OBSERVATEURS
Oxygène
Igr, 429802
Régnault.
Hydrogène
id.
Azote
id.
Chlore
Oxvde de carbone..
Cruikshank.
Acide carbonique
Régnault.
Protoxvde d’azote
Bioxyde d’azote
Régnault.
Acide sulfureux
— sulfhydrique..
G.-lussae, Thénard
— chlorhydrique
Phosphure d’hydrogène ga-
Biot et Arago.
zeux
P. Thénard.
Cyanogène
Gay-Lussac.
Fluorure de bore
Dumas.
— de silicium
Johu Davy.
Protocarbure d’hydrogène.
Bicarbure d’hydrogène...
Bicarhure d’hydrogène de
Faraday.
Faraday
Gaz ammoniac
Biot et Arago,
Densité des vapeurs. — Voyez Vapeurs.
DENT, DENTITION (Anatomie humaine), du nom latin dens. — On nomme dentSy des corps durs, propres à saisir, à diviser et à broyer les aliments, qui sont implantés dans la bouche des animaux vertébrés, principalement au bord des os maxillaires. Les dents atteignent leur plus grande perfection organique chez les mammifères et chez l’homme ; c’est là que nous indiquerons avant tout leur disposition. On distingue extérieurement dans une dent d’homme une partie libre, saillante dans la bouche, c’est Ib. couronne^ et une partie ordinairement plus longue, enfoncée dans la cavité osseuse, qu’on nomme l’alvéole, et servant à fixer la dent ; cette seconde partie est la racine; la ligne qui les limite l’une l’autre à leur point de jonction au niveau du bord de la gencive, se nomme le collet. Suivant les usages des dents, la couronne et la racine sont diversement conformées et à ce point de vue on reconnaît dans la bouche de l’homme trois sortes de dents ; 1" les incisives (du latin zVmft/ere, couper), vulgairement D. de devant {D. primores, de Lin.), au nombre de quatre à chaque mâchoire, symétriquement placées deux par deux, de chaque côté de la ligne médiane, reconnaissables à leur couronne comprimée de manière à former une lame transversale propre à couper; 2“ les canines (du latin canis, chien, à cause de leur analogie avec les crocs des chiens), placées sur les côtés des mâchoires, à la suite des incisives, au nombre de deux à chaque mâchoire et souvent désignées par le vulgaire, chez les enfants, sous le nom d’œ/Z/è/w, caractérisées par leur couronne conique plus large à la base que celle des incisives ; 3“ les molaires (du latin mola, meule) ou mâchelières {àn français mâcher, placées au fond de la bouche à chaque mâchoire et de chaque côté à la suite des canines et reconnaissables à leur couronne aplatie et marquée seulement de tubercules arrondis, séparant des sillons linéaires ; on distingue, parmi les 20 molaires que l’homme possède, \e% petites ou fausses molaires qui se voient à la suite de la canine, au nombre de 2 de chaque côté à chaque mâchoire (soit 8 en totalité), dont la couronne n’a que 2 tubercules et dont la racine est un pivot simple, comme celle des incisives et des canines; et enfin les grosses ou vraies molaires, occupant le fond de la bouche au nombre de 3 de chaque côté à chaque mâchoire (12 en totalité), dont la couronne montre 4 tubercules séparés par 2 sillons en croix et dont la^ racine est formée de 4 pivots correspondant chacun à l’un des tubercules ; les molaires sont les dents destinées à la mastication des aliments.
La dent est essentiellement constituée par une matière dure, compacte, d’un blanc jaunâtre, que l’on nomme ivoire ou dentine tpubstance tubulaire, de Muller) ; au
ÛEN
DEN
Fi». 764. — Coupe théorique d'une dent humaine (1).
centre est une cavité communiquant avec les parties voisines, par la pointe de la racine, et contenant une masse charnue, appelée pulpe dentaire ou bulbe, k laquelle parviennent, par l’extrémité des racines, des vaisseaux sanguins et des nerfs dont les maux de dents ne révèlent que trop la sensibilité. La couronne de la dent est revêtue extérieurement d’une couche mince d’une matière plus
dure que l’ivoire, polie, d’un blanc bleuâtre comparable au vernis extérieur des porcelaines et que l’on nomme émail, La dent est maintenue dans l’alvéole par le tissu osseux de l’os où cette cavité est creusée, tissu qui se développe et s’organise tout autour delaracineetrembrasse étroitement; la gencive vient compléter ce système de fixation et empêche, tant qu’elle reste saine, l’introduction si nuisible des corps étrangers à la base de la couronne contre la racine. La dentine ou ivoire, examinée au microscope, fait voir dans sa substance des tubes très-fins de millimètre environ, chez l’homme), perpendiculaires au bulbe ou pulpe dentaire, à peu près parallèles entre eux, mais n’admettant aucun vaisseau sanguin ; ces canaux paraissent ménagés pour laisser arriver les sels calcaires qui incrustent la dent, on les a \\ovamé% tubes calcig ères. L’émail ne montre pas ces tubes et semble formé de particules prismatiques régulièrement déposées ou formées les unes sur les autres. Au point de vue chimique, l’ivoire ou dentine contient 30 p. 100 environ de matière organique, analogue à celle des os, et 70 p. 100 de sels minéraux dont 67 environ de phosphate de chaux et le reste de carbonate de chaux et de fluorure de calcium. L’émail ne contient que 1 p. 100 de matière organique, 88 p. 100 de phosphate de chaux et 12 de carbonate de chaux.
