DET
DESSOLURE (Médecine vétérinaire). — Op l’ation qui consiste à extii per la sole du cheval. La dessolure partielle est seule employée aujourd’hui ; on la pratique dans les cas de piqûre du pied, de clou de rue compliqué, etc. On a renoncé à la dessolure complète, parce qu 'après l’enlèvement partie], la partie qui reste ne se détache pas toujours par la suppuration, et que le décollement complet, s’il a lieu, n’a guère d’inconvénients; la nouvelle corne se reproduisant bientôt. On panse avec un appareil de plumasseaux gradués, qu’on maintient au moyen d’éclisses.
DÉTENTE (Mécanique). — La détente de la vapeur est l’expansion qu’elle prend lorsque l’espace qui la contient vient à s’agrandir. En se détendant ainsi, à la façon d’un ressort, la vapeur déplace les mobiles qu’elle rencontre et peut être utilisée comme force motrice.
Dansla machine à vapeur (voyez Vapeur, [machines à]) ^ la vapeur arrive dans une boîte fixée sur le cylindre; de là elle se rend successivement de part et d’autre du pistôn par des ouvertures d'admission. Mais pour qu’elle cesse d’agir sur l’une des faces du piston pendant qu’elle agit sur l’autre, on lui donne issue au moyen d’une ouverture d' échappement communique, soit avec le condenseur, soit avec l’atmosphère. Au-dessus de ces ouvertures se meut une pièce appelée tiroir., qui, en général, recouvre un orifice d’admission et Torifice d’échappement pendant qu’il découvre l’autre orifice d’admission ; s’il le découvre pendant toute la durée de la course du piston, la vapeur agit à pleine pression; mais alors il y a consommation inutile de vapeur, et par suite de combustible, choc du piston à la fin de sa course, et par conséquent perte d’effet utile.
Il faut donc, pour éviter ces inconvénients, tirer parti de la détente de la vapeur. On la produit de plusieurs manières; mais le but qu’on se propose est toujours de ne faire arriver la vapeur dans le cylindre que pendant une partie seulement de la course du piston.
On a d’abord produit la détente dans un deuxième cylindre., d’une capacité trois, quatre ou cinq fois plus grande que celle du premier (machine de Woolf).
Cette disposition se compose de deux cylindres, à peu jjrès de même hauteur, mais de diamètres différents, placés l’iin à côté de l’autre et portant des tiroirs de distribution, mis en mouvement par des excentriques, de telle façon que la vapeur, sortant de l’une des parties du plus petit, puisse passer dans la partie opposée du plus grand, dont les deux parties sont d’ailleurs en communication avec le condenseur. La vapeur arrive librement dans la boîte à vapeur du petit cylindre. Supposons que, par suite de la position du tiroir, elle passe au-dessus du piston, sur lequel elle agit à pleine pression; à ce moment, la vapeur qui est au-dessous se rend au-dessus du grand piston et le presse en se détendant. Les pistons descendent ensemble. Dès qu’ils sont au bas de leur course, les tiroirs ayant changé de position, la vapeur arrive au-dessous du petit piston, celle qui est au-dessus passe au-dessous du grand piston, tandis que celle qui est au-dessus s’échappe dans le condenseur.
On obtient maintenant d’aussi bons résultats avec les machines à un cylindre qui occupent moins de place. On opère la détente dans un même cylindre, par xxw deuxième tiroir, ajouté au tiroir de distribution. Au lieu d’une seule boîte de distribution, il y en a deux. La plus rapprochée du cylindre est la boîte à distribution ordinaire, la deuxième, plus petite, reçoit la vapeur de la chaudière et la distribue dansla première par une seule ouverture. Cette ouverture est réglée par un tiroir qui monte et descend pendant que l’ouverture de l’autre ne fait que monter ou descendre; si donc, dans le même temps, le tiroir le plus éloigné du cylindre monte et descend, c’est-à-dire ouvre et ferme l’ouverture qui communique la vapeur à l’autre tiroir et que celui-ci ne fasse que monter, alors la vapeur agit à pleine pression pendant la première moitié de la course du piston et par détente pendant la seconde moitié. On peut faire varier le degré de la détente en faisant varier la vitesse du deuxième tiroir, mais il faut pour cela arrêter la machine.
Le plus souvent, on opère la détente avec le tiroir même de distribution.
Il suffit de donner aux rebords du tiroir une largeur plus grande que celle des ouvertures d’admission [fig. 770). Cet excédant de largeur des rebords du tiroir s’appelle recouvrement. La détente est d’autant plus grande que le recouvrement est plus considérable, sans toutefois lui être proportionnelle, à cause des variations de vitesse du piston et du tiroir. La détente est encore fixe et pour
proportionner la puissance de la machine aux résistances variables qu’elle doit surmonter, il n’y a d’autres moyens que de diminuer la tension de la vapeur dans la chaudière et le cylindre, ce qui détermine une perte de puissance motrice. On a cependant cherché à faire varier la
Fig. 771. — Tiroir à recouvrement pour la détente.
course du tiroir à recouvrement, de manière à faire varier aussi la fraction de la course du piston pendant laquelle s’opère la détente ; c’est là le but notamment de la coulisse deStephenson qui sera décrite à l’article Locomotives. Toutefois, au moins dans les machines fixes, les meilleurs systèmes sont ceux de détente variable, dont nous allons indiquer les principaux.
On opère la détente par des glissières mobiles sur le tiroir de distribution. Ainsi, on place sur ce tiroir deux glissières ou plaques, percées de plusieurs ouvertures rectangulaires qui peuvent correspondre avec d’autres ouvertures pratiquées sur le dos du tiroir et communiquant dans des cabinets placés à l’intérieur de celui-ci. Lorsque les ouvertures des glissières sont en regard de celles du tiroir, la vapeur peut arriver, par les cabinets, jusqu’aux ouvertures d’admission, qui la conduisent sur les faces du piston, quand elles sont découvertes par le mouvement de va-et-vient du tiroir. La course des glissières peut être limitée d’une part par des tiges qui viennent butter contre la paroi intérieure de la boîte à vapeur, de l’autre, par des saillies qui rencontrent une came mobile. Suivant la position angulaire de cette came, les glissières sont arrêtées plus tôt ou plus tard, et par suite la communication de la vapeur avec le cylindre. C’est donc en variant la position de cette came, soit à la main avec des leviers à longueur variable, soit autrement, que l’on fait varier l’étendue de la détente. Elle peut varier ainsi depuis le commencement de la course du piston jusqu’à la moitié. Pour que la détente puisse varier pendant toute la course du piston, on place les glissières sur un second tiroir qui glisse sur le dos du premier tiroir et qui est mené par un excentrique placé à angle droit de celui qui commande celui-ci (machines Farcot)*; ce mode de détente par glissières est avantageux en ce que les glissières peuvent être mues parle modérateur même, et que, par suite, la détente est rendue variable pendant la marche même de la machine. A ce sujet, plusieurs dispositions ont été imaginées.
