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CYA

Les cuscutes se reproduisent d’abord par leurs graines, qui germent en terre, mais aussi, et bien plus rapidement, à l’aide de leurs tiges, qui restent pelotonnées dans la terre pendant l’hiver. Les agriculteurs considèrent les cuscutes

comme un véritable fléau; ils les nomment teignes^ raches ou perruques^ rougeot, cheveux du diable^ tignasse^ etc. Elles peuvent envahir très-promptement un champ tout entier. On a proposé, depuis quelque

temps, pour s’en débarrasser, d’arroser simplement les parties envahies avec une dissolution de sulfate de fer. Le procédé suivant paraît avoir également réussi : i faucher aussi ras que possible les plantes attaquées, puis ratisser légèrement à la main pour enlever le reste des filaments de la cuscute, arroser ensuite avec le purin des écuries. La luzerne ou le trèfle qui pousse après cette opération acquiert une superbe vigueur, tandis que la cuscute est corrodée par l’engrais dont l’action est trop forte pour elle. Les cuscutes sont indigènes. On rencon- * tre souvent aux environs de Paris la C. petite-teigne epithymum^ Murr.), qui a les styles beaucoup plus longs que l’ovaire; la C. du lin (C. epilinum^ Weich.) a les styles plus courts que l’ovaire et la tige presque simple; enfin, dans la Grande Cuscute^ C. d’Europe (C, major, de Cand.), le calice présente au-dessous de l’ovaire un tube très-charnu, presque cylindrique. G — s.

CUSPARË (Botanique). — Nom de l’écorce que l’on appelle aussi Ecorce d’angusture (voyez Angüstüre).

GÜSPIDÉ (Botanique), du latin cuspis, pointe de javelot, — On nomme cuspidées les feuilles allongées, se rétrécissant insensiblement et se terminant en une pointe aiguë et dure, qui rappelle une pointe de flèche ou de lance; on peut citer comme exemples les feuilles de l’ananas et des yuccas. Cette forme est commune chez les plantes monocotylédones; elle n’est pas rare chez les dicotylédones.

CUSSOU ou Cossoü (Zoologie). — Nom vulgaire de la Calandre du blé dans quelques parties de la France.

CUTICULE (Botanique), diminutif du latin peau.

— Pellicule mince entièrement transparente qui recouvre l’épiderme des plantes sur les parties herbacées. Au niveau des stomates, la cuticule est fendue pour laisser pénétrer les gaz entre les lèvres de ces organes ; elle se moule sur les poils et toutes les aspérités que présente l’épiderme.

GYAME (Zoologie), Cyamus, Latr. ; du grec kîfamos, fève, allusion à la Ibrmede l’animal. — Genre de Crusta^ ces de l’ordre des Lœmodipodes, se distinguant des genres voisins par leur forme ovale avec des segments transversaux; les pieds courts ou peu allongés. Ces crustacés, vulgairement nommé's Poux de baleine, vivent en parasites sur divers cétacés. Rousseau de Vauzème a étudié spécialement leur structure et leur spécification.

Le C. errant (C. erraticus, Roiiss. de Vauz.) ou C. de la baleine se trouve fixé sous les ailerons ou autour de l’anus ~ Cyame de la baleine,

de la baleine; il a de 0“,025 à 0“,030 de longueur. C’est VOniscus ceti de Linné.

CYANATES (Chimie). — Sels formés par la combinaison de l’acide cyanique avec une base. Le plus important, en ce qu’il sert à préparer tous les autres, est le cya~ nate de potasse que l’on obtient en calcinant du cyanure de potassium à l’air libre.

CYANÉE (Zoologie), Cyanea, Per, et Les. ; du grec kyanos, bleu. — Genre d’animaux Zoophytes, de la classe des Âcalèphes, famille des Méduses. Cuvier réunissait dans ce genre toutes les méduses à bouche centrale, montrant quatre ovaires latéraux ; de Blainville {Actinologie) l’a restreint à un petit nombre d’espèces, dont une, la C. de Lamarck (C. Lamarkii, Péron), est d’un beau bleu et se trouve dans la Manche. II écarte de ce genre la Médusa aurita. Lin., et la Médusa chrysaora, Guv., espèces fort communes sur nos côtes et remarquables par leur coloration (voyez Méduse).

Cyanée (Minéralogie). — Voyez Lazülite.

GYANHYDRATE (Chimie). — Sel formé par la combinaison de l’acide cyanhydrique avec les bases organiques, y compris l’ammoniaque. Les composés que l’on obtient en combinant cet acide avec les oxydes métalliques sont appelés cyo.nures (voyez ce mot).

CYANHYDRIQUE (Acide) (Chimie). — Acide prussique, parce qu’il fut extrait d’abord du bleu de Prusse. Formé par la combinaison d’une proportion (26) de cyanogène avec une proportion d’hydrogène. Sa formule chimique est CyH ou G^AzH. C’est un liquide incolore, d’une odeur caractéristique rappelant celle des amandes amères. Il est très-volatil, bout à 26“,5, se solidifie à 15" au-dessous de 0"; sa densité est 0,697, celle de sa vapeur

L’acide cyanhydrique ressemble auxhydracides (acides chlorhydrique, bromhydrique...) autant par sa constitution que par ses propriétés chimiques. Mis en contact avec les oxydes, il donne de l’eau et des cyanures; un acide versé sur les cyanures régénère l’acide cyanhydrique exactement comme il arrive pour l’acide -clilorhydrique et les chlorures. De plus, les cyanures et les chlorures cristallisent de la môme manière.

L’acide cyanhydrique est peut-être de tous les poisons le plus énergique et le plus redoutable ; il agit comme la foudre, et rarement les secours de l’art peuvent arriver à temps. Des oiseaux venant becqueter des miettes de pain sur lesquelles on a versé quelques gouttes d’acide prussique sont tués avant de les avoir atteintes ; une seule goutte de cet acide portée dans la gueule d’un chien ou simplement appliquée sur l’œil de l’animal le tue à l’instant. Le même effet serait produit sur l’homme à une dose presque aussi faible.

Schéele, qui le découvrit en 1780 et qui mourut subitement dans le cours de ses recherches, passe pour en avoir été la première victime. Scharinger, chimiste de Vienne, est mort également pour en avoir laissé tomber sur son bras nu. Il paraît que les prêtres égyptiens auraient connu ses propriétés et s’en seraient servis pour faire périr les adeptes qui trahissaient leurs secrets. Les eaux amères que, d’après la coutume juive et égyptienne.

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les prêtres faisaient boire à la femme accusée d’adultère et qui tuaient promptement sans laisser aucune trace sur le cadavre étaient probablement aussi des préparations dans lesquelles l’acide prussique jouait le principal rôle.

Heureusement, cet acide ne peut guère être conservé ; il s’altère promptement, même quand il est renfermé dans des tubes de verre scellés; à la lampe, il noircit et laisse déposer une matière noire pulvérulente. Sa dissolution aqueuse ne se conserve pas mieux.

L’acide chlorhydrique décompose promptement l’acide prussique en donnant lieu à un dégagement sensible de chaleur. Bans cette réaction , quatre proportions d’eau se sont réunies à une proportion d’acide C3^anhydrique, et le tout s’est dédoublé en ammoniaque et en acide formique.

CyH + 4HO = AzH3HO+ C^HOS

Ammoniaq. Acide formique.

L’ammoniaque s’unit à l’acide chlorhydrique, et l’acide formique reste libre. A son tour, le formiate d’ammoniaque chauffé à 200" perd les éléments de 4 proportions d’eau et laisse dégager de l’acide prussique. Toutefois, les métaux oxydés, en s’unissant à l'acide cyanhydrique, forment des composés très-stables (voyez Cyanure).

L’acide cyanhydrique prend naissance dans un grand nombre de réactions chimiques, et on le trouve tout formé dans certaines plantes. L’eau distillée du lauriercerise, l’huile essentielle d’amandes amères, toutes les amandes des fruits à noyau, les pépins de pommes ou poires, etc., contiennent des quantités plus ou moins sensibles d’acide prussique. Aussi les amandes amères sont^elles un poison pour les oiseaux, et il est dangereux de passer la nuit dans une chambre où se trouveraient des lauriers-cerises.

Pour préparer l’acide cyanhydrique à l’état de pureté et de concentration complètes, on fait arriver lentement du gaz sulfhydrique sec provenant du flacon A [fig.lh)

Fij. 742. — Préparation de l'acide prussique.

sur du cyanure de mercure contenu dans un tube horizontal G; la substance vient se condenser en a dans un tube recourbé entouré de glace, et de là passe dans le petit flacon i également refroidi.

Si 1’ on veut préparer une dissolution titrée d’acide prussique, destinée aux usages médicaux, on dissoudra dans de l’eau un poids déterminé de cyanure de mercure, on précipitera le métal par un courant d’acide sulfhydrique, puis, agitant quelques instants la liqueur avec du carbonate de plomb on enlèvera l’excès d’acide sulfhydrique.

