solitaires et sur les cimes les plus élevées de la chaîne des Andes (voyez Vautour),

CONDUCTEUR (Physique). — Se dit de tout corps qui laisse la chaleur ou l’électricité circuler plus ou moins librement dans sa masse (voyez Conductibilité).

CONDUCTIBILITÉ (Physique). — Propriété des corpsde laisser circuler dans leur masse la chaleur ou l’électricité.

Conductibilité pour la chaleur (Physique). — Elle est très-variable suivant la nature ou l’état des corps; nous pouvons tenir à la main un charbon par une de ses extrémités pendant que l’autre est incandescente, tandis qu’une barre de fer rougie au feu par un de ses bouts est encore très-cbaude à une grande distance de cette extrémité et d’autant plus qu’elle est plus grosse. Ces inégales conductibilités des corps pour la chaleur donnent lieu à des phénomènes que nous pouvons constater chaque jour et à des applications d’un haut intérôtpour nous.

Si pendant l’hiver nous mettons la main sur des corps exposés à l’air libre, des métaux, des pierres, des briques, du bois, tous au même degré de chaleur et secs, le fer nous semblera plus froid que la pierre, celle-ci plus

Fig. 613. — Tête de Gonds?

(!/I0 de grand, nat.).

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froide que la brique et la brique plus que le bois. C’est que la vivacité de l’impression de froid que nous ressentons ne dépend pas d'une manière absolue du degré de chaleur du corps que nous touchons, mais de la quantité de chaleur qu’il nous enlève en un même temps ; or, le bois étant un corps mauvais conducteur de la chaleur, la chaleur qu’il prend à notre main reste presque en entier à sa surface qui s’échauffe rapidement et cesse bientôt presque complètement de nous refroidir. Le fer étant bon conducteur, au contraire, la chaleur qui lui est fournie en un de ses points s'écoule rapidement vers les autres, et cet emprunt se renouvelle d’une manière prolongée et presque constante. Les mômes causes produisent un effet opposé, si les corps chauffés tous au môme degré le sont à un degré plus élevé que la main.

Les liquides, à l’exception du mercure qui est un métal, sont très-mauvais conducteurs, et cependant l’impression de froid ou de chaud qu’ils produisent sur nous est très-vive; c’est que les liquides sont en même temps très-mobiles et que les plus légers changements de température d’un point à l’autre de leur masse suffisent pour y déterminer des courants. Si la chaleur y passe difficilement d’une molécule à l’autre, ce sont les molécules qui viennent successivement se mettre en contact avec le corps ou plus chaud ou plus froid, en sorte que le résultat est le môme ; mais qu’on mette obstacle à ce mouvement moléculaire, et on voit aussitôt apparaître les effets du défaut de conductibilité des liquides. Môme chose a lieu pour les gaz qui sont de tous les corps les plus mauvais conducteurs ; aussi une couche d’air emprisonnée dans les mailles d’un tissu épais, mauvais conducteur lui-môme, d’une masse de ouate, d’une fourrure, d’un édredon, forme-t-elle pour nous le meilleur préservatif •contre les froids de l’hiver.

La connaissance des conductibilités relatives des corps pour la chaleur conduit à d’importants résultats pratiques. Dans les pays froids, où il importe de conserver la chaleur développée dans l’intérieur des appartements, les murs des habitations doivent être en matériaux mauvais conducteurs (bois ou brique), ou, s’ils sont en pierre, on doit leur donner une épaisseur considérable, la quantité de chaleur qui traverse un mur pendant un temps déterminé étant proportionnelle à son pouvoir conducteur, à la différence de température de ses deux faces et inversement proportionnelle à son épaisseur. Les murs épais sont également utiles pour se préserver contre l’ardeur du soleil dans les pays chauds.

Les calorifères en métal chauffent très-vite et trèsfortement, mais ils se refroidissent également très-vite dès qu'ils sont éteints. Les calorifères ou poêles en briques donnent une chaleur plus douce, plus uniforme et plus . durable. Aussi sont-ils presque exclusivement employés dans les pays très-froids.

La plus grande partie de la chaleur d’un appartement se perd par les fenêtres fermées par des lames de verre, corps assez mauvais conducteur, mais trop mince en général. On supplée à cet inconvénient au moyen de doubles fenêtres emprisonnant entre elles une lame d’air mauvais conducteur et se renouvelant avec peine.

La neige, mauvais conducteur, abrite le sol contre les grands froids de l’hiver ; la glace produit le môme effet sur les nappes d’eau qu’elle recouvre.

Table des conductibilités relatives des principales substances

solides.

Argent

Acier

Cuivre

Fer

Or

Plomb

Laiton.. .

Platine

Zinc

Palladium

Étain

Bismuth .

Les conductibilités calorifiques des corps ont été spécialement étudiées par M. Despretz, et plus récemment par MM. Wideraann et Franz.

CoNDCCTiiîiLiTÉ ÉLECTRIQUE (Physique). — Aussi variable au moins que la conductibilité pour la chaleur.

Relativement à l’électricité à haute tension fournie par les machines électriques, les corps les plus mauvais conducteurs sont :1a gomme laque, la soie, le verre, les résines. Les métaux, parfaits conducteurs, ne présentent entre eux, sous ce rapport, aucune différence appréciable. Il n’en est plus ainsi relativement à l’électricité de faible tension qui est fournie par les piles. Des différences de conductibilité inappréciables dans le premier cas deviennent dans le second très-considérables, ainsi qu’il résulte du tableau suivant ;

Table de la conductibilité relative des métaux.

Palladium 5791

Argent 963 de fin.... 5152

Argent 900 de fin ... 4753

Argent 857 de fin.... 4221

Argent 747 de fin.... 3882

Or pur 3975

Or 951 de fin 1338

Or 751 de fin 714

Cuivre pur 3838

Cuivre recuit

Platine

Laiton

Acier fondu

Fer

Mercure

Ces résultats nous montrent, de plus, dans quelles proportions considérables de petites quantités de métaux alliés à d’autres peuvent altérer la conductibilité de ceux-ci; à plus forte raison doit-il en être ainsi des substances non métalliques. Ainsi, à sections égales, une colonne d’une dissolution concentrée de sulfate de cuivre conduit-elle, d’après M. Pouillet, 2 546 080 fois moins bien qu’un cylindre de cuivre, et l’eau pure 500 fois moins bien que la dissolution de sulfate de cuivre, bien que l’eau pqre conduise encore très-bien l’électricité à haute tension.

La chaleur diminue la conductibilité des métaux, et cet effet est particulièrement marqué pour le fer et l’acier ; elle augmente, au contraire, la conductibilité des dissolutions salines.

Pour une même substance, la résistance qu’elle oppose au passage des courants électriques croît dans le môme rapport que sa longueur ; elle décroît, au contraire, dans le même rapport qu’augmente sa section transverse. C’est pourquoi dans les lignes télégraphiques la puissance de la pile doit être proportionnée à la longueur du trajet. Dans les premiers temps les fils conducteurs télégraphiques étaient en cuivre ; des fils de fer d’une section G fois plus grande conduisent aussi bien, ne coûtent pas plus cher et offrent beaucoup plus de résistance à la rupture; aussi le fer a-t-il partout remplacé le cuivre. La terre humide conduit un milliard de fois moins bien que le cuivre; mais comme sa section est presque infinie, on a trouvé non-seulement économie, mais encore une transmission plus facile en faisant retourner le courant de la station d’arrivée à la station de départ par l’intermédiaire du sol (voyez Électricité, Piles, Courants, Télégraphes électriques).

CONDUIT (Anatomie). — Ce mot est synonyme de canal; ainsi on dit conduit ou canal auditif externe ou interne, etc.

CONDUITE (Hydraulique). — Assemblage de tuyaux, généralement cylindriques, construits en bois, en terre cuite, en mortier hj'draulique, en fonte, en tôle de fer ou en plomb, destinés à conduire les eaux ou les

gaz.-

Conduite des eaux (Hydraulique). — La vitesse de l’eau dans une conduite cylindrique dépend : 1° de la différence de niveau de l’eau aux deux extrémités do la conduite ou ce que l’on appelle charge totale; 2“ de la longueur totale de cette conduite; 3“ de son diamètre; 4“ des étranglements, coudes ou inflexions que les tuyaux présentent dans leur longueur.

L’eau, en glissant contre les parois des tuyaux, y éprouve des frottements notables qui tendent à ralentir sa vitesse et compliquent beaucoup le phénomène (voyez Frottements). Cependant, en comparant une cinquantaine d’observations directes faites par Couplet, Bossut et Dubuat, M. de Prony est arrivé, pour les tuyaux sans coudes ni étranglements, à la formule suivante, qui est d’une grande utilité dans la pratique et dans laquelle V représente la vitesse moyenne de l’eau dans la conduite ou la vitesse de régime, d le diamètre intérieur du tuyau, I la pente moyenne par mètre que l’on obtient en divisant la charge totale par la longueur totale du tuyau, le tout en mètres.

Y= 53,58y/^ÎΗ 0,025.

Connaissant la vitesse V, on obtient en litres la dépense D ou quantité d’eau débitée par seconde par la conduite au moyen de la formule.:

Les formules précédentes supposent connus le diamètre du tuyau et la pente moyenne par mètre. Il arrive souvent que la question se trouve posée d’une autre manière, que le diamètre d du tuyau est déterminé à l’avance, ainsi que la vitesse V de l’eau et, par suite, aussi la dépense et que l’on cherche la pente moyenne qu'il convient

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de donner par mètre à la conduite. On se sert alors de la formule ;

ce qui montre qu’à égalité de vitesse la pente doit être d’autant plus forte que le diamètre du tuyau est plus petit et qu’à égalité de diamètre la pente croît beaucoup plus rapidement que la vitesse.