Ainsi, la détente peut se composer de deux glissières situées l’une en avant, l’autre à l’arrière du tiroir de distribution, et reliées au modérateur par l’intermédiaire de levieî’S. La combinaison de ces leviers est telle, que lorsque le régulateur a sa vitesse normale, le tiroir, dans son mouvement de va-et-vient, entraîne l’une des glissières avec laquelle l’extrémité de son talon joint parfaitement, et laisse, entre cette extrémité et la glissière non entraînée, une distance égale à l’ouverture d’admission. Si la machine s’emporte, la vitesse du régulateur augmentant, les boules s’écartent, la distance des glissières se resserre d’autant plus que la vitesse est plus grande. Lorsque le régulateur atteint son maximum de hauteur, les deux glissières sont complètement rapprochées des extrémités du tiroir et ne livrent plus aucun passage à la vapeur (machines Farinaux). Dans d’autres machines, la détente a lieu à l’aide de roues dentées avec rochets disposés de façon à tourner dans un sens ou dans l’autre, suivant que les boules du modérateur s’élèvent ou s’abaissent. Par l’intermédiaire d’arbres et de roues d’angles, on parvient à augmenter ou à rétrécir les ouvertures du tiroir de distribution, et, par suite, à obtenir une détente variable (détente Mayer).
Dans d’autres enfin, la plaque de la détente est tirée d’un côté par la tige d’un petit piston logé près de la boîte à vapeur et sur lequel la vapeur exerce son action; du côté opposé, par une tige dont l’extrémité s’articule à un ressort de sonnette portant à l’autre extrémité un galet horizontal, situé près de l’axe du modérateur. Sur 7Ct axe est une came à courbes variables, entraînée dans le mouvement ascendant et descendant de la bague du modérateur et qui, dans ce mouvement, presse plus ou moins sur le galet du ressort. La tige tirée par la came, imprime à la plaque qui recouvre le tiroir de distribution,
DIA
DIA
un d(5placeinent plus ou moins grand, duquel résulte la variation de la détente. La pression de lâ vapeur sur le piston ramène la plaque et l’on évite ainsi le choc qui a lieu lorsque le tiroir se ferme par un ressort (machines Frey). L.
DÉTERGENTS, Détersifs (Médicaments) (Médecine), du latin detergere, nettoyer. — On désigne ainsi des substances médicamenteuses que Ton emploie pour nettoyer les plaies sanieuses , les ulcères languissants ; la plupart de ces substances sont légèrement irritantes, et ont pour action de réveiller en l’excitant la vitalité des parties où siège le mal.
DÉVELOPPÉE (Géométrie). — Lieu géométrique des centres de courbure d’une courbe (voyez Courbure, Enveloppes).
DÉVELOPPEMENT des animaux, des végétaux (Physiologie). — Voyez Reproduction,
DEVIN (Zoologie). — On donne ce nom à une espèce de Reptile du genre Boa.
DÉVIATION (Médecine), — Voyez Gibbosité.
DÉVOIEMENT (Médecine). — Voyez Diarrhée.
DEXTRINE (Chimie). C^^hioqio. -- Corps neutre, amorphe, inodore et insipide, soluble dans l’eau et dans l’alcool aqueux ; sa solution dévie à droite le plan de polarisation de la lumière; de là, vient son nom de dextrine. Quand il est en forte proportion dans l’eau, il forme comme un véritable sirop, comparable à celui que donne la gomme arabique; aussi emploie-t-on la dextrinepour remplacer la gomme dans l’apprêt des étoffes et dans l’impression des tissus. La dextrine, qui possède la môme composition que l’amidon, s’en distingue en ce qu’elle ne bleuit pas par l’iode, et qu’elle ne présente aucune trace d’organisation ; elle se distingue du glucose en ce qu’elle est tout à fait incristallisable et tout à fait insoluble dans l’alcool concentré ; elle se distingue des gommes en ce qu’elle ne donne pas d’acide mucique quand on la traite par l’acide azotique, mais bien de l’acide oxalique. On obtient la dextrine en torréfiant l’amidon à la température de 1 60“ (Leïocome) ; seulement, dans ce cas, les dissolutions de dextrine sont colorées. On se procure une dextrine incolore en imprégnant l’amidon en poudre d’une petite quantité d’acide azotique dilué et la maintenant ensuite pendant quelque temps à une température de 100". On a employé la dissolution de dextrine comme vernis; on a utilisé en chirurgie sa solidification en masses dures pour former des bandages bien contenus autour d’un membre fracturé. L’étude chimique de la dextrine est due principalement à MM. Payen, Dumas, Persoz, Heuzé. B.
DEXTROVOLUBILE (Botanique), du latin dextrorsum^ à droite, et volubilis., qui s’enroule. — Terme employé pour désigner les plantes qui, comme le liseron, les haricots, les volubilis, s’enroulent autour des objets voisins, de leur gauche à leur droite .
DIABÈTE, Diabètes (Médecine), du grec diahainô., je passe à travers? — Maladie caractérisée surtout par une sécrétion abondante d’urine plus ou moins chargée de matière sucrée. Cette affection, dont Hippocrate ne parle pas, a été signalée par Celse, assez bien décrite par Arétée de Cappadoce et après lui par Alexandre de Tralles. Méconnue dans sa nature pendant bien longtemps, il faut aller jusqu’au milieu du xvii® siècle, à Willis à qui l’on doit d’avoir signalé l’existence du sucre dans les urines des diabétiques, et encore ce n’est qu’un siècle après (1778), que la démonstration en fut faite par le docteur Cauley ; un peu plus tard (1803) les travaux de Nicolas et Gueudeville, ceux de Dupuytren et Thénard (1806), vinrent jeter de nouvelles lurnières sur cette question ; cependant disons tout de suite qu’il résultait de ces recherches que l’urine diabétique ne contenait pas sensiblement d’urée, et que celle-ci ne reparaissait, disait-on, qu’avec la diminution du sucre; tandis que l’on sait aujourd’hui que l’urée y existe en quantité normale en même temps que le sucre (Rose et Ghevreul). Du reste, cette matière sucrée, regardée pendant longtemps comme analogue au sucre de fécule ou glycose., ce qui avait fait donner à la maladie le nom de glycosurie. s’en distingue par certains caractères; et M. Cl. Bernard lui avait donné le nom de sucre de foie {voyez Foie). Quoi qu’il en soit, ce sucre est cristallisable, plus ou moins abondant dans l’urine, suivant l’ancienneté de la maladie, sa gravité, laconstitution du sujet, etc.