Développement des dents chez V enfant. — Chaque dent se forme dans une petite capsule qui se développe elle-même dans une cavité de l’os maxillaire. Chez le nouveau-né, cet os étant à peine formé, toutes les cavités où se trouvent les capsules communiquent entre elles et donnent â l’os la forme d’une rigole tout le long de chaque arcade dentaire. Mais lors de la seconde dentition, ce n’est plus ainsi, et chaque cavité osseuse isolée, contient sa capsule dentaire. Dans l’intérieur de la capsule dentaire est le bulbe, sous laformed’unesortede bourgeon charnu ; cebulbe croît peu àpeu et sa partie périphérique s’ossifiant progressivement se transforme en ivoire, tandis que la membrane de la capsule dépose l’émail sur la couronne de la dent. Dès qu’elle a pris un certain accroissement, la dent, en pressant le tissu de la gencive l’enflamme, en provoque la perforation et fait saillir peu à peu sa couronne dans la bouche.
L’enfant naît habituellement sans dent ; de 6 à 12 mois apparaissent les incisives médianes, celles d’en bas les premières ; puis, se montrent les incisives latérales ; ensuite et simultanément perce de chaque côté et à chaque mâchoire au fond de la bouche, une molaire bientôt suivie d’une autre ; les canines ou œillères se développent en dernier et souvent en même temps que cette seconde grosse dent. De 18 à 24 mois, l’enfant possède habituellement 20 dents (8 incisives, 4 canines, 8 molaires), c’est ce qu’on nomme la dentition de lait. L’apparition prochaine des dents de remplacement ou de la seconde dentition est annoncée vers 7 ans par l’éruption au fond de la bouche, de chaque côté et à chaque, mâchoire, d’une grosse molaire en arrière des deux grosses dents de lait, puis les dents de lait elles-mêmes tombent successivement, à peu près dans l’ordre où elles avaient poussé; les incisives et les canines sont remplacées parde nouvelles dents de même sorte ; mais à la place de grosses dents ou molaires de lait se montrent les petites molaires de remplacement. Vers 1 1 ans, perce à chaque mâchoire et de chaque côté une nouvelle grosse molaire, derrière la précédente ; enfin, de 20 à 25 ans, l’éruption d’une dernière grosse molaire, connue vulgairement sous le nom de dent de sagesse, vient à chaque mâchoire et de chaque côté, compléter la dentition définitive de l’homme. Cette dernière molaire rencontre souvent des difficultés pour se
(1) e, émail. — i, ivoire. - p, pulpe. — n, filet nerveux qui la rend sensible. — v, vaisseaux sanguins qui nourrissent la pulpe.
développer, et il n’est pas rare de trouver des personnes chez lesquelles les quatre dents de sagesse sont incomplètes ou manquent totalement (voyez Dentition [maladies de la]). Ad. F.
Dent (Pathologie). — Les dents sont sujettes à de nombreuses maladies, en raison de leur structure spéciale, des fonctions qu’elles ont à remplir, de leur situation tout extérieure, qui les met en rapport direct avec tons les corps étrangers, solides, liquides ou gazeux; indépendamment de ces circonstances, une foule de causes agissent encore pour les produire, ainsi la constitution physique, les dispositions héréditaires, la variété des saisons, des climats, les anomalies nerveuses qui peuvent les rendre douloureuses, etc. Il faut ajouter à cela le scorbut, l’usage des préparations mercurielles, la syphilis, etc. On peut rapporter à trois sections ce qui regarde les maladies des dents : i° maladies des dents proprement dites ; 2“ maladies tenant à leurs annexions ; 3“ anomalies de nombre, de situation, d’arrangement des dents, de forme des arcades dentaires.
l® Dans la première catégorie, on distingue particulièrement Vusure, qui peut reconnaître pour cause» leur mauvaise organisation, les grincements de dents souvent répétés, l’emploi de poudres dures et de substances trop acides pour les nettoyer, l’action de briser des corps trop durs, la mastication d’un seul côté, les tuyaux de pipe cylindriques et durs : quelquefois ces dents deviennent sensibles et s’agacent facilement ; mais la carie s’y développe rarement.
Ventamure des dents reconnaît â peu près les mêmes causes, et produit les mômes effets, elle n’intéresse que la partie superficielle de la dent : la fracture se distingue de V entamure, parce qu’elle va jusqu’à la cavité dentaire ; elle est presque toujours produite par un choc extérieur ; si elle n’affecte que le collet et la racine de la dent, on peut espérer de la conserver par la réunion des fragments en la maintenant dans une immobilité complète ; si elle e t transversale et qu’elle intéresse la couronne près du collet, il faut cautériser la pulpe dentaire et placer une dent à pivot : lorsque la fracture est longitudinale et va jusqu’à la racine, il faut l’arracher.
Vatrophie des dents se manifeste le plus souvent par de petits enfoncements rapprochés, ressemblant à des piqûres, par des dépressions, des sinuosités transversales séparées par des lignes saillantes, qui semblent n’affecter que l’émail : d’autres fois, ce sont des taches dans l’émail, d’un blanc de lait ou d’un jaune plus ou moins foncé, enfin, elle peut affecter toutes les substances dentaires; alors la dent ne prend pas toutes ses dimensions. L’art ne peut rien contre cette maladie.