CYANIQUE (Acide) ( Chimie ), GyO. — Acide organique formé par la combinaison d’une proportion de cyanogène(2fi) avec une proportion d’oxygène (8). On obtient cet acide hydraté en décomposant les cyanates par les acides minéraux. Il s’altère rapidement en se transformant en acide carbonique et ammoniaque. Il a été découvert, en 1822, par M. Wœhler.

CYANOGÈNE (Chimie), du grec kyanos^ bleu;^en- ‘mo, je produis, parce qu’il entre dans la composition du bleu de Prusse. — C’est un composé de 2 proportions (12)

de carbone et de I proportion (14) d’azote. Sa formule chimique est C^Az ou Cy.

Le cyanogène est un gaz incolore, d’une odeur pénétrante, caractéristique ; il se liquéfie sous une pression de 3 ou 4 atmosphères ou sous un froid de 20° au-dessous de 0° ; on peut également le solidifier sous la double action d’une forte pression et d’une très-basse température. Il brûle avec une belle flamme pourpre et se transforme alors en azote et acide carbonique. Il est soluble dans l’eau et l’alcool, auxquels il transmet son odeur. Sa densité est 1,8.

Malgré sa nature composée, le cyanogène se comporte en chimie comme lo ferait un gaz simple, le chlore, avec lequel il a d’assez grandes analogies. Il se combine, en effet, avec l’hydrogène, l’oxygène, les métaux et forme avec eux des composés ayant une grande ressemblance avec les composés correspondants du chlore, quoique généralement beaucoup moins stables. On le prépare ordinairement en chauffant dans une cornue du cyanure de mercure,

Cq gaz a été découvert, en 1814, par Gay-Lussac. Sa valeur est toute théorique, mais ses composés sont, au contraire, d’une grande importance dans les arts. Sa combinaison hydrogénée (acide cyanhydrique ou prussique) forme un poison redoutable et est néanmoins usitée en médecine comme calmant.

Parmi ses combinaisons oxygénées (acides cyanique^ cy anurique et fulminique) dernier est employé, à l’état

de fulminate de mercure, à la préparation des capsules pour armes à feu. Mais c’est à l’état de cyanure, et surtout de hleu de Prusse, qu’il s’en fait la plus grande consommation.

CYANOMÈTRE (Astronomie). — Appareil imaginé par Arago pour étudier la couleur bleue du ciel à un moment donné. Il se compose d’une série de pièces disposées circulairement et teintées depuis le bleu le plus clair jusqu’au bleu voisin du noir. Il est facile de trouver celle qui correspond à la couleur actuelle du ciel, couleur qui est en rapport avec son degré de polarisation (voyez Polarisation, PoLARISCOPES) .

CYANOSE (Médecine), du grec kyanos, bleu, et nosos, maladie. — On a donné ce nom à un état maladif caractérisé par la coloration bleue, quelquefois noirâtre ou livide, de la peau.

On lui a donné aussi les noms de cyanopathie, de maladie bleue, à' ictère bleu. La cause la plus fréquente de cette maladie est la persistance après la naissance de l’ouverture dite trou de Botal, qui, chez le fœtus, fait communiquer les cavités droites du cœur avec les cavités gauches. L’existence anormale de cette ouverture, chez l’adulte, permet le mélange du sang rouge avec le sang noir. On attribuait à ce mélange la coloration bleuâtre de la peau ; mais on a dû renoncer à cette explication, lorsqu’on a constaté de. la façon la plus certaine que la maladie existe quelquefois sans cette disposition anatomique, et que d’autres fois l’ouverture du trou de Botal ne donne pas lieu à la cyanose. En effet, on a observé la cyano.se chez des malades affectés de dispositions anormales dos gros vaisseaux. Marc l’a vue dans un cas d’adhérences des poumons à la plèvre costale. Enfin, tout le monde sait que c’est un des symptômes les plus constants et les plus redoutables du choléra. Lorsque la cyanose dépend du vice de conformation du cœur signalé plus haut, elle se montre ordinairement aussitôt après la naissance. Elle n’est pas essentiellement mortelle, mais la médecine est impuissante à y remédier. F — n.

CYANURES (Chimie). — Combinaisons du cyanogène avec un métal, analogues aux chlorures, bromures, iodures.Tous participent plus ou moins, suivant leur degré de solubilité, des propriétés de l’acide cyanhydrique et sont vénéneux. Tous se préparent au moyen du cyanure de potassium, qui, lui-même, s’obtient du ferrocyanure de potassium.

Cyanure de potassium Cyanhydrate, Hydrocyanate, Ferrocyanafe de potasse. — Sel blanc, dont la composition est représentée par la formule KCy, très-soluble dans l’eau, d’une saveur âcre, alcaline et amère,^ Il exerce sur l’économie animale une action très-énergique et est

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un violent poison. On l’emploie en médecine aux mêmes usages que l’acide cyanhydrique; il présente sur cette dernière substance l’avantage d’être inaltérable à l’air et d’un dosage facile et sûr. Il sert dans la dorure et rargenture électriques pour dissoudre les sels d’or et d’argent, et dans la photographie pour dissoudre l’iodure d’argent, quelquefois aussi pour enlever les taches produites par le nitrate d’argent ; mais son action sur l’économie est si redoutable, qu’il faut éviter de l’employer à ce dernier usage, car la plus petite déchirure de l’épiderme pourrait donner lieu à une absorption du cyanure, et par suite à un empoisonnement.

La manière la plus simple de préparer le cyanure de potassium consiste à décomposer par la chaleur rouge le cyanure double de potassium et de fer. Le cyanure de fer se décompose seul et donne lieu à un carbure de fer insoluble. On reprend le résidu par l’eau qui dissout le cyanure de potassium et le laisse déposer sous forme de cristaux cubiques anhydres.

Cyanures doubles de potassium et de fer. — On en connaît deux, l’un jaune et l’autre rouge.

Cyanure jaune, ferrocyanure de potassium, prussiate jau7iey lessive de sang, que l’on trouve abondamment dans le commerce en gros cristaux jaunes d’un goût d’abord sucré, puis amer et salé. C’est une substance vénéneuse, soluble dans quatre fois son poids d’eau froide, dans deux fois son poids d’eau bouillante, insoluble dans l’alcool et inaltérable à l’air. Sa composition est exprimée par sa formule Cy^FeK”-^ -f- 3Aq.

Chauffé au rouge, le ferrocyanure de potassium se décompose en azote qui se dégage, en cyanure de potassium et carbure de feriFeC^); mêlé à des corps oxydants et fortement chauffé, il donne lieu aux mômes produits, si ce n’est que le cyanure de potassium est remplacé par du cyanate de potasse. Presque tous les sels métalliques solubles décomposent sa solution et donnent lieu à des précipités souvent remarquables par leur couleur caractéristique et toujours utiles aux chimistes pour distinguer les métaux les uns des autres. Dans ces réactions, c’est le potassium et non le fer auquel se substitue le nouveau métal. Le fer existe dans le ferrocyanure dans un état tel qu’il ne peut y être décelé par ses réactifs ordinaires; le potassium, au contraire, peut môme y être remplacé par de l’hydrogène, ce qui donne lieu à l’acide femrocyanhydrique fCy^FeH^) analogue aux acides cyanliydrique, clilorhydrique, etc. Il suffit pour cela de traiter le ferrocyanure par de l’acide chlorhydrique dont le chlore se porte sur le potassium pour former du chlorure de potassium, tandis que l’hydrogène se substitue au métal alcalin. V Le ferrocyanure de potassium est préparé dans les arts en fondant avec du carbonate de potasse du charbon animal fortement azoté et préparé exprès par la calcination incomplète de matières animales pauvres en phosphates, telles que les cornes, la chair desséchée, les peaux et particulièrement celles de vieux souliers. La fusion du carbonate a lieu dans des chaudières en fonte où pénètre la flamme fumeuse d’un fourneau à réverbère; quand elle est complète, on y verse peu à peu le charbon animal en agitant continuellement la masse avec des tiges de fer. La réaction s’opère avec effervescence; du fer provenant des tiges ou des parois de la chaudière vient s’ajouter aux matières employées. La matière obtenue est traitée par l’eau bouillante; la liqueur est filtrée, évaporée jusqu’à cristallisation du produit.

Depuis quelques années, on est parvenu à combiner directement l’azote au charbon par rintermédiaire de la potasse. Du charbon de bois fortement imprégné de carbonate de potasse est introduit dans des fours verticaux travaillant d’une manière continue, se chargeant par leur extrémité supérieure, se déchargeant par leur extrémité inférieure et traversés par un courant d’air fortement chauffé et dépouillé de son oxygène par son passage au travers d’une longue colonne de coke incandescent. Le charbon, après dix heures d’action, est retiré, puis chauffé dans une chaudière en fer avec du fer spathique en poudre. La liqueur évaporée laisse déposer de beaux cristaux de prussiate pur. Le résidu de charbon est de nouveau chargé de potasse et renvoyé au fourneau.