Enfin le plus souvent la pente est donnée d’après les conditions du terrain sur lequel on opère, et alors, ou bien le débit de la source que l’on veut utiliser, ou la quantité d'eau qu’on veut conduire est connue et l’on cherche le diamètre de la conduite qu’il faut employer, ou bien ce diamètre est donné et on veut savoir quelle est la quantité d’eau que l’on obtiendra. Dans le dernier cas, il faut avoir recours à la formule :

1000 D = 21,04ri^(^5 I — 0,0196 Dans le premier, il faut employer la formule :

Cette formule est incomplète, mais elle est encore suffisamment approchée pour les besoins de la pratique. Au reste, nous avons réuni plus bas ces résultats calculés pour trois espèces de tuyaux les plus généralement employés dans les grandes conduites.

Xabin relative à l’établissement des tuyairx de conduite.

Aide -mémoire de mécanique pratique de M. MoniN.

Vitesse

moyenne

en

mètres.

Om,fO

DIAMÈT. DES TllAUX

DUJIÈT. DES TUYAUX.

DIAAIÈT. DES TUYAUX,

Dépense eu litres par

seconde.

Charge par mètre de long en cent.

Dépense en litres par

seconde.

Charge par mètre de long cnceutiin.

Dépense en litres par

seconde.

Charge par mètre de long en centim.

Dans la plupart des cas, on ne donne au tuyau que la pente nécessaii e pour produire le mouvement du liquide et vaincre les frottements qui naissent de ce mouvement. La pente par mètre multipliée par la longueur totale du tuyau prend alors le nom de perte de chute ou de charge, produite par ces frottements. Si l’on veut, au contraire, que l’eau s’élève à une certaine hauteur sous forme de jet d’eau, il faut une charge plus considérable, et la hauteur à laquelle s’élèvera le jet sera mesurée non plus par la hauteur de l’eau du réservoir au-dessus de l’orifice, mais par cette hauteur diminuée de la hauteur ou charge perdue par les frottements dans la conduite (voyez Jets d’eau).

Si l’eau, au lieu de couler par son propre poids, marche en sens contraire de la pesanteur par la pression d’une pompe, les frottements restent les mômes et conservent la môme expression. Pour calculer la résistance totale que doit vaincre la pompe, il faut donc ajouter à la hauteur réelle du réservoir que l’on alimente au-dessus du réservoir de prise la perte de charge correspondant aux frottements.

La perte de charge croissant rapidement avec la vitesse du liquide, il convient en général de limiter la vitesse moyenne à quelques centimètres pour les petits tuyaux et à quelques décimètres pour les gros. Cela est surtout important lorsque la circulation de l’eau doit ôlre brusquement interrompue par des robinets, ce qui occasionne '

des chocs et des effets de bélier très-nuisibles à la solidité des joints (voyez Bélier). Cependant, si l’eau est sujette à entraîner des sables, à devenir boueuse par l’effet des pluies et à laisser déposer des limons, il faut lui donner une vitesse capable d’entraîner ces matières.

Dans les villes les conduites d’eau ne sont jamais simples ; de nombreux branchements en partent pour distribuer l’eau dans toutes les directions. 11 faut alors diviser le calcul en autant de parties qu’il y a de branchements et considérer chaque intervalle entre deux prises, comme une conduite particulière.

Nous ferons observer, toutefois, que jamais les conduites, surtout dans leurs ramifications, ne sont établies rigoureusement d’après les principes dont nous venons de donner une esquisse; ces principes, en effet, supposent que la conduite ne renferme ni coudes ni étranglements et, d’un autre côté, la consommation sur tel ou tel point de la distribution est sujette à de grandes variations, soit d’une manière accidentelle, soit d’une manière permanente par suite de concessions. lai charge doit donc toujours ôtre plus élevée que le calcul ne l'indique. La dépense en litres d’eau que doit eftéctuer chaque orifice est alors réglée, s’il est besoin, par des robinets auxquels les employés préposés à la distribution des eaux ont seuls accès.

Coudes. — L’eau, en changeant brusquement de direction pour franchir un coude, y éprouve une résistance qui tend à ralentir sa vitesse ou à augmenter la charge perdue. Il faut donc en restreindre le nombre autant qu’on peut ou du moins en atténuer les effets fâcheux. Les,expériences de Dubuat ont montré qu’on peut y parvenir en arrondissant les coudes et qu’en les recourbant sur une portion de cercle d’un assez long rayon, on parvient à faire disparaître presque complètement la perte ! de charge qui leur est due. j

Etranglements , — Ils agissent dans les tuyaux comme I les coudes en augmentant la résistance et la charge per- | due. Si l’on a intérêt à réduire ces portes, il faut éviter avec soin les étranglements, ou tout au moins les produire d’une manière lente et ménagée en arrondissant les contours intérieurs ; mais souvent ils ont un but opposé, celui de ralentir la vitesse comme les robinets qui, plus ou moins ouverts, servent à régler le débit d’une concession d’eau.

Conduite des gaz. — Les gaz qui circulent dans les conduits y éprouvent des frottements analogues à ceux qui ralentissent le cours des eaux, mais soumis cependant à des lois un peu différentes. L’influence l’etardatrice des coudes et des étranglements n’est pas moins grande et est mise à profit pour régler le débit du gaz. Tel est l’usage des soupapes à gorge ou clefs de poêle. "Voir sur ce point un mémoire de Péclet dont le résumé se trouve à la ]

fin du III”’® volume du Traité de la chaleur. P. D.

CONDYLE (Anatomie), du grec kondulos., éminence articulaire. — Ce sont, en effet, des éminences articulaires, arrondies par un de leurs côtés, aplaties dans le reste de leur étendue. Ils ne se trouvent guère que dans les f articulations en ginglymes (du grec gingliimos, charnière). Les principaux condyles sont : le C. de la mû- |

chaire inférieure; les C. de V extrémité inférieure du |

fémur, et ceux des extrémités inférieures des deux pre- |

mières phalanges des doigts et des orteils. 1

CONDYLOME (Anatomie), du grec jointure. J

— On donne ce nom à une excroissance de chair molle, |

plus ou moins douloureuse, qui résulte d’une végétation |

du tissu cellulaire de la peau, et qui se développe sur j

diverses parties du corps. Elle est parfois pédiculée, le «

plus souvent elle a une base large. j

CONDYLUPiE (Zoologie), Condylura, Ilig., du grec j kotidulos, articulation, et ura, queue. — Genre de Mam- « mifères, de l’ordre des Insectivore s, CBx&cXévi^é par deux | larges incisives triangulaires, deux autres extrêmement f petites, et de chaque côté une forte canine à la mâchoire | supérieure ; à l’inférieure, quatre incisives et une petite j canine pointue: ils ressemblent par leurs pieds à la taupe; | mais leur queue est plus longue et leurs narines sont en- | tourées de petites pointes cartilagineuses disposées en 1 étoile. Ce genre, établi par Iliger, oflre surtout une espèce | d’Amérique septentrionale, le C. à crête {Sorex crista- j tus, Lin.), très-semblable, à notre taupe, au nez près, et | à la queue plus que double en longueur. I

CoNDYLURE (Zoologio), Coudylura, Latr. — Genre de Crustacés branchiopodes, section des Lophyropes carei~ J noides ; presque microscopiques, ces crustacés sont vagabonds, ont les pieds terminés en pointes soyeuses, la | queue étroite, composée de sept anneaux. Le C. ded’Or^ J

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bigny^ Latr., se trouve sur les côtes maritimes de la

Rochelle. . ^ , j

CONE (Zoologie), Conus ^ Lin. — Genre nombreux de Moliusques gastéropodes pedinihr anches ^ famille des Buccinoïdes, ainsi nommé parce que sa coquille a la forme conique ; vulgairement Cornet ; la spire est tout à fait plate ou peu saillante et forme la base du cône; sa pointe est à l’extrémité opposée ; ouverture étroite, sans renflement ni plis, soit au bord, soit à la columelle ; l’animal est d’une minceur proportionnée à l’ouverture qui lui donne passage; ses tentacules, qui portent les yeux à feur sommet, et sa trompe s’allongent beaucoup. Ce sont des coquilles généralement très-recherchées dans les

collections, à cause des belles couleurs dont la plupart sont ornées.

Nos mers en produisent très-peu. On les distingue suivant que la spire est à tubercules ou couronnée, ou bien suivant qu’elle est non couronnée. Parmi celles à spire couronnée, nous citerons : le C.

cedonnUi^ Lin., trèsrecherché et qui a un grand nombre de variétés (voyez Cedomjlli); \Q,C.piqùrede mouches [C. arenatus, Hwass.), coquille d’environ 0"\05, épaisse, lisse, luisante, parsemée de points noirs nombreux, sur fond blanc; le C.

Fig. 614. — Cône tigre (long. 0,08). ponctué {C. puncfatus^

Chemn.), coquille fort rare de l’océan africain, épaisse, pesante, de 0'“,05 de long, à tubercules gros et saillants, couleur fative pâle, finement ponctuée de rouge brun, sur les saillies de ses stries transverses. Dans les coquilles à spire non couronnée, on remarque leC. tigre [fig. 61i) [C. litteratus^ Hwass.), coquille grande et belle, blanche, marquée, de fascies jaunes et de plusieurs rangsde taches brunes. De l’Asie. Le C. mosaïque (C. iessellatus^ Boni.), coquille blanche, marquée de plusieurs rangées de taches écarlates; cette coquille a la spire plane. De la mer du Sud. Le C. vierge {C. virgo^ Lin.), vulgairement Cierge^ Cigne^ Onix; coquille jaune soufre, une tache violacée en avant; spire plane, obtuse. Océan asiatique.

Cône (Botanique), dugrec/cd/?o.î, corps rond et allongé.