La décomposition de V émail est caractérisée par des taches brunes ou noirâtres, au-devant ou survies côtés de la couronne ; l’émail conserve son poli ou il est rugueux et cède un peu à la rugine, ou bien l’émail perd son poli, on peut en enlever quelques parcelles; quelquefois il présente une légère déperdition superficielle , sous la forme d’une facette ovale, qui augmente peu à peu en largeur et en profondeur ; la dénudation de la partie osseuse de la dent qui résulte de cette maladie, la rend sensible et la dispose à la carie.
La carie est une des maladies qui affectent le plus souvent les dents, surtout chez les jeunes sujets et les adultes ; elle reconnaît souvent pour cause les vices scrofuleux, scorbutique, rhumatismal, herpétique ; elle est trèscommune dans les lieux humides et bas. Une dent cariée carie souvent la dent voisine. On distingue plusieurs espèces de carie : la carie calcaire, dans laquelle l’émail devient friable comme de la chaux, elle s’arrête avec l'âge et la partie altérée devient jaune et peu sensible ; la carie écorçante, dans laquelle l’émail jaunit, devient fragile et se détache par parcelles, la substance osseuse est molle et peut se couper ; elle accompagne souvent les affections dartreuses; la carie perforante', ici la substance osseuse devient jaune, brune, se ramollit, elle est fétide, il se forme une excavation qui s’agrandit, la dent est sensible, bientôt la cavité dentaire est ouverte, les douleurs deviennent très-vives, enfin la portion osseuse est détruite, l’émail se casse par fragments, il ne reste plus que la racine qui cesse d’être douloureuse; cette carie est la plus fréquente ; la carie charbonnée présente une couleur bleuâtre à travers l’émail, qui bientôt noircit et se détruit, la carie fait des progrès et corrode la dent jusqu’à la racine; la carie dirupfive commence par une tache jaunâtre avec perte de substance près du ccfilet, elle se propage vers la racine, fait des progrès rapides ; bientôt la couronne intacte se sépare de la racine canee
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qui so brise; la carie stationnaire^ qui altère l’émail par une excavation superficielle, mais large, à fond noir et dur, puis s’arrête et reste stationnaire, elle est inodore et insensible; \dt. carie simulant l'usure siège sur la surface triturante des molaires, et se distingue par une cavité large, lisse et unie, jaune ou brunâtre. Les moyens généraux pour prévenir la carie consistent à détruire les causes qui peuvent y donner lieu si on les connaît, ensuite à éviter tout ce qui peut irriter les dents ou les gencives; on doit prévenir l’accumulation du tartre, par la mastication, par les soins de propreté, etc. On attaque la carie, lorsqu’elle est superficielle, par l’application des teintures aromatiques, des huiles essentielles, ou mieux encore par l’ablation de la partie cariée, au moyen de la rugine, de la lime ; si elle est profonde, par la cautérisation; enfin la dernière ressource est Vextraction (voyez ce mot). On remédie par le plombage aux désordres de la carie, lorsqu’il existe une cavité qui puisse retenir la feuille métallique, avec ou sans cautérisation préalable.
La consomption des racines des dents est une maladie fréquente, caractérisée par une perte de substance de ces parties, elle commence par le sommet de la racine. J1 y a douleur, gonflement des gencives, mobilité des dents malades, quelquefois des abcès et des fistules, suintement puriforme entre la racine et la gencive ; dans ce cas, il faut faire l’extraction de la dent, quoiqu’elle paraisse quelquefois saine.
Les fistules dentaires sont de petits abcès, de petits ulcères fistuleux qui ont lieu aux gencives, et qui correspondent à une dent malade, elles reconnaissent pour cause une dent cariée ou une racine frappée de consomption. Cette fistule est caractérisée par un petit ulcère, le long de la base de la mâchoire inférieure, ayant dans son milieu une ouverture à boi-ds calleux et tuméfiés, et fournissant un ichor séreux que l’air dessèche ; un stylet introduit dans cette ouverture arrive jusqu’à l’os. Le traitement consiste à extraire la dent qui détermine la fistule aussitôt que des fluxions font craindre cette terminaison.
La nécrose survient après la suppuration ou la désorganisation de la membrane de l’alvéole ; les dents «"ébranlent et tombent quelquefois spontanément , ou biens elle restent et entretiennent un écoulement purulent, fétide ; lorsqu’on les arrache, on trouve les racines rugueuses, jaunâtres ou noirâtres.
lAexüstose^ le spina ventosa^ sont des maladies rares; on rencontre plus souvent V inflammation de la membrane alvéolo-dentaire ^ celle de là pulpe dentaire^ autrement dites la périodontite et Vodontite^ elles réclament le traitement antiplilogistique; on observe encore quelquefois Vossification de la pulpe dentaire et ses fongosités.
2° Dans les maladies des dents qui tiennent à leurs connexions, on remarque : les luxations; elles sont complètes ou incomplètes ; dans ce dernier cas , on peut replacer la dent, et elle continue de vivre; une dent luxée complètement peut môme être réintroduite dans l’alvéole et devenir immobile au bout de quelque temps.
La dénudation ou le déchaussement des racines, les expose à l’accumulation du tartre beaucoup plus qu’à la carie.