On consultera à ce sujet les Leçons faites au collège de France., par M. Cl. Bernard, et le Traité de Physiologie de M. le professeur Longet, article de la Nutrition.
Le diabète débute quelquefois lentement; il y a d’abord des rapports nidoreux, un goût aigre dans la bouche qui
a de la tendance à se sécher, la salive devient blanche, écumeuse, bientôt le malade éprouve de la pesanteur à l’épigastre, la soif se prononce, l’appétit augmente d’abord, l’urine, plus abondante que de coutume, inodore, incolore, semblable à du petit-lait clarifié, ne forme plus de dépôt et a une saveur manifestement sucrée. Plus tard cette excrétion augmente encore, la saveur sucrée est plus marquée, la soif est intolérable, la faim dévorante, et cependant le malade maigrit à vue d’œil ; la peau devient sèche, rugueuse, la salive de plus en plus épaisse; les gencives sont molles, douloureuses, les dents s’ébranlent, l’haleine est fétide ; vers la fin, l’urine coule avec douleur, involontairement et presque sans interruption, l’amaigrissement est très-rapide, les jambes s’œdématient, toutes les parties des voies urinaires sont douloureuses ; il survient une tristesse, un abattement extrêmes, la vue s’affaiblit, le visage exprime la souffrance, le malade tombe dans l’assoupissement, et enfin il succombe dans le dernier degré du marasme, et dévoré jusqu’au dernier moment par le besoin de boire et d’uriner. Il arrive quelquefois que ces symptômes, au lieu d’arriver lentement (quelquefois pendant des années), se développent tout de suite avec une grande intensité en quelques semaines ; ce sont les cas les plus rares. Lorsque le retour à la santé s’effectue, il s’annonce par la diminution de la quantité de l’urine, qui perd peu à peu sa saveur sucrée, la soif diminue aussi, l’appétit devient moins intense, la peau s’humecte, il survient môme des sueurs, et peu à peu la régularité des fonctions se rétablit. Mais la durée de la maladie est toujours de plusieurs mois ou de plusieurs années. Les lésions cadavériques trouvées après la mort, sont souvent une hypertrophie des reins, qui offrent de la pâleur et un tissu flasque et ramolli ; d’autres fois ils sont congestionnés ; mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est la coexistence simultanée de lésions dans les poumons, surtout des tubercules, et parfois dans la moelle allongée. Quant à l’urine des diabétiques, abandonnée à elle-même pendant quelque temps, son odeur urineuse se dissipe bientôt, alors elle en contracte une analogue à celle du vin nouvellement fait, et elle a donné de l’alcool par la distillation; elle s’acidifie lorsqu’on l’expose à l’air et offre ainsi les caractères de la fermentation alcoolique.
Les causes du diabète paraissent être en général celles des maladies de langueur ; ainsi l’habitation dans les pays humides, brumeux, les souffrances physiques et morales, misère, privations, chagrins, épuisement par les maladies, etc. Les causes in ternes résident dans un désordre particulier delà nutrition dont le point de départ paraît être dans le système nerveux de la vie animale. Le traitement qui a le mieux réussi jusqu’ici c’est : un régime réconfortant, mais presque entièrement animal, du vin généreux, lecaféj le thé, peu ou pas sucrés (aliments azotés) ; un changement complet dans le genre de vie, l’habitation et les habitudes générales ; le plus d’exercice possible au grand air ; on joindra à ces moyens hygiéniques les opiacés, le quinquina, quelques gouttes d’ammoniaque (8 ou 10) dans chaque litre de boisson; des bains alcalins, de l’eau de chaux, de la magnésie, des eaux de Vichy, etc. F — n.
DIABLE (Zoologie). — Nom vulgairement donné à dh vers animaux : D. de Java., Pangolin de Java; D. enrhumé., espèce de Tangara; D. des savanes, Aui; D. de mer. Baudroie commune; etc.
Diable {Bruit de) (Médecine). — Par comparaison avec le bruissement du jouet d’enfant nommé diable, on appelle ainsi le bruit qui se fait entendre parfois dans l'aorte, les grosses artères, et en particulier dans les carotides ; il indique ordinairement une diminution dans la quantité des globules du sang, et est un des signes caractéristiques de l’anémie et delà chlorose.
DIABOTANUM (Médecine), du grec dia, au moyen de, botanê, herbe. — On donnait ce nom à un emplâtre dans la composition duquel entraient un très -grand nombre d’herbes, telles que : bardane, joubarbe, angélique, ciguë, valériane, et que l’on appliquait comme résolutif sur les abcès froids, sur les engorgements chroniques.^
DIACHYLON (Matière médicale), du grec dia, avec, et chylos, suc, parce que cet emplâtre était préparé avec des sucs de plantes. — Il y en a de deux sortes ; le D. simple qu’on obtient en faisant cuire ensemble une décoction de racine de glaïeul, de l’huile de mucilage et de la litharge préparée. Le D. composé se fait en ajoutant au diachylon simple, de la cire jaune, de la térébenthine, de la poix blanche, de la gomme ammoniaque, du bdellium, du galbanum, du sagapenum préalablement purifiés dans
DIA
DIA
Talcool. Ces emplâtres, et surtout le dernier, sont regardés comme résolutifs ; mais on les emploie particulièrement comme agglutinatifs.
DIACODE (Sirop) (Médecine), du grec dia, au moyen de, kôdia^ tête de pavot. — On donne le nom de sirop diacode à celui que l’on préparait autrefois avec la tête du pavot somnifère; aujourd’hui, d’après la formule du nouveau codex, c’est avec de l’extrait alcoolique de pavot, ou extrait d’opium. 30 grammes de ce sirop contiennent 0®%05 d’extrait. Ce sirop est souvent introduit dans les potions calmantes, à la dose de 15 à 30 grammes; on prescrit aussi le sirop lui-même à la dose d’une cuillerée ou deux, la nuit, pour calmer les toux nerveuses ; une cuillerée à café suffit pour les enfants.