Le prussiate jaune de potasse est employé surtout pour la préparation du bleu de Pi'usse (voyez ce mot) . On en fait également usage en teinture pour déposer sur l’étoffe à teindre le môme principe colorant. Appliqué à la surface d’un morceau de fer chauffé au rouge, il imprègne celle-ci de carbone et Vacière. Ce moyen de transformer superficiellement le fer en acier est bon toutes les •bis qu’on veut donner de la dureté à sa surface sans di-

minuer la ténacité du corps du métal, pour les towil- Ions, par exemple.

Prussiate rouge dépotasse, ferricyanure de potassium,

— Formant des cristaux d’un beau rouge, anhydre, inaltérable à Tair^ soluble seulement dans 38 fois son poids d’eau chaude. Il sert principalement à déceler les moindres traces de protoxyde de fer avec lequel il forme un précipité d’un beau bleu analogue au bleu do Prusse, de môme qu’il arrive aveç le ferrocyanure ou prussiate jaune et les sels de sesquioxydede fer. Il est également employé dans l’impression des indiennes pour décolorer l’indigo. On l’obtient en faisant passer du chlore dans une dissolution de prussiate jaune, jusqu’à ce que la dissolution cesse de précipiter en bleu les sels de sesquioxyde de fer. Sa composition est Cy^Fe^KS. Ces 3 proportions de potassium peuvent être remplacées par 3 proportions d’hydrogène, ce qui donne l’acide ferricyanhydrique Gy^Fe^H^.

Elles peuvent être remplacées également par 3 proportions d’un autre métal, tandis que la présence du fer ne peut y être décelée par aucun des réactifs ordinaires de cette substance.

Cyanure de zinc. — Sel blanc insoluble dans l’eau insipide, employé dans le traitement des maladies vermineuses des enfants, et contre les crampes d’estomac.

On le prépare en versant une dissolution de cyanure de potassium dans une dissolution d’un sel de zinc.

GYANÜRIQLIE (Acide) (Chimie), CyS03,3H0. — Acide |

ayant même composition en centièmes que l’acide cyani- j

que, mais en différant par le mode de groupement des éléments qui le composent, et aussi par scs propriétés j

physiques et chimiques. C’est un composé très-peu stable )

qui se transforme en acide cyanique par une simple dis- ||

tillation. On le prépare soit en chauffant convenablement ,!

de l’urée, soit en versant un peu d’acide acétique dans |

une dissolution concentrée de cyanate de potasse.

GYATHÉE (Botanique), Cyathea, Smith; du grec kya- j

thos, coupe; allusion à la forme de l’appareil qui renferme les granules reproducteurs. — Genre de plantes |

Cryptogames acrogènes, famille des Fougères, type de j

la tribu des Cyathéacées. Il comprend des fougères arborescentes de l’Amérique australe. Leurs capsules sont sessiles sur un réceptacle globuleux et entourées j

d’une indusie cupuliforme qui s’ouvre irrégulièrement.

La C. en arbre (C. arhorea, Smith) s’élève à 2 mètres environ et se termine par un bouquet de longues feuilles à pétioles et rachis bruns. La C. élégante {C. elegans,

Hew.) est une des plus belles espèces de la famille. Elle atteint souvent plus de 3 mètres, et ses feuilles, longues i

de 2 à 4 mètres, forment un charmant parasol et sont (

munies d’aiguillons tendres au pétiole et au rachis. Ces deux fougères croissent à la Jamaïque. )

GYATHIFORME (Botanique). — Terme qui s’applique j

à certains organes en forme de gobelet ; ainsi, dans la |

consolide tubéreuse, la corolle est dite cyathifonne. Les j

glandes qui accompagnent les pétioles du pêcher, du ceri- j!

sier, du ricin, etc., sont aussi cyathi formes.

CYCADÉES (Botanique), Cycadeæ. — Famille de plantes Dicotylédones \gymnospermes, classe des Çjycadoïdées établie par L. G. Richard, en 1807, pour deux genres que de tj

Jussieu avait rangés jusqu’alors parmi les Fougères. On a ii

été longtemps très-indécis sur la place que doit occuper j

cette famille dans la méthode naturelle ; les uns l’ont re- |

gardée comme intermédiaire entre les Palmiers et les Fou- !|

gères ; d’autres y ont vu des végétaux monocotylédones. .

Enfin, on a reconnu que ces plantes présentaient deux 1

cotylédons et des ovules ; on les a donc rapprochées des Co- l

nifères dans le sous-embranchement des gymnospermes |

(voyez ce mot). Les Gycadées sont des arbres ayant le port j

des palmiers. Leur tronc est cylindrique; ils croissent par j

un bourgeon terminal. Leurs feuilles sont pennées et rou- ^

lées en crosse avant le développement. Les plantes de cette i

famille habitent les régions intertropicales de l’Asie et de i

l’Amérique. On en rencontre aussi à Madagascar et au |

cap de Bonne-Espérance. Genres principaux : Cycas, Lin.; j

Zamia, Lin. , 4

Travaux monographiques : Robert Browm, Appendice i'

du voyage de King (1825). — Mémoire sur les Cycadees ,

et les Conifères, par L. G. Richard (1826). — yidolphe J

Brongniart, Végétaux fossiles p. 88). — Miquel, I

Monograph. cycad. G — s. |

CYCAS (Botanique), Cycas, Lin.; nom donné par Théophraste et Pline à un petit palmier d’Éthiopie. — Genre I

de plantes qui est devenu le type de la famille des Cyca- I

dées (voyez ce mot). Les cycas sont des végétaux plus ou •

moins élevés qui habitent l’Inde. Leurs fleurs sont dioï- J

t]ucs ; leur inflorescence mâle est en cône terminal ; chaque |

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CYG

■écaille du cône porte des anthères à une seule loge et oblongue. L’inflorescence femelle se compose d’écailles portant chacune de chaque côté 3 ou 4 ovules dressés. Le fruit est réduit à une graine nue. Le C. révoluté {C. revoluta^ Thunb.) est un arbre qui ne s’élève guère à plus de 2 mètres; son tronc présente inférieurement la trace des feuilles tombées. Cette espèce est originaire du Japon et naturalisée à Madère et en Amérique. Le C. circinal {C. circinalis^ Lin.) est un arbre qui s’élève souvent à plus de 15 mètres. Ses feuilles sont épineuses et composées de 90 à 100 folioles linéaires et lancéolées. Cette espèce croît spontanément dans le Malabar, d’où elle s’est répandue dans les îles voisines et dans l’intérieur de l’Inde. On a dit que la plus grande partie du sagou livré au commerce provenait de la moelle farineuse des cycas qui est comestible : cette assertion est erronée; en effet, le sagou provient des sagoutiers- palmiers. D’après Gaudichaud, les graines seraient comestibles, astringentes et émétiques. G — s.

GYGLADE (Zoologie), Cyclas^ Brug.; du grec kyklas^ disposé en rond. — Genre de Mollusques^ classe des Acéphales, ordre des A. testaces, famille des Cardiacés, établi par Bruguières aux dépens des Vénus ; l’animal est renfermé dans une coquille bivalve assez épaisse, ordinairenient orbiculaire, parfaitement close; deux dents au milieu de la charnière; en avant et en arrière deux lames saillantes quelquefois crénelées. Ce genre avait autrefois fait partie des Tellines de Linné. L’espèce la plus commune en Europe est la C. cornée {Tellina covnea. Lin.), c’est la Came des ruisseaux de Geoffroy, que l’on trouve dans toutes les petites rivières un peu boueuses ; celle des Gobelins en est remplie. Elle est très-mince, couleur de corne, avec des stries transverses.

CYCLAMEN (Botanique), Cyclamen, Lin. ; du grec kyclos, cercle; allusion au rhizome, qui est arrondi. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, famille des Primulacées, tribu des Primulées. Les cyclamens sont des herbes vivaces, à rhizomes épais; toutes leurs feuilles sont radicales et leurs hampes, contournées en spirales, sont terminées par une seule fleur. Elles habitent principalement les régions tempérées de l’hémisphère boréal. On cultive fréquemment dans les jardins le C. d’Europe (C. Europœum, Lin.), plante à feuilles réniformes, arrondies en cœur et pourprées en dessous. Ses fleurs, d’une forme élégante, s’épanouissent vers le mois de février et varient du blanc au rouge. Cette espèce habite les lieux ombragés de l’Europe. On la trouve aussi spontanée en France. Elle est souvent nommée Pain de pourceau. Ses rhizomes ont une saveur âcre, amère, brûlante, et leurs propriétés purgatives émétiques sont trop violentes, dit-on, pour qu’on en tire parti. Il est même résulté des accidents fort graves de leur emploi. Les cyclamens supportent longtemps la privation d’eau. G — s.

CYCLOBRANCHES (Zoologie). — Voyez Patelle.