Le tartre est cette concrétion qui se forme sur les dents ; lorsqu’elle est encore molle, elle prend le nom de limon ou enduit. Le tartre acquiert quelquefois une dureté extrême, et finit par enchâsser les dents presque complètement. On doit, par les soins de propreté, prévenir sa formation, en brossant, nettoyant souvent les dents ; lorsque, malgré ces soins, elles en sont encroûtées, il faut l’enlever avec précaution, surtout si les dents sont déchaussées et ébranlées.
3" Enfin, dans la troisième section, nous trouvons les anomalies de nombre; quelquefois il y a moins de trentedeux dents, qui est le nombre normal ; ce sont souvent les dents de sagesse qui manquent. D’autres fois elles excèdent le nombre ordinaire, cela peut tenir à ce que les dents primitives ne sont pas encore tombées toutes, ordinairement pourtant, ce sont de véritables dents surnuméraires, et dans ce cas il faut en faire l’extraction.
La situation des dents est quelquefois irrégulière ; ainsi on en trouve dans l’épaisseur des os maxillaires, on a vu la racine tournée vers la gencive, et la couronne vers le fond de l’alvéole; on en a observé sur la voûte palatine, et jusque dans le pharynx, les orbites, etc. Ces dents doivent être extraites toutes les fois que cela sera possible.
VarranqementéLC,^ dents peut être vicieux ; ainsi,quelquefois elles sont obliques en avant, en arrière, sur les côtés ; cette disposition tient bien souvent à ce que la se conde dentition se fait avant que les dents primitives soient tombées, et alors la présence de ces dernières gêne l’évolution des autres ; il faut donc, lorsqu’un engorgement douloureux annonce cette évolution, se hâter d’extraire la dent primitive qui la gêne. Pour remédier à l’obliquité, lorsqu’elle se borne à une ou deux dents, on peut espérer de les redresser, soit au moyen de ligatures fixées sur les dents voisines, soit à l’aide d’un petit appareil dont l’effet est d’exercer sur celles qui sont déviées une pression forte et permanente ; pour que ces moyens agissent convenablement, il faut souvent extraire une dent pour avoir de l’espace.
La forme des arcades dentaires peut être viciée, soit par leur proéminence, soit par leur inversion ; malgré tous les appareils qu’on a pu imaginer, il est rarement possible d’y remédier.
Telles sont les principales maladies qui peuvent affecter les dents; en les énumérant, il a été fait mention des principaux moyens de traitement qui conviennent à chacune d’elles; des soins hygiéniques bien entendus peuvent contribuer à en prévenir plusieurs; ainsi, il faut éviter avec soin la formation du tartre, et son accumulation, par l’emploi journalier de la brosse, de l’éponge et des gargarismes d’eau fraîche, seule ou aiguisée de quelques gouttes d’eaux spiritueuses, mais non acides, ils pourraient nuire à l’émail des dents ; ces mêmes garga rismes conviennent encore lorsque les gencives sont molles, tuméfiées ou saignantes, on emploie encore avec avantage, dans ce cas, une poudre composée de quinquina, de charbon, ou d’os calcinés, etc. Les cure-dents doivent être en os, en plumes d’oie, jamais il ne faut se servir d’épingles, de couteaux, ni d’autres corps trop durs. Les brosses doivent toujours être douces. Indépendamment des soins de propreté, il faut aussi veiller à métiager les dents dans leur solidité ; ainsi, éviter les petits chocs qu’elles peuvent recevoir en jouant avec des cailloux, des balles, des noyaux, éviter aussi de casser des noyaux, des cailloux, des noisettes, etc. L’usage de la pipe, surtout avec un tuyau dur, finit par y déterminer un vide, la fumée du tabac les noircit, etc.
Parmi les différents moyens indiqués pour le traitement des maladies des dents ou pour remédier aux accidents qui en sont la suite, il y en a un certain nombre qui demandent quelques développements, et qui sont traites séparément aux articles suivants : Cautérisation, Extraction, Odontalgie, Odontotechnie, etc. F — N.
Dent (Zoologie). — Parmi les animaux vertébrés, ceux de la classe des Oiseaux sont dépourvus de dents, les mâchoires étant enveloppées d’un bec corné; une disposition identique existe chez les reptiles chéloniens (tortues) qui en manquent également. Les autres groupes de vertébrés possèdent généralement des dents, sauf quelques espèces ou genres dont le régime alimentaire n’exige pas des organes de ce genre.