DIACOPE (Zoologie), Diacope, Cuv.; du grec diahopê, incision. — Genre de Poissons, de l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Percdides, que l'on trouve dans la mer des Indes. Ils ont beaucoup d’analogie avec les Serrans, mais s’en distinguent par une échancrure du préopercule dans laquelle s’engage une tubérosité de l’in teropercule. Ils sont souvent remarquables parleur taille, leur beauté et le goût délicat de leur chair.
DIADELPHE (Botanique), du grec double, et adelphia, confrérie. — Terme employé pour désigner dans la fleur les étamines réunies par la soudure de leurs filets en deux faisceaux.
DIADELPHIE (Botanique). — Nom par lequel Linné a désigné la dix-septième classe de son système sexuel. Elle comprend les plantes à étamines diadelphes. La plupart des genres de cette classe sont des plantes légumineuses à 10 étamines dontOsontmonadelpheset la dixième libre. La Diadelphie est divisée en 4 ordres, caractérisés par le nombre des étamines. 1“ D. pentandne (5 étamines), exemple : Moniera. 2® D. hexandrie (6 étamines), exemple : Fumeterre. 3° Z), octandrie (8 étamines), exemple : Polygala. 4® D. décandrie (10 étamines), exemples : Genêt, Pois, Vesce, Luzerne et autres légumineuses.
DIAGNOSTIC (Médecine), du grec diagnôsis, discernement. — On appelle ainsi cette partie de la médecine qui a pour objet de distinguer une maladie, de la reconnaître sous quelque forme qu’elle se présente et de constater qu’elle n’existe pas quoique l’on rencontre des symptômes qui ressemblent aux siens. Le diagnostic est sans doute un des points les plus importants de l’histoire des maladies, aussi demande- 1- il, indépendamment d’une instruction solide, un jugement droit, une attention soutenue, un examen attentif, sans préoccupation et sans idées préconçues; sans ces conditions, on n’arrivera qu’à des résultats infidèles et le traitement des maladies ne reposera pas sur des bases solides. « On ne saurait trop répéter, dit Cliomel, combien il est dangereux de fixer prématurément son opinion sur une maladie, non-seulement parce qu’on s’expose à commettre une erreur, mais encore parce qu’on devient inhabile à l’apprécier. » Aussi le médecin sage et prudent doit-il bien se garder de ces espèces d’illuminations subites par lesquelles certains praticiens se hâtent de porter un diagnostic sur une maladie, avant même d’avoir regardé le malade: «souvent, dit Ghaussier, avant de prononcer sur la nature, le siège d’une maladie, sa tendance, il est nécessaire de voir, d’examiner plus d’une fois l’état du malade; la prudence et la réserve appartiennent au médecin. » F — n.
DIAGOMÈTRE (Physique), de diagô, conduire au travers, et meiron, mesure. — On nomme ainsi un instrument fondé sur l’emploi d’une pile sèche (voyez ce mol) et imaginé par M. Rousseau, pour déterminer les facultés conductrices de l’électricité de différents corps, et par suite, quelquefois, en raison des variations de cette propriété, leur plus ou moins grande pureté. Il se compose d’une pile sèche NP, renfermée dans un cylindre de verre, communiquant avec le sol par son pôle négatif. Au-dessus du pôle positif, sur le couvercle du manchon de verre de la pile, se trouve une tige creuse, terminée par un bouton , dans laquelle peut monter ou descendre une autre tige de cuivre wm, à double coude, terminée par un bouton f, et qui, en descendant, se met en contact avec le pôle positif. A côté se trouve un support portant un disque circulaire, gradué en 360®; au milieu est un pivot de cuivre ca à pointe d’acier et offrant une tige latérale qui porte un disque métallique b. De l’autre côté, le pivot communique avec une tige de cuivre coudée. Elle sort de la cage de verre qui recouvre le cadran et le système mobile, afin de le soustraire aux agitations de l’air, et se trouve surmontée d’un plateau de cuivre e muni d’une capsule de même métal où l’on placera le
corps solide ou liquide dont la conductibilité électrique est le sujet de l’expérimentation. La pointe d’acier du pivot doit supporter une aiguille d’acier très-légère, faiblement aimantée, qui n’a pas de chape, mais dont le centre, légèrement recourbé, pose sur le pivot. On tourne
l’appareil de sorte que l’aiguille, naturellement placée dans le méridien magnétique, se mette en contact avec le disque h, dans le plan vertical duquel est d’ailleurs le zéro du cadran. Si on fait communiquer la substance disposée sur le plateau e avec la pile sèche, en abaissant la tige coudée mn, l’électricité positive du pôle supérieur P se communique au plateau, au disque b et de là à l’aiguille qui, électrisée de la môme manière, est repoussée d’un certain angle qu’on lit sur le cadran, l’action très-faible de la terre sur l’aiguille étant toujours vaincue. Cet appareil a permis de constater que les charbons peu calcinés, qui sont les meilleurs pour faire la poudre à canon, sont en général les plus mauvais conducteurs. Quand on opère sur des liquides, on a soin que le bouton /■ vienne en toucher la surface sans appuyer sur le fond de la capsule. Quand le corps ne conduit pas, l’aiguille reste dans le méridien magnétique. M. Rousseau a constaté que l’huile d’olive ne conduit presque pas l’électricité, tandis que les huiles de graines (navette, colza, pavot) la conduisent bien et qu’une très-petite quantité d’une de ces huiles, ajoutée à l’hunle d’olive, rend celle-ci conductrice. De là un assez bon moyen de reconnaître l’huile d’olive falsifiée, mais sans pouvoir donner la mesure de la proportion d’huile de graine qu'elle renferme. L’usage du diagomètre n’est au reste qu’approximatif, à cause des variations d’énergie de la pile sèche. M. G.
DIAGONALE (Géométrie^ — Droite qui joint deux sommets non adjacents d’un polygone, ou deux sommets d’un polyèdre n’appartenant pas à une même face.
Un polygone de m côtés peut avoir ^ diagonales.
Les diagonales d’un parallélogramme se coupent toujours en parties égales, de plus, celles du rectangle sont égales et celles du losange perpendiculaires l’une sur l’autre.
Le point de concours des diagonales d’un rectangle est le centre du cercle circonscrit à ce rectangle; déplus, dans le carré, c’est aussi le centre du cercle inscrit dans le polygone.
Les quatre diagonales d’un parallélipipède se coupent toutes en un môme point qui partage chacune d’elles en deux parties égales. Dans un parallélipipède rectangle, ce point est le centre de la sphère circonscrite au polyèdre ; dans le cube, c’est à la fois le centre de la sphère circonscrite et de la sphère inscrite.
