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DELPHINORHYNQUE (Zoologie), Delphinorhynchus^ Blainv. — Genre de Mammifères^de l’ordre des Cétacés, famille des Cétacés ordinaires, tribu des Belphiniens ; établi par deBlainville et caractérisé par un museau long et mince, non séparé du front par un sillon, et par la présence d’une nageoire dorsale, parfois peu prononcée. Les mâchoires sont linéaires et munies de dents nombreuses. On distingue dans ce genre le D. de Geoffroy (D. Geoffroyij Desm.) des côtes du Brésil, long de 2"*,30 ; le D. couronné [D. coronatus, F. Guv.) de la mer Glaciale, de 10 à 12 mètres de longueur, et le D. du Gange {D, Gangeticus, Desm.), de 2 mètres de longueur.
deltoïde (Müscle) (Anatomie). — Ainsi nommé à cause de sa forme triangulaire, de la lettre A (delta) des Grecs; c’est le sous-acromio-huméral de Chauss. Trèslarge et épais, ce muscle embrasse, en se recourbant sur lui- même, les parties antérieure, externe et postérieure de l’épaule, dont il constitue cette forme arrondie que nous lui connaissons ; de là il descend au côté exteime du bras jusque vers son milieu, où il va s’attacher par un tendon aplati à une empreinte de l’humérus, qui porte son nom. En haut, il s’attache au bord antérieur de la clavicule, au sommet de l’apophyse acromion et à l’épine postérieure de l’omoplate. Cette triple attache a pour but de déterminer des mouvements de diverses sortes. En général, il a pour fonction d’élever le bras en le portant en avant ou en arrière, suivant les fibres qui agissent, et on doit voir par la disposition des parties que les faisceaux postérieurs peuvent abaisser le membre élevé. L’omoplate est aussi mue par ce muscle en même temps que l’humérus, mais dans un sens opposé et dans une bien moindre étendue. Quand l’humérus est fixé, le mouvement se passe dans l’épaule, dont la partie supérieure est inclinée en avant. F — n.
Deltoïde (Zoologie), Belto'ides, — Nom donné par Latreille à la huitième section des Insectes, de l’ordre des Lépidoptères, de la grande famille des Nocturnes; ils comprennent des espèces très-analogues aux phalènes proprement dites. Ce nom leur vient de ce que les ailes forment avec le corps, sur les côtés duquel elles s’étendent horizontalement, une sorte de delta A. Ils constituent le seul sous-genre Herminie,
DÉLUGE (Géologie), du latin diluere, laver, noyer. — Les traditions religieuses des nations qui ont peuplé l’Inde, l’Asie occidentale, l’Europe, l’Égypte, et particulièrement le texte sacré de la Genèse, témoignent de l’existence d’une immense inondation qui s’étendit sur les terres habitées et n’épargna que quelques individus de la race humaine et des espèces animales. Cette catastrophe, connue sous le nom de déluge et fixée par la Bible 3300 ans avant Jésus-Christi, a-t-elle laissé des traces reconnaissables encore aujourd’hui? a-t-elle été unique ou a-t-elle été précédée de catastrophes du même genre ? L’homme a-t-il vu une seule ou plusieurs de ces catastrophes? etc. Toutes ces questions relatives au déluge rentrent dans le domaine de la géologie. Posées depuis longtemps, elles ont reçu des solutions diverses selon l’état des études géologiques. On a souvent regardé comme traces du déluge biblique les nombreuses coquilles et autres débris d’animaux aquatiques que renferme le sol de nos continents, même dans les montagnes. Ce fait, mieux étudié, nous a révélé bien plus que l’existence du déluge ; il est devenu l’une des données fondamentales de toutes nos idées actuelles sur la constitution et le mode de formation de notre sol (voyez Terrains, Révolutions, Fossiles). Quant au déluge en lui-même, on peut résumer ainsi qu’il suit les opinions qui résultent de nos connaissances actuelles.
