DES TERRAINS CRÉTACÉS
Craie
Etage Dan 1 EN.
blanche...^ Étage SÉNONIEN
Craie
marneuse..
Craie verte ou
chloritée. .
Grès vert. .
Etage
Aptien.
LOCALITES
OU s’observent les types dü ces couches en France snhant A. d’Orb'gnj.
Étage
Turonien.
Étage
’ CÉNOMANIEN
Etage
Albien.
Dépôts \
wealdiens. | Étage Dépôts néo- / Néocomien.
comiens. )
Laversines (Oise); Meudon
(S";iie-et-Oise)
’Epernay; Meudon; Sens;' Vendôme; Cognac; Saintes )
Üchaux (Vaucluse) ; Montrichard (Loir-et-Cher) ; Saumur; Tours; Montagne-des-Cornes(Aude); les Martigues (Bouchesdu Rhône) ; le Beausset
(Var)
Le Mans; Saint-Calais (Sarthe) ; Cap-la-Hè ve (Seine • Inférieure); l’Isle-d’Aix, Fouras (Charente-Inf.) ; Seignelay (Yonne) ; la
Malle (Var)
Wissant (Pas-de-Calais) ; Novion (Ardennes) ; Varennes (Meuse) ; Géraudot (Aube) ; Saint-Florentin (Yonne) ; la perte du Rhône (Ain) ; Escra-
gnolles (Var)
Gargas, près d’Apt (Vaucluse); La Grange-au- Ru, près de Vassy (Hte- Marne) ; Gurgy (Yonne); Hièges, Saint-André de MéouiUe (Basses-Alpes), f Vendeuvre (Aube); St-Sau- ' veur, Fontenoy (Yonne) ; Chàteauneuf-de - Chabre (Hautes-Alpes)
Total
ÉralaalioD
appmimat
da
maiimnin
d'épaisseur
des
couches.
15 mèt.
Nota. — On observe la série complète des étages ou couches crétacées, en marchant de Vassy (Haute-Marne) à Vertus (Marne).
Les terrains crétacés renferment de nombreux fossiles qui annoncent la population maritime de vastes et profonds océans au fond desquels ont dû se déposer ces couches ; çà et là, à l’embouchure des rivières, se sont formésdes dépôts restreints où des animaux d’eau douce ont laissé leurs dépouilles (dépôts wealdiens). Les couches néocomiennes sont riches en coquilles de diverses espèces d’’ Huîtres et d’animaux peu différents nommés Exogyres,. en Oursins, en débris de Polypiers. Sur les rivages des mers de cette première époque, la plus longue de la période crétacée, vivaient des Oiseaux échassiers, des Jortues, des Ptérodactyles, derniers représentants de cegroupe destiné à disparaître avec la période secondaire, des grands Reptiles de différents genres (iguanodon) et de taille souvent considérable. Les dépôts wealdiens no\x^ ont conservé les restes de ces animaux terrestres avec des Coquilles et des Poissons d'eau douce, xsec les débris des végétaux {Fougères, Cycadées, Conifères) qui couvraient les îles et. les rivages des continents. Le gixs vert et la craie verte abondent en Coquilles marines, parmi lesquelles divers genres de coquilles cloisonnées de Mollusques céphalopodes {Ammonites, Turrilites, Baculites); on y trouve aussi un grand nombre des dents de poissons marins du groupe des Vi'ais squales, dont quelques-uns ont dû avoir des proportions gigantesques. Les mers où se sont foi’rnées les couches de la craie marneuse avaient une circonscription notablement différente de celles qui les ont
LRÊ GRÉ
précédées et étaient habitées par un grand nombre de Mollusques {Nautiles, Ammonites, Pleurotomaires ,Hippurites), d' O ur sms, de Madrépores ; une riche végétation ligneuse ombrageait les terres.' La craie blanche contient des restes de Poissons sturioniens, plectognathes, malacoptérygiens inconnus aux époques plus anciennes; les derniers représentants des Ammonites et des groupes voisins de Céphalopodes. Les rivages de cette époque jiourrissaient des Oiseaux (Bécasses) et des Reptiles de grande taüle {Mosasaures, Crocodiles). (Voy. Fossiles).
La carte ci-jointe fait connaître la distribution géographique des terrains crétacés en France et en Angleterre ; on les retrouve en Belgique, en Hollande, en Prusse, en Westphalie, en Hanovre, en Saxe, en Bohême, en Pologne, en Suède, en Bulgarie, dans les provinces danubiennes ; ils forment une partie considérable du sol asiatique et du continent américain. Ad. F.
CRÊTE (Zoologie), du latin crista, crête. — On nomme ainsi une caroncule comprimée souvent de couleur rouge que l’on observe sur la tête de divers oiseaux, le coq, par exemple. Certains reptiles ou amphibies portent aussi le long de la ligne supérieure du dos, ou seulement de la queue, un repli cutané plus ou moins élevé qui porte aussi le nom de crête.
Crête (Botanique). — On nomme ainsi une sorte d’appendice de l’étamine situé à la base de chacune des loges de l’anthère et se présentant sous la forme de petites lames plus ou moins crispées et irrégulièrement dentées qui représentent à peu près la forme de la membrane
qui recouvre la tête du coq. Cette particularité se rencontre dans les bruyères, et les antlu’ res qui sont pourvues de cet appendice sont dites en crête ou cristées.
CRETELLE (Botanique). — Voyez Cynoscre.