DIAGRAMME (Zoologie), Biagramma, Cuv.; du grec dia, à travers, et gramma, ligne. — Genre de Poissons, de l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Sciénotdes ; ces poissons, très-voisins des Pristipomes, ont, au lieu de fossette sous la symphyse du menton, deux petits pores et deux plus gros sous chaque branchie. Dans l’Atlantique et dans la mer des Indes. Leur chair est estimée#
DIA
DIA
DIAGRfiDE (Médecine), du gvQcdiacrydion^ ancien nom de la scammonée. — On donnait ce nom à certaines préparations de scammonée : tantôt avec la vapeur de soufre, c’était le D. sulfuré; d’autres fois avec le suc épaissi de coing, c’était le D. cydonié; ou bien enfin avec le suc de réglisse, on l’appelait le D. glycyrrhizé .
DIALLAGE (Minéralogie). — On donne ce nom à une espèce minéralogique du groupe des Silicides, genre des Silicates magnésiens hydratifères^ de Beudant ; ce sont des matières fort analogues à l’espèce voisine, les Serpentines (voyez ce mot), mais elles sont susceptibles d’un clivage suivant lequel elles sont plus ou moins nacrées ; dans les autres sens, la cassure est compacte et plus ou moins terne. Tendres et à poussière douce au toucher comme les serpentines, elles sont pour la plupart plus fusibles au chalumeau. Ces espèces minérales ne forment pas à elles seules des dépôts à la surface du globe : elles appartiennent aux dépôts des serpentines, dans lesquels elles sont disséminées et parfois empâtées au point qu’il est souvent impossible de les distinguer. Les diallages forment, suivant Beudant, avec l’albite compacte ou avec le labradorite, des roches désignées sous le nom d’euphotide. Quelques minéralogistes doutent que le diallage puisse foriner une espèce distincte.
DIALYPËTALE ou Polypétale [Corolle) (Botanique). — On donne le nom de corolle dialy pétale du grec dialyein^ séparer, ou polypétale^ du grec polys, beaucoup, à celle dont les pétales sont libres les uns des autres (voyez Corolle).
DIAMAGNÉTISME (Physique). — Brugmann reconnut, en 1778, qu’une balle de bismuth est repoussée par de forts aimants : c’est le contraire de ce qui a lieu pour un morceau de fer.
Faraday, suspendant une aiguille de silicoborate de plomb entre les pôles d’un électro-aimant, la vit prendre la direction perpendiculaire à la ligne des pôles (direction équatoriale), tandis qu’une aiguille de fer doux prenait la direction axiale, c’est-à-dire la direction des pôles.
L’action de l’électricité donne des résultats analogues : tandis qu’une baguette de fer se dirige perpendiculairement au fil d’un multiplicateur qui l’entoure, une ba-
guette de bismuth prend une direction parallèle, comme l’a reconnu M. Becquerel.
Dans ces cas simples, le bismivth en présence d’un aimant ou d’un courant électrique est donc soumis à des forces de sens contraire à celles qui agiraient sur un corps magnétique de même forme Aussi M. Faraday appelle diamagnéliques le bismuth et les substances nombreuses qui se comportent comme lui. Les mots magnétisme et diamagnétisme s’emploient avec des significations opposées.
[ Ces expériences sont très-aisées à exécuter avec l’ap- ; pareil indiqué par notre figure et qui est dû à Faraday, i A, A' est un fort électro-aimant muni des armatures B, B', et supporté dans une position verticale par le plateau D D'. Les corps à éprouver a, b sont suspendus par le fil de cocon cd à la potence fgfg\
La force qui agit sur les corps magnétiques a pour cause une aimantation il était donc* naturel
de rechercher si une aimantation du même genre ne se manifeste pas dans les substances diamagnétiques.
Une expérience indirecte de M. Reich rend cette aimantation très-probable : si l’on réunit deux pôles contraires, leur ensemble n’exerce aucune action sur un corps diamagnétique, absolument comme sur un corps magnétique, et ce fait s’explique, comme on sait, par l’aimantation. Mais il fallait mettre directement en évidence cette aimantation en faisant agir diverses substances sur du bismuth (le corps le plus diamagnétique) soumis à l’influence d’un électro-aimant ou d’un courant électrique.
M. Matteucci, par de semblables procédés, n’obtint aucun résultat. MM. Weber et Poggendorft' purent constater une influence appréciable.
Sans nous arrêter à ces expériences qui laissèrent encore quelque doute, nous expliquerons le principe du procédé très-rigoureux par lequel M. Tyndall, d’après les indications de M. Weber, décida la question.
Deux hélices verticales et égales, traversées par un courant en sens inverse, renferment deux barreaux de bismuth égaux dont l’un peut s’abaisser, tandis que l’autre s’élève de la môme quantité à l’aide d’une poulie. Un système asiatique de deux aimants horizontaux, l’un en avant, l’autre en arrière des hélices, est suspendu par son centre à un fil attaché lui-même au centre d’un cercle de torsion. Enfin, à ce système est fixé un miroir destiné à en indiquer très-exactement la position par l’artifice que l’on emploie dans l’appareil de Gauss (voyez Magnétomètf.e).
Cela posé, lorsque le milieu des barreaux de bismuth est à la hauteur des aimants, les pôles de chaque barreau (si tant est qu’il y ait aimantation et formation des pôles) exercent sur chaque pôle des aimants des actions qui se détruisent et n’influent pas sur la position du système. Mais si l’on met le pôle supérieur de l’un des barreaux à la hauteur des aimants, il agira à peu près seul, et imprimera au système un certain mouvement, tandis que le pôle inférieur de l’autre bismuth agira dans le même sens. La torsion qu’il faudra faire subir au fil pour ramener le système à sa position initiale mesurera cette action.
M. Tyndall put constater cette action, et, par suite, l’aimantation dans les corps diamagnétiques, et il vit qu’elle est contraire à celte d’une substance magnétique placée dons les mêmes conditions.
Cette aimantation se fait suivant les mêmes lois que celle des corps magnétiques, car l’action d’un électro-aimant sur un barreau de bismuth, comme sur un barreau magnétique, est proportionnelle au carré de la force de cet aimant, ainsi que l’a reconnu M. E. Becquerel en mesurant la force de l’électro-aimant par l’intensité du courant.