La configuration des mers et des terres a changé plusieurs fois à la surface du globe avant l’apparition de l’homme sur cette planète. 11 y a donc bien des points de cette surface qui, émergés et submergés tour à tour, mais à des intervalles de bien des siècles, ont été envahis plus d’une fois par les eaux. Ces changements du lit des océans ont sans doute pu être parfois lents et progressifs, mais ils paraissent avoir dû nécessairement être brusques et se rattacher à une grande catastrophe chaque fois qu’ils ont été accompagnés du soulèvement de quelque grande chaîne de montagnes; ainsi, lorsque apparurent les Pyrénées à la fin de la période où avaient été déposées les couches crétacées supérieures ; lorsque apparurent les Alpes occidentales, à la fin de l’époque tertiaire miocène, ou les Alpes principales, à la fin de l’époque tertiaire pliocène (voyez Soulèvements des montagnes). Il y a donc eu sans doute de nombreux déluges avant celui dont l’espèce humaine a été en grande partie
victime, et celui-ci n’a offert de trait particulier que de sévir sur les hommes dont les autres déluges avaient précédé l’apparition sur la terre. Parmi les catastrophes dont l’écorce du globe atteste les ravages, la plus récente, survenue immédiatement avant la période actuelle, fut signalée par le soulèvement des montagnes du cap Ténare en Morée, de l’Etna en Sicile, du Stromboli dans les îles Lipari, de la Somma près de Naples, probablement des volcans de l’Auvergne et du Vivarais en France, peut-être même de la chaîne volcanique de l’Asie centrale et d’une partie considérable de la chaîne des Andes en Amérique. Tonies les observations des géologues les portent à penser que ce dernier déluge est postérieur à la création de l’homme, qu’il a dû en être témoin conformément aux traditions dont la concordance a frappé tout le monde. La science ne connaît encore aucune raison de penser qu’il ne se produira plus de catastrophe de ce genre. Ad. F.
DÉMANGEAISON (Médecine). — Synonyme de prurit (voyez ce mot) .
DÉMENCE (Médecine), du latin mens, esprit, raison, et de, privatif. — Sorte de folie ou d’aliénation mentale, caractérisée par un grand affaiblissement de l’intelligence, l’abolition de la faculté de penser et une incohérence extrême dans les idées : elle diffère de l’idiotie, en ce que cette dernière est ordinairement congéniale; elle est trèsfréquente chez les vieillards, et alors elle prend le nom de démence sénile. CXiQz les adultes, elle succède quelquefois à la manie ou à la monomanie, et dans ce cas elle est presque toujours incurable ; elle est moins grave lorsqu’elle arrive d’emblée. — Voyez Folie.
DEMI-BEC (Zoologie), Hemi-rojnphus, Cuv. — Sousgenre de Poissons, de l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux, famille des Ésoces, genre Brochet ; leur mâchoire inférieure se prolonge, comme l’indique son nom, en une longue pointe sans dents. Ils ressemblent aux orphies. On les trouve dans les mers intertropicales; leur chair est assez estimée, quoique huileuse.
DEMI-CIRCULAIRES (Canaux), (Anatomie). — Voyez Oreille.
DEMI-DEUIL (Zoologie). — Nom donné par Geoffroy à un papillon du genre Satyre {Papilio Galatea, Lin.; 8. Galatea, Godart).
DEMI-FLEURON (Botanique). — On nomme ainsi dans les plantesde la famille des Composées, les fleurs kcorolle ligulée, c’est-à-dire prolongée d’un seul côté en une longue lame dentelée à son extrémité (voyez Composées, Cala- THiDE, Fleuron).
DEMI-MEMBRANEUX (Anatomie humaine). — Muscle situé à la partie postérieure de la cuisse, s’insérant d’un côté par une forte aponévrose et une portion charnue à la tubérosité de l’ischion, d’un autre côté, par un triple tendon, au condyle externe du fémur, à la partie postérieure et à la partie interne de la tubérosité interne du tibia [ischio-popliti-tibial, de Chaussier). Il fléchit la jambe sur la cuisse et porte celle-ci en arrière ou en dedans; ou bien, dans la station, il maintient le bassin horizontalement sur le membre inférieur.