Dents des Mammifères. — La plupart des animaux mammifères ont une dentition très-analogue à celle de l’homme, sous tous les rapports. Cependant on peut les partager en plusieurs catégories, au point de vue de la dentition; d’abord, il en est qui manquent de dents, ce sont les Pangolins, les Fourmiliers, les Échidnés, les Baleines, les Rorquals; les Narvals n’ont pour toute arnfure dentaire qu’une énorme défense droite et latéralement implantée dans leur maxillaire supérieur; les Ornithorhynques n’ont, au lieu de dents, que des tubercules cornés rappelant la forme des dents, mais dépourvus de racines et accolés seulement aux mâchoires. D’autres mammifères, désignés par Blainville sous le nom de mal-dentés, ont des dents trop semblables entre elles pour être distinguées en incisives, canines et molaires; ils manquent surtout de dents molaires à plusieurs pivots radiculaires; ce sont les Cétacés pourvus de dents, les Tatous, les Chlamyphores et les Paresseux qui cependant ont, en avant de leurs autres dents, sur les côtés des mâchoires, des crocs pointus comparables à de véritables canines. Les autres mammifères, nommés bien-dentés par Blaniville, étaient distingués par Fr.. Cuvier en mammifères a dentition complète, possédant en môme temps les trois sortes de dents, et mammifères à dentition incomplète, ceux qui n’offrent pas cette disposition. Les imimmifères pourvus des trois sortes de dents sont ceux de l’ordre des Quadrumanes, de l’ordre des Carnassiers, puis, parmi \q?> Marsupiaux, les Sarigues, les Thylacines, lesDasyures, les Péramèles, les Phalangers, les Potoroos, les Koalas,
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parmi les T achydermes les Hippopotames, les Coclioiis, les Phacocliores, les Pécaris, le^ Tapirs, les Rhinocéros, les Damans, parmi les Ruminants les Chameaux, les Lamas, les Chevrotains. Les mammifères pourvus de molaires et d’incisives, mais dépourvus de canines ou n’en ayant que des rudiments, sont, ceux de l’ordre des Rongeurs: les Phascolomes, les Kanguroos, les Éléphants; les espèces du genre Cheval; les espèces de l’ordre des Ruminants qui ont le front pourvu de cornes, et les Dugongs. Sont dépourvus d’incisives et de canines les Oryctéropes et les Lamantins.
Dents des vertébrés ovipares. — Les dents des vertébrés ovipares sont généralement dépourvues de racines ou munies seulement de racines rudimentaires analogues à celles des dents des mammifères cétacés ; tantôt ces dents ont une couronne conique plus ou moins incurvée à son sommet, tantôt cette couronne est conformée en une plaque propre à broyer, etc.; mais jamais on n’y peut distinguer des incisives, des canines, des molaires. En outre, généralement plus nombreuses que celles des mammifères, les dents des reptiles et des poissons ne sont pas seulement fixées sur les os maxillaires et incisifs ; les os palatins, et, chez les Poissons, les arcs branchiaux, le vomer, l’os lingual, et parfois môme les corps des premières vertèbres, en peuvent être armés. Très-variée déjà cliez les reptiles, la disposition du système dentaire l’est encore bien plus et jusqu’à l’infini chez les poissons.
Dents des Inveidébrés. — Les mâchoires latérales des articulés étant elles mômes des pièces cornées, tiennent lieu de dents pour saisir et pour mâcher les aliments. Quelques espèces, comme les écrevisses, ont en outre des plaques cornées, jouant le rôle de dents à la surface interne de l’estomac. Les mollusques n’ont jamais de dents, mais parfois un bec corné, comme les céphalopodes. ■Chez les zoophytes on trouve quelquefois, comme chez les eursins, un appareil de parties calcaires, fonctionnant comme des mâchoires et comme des dents.
Pour l’étude des dents, consultez : G. Cuvier et Duvernoy., Anatomie comparée., 2^ Fr. Cuvier^ Les dents dès mammifères considérées comme caractères zoologiques; de Blainville, Ostéographie ; R. Owen, Odontographie (texte anglais).
Dent (Zoologie), — On donne encore le nom de dents, à cause de l’analogie des formes, aux saillies qui font partie de la charnière des valves des coquilles dans les mollusques bivalves et dans l'ouverture des coquilles univalves (voyez Coquille, Mollusques). Ad. F.
DENTAIRE (art) (Médecine). — Voy. Odontotechnie.
Dentaire (Botanique), Deniaria, Lin. ; du latin dens, dentis, dent ; allusion à la forme des racines. — Genre ■de plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes., famille des Crucifères., tribu des Arabidées; il est spécialement caractérisé par une silique à valves élastiques, planes et sans nervure. Les espèces de ce genre sont des plantes vivaces, à racines tuberculeuses. La D. bulbifère [D. bulbifera., Lin.), la plus commune en France, tire son ■nom des petits bulbes charnus situés à Taisselle de ses feuilles ; ses fleurs sont blanches. La D. à deux feuilles [D. diphyl la, Mich.) vient dans l’Amérique septentrionale, où sa racine séchée est employée comme la moutarde et connue sous le nom de racine au poivre.
DENTALE (Zoologie), Dentalium., Rond.; du latinc?ew?, dent. — Genre dé Animaux invertébrés., classé par Cuvier dans l’embranchement des Articulés des Annélides., ordre des Tubicoles. Sa coquille est conique et ouverte aux deux bouts. L’animal est musculeux, sans articulation sensible, et porte en avant une sorte d’opercule charnu et conique, sur la base duquel est une tôte aplatie. Sur la nuque, sont des branchies palmées. Les soixante espèces que l’on en connaît, habitent les côtes sablonneuses des mers équatoriales. Elles s’enfoncent verticalement dans la vase.