Terme de botanique qui sert à désigner le fruit des pins, sapins, cèdres, cyprès et autres arbres nommés pour cela môme conifères; c’est une sorte de fruit agrégé, auquel on donne aussi le nom de Strobile^ du gtecsfrohilos, pomme de pin. — Ce fruit résulte du rapprochement et de la réunion en une seule masse de bractées ou écailles qui, portant les ovules, représentent une feuille carpellaire non repliée. Indépendantes dans les cônes de sapin et de pin {fig. 615) ces écailles forment quelquefois par leur cohérence entre elles un corps, en apparence, unique, et qui n’est pas toujours conique, ainsi que le mot de cône pouri ait le faire penser. Les écailles des cyprès et du thuya, élargies en forme de tête de clou, composent un cône arrondi, appelé gaUtule par Varron et d’autres auteurs. Dans le genévrier, les écailles sont groupées de façon à former un cône g/obahux; charnues et soudées ensemble, elles forment ainsi un fruit qui a l’apparence d’une baie. G — s.

^ Cône (Géométrie). — Volume engendré par la révolution d’un triangle rectangle SAO, autour d’un des cotés SO de l’angle droit. S est dit le' sommet du cône, SO sa hauteur. La surface engendrée dans le mouvement par l’hypoténuse S.â forme la surface latérale du cône ; le cercle décrit par AO forme sa base, la circonférence dé-

crite par le point A est appelée circonférence de base y SA se nomme le côté ou Vapothème du cône.

La surface latérale d’un cône est égale au produit de la circonférence de sa base par la moitié de son apothème.

Le volume d’un cône est égal au produit de sa base par le tiers de sa hauteur .

Toute section faite dans un cône parallèlement à sa base est un cercle.

Si l’on coupe un cône par un plan parallèle à sa base, et que l’on enlève le cône supérieur, le volume restant A s’appelle un tronc de cône.

D’une manière plus générale, on dé- Fig. 6i6. signe en géométrie sous le nom de surface conique toute surface engendrée par une droite qui passe constamment par un point donné en suivant le contour d’une ligne donnée appelée Directkice.

CoMQüE (sECTiox). — Voycz Sections coniques.

CONFECTION (Pharmacie). — En pharmacie, on a donné ce nom à plusieurs espèces d’électuaires très-composés, auxquels les anciens accordaient une grande idée de perfection. On ne connaît plus guère aujourd'hui que la cnnfection d'huacinthe, dans laquelle entre le safran en assez grande proportion, et qui agit comme excitant, calmant, et la confection d'ulkermès qui contient des perles du Levant et qui est plus excitante. Ces préparations sont du reste peu usitées aujourd’hui (voyez Able, Alkermes).

CONFERVE (Botanique), Conferva, Lin., au Jatm conferruminarCy souder ensemble. D’après Pline, les conferves passaient pour souder les membres fracturés.

— Genre de plantes Cryptogames dans la classe des

Algues , division des Algues fitamenteuseSy type de la tribu des Confervacées. Il comprend des plantes extrêmement simples, formées de filaments simples ou rameux, cylindriques, flexibles, membraneux, transparents, articulés; les articles sont remplis d’une matière verte, rarement autrement colorée. Leur multiplication est extrême; chaque article isolé peut reproduire cette singulière végétation qui se présente ordinairement sous la forme de touffes floconneuses, verdâtres, à la surface des eaux do M ces. Les conferves adhèrent aussi quelquefois, à l’aide d’une viscosité, aux pierres, aux rochers, aux coquilles. Les conferves, qui n’avaient pas d’abord attiré l’attention des anciens botanistes, ont été le sujet d’études toutes spéciales de la part d’Ingenhousz, Priestley, Vaucher,Dillen,Chantran, Beauvais, Bory Saint-Vincent, Agardh, etc., lesquels ont remarqué dans leurs filaments une matière verte, granulée, affectant différentes dispositions, entre autres la disposition en étoile et en spirale. Vaucher est le premier qui ait observé une sorte d’accouplement dans ces plantes. K une certaine époque, il a vu les filaments ou tubes se rapprocher entre eux et pénétrer l’un dans l’autre, en dispersant leur matière granulée qui se réunit bientôt en globules destinés à reproduire la plante. Les conferves. souvent extrêmement abondantes sur les étangs, s’y soutiennent à l’aide de globules d’air qu’elles retiennent. Ingeiihousz et Priestley ont reconnu que lorsqu’elles sont exposées au soleil, elles exhalent abondamment du gaz hydrogène, et par cela même assainissent les marécages. On a remarqué à l’appui de ce fait que les eaux stagnantes qui étaient dépourvues de conferves étaient bien plus sujettes aux miasmes que celles qui en nourrissaient. En outre, ces plantes constituent un excellent engrais dont profitent les végétaux aquatiques qui les entourent. Elles contribuent pour une grande part à la formation de la tourbe, et même avec une grande rapidité. G — s.

CONFITURES (Économie domestique), Condimenta,

— Conserve de fruits, fleurs ou racines dont le sucre ou le miel est le condiment. Il y en a de plusieurs espèces ; 1" Les C. liquides sont celles dans lesquelles les fruits entiers ou en morceaux sont conservés et cuits dans un sirop. Tout le monde connaît ces chinais confits dont la vogue a pris un si grand développement dans ces derniers temps; ce sont de petits citrons, de petites oranges ainsi confites, et que les Indiens ont préparés les premiers. 2° Les C. dites marmelades faites avec la pulpe des fruits mêmes, mélangée et cuite avec du sirop jusqu’à la consistance de miel ; on les fait avec les prunes, les abricots, les cerises, etc. 3" Les C. nommées gelées se font en fraisant cuire les sucs des fruits avec un beau sirop dit à la plume (voyez Sinop). On les fait aussi quelquefois directement avec le fruit mêlé et cuit avec' du

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sucre ; dans tous les cas, elles doivent être cuites jusqu’à ce qu’une partie mise à refroidir se prenne en gelée. Les plus belles se font avec les groseilles. A Rouen, on en fait avec les pommes, qui jouissent d’une grande réputation. 4" Les C. connues sous le nom de pâtes sont des espèces de marmelades qui ont la propriété de se conserver molles sans viscosité. Le sucre qui cristallise à leur surface, les empêche d’adhérer aux vases ou boîtes dans lesquels on les conserve. 6“ Les C. sèches sont faites avec des fruits entiers ou des portions de fruits lorsqu’ils sont trop gros ; ainsi on les fait avec les cerises, les prunes, les abricots, ou avec les écorces de citrons, d’oranges, de cédrats, etc. Pour les préparer, on les fait cuire dans un sirop de sucre très-épais ; on les fait égoutter et sécher dans une étuve.

CONFLUENT (Médecine), confluens ^ qui coule, qui vient ensemble. — Cet adjectif sert à désigner surtout une des nuances de la petite vérole; lorsque les boutons sont très-nombreux et rapprochés de manière à ce qu’ils se touchent, qu’ils se confondent l’un dans l’autre, on dit que la petite vérole ou la variole est confluente; ce qui la distingue de celle que l’on nomme discrète, et dans laquelle les pustules sont distinctes et séparées. La variole confluente, en raison du mouvement fluxionnaire prodigieux qui se produit à la peau, a le plus souvent une marche irrégulière, désordonnée, qui lui donne un caractère de gravité maligne, et qui la rend très-meurtrière (voyez Variole).

Confluent (Botanique). — Se dit ordinairement des organes réunis par la base ou à l’extrémité. Les feuilles sont confluentes réunies par leur base, elles sem-

blent n’en former qu’une seule comme dans le chèvrefeuille des jardins. Les lobes de l’anthère sont confluents lorsqu’ils s’unissent et se confondent l’un avec l’autre, de manière qu’ils paraissent ne former qu’un seul lobe, comme dans le genre Germaine {Plectranthus^VWéviX.)^ famille des Labiées. Les cotylédons sont dits confluents quand ils semblent se confondre avec la plantule, comme dans les Composées, le nélumbo, etc.

CONGÉLATION (Médecine), du latin geler.

— En médecine^ c’est l’action morbide du froid sur les parties vivantes et la mortification qui en est la suite : elle les rend insensibles, dures, inertes, au point qu’elles deviennent rouges, bleues, marbrées de taches livides, sèches ; c’est ce qu’on remarque lorsque le froid agit partiellement aux extrémités, telles que le nez, les pieds, les mains, les oreilles ; le meilleur traitement à employer consiste dans des frictions prolongées avec de la neige, en segardant bien d’exposer les parties à la chaleur ; ce serait courir le risque de les voir tomber en gangrène ou plutôt en sphacèl.e (voyez Gangrène), c’est-à-dire mortification complète de la partie, ce qu’on a eu trop souvent à constater en Russie, en 1812. Lorsque le froid agit à la fois sur toutes les parties du corps, il se manifeste un besoin irrésistible de sommeil, un engourdissement général, un désir de repos auquel on est obligé de céder ; dans la funeste campagne de I8i2, on était obligé d’abandonner dans cet état des malheureux qu’on ne pouvait contraindre, même par la force, à suivre les colonnes de retraite; dès qu’ils s’arrêtaient, cet engourdissement passait rapidement à la mort; le meilleur moyen de traitement consiste aussi dans les frictions avec la neige ou l’eau glacée et les* moyens restaurants.

Congélation (Chimie). — Retour d’un corps de l’état liquide à l’état solide. Elle ne se fait pas toujours dans des conditions aussi nettement déterminées que la fusion (voyez ce mot). La glace fond toujours à zéro, mais l’eau, quand elle est bien en repos, peut descendre sans se congeler jusqu’à 12" au-dessous de zéro. Dans cet état, le plus léger ébranlement la fait, en partie, prendre en glace.