DEMI-PALMÉ (Zoologie). — Chez les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles qui vivent dans l’eau et dans les lieux marécageux, les doigts sont dits demi-palmés lorsque la membrane qui les unit ne s’étend pas au delà de la deuxième phalange.
DEMI-TENDINEUX ou Demi-nerveux (Anatomie humaine). — Nom d’un muscle de la région superficielle, postérieure, interne delà cuisse; CQ%tVischio-prétibial de Chaussier ; inséré d’une part à la tubérosité ischiatique, par un tendon aplati, qui est en même temps celui du biceps crural, d’une autre part, à la partie interne et inférieure du tibia. Comme le demi-membraneux, ce muscle fléchit la jambe sur la cuisse et porte celle-ci en arrière ; il sert aussi dans la station à maintenir le bassin sur le membre inférieur.
DEMOISELLE (Zoologie). — Nom vulgaire appliqué aux insectes névroptères, que les zoologistes nomment libellules. — Nom donné encore à quelques oiseaux : la Mésange à longue queue [Parus caudatus, Lin.), VOriolus xanthornis, Lin., et le Trogon roseigaster, Vieill., de Cayenne ; — à un poisson de la Méditerranée, la Girell ^ [Labrus julis, Lïii.).
Demoiselle de Numidie (Zoologie). — Nom de la Grue de Numidie [Ardea virgo, Lin.) (voyez Grue).
Demoiselle monstrueuse (Zoologie). — Nom donné ^ une espèce de poisson, \q Marteau (Scalus zygcena,hm.).
DÉMONOMANIE (Médecine). — Variété de la /o/ze ou aliénation mentale, appartenant à la manie, d Esquirol,
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à la mélancolie^ de Pinel ; c’est une des divisions de la monomanie religieuse la démonomanie est caractérisée par un scrupule exagéré des malades sur leur conduite passée, par la peur des diables^ des sorciers, des tourments de l’enfer. Les femmes y sont bien plus sujettes que les hommes (voyez Folie).
DENDARUS (Zoologie). — Genre éé Insectes, de l’ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Blapsides ^ institué par Mégerle et adopté par Latreille (Règne animal^ de Cuv.). Le D. tristis, Ross., est très-commun dans le midi delà France, ainsi qu’en Italie.
DENDRITE (Minéralogie). — Voyez Arborisation.
DENDROBATES (Zoologie), Dendrobates, Wagl., du dendron, arbre, et bainô,}& marche. — Genre à.' Amphibies oa Batraciens, de la famille des Crapauds, adopté par Duméril et Bibron, et caractérisé par une pelote visqueuse à l’extrémité des doigts, comparable à celle qu’on observe chez les rainettes, et qui permet au dendrobates de monter sur les arbres. A ce genre peu nombreux se rapporte la fameuse Grenouille atapirer (Bana tinctoria. Lin.), rangée mal à propos par Cuvier parmi les rainettes et à laquelle tous les auteurs accordent une propriété bien invraisemblable. Ils assurent qu’en frottant avec le sang de ce batracien la peau des perroquets verts dans les points où on leur a arraché quelques plumes, celles-ci reviennent colorées en rouge ou en jaune, et que l’on fait ainsi les perroquets tapirés ou panachés. 11 est impossible dans l’état actuel de la science, d’affirmer ou de nier avec certitude cette singulière propriété. Il se trouve au Brésil et à Cayenne, il mesure environ 0“,04 du bout du nez à l’extrémilé du tronc.
DENDROBIUM (Botanique), Dendrobium, Swartz.; du grec dendron, arbre, et bios, vie. — Genre de plantes Monocotylédones apèrispermées, famille des Orchidées, tribu des Malaxidées, sous-tribu des Dendrobiées , comprenant des espèces nombreuses, toutes originaires de l’Inde, et qui vivent en parasites sur des arbres ; leurs fleurs, ordinairement disposées en grappes, sont souvent remarquables par leur grande taille et par leurs vives couleurs.