DENTÉ (Zoologie), Dentex., Cuv. — Genre de Poissons, de l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Sparoïdes, ■qui a pour caractère distinctif l’existence de dents coniques môme sur les côtés des mâchoires, quelques-unes des antérieures s’avançant en grands crochets saillants. Leur corps est comprimé, leur tôte grande, leur nageoire caudale fourchue. On les trouve par troupes dans toutes les mers ; leur chair est assez recherchée. On voit trèsabondamment sur les marchés de l’Italie, de la Dalmatie, de la Sardaigne, le D. vulgaire. Dentale des Italiens (D. vulgaris,C\\s.) (voir la fig. 766) qui atteint l mètre de ’ong et pèse une dizaine de kilogrammes dans la Méditerranée. Suivant Duhamel, il y en aurait de bien plus grands dans l’Adriatique. Son corps est argenté et bleuâ-
tre sur le dos avec des pectorales et la caudale rouges. C’est le poisson que les Latins nommaient Dentex, et les Grecs, selon son âge, Synagris ou Synodon. La Méditer-
ranée possède encore le D. à gros yeux (D. macrophthalmus, Cuv.), qui mesure seulement ü"',60 et se reconnaît à ses yeux très-grands.
DENTELAIRE (Botanique), allusion à l’emploi de sa racine contre le mal de dents. F/?/wèayo,Tourn. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, type de la famille d&s,PÏombaginées . Les espèces de ce genre sont des arbres et des sous-arbrisseaux à feuilles alternes entières. La D. d’Europe (P. Europœa, Lin.) est une herbe vivace élevée d’un mètre environ dont les fleurs bleues violacées, groupées en épi, s’épanouissent en septembre et octobre, dans la région méditerranéenne. Cette espèce, regardée jadis comme fort efficace contre le cancer et nommée pour cela herbe au cancer est tombée en discrédit, la médecine actuelle ne lui reconnaissant plus que des propriétés émétiques et purgatives. Parmi les espèces de dentelaires cultivées pour l’ornement, il faut citer la D. de Lady Larpent {P. Larpentœ, Lindl.), introduite depuis 1848 dans nos jardins et originaire du nord de la Chine; elle donne pendant tout l’été de belles fleurs bleues passant au violet et disposées en bouquets compactes. A. L. de Jussieu nommait dentelaires la famille des Plumbaginées (voyez ce mot). Caractères du genre : calice tubuleux à b dents, corolle hypocratériforme, 5 étamines non saillantes, ovaire à une loge et à 5 stigmates ; fruit capsulaire accompagné du calice persistant. G — s.
DENTELÉ (Muscle) (Anatomie humaine). — Ce nom a été donné à plusieurs muscles du corps humain : ainsi le grand dentelé; le?, petits dentelés ou dentelés postérieurs, distingués en supérieurs et inférieurs. Le petit pectoral a aussi été désigné par quelques anatomistes sous le nom de petit dentelé antérieur.
Dentelé [Muscle grand), costo-scapulaire de Ghaussier. — Muscle large, couché sur la partie latérale de la poitrine et en partie caché par l’épaule. Il s’attache par son bord antérieur aux huit ou neuf premières côtes par autant de digitations ou dentelures (d’où lui vient son nom) dont les quatre ou cinq dernières s’entre-croisent avec les digitations du grand oblique de l’abdomen ; en arrière, il s’attache au bord interne de l’omoplate. Par ses contractions, ce muscle tire l’omoplate en avant ou les côtes en dehors et en haut.
Dentelés [Muscles petits). — Le supérieur [dorsocostal, Ghaus.), mince, étroit, situé dans le haut de la région dorsale, s’attache à l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre cervicale et aux trois ou quatre premières dorsales, d’une part; d’autre part, aux quatre côtes qui suivent la seconde par autant de dentelures. L’inférieur [lorribo- costal, Ghaus.) va des deux dernières apophyses dorsales et des trois premières lombaires aux quatre dernières, où il présente les mômes digitations que les précédents. Le premier de ces muscles élève les côtes, le second les abaisse et les porte en dehors. F — N.
DENTELLE de mer (Zoologie). — Nom vulgaire de certains polypes du groupe des Millépores.
Dentelle de Vénus (Botanique). — Espèce d’algue nommée aussi Anadyomène et que l’on trouve souvent parmi les différentes productions qui constituent ce qu’on appelle la Mousse de Corse.
DENTIER (Médecine). — Pièce adaptée aux arcades alvéolaires et servant à recevoir et à soutenir les dents artificielles.
DENTIFRIGÎÉ (Ghirurgie), du latin /’c/care, frotter, et dentes, dents. — On appelle ainsi certaines préparations pharmaceutiques, sous forme de poudre, d’opiat on de teinture, qu’on applique sur les dents au moyen d’une brosse molle pour les nettoyer. On y ajoute le plus souvent quelque substance aromatique, et quelquefois une substance propre à colorer les gencives et les lèvres, comme la cochenille. La plupart des dentifrices sont acides.
DEN
DÉP
Fig. 76(5. — Bec d'un Denlirostre, la pie-grièche commune.
pour pouvoir dissoudre les concrétions connues sous le nom de tartre; mais cette acidité a l’inconvénient trèsgrave d’attaquer l’émail et de prédisposer les dents à la carie; il faut donc éviter avec soin les dentifrices trop acides. Le charbon et le quinquina réduits en poudre impalpable forment une poudre dentifrice très-saine ; d’autres dentifrices contiennent un alcali libre, saturant les acides que peut renfermer la bouche, et servent de préservatifs contre la carie. On peut recommander comme dentifrices la poudre de clmrbon magnésienne parfumée à l’essence de menthe ; la poudre que l’on obtient en mêlant parties égales de charbon, d’écorce de quinquina et de crème de tartre porphyrisés ; enfin, la teinture dite eau de Bototy dont voici la formule : semence d’anis, 50 grammes ; cannelle concassée et girofle, de chaque, 6 grammes ; huile volatile de menthe, 2®'’,50 ; faites infuser pendant sept à huit jours dans : eau-de-vie, 5G0 grammes ; filtrez et ajoutez teinture d’ambre, 0®'’,26 ; quelques gouttes dans un verre d’eau pour se brosser les dents et rincer la bouche. F — n.