La plupart des corps diminuent de volume en prenant l’état solide ; l’eau cependant se comporte d’une manière inverse; elle se dilate dans une assez forte proportion et donne ainsi lieu à des phénomènes importants. Ainsi, la glace est moins dense que l’eau et la surnage ; de l’eau exposée au froid dans une carafe, la brise en se congelant, et ce fait a été depuis longtemps un objet d’examen de la part des physiciens. Les académiciens de Florence remplirent d’eau une sphère d’or, la fermèrent exactement, mesurèrent son diamètre extérieur en la faisant passer à travers un anneau de métal, et l’exposèrent à un grand froid. Après que l’eau se fut glacée, la sphère s’était gonflée au point de ne pouvoir plus traverser l’anneau. Huyghens, en répétant cette expérience avec un canon de fer moins ductile que l’or, vit le canon éclater avec bruit.

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C’est à cette même cause qu’il faut rattacher l’action du froid sur les pierres gélives : l’eau dont elles sont imprégnées se congèle et brise les pores dans lesquels elle est contenue ; c’est elle qui produit l’éclatement des arbres dans nos forêts pendant les hivers rigoureux, et la destruction des plantes par la gelée. Lorsque les cellules de ces plantes se trouvent gorgées de sucs au moment où elles sont saisies. par le froid,’ elles se déchirent pa,r l’effet de la dilatation de la glace. Ajoutons, toutefois, qu’il existe un grand nombre de végétaux qui périssent avant d’atteindre la température zéro, en sorte qu’à la cause physique, il faut en ajouter une toute physiologique.

D’autres corps, et en particulier la fonte, se comportent comme la glace, et la dilatation qui s’y opère au moment où elle se fige contribue à la perfectfon avec laquelle elle se prête au moulage (voyez Froid [sources de]).

GONGÉNIAL, Congénital (Médecine), du latin cum genitus.^ né avec ; congénial n’est pas conforme à l’étymologie. — On appelle maladies., affections congénitales., celles que l’enfant apporte en naissant. Plusieurs sont en même temps héréditaires .

CONGESTION (Médecine), du latin congerere., amasser. — On donne ce nom à l’afflux du sang dans un organe quelconque, sain d’ailleurs, par suite d’un trouble permanent ou momentané dans le centre d’impulsion circulatoire. Les organes les plus vasculaires, tels que le poumon, la rate, le foie, le cerveau, sont ceux dans lesquels on remarque le plus souvent ce phénomène. La peau, et surtout la peau du visage, se congestionne aussi très-souvent. On ne doit pas la confondre avec V inflammation., puisque nous avons dit qu’un organe congestionné restait sain, tandis qu’il n’en est pas de même dans V inflammation (voyez ce mot), qui, du reste, peut souvent succéder à la congestion, lorsque Celle-ci se prolonge au delà de certaines limites ; la saignée est le meilleur moyen d’éviter cette terminaison. — Le mot congestion a encore été employé pour désigner une es- , pèce à' abcès (voyez Abcès par congestion).

GONGLOBÉ (Botanique). — Se dit des fleurs réunies j en forme de tête ou rassemblées en pelotons très-serrés, t comme celles de plusieurs espèces de platanes. Ce mot j s’applique aussi aux feuilles et aux parties quelconques ,i des plantes qui offrent la même disposition.

CONGLUTINANT (Matière médicale). — Voyez Agglü- ;

TINANT.

CONGRE (Zoologie), Conger, Lin. — Sous-genre de Poissons établi par Cuvier dans l’ordre des Malacopté- j rggiens apodes., famille des Anguilli formes, et détaché du i grand genre (anguilles); il est caractérisé par la j

nageoire dorsale commençant au-dessus des pectorales, I et assez près d’elles, la mâchoire supérieure plus longue j que l’inférieure. Le C. commun [Muræna conger. Lin.), type de ce sous-genre, se distingue par sa dorsale et son • anale bordées de noir, et sa ligne latérale ponctuée de blanchâtre. On le trouve dans toutes nos mers, et sa longueur va jusqu’à 2 mètres. On l’estime médiocrement ^ pour la table ; cependant, sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan où il abonde, on le sèche pour l’envoyer au loin. On le vend à Paris sous le nom à' Anguille ■. de mer. Le Myre [Mui'œna myrus. Lin.), plus petit que le : précédent, se reconnaît à quelques taches sur le museau.

De la Méditerranée.

CONGRUENCE (Mathématiques). — Quand deux nom- i bres sont tels que leur différence est un multiple d’un t nombre donné, on dit qu’ils sont congrus; le nombre qui divise leur différence s’appelle module. Le signe de con- : gruence est formé de trois traits horizontaux s; ainsi,

A = B veut dire que les deux nombres A et B sont con- . grus ou congruents entre eux. La théorie des congruents > a été donnée par Gauss dans le célèbre ouvrage Disquisüiones arithmeticœ.

GONICINE (Chimie). — Voyez Conine.

CONIFÈRES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones gymnospermes, comprenant des végétaux or- ; ciinairement désignés sous le nom dl arbres verts. Cette ) famille tire son nomdeson fruit appelé cdwe (voyez ce mot). i M. Brongniart admet quatre familles de conifères ^ Gnètacées, les Taxinées, les Cupressinées et les Abiéti-ê nées (voyez ces mots), considérées comme tribus par En- S dlicher, qui réserve le nom de Conifères à la soixaiue*;, septième et avant-dernière classe de sa classification; il la -i caractérise ainsi : anthères disposées en chatons bilobés « ou à lobes en nombres définis, portées sur une écaille ' membraneuse représentant le connectif. LesConifèrescom*

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■prennent des arbres presque toujours très-élevés, ou de simples arbrisseaux, la plupart résineux. Leurs feuilles, le

plus souvent persistantes, sont éparses, opposées ou verticillées, ordinairement sans nervures. Leurs fleurs monoïques ou dioïques sont dépourvues d’enveloppes florales et disposées en chatons. Les mâles sont composées d’anthères éparses ou d’écailles qui portent une ou plusieurs anthères. Les femelles sont ordinairement réduites à des écailles avec des ovules nus ; de là le nom de Gymnospermes (voyez ce mot) donné aux Conifères, Les Conifères habitent principalement les régions tempérées de l’hémisphère boréal.

Le cap de Bonne-Espérance et l’Australie en fournissent aussi un certain nombre d’espèces.

Quant aux usages, ils sont précieux, surtout par le bois qui s’emploie considérablement dans la construction; tels sont les bois de sapin, de pin, de mélèze, de cèdre, etc. Les Conifères donnent aussi des résines en abondance. On obtient de plusieurs de ces arbres l’essence de térébenthine. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux tribus ou familles énoncées ci-dessus.

Travaux monographiques : — L. C. Richard, Monographie des Conifères et des Cy codées — R. Brown,

dans le Voyage de King (appendice, 1825), a publié de savantes observations sur l’organisation de cette famille, ainsi que M. Lindley {Intr. to natur. ord .). G — s.

CONINE, CoNiciNE ou CicüTiiNE (Chimie) (C^W^Az). — Alcaloïde qu’on retire de la grande ciguë {coniummaculatum). C’est un liquide incolore, d’aspect oléagineux, d’odeur nauséabonde, ayant pour densité 0,89, entrant en ébullition à 170®; sa Wmule correspond à 4 volumes. Exposée au contact de l’air, la conine s’altère peu à peu en se résinifiant, môme quand elle est unie aux acides. Par l’acide azotique ou les autres agents d’oxydation, elle est promptement détruite et fournit toujours de l’acide butyrique en proportion notable. Un de ses caractères bien tranchés, c’est de se colorer, par l’acide chlorhydrique sec, en rouge violacé. — On obtient la conine en distillant l’eau alcalisée par la potasse sur les semences ou les tiges écrasées de la ciguë. Le produit de cette distillation saturé par l’acide sulfurique, contient un mélange de sulfate de conine et de sulfate d’ammoniaque. L’al cool froid sépare les deux sels en dissolvant le premier seulement ; il n’y a plus qu’à traiter le sulfate de conine par la potasse d’abord, par l’éther ensuite, pour isoler l’alcaloïde à l’état de pureté. — La conine est un poison irritant des plus actifs, comparable , pour l’énergie, à l’acide prussique; elle détermine l’asphyxie en éteignant l’innervation. On n’a guère employé jusqu’ici, en médecine, que l’extrait de ciguë.

La conine fut d’abord entrevue par E. Simon, et étudiée plus tard par Giesecke, Geiger et Ortigosa.

CONIROSTRES (Zoologie), Conirostres. Guv. — C’est le nom que l’on donne à la troisième famille d'Oiseauj) de l’ordre des Passereaux^ dans la méthode de Cuvier, à cause de leur bec fort, plus ou moins conique et sans échancrure. Ces oiseaux sont d’autant plus essentiellement granivores, que leur bec est plus fort et plus épais. Cuvier les divise en un assez grand nombre de genres :

1® les Alouettes; 2® les Mésanges; 11® les Bruants; 4® les Moineaux; 5® les Becs-croisés; 6® les Durbecs ;lo\es Colious; 8® les Pique-bœufs; 9® les Cassiques; 10® les Etourneaux . L’illustre maître ne voit pas de raisons sufîisantes pour en séparer ; i l®les Corbeaux; 12® les Rolliers; 13® les Oiseaux de paradis. Plusieurs de ces genres sont sous-divisés en sous-genres; ainsi, par exemple dans les Moineaux^ on trouve les sous-genres Tisserin., Moineau propre. Pinson, Linotte., Chardonneret, Veuve, Gros-bec, Pitylus, Bouvreuil. Ainsi des autres genres.