DENDROPHIDE (Zoologie), Dendrophis, Fitzinger; du grec dendron, arbre, et ophis, serpent. — Genre de Reptiles de l’ordre des Ophidiens , famille des Vrais Serpents, tribu des Serpents proprement dits, section des Non venimeux. Ces ophidiens, voisins des Couleuvres, s’en distinguent par leur corps grêle et allongé, légèrement comprimé ; ils ont des écailles lisses et longues, formant sur le dos des sortes de chevrons. Le museau est arrondi et surmonté d’yeux grands à fleur de tête. Celle-ci est recouverte de grandes plaques, et n’est pas plus large que le corps. L’espèce la mieux connue est le D. brun [Coluber fuscus. Lin.), qui atteint près de 1“,26 de long, et vit sur les arbres au Sénégal et dans les Indes.
DENSIMÈTRE (Physique). — Appareil destiné à faire connaître, immédiatement et sans calcul, le poids spécifique des liquides, c’est-à-dire le poids de l’unité de volume, d’un centimètre cube ou d’un litre.
1® Densimètre à volume variable. — Il se compose d’une tige de verre dont le diamètre ) est sensiblement le môme dans toute sa longueur et qui est soudée à un tube beaucoup plus large. A l’extrémité de ce tube est une boule qui renferme une petite quantité de mercure, suffisante pour que l’instrument, plongé dans l’eau pure, affleure vers le sommet ou vers l’origine de la tige, suivant qu’il est destiné à peser des liquides plus pesants ou plus légers que l’eau.
Les divisions de l’instrument correspondent .lu poids réel de liquide. Ainsi en regard du trait qui représente le poids spécifique de l’eau, on lit le chiffre 1000, c’est-à-dire 1000 grammes. L’acide sulfurique très-concentré qui marque, par exemple, 1840, pèse D,840 le litre.
Les indications de cet instrument ont donc une base certaine et peuvent être immédiatement vérifiées, puisqu’il suffit de peser à la balance un litre du liquide essayé au densimètre, et de comparer entre eux les poids pour oSfiinètre s’assurer que l’indication de l’instrument est exacte.
Les densimètres pour les liquides plus pesants que l’eau sont divisés depuis 1000, qui est au sommet de l’échelle, jusqu’à 2900 ; les densimètres pour les liquides plus légers
que l’eau, tels que les éthers, les huiles, etc., sont divisés depuis 1000, qui est l’origine de la tige, jusqu’à 700. Si, dans l’éther, un densimètre marque 710, c'est que le liquide pèse 710 grammes le litre. Pour ne pas surcharger l’échelle de chiffres inutiles, on supprime le dernier zéro du nombre, de sorte que 1000 est représenté par 100, 1200 par 120, etc.
Le poids spécifique d’un liquide varie avec la température ; aussi le densimètre ne s’enfonce pas également dans le môme liquide quand il a deux températures différentes. La graduation du densimètre doit donc être faite à une température déterminée ; des tables indiqueront pour chaque température la correction à faire subir au nombre donné immédiatement par l’instrument.
2® Densimètre à volume métrique constant. — M. Ruau a construit un densimètre à volume métrique constant, d’après ce principe de physique que : si un flotteur déplace des volumes égaux dans deux liquides différents, le rapport des poids spécifiques est égal au rapport des poids de liquide déplacé.
Sa forme convient à un densimètre destiné à flotter dans tous les liquides, depuis les plus légers jusqu’aux plus denses qu’on ait l’occasion d’observer. La tige porte à quelques centimètres au-dessus de la partie renflée, soit un plateau, soit un arrêt circulaire. Dans ce dernier cas, des poids cylindriques percés dans l’axe se cachent sur la tige et se superposent sur cette plate-forme. Un trait, gravé sur la tige ou sur une échelle fixée dans son intérieur, détermine le volume constant du densimètre qui est ordinairement fixé à un décilitre.
Pour déterminer le poids spécifique d’un liquide au moyen de ce flotteur, on le plonge dans le liquide et l’on coule des poids sur la tige, jusqu’à ce que l’affleurement ait lieu au trait gravé sur cette tige. Si le poids du densimètre est 1 00 grammes et le poids additionnel 12g', 5, le poids du décilitre de liquide déplacé est 11 2®', 5. En le multipliant par 10, on a le poids d’un litre ou le poids spécifique. Les indications de ce densimètre, à la température ordinaire, sont approchées à moins d’un millième.