Les courants électriques par lesquels Ampère rend compte du magnétisme expliquent aussi le diamagnétisme. Seulement, il faut les supposer de sens contraire à ceux qui se forment dans les corps magnétiques : l’étude des faits conduit à admettre que, dans les corps magnétiques, les courants préexistent et sont simplement dirigés par un courant ou un aimant, tandis qu’ils ne préexistent pas dans les corps diamagnétiques. mais se forment au moment de l’aimantation à la manière des courants d’induction. Mais pourquoi cette diflérence dans les courants moléculaires?
Suivant M. de la Rive, cette différence tiendrait essentiellement à la distance des molécules. Lorsque celle-ci est petite, et c’est là le cas des corps magnétiques, il y a un courant provenant de la recomposition des électricités polaires de chaque molécule. Mais si la distance devient considérable, un pareil courant n’est plus possible, et ce n’est qu’au moment de l’action d’un courant ou d’un aimant extérieur qu’il se passe dans la molécule seulement une sorte d’induction à laquelle est dû le diamagnétisme.
L’effet ordinaire de la température sur les propriétés magnétiques vient à l’appui de cette théorie : la chaleur, en écartant les molécules, doit tendre à changer magnétisme en diamagnétisme. Or, Faraday a constaté que
DIA
DIA
l'élévation de température diminue le magnétisme des corps fortement magnétiques, et l’on a reconnu depuis que le cuivre, l’or, le zinc, la porcelaine de magnétiques peuvent devenir diamagnétiques. Cependant, on trouve des exceptions : le magnétisme du fer augmente jusqu’à une certaine température, et le diamagnétisme du bismuth diminue par la chaleur, au point de disparaître à l’état de fusion.
Elle trouve une autre confirmation dans ce fait dû à M. Matteucci : que le diamagnétisme des corps conducteurs, des métaux, augmente quand on diminue leur conductibilité par la pulvérisation. Mais le magnétisme des substances non conductrices, comme le soufre, ne change pas par la division mécanique.
L’influence de la structure ne se montre pas moins dans les cristaux. MM. Plucker et Faraday découvrirent que des cristaux se comportent différemment sous l’influence de l’électro-aimant suivant la position de leurs axes par rapport à la ligne des pôles. La tourmaline, le bismuth présentèrent ce phénomène; la cyanite etl’oxyde d’étain (stannite) peuvent même prendre une direction déterminée sous l’influence de la terre.
MM. Tyndall et Knoblauch ont trouvé la véritable loi de ces phénomènes : s’il y a dans le cristal une direction où la densité soit maxima, elle prend la position axiale ou équatoriale, suivant que le cristal est magnétique ou diamagnétique; quand il y a un plan déplus facile clivage, c’est la direction parallèle à ce plan qui jouit de cette propriété. En voici la raison : les cristaux élémentaires dans l’intérieur desquels les courants ont lieu sont les mômes dans toutes les directions, mais ils sont plus nombreux suivant la ligne de plus grande densité ; c’est donc suivant cette ligne que le magnétisme ou le diamagnétisme est le plus considérable.
Le magnétisme et le diamagnétisme sont des propriétés tout à fait générales.
C’est dans les solides qu’il est le plus facile de les constater et qu’elles ont été découvertes d’abord.
11 suffît pour cela de mettre en présence du pôle d’un fort aimant une balle de la substance à étudier suspendue à un fil et de constater s’il y a attraction ou répulsion, ou mieux encore d’en suspendre un barreau par un fil entre les pôles d’un électro-aimant et de voir la direction qu’il prend ; ce procédé est très-sensible.
Faraday et Plucker ont reconnu que les substances diamagnétiques sont les plus nombreuses.
Les corps magnétiques les plus importants sont un certain nombre de métaux, tels que le fer, le nickel, le cobalt, le manganèse, le chrôme, le titane, le platine et la plupart de leurs composés. Ces corps sont à peu près ceux dont les atomes sont les plus rapprochés, ce qui confirme la théorie de M. de la Rive. Le cuivre et le zinc sont dans le môme cas, bien que diamagnétiques, mais en môme temps ils sont très-bons conducteurs, ce qui explique jusqu’à un certain point cette anomalie, et les composés cuivreux rentrent dans la liste des corps magnétiques.
Faraday reconnaît les liquides magnétiques ou diamagnétiques en les enfermant dans un tube de verre et les examinant par l’électro-aimantà peu près inactif sur le tube. M. Plucker les met dans un verre de montre appuyé sur les bords des pièces polaires, et il examine la forme du liquide : un liquide magnétique présente une forme concave à l’extérieur, un liquide diamagnétique pré'^ente au contraire une forme convexe.
Les principaux liquides magnétiques sont les dissolutions des sels magnétiques. Toutefois, le cyanoferrure rouge de potassium dissous est magnétique, et le sel solide est diamagnétique. Le P. Bancalari obtint les premiers résultats sur les vapeurs et les gaz en remarquant que la flamme d’une bougie, une fumée se dévient latéralement entre les pôles de l’électro-aimant. Faraday, qui avait déjà fait des expériences infructueuses, imita ce procédé en l’appliquant aux gaz qu'il faisait descendre ou monter entre les pôles. Il observait la marche de ces gaz en les faisant passer sur du papier imbibé d’acide chlorhydrique et les recevant sur du papier imbibé d’ammoniaque.
Seul de tous lesg iz, l’oxygène a été attiré par les pôles et s’est montré magnétique; les autres gaz ont été repoussés.
De cette universalité du magnétisme, il résulte que l’action de l’électro-aimant sur un corps variera, comme l’a vu Faraday, avec la nature du milieu dans lequel il est plongé. Ainsi une dissolution de sulfate de fer magnétique dans 1 air, est diamagnétique dans une solution de sulfate de ferplus concentrée. MM. Plucker et Becque-
rel ont admis que l’action d’un aimant sur un corps est égale à l’effet produit sur le corps dans le vide, diminué de l’effet sur un égal volume du milieu. M. Becquerel vérifiait cette loi en mesurant par la méthode de torsion le magnétisme de barreaux de soufre et de cire dans divers milieux, et il déduisait des nombres obtenus et de la loi admise comme vraie le magnétisme de ces milieux : ces derniers nombres étaient concordants dans l’un et l’autre cas. S’appuyant sur cette observation, il regarda le diamagnétisme comme un cas particulier du magnétisme : celui où la substance, moins magnétique que l’air, serait repoussée dans ce fluide, de sorte que toutes les substances seraient magnétiques, de môme que tous les corps sont pesants, bien que certains s’élèvent dans l’air parce qu’ils sont plus légers. Pour décider ce point, il devenait nécessaire d’observer le magnétisme absolu des corps dans le vide.