CYCLE (Astronomie). — On entend par cycle une période astronomique à la fin de laquelle un certain phénomène se reproduit. Ainsi, les Égyptiens avaient leur année civile composée de 365 jours ; tous les quatre ans, elle était en erreur d’environ un jour sur l’année solaire. Après un intervalle de 1460 années solaires ou de 1461 •années civiles, ces années se retrouvaient d’accord. C’est ce qu’on appelait la période sothiaque ou le cycle caniculaire.

Chez les Grecs, le calendrier était basé sur la lune. L’an 433 avant notre ère, l’Athénien Méton reconnut qu’après 235 lunaisons ou 6 9‘JO jours, la lune et le soleil étaient revenus aux mêmes positions relatives, et que les années lunaire et solaire se retrouvaient d’accord : c’est le cycle lunaire. Méton présenta cette découverte aux Grecs assemblés pour les jeux Olympiques ; ils l’adoptèrent avec enthousiasme et la firent inscrire en lettres d’or, d’où le nom de nombre dl’or que reçurent les années de ce cycle.

Le cycle solaire est une période de 28 ans qui règle le retour du dimanche aux mêmes dates du mois.

Le cycle d'indiction comprend 15 années juliennes ; il n’a pas de signification astronomique.

En faisant le produit des nombres 28, 18 et 15 des trois cycles, on obtient le nombre 7560, qu’on nomme la période julienne. E. R.

CYGLOIDE, Roulette, Trochoïde (Mathématiques). — C’est la courbe décrite par un point d’une circonférence qui roule sur une ligne droite. «C’est, par exemple, le chemin que suit en l’air le clou d’une roue quand elle roule de son mouvement ordinaire depuis que ce clou commence i s’élever de terre, jiusqu’à ce que le mouve-

ment continu de la roue l’ait rapj)orté â terre, après iiii tour entier achevé : supposant que la roue soit un cercle parfait, le clou un point dans sa circonférence, et la terre parfaitement plane. » (Pascal, Histoire de la roulette, 1658.)

Le père Mersenne paraît être le premier qui ait dirigé son attention sur cette courbe, vers l’année 1615. Il imagina à son sujet plusieurs problèmes que, suivant un usage commun à cette époque, il proposa à divers savants, et notamment à Galilée. Aucun résultat n’avait été obtenu dans ces recherches jusqu’en 1634, époque à laquelle Roberval fut amené à s’en occuper. Il le fit avec le plus grand succès, et découvrit les propriétés géométriques les plus essentielles de la courbe, à laquelle il donna le nom de trochdide, correspondant au mot français roulette. Il indiqua particulièrement un moyen ingénieux de mener les tangentes, qui peut être appliqué à toutes les courbes, et que nous indiquons à l’article Tangente. La roulette fut encore étudiée par divers géomètres, Fermât, Descartes, Torricelli, mais il ne fut pas ajouté beaucoup à ce qu’avait découvert Roberval ; on peut seulement remarquer que c’est à cette époque que la courbe reçut le nom de cycloïde qu’elle a généralement conservé depuis.

En 1658, Pascal, ayant imaginé des méthodes particulières pour les centres de gravité, en fit l’essai sur la cycloïde et sur les corps qui s’y rattachent. Il réussit pleinement et proposa la résolution de ces problèmes sous forme d’un concours. Deux prix, l’un de quarante pistoles, l’autre de vingt, devaient être décernés aux auteurs qui, avant le 1®” octobre 1658, auraient fait connaître leurs solutions. Pascal s’engageait d’ailleurs à publier immédiatement après le concours ses solutions personnelles. C’est ce qu’il fit en effet, et les divers documents relatifs à la roulette ainsi que l’étude de quelquesunes de ses propriétés font partie de ses œuvres complètes. Aujourd’hui, grâce aux progrès du calcul infinitésimal, l’étude des propriétés de la cycloïde ne présente aucune difficulté spéciale, et quelques-unes, d’ailleurs, peu vent se reconnaître à pefor? de la façon la plus aisée.

Ainsi, soit AMDB la cycloïde résultant de la rotation du cercle CD sur AB, dans une position quelconque du cercle on aura toujours évidemment AG = arc MG, ce qui fournit un moyen de tracer la courbe par points. D’ailleurs, pendant un instant infiniment petit, le mouvement du cercle pouvant être considéré comme une rotation autour du point C (voyez Rotation), la droite MG est normale à la cycloïde au point M. C*est la propriété la plus importante de la courbe, et on en déduit immédiatement le moyen de tracer la tangente, ainsi que l’équation différentielle de la courbe. ©

Prenons la base AB pour axe de x, et pour axe ae y une perpendiculaire menée par l’origine A, soit M' un

point {x-^dx,y-\-dy) très-voisin de M (a;, y) ; l’élément MM' appartient à la tangente MD. Or, si l’on abaisse MN perpendiculaire sur GD, et M'N sur MN, on a

M'N = rfy;

et le triangle infinitésimal MM'N est semblable à MGN qui a ses côtés perpendiculaires. De là la proportion

rfy MN \f Iry — y2

dx C N y ■’

car dans le demi-cercle DMG, MN est moyenne proportionnelle entre CN et DN.

Ayant l’équation de la courbe, il sera aisé, par les formules données à l’article Courbure, de calculer le rayon de courbure correspondant au point M. On trouvera

p = 2v/2ry.

Or, il est facile de voir que sj'lry est l’expression de la ligne MG, de sorte que le rayon de courbure est double de la normale. Pour obtenir le centre de courbure, il suffit

CYC

CYG

donc de prolonger MC d’une quantité égale à elle-même.

On conclut de là que la développée (voyez ce mot) d’une cycloïde est une cycloïde précisément égale, mais

placée d’une manière in-

verse. Considérons une position du cercle générateur DCM, et traçons audessous un cercle égal égal CK ; la normale MC prolongée détermine un nouveau point N tel, que MC — CN, et qui sera le centre de courbure de M.

Or, je dis que le lieu de ces points est la cycloïde AG, qu’engendre le cercle CK en roulant sur GK. Car AC = arc MC = arc CN.

Mais CF+AC = demi-circ.= arc CN -j-arc NK ; donc CF= arc NK, et aussi GK= arc NK. Or, c'est là précisément le caractère des points d’une cycloïde engendrée par le cercle CK, ayant son origine en G, et son sommet en A.

Ces théorème®, dus à Huyghens, peuvent servir à décrire une cycloïde d’un mouvement continu à l’aide de sa développée, et à réaliser ce qu’on appelle, en mécanique, le pendule cycloïdal»

La même propriété sert encore à trouver la longueur d’un arc de cycloïde. On sait qu’un arc de développée est égal à la diflérence des rayons de courbure menés par ses extrémités. Pour l’arc AN, par exemple, le rayon de courbure en A est nul, celui en N est MN : telle est donc la longueur de l’arc AN. De môme la longueur de la demi-cycloïde AG est la droite EG ou 4r; et la cycloïde entière est équivalente à quatre fois le diamètre du cercle générateur.

L’aire de la cycloïde s’obtient également par des considérations infinitésimales : elle est égale à trois fois l’aire du cercle générateur.

Les propriétés mécaniques de la cycloïde ne sont pas moins intéressantes que ses propriétés géométriques ; on les trouvera développées aux articles Brachystochrone, Tautochrone. P. D.

GYGLOPE (Zoologie), Cyclops^ Mail. — Genre de Crustacés, ordre des Brancliiopodes, section des Lophyropes du grand genre Monocle de Linné. Établi par Muller, il a pour caractères: un corps allongé plus ou moins ovalaire, mollet ou gélatineux et diminuant insensiblement pour former une queue; 2 à 4 antennes, G à 10 pattes soyeuses ; un seul œil. On trouve ces crustacés dans les eaux douces stagnantes, mais non corrompues; quelques espèces habitent les mers. On en connaît une quinzaine d’espèces, parmi lesquelles le C . quadricorne {Monoculus quadricornis,lÀn.) {fig, 745) a toutes les antennes simples

ou sans division, les inférieures ont 4 articles et n’égalent guère en longueur que le tiers des supérieures. Sa longueur totale est de 0“,0046. Cette espèce est très-commune dans les eaux stagnantes aux environs de Paris.

* CYCLOPTÈPiE (Zoologie), Cyclopferus, Lin.; du grec kyklos, rond ; et pteron, nageoire. — Genre de Poissons de l’ordre des Malacoptéry giens subbrachiens , famille des Discolobes de Cuvier, qui a pour caractère marqué les rayons des ventrales suspendus tout autour du bassin et réunis par une seule membrane et formant un disque ovale et concave que le poisson emploie, comme un suçoir, pour se fixer aux rochers : bouche grande, bien armée ; peau visqueuse et sans écailles ; intestin long ; beaucoup de cæcums. Cuvier les divise en deux sous-genres : Les

Lumps ou Lompes ; corps épais, première dorsale plus ou moins visible, à rayons simples. La seule espèce connue est le Lump de 7tos mers. Gras mollet. Lièvre de mer. Bouclier: C. Lumpus, qu’on trouve dans les mers du Nord, où il vit de méduses et autres animaux gélatineux. Sa chair est molle et insipide. 2® Les Liparis {Liparis,

Artédi), dont la seule espèce connue, Cyclopterus liparis de Linné, vient sur nos côtes ; il n’a qu’une dorsale assez longue ; corps lisse, allongé et comprimé en arrière.