CRETIN, Crétinisme (Médecine), étymologie peu connue. — Le crétinisme est une dégradation particulière de l’espèce humaine, caractérisée par l’idiotisme, la petitesse de la taille, celle de la tête, l’existence d’un goitre plus ou moins volumineux (voyez Goitre) et par sa fréquence dans certaines contrées où il est endémique.
L’étymologie de ce mot n’est pas facile à déterminer ;. doiton le faire venir de chrétien., parce qu’étant simples et humbles, les crétins étaient révérés autrefois dans le Valais comme des saints? ou bien parce qu’ils sont trèspieux, d’où leur serait venu le nom de cagots, sous lequel on les désigne aussi? Doit-on adopter l'opinion de ceux qui le font venir du mot crête, parce qu’ils habitent sur les crêtes des montagnes? On ne peut décider la question. Il y a dans le crétinisme des nuances infinies. Depuis l’imbécillité la plus complète, depuis l’absence de toute intelligence, et une existence purement végétative, jusqu’à un état qui se rapproche de la santé parfaite, on trouve une foule de degrés intermédiaires.
Toutefois, les crétins ont des chairs molles et flasques, la peau flétrie, jaune, souvent couverte de dartres; ils ont une tête petite, aplatie sur les côtés, la langue épaisse et pendante, la bouche béante et laissant souvent écouler la salive, les yeux rouges, chassieux, le nez épaté, la figure écrasée, quelquefois bouffie, violacée; la plupart portent un goitre plus ou moins volumineux. Du reste, ils sont indolents, apathiques, d’une malpropreté repoussante,, lascifs, gourmands. Dans les familles aisées, où ils sont soignés et surveillés, les crétins ne présentent pas en général cet extérieur hideux et repoussant; il y en a môme qui sont assez bien constitués et qui sont seulement idiots et goitreux. Les crétins ne parviennent pas à la vieillesse :
ils meurent en général avant trente ans.
Le crétinisme est endémique dans les vallées profondes et resserrées du Valais, dans la Maurienne, la vallée d’Aost, dans une partie de la Suisse, des Pyrénées, du Tyrol, en Écosse, etc. De Saussure et le docteur Ferrus ont remarqué qu’il n’y a pas de crétins dans les hautes vallées, à l OUO ou l 200 mètres au-dessus du niveau de la mer ; c’est surtout dans les vallées profondes et humides qu’on les retrouve. On a beaucoup disserté sur les causes du crétinisme, sans résoudre la question d’une manière satisfaisante; les uns l’ont attribué à la qualité des eaux de neige dont les habitants des vallées font leur boisson habituelle ; plus récemment, on l’a rapporté aux eaux sortant des terrains magnésiens, qu’on a regardées comme cause du goitre et, pa suite, du crétinisme. M. Chatin l’a imputé à l’absence de l’iode dans les hautes vallées. De Saussure regardait comme une des causes les plus puissantes l’air échauffé, stagnant, étouflé et corrompu qu’on respire dans ces vallées étroites pendant les chaleurs de l’été: c’est en effet dans les villages les plus exposés aux rayons du soleil qu’on le rencontre
Fi?. 698. — Carte des continents et des îles en France et en Angleterre , à l’époqne crétacée. — 17 , Étage Néocomien. — 18, Étage Aptien. — 19, Étage Albien. — 20, Étage Cénomanien. — 21, Etage Turonien. — 22, Étage Danien.
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le plus fréquemment. Fodéré partage en partie cette opinion. Au milieu de cette divergence, il est difficile d’asseoir un jugement net et précis sur cette question, et il est préférable de rester dans le doute sur les causes du crétinisme. Voyez Goitre. F — n.
GREVASSE (Médecine), du mot crever. — On donne ce nom à de petites fentes peu profondes qui surviennent dans l’épaisseur de la peau, ou à l’origine des membranes muqueuses; les viscères creux, les cloisons et enveloppes membraneuses peuvent aussi être affectés de crevasses. Lorsque les crevasses siègent à la peau ou à l’origine des membranes muqueuses, on leur donne encore le nom de gerçures; on en rencontre aux lèvres, sous le nez, où elles sont le plus souvent déterminées par le froid, celles-ci cèdent très-bien à une température douce, à des onctions avec l’huile d’amandes douces, la pommade de concombre, etc. Celles qu’on observe aux pieds et aux mains sont le plus souvent liées aux engelures et réclament le traitement de cette affection (voyez Engelure). Les gerçures ou crevasses qu’on trouve à la marge de l’anus et qui constituent une maladie plus grave et toujours fort incommode et fort douloureuse, portent le nom de fissures (voyez ce mot) et demandent un traitement spécial. Les crevasses ou gerçures des seins se remarquent souvent chez les femmes qui nourrissent pour la première fois; ce sont de petites fentes ulcérées qui se trouvent à la base du mamelon et qui causent parfois des douleurs telles que les femmes sont obligées de renoncer à l’allaitement. On y remédie au moyen d’une décoction émolliente, de la pommade de concombre, de l’huile d’amandes douces, du beurre de cacao, quelquefois avec une petite addition d’opium, etc. Pendant ce temps, il faut le plus souvent suspendre l’allaitement, sauf à diminuer l’engorgement qui peut en résulter, en opérant la déplétion des seins devant un feu clair ou à la vapeur de l’eau chaude.