M. Becquerel s’est encore servi de la méthode de torsion, en renfermant les barreaux soumis à l’expérience, avec le fil de suspension, dans des éprouvettes où on faisait le vide.
Il a reconnu de la sorte que beaucoup de corps sont diamagnétiques môme dans le vide, en sorte qu’il y a réellement des corps magnétiques et des corps diamagnétiques.
Ouvrages à consulter : Annales de chimie et de physique, 3« série, t. XXIV, XXIX, XXXIV, XXXVI, XXXVII. Bibliothèque universelle de Genève (Supplément), t. II, XVI, XXXII. Traite' d'électricité de M. de la Rive, t. I, p. 569. R.
DIAMANT (Minéralogie). — Substance minérale aussi célèbre par son éclat que par sa dureté et son inaltérabilité. Sa véritable nature est restée longtemps inconnue. Les académiciens del Gimento, à Florence, constatèrent, vers la fin du xvii® siècle, que le diamant brûlait au foyer d’un miroir ardent : le prince François-Étienne de Lorraine vérifia le môme fait en remplaçant le miroir par un violent feu de forge. Lavoisier et Guyton de Morveau remarquèrent que le diamant brûlant dans l’oxygène donnait do l’acide carbonique, et ils en conclurent qu’il renfermait du charbon. Mais c’est à sirHumphry Davy que l’on doit d’avoir démontré que ce corps était du charbon pur : il constata qu’en brûlant dans l’oxygène le diamant ne produisait que de l’acide carbonique et que la combustion s’effectuait sans qu’il y eût variation dans le volume du gaz. Ces expériences ont depuis été répétées par MM. Dumas et Stas pour établir la véritable composition de l’acide cai bonique. Il résulte de ces travaux divers que le diamant n’est autre chose que du charbon ou carbone cristallisé.
Le diamant est le plus dur de tous les corps : il les ra}’^e tous sans être rayé par aucun. Ce caractère, joint à sa densité (3,60) et à son éclat, suffit pour le distinguer de toutes les autres pierres. Par sa cristallisation, ce corps appartient au système cubique : la forme la plus fréquente est celle de l’octaèdre régulier surmonté sur chaque face d’un pointement à six faces; les clivages sont très-faciles et conduisent à l’octaèdre régulier : cette facilité des clivages est mise à profit par les lapidaires dans la taille du diamant. L’éclat de cette substance est fort remarquable et a reçu le nom à.' éclat adamantin : elle produit sur la lumière la réfraction simple; mais le pouvoir réfringent et dispersif très-considérable qu’elle possède produit les beaux effets de lumière que tout le monde connaît au diamant taillé. Le plus souvent incolore, le diamant est quelquefois légèrement teinté de jaune, de vert ou de gris; quand ces colorations ne sont pas très-fortes, elles disparaissent par la taille, surtout dans les diamants de petite dimension ; la teinte bleue est fort rare. On connaît un diamant bleu de 4 karats \ (0e®,965), appartenant à M. Hope, et qui est évalué plus de 600,000 francs. Enfin, il existe des diamants noirs qui semblent plus durs que les autres : on les nomme diamants de nature; formés de très-petits cristaux, groupés d’une manière irrégulière, ils sont très-réfractaires à la taille. Le diamant n’est cependant pas toujours cristallisé; on le trouve quelquefois à l’état compacte, en rognons irréguliers, grossièrement arrondis. Cette variété de diamant est moins chère que le diamant cristallisé î elle vaut 5 francs le karat ou 23 francs le gramme : on la transforme en poudre pour la taille du diamant cristallisé. Le Muséum de Paris possède un diamant amorphe de 66®®,76 : le plus gros que l'on connaisse atteint le poids de 186s'‘,253.
Le gisement primitif du diamant est encore inconnu : on le trouve disséminé soit dans certains sables provenant de détritus des roches anciennes, soit dans une roche
DU
DU
formée de grains quartzeux peu agglomérés entre eux et qu’on nomme acolumite; mais cette roche elle-même n’est qu’un conglomérat de débris d’autres roches antérieures. En un mot, le diamant n’a pas encore été trouvé à la place où il s’est formé au milieu de sa gangue naturelle ; telle est la cause de l’incertitude où l’on est sur les phénomènes qui ont pu produire sa cristallisation. La difficulté du problème semble accrue, si l’on considère que, par la calcination, le diamant se transforme en coke noir qui ne possède plus les propriétés du diamant primitif et qu’il semble ainsi ne pouvoir s’être formé sous l’influence d’actions ignées. Aussi tous les essais pour obtenir artificiellement cette pierre précieuse ont-ils été infructueux et on ne connaît encore que les diamants naturels. Les premiers furent trouvés aux Indes, dans les royaumes de Visapour et de Golconde ; mais actuellement, ils proviennent presque exclusivement du Brésil et surtout de la province de Minas-Geraes. Il y a environ quinze ans, le diamant a été découvert en Siljérie, dans des sables de l’Oural, qui présentent une grande analogie avec ceux qui sont exploités aux Indes et au Brésil. Au milieu d’une masse de cailloux roulés, le diamant conserve, grâce à sa dureté, à peu près sa forme cristalline ; seulement les angles sont légèrement arrondis. Pour extraire le diamant de ces sables, on les lave dans un courant d’eau ; les particules les plus ténues et les moins denses sont entraînées et il reste un gravier diamantifère qui est trié ensuite à la m.ain.
