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duction du dahlia en France, c’est à Thibaut qu’en revient toute la gloire. Jaume Saint-Hilaire, qui était de l’époque, donne à ce sujet les curieux détails qui suivent. «Les dahlias, cultivés dans le jardin de Madrid, dit-il, étaient inconnus en Europe. Ilsy seraient peut-être restés et auraient été perdus par suite des événements dont cette ville, dont ce jardi-n même, ont été le théâtre, si, en 1801, Thibaut, un de mes condisciples en botanique, attaché à l’ambassade de Lucien Bonaparte, n’avait pas eu la pensée d’en enrichir la France. En conséquence, profitant d’un courrier de dépêches que l’ambassadeur envoyait à Paris, il le chargea, moyennant la somme de 20 francs, de remettre eu arrivant un paquet de tubercules enveloppés d’un linge mouillé, à mon illustre professeur et ami André Thouin. »

Le professeur du muséum en prit le plus grand soin, les fit développer dans une serre chaude, puis les fit passer successivement par des températures moins élevées et désormais le daîilia fut acclimaté en France. Indépendamment de l’importance que présente le dahlia comme plante d’ornement, il a des propriétés alimentaires estimées des Mexicains. Ceux-ci préparent ses tubercules et les mangent apprêtés de différentes manières, comme nous faisons de nos pommes de terre ou de nos salsifis. L’amertume aromatique qu’ils offrent ainsi, leur est, dit-on, très-agréable. On trouve dans les Jardins botaniques le D. cocciné (D. coccinea^ Gav.), espèce bien reconnaissable à la poussière glauque qui recouvre ses tiges et la face inférieure de ses feuilles. Ses fleurs sont écarlates. Le D. de Cer vantés {D. Cervantesii^ Lagasc.) a été introduit sous nos climats en 1840. Ses pétioles communs sont dépourvus d’ailes. Ses fleurs sont d’un pourpre violacé, les ligulées sans style.

Caractères du genre : involucre double, les écailles extérieures foliacées ordinairement au nombre de 5, les intérieures 12-16 longues, soudées entre elles, réceptacle garni de paillettes oblongues ; style à branches velues en dehors; akènes sans aigrettes et munies seulement de 2 petites cornes au sommet. G — s.

Dahlia (Horticulture). — Les fleurs du dahlia, simples, à disque jaune, avec des rayons d’un rouge écarlate, velouté, ont été, depuis leur introduction en France, au commencement de ce siècle, l’objet des soins éclairés des horticulteurs, qui, par le moyen des semis réitérés, ont produit ces variétés infinies que nous connaissons. Peu à peu les fleurs se sont doublées, elles se sont nuancées de couleurs plus ou moins éclatantes, variant du blanc au jaune, au violet, au rouge, offrant des panachures plus ou moins bizarres. La grandeur et les formes ont aussi présenté des changements remarquables : les fleurs se sont roulées en cornets, en tuyaux, avec une régularité | et une symétrie admirables, qui ont encore excité le zèle | et l’émulation des amateurs, et aujourd’hui on pourrait | croire que l’on est arrivé au dernier degré de perfection en ce genre, s’il était permis d’assigner des bornes au progrès. Les se)nù et les tubercules sont les principaux moyens de reproduire les dahlias; nous ne parlons pas de la reproduction par boutures ou par greffes^ qui sont des procédés peu employés et surtout à l’usage des horti- j culteurs de profession. Les semis se font au mois d’avril sur couche, sous châssis, et les soins d’arrosage et d’aé- | ration sont donnés suivant les besoins; on les plante en \ pépinière aux mois de mai ou juin, et ils donnent des fleurs depuis juillet jusqu’aux petites gelées; mais il ne faut pas s’attendre à avoir un grand nombre de variétés curieuses; celles-ci sont très-rares, et, pour en obtenir, il faudra multiplier les semis. Quant au procédé par tubercules, il faut d’abord, avant de les récolter à la fin de la saison, les laisser en terre quelque temps après la mort de la tige ; on ne les enlèvera qu’à l’approche des grands froids, au mois de novembre. Par un jour serein, on les arrachera avec soin, on les débarrassera de la terre qui pourrait les recouvrir, et on les laissera à l’air pendant quelques heures, puis on les rentrera pour l’hiver dans une cave saine, recouverts d’un peu de sable. Il ne faut pas, comme quelques-uns l’ont dit, les laisser passer l’hiver au jardin. Au printemps, on les plantera ou sur couche^ s’il y a encore des gelées à craindre, ou bien en pleine terre, dans un terrain substantiel, bien meuble ; on aura la précaution de diviser les toutles le plus possible, en laissant tout au moins à chaque division un œil poussant. Les tiges du dahlia étant cassantes, on devra les attacher à un tuteur solide ; on devra aussi, pour avoir de plus beaux produits, ne conserver à chacun qu’une seule tige. Le pied sera garni d’un peu de fumier pour entretenir la fraîcheur, et les arrosages seront ré-

glés suivant le temps. Les amateurs doivent s’attendre à ce que les premières fleurs sont très-imparfaites; ce n’est guère que vers le mois de septembre qu'elles sont dans leur beauté. Aux premières gelées, tout est perdu.