CYCLOSE (Botanique), du grec kyklos, cercle. — La sève descendante des végétaux dicotylédones chemine des feuilles vers les racines entre l’écorce et le bois, là où une couche celluleuse spéciale, nommée cambium, offre un réseau abondant de canaux inlercellulaires nommés vaisseaux de la sève, vaisseaux laticifères, vaisseaux du suc propre. La sève, tout en poursuivant ce mouvement général de descente, circule dans les vaisseaux laticifères en serpentant à travers les mille mailles du réseau de ces vaisseaux. C’est ce mouvement de circulation que l’on nomme cyclose (voyez Latex, Sève).

CYGLOSTOMES (Zoologie), du grec kyklos, cercle, et bouche. — Famille àQ Poissons, ordre des Chondroptérygiens a branchies fixes Cuv. Leur caractère le plus saillant est dans la conformation de leur bouche pour la succion, ce qui leur avait fait donner aussi par Cuvier le nom de Suceurs. « Leur corps allongé, dit-il, se termine en avant par une lèvre charnue et circulaire ou demi-circulaire, et l’anneau cartilagineux qui supporte cette lèvre résulte de la soudure des os palatins et des maxillaires. » Ces poissons sont d’ailleurs les derniers des vertébrés ; dépourvus de nageoires pectorales et abdominales, ils ont un squelette cartilagineux dans certaines parties, fibro-tendineux dans d’autres. Leur colonne vertébrale est réduite à un simple cordon tendineux, rempli de mucilage, et entouré de simples anneaux fibrocartilagineux représentant les corps des vertèbres ; il n’existe pas de côtes ; mais les branchies sont recouvertes de tout un appareil de lames cartilagineuses, et la tête se compose de quelques cartilages protégeant l’encéphale et soutenant le bord du suçoir. Cette famille comprenait dans la méthode de Cuvier les genres Lamproie, Myxine^ Ammocète. On en a retiré ce dernier pour les raisons exposées au mot Ammocète (voyez ces mots).

CYDONIA (Botanique). — Voyez Cognassier.

CYGNE ou Oigne (Zoologie), en grec kyknos. — Cet oiseau, l’un des plus beaux et des plus grands qui peuplent nos eaux douces, est connu depuis la plus haute antiquité, et bien des fables ont eu cours à son sujet. Buffon lui-même, tout en repoussant la plupart de ces erreurs, a prêté néanmoins au cygne un caractère de majesté royale, qu’on ne peut lui laisser. Cet oiseau, dont le plumage est devenu un type de la blancheur, a le bec rouge, bordé de ^oir,avec une protubérance arrondie à la base de la mandibule supérieure. Cette coloration du bec lui a valu le nom spécifique de C. à bec rouge {Anas olor^ Lin.; Cycnus olor. Vieil!.), Ses pieds sont noirs ainsique

les tarses, et une large membrane en unit les trois doigts antérieurs. Il se nourrit de vers et d’insectes aquatiques, de petits poissons, de végétaux, de graines; il digèi'C vite et mange beaucoup. Son vol est haut, lourd, mais

CYG

OYN

assez rapide. Sur les eaux, il nage assez vite pour qu’il soit très-difficile de le suivre le long du rivage ; il se sert pour nager, de ses pattes, tandis que ses ailes à demi soulevées recueillent le vent et accélèrent son mouvement. Farouche, rusé et brutal, le cygne attaque et se défend facilement au moyen de ces mômes ailes dont il frappe des coups assez forts, au témoignage de Buflfon, pour casser la jambe à un homme ; il faut donc se méfier de sa brutalité que ne fait pas soupçonner d’abord un extérieur calme et doux. Sa colère s’annonce par une sorte de frémissement sifflant, et, si l’ennemi ne lui paraît pas supérieur en force, il marche à lui le bec entr’ouvert, le cou dressé, les ailes à demi étendues ; les enfants sont parfois victimes de ces agressions inattendues. En présence d’ un danger qui lui paraît excéder ses forces, le cygne plonge et fuit. Dans ses combats avec les autres animaux, il montre de l’acharnement et de l’adresse à éviter les coups ; s’il lutte avec un oiseau, il s’efforce de saisir la tôte de son ennemi avec son bec pour la plonger dans l’eau et l’y maintenir. Il est surtout vigilant, courageux et exact pour défendre sa femelle et sa couvée. Le cygne s’attache d’ailleurs à une seule femelle pour chaque année; au commencement de février, celle-ci construit avec des joncs et des roseaux un grand nid garni intérieurement de plumes et de duvet, et y dépose bientôt 6 à 8 œufs longs de 0®,I0 et d’un blanc verdâtre ; l’incubation dure cinq semaines et le mâle n’y prend pas part, mais veille auprès du nid. Les petits naissent couverts d’un duvet gris jaunâtre, et prennent après trois semaines un plumage gris ; en septembre, à la première mue, de nombreuses plumes blanches viennent diaprer cette livrée grise, et c’est à deux ans seulement que leur plumage prend sa blancheur sans tache ; à ce moment aussi le bec, d’abord gris plombé, prend sa coloration définitive. La mère conserve ses petits tout l’été et les soigne avec dévouement ; au mois de novembre les jeunes se réunissent en troupes, et ne se séparent qu’après la seconde année pour fonder de nouvelles familles. Le cygne n’est pas un oiseau sédentaire, il recherche, pour pondre, les contrées septentrionales, et ne passe sur les côtes de France et d’Angleterre que les hivers très-rigoureux. En été, il descend vers la Méditerranée et se trouve alors sur les fleuves paisibles de l’Asie Mineure, de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne. La Tamise et la Seine en sont visitées annuellement, et un îlot situé près de Grenelle témoigne encore par son nom de l’abondance de ces oiseaux sous le climat de Paris avant que l’extension de la ville les eût chassés de cette station. La grâce majestueuse et caressante du cygne l’a fait regarder par les anciens comme un des oiseaux de Vénus ; une paire de cygnes est attelée au char de la déesse. Jupiter, pour séduire Léda, prit la forme de cet oiseau. Son attitude en nageant leur parut un modèle dont il convenait de placer l’emblème à la proue de leurs navires. Parmi toutes les fables imaginées au sujet de cet oiseau, la plus célèbre et la plus poétique est ce chant du cygne, chant harmonieux et unique qu’il exhalerait avec ses derniers soupirs. Les observations les plus nombreuses et les mieux faites ont conduit les naturalistes à penser qu’en aucune circonstance le cygne ne fait entendre autre chose qu’un cri aigu et discordant.

Le cygne vit chez nous en domesticité, mais Is. Geoffroy Saint-Hilaire {Acclim. et domest. des anim. utiles) a établi que la domestication de cette espèce est certaine seulement depuis le xvi^ siècle. Auparavant, et dans toute l’antiquité, il est parlé de cygne dans des termes qui ne paraissent s’appliquer qu’au cygne sauvage. Quoi qu’il €n soit, c’est aujourd’hui un oiseau d’ornement pour les pièces d’eau et le seul produit qu’on en tire est la peau de son ventre munie de son duvet étincelant de blancheur. Si on l’a servi parfois sur la table des grands seigneurs, c’est par ostentation de luxe, car sa chair est noire et désagréable au goût. La patrie originelle du cygne à bec rouge paraît avoir été le nord de la Prusse et de la Pologne, d’où ses migrations le conduisent annuellement dans toute l’Europe.

Le C. à bec rouge est devenu le type du sous-genre Cygne {Cycnus^ Meyer), de l’ordre des Palmipèdes^ famille des Lamellirostres, grand genre des Canards, Ce sous-genre est caractérisé par un bec aussi large en avant qu’en arrière, plus haut que large à sa base ; une bande nue étendue de l’œil à la racine du bec ; narines à peu près au milieu de la longueur de celui-ci ; cou très-long et flexible; queue carrée; ailes sub- aiguës. Outre l’espèce dont il a été question plus haut, on trouve en Europe le G. à bec noir (C. ferus^ Briss.), très-semblable à son congénère, sauf la couleur du bec et le plu-

Fig. 748 — Cylindre.

mage grisonnant. On le nomme fort à tort C. sauvage^ ce qui semblerait n’en faire que l’état sauvage de l’espèce précédente; et C, chanteur ^ car il ne chante pas plus que l’autre. On trouve en Australie le C. noir (C. atratus^ Vieill.), noir avec le bec d’un rouge vif. Cuvier rapporte encore à ce genre VOie du Canada ou Oie à cravate {Anas canadensis^ Lin.) ; VOie de Guinée, ou de Chine^ ou de Sibérie [Anas cycnoides^ Lin.) que l’on voit souvent, ainsi que le cygne noir, sur les pièces d’eau de nos parcs. Ad. F.

CYLINDRE (Géométrie). — Volume engendré par la révolution d’un rectangle BCDL tournant autour d’un de ses côtés CD, qu’on appelle axe du cylindre. La surface engendrée pendant le mouvement par la révolution du côté BL forme la surface latérale du cylindre. Les cercles décrits par CB et DL constituent ses bases et les circonférences décrites par B et L les circonférences des bases. BL se nomme le côté ou V arête du cylindre; CD forme sa hauteur.

La surface latérale d’un cylindre a pour mesure le produit de la circonférence de sa base par la hauteur.

Le volume d’un cylindre est égal au produit de sa base par sa hauteur.

Un cylindre est trois fois plus grand que le cône ayant même base et môme hauteur.

On désigne d’une façon plus générale, en géométrie, sous le nom de surface cylindrique, toute surface engendrée par une ligne qui se meut parallèlement à ellemôme, l’un de ses points étant d’ailleurs assujetti à suivre le contour d’une ligne donnée (voyez Sdrfaces) .

GYME (Botanique). — Voyez Cime.

CYMINDIS (Zoologie), du grec kymindis^ nom d’un oiseau inconnu des modernes. — Genre d'Oiseaux, de l’ordre des Rapaces^ famille des Diurnes., tribu des Oiseaux de proie nobles, qui ne comprend que deux espèces de la Guyane et du Brésil.

Cymindis (Zoologie). — Genre d'insectes^ de l’ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carabiques, tribu des Troncatipennes, dont les espèces sont communes dans l’Europe méridionale et dans les autres parties chaudes delà zonetempérée; ellessont de moyenne taille, de couleur brune, de forme longue et aplatie ; elles vivent sous les pierres humides.

GYMODOCÉE (Zoologie), Cymodocea, Leach ; nom emprunté à un personnage historique. — Genre de Crustacés, de l’ordre des Isopodes, section des Sphéromides, dont l’espèce type, la C. poilue (C. pilosa, Leach), habite la Méditerranée.

GYMOTHOÉ (Zoologie), Cymothoa, Fab. ; nom mythologique. — Genre de Crustacés isopodes, du grand genre Cloporte, section des Cymothoadés. Ces animaux, dont les plus grands ne dépassent pas 0“,07, vivent fixés sur le corps de divers poissons ; les pêcheurs leur ont donné les noms vulgaires de Poux de mer. Œstres de mer, Asyles de poissons.

GYNANGHE (Botanique), Cynanchum,lAn.', du grec kyôn, chien, et anchéin, étrangler. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, famille des Apocynées, type de la tribu des C\jnanchées. Les espèces de ce genre sont des herbes vivaces, grimpantes, à feuilles cordiformes et à fleurs blanches ou rosées, disposées en ombelle allongée devenant une grappe. La couronne staminale se compose de 10 lobes disposés sur deux rangs opposés. Le C. aigu {C. acutum. Lin.) est une plante élevée de 1 mètre environ ; ses fleurs sont blanches, pédicellées. Le C. de Montpellier {C. Monspeliacum, Lin.), variété de la précédente , a ses feuilles obtuses et largement cordiformes. Ces deux plantes croissent dans la France méridionale. La dernière donne une gomme-résine connue sous les noms de scammonée de Montpellier, scammonée indigène , scammonée en galettes. Douée de propriétés purgatives assez actives , cette substance sert à falsifier la véritable scammonée (voyez ce mot), qui s’extrait d’une espèce , de liseron. Le C. vomitif [C. vomitorium, Lamk.) fournit un faux ipécacuanha dont on fait usage dans quelques pays (voyez ipécacuanha). G — s.

GYNANTHROPIE (Médecine), du grec kyôn, chien, et anihrôpos, homme. — C’est une variété de la lypémanie, dans laquelle le malade croit être changé en chien (voyez Folie).

GYNÂRi\, Cynarées (Botanique). — Voyez Cinara, CiNARÉES , CiNAROCÉPHALES

CYN

CYP

CYNIPS (Zoologie), Ctjnips, Lin.; Diplolepe, Geoff. — Genre d' Insectes ordre des Hijménoptères, famille des Pupivores^ tribu des Gallicoles; ce sont de petites mouches légères, Qui semblent comme bossues^ ayant la tête petite et le thorax gros et élevé {fig. '7 49). Les femelles sont pourvues d’une espèce de tarière diversement conformée, au moyen de laquelle elles piquent, pour y déposer leurs œufs, diverses parties des végétaux, et y déterminent la production d’excroissances bizarrement variées qu’on nomme galles^ ce sont les nids du cynips; c’est là que naissent de petites larves sans pattes, elles y vivent solitaires ou en société, en rongent l’intérieur sans nuire à leur développement et y restent cinq à six mois ; les unes y subissent leurs métamorphoses, les autres en sortent pour s’enfoncer dans la terre où elles opèrent leur transformation. Le C. delà galle à teinture [C. gallolinctoria^ Oliv.), d’un fauve pâle, vit sur une espèce de chêne du Levant, où il produit la noix de galle ou galle du Levant qui nous fournit une couleur noire et sert à faire de l’encre ; elle a jusqu’à 0“,009 de long. Les C. du

chêne {fig. 749) sont des espèces qui produisent sur les différentes parties de ces arbres des galles en pomme^ en groseille^ en forme de nèfle.^ etc. Le C. du rosier, du hédêgar {C.

rosœ, Réaum.), produit cette sorte de mousse ou d’excroissance chevelue que l’on observe sur le rosier et l’églantier (voyez Bédégar); il est noir avec les pieds et l’abdomen rouges, longueur 0*,003. Le C, du figuier {C, psenes. Lin.) est employé dans le Levant pour la caprification., ou maturation des figues (voyez Figuier).

CYNOCÉPHALE (Zoologie), Cynocephalus, Cuv.; du grec kyôn, chien, et ke'phalê, tête. — Genre de Mammifères, de l’ordre des Quadrumanes, famille des Singes, tribu des Singes de Pancien continent, caractérisé par l’existence d’un cinquième tubercule aux dernières dents molaires ; des abajoues ; des callosités ischiatiques ; un museau allongé (angle facial 30“ à 35“) , comme tronqué à l’extrémité où sont percées les narines, et rappelant celui des chiens. Les espèces de ce genre ont une expression repoussante de féroce bestialité ; leur face, presque nue, est colorée de teintes vives qui varient selon les espèces î les membres, à peu près d’égale longueur, sont trapus et doués d’une vigueur peu commune. Ces singes habitent les coteaux et les montagnes des diverses parties de l’Afrique, et se plaisent aussi bien à terre que sur les arbres ; ils vivent en troupes et se font redouter des naturels et des voyageurs. Ils dévastent les vergers et les jardins, car les fruits composent exclusivement leur alimentation; leur maraudage a lieu la nuit; la troupe se divise en trois bandes, l’une entre dans l’enclos pour exécuter le pillage, la seconde l’y suit pour faire.le guet et la troisième reste en dehors et forme une ligne continue de sentinelles jusqu’au magasin où ils resserrent leur butin. Ceux de l’intérieur jettent les fruits à ceux du dehors qui font la chaîne jusqu’au lieu de dépôt. Au premier cri d’une sentinelle, toute la troupe disparaît en un clin d’œil. Ces singes étaient très-connus des anciens et déjà désignés par eux sous le nom de cynocéphales ; dans les sculptures symboliques des Égyptiens, le cynocéphale représente Tôt ou Mercure. Les principales espèces de ce genre. Sont; le Papion {C. Spiy nx, Cuy.) de Guinée; le Papion noir {C. porcarius, Cuv.) ou Chacma du Cap; le Tartarin (C. Hamadryas, Cuv.) ou Hamadryas d’Éthiopie ou (d’Arabie ; le Babouin (C. antiquorum, Schinz), voyez chacun de ces mots). Ad. F.

CYNODON (Botanique), du grec kyôn, chien, et odous, dent. — Genre de plantes Monocotylédones, delà famille des Graminées, connu vulgairement sous le nom de Chiendent (voyez ce mot). G — s.

GYNOGLOSSE (Botanique), Cynoglossum, Tourn. ; du grec kyôn, chien, et glôssa, langue; allusion à la forme et au toucher moelleux des feuilles. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, famille des Borraginées, tribu des Borragées. Les cynoglosses sont des herbes à tiges rameuses, feuilles alternes, fleurs disposées en grappe terminale, calice campanulé, corolle monopétale, 5 étamines; elles habitent principale-

ment les régions tempérées de l’hémisphère boréal de l’ancien continent. On en trouve aussi à la Nouvelle- Hollande. La C. officinale (C. officinale. Lin.) est une herbe bisannuelle qui s’élève à 1 mètre environ. Ses feuilles sont largement lancéolées, tomenteuses. Ses fleurs sont d’un rouge violacé , disposées en grappes. Cette plante répand une odeur désagréable et sa saveur est fade, nauséabonde. Elle croît communément en France; on en distingue une variété bicolore (C. bicolor, Willd.), qui diffère par sa corolle blanche, à gorge pourpre. Les pilules de cynoglosse, très- employées en médecine, et dans lesquelles entre le suc de racine de cynoglosse, doivent leurs propriétés narcotiques à l’opium qu’elles contiennent. La C. des montagnes {C. montanum, Lehm.) est une plante vivace ou bisannuelle dont les feuilles sont presque glabres. Ses fleurs sont disposées en grappe et d’un bleu pourpré. Cette espèce vient dans les Alpes.

GYNOPITHÈQUE (Zoologie), Cynopithèque, Is. Geoff. Saint-Hilaire; du grec kyôn, chien, et pithékos, singe. — Genre de Mammifères de l’ordre des Quadrumanes, famille des Singes, tribu des Singes de l’ancien continent, créé paris. Geoffroy pour le Cynocéphale nègre [Cinocephalus niger, Desmarest) et placé entre les Magots et les Cynocéphales.

GYNOREXIE (Médecine), du grec kyôn, chien; orexis, faim. — Les anciens appelaient ainsi une faim excessive qu’éprouvent certains malades et qu’ils ne peuvent satisfaire sans rejeter aussitôt les aliments I qu’ils ont pris. C’est souvent le symptôme d’une névrose de l’estomac (voyez Boulimie).

GYNORRHODON (Botanique), du grec kyôn, chien, et rhodon, rose. — Ancien nom de l’églantier ou rosier sauvage (voyez Églantier).

CYNOSLTRE (Botanique), Cynosurus,

Lin.; du grec kyôn, chien, et owra, queue; allusion à la forme de l’épi. — Genre de plantes Monocofylédones ,îSim\\[edesGraminées, tribu desFestucacées, qui ne comprend aujourd’hui qu’un très-petit nombre d’espèces, celles de Linné ayant été réparties entre différents genres nouveaux . Le C. à crêtes {C. cristatus. Lin.) se distingue par des épillets à 2-5 fleurs entremêlés d’épillets stériles en forme de peignes. Cette espèce est indigène et trèscommune. Sa panicule est allongée , étroite ; c’est une plante vivace, à tiges j assez feuillées, haute I de 0“,50 ; qui donne j un fourrage tardif, recherché des moutons. Elle convient aux pâturages situés sur les terrains secs, et aussi à ceux des sols frais, humides et tourbeux.

GYPÉRACÉES(Bo- . . , .

tanique), Cypérdidées, de Jussieu. — Famille de plante» Monocotylédones périspermées, cla'^ses des Glumacees; elles sont herbacées , annuelles ou vivace , à rhizome court, fibreux, stolonifère,engaîné, portant quelquefois des I tubercules charnus, remplis d’une substance amylacée,

Fig. 749. — Cynips du chêne (long. 0,01).

CYP

GYS

chaume anguleux ou cylindrique, fleurs en épis ovoïdes, globuleux ou cylindriques formant, par leur réunion des panicules ou des corymbes. Très-voisines des Graminées avec lesquelles elles ont de grandes affinités, les Cypéracéesen diffèrent surtout parleur embryon albumineux, par leur chanvre presque sans nœuds. On trouve des plantes de cette famille sous tous les climats, et surtout dans le Nord où elles le disputent en nombre aux Graminées. En général , les Cy péracées contiennent peu de sucre et de fécule, et leurs feuilles peu de suc, ce qui les rend peu propres à la nourriture du bétail. M. Ad. Brongniart les a partagées en 5 tribus, qui sont ; Les Cypérées^ (genre type Cyperus) ; lesScirpées (Scirpus); les Schœnées (Schœnus) \ les Sc/eriées {Schria) ; les Caricinées (Carex) .

GYPERUS (Botanique). — Voyez Souchet.

CYPHOSE (Médecine), du grec kyphos^ courbé. — C’est la courbure anormale de la colonne vertébrale dont la convexité est postérieure (voyez Gibbosité).

CYPRÆA (Zoologie). — Voyez Porcelaine, coquille.

CYPRÈS (Botanique), Cupressus^ Tour. Du nom de Cyparisse, qui, selon laFable, fut métamorphosé en cyprès. — Genre de plantes Dicotylédones gymnospermes^ famille des Cupressinées, à fleurs monoïques ; les mâles : étamines opposées; les femelles : ovules dressés; fruit : strobile formé d’écailles ligneuses, à graines prolongées de chaque côté en aile membraneuse. Les cyprès sont de grand s arbres propres aux régions tempérées de l’hémisphère boréal, principalement à l’Asie et à l’Amérique septentrionale. On raconte que les portes de Saint-Pierre de Rome, établies sous le règne de Constantin le Grand, étaient de bois de cyprès et qu’au bout de mille cent ans elles étaient encore dans un parfait état de conservation lorsque Eugène IV les fit remplacer par des portes de bronze. On cite encore, comme exemple de longue durée, le navire dit de Tibère^ qui, construit de bois de cyprès, resta pendant quatorze siècles au fond du lacNemi et dont les planches purent servir pour une nouvelle construction. Le bois de cyprès s’employait à la fabrication des caisses destinées à enfermer les momies d’Êgypte.

Les principales espèces de cyprès sont : le C. horizon^ tal (C. horizontalis^M-iW.)^ dont les branches, d’abord dressées, deviennent étalées ; c’est un arbre très-élevé, souvent remarquable par sa cime couronnée qui lui fait prendre une forme écrasée, diffuse. Il vient en Asie. Le C. pyramidal (C. sempervirens^ Mill.) atteint jusqu’à

Fig. 7B1. — Cyprès pyramidal.

20 mètres de hauteur. Son bois est odorant. Ses chatons mâles sont jaunâtres. Ses rameaux serrés et touffus donnent à son ensemble une forme conique élancée. Son bois dur, odorant, d’un grain fin, d’une belle couleur rousse, passe pour être d’une très-grande durée. Il est employé par les ébénistes. Le C. de Portugal (C. Lusitanica, Mill. ; C. pendula^ L’Hérit.) a la tige droite, l’écorce d’un rouge brun. Ses feuilles sont aiguës, piquantes. Cette espèce est simplement naturalisée en Portugal, de l’Inde, de Goa, où elle est très-abondante. Le C. funèbre {C. funebris^ Endl.) présente une forme pyramidale. Ses branches sont dressées et seulement étalées lorsquel’arbre est vieux. D’aorèslesQuelaues découvertes

récentes de nouvelles espèces faites dans l’Amérique du Nord, on peut supposer que le genre Cyprès pourra devenir par la suite très-étendu. D’un autre côté, on en a détaché le C. distique, C. chauve, qui fait partie maintenant du genre Taxodium, Rich. G — s.

Cyprès (Petit) (Botanique). — Voyez Santoline,

CYPRIPÈDE (Botanique), Cypripedium, Lin. ; du grec Kypris, Vénus, etpodion, pantoufle; allusion à la forme de la fleur. — Genre de plantes Monocotylédones, famille des Orchidées, type de la tribu des Cypripédiées, à sépales sous le labelle; pétales libres, plus étroits que ceuxci ; labelle creusé en sabot, avec une oreillette de chaque côté; étamines latérales fertiles. Le C. sabot de Vénus (C. ca/ceo/w^, Lin.) est la seule espèce qui croisse spontanément en Europe. Ses fleurs sont roussâtres, avec le labelle jaune. On trouve cette plante dans les lieux ombragés de la Suisse, des Alpes, en France. Elle s’avance môme très-loin dans le Nord, en Suède, en Laponie. Le C. élégant [C. spectabile. Lin.) a les fleurs blanches, pourprées, avec le labelle rose. Il vient dans les marécages de l’Amérique du Nord.

GYPRLNE (Zoologie), Cyprina, Lamk. — Genre de Mollusques acéphales, ordre des Âtestacés de la famille des Cardiacés, établi par Lamarck et qui, dans la méthode du Règne animal, forme un sous-genre du grand genre Cyclades : la coquille est épaisse, ovale, à sommets recourbés, cordiforme, à trois dents fortes; la C. islandica est la seule espèce connue vivante. On trouve quelques espèces fossiles dans les terrains tertiaires.

CYPRINOIDES (Zoologie), Cyprinoïda, — Famille de Poissons de l’ordre des Malacoptérygiens abdominoMx, caractérisés par une bouche peu fendue, mâchoires faibles, souvent sans dents, mais les pharyngiens ffirtement dentés ; des rayons branchiaux peu nombreux ; le corps écailleux ; point de dorsale adipeuse comme il y en a dans les silures et les salmones. Ce sont les moins carnassiers des poissons. Cuvier les divise en huit genres, la plupart divisés en sous-genres. Les principaux genres sont les Cyprins ; les Loches ; les Anableps.

CYPRINS (Zoologie), Cyprinus; du grec kyprinos, carpe, qu’on peut considérer comme le type du genre.