CONIUM (Botanique), kôneion des Grecs, cicuta des Latins. C’est notre Grande Ciguë. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères, sous-tribu des Smyrnées. Ce sont des plantes herbacées, bisannuelles, à tige maculée, cylindrique, racine fusiforme, feuilles décomposées; on en trouve dans toute l’Europe. On n’en connaît guère que deux espèces dont la principale est la Grande Ciguë, t

Ciguë tachetée. Ciguë offcinale {C. maculatum. Lin.), C’est une plante d’une odeur spéciale, fétide, d’un vert sombre, dont la tige fistuleuse et maculée de tâches rougeâtres est haute de 1“,G5 environ ; ses feuilles sont luisantes^ d’un vert foncé, à pourtours triangulaires, composées de folioles dentées ; ses fleurs, blanches, forment des ombelles très-ouvertes et assez nombreuses. On la trouve en France et dans presque toute l’Europe sur le bord des champs, dans les lieux frais, ombragés et incultes. On la distingue facilement du cerfeuil, auquel elle

ressemble du reste, par les taches rougeâtres de ses tiges, et surtout par l’odeur de toutes ses parties lorsqu’on les froisse entre les doigts. La ciguë contient un principe très-vénéneux contenu également dans plusieurs autres plantes de la famille des Ombellifères, auxquelles on a donné aussi le nom de ciguë (voyez ce mot). Ce principe est un alcaloïde que l’on appelé cicutine, conicine, conine (voyez Conine). Malgré ses propriétés vénéneuses, la ciguë a été employée en médecine dans un grand nombre de cas, et surtout dans les scrofules, les squirrhes, les cancers, certaines névralgies faciales, quelques sciatiques opiniâtres, etc. Son action thérapeutique est probablement due à ses propriétés sédatives de l’encéphale et du système nerveux et aussi à ce qu’elle a pour effet de provoquer la transpiration et d’augmenter la sécrétion des urines.

CONIVALVES (Zoologie). — Dans ses Leçons d'anatomie comparée. Cuvier avait donné le nom de Mollusques gastéropodes conivalves à un groupe qui renferme les genres Fissurelle, Patelle, CrépiduteeX Calyptrée.

CONJONCTION (Astronomie). — - Deux astres sont en conjonction quand ils ont la même longitude, et en opposition lorsque leurs longitudes diffèrent de 180® (voyez Ldne, Planètes, Phases'.

CONJONCTIVE (Anatomie), du latin conjungo, je joins avec. — Membrane muqueuse qui unit les paupières au globe de l’œil, d’où vient son nom ; elle part du bord libre de la paupière supérieure, où elle se continue avec la peau, recouvre toute l’épaisseur du bord libre, revêt la face postéro-supérieure du cartilage tarse (voyez ce mot) jusque sous l’arcade orbitaire; elle se réfléchit alors sur la partie antéro-supérieure du globe de l’œil, en formant un cul-de-sac entre lui et la paupière; elle adhère ensuite à la sclérotique (voyez ce mot) par un tissu de plus en plus serré à mesure que l’on approche de la cornée (voyez ce mot). Sur la cornée, l’adhérence est telle que plusieurs anatomistes ont nié son existence en ce point; de là, la conjonctive revêt la partie antérieuj-e de la paupière inférieure, comme à la paupière supérieure, jusqu’au cartilage tarse. Un petit repli semi-lunaire de la conjonctive à la partie interne du globe de l’œil semble être le rudiment de la troisième paupière de certains animaux , nommée membrane clignotante (voyez ce mot).

CONJONCTIVITE (Médecine). — C’est le nom que 1 ou

Fig. 617.— Cône dupininarilime.

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donne à l’inflamEnation de la conjonctive; elle peut être bornée à la portion qui tapisse la face interne des paupières; dans ce cas, elle prend le nom de blépharite^An grec blepharon^ paupière (voyez ce mot), ou bien elle s’étend au globe de l’œil et se confond avec l’inflammation de cet organe et constitue Vophthalmie (voyez ce mot).

CONJUGAISON (Anatomie). -- On appelle from de coiiju(j(i.ison une rangée de trous situés sur les parties latérales de la colonne vertébrale, et qui résultent de la réunion des écliancrnresque présentent les vertèbres. Ces trous donnent passage aux paires des nerfs spinaux qui naissent de la moelle de l’épine.

CONJUGUÉES (Botanique), du latin confngatus, accouplé, dérivé, du latin cwm. avec,. /wit/o, je joins. — -Se dit des feuilles composées, pennées, dont les folioles sont attachées par paires. Parmi les feuilles conjuguées, on distingue celles qui sont unijuguées^ quand le pétiole porte une seule paire de folioles, comme dans la fabagelle, les gesses des prés, à larges feuilles, des bois, etc.; bijuguées lorsque le pétiole porte deux paires de folioles comme plusieurs mimosa; trijuguées^ comme dans l’orobe tubéreux, la vesce en forme de gesse; guadrijaguées^ dans la casse à longues siliques ; enfin, multijuguées^ dans l’orobe des bois, le sainfoin cultivé (onobrychis saliva)^ l’astragale fausse réglisse, etc., etc.

Conjuguées (Botanique), du latin conjugare, accoupler, parce que dans ces plantes la reproduction s’opère par accouplement des articles de deux filaments rapprochés parallèlement, Zygnema , Kützing, du grec zugoô^ je joins. — Groupe d’algues qui habitent l’eau douce. Vaucher les a distinguées des Conferves à cause de ce. caractère d’accouplement. C’est à ce botaniste, à Charles et Ronjain Coquebert, et à Dillwin, que l’on doit les premières études microscopiques sur ces singulières productions.

CO.VNAISSANGE des temps (Astronomie). — C’est le titre du calendrier astronomique publié cliaque année par le bureau des lougitudes, à l’usage des astronomes et des navigateurs. Ce recueil fut rédigé pour la première fois, en l(j79, par Picard, le fondateur de l’astronomie en France, et ensuite successivement par Lefebvre, Lieutaud, Godin, Maialdi, Jeaurat, Méchain,et enfin par le bureau des longitudes. Il a reçu depuis son origine beaucoup d’améliorations; il est loin, toutefois, d’égaler l’ouvrage du môme genre, publié en Angleterre, depuis 17o7, sous le nom de Nauficnl Almanach.

La Connaissance des temps paraît deux ou trois ans d’avance, afin que les navigateurs au long cours puissent s’en munir à temps. On y trouve, outre les éléments ordinaires du calendrier, les éphémérides des principaux corps célestes, les positions du soleil, de la lune, de quelques planètes, des principales étoiles qui servent aux marins pour déterminer l’heure, la longitude et la latitude. On y donne également l’annonce des éclipses, des occultations d’étoiles par la lune. L’ouvrage est terminé par des tables d’un usage fré{iuent, un tableau des longitudes des principaux points du globe, rédigé avec beaucoup de soin par M. Daussy; enfin, une explication pour faciliter l’usage de ces divers documents. E. B.

CONNARACÉES (Botanique), du grec konnaros., espèce d’arbrisseau épineux. — Famille de plantes Dicotylédones poty pétales, détachée des T'rébiathacées avec lesquelles elle était confondue. Ce sont des arbres ou arbrisseaux quelquefois grimpants, à feuilles alternes, composées d’une ou de plusieurs paires de folioles coriaces et entières, avec impaire sans stipules. Les fleurs en grappes ou en panicules axillaires ou terminales; elles ont un calice unique, partie persistant; pétales, 5; étamines en nombre double; 5 ovaires renfermant chacun 2 ovules collatéraux, dressés, et contenant 1-2 graines dressées. Les espèces de cette famille habitent toutes les régions intertropicales. On y trouve les genres Connare [Connarus., Lin.; Rouera, Aubl.) ; Roberyie {Robergia, Schreb.); Santaldides {Santaloides, Lin.); Omphalobium, Gærtn.; Tapomana. Admis.; Cnestis, .1.

CONNARE (Botanique), Connarus, Lin. — Genre type de la famille précédente, renfermant, entre autres, quelques espèces cultivées en Europe. Ce sont des arbrisseaux à feuilles alternes, folioles avec impaire, à fleurs blanches, en panicules axillaires. Le C. ailé (C. pinnaius, Cavan.) a les fleurs en panicules terminales et axillaires, calice velu, corolle blanche, pétales oblongs; fruits en capsules oblongues, un peu comprimées latéralement.

GONNÉ (Botaniq ne), abrégé de connexlus, lié, attaché.

Terme qui s’emploie pour désigner la soudure de par-

ties homogènes. Il est synonyme de conjoint, coadné. Les’ feuilles sont connées quand, opposées ou verticillées, sessiles, elles sont soudées entre elles par leur partie inférieure, comme, dans le cardère à bonnetier, la saponaire officinale, la casuarine, le chèvrefeuille des jardins. Dans ce sens, on emploie aussi le mot confluent (voyez-le). Les pétales sont cannés quand ils sont joints et soudés par leurs bords, mais si faiblement qu’on peut aisément les séparer sans lésion apparente du tissu, comme dans le stntice monopetala. Dans la vigne, ils sont connés au sommet, et par la base dans l’airelle oxycoccos. Les étamines sont aussi connées dans les Composées et les Malvacées.

CONNECTIF (Botanique), du latin connectere, souder.

— On nomme ainsi la portion du filet de l’étamine qui unit les deux loges entre elles. Cette partie est charnue, tantôt très- courte, tantôt large, de manière à éloigner les loges (mélisse à grandes fleurs). Dans la sauge, il est allongé, articulé sur le filet. Dans les lis, le connectif est contracté, c’est-à-dire qu’étant extrêmement court , il tient les lobes rapprochés. Il paraît ne pas toujours exister quand l’anthère est attachée sans intermédiaire sur le filet ou sur une partie quelconque de la fleur, comme dans les Aristoloches, les Oseilles, les Graminées, etc. Enfin, le connectif peut présenter diflerentes formes; il peut être oblong, ovale, avoir la figure d’un croissant, d’un cœur, d’un fer de lance, etc.