Les diamants bruts obtenus ainsi sont livrés au commerce pour subir d’abord l’opération de la taille. Les anciens, qui ne connaissaient pas la manière de la pratiquer, employaient cette pierre avec ses facettes naturelles. Ce ne fut que vers le milieu du xv® siècle qu’un artiste de Bruges, nommé Louis de Berquem, eut l’idée d’employer le diamant lui-même pour user et polir ceux qu’on veut conserver et tailler. A cet effets les pierres les plus petites ou les plus défectueuses sont réduites en une poudre qu’on nomme égrisée; cette poussière, mêlée avec de l’huile, sert à enduire la surface d’une plaque d’acier ronde, mobile autour d’un axe vertical et sur laquelle on applique fortement le diamant que l’on veut tailler; on l’use de cette manière et on développe à sa surface les facettes destinées à produire les jeux de lumière les plus remarquables. On a reconnu que les formes les plus appropriées à cet effet étaient celles que l’on désigne sous le nom de taille en brillant détaillé en rose. Par la taille, le diamant perd souvent plus de la moitié de son poids ; mais sa valeur augmente beaucoup. Cette valeur n’est d’ailleurs nullement proportionnelle au poids : elle s’accroît considérablement lorsque ce poids devient un peu grand, à cause de la rareté des diamants volumineux. Les diamants bruts au-dessous de 1 karat valent en lots 48 francs le karat (le karat vaut 0s',205);taillés, ils valent 125 francs. Maisdèsqu’ils atteignent 1 karat, les diamants taillés augmentent rapidement de valeur. Un brillant de
I karat vaut 250 francs; de 2 karats, 800 francs; de 3karats, 1500 francs; de 8 karats, 10 000 francs. Au-dessus de ce poids, les pierres deviennent rares et on n’en connaît que quelques-unes appelées diamants princiers qui dépassent 100 karats. Les principaux sont ; le diamant du Raja de Matau, à Bornéo, qui pèse plus de 300 karats (Gis‘,50); le diamant du Grand Mogol, qui pesait, suivant Tavernier, 279 karats (57S’',195). 11 le compare pour la grosseur à un œuf coupé par le milieu et l’évalue à
II millions de francs. L’Orlow, diamant de l’empereur de Russie, pèse 195 karats (39s',975). 11 est de mauvaise forme et fut acheté 2 millions de francs et 96 OOO-francs de pension viagère. Le Régent, diamant de France, pèse 136 karats (276'', 88); sa belle forme et sa parfaite limpidité le font regarder comme un des plus beaux ; il pesait, avant la taille, 410 karats et fut acheté 2 500000 francs h un Anglais nommé Pitt, par le duc d’Orléans, alors régent. Il est estimé plus du double du prix d’achat. Le Koh-i-noor ou Montagne de Lumière, qui appartient à la reine d’Angleterre et qui a figuré, en 1851, à l’exposition de Londres, pesait alors 186 karats ; mais il était mal taillé et présentait, à part quelques facettes, peu d’éclat ; aussi on a cru devoir le faire tailler de nouveau ; il a actuellement la forme du Régent, mais son poids a diminué d’un tiers environ et n’est plus que de 123 karats. L’Étoile du Sud, qui appartient à M. Halphen, pesait, avant la taille, 254 karats (526®,070), mais cette opération l’a réduit à environ 125 karats ; néanmoins, par son poids, sa belle forme et sa parfaite limpidité, cette pierre se place au rang des quatre ou cinq diamants les plus précieux, Le Sancy, acheté à Constantinople par M. le baron
de Sancy, avait coûté 600 000 francs. Il pesait 56 karats | ou lier, 480; niais il était, en raison de son éclat, considéré comme un des diamants les plus remarquables; il fut perdu en 1793 avec la plupart des diamants de la couronne de France.
Regardé aujourd’hui comme partie essentielle de toute toilette élégante et en même temps d’un prix très-élevé, le diamant est souvent remplacé par des imitations plus ou moins parfaites qui peuvent tromper l’œil jusqu’à un certain point. Mais la densité, c’est-à-dire le poids du diamant, est un caractère que l’on ne peut reproduire, les diamants imités pesant trop peu. L’imitation la plus parfaite du diamant est produite par une sorte de cristal, nommé strass; c’est un verre fort riche en oxyde de plomb et dans la composition duquel on ne fait entrer que des matières premières d’une pureté chimique absolue ; grâce à ces soins, le strass convenablement taillé produit par l’action de la lumière des feux qui se rapprochent de ceux du diamant. Lef.
DIAMÈTRE (Géométrie). — Droite qui passe par le centre d’un cercle et aboutit de part et d’autre à la circonférence. Un diamètre est formé de deux rayons. Tous les diamètres d’un même cercle sont égaux. Le diamètre est la plus grande corde possible qu’on puisse mener dans un cercle.
Tout diamètre perpendiculaire à une corde partage cette corde en deux parties égales, ainsi que les deux arcs qu’elle sous-tend.
Diamètre d’une sphère. — Droite qui passe par le centre d’une sphère, en aboutissant de part et d’autre à la surface. Chaque diamètre vaut deux rayons et par suite, tous les diamètres d’une même sphère sont égaux.
Tout diamètre perpendiculaire au plan d’un petit cercle, passe par le centre de ce cercle et perce la surface en deux points, qui sont les pôles (voyez ce mot) de ce cercle.
Plus généralement on nomme diamètre d’une courbe, ou ligne diamétrale^ le lieu géométrique des milieux d’un système de cordes parallèles. Les diamètres sont des lignes droites dans les courbes du second degré. La notion des diamètres est une généralisation de ce qui a lieu dans le cercle,où tout diamètre divise en deux parties égales les cordes qui lui sont perpendiculaires.
Quand la courbe a un centre^ les diamètres y passent nécessairement. Un diamètre prend le nom d’aæe, quand il est perpendiculaire aux cordes qu’il divise en deux parties égales. Dans le cercle, il y a une infinité d’axes. Dans l’ellipse et l’hyperbole, il n’en existe que deux, lesquels se croisent à angle droit au centre de la courbe. Mais ces courbes ont une infinité de diamètres qui jouissent de la propriété d’être conjugués deux à deux, c’està-dire que chacun divise en parties égales les cordes parallèles à l’autre (voyez Ellipse, Hyperbole).
Diamètre APPARENT d’un astre (Astronomie). — Angle sous lequel, de la terre, on voit cet astre. Cet angle varie avec la distance. Ainsi, le diamètre apparent du soleil à la fin de décembre, au moment du périgée, est de 32'36" ; au commencement de juillet, époque de l’apogée, il est de 31' 31". Le diamètre apparent des étoiles est insensible.
DIANDRIE (Botanique), du grec dis., deux fois, et du génitif andros, époux. — Nom donné par Linné à la deuxième classe de plantes, dans son système sexuel. Elle comprend les végétaux dont les fleurs ont 2 étamines ; tels sont le jasmin, la véronique, le troène. Cette classe peu nombreuse se divise en trois ordres, caractérisés comme on sait par le nombre des pistils : 1“ D. monogame {monos, seul; gunê, épouse) qui n’a qu’un pistil ; 2“ D. digynie, qui a 2 pistils ; 3" D, trigynie., à 3 pistils.
DIANELLE (Botanique), Dianella., Lamk; du nom de la déesse Diane. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées., de la famille des Liliacées., tribu des parage'es., à tige herbacée ou rameuse, feuillage des iris, fleurs disposées en panicules lâches, terminales. La D. bleue (D. cœrulea., Sims.) a les fleurs bleues