DENTIROSTRES (Zoologie), du latin dens^ dent, et rostrum^ bec. — Pi'emière famille de l’ordre des Passe-
rcaux^ classe des Oiseaux^ qui
réunit les genres où l’on observe une échancrure plus ou moins apparente de chaque côté et à l’exl rémité de la mandibule supérieure. Les espèces très-nombreuses de cette famille sont pour la plupart insectivores; les piesgrièches, cependant, recherchent les petits animaux. Les principaux groupes qui la composent sont : les Pies-grièches^ les Gobe-mouches, les Tangaras, les Merles, les Martms, les Chocards, les Loriots, les Goulins, les Ménures ou Lyres,, les Becs-fins, les Manakins, les Eurylaimes.
DENTISTE (Médeciin) (Médecine). — On donne ce nom au chirurgien qui exerce spécialement cette partie de la médecine ou de la chirurgie qui a pour objet le traitement des maladies de la bouche et en particulier celles des dents. On est porté à croire que l’art du dentiste a toujours formé une branche spéciale et séparée. Galien les appelait médecins dentaires. Le dentiste doit joindre aux connaissances d’anatomie^ de physiologie, de médecine et de chirurgie pratique spéciale une grande dextérité de la main, une certaine connaissance de la mécanique et, de plus, celle d’un grand nombre d’opérations d’orfèvrerie. Indépendamment des conseils que les dentistes peuvent donner pour la conservation des dents et des prescriptions thérapeutiques qui ont pour objet le traitement des maladies de la bouche et des dents, ils sont encore appelés à pratiquer plusieurs opérations dont les principales ont pour but : 1» l’extraction des dents ; 2” la cautérisation; 3° la prothèse dentaire; 4<> le limage; 5° le plombage; G" l’enlèvement du tartre; 7® la transplantation des dents (voyez Extraction, Cautérisation, Oi)ONTAi.GiE,Oi)ONTOTECHME). Une faut d’ailleurs jamais confondre les médecins dentistes avec ces bateleurs qui s’établissent dans les carrefours et vendent au public des eaux, des opiats, des poudres dont le seul mérite consiste à être le plus souvent inertes et sans effet. On doit savoir gré à l’autorité d’avoir interdit toute espèce d’opéi’ations à ces ignorants jongleurs.
DENTITION (Maladies de la) (Médecine). — La difficulté d’observer les maladies des enfants, a souvent fait attribuer à la dentition des maladies qui lui sont tout à fait étrangères; cependant il faut bien reconnaître que la première dentition est souvent la cause d’une multitude de dérangements dans la santé des enfants; elle devient quelquefois une complication grave dans les maladies qui se développent à cet âge. Parmi les maladies locales causées par la première dentition, on peut signaler mation des gencives; elles sont tendues, rouges, douloureuses au toucher ; en môme temps, il y a de la rougeur des pommettes, appelée vulgairement /“eMa; de dents, la bouche est brûlante, il y a une soif ardente, l’enfant est agité. Le traitement consiste dans les boissons douces, les lavements laxatifs de miel, de décoction de pruneaux surtout s’il y a constipation, des sinapismes légers, enfin des sangsues derrière les oreilles si l’on craint une congestion cérébrale. Si, malgré tous ces moyens, la gencive reste gonflée, rouge, douloureuse, on y pratique une petite incision en croix pour mettre la dent au jour. On observe aussi quelquefois dans cette inflammation des aphthes (voyez ce mot) et des plaques couenneuses sur
les lèvres et l’intérieur des jones ; cet accident cesse à mesure que l’inflammation diminue, et paraît en dépendre d’une manière absolue. Parmi les maladies sympathiques de la première dentition, on observe particulièrement les convulsions (voyez ce mot) ; on rencontre souvent aussi des ophthalmies, des bronchites, des diarrhées, des éruptions cutanées; mais ces affections accidentelles ne demandent aucun traitement spécial. On observe encore à cetie époque un flux diarrhéique séreux, c’est-à-dire des selles aqueuses plus ou moins claires, jaunes ou verdâtres, avec ou sans vomissement, caractérisé par la tristesse, l’abattement, la langue est sèche et blanche à la base. Cette affection est grave, elle a beaucoup d’analogie avec le choléra -morhus. Le traitement consiste dans la diète, les boissons gommées, les lavements émollients, les cataplasmes, puis les bains, les lavements opiacés, mais avec une extrême prudence ; enfin, les sinapismes, les vésicatoires. Cependant il n’est pas rare de voir la dentition se faire sans les accidents que nous venons de signaler ; dans tousles cas, on devra craindre la constipation, et si elle survient, la combattre par de légers laxatifs. Si les gencives sont gonflées, on les frictionnera légèrement avec du miel, de la décoction de lin, dont on enduira un bâton de réglisse, une racine de guimauve, etc. Les hochets en os, en ivoire, en or ou en argent sont un peu durs pour les gencives qu’ils peuvent rendre encore plus résistantes, il faut les employer avec discrétion. La seconde dentition peut produire à peu près les mêmes maladies que la première, mais on observe plus particulièrement les fluxions, les inflammations des ganglions sous-maxillaires et cervicaux : on ne retrouve plus les diarrhées séreuses ; mais les ophthalmies, les éruptions cutanées, et surtout des fièvres irrégulières, des toux nerveuses, sonores, sèches, etc. Dans ce cas l’incision de la gencive est quelquefois utile. Le traitement de tous ces accidents est celui qui a été indiqué plus haut, et on tâchera surtout de prévenir les congestions cérébrales et les inflammations. F — n.