CONNIVENT (Botanique). — Se dit des parties des plantes qui, étant rapprochées, semblent faire corps ensemble. Les feuilles de l’arroche des jardins sont conniventes, parce que, opposées et redressées, elles s’appliquent contre la tige par leur face supérieure. Les dents du calice convergent entre elles par le sommet dans la trolle d’Europe, et sont dites par conséquent conniventes.

On dit aussi les anthères conniventes dans les morelles {sola?ium), par exemple, parce qu’elles sont tellement rapprochées qu’on les croirait soudées.

CONOGARPE (Botanique), Conocarpus , Gærtn., de kônos, cône, et karpos, fruit. Son fruit a la forme du cône de Faune. — Genre de plantes de la famille des Combrétacées, tribu des Terminaliées. Il comprend des arbres généralement peu élevés. Le C, dressé (C. erecta, . Humb., Bonpl. et Kunth) a les fleurs jaune pâle dispo- , sées en capitules paniculés. Il croît spontanément à la j Jamaïque et atteint environ lO mètres. On distingue plu- | sieurs variétés de cet arbre. L’une est dressée, à feuilles glabres ; l’autre a les tiges et les rameaux couchés ; enfin, \ la troisième se fait remarquer par ses feuilles soyeuses, t velues sur les deux faces.

CONOGLINE (Botanique), Conoclinium., de Cand., de i kônos, cône, et clinê, lit. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Eupatoriées, dont la prin- ,) cipale espèce est VEupatoire cœlestine {Cœlestina cœru~ ; lea [voyez le mot Gælestine]).

CONOIDE (Anatomie), qui a la forme d’un cône. — •

Les ligaments candides servent à attacher la clavicule à < l’omoplate. On donne le nom ûq dents candides 2k\xx dents , canines (voyez Clavicule, Dents).

CONOPS (Zoologie), Conops, Lin. — Genre d'insectes diptères, de la famille des Athéncères, tribu des Conop- i saires, caractérisé par des antennes droites en massue, ■ de trois articles ; trompe coudée à sa base, à trois arti- * des ; ce sont des insectes à tôle grosse, presque hémi- i

sphérique, les yeux grands, un peu ovales, le corselet ^ court, l’abdomen allongé, les pattes longues, minces, ' tarses à deux crochets avec deux pelotes au bout, les .-i ailes de la longueur de l’abdomen. Ils sont d’une yiya- < cité extrême ; on les trouve dans les jardins, les praines, l où ils se nourrissent du suc miellé des fleurs. Le C. a .

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grosse tête {C. macrocephala, Fab.) est noir, les antennes et les pieds fauves, la tête jaune, avec une raie noire, bord externe des ailes noir; quatre anneaux de l’abdomen bordés de jaune. Longueur, 0“,012. Il a l’apparence d’une guêpe. Le C. pieds fauves {C. rufipes^ Fab.) est noir aussi, avec les anneaux de l’abdomen bordés de blanc, les antennes noires. De môme taille que le précédent. On le trouve aux environs de Paris, l’été, sur les fleurs dans les prairies. Il vit à l’état de larve et de nymphe dans l’intérieur de l’abdomen des bourdons, et en sort par l’intervalle des anneaux.

CONOPSAIRES (Zoologie), Conopsariæ^ Latr. ^ — Tribu d’insectes diptères^ famille des Athéricères^ qui a pour caractères : trompe saillante, en forme de siphon, cylindrique ou conique, soit sétacé. La plupart de ces insectes se tiennent sur les plantes. Dans les uns, la trompe est simplement coudée à sa base; ils constituent les genres Conops, Toxophore, Zodion, Stomoxe. Dans les autres, la trompe est coudée deux fois, à sa base et à son milieu ; ce sont les genres Myopeet Bucente.

CONQUE (Anatomie), du grec konchê, coquille. — On appelle ainsi une excavation en forme d’entonnoir, qui occupe à peu près le centre de la face externe du pavillon de l’oreille, plus rapprochée de la partie inférieure que de la partie supérieure. Sa forme et son évasement sont bien connus. La conque présente dans son fond et à sa partie antérieure l’orifice du conduit auditif. Elle est limitée en avant par le tragus; en arrière et en bas par Vantitragus dont elle est séparée par une échancrure dite échancrure de lu conque; en arrière et en haut elle est limitée pav Yanlhélix (voyez Oreille).

Conque (Zoologie). — Les naturalistes français employaient autrefois ce nom pour désigner les coquilles bivalves, considérées d’une manière générale. Aujourd’hui, et surtout depuis les travaux de Bruguières, ce nom n’est plus usité que joint à une épithète qui alors est considérée comme nom spécifique, le mot Conque étant pris comme terme générique.

Conque anatifère (Zoologie). — C’est le nom vulgaire du tôt complexe, du genre Ânatife.

Conque exotique (Zoologie). — Espèce de coquille du genre Bucarde.

Conque sphérique (Zoologie). — Nom sous lequel on désigne quelquefois des coquilles du genre Tonne.

Conque de Vénus (Zoologie). — Les anciens donnaient plus spécialement ce nom aux coquilles du genre Porcelaine. D’autre part , il a été donné par les modernes à un grand nombre d’espèces du genre Vénus. Ainsi :

Conque de Vénus malépiciée ; c’est la Venus' verrucosu., Lin.

Conque de Vénus orientale; la Venus dysera,QA\eraxi.

Conque de Vénus a pointe ; la Venus dione. Lin.

Conque DE Vénus sans pointe; le Cardium pectinaium. Lin.

Conque (Botanique). — Ce nom a été donné à plusieurs espèces de Champignons; ainsi la C. marine est une Irémelle coriace qui croît sur les saules ; la C. oreille est une famille de Chan, pignons établie par Paulet, qui comprend ; la C. oreille de Judas; la C. marine; la C. oreille frisée; la C. petite oreille de cochon., etc.

CoNQüF.s (Zoologie). — Famille de Mollusques bivalves (Conclu fères), établie par Lamarck (elle n’est pas adoptée dans le Règne animal)\ ce sont des coquilles bivalves non bâillantes, à dents cardinales, divergentes ou nulles. Elle contient les genres Galathée , F luvicole , Cyclad Diacanthine, fluviatiles, et plusieurs genres marins.

CONSANGUINITÉ. — Voyez Races.

CONSÉCUTIF (Médecine). — On appelle phénomènes ou accidents consécutifs divers troubles des fonctions, qui persistent ou qui surviennent après une maladie, et qui en sont les effets. Ils peuvent avoir commencé avec la maladie, s’être montrés pendant son cours ou à son déclin, ou ne se montrer qu’après sa terminaison.

CONSEILS d’hygiène publique et de salubrité (Hygiène). — Avant 184M, quelques grandes villes avaient Senti le besoin d’instituer des conseils locaux, chargés de surveiller et de sauvegarder la santé publique. Paris avait donné l’exemple de cette utile création; par un arrêté du 6 juillet 1802, le préfet de police Dubois avait constitué un conseil de salubrité composé de quatre membres; le 2G octobre 1807, ce conseil, porté à sept membres, reçut une multitude d’attributions, telles que les halles et marchés, les cimetières, les voiries, les chantiers d’équarrissage, les amphithéâtres de dissection, les vidanges, les égouts, etc. Après avoir subi différentes modifications en 1828 et en 1832, il a été compris défi-

nitivement dans la nouvelle organisation postérieure à 1848. Pendant ce temps-là, des conseils analogues avaient été institués à Lyon en 1822, à Marseille en 1825, à Lille et à Nantes en 1828, à Troyes en 1830, à Rouen et à Bordeaux en 1831 ; enfin, plus tard à Versailles, à Toulouse; dans le Nord, cette institution s’était étendue aux arrondissements; enfin, en 1836, le ministre du commerce saisissait l’Académie de médecine d’un plan d’organisation d’ensemble qui, resté sans application, a très-probablement inspiré quelques-unes des dispositions du décret de 1848.

Organisai ion actuelle des conseils d’hygiène et de salubrité. — Par arrêté du 18 décembre 1818, il est établi dans chaque arrondissement un conseil dit d’arrondissinnent, et au chef-lien de préfecture un conseil de département; de plus, des commissions d’hygiène publique pourront être établies dans les départements. Le conseil de département donne son avis sur les questions qui lui sont renvoyées par le préfet, sur celles qui concernent plusieurs arrondissements; de plus, il centralise et r.üordonne les travaux des conseils d’arrondissement. Dans le nombre des membres de ces conseils, l’élément médical entre pour moitié, y compris un vétérinaire, quelquefois deux. Parmi leurs principales attributions, on doit citer ; l’assainissement des localités et habitations ; le soin de prévenir et de combattre les épidémies, les maladies endémiques, les épizooties; tout ce qui a trait à la vaccine; les secours médicaux aux indigents; la salubrité des ateliers, écoles, hôpitaux, prisons, etc. ; les enfants trouvés; les aliments, boissons, condiments, etc. ; les établissements d’eaux minérales; les grands travaux d’utilité publique; la mortalité, etc. Le département de la Seine avait été laissé en dehors de cette organisation, et devait être l’objet de dispositions spéciales; en effet, par un décret du 15 décembre i851, cette lacune a été comblée : Le conseil de salubrité établi près la préfecture de police conserve son organisation actuelle; il prendra le titre de conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine (ce sont les termes de l’art. 1®' du décret). En outre, il est établi dans chaque arrondissement municipal de Paris, et dans chacun des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis, une commission de neuf membres, parmi lesquels le corps médical ne fournit que deux médecins au moins,^ et un vétérinaire. Les attributions de ces conseils sont à peu près les mômes que ci-dessus. Enfin, ce système est complété par l’établissement d’un comité consultatif d’hygiène publique, près du ministère de l'agriculture et du commerce : créé par un décret du 18 août 184 S ce comité a été modifié par un autre décret du l®‘‘ février 1S5I ; il est chargé spécialement des quarantaines et des services qui s’y rattachent, des épidémies et de l’amélioration des conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles, de la propagation de la vaccine, de la police médicale et pharmaceutique, etc., etc. Pour plus de détails, voyez le Diction-r nuire d’hygiètie publique et de salubrité^ par Ambroise Tardieu.