Les crevasses qu’on rencontre dans les organes creux affectent souvent l’urètre à la suite des rétrécissements de ce canal (voyez Rétention d’urine). On en rencontre aussi à Festomac, aux intestins, à la vessie, à la suite de violences extérieures ; lorsque ces fentes sont plus considérables, elles prennent le nom de rupture.
Crevasses (Vétérinaire). — Celles-ci se développent ordinairement dans le pli du paturon (voyez ce mot) du cheval, de l’àne et du mulet. Elles sont produites par le séjour sur le fumier pendant l’hiver, par le travail dans les chemins boueux ; elles cèdent ordinairement aux soins de propreté, à l’usage des émollients, puis des astringents, tels que l’onguent populeum, l’eau blanche. Quelquefois elles résistent à ces moyens, et on est obligé d’avoir recours en môme temps aux purgatifs et aux dérivatifs sur la peau. On donne encore le nom de crevasses ou de gerçures à celles qui se forment autour de l’anus ; celles que l’on observe au jarret sont connues sous le nom de malandres ; on appelle solandres celles du genou. Elles reconnaissent toutes les causes signalées plus haut et demandent le môme traitement. . F — n.
CRÈVE-VESSIE (Physique). — Appareil de physique servant à mettre en évidence la pression considérable exercée par i’air à la surface des corps. Il se compose d’un vase creux, muni d’une large ouverture sur laquelle on tend une vessie, et d’une seconde ouverture par laquelle on peut y faire le vide. Tant que l’appareil est plein d’air, la membrane est également pressée sur ses deux faces et reste plane ; mais dès qu’on commence à y faire le vide, la pression intérieure va en diminuant, tandis que la pression extérieure reste constante. Celle-ci devient donc prédominante ; la membrane se tend violemment et finit par éclater en produisant l’effet d’une explosion, qui est ici due à la rentrée subite de l’air dans l’appareil .
CREVETTE, Chevrette (Zoologie), Gammarus., Fab. — Genre de Crustacés de l’ordre des Amphipodes, tribu des Crevettims qui ne forme dans le Règne animal de Cuvier, qu’un sous-genre du grand genre Crevette de Fabricius. Il ne faut pas confondre ce petit crustacé avec les crustacés marins que nous mangeons et qui, sous le nom de crevettes.^ abondent surnos marchés. Ceux-ci, en effet, appartiennent à l’ordre des Décapodes et ont été rangés par les naturalistes dans les genres Crangon et Palémon (voyez ces mots). Les Crevettes des naturalistes sont de petits crustacés qui ont les quatre pieds antérieurs en forme de petites serres, avec la griffe ou le doigt mobile se repliant en dessous ; ils ont, du reste, tous les autres caractères indiqués au mot Amphipodes. On les trouve en abondance dans les eaux douces, mais pures, ou môme dans la mer, j
L’espèce la plus connue est la C. des ruisseaux [G. pulex., Fab.; Cancer pulex., Lin.), longue de 0™,015, d’un jaune couleur de rouille; ellenagetoujourssurlecôté;elleabonde dans les ruisseaux d’eau limpide, où elle se fait remarquer par ses brusques mouvements. Sa présence est regardée avec quelque raison comme une preuve de la pureté des eaux. Elle est très-nuisible au frai de poissons, qu’elle détruit rapidement.
CREVETTINES (Zoologie), Gammarinæ.,\jx%. — Tribu de Crustaeés diQ l’ordre des Arnphipodes., établie par Latreille dans le grand genre Crevette de Fabricius. Il se distingue par ses pieds, au nombre de quatorze, terminés par un crochet; quatre antennes ; le corps revêtu de téguments coriaces, élastiques, généralement comprimé et arqué; pas de nageoires à l’extrémité de la queue. Les principaux genres sont les Talitres^ les Crevettes., les CérapeSf les Corophies.
M. Milne-Edwards a formé, sous le nom de Crevettines., une famille de Crustacés de son ordre des Amphipodes., qu’il divise en deux grandes tribus : r les C. sauteuses., et 2° les C. marcheuses (voyez Hist. naturelle des Crustacés., t. III, de M. Milne-Èdwards).
CRIBLE, CRIBLAGE (Agriculture). — Le nettoyage des graines récoltées s’effectue par diverses opérations, dont l’une, nommée criblage, a pour but d’en ôter les graines étrangères,, les grains chétifs, mal conformés, altérés ou attaqués des insectes. On y emploie, dans les exploitations rurales peu avancées, des espèces de tamis faits avec une peau de porc régulièrement percée de trous de dimensions fixes, les uns ronds, les autres ovales, trop petits pour laisser passer le bon grain, donnant issue, au contraire, à tout ce qui n’en a pas le volume. Ce sont ces tamis que l’on nomme cribles. Leur usage entraîne une perte de temps considérable, et on l’a abandonné pour employer des instruments plus actifs, tels que le C. «/de Quentin-Durand, le C. cijlindriqae, les eylindres-cribles-irieurs de Pernollet, de Vachon, les tarares de divers modèles (voyez Nettoyage des grains).
CRIBLE d’Ératosthène (Arithmétique). — Tableau comprenant tous les nombres entiers^ depuis 1 jusqu’à un nombre déterminé et dans lequel on barre tous ceux qui ne sont pas premiers absolus,, de manière à n’avoir à la fin que ceux-ci. Pour arriver à ce résultat, à partir de 2 non compris, on barre tous les nombres de 2 en 2, puis à partir de 3 on les barre de 3 en 3, et ainsi de suite en partant du premier non effacé.