— Tel qu’il est admis par Cuvier, ce grand genre est très-nombreux, et renferme des poissons dont les principaux caractères ont été donnés au mot Cyprinoïdes ; de plus, ils ont trois rayons plats aux ouïes, la langue lisse, le palais garni d’une substance épaisse, molles, connue vulgairement sous le nom de langue de carpe ; un intestin court et sans cæcum. Ces poissons habitent les eaux douces, et vivent en grande partie de graines, d’herbe et même de limon. On les divise en douze sousgenres, dont les principa x sont : les Carpes ; les Barbeaux; les Goujons; les Tanches; les Brèmes; les Ables (voyez tous ces mots).

CYPRIS (Zoologie), Cypris, Mùll. — Sous-genre de Crustacés branchiopodes, du grand genre Monocle, section des Lophtjropes, Cuv. Ce sont de petites espèces qui ont un test bivalve en forme de coquilles, quatre pattes, et les deux yeux réunis en un seul. La C. pubère, longue de O^jOO'iô est très-commune dans toutes les petites mares des bois, aux environs de Pans.

CYPSÈLE (Botanique), du grec kypselis, petit coffre;

— Nom ‘donné par Mirbel à cette espèce de fruit, à laquelle Richard a donné le nom de Akène.

CYRÈNE (Zoologie), Cyrena, Lamk. — Genre de Mol~ lusques acéphales, ordre des. A testacés, famille des Cardiacés, détaché par Lamarck des Cyclades de Bruguières, Ce sont des coquilles bivalves épaisses, un peu triangulaires, recouvertes d’un épiderme ; elles ont trois dents cardinales. On les trouve dans les étangs et les rivières des pays chauds. Il n’y en a point en France. Les espèces fossiles existent aux environs de Paris.

CYRT ANDRE (Botanique), Cyrtandra, Forst. ; du grec kyrtos, courbé, et anêr, mâle, parce que les filets des étamines sont arqués. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, type de la famille des Cyrtandracées, voisine des Gesnériacées. La principale espèce, le C. à bouquets (C. cymosa, Vahl.) est un arbrisseau dont les tiges sont pourvues de rameaux grêles ; feuilles opposées, pétiolées, ovales ; fleurs pédicellées, blanches, réunies en bouquets. De l’Inde et de Java.

CYSTIGERQÜES ou Cystiqdes (Zoologie,, du grec kystis, vessie, çtkerkos, queue. — Vers intestinaux composés d’une tête avec un cou peu prolongé que termine une vésicule membraneuse ; on les désigne encore sous le nom d’ Hydatides. Les observations récentes de MM. Siebold, Leuckart et Cüchenmeister en Allmagne,

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Lafosse en France, Aloys Humbert en Suisse, ont démontré que les cysticerques sont une des formes du développement des Ténias (voyez ce mot).

CYSTÎQUE (Anatomie), du grec kystisy vessie, — Se dit de ce qui appartient à la vésicule biliaire. Chez l’homme et la plupart des mammifères, le canal cystiqiie^ né de cette vésicule et abouché avec le canal hépatique et le canal cholédoque, donne passage à la bile, lorsque, pendant les digestions, elle se rend de la vésicule dans le duodénum, et pendant leur intervalle va du foie dans la vésicule. — La fossette cystique est un petit enfoncement dans lequel est située la vésicule, à la face inférieure du lobe droit du foie. — V artère cystique est une branche de l’hépatique qui se divise en deux rameaux. — La veine cystique se rend dans la veine porte. — Les nerfs cystiques viennent du plexus hépatique. — La bile cystique est celle qui a séjourné dans la vésicule. — Les calculs cystiques sont ceux qui se forment dans la vésicule.

CYSTIRRHÉE (Médecine). — Voyez Cystite.

CYSTITE (Médecine), du grec kystisy vessie, avec la terminaison ite convenue pour exprimer l’inflammation. ~ Inflammation générale ou partielle des membranes de la vessie; la première est la C. proprement dite, la seconde la C. catarrhale. La C. proprement dite est l’inflammation de toutes les membranes de la vessie; elle peut être aiguë ou chronique; une des causes les plus fréquentes est l’usage des cantharides, soit à l’intérieur, soit en application extérieure, comme sur les vésicatoires (voyez Cantharide, Vésicatoires). L’abus des liqueurs fortes prédispose singulièrement à cette maladie douloureuse. Les principaux symptômes sont une douleur aiguë dans la région de la vessie, surtout à la pression, difficulté et môme impossibilité d’uriner. Le traitement consiste dans l’emploi des saignées, des sangsues, des bains, des boissons douces. La C. catarrhale n’intéresse que la membrane muqueuse; elle est également aiguë ou chronique; les causes sont les mômes que celles de la première espèce, auxquelles il faut ajouter la présence d’un calcul dans la vessie, etc. Les symptômes sont à peu près ceux décrits plus haut, mais à un moindre degré ; de plus, on observe une sécrétion abondante de mucus qui s’attache au fond du vase {Cystirrhée des auteurs). Le traitement est à peu près le môme ; il n’est pas rare d’être obligé d’avoir recours à l’emploi de la sonde pour procurer l’issue de l’urine (voyez Sonde). F — n.

CYSTOTOME et Cystotomie (Chirurgie), du grec kys~ tiSy vessie, et temnô, je coupe. ~ On a proposé, dans ces derniers temps, de substituer ces noms à ceux de lithotome et lithotomie^ qui sont plus généralement employés (voyez ces mots), pour désigner un instrument dont on se sert dans l’opération de la taille et pour cette opération elle-même.

CYTHÉRÉ (Zoologie). — Espèce de Coquille (v.Vénls).

CYTHËRÉE (Zoologie), Cythere^ Müll. — Sous-genre de Crustacés branchiopodes, du grand genre Monocle, section des Lophyropes, très-voisin des Cypris dont ils diffèrent parce qu’ils ont huit pieds et qu’ils vivent dans l’eau salée ; on les trouve en effet dans les varechs, les conferves, etc. On n’en compte qu’un petit nombre d’espèces. La C. verte a le test en forme de rein et velu.

GYTINELLE (Botanique), Cytinus, Lin.; du grec kytinos, fleur du grenadier, à cause de l’analogie de sa fleur avec cette dernière. — Genre de plantes parasites Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Cytinées, que M. Brongniart range dans sa classe des Asay'i-^ nées, h, fleurs monoïques; mâles : calice très-petit, à 4 lobes; 8 étamines à filets soudés entre eux; femelles : ovaire infère; style épais; stigmate charnu; le fruit est une baie coriace à 8 loges. La C. hypociste{C. hypocistis. Lin.) est une petite herbe à tige charnue, couverte d’écailles imbriquées, jaunâtres; fleurs petites, d’un rouge vif. Cette espèce a le port des orobanches. On la trouve souvent sur le ciste de Montpellier, dans le midi de la France. En général, elle croît dans l’Europe méridionale et dans le nord de l’Afrique. Le suc de ses fruits était employé contre la dyssenterie et l’hémorrhagie. On en faisait aussi une conserve astringente très-employée comme tonique. G — s.

CYTISE (Botanique), Cytisus, Lin.; du nom de l’île Cythnos, l’une des Cyclades, suivant Pline. — Genre de plantes de la famille des Papillionacées, tribu des Lotées. Caractères : calice court, à 2 lèvres, la supérieure presque toujours à 2 dents et l’inférieure à 3 ; étendard largement ovale; gousse linéaire, à plusieurs graines. Les Cytises sont des arbrisseaux ou de petits

arbres quelquefois épineux, à feuilles composées, ternées. Ils croissent la plupart en Europe. Ce sont de jolis végétaux d’ornement. Le C. aubour, vulgairement Faux-ébénier {C. laburnum. Lin.) est un arbre élégant qui atteint jusqu’à 5 ou 6 mètres. Ses rameaux sont blanchâtres ; scs feuilles ont leurs folioles légè-

rement pubescentes en dessous ; ses fleurs pendent en grappes jaunes d’un aspect brillant. Pline dit que le bois du laburnum est blanc ; Théis fait remarquer que le laburnum des anciens n’était certainement pas le môme que le nôtre, dont le bois, au contraire, est d’une couleur assez foncée et veinée qui lui a fait donner le nom de Fausse ébène. Le faux ébénier croît spontanément dans les Alpes. M. Jacques en a distingué plusieurs variétés qu’il a cultivées dans le parc de Neuilly. La plus intéressante est le C. d'Adam [C. laburnum Adami, Poit.) qui présente à la fois des fleurs roses et jaunes souvent sur la môme grappe. Le bois du cytise aubour

et de quelques espèces voisines est d’autant plus foncé qu’il est plus âgé. Il est dur, d’un grain serré et fin, se conserve longtemps et peut être travaillé avec avantage ; aussi les ébénistes et les tourneurs l’emploient-ils à la confection de certains objets délicats. Les feuilles, les fleurs , les gousses et les graines de cet arbre ont des propriétés purgatives et vomitives assez actives. Les autres espèces les plus cultivées sont : le C. des Alpes {C. Alpinus, Mill.), très-voisin et peut-être une variété du C. aubour, dont les pédicelles et les calices sont hérissés; les fleurs moins grandes, plus foncées, les grappes plus longues que celles du C, aubour. G — s.

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