Le densimètre de M. Rousseau est d’un usage encore plus commode; il se compose d’un tube divisé en parties d’un volume déterminé, un centimètre cube par exemple, et se terminant par un petit réservoir dans lequel on verse un centimètre cube du liquide dont on veut déterminer la densité. Supposons que pour un liquide donné le tube s’enfonce de 2 divisions tandis que pour l’eau il ne s’enfonce que d’une seule, c’est que un centimètre cube de liquide pèse deux fois moins qu’un centimètre cube d’eau et par suite que la densité est 0,5. L.
Densimètre de M. Bianghi (Physique). — Il est destiné à la recherche des densités des diverses sortes de poudre (de guerre, de chasse, de mine), des fécules, en général des substances pulvérulentes altérables à l’eau et aux liquides autres que le mercure. Il se compose [fig. 7C0) d’un vase A, muni de deux robinets a et b, qui peut se visser à l’extrémité inférieure d’un tube BG, lequel porte aussi au bas un robinet c. Une cuvette contenant du mercure reçoit l’extrémité inférieure du vase A, et la partie supérieure de l’appareil peut être mise en communication avec la machine pneumatique. Pour faire une expérience, un poids donné de la substance est introduit dans le vase A. Le corps est maintenu inférieurement par une peau de chamois et supérieurement par une toile métallique à mailles serrées. Les trois robinets a, b, c étant ouverts, on fait le vide supérieurement, le mercure s’élève à travers la peau de chamois, perméable comme on sait à ce liquide, et s’arrête en M par exemple. Alors on ferme le robinet a et on rend l’air en C. La pression atmosphérique détermine un remplissage complet du vase A, ce qui assure l’exactitude de l’expérience. La comparaison des poids du vase A plein de mercure avec la substance, puis plein de mercure seul, permet de conclure le volume de la substance, et par suite sa densité, on divisant son poids par ce volume.
DENSITÉS (Physique), de densus, densitas. — On dit d’une manière générale qu’un corps est plus dense qu’un autre, quand, sous le même volume, il offre un poids plus considérable. Ainsi, le plomb est plus dense que
Fig. 769. — Densimètr® de M. Rousseau.
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l’eau, qui est elle-même plus dense que le liège, car 1 litre de plomb pèse 11 kil. environ, 1 litre d’eau, 1 kil. et 1 litre de liège, 0^24. Les physiciens ont cherché par
diverses expériences à dresser une liste générale de tous les corps connus, et renfermant leurs poids spécifiques^ c’està-dire le poids de l’unité de volume. Ces expériences paraissent fort simples, car il suffit pour cela de peser un corps, d’en mesurer le volume et de diviser le poids par le volume. Mais la mesure du volume ne pouvant pas se faire ordinairement d’une manière directe, on a recours à un procédé détourné. On cherche le rapport du poids d’un corps au poids d’un égal volume d’eau ; comme on sait que 1 centimètre cube d’eau pèse 1 gramme, la connaissance de ce rapport ou de la densité donne immédiatement le poids de 1 centimètre cube de la substance considérée. On a recours pour la mesure de ce rapport, à divers procédés que nous allons faire connaître en distinguant le cas où il s’agit des solides ou des liquides, du cas plus compliqué des gaz ou des vapeurs.