CONSEIL DE santé de l’armée, de la marine (Hygiène) — Voyez Service de santé mu.h aire, Service de santé mari MAie

CONSERVATION en général (Chimie appliquée). — Chez tout être vivant, végétal ou animal, les modifications que subissent les éléments constitutifs sont le résultat d’assimilations el de désassimilations successives. Il en est tout autrement des actions qui tendent à modifier la composition des êtres organisés, quand la vie a cessé de les animer. Alors ces substances, en raison de leur composition, subissent avec une facilité plus ou moins grande une série de décompositions auxquelles on a donné différents noms, fermentation acide., fermentation alcoolique, putréfaction, etc. La prédominance des matières azotées , dans la composition des substances organiques, rend ces phénomènes de décomposition d’autant plus prompts; il fait en outre pour qu’ils s’accomplissent le concours de trois autres agents : l’eau, la chaleur et l’air. L’action simultanée de ces quatre forces est indispensable pour que les phénomènes de décomposition dont nous parlons se produisent. Il suffit, en effet, de soustraire les matières organitiues à l’action d’un seul de ces agents pour que la marche régulière de la décomposition soit enrayée pour un temps plus ou moins prolongé.

Les matières organiques qui ne contiennent pas d’azote ne sont pas sujettes à la décomposition putride : le sucre, la gomme, les huiles, les fécules, sont dans ce

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cas ; on s’est môme servi de ces substances pour opérer la conservation, et quelques-unes sont d’un emploi journalier.

La conservation par la glace est un procédé fréquemment mis en usage, surtout pour le transport des poissons et la conservation des viandes; cependant il n’est applicable que dans des conditions particulières très-restreintes. Il offre, du reste, cet inconvénient que nous retrouverons souvent en traitant des conserves, que les produits, une fois qu’ils cessent d’ôtre soumis à son action, entrent en décomposition avec une grande rapidité ; en outre, les tissus qui ont été soumis à la congélation sont désagrégés et sans aucune fermeté.

La conservation dans le vide, véritable expérience de laboratoire, n’a jusqu’à présent donné lieu à aucune application industrielle.

Il n’en est pas de môme des procédés qui ont pour base la soustraction de l'eau qui entre dans la composition des matières organiques; la dessiccation des fourrages, des grains, du houblon, des plantes médicinales, etc., est pratiquée de temps immémorial. Appliquée aux substances organiques animales, la dessiccation est également un procédé très-anciennement connu : dans les pays à esclaves, on nourrit les nègres presque exclusivement avec des viandes qui ont été simplement séchées au soleil (carne sèche). Ces viandes sont préparées à Buénos-A}^res et à Montévidéo ; elles sont pe.u hygrométriques, mais la petite quantité de graisse qu’elles contiennent, et qui finit par rancir, leur communique un goût désagréable.

Les basses viandes, les déchets d’abattoirs, le sang et les débris de poissons, desséchés et pulvérisés, constituent un engrais des plus riches.

On voit donc, par ce qui précède, que l’on peut arriver à conserver des substances organiques animales ou végétales pendant un temps plus ou moins long, uniquement par la suppression de l’eau ou de la chaleur. Nous verrons, en pariant des co7iserves par la méthode Appert, que la raréfaction de l’air assure le môme résultat. Nous pouvons môme ajouter que la décomposition de l*air et l’absorption d’un de ses éléments suffisent : ainsi, M. Lamy a proposé de conserver les viandes et les légumes en les plaçant dans un milieu d’acide sulfureux, ce gaz absorbant l’oxygène de l’air pour se transformer en acide sulfurique.

Enfin, en parlant des embaumements et des salaisons^ nous verrons qu’il est également possible de conserver les substances en transformant en imputrescibles les principes immédiats qui, par leurs altérations, déterminent les phénomènes de fermentation et de putréfaction (voyez Conserves, Embaumements, Salaisons). D"' G.

CONSERVES. — Depuis une quarantaine d’années, on a donné plus particulièrement le nom de conserves aux substances alimentaires, végétales ou animales, préparées par la méthode d’Appert et renfermées dans des vases hermétiques de verre ou de fer-blanc ; cependant, dans ces derniers temps, on l’a étendu aux substances alimentaires conservées par dessiccation et par d’autres procédés.

Procédé Appert. — Les premières applications du procédé de conservation d’Appert datent de 1K04; exploité d’abord par son auteur pour le compte du gouvernement, il fut bientôt mis en pratique sur une très-grande échelle, et les produits qu’il donne aujourd’hui sont une branche importante de commerce de laquelle la France a longtemps conservé le monopole. Voici en quoi ce procédé consiste :

« 1“ A renfermer dans des bouteilles ou bocaux, ou dans des boîtes de fer-blanc et de fer battu, les substances que l’on veut conserver; 2“ à boucher ou à souder ces vases avec la plus grande précision ; car c’est surtout de cette opération que dépend le succès ; 3" à soumettre les substances ainsi renfermées à l’action de l’eau bouillante d’un bain-marie pendant plus ou moins de temps, selon leur nature. »

Ces substances doivent être préparées d’après les recettes de l’art culinaire avant d’ôtre introduites dans les boîtes. Appert donne à ce sujet, dans son ouvrage, des détails relatifs à chaque aliment. On peut préparer de la sorte des viandes, des poissons, des légumes et des fruits.

Chose assez singulière, le procédé Appert, qui donnait des résultats si constants dans les mains de l’inventeur, puis chez les premiers applicateurs, laisse aujourd’hui beaucoup à désirer.

Appert se servait primitivement d’un bain-marie dé-

couvert ; il dut lui-môme, pour rendre la conservation plus certaine, fermer son bain-marie pour en élever la température. Les fabricants ont par toute espèce de moyens et successivement élevé encore davantage la température à laquelle sont exposées les boîtes dans le bain, et cependant les pertes éprouvées par eux sont considérables. On ne sait à quoi attribuer ces échecs.

Dans les ménages, on peut préparer, en suivant le procédé décrit par Appert, des conserves de légumes et de fruits pour les approvisionnements de l’hiver. Il est à remarquer que, dans ces conditions restreintes, les bouteilles ou les boîtes que l’on perd sont moins nombreuses que dans les grandes exploitations. Les pertes se manifestent quelquefois dans les vingt-quatre heures qui suivent la préparation, mais le plus souvent dans le courant des premiers mois. Lorsqu’on opère sur des boîtes en ferblanc, au sortir du bain, le fond et le couvercle de ces boîtes sont bombés ; cette convexité disparaît par le refroidissement. Si elle vient à se reproduire plus tard, la conserve est perdue, car c’est le signe que la fermentation s’y est développée. Cette fermentation est beaucoup plus difficile à voir, quand on opère sur des vases inflexibles, en verre ou en grès.

Indépendamment des pertes fréquentes, on reproche aux conserves Appert de contracter, au bout de quelque temps, un goût de fer-blanc assez prononcé ; en outre, quand les boîtes ont été ouvertes, il faut en consommer rapidement le contenu. Néanmoins, ces préparations constituent un bon aliment, mais dont on se fatigue facilement.

Le procédé Appert a été perfectionné par ses successeurs ; aujourd’hui, on opère la cuisson des boîtes et des bouteilles dans des autoclaves ou dans des bains dont la température est portée à U2“.

Procédé Fasfier. — Ce procédé est plutôt une Heureuse modification du procédé Appert, qu’une invention nouvelle ; il s’applique plus à la conservation des viandes qu’à celle des légumes et des fruits pour lesquels il n’a pas toujours donné des résultats aussi satisfaisants.

On introduit dans les boîtes les viandes crues, avec l’assaisonnement nécessaire, et on remplit de bouillon, puis, après en avoir soudé le couvercle, on les soumet à l’ébullition dans un bain de chlorure de calcium dont la température a été portée entre 112 et 118” cent. Les boîtes ne plongent pas en entier dans ce bain, et à leur couvercle est ménagée une petite ouverture par laquelle s’échappent les gaz et les vapeurs. Par la dilatation, le bouillon contenu dans les boîtes tend aussi à en sortir et passe dans un gobelet qui leur est superposé. Quand la cuisson est jugée suffisante, on relève les boîtes en dehors du bain ; le refroidissement brusque qui se produit aloi s détermine la rentrée du bouillon, qui les remplit de nouveau. On redescend les boîtes au môme point dans le bain ; l’ébullition recommence ; un jet de vapeur sort par la petite ouverture, et c’est sur ce jet de vapeur qu’un ouvrier laisse tomber un grain de soudure qui ferme hermétiquement la boîte. Il y a là un coup de main difficile. Les boîtes ainsi fermées sont plongées en entier dans le bain, pendant un temps suffisant, pour en parfaire la cuisson. Le procédé de M. Fastier permet de fabriquer des boîtes d’une grande dimension. Les viandes conservées par ce procédé sont incomparablement supérieures à celles préparées par la méthode d’Appert.

Procédé de Lignac. — En 1854, M. de Lignac a été chargé par le ministère de la guerre de fabriquer des conserves de viandes par un procédé dont il est l’inventeur. Ces viandes, dites concentrées et comprimées.^ sont préparées de la manière suivante : La viande étant découpée en petits cubes de 0‘«,02 à 0™,()3 de côté, est desséchée dans des étuves à courant d’air chaud, jusqu’à ce qu'elle ait perdu 50 p. 1 00 de son poids ; elle est alors introduite dans des boîtes en fer-blanc et y est fortement <iomprimée; les vides laissés par la viande sont remplis par du bouillon concentré, et la boîte est soudée et hermétiquement fermée. Les boîtes sont alors plongées dans un bain de chlorure de calcium dont le point d’ébullition est à 112” cent., ou dans un autoclave dont la température est élevée au môme degré. Quand la cuisson est terminée, les boîtes, lavées et essuyées, sont prêtes à être expédiées.

Les avantages que présente ce procédé sont les suivants : La viande, en perdant 50 p. 100 de son poids, a perdu également moit’é de son volume; il en résulte que, dans une boîte d’un litre, on fait entrer l kil. de viande préparée, qui représente 2 kil. de viande fraîche. Le bouillon introduit dans la boîte augmente encore la

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quantité de substance alimentaire qui y est contenue. Par ce procédé, on économise enfin 50 p. 100 sur l’emballage et les frais de transport.

-La conservation de ces viandes est parfaite et les produits extrêmement savoureux.

Conserves par dessiccation. — Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons dit dans les généralités sur la conservation des viandes par dessiccation, quoiqu’un nombre considérable de tentatives aient été faites pour introduire ces produits dans la consommation.

Le procédé de M. Frichou, dont on a beaucoup pa,rlé, consistait à dessécher les viandes dans une étuve, et, après qu’elles avaient perdu la presque totalité de leur eau de composition, à les soumettre à l’action d’une forte presse hydraulique, au sortir de laquelle elles avaient la consistance de la pierre.

La farine ou poudre de viande qui a été préparée au moment de la guerre de Grimée, pour le compte du gouvernement français, les viandes séchées et recouvertes d’un enduit gélatineux, résineux ou gommeux ; tous ces produits peuvent être jugés de la môme manière : les viandes séchées reprennent très-difficilement l’eau qu’elles ont perdue ; elles restent filandreuses et coriaces, quel que soit le procédé que l’on emploie pour les faire revenir; en outre, comme nous l’avons déjà dit, après quelques mois de fabrication, elles prennent un goût et une odeur de graisse rance insupportables,. Nous ajouterons enfin qu’elles sont attaquées très-facilement par les insectes.

Les enveloppes gélatineuses appliquées sur des viandes fraîches ne constituent pas un moyen de conservation, à peine peuvent-elles suffire à préserver ces viandes pendant quelques jours de l’action de l’air et de la chaleur.

Légumes secs. — Nous avons dit aux généralités que l’on pouvait conserver les légumes, les fourrages, le houblon, les plantes médicinales, soit en les desséchant par l’exposition au soleil, soit en les exposant dans des endroits bien aérés, soit enfin dans des étuves. Ces deux derniers systèmes ont donné lieu à de grandes exploitations industrielles dont nous avons à parler ici. En 1 860, M. Masson soumit à l’action d’une presse hydraulique des choux préalablement desséchés dans une étuve. Le procédé de dessiccation était ancien et très-connu ; le système de réduction de volume et d’emballage était une application heureuse et nouvelle des procédés de conservation et d’emballage des fourrages, présentés par M. le général Morin. A la même époque, J. N. Gannal appliqua à la dessiccation en général, et particulièrement à celle des légumes, un appareil dont il était l’inventeur et qui activait considérablement cette opération. M. Chollet., réunissant ces deux procédés qui se complétaient, a été le véritable créateur de l’industrie de la conservation des légumes par dessiccation.

Ces procédés ont été perfectionnés par la cuisson préalable au moyen de la vapeur. En voici la description : Les légumes, après avoir été épluchés et lavés avec soin, sont introduits dans un appareil que l’on ferme hermétiquement. Au moyen d’un robinet, la vapeur provenant d’un générateur à une pression de cinq atmosphères pénètre dans cet appareil. En quelques minutes, les légumes qui y sont contenus sont complètement cuits; on arrête la vapeur, on ouvre l’appareil et on étale les légumes, qui en sont retirés, sur des châssis en canevas ayant un mètre carré, et qui sont alors rangés dans une sorte d’armoire-étuve. Ces armoires sont traversées par un courant d’air chaud extrêmement rapide, et en quelques heures la dessiccation est complète.

A cet état, il serait impossible de comprimer ces substances sèches qui se briseraient et se réduiraient en poussière; on les laisse donc exposées à l’air pendant * quelque temps ; elles reprennent suffisamment d’humidité pour pouvoir être soumises sans se briser à l’action des presses hydrauliques, au sortir desquelles elles ont l’aspect de galettes ayant une densité égale à celle du bois de chêne. Ces tablettes enveloppées de papier sont rangées dans des caisses métalliques et livrées au commerce.

Pour en faire usage, il suffit de les traiter comme des légumes frais, mais elles demandent un temps de cuisson plus prolongé. Ces produits ont rendu d’immenses services; sous un très-petit volume, ils représentent une énorme quantité de substance alimentaire (40000 portions dans un mètre cube).

Conserves au vinaigre. — Les viandes de boucherie, la venaison, les poissons et les légumes se conservent.

i les premières pendant plusieurs semaines, les derniers pendant plusieurs mois, lorsqu’on les plonge simplement dans du vinaigre concentré, additionné de sel ; mais il est préférable de faire cuire ces substances dans de l’eau salée et de les mettre dans le vinaigre après les avoir bien laissées égoutter; quelquefois môme on versa dessus du vinaigre bouillant.

Ces préparations ne sont bonnes que comme condiments, surtout après qu’elles ont séjourné longtemps dans le vinaigre ; elles n’ont plus alors que le goût de cet acide, et si, à petite dose, elles peuvent avoir une action stimulante sur les voies digestives, il n’est pas douteux que, prises comme aliment, elles délabreraient rapidement l’estomac.

Le continuateur de Carême attribue cette propriété conservatrice du vinaigre, mélangé ou non de sel, à l’absorption d’une partie de l’eau de composition des substances à conserver. Il est plus probable qu’elle tient à la coagulation des principes liquides putrescibles qui sont contenus dans les matières animales et végétales, tels que l’albumine animale, l’albumine végétale, etc.

Conserves a l’eau-de-vie. — On n’utilise ce mode de conservation que pour quelques fruits. La préparation de ces conserves varie suivant la consistance des fruits. Tantôt, après les .avoir essuyés, on les jette dans de l’eau bouillante, puis on les plonge dans l’eau fraîche, après quoi 011 leur donne un second bouillon et on les met à égoutter sur un tamis; ceci fait, on les laisse cuire quelques instants dans du sirop de sucre cuit au perlé, ou bien on verse le sirop bouillant sur les fruits (opération que l’on répète plusieurs fois pour les poires) ; on les fait alors égoutter de nouveau et on mêle l’eau-de-vie au sirop, après l’avoir ramené au perlé. Enfin, on verse ce mélange sur les fruits que l’on a préalablement rangés dans un bocal (abricots, prunes, poires).

Tantôt on fait seulement cuire en plusieurs fois les fruits dans le sirop avant de les mettre dans le bocal avec le liquide indiqué plus haut (pêches).

Tantôt enfin on verse froid sur les fruits le mélange de sirop de sucre et d’eau-de-vie (cerises).

Ainsi préparés, les fruits se conservent plusieurs années.

Conserves de lait. — On peut conserver le lait par la méthode d’Appert, on obtient par ce moyen des produits qui sont bons dans les premiers temps de leur fabrication, mais qui ne tardent pas à s’altérer par la séparation des éléments de ce liquide.

Procédé de Lignac. — M. de Lignac prépare des conserves de lait par la méthode suivante. Il fait évaporer lentement, au moyen d’appareils spéciaux, le lait préalablement additionné de 10 p. 100 de sucre blanc. Quand le produit a la consistance du miel, il le met d'ans des boîtes de fer-blanc qui, après avoir été fermées, sont passées au bain-marie ou à l’autoclave. Ce lait, dissous dans trois fois son poids d’eau, donne un excellent produit; les boîtes ouvertes peuvent se conserver quinze jours.

Procédé Grimewade. — Ce procédé, patenté en Angleterre, consiste à évaporer rapidement le lait additionné d’un peu de sucre et de carbonate de soude dans des bassines que Ton remue tout le temps de Topération. Quand le lait a la consistance de la mélasse, on le chauffe à environ 160® dans des vases émaillés, jusqu’à ce qu’il ait la consistance d’une pâte ferme; alors on le fait passer entre des cylindres en granit, qui le transforment en minces rubans que Ton pulvérise à l’aide de meules. Cette poudre, enfermée dans des flacons bien bouchés, se conserve très-longtemps et donne d’excellent lait lorsqu’on la fait chauffer avec huit fois son poids d’eau.

Conservation du beurre. — Appert conservait du beurre eu le soumettant à la chaleur d’un bain de vapeur, pour en séparer le petit-lait; après décantation , il le renfermait dans des bouteilles ou dans des boîtes.

On conserve le plus ordinairement le beurre, soit en le mêlant avec du sel (I kil. pour i2 à 20 kil.), soit en le fondant au bain-marie ou à feu nu. Après avoir été préparé par Tun ou l’autre de ces procédés, il doit être foulé avec soin dans des pots que Ton bouche avec du parchemin. On a récemment proposé le procédé suivant : On met dans une boîte de conserve en fer-blanc la moitié de^ ce qu’elle peut contenir de beurre ; on achève de remplir avec de Teau, et, au moment de souder la boîte, on ajoute deux petits paquets servant à faire Teau de ScJtz. Ce procédé très-simple donne de bons résultats (voyez Beurre).

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