DÉNUDATION (Chirurgie), du latin denudare, mettre à nu. — C’est la mise à nu d’un ou plusieurs os, dépouillés, soit des parties molles qui les recouvrent, soit de leur membrane propre, connue sous le nom de périoste (voyez ce mot). Elle reconnaît quelquefois pour cause une plaie, une fracture (voyez ces mots) ; d’autres fois l’inflammation du périoste, un épanchement purulent ou d’autre nature qui a détaché le périoste de l’os. La dénudation d’un os se reconnaît par l’inspection simple, si le mal est à portée de la vue, et par l’exploration avec le doigt ou la sonde, si le siège de la dénudation est profond. La dénudation des os spongieux est souvent suivie de carie, celle des os longs de nécrose. Le traitement varie suivant les causes qui l’ont déterminée, la profondeur à laquelle est située la partie dénudée, la structure de la partie du système osseux sur laquelle a lieu la dénudation, etc.
DÉPILATION et Dépilatoire (Chirurgie), du latin joilus, poil, et de, privatif. — Opération qui a pour objet d’enlever les cheveux ou les poils de la surface du corps. On emploie pour cela deux procédés ; le premier consiste dans l’arrachement pur et simple, il porte le nom àèépilation. Dans le second, on fait tomber les poils en détruisant les bulbes de manière à les empêcher de repousser. Cette méthode était répandue dans l’antiquité, chez les Égyptiens, les Chinois, les Grecs, les Romains. Les substances propres à cette pratique portent le nom de dépila toii'es, et ont pour principe l’action dissolvante des corps énergiquement alcalins, sur les productions épidermiques. Le plus célèbre dépilatoire est le rusma des Orientaux (chaux vive, 4, sulfure jaune d’arsenic, 1, bouillis dans
litre d’eau d’une forte lessive alcaline), avec lequel on frotte les parties velues, qu’on lave aussitôt à l’eau chaude ; ce dépilatoire est d’une grande énergie et son emploi exige les plus grandes précautions pour ne pas irriter la peau et la creuser. On se contente quelquefois d’un mélange de chaux et d'orpiment qii’on humecte avec de l’eau tiède au moment de s’en servir; quelques personnes y ajoutent de l’axonge et en font une pommade. Il existe encore beaucoup d’autres préparations dépilatoires, qui toutes offrent des dangers.
DÉPIQUAGE (Agriculture). — Voyez Égrenage.
DÉPLACEMENT (Méthode de) (Chimie). — ^ Elle a pour but de séparer aussi complètement et aussi économiquement que possible un corps soluble de matières insolubles dans lesquelles il est engagé. On place les matières à épuiser dans un liquide, ordinairement l’eau ; la dissolution s’opère par un lavage plus ou moins pro-
DÉP
DÉP
longé : c’est ce lavage qu’il s’agit de rendre méthodique, afin que l’épuisement soit presque complet et que les liqueurs obtenues soient trés-riches en matières solubles, de sorte que les frais d’évaporation du liquide soient peu considérables.
C’est ainsi que l’on sépare le salpêtre des matériaux salpêtrés, que l’on raffine la soude brute pour obtenir le sel de soude, que l’on peut épuiser la pulpe de betterave du jus sucré qu’elle renferme et que l’on prépare une foule de produits chimiques et pharmaceutiques.
Principe. — Il consiste à ajouter une nouvelle quantité d’eau à chaque lavage, en la faisant agir d’abord sur des matières presque épuisées déjà, puis en la reprenant pour la faire agir sur des matériaux plus riches; ainsi les solutions déjà chargées ne sont jamais en contact qu’avec des matériaux riches, et les solutions peu concentrées avec des matériaux presque épuisés.
Application. — Pour mieux faire comprendre le principe de cette importante méthode, faisons-en l’application au salpêtre.
Supposons qu’on ait mis dans une cuve 1 mètre cube de matériaux qui renferment 40 kilogrammes de salpêtre soluble, et qu’on ait versé par-dessus 600 litres d’eau, quantité plus que suffisante pour dissou dre les matières solubles. Au bout de dix heures, on fait écouler 250 litres environ ; les autres 250 litres sont retenus par la matière. On remplace les 250 litres écoulés par 250 litres d’eau pure. En répétant l’opération un certain nombre de fois, on obtient des liqueurs A, B, G, D, E, F que l’on enrichit encore ensuite pour diminuer les frais d’évaporation. Les tableaux suivants ferontsaisir immédiatement les résultats obtenus :
Lavages.
reste
ou ajoute, reste. . . . .
on ajoute, reste. . . .
on ajoute reste. . . . , on ajoute, j reste. . . .
I on ajoute