Densités des solides (Physique). — Méthode de la balance hydrostatique, — On suspend un fragment du corps à un des bassins de la balance hydrostatique au moyen d’un fil de soie très-fin, soit P son poids. On l’immerge ensuite dans l’eau distillée, il ne pèse plus que P’; donc, en vertu du principe d’Archimède, le poids
d’un égal volume d’eau est P — P' et la densité
Méthode de Klaproth^ ou du flacon. — On prend un petit flacon [fig. 761) en verre très-mince A, dont le goulot, assez large, est usé intérieurement à l’émeri et se ferme au moyen d’un bouchon de verre BG creux, ouvert par le haut et usé extérieurement à l’émeri. On peut autrement opérer la fermeture au moyen d’une petite plaque de verre qu’on glisse sur le col du flacon bien dressé. On prend le poids P d’un fragment du corps solide, choisi tel qu’il puife?fi entrer dans le flacon. Celui-ci étant rempli
d’eau distillée, on laisse tomber le bouchon d’une petite hauteur, on essuie l’eau qui s’écoule, on pèse le flacon bouché et rempli, on obtient un poids P'. Fuis on place le corps dans le flacon, on laisse retomber le bouchon de la môme petite hauteur que précédemment, on essuie, on cherche le poids P". Le poids de l’eau déplacé^, car le
corps est P -{-P' — P" et la densité p p7,.
Il faut certaines précautions pour la recherche des densités des corps poreux en suivant l’une ou l’autre des deux méthodes générales précédemment exposées.
Si l’on cherche la densité de la substance qui forme les parois des cavités perméables à l’eau, il faut laisser plonger le corps assez longtemps dans l’eau, avec ébullition, si le corps peut en supporter la température, pour que l’imbibition soit complète autant que possible. On obtient par comparaison avec la tare le poids du volume d’eau égal au volume absolu de la substance, et en divisant le poids du corps par ce poids, on a la densité rapportée au volume absolu. Si ensuite on pèse le corps imbibé d’eau, l’augmentation de poids par rapport à la tare du corps, donne le poids d’eau d’imbibition. En divisant le poids du corps par la somme des poids de l’eau réellement déplacée et de l’eau d’imbibition, on a la densité relative au volume apparent ou total.
Quand les corps sont altéraWes à l’eau, on peut employer un liquide auxiliaire qui ne les altère pas et dont on connaisse la densité; on peut aussi avoir recours à des appareils spéciaux tels que le voluménomètre et le densimètre de M. Blanchi (voyez ces mots).
Densités des liquides (Physique). — Méthode de la balance hydrostatique. — On suspend à l’un des bassins de la balance hydrostatique un corps solide inaltérable à l’eau et aux différents liquides, habituellement une am poule de verre close et lestée avec du mercure (Hallstrpm). On prend par tare sa perte de poids dans le liquide, soit
P, puis dans l’eau, soit P', et la densité cherchée est
Méthode du flacon. — La méthode du flacon est la plus directe pour la recherche des densités des liquides et acquiert une très-grande précision avec les précautions indiquées par M. Régnault. On prend une ampoulette de verre A, consistant en un réservoir cylindrique ou sphérique, terminé par un tube étroit que surmonte un entonnoir cylindrique et fermé par un bouchon de verre non percé. Un trait xx' est marqué au haut du tube étroit. On le remplit exactement jusqu’au trait du liquide dont on veut déterminer la densité et on le pèse après en avoir préalablement fait autant du flacon vide; l’augmentation de poids donne le poids du liquide, soit P. Puis, on opère pareillement pour l’eau après avoir vidé et séché l’ampoulette, on obtient le
poids P' d’un égal volume d’eau, et la densité est p. Une
parfaite identité des volumes est obtenue, parce que le bouchon, plus ou moins enfoncé, n’influe pas sur eux et qu’il ne sert qu’à empêcher, pendant les pesées, l’évaporation des liquides volatils ou l’absorption de l’humidité atmosphérique.
A côté de ces procédés, qui exigent l’emploi de la balance de précision, se range la méthode aréométrique (voyez Akéomètres), très- usitée comme un des moyens de détermination exacte des nombreuses variétés des espèces minérales, mais que les erreurs dues à la capillarité rendent forcément approximative.
Un point capital à noter, à propos des densités des corps solides, c’est qu’elles ne caractérisent pas complètement les corps. D’abord, les corps solides ne présentant jamais une homogénéité complète, la densité varie avec les divers échantillons d’une môme substance. Ainsi, G. Rose a trouvé à 14" R., pour quatre échantillons d’or fondu provenant du même creuset, les nombres î
Fig. 761. — Flacon de Klaproth.