Voir le Traité du Dahlia^ par Pirolle, 2 vol. in-12; le Dahlia, par Pépin, 2® édit., l vol., avec gravures, publiés par la Librairie agricole.

DAIM (Zoologie), — [Cervus Dama, Lin.) Espèce de Mammifère ruminant du genre Cerf {voyez ce mot). Il se distingue surtout par ses andouillers supérieurs, qui sont élargis en une palmature dentelée en avant ou en arrière. La femelle, nommée Laine, n’a pas de bois. Ce bois, qui n’existe que chez le mâle, n’est la première année qu’une dague un peu arquée ; la deuxième année, il se divise en deux andouillers dirigés en avant; les années suivantes le sommet s’étend en une palmature qui se subdivise la quatrième année et va en diminuant après cette époque. Un peu plus petit que le cerf d’Europe, le daim mesure à peu près 1 mètre au garrot ; il a un pelage brun noirâtre en hiver, fauve tacheté de blanc en été; les fesses sont toujours blanches ainsi que le dessous de la queue. La Daine reproduit en hiver quinze jours plus tard que la biche du cerf d’Europe. Cette espèce a d’ailleurs les mœurs de notre cerf et habite comme lui les contrées tempérées de l’Europe. On l’a cru originaire de Barbarie; mais cette origine est contestée et on le regarde volontiers comme indigène en Espagne, en France, en Suède, en Angleterre; il n’a été introduit en Allemagne que depuis deux siècles environ. On place souvent dans les parcs, pour les plaisirs de la chasse, des daims qui y vivent à demi apprivoisés. A cette domesticité incomplète sont dues sans doute des variétés connues sous les noms de I). noir, D. blanc, D. moucheté ou panaché. Le daim est un gibier analogue au cerf et qui se chasse de même (voyez Vénerie).

Le mot Daim, dans la langue vulgaire de quelques provinces, désigne le ^OMC, comme cela était habituel dans le vieux français. Le Dama de Pline paraît avoir été une espèce, non de Cerf, mais de Gazelle; chez d’autres auteurs latins, ce nom paraît s’appliquer au Chamois ou au Bouquetain. Le nom de Platiceros paraît avoir plutôt désigné le daim chez les anciens. F. L.

DAIS (Botanique), Dais, Lin. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Thymélées. Calice coloré en entonnoir, à 4-5 lobes; 8-10 étamines ; style latéral ; le fruit est une drupe enveloppée par le calice persistant. Les espèces de ce genre appartiennent au cap de Bonne-Espérance et à l’Asie tropicale. Le D. à feuilles de fustet (D. cotinifolia. Lin.) est un arbrisseau de 3 à 4 mètres; ses fleurs, disposées en capitules, sont purpurines et pubescentes à l’extérieur. I! se cultive en orangerie dans une terre légère et franche. On le multiplie facilement par séparation des racines et même par fragments très-menus.

DALBERGIE (Botanique), Datbergia, Roxb.; dédié à Dalberg, botaniste suédois. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Papillonacées, type de la tribu des Dalbergiées. Carène à pétales libi’es de la même longueur que les ailes; 8-10^ étamines; gousse membraneuse, veinée, indéhiscente, aune ou deux graines. La D, à larges feuilles {D. latifolia, Roxb.), la D. robuste {D. robusta, Roxb.), la D. en arbre [D. arborea, Roth.) sont des arbres de 10 mètres environ, à fleurs blanches et qui habitent les Indes orientales. Leur bois est très-i’echerché pour la construction et l’ébénisterie. Voyez Palissandre.

DALÉCHAMPIE (Botanique), Dalechampia, Plum,; dédié à Daléchamp, botaniste français. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, famille des Euphorbiacées, tribu des Euphorbiées ; elles ont des fleurs monoïques, contenues entre deux grandes bractées ; les fleurs mâles ont des étamines nombreuses, monadelphes ; les fleurs femelles sont groupées par 3 dans un involucelle à 2 folioles; le fruit est une capsule à 3 coques. La D. grimpante (D. scandons, Jacq.) est un arbrisseau velu, à tige volubile rameuse ; de 4 mètres de hauteur ; à feuilles palmées, trilobées, dentelées. Cette plante croît spontanément à la Jamaïque et à Saint-Domingue, dans les bois. On la cultive dans les serres chaudes, dont elle orne les murs en grimpant.

DALÉE (Botanique), Dalea, Lin.; dédié à Dale, bota^ niste anglais. — Genre de plantes dicotylédones dialypetaies périgynes , famille des Papillonacées , tribu des Lotées , sous-tribu des Galégées. Étendard court; ailes et carène soudées au tube des étamines monadelphes; ovaiie

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