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CRIBRATION (Pharmacie). — C’est une opération par laquelle, au moyen d’un crible ou d’un tamis percé de trous plus ou moins grands, on sépare des parties fines de certains médicaments les parties plus grossières qu’on veut ou rejeter ou employer à un autre usage.
CRIC (Mécanique). — Machine destinée à soulever d’une petite quantité des corps très-pesants. Il se compose d’un bloc de bois évidé à l’intérieur et contenant une barre de fer A très-résistante^ dentée latéralement en forme de crémaillère et engrenant avec un pignon en fer G dont l’axe porte une manivelle que l’on manœuvre à la main.
Le cric étant appuyé inférieurement sur le sol et la tête de la crémaillère buttant contre l’obstacle à soulever, on tourne la manivelle ; la crémaillère sort peu à peu de son étui en pro ^iisant l’effet désiré. Ou augmente le f ^us souvent la grandeur de cet effet en faisant agir le pignon delamanivelleD sur une roue dentée B dont l’axe porte le pignon qui agit sur la crémaillère. Abstraction taite des^frottements, la résistance que l’on peut vaincre avec le cric est avec la force qui agit sur la manivelle dans le rapport
Fig. 699. — Cric.
CRI
CRI
des clieinins parcourus à chaque tour pcir l’extrémité de la manivelle et par la tête du cric; ainsi, dans la disposition de la figure, si le rapport du rayon de la manivelle à celle du pignon D est égal à C ; s’il en est de même du rapport des rayons de la roue dentée et du second pignon, le cric augmentera l’effet de la puissance dans le rapport de 36 à 1, mais dans la pratique les frottements qui se développent dans la machine en diminuent la puissance d’une manière très-notable.
CRICOIDE (Anatomie), du grec krikos^ anneau. — L’un des cartilages du larynx des animaux vertébrés aériens; il est situé à la partie inférieure de cette boîte cartilagi-
neuse et a la forme d’un anneau plus haut en arrière qu’en avant (voyez Larynx).
GRI-GRI (Zoologie). — Voyez Grillon.
GRIN (Zoologie, Technologie), du latin crinis^ cheveu, poil. — Voyez Poil.
Grin végétal (Technologie). — On donne ce nom à des fibres végétales préparées pour servir, au lieu de crin, au rembourrage des meubles et des coussins, à la confection de certains tissus ; les fibres employées sous ce nom proviennent de l’agave, du zostère, de la caragate, du palmier nain, du sparte, etc.
GRINOIDES (Zoologie), du grec krinon^ lis, et eidos^ aspect. — Voyez Encrine.
GRINOLE (Botanique), Crinum^ Lin. ; du grec krinon^ lis blanc. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées^ famille des Amaryllidées. Les espèces de ce genre sont de belles plantes bulbeuses à fleurs odorantes, disposées en ombelles et montrant un périanthe simple d’une seule pièce, allongé et tubuleux; 6 étamines à filets grêles; un ovaire à 3 loges polyspermes. Les Grinoles habitent toutes les régions intertropicales et particulièrement l’Inde et la Ghine. L’espèce là plus belle et la plus fréquemment cultivée est la C. aimable {C, amahile^ Don.); originaire de Sumatra. Ses feuilles, lancéolées, épaisses, glauques, surmontent un bulbe très-gros (souvent 0“,40 de longueur sur de largeur) et entourent une hampe élevée que termine une grande ombelle de fleurs d’un rouge magnifique. Cette espèce ne peut être cultivée qu’en serre chaude. G — s.
GRIOCÈRE (Zoologie), CnoO(erz>, Geofl. — Genre d'insectes de l’ordre des Coléoptères^ section des Tétramères^ famille des Enpodes, Très-rapprochés des Chrysomèles, ils sont remarquables, quoique assez petits, par une jolie forme un peu allongée, décorée souvent de brillantes couleurs. On les trouve au printemps sur les fleurs qu’ils recherchent. Lorsqu’on les prend, ils font entendre une espèce de petit cri, produit par le frottement de la base de l'abdomen contre le corselet. Ils sont caractérisés par la languette entière, un peu échancrée, les pieds presque de la même grandeur, le corselet étroit, presque cylindrique, les tarses composés de quatre articles. Leurs larves, qui se nourrissent des plantes sur lesquelles on rencontre
l’insecte parfait, font des dégâts dans les plantes potagères et autres. Le C. du lis {C. merdigera, Lat.), long de 0“,007, a le corselet et les étuis d’un beau rouge. Sur le lis blanc dans toute l’Europe. Le C. de l’asperge {C. asparagi^ Lin.), de même longueur, bleuâtre, avec le corselet rouge, étuis jaunâtre; il dévaste les asperges , ainsi que le C. à douze points (C. Lin.), qui est fauve, avec six points
noirs sur chaque élytre.
GRIOGÉRIDES (Zoologie), Criocerides^ Lat. — Tribu d’insectes, ordre des Coléoptères, famille des Eupodes, qui se distingue de la tribu des Sagrides par les mandibules dont l’extrémité est tronquée avec deux ou trois dents, et par la languette qui est entière ou peu échancrée ; elle compose le grand genre Criocère de Geoffro}’’, dans lequel Latreille a établi six sous-genres, dont les principaux sont : les Donacies {Ceviures), les Criocères proprement dits, les Pétauristes .
GRIQÜET (Zoologie), Acridium, Geoff. — Genre d’/nsectes de l’ordre des Orthoptères, famille des Sauteurs. Bien qu’appartenant au grand genre Sauterelles {Gryllus, Lin,), les Griquets ne doivent cependant pas être confondus avec le sous-genre Sauterelle (Locusta, Geolï.), dont ils diffèrent beaucoup et dont ils portent généralement le nom dans les campagnes. Les criquets se distinguent par leurs pieds postérieurs plus longs que le corps, leur abdomen solide et non vésiculeux ; ils ont la tête ovoïde et des antennes filiformes ou terminées en bouton ;
Criocère de l’asperge.
Fig. 701.
ils volent assez haut. Leurs ailes sont quelquefois colo. rées de rouge ou de bleu. Ils affectent souvent des formes bizarres. Le C. de passage, C. voyageur [A. migratorium, Oliv.), long de 0™,()60 à 0^,065, ordinairement vert, qui habite la Pologne ; le C. d’Égypte [A. œyyp-
Fig. 702. — Criquet vojageur (grandeur nat.)
tium, Oliv.), qui habite l’Égypte, la Barbarie, le midi de l’Europe; le C. en crête {A. cristatum, Oliv.), qui a environ 0“,10 de long, et qu’on trouve dans l’Amérique méridionale, et un grand nombre d’autres espèces que nous ne pouvons citer, constituent ces myriades d’orthoptères dont les dégâts sont célèbres dans l’histoire. Toutjle monde a entendu parler de ces émigrations prodigieuses et de ces invasions désastreuses signalées à différentes époques depuis les temps bibliques, et qui ont réduit des populations entières à la plus affreuse misère, non-seulement par la destruction de toute espèce de végétation, mais encore par les exhalaisons putrides répandues par la masse de leurs cadavres échauffés par les rayons du soleil. On mange les criquets dans différentes contrées de l’Afrique (voyez Acridophages).
GRISE (Médecine), du grec jugement. — Hippocrate est le premier qui ait employé ce mot. Il y a crise^ dit-il, lorsque la maladie augmente ou diminue considérablement, quand elle dégénère en une autre maladie, ou bien qu’elle cesse entièrement. Le mot crise est le plus souvent employé en bonne part. Les crises salutaires sont celles dans lesquelles la nature se débarrasse plus .ou moins complètement au moyen d’une excrétion quelconque, mais surtout par une hémorragie, les sueurs, les urines, les selles, quelquefois un dépôt, une éruption, etc. Elles sont quelquefois précédées de signes alarmants; d’autres fois, elles ont lieu sans secousse. Quelques auteurs ont donné à ces dernières le nom de lysis, du grec luo, je délivre. On observe les crises dans presque toutes les maladies aiguës; elles sont plus difficiles à saisir dans les maladies chroniques. Pour être salutaire, l’effort critique doit avoir lieu sur la peau, sur les membranes muqueuses, le tissu cellulaire et les glandes qui avoisinent l'extérieur; lorsqu’il se porte vers les cavités intérieures, vers les organes nécessaires à la vie, il peut amener des accidents graves et même la mort ; dans ce cas, on dit que la crise se fait par métastase (voyez ce mot). Le médecin doit donc veiller avec le plus grand soin à diriger, si cela est possible, le mouvement critique dans un sens favorable (voyez Gritiques [Jo2/r.j]).
Le mot crise avait été employé par Mesmer pour désigner les phénomènes nerveux qui se développaient, suivant lui, chez les personnes magnétisées (voyez Magnétisme). F — N.
GRISTAL (Minéralogie). — Parmi les minéraux, les uns sont dits à structure régulière, les autres à structure irrégulière : on donne aux premiers le nom de variétés cristallisées et aux autres celui de variétés amorphes. Quel est le caractère de la structure cristalline ? Elle dépend essentiellement d’une disposition régulière. Gette régularité est accusée par les clivages que possèdent presque toujours les cristaux (voyez Glivage). On peut la concevoir de la manière suivante : Imaginons un réseau formé de parallélogrammes tous égaux et au sommet de chacun d’eux une molécule ; admettons, de plus, que cette tranche se répète, qu’une seconde se superpose à la première et ainsi de suite, nous aurons un assemblage régulier de molécules, un corps à structure cristalline; quelle que soit la forme extéieure de ce corps, ce sera toujours une variété cristallisée. Le plus souvent à ce caractère intérieur et moléculaire s’en joint un autre, c’est la régularité delà forme du corps. Quand un minéral réunit ces deux conditions, il prend le nom de cristal. En brisant le corps, on détruira le cristal, mais on ne détruira jamais le caractère essentiel d’une substance cristallisée, la régularité de la structure intérieure.
L’étude des cristaux présente, au point de vue de la
CRI
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définition des espèces, un intérêt de premier ordre. Les matières minérales, en effet, à l’état amorphe, ne sauraient être caractérisées que par la composition chimique ; elles n’ont pas, comme les animaux ou les végétaux, une forme propre qui, à elle seule, permette de les distinguer. C'est cette forme que leur donne la cristallisation, et un cristal d’alun est aussi reconnaissable à sa forme octaédrique que le sont un animal ou un végétal quelconque. Il est vrai que, tandis que la forme de l’animal est absolument invariable dans l’espèce, la môme substance minérale peut se présenter sous des formes cristallines fort diverses ; ainsi le diamant qu’on trouve quelquefois à l’état de cristal octaédrique peut se présenter sous la forme du tétraèdre, d’un solide compliqué à quarante-huit faces, etc. Mais les immortelles découvertes d’Haüy permettent de voir le lien de famille qui unit ces diverses formes propres à une espèce, et l’esprit peut toujours remonter à une forme type qui est la définition précise et rigoureuse de la substance. On conçoit donc combien il est important, quand on étudie un corps, de pouvoir l’obtenir à l’état cristallisé ; on peut employer à cet effet plusieurs méthodes qui sont indiquées au mot Cristallisation.
Les cristaux naturels ont rarement les formes précises qu’on leur donne lorsqu’on les définit géométriquement, et cette particularité n’étonnera pas, si l’on fait attention à la manière dont les cristaux prennent naissance, croissent et se développent. Lorsqu’un cristal prend naissance, ses dimensions sont très-petites et ne s’accroissent que fort lentement ; pendant tout ce temps, la masse dans laquelle ce corps se développe peut rester parfaitement tranquille, et alors il sera géométriquement régulier; mais on comprend que cette identité dos circonstances extérieures ne saurait se prolonger longtemps, et dès lors il en résulte des perturbations dans la cristallisation, qui entraînent l’irrégularité du développement. Plus le cristal sera volumineux, moins on aura de chance de l’avoir régulier; car il lui^ aura fallu plus longtemps pour se produire, et les circonstances extérieures auront eu plus d’influence sur sa formation. Lors donc qu’on tiendra à la perfection des formes cristallines, c’est dans les cristaux rudimentaires qu’il faudra la chercher ; mais cette régularité n’est en rien nécessaire, et le plus souvent on s’en inquiète fort peu. La cause la plus ordinaire de l’irrégularité qu’on peut constater dans les cristaux consiste dans l’éloignement différent des faces semblables du centre de figure. On peut se représenter ce fait en supposant que, dans le solide géométrique, une ou plusieurs faces se sont déplacées parallèlement à elles-mêmes de manière à allonger le cristal dans ua sens, à le diminuer dans un autre et à lui retirer ainsi toute sa symétrie apparente ; mais il est une chose qui ne change pas dans cette déformation, c’est la valeur des angles dièdres des faces entre elles; aussi la mesure de ces sortes d’angles est-elle la seule détermination expérimentale que comporte le problème et la seule qu’on exécute réellement ; les instruments qui sont employés à cet effet s’appellent ^owtomètres (voyez ce mot). Une autre cause de déformation des cristaux qui se joint fort souvent à la précédente est l’absence d’une partie plus ou moins considérable du cristal. Quand une matière cristallise sur la paroi d’un filoii ou sur le flanc d’une roche, la partie du cristal adhérente à la paroi est nécessairement incomplète ; il n’y aura dans ce cas qu’une moitié de cristal, l’autre moitié faisant totalement défaut. Le quartz, le spath fluor sont les cristaux sur lesquels on peut le plus facilement examiner ces irrégularités. La forme du quartz est celle d’un prisme hexagonal surmonté d’une pyramide à six faces : trois de ces dernières prennent quelquefois un développement si considérable qu’on est tenté de les conl'ondre avec les faces du prisme.
Quelquefois les faces des cristaux, au lieu d’être planes, sont creuses et offrent l’aspect de pyramides rentrantes analogues aux trémies du sel marin. L’oxydule de mercure, qui cristallise en octaèdres, présente ce phénomène à un haut degré : les cristaux se réduisent presque aux arêtes. Dans d’autres circonstances, les angles dièdres sont arrondis, de manière que la forme générale du cristal est un sphéroïde ; les cristaux qui présentent un grand nombre d’arêtes et que l’on trouve dans des sables roulés présentent fréquemment cette déformation : le diamant en offre un exemple.
L’irrégularité du développement dans les cristaux prismatiques leur donne souvent des apparences qui les font désigner par des épithètes qui rappellent les objets
usuels auxquels ils ressemblent alors. Si le prisme est très-aplati, le cristal se réduit à sa base, on l’appelle tabulaire ; on lui donne au contraire le nom de bacillaire, cylindroïde, aciculaire quand la hauteur est très grande relativement aux dimensions de la base. Ces aiguilles cristallines semblent quelquefois diverger d’un centre de manière à former un sphéroïde radié : la variété de pyrite de fer appelée pierre de tonnerre présente cette dernière particularité.
La structure cristalline est le caractère essentiel d’un cristal ; la régularité des formes extérieures ne vient qu’en seconde ligne. Cette dernière peut quelquefois se rencontrer sans que la première condition soit remplie, et il en résulte alors des ftiasses qui ont l’apparence des cristaux; on leur donne le nom pseudo-cristaux. Pour citer un exemple de leur formation, quand une masse de lave se refroidit, il se manifeste souvent, par suite des contractions inégales qu’éprouvent en se refroidissant les éléments hétérogènes de cette masse, des fendillements qui la sillonnent dans toute son étendue. Ces fissures sont ordinairement planes et perpendiculaires à la surface du refroidissement; elles se produisent fréquemment dans trois directions constantes à peu près également inclinées entre elles. Il en résulte de grands blocs affectant la forme de prismes hexagonaux ; telles sont, par exemple, les masses basaltiques de l’Auvergne ou celles de la grotte de Fingal, dans Î’île de Staffa. Vues de loin, ces colonnes basaltiques paraissent parfaitement régulières ; mais cette régularité n’est qu’apparente. La constance des angles, ce caractère essentiel de la cristallisation, n’existe plus ici. L.
CRISTAL DE ROCHE. — Voyez Quartz.
CRISTALLIN (Anatomie) . — Voyez OEil.
CRISTALLIN (Système) (Minéralogie).— Ensemble des formes cristallines qui appartiennent en général à une même espèce, sauf le cas de Dimorphisme (voy. ce mot), et qui peuvent se déduire les unes des autres par la loi de symétrie. On distingue généralement six systèmes cristallins caractérisés chacun par un genre particulier d’axes. Ce sont : 1“ le système régulier ou système cubique à 3 axes rectangulaires entre eux et égaux; 2“ le système hexagonal ou rhomboédrique à 4 axes, dont 3 situés dans le même plan font entre eux des angles de GO<> et dont le quatrième est perpendiculaire au plan des 3 autres; 3° le système quadratique caractérisé par 3 axes rectangulaires dont deux seulement sont égaux entre eux; 4° le système rhombique à 3 axes rectangulaires inégaux ; 5° le système klinorhombique dans lequel 2 des axes sont perpendiculaires entre eux, et le troisième, oblique au plan des deux premiers, est perpendiculaire sur l’un d’eux ; 6“ le système klinoédrique, qui possède 2 axes non perpendiculaires entre eux, et le 3e oblique aux deux premiers. On prend une forme fondamentale pbur point de départ dans chacun de ces systèmes, et les autres formes, tant simples que composées, s’en dérivent par des modifications symétriques. Cette forme fondamentale est tantôt un parallélipipède et tantôt un octaèdre. Haüy partait de la première forme, et les minéralogistes allemands choisissent ordinairement la seconde. Les formes principales qui rentrent dans chaque système sont les suivantes :
Système régulier. — Le cube (y^5^. 703) compris sous 6 faces carrées a formant des angles solides trirectangleso. L’identité de nature des angles et des arêtes F ne permet pas de modifier l’une des arêtes ou l’un des angles sans modifier de la même manière tous les autres. — D® modification : par une facette symétriquement placée sur chaque angle o [fig. 704). Elle conduit à l’octaèdre régulier
Fig. 703. Fig. 704.
(/?^. 7 Oô) dont l’angle est de 109°28'16". —
par une facette symétrique sur toutes les arêtes ‘ Ob).
Elle donne le dodécaèdre à plans rhombes {pg. 70 0, dans
AO
CRI
CRI
lequel l’angle de 2 faces est de 120».— 3“*' modification : par un biseau sur chacune des arêtes {fig. 708), on obtient
Fig. 703.
Fig. 70G.
ainsi le cube pyramidé ou Vhexa-iétraèdre {fig. 709).^ 4"'® modification : par un pointement à 3 faces dirigées
Fig. 707.
Fig. 708.
vers les faces du cube opéré sur chaque angle. Elle fournit un solide à 24 faces trapézoïdes qu’on nomme
Fig. 709. Fig. 710.
pour cette raison trapézoèdre [fig. 710). — 3® modification : par un pointement à 3 faces dirigées vers les
arêtes du cube opéré sur chaque angle. On obtient de cette manière un autre solide à 24 faces appelé octaèdre
pyramidé [fig. 711), ou octo-trièdre. — G® modification : pur un pointement à 6 faces opéré sur chaque angle.
Elle conduit à un solide à 48 faces formant des triangles scalènes.
Les formes hémiédriques simples (jui appartiennent à ce système sont le tétraèdre régulier et le dodécaèdre pentagonal. La première forme (fig. 712) se dérive du cube en prenant la moitié des facettes de modifications o qui conduisent à l’octaèdre [fig. 713). Le dodécaèdre pentagonal {fig. 714) s’obtient par une facette dissymétrique placée sur chaque arête du cube. Les formes composées sont extrêmement nombreuses et particulièrement celles qui résultent de la combinaison du cube, de l’octaèdre et du dodécaèdre à plans rhombes. En résumé, voici les formes simples du système cubique avec leurs notations ;
Octaèdre
Cube
Dodécaèdre rhomboïdal
Cube pyramidé
Trapézoèdre
Octaèdre pyramidé
Scalénoèdre à 24 faces..
Tétraèdre
Dodécaèdre pentagonal.
oo a
ma ;
ma ;
ma
ma
ma :
na
\[ma :
Système hexagonal. — Les principales formes sont le prisme droit à base hexagonale et la double pyramide
Fig. 715. Fig. 716.
hexagonale [fig. 715 et 716), d’où l’on dérive, en remplaçant les arêtes latérales par un biseau, le prisme à base
dodécagone et la double pyramide à 12 laces [fig. 717). Les formes hémiédriques, plus fréquentes dans ce système que les formes homoédriques, sont le rhomboèdre [fig. 7 18), moitié de la double pyramide hexagonale, et le scalénoèdre, moitié de la double.pyramide à 12 faces [fig. 719); on pourrait aussi prendre pour type homoédrique du système le rhomboèdre [fig. 718) c’est-à-dire un parallélipipède formé de^ rhombes ou losanges égaux r, de deux angles solides G formant les extrémités de Taxe principal des 6 autres angles solides E pareils et de 12 arêtes dont G aboutissant aux extrémités de l’axe seront modifiées ensemble, ce qui conduira au scalénoèdre, tandis que la modification des G autres donne les faces du prisme hexagonal. Les formes composées résultent surtout de l’union du prisme hexagonal avec le rhomboèdre [fig. 720), ou du scalénoèdre avec le rhomboèdre [fig> 721), ou
CRI
CRI
enfin du prisme et de la double pyramide hexagonale {fig. 722).
Système quadratique. — Les formes principales sont le prisme droit à base carrée et l’octaèdre droit à base carrée {fig, 722), d’où l’on déduit par un biseau sur les arêtes latérales le prisme à base octogone et la double pyramide à base octogone ou dioctaèdre. Gomme exemple
FiK.
Fig. 721.
de forme composée, on peut citer le cristal représenté dans la figure 724, qui est formé d’un prisme carré «a, d’un octaèdre carré oo et d’un dioctaèdre 3,3.
Fig. 722
Fig. 723.
Système rhombique. — Les formes de ce système et des suivants, comme celles qui appartiennent au système quadratique, sont des prismes, des octaèdres et des dioctaèdres. La forme fondamentale est le prisme droit à base rhoinbe ou rectangle. Les angles de la base rhombe sont de deux espèces; aussi les arêtes correspondant aux
Fig. 724.
Fig. 72b.
angles obtus pourront être modifiées sans que les deux autres le soient, et il en résultera des formes composées de deux plans parallèles qui devront s’unir à une autre pour former un solide fermé. '
Système klinorhomhique. — La forme fondamentale est un prisme à base rhombe dont les arêtes latérales sont inclinéôs au plan de la base. L’octaèdre correspondant est un octaèdre oblique.
Système klinoédrique. — Les formes dérivent d’un prisme auquel Haüy donnait le nom de prisme oblique non symétrique et qui n’est autre chose qu’un parallélipipède obliqu angle. Ici toutes les parties sont différentes et la modification d’une arête n’entraîne que la modification de l’arête opposée.
Tels sont les degrés par lesquels la symétrie cristallographique passe depuis l’identité de toutes les parties dans le cube jusqu’à leur dissemblance dans le prisme
dissymétrique. Pour comprendre parfaitement les lois qui président au groupement des cristaux dans les différents systèmes, le mieux est d’étudie.»* quelques corps qui présentent dans chacun d’eux des formes nombreuses ; comme exemples, on pourra choisir les suivants : 1®' système : alun, spath fluor, diamant pour les formes homoédriques; blende, pyrite de fer pour les formes hémiédriques. 2* système : émeraude, quartz, spath d’Islande. 3« système: idocrase. 4* système : sulfate de baryte ou barytine. 5® système : feldspath, pyroxène. G* système : sulfate de cuivre.
Une liaison intime existe entre le système cristallin et les propriétés d’une substance : les effets lumineux produits par les cristaux sont fort remarquables sous le rapport de cette liaison ; ainsi toutes les substances cristallisées dans le système régulier produisent sur la lumière la réfraction simple exactement comme les corps non cristallisés; les cristaux du deuxième et du troisième système possèdent la double réfraction à un seul axe optique, et cet axe coïncide avec l’axe unique de son espèce qui existe dans l’un et l’autre de ces deux systèmes ; enfin, le phénomène de la double réfraction à deux axes optiques se rencontre dans tous les cristaux des trois derniers systèmes. L’existence des formes hémiédriques dans une substance entraîne très-fréquemment des propriétés physiques curieuses, telles que la polarisation rotatoire, l’existence du magnétisme ou de l’électricité polaire. La conductibilité pour la chaleur varie également dans les différentes directions d’un cristal, et les expériences de Sénarmont ont prouvé que cette variation était liée à la forme cristalline. L’étude des rapports entre la composition chimique, la cristallisation et les propriétés physiques forme l’une des branches les plus intéressantes de la minéralogie.
La division des cristaux en six systèmes n’est pas universellement adoptée : en Allemagne, plusieurs classifications cristallographiques ont été proposées, parmi lesquelles on distingue celles de Weiss, deMoss et de JN’aumann; nous allons les faire connaître en quelques mots.
Système de Weiss. — Quatre systèmes distincts sont la base de cette division : les cristaux y sont partagés en sphéroédriques, binosingulaxes, singulaxes et ternosingulaxes. Sous le nom de sphéroédriques, M. Weiss désigne les cristaux symétriques par rapport à un centre : ce sont ceux du système cubique; mais, dans cette classe, il distingue les homosphéroédriques ou cristaux complets et les hémisphéroédriques ou cristaux à formes hémiédriques. Les binosingulaxes répondent au système quadratique , et parmi eux on en trouve d’homoèdres et d’hémièdres. Les singulaxes, caractérisés par 3 axes différents entre eux^ correspondent aux trois derniers systèmes et se partagent en trois catégories dont chacune répond à un de nos systèmes. Enfin, sous le nom de ternosingulaxes, il faut entendre les cristaux du système hexagonal.
Système de Moss. — Les quatre classes de ce système répondent exactement à celles de Weiss. Le système rhomboïdal comprend le rhomboèdre ; le système pyramidal est caractérisé par le prisme carré; le système prismatique est formé par les trois catégories de singuiaxes; enfin le système tessulaire n’est autre chose que notre système cubique. Moss place ce dernier à la fin, parce qu’il suppose dans les cristaux de cette classe 3 axes de double réfraction en équilibre : les deux premiers systèmes n’en admettaient qu’un, et le troisième deux seulement.
Système de Naumann. — Ce cristallographe distingue sept systèmes : les cin-q, premiers concordent avec les nôtres, dans un ordre différent; savoir :