Fig. 762. — Flacon à densité pour les liquides.
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Les résultats suivants, obtenus par M. Billet d’après diverses méthodes, indiquent pour le phosphore et pour le soufre, choisis de même variété, des densités inégales d’un fragment à l’autre. Elles sont prises à 20® ou à trèspeu près :
Densités par le principe «l’Archimède.
.Phosphore du commerce
Densités par la méthode du flacon.
Moyenne.
Phosphore solide dis- r , oig.s tille dix fois j l’sibo] Moyenne.
'Densités déduites indirectement de l’observation comparative des volumes avant et après la fusion.
Phosphore solide distillé dix fois, réduit en petits grains
Le phosphore solide précédent, réduit en | un seul morceau par t ’ la fusion j
Soufre distillé et cris- 2,0253 tallisé plusieurs fois par fusion 2 ,0537
Par opposition au soufre solide, dont la densité varie ‘d’un échantillon à l’autre, le soufre fondu a offert à M. Billet une densité invariable.
L’état mécanique des corps solides influe sur leur densité. Celle-ci varie en effet suivant que les métaux sont simplement fondus ou écrouis par l’action du balancier ou du laminoir, sauf pour des métaux très-mous, comme le plomb, où cet effet est presque insensible. Ainsi :
Spath en poudre 2,72 (Beudant)
Spath en stalactite 2,52 id.
Aragonite en petits cristaux. ... 2,95 id.
Aragonite concrétionnée 2,76 id.
Malachite en poudre 3,59 id. '
Malachite compacte 3,56 id.
Céruse en poudre 6,72 id.
Céruse compacte 6,71 id.
Gypse en poudre 2,33 id.
Gypse compacte 2,31 id.
Quartz en poudre 2,65 id.
Quartz compacte 2,64 id.
Sulfate de baryte naturel 4,48 (G .Rose)
Sulfate précipité, non cristallin. 4,53 id.
Or écroui au balancier 19,33 id.
Or précipité en poudre très-fine du chlorure d’or par le sulfate de fer 20,688 .’d.
Argent fondu, puis comprimé. . 10,56 (G. Rose)
Argent précipité (cristallin) du nitrate d’argent traité par le sulfate de fer 10,61 id.
Platine laminé 21 à 22 id.
Noir de platine ou platine en poudre très-fine, obtenu en traitant le chlorure par la potasse et l’alcool 26,1418 id.
Lorsque les corps passent de l’état solide à l’état liquide, nous regardons comme important de faire remarquer que les densités du môme corps solide ou liquide, aux mêmes températures^ coïncidence possible en vertu du phénomène de la surfusion (voyez ce mot), sont loin d’être les mêmes, d’après les variations de volume lors du ^changement d’état. C’est encore aux travaux de M. Billet *que nous emprunterons quelques nombres :
Phosphore solide.... 1,808
Phosphore liquide 1,748
Soufre solide 1,9952
Soufre liquide 1,8085
Iode solide 4,825
Iode liquide 4,004
Cuivre fondu
(Beudant)
Cuivre laminé
id.
Zinc fondu
id.
Zinc lanuné
id.
Fer fondu
Fer forgé
Fer martelé
Nickel fondu
Nickel forgé
Argent fondu
Argent laminé . . .
Palladium fondu
Palladium laminé
Or fondu
Or forgé
Platine fondu
Platine laminé
Aluminium fondu
(Deville)
Aluminium écroui
id.
La densité n’est pas la môme pour les divers états des corps qui présentent le phénomène du polymorphisme. Ainsi :
'Phosphore normal |
Phosphore rouge amorphe
Soufre octaédrique
Soufre cristallisé par fusion. . .
Soufre mou
Soufre amorphe de la Guadeloupe
Bisulfure de fer [
( sperkise
Sélénium amorphe
Sélénium cristallin
Carbonate | spath d’Islande de chaux... | Aragonite |
Acide arsénieux vitreux
Acide arsénieux cristallisé
1,77 (Thénard)
1,83 (Schrœtter)
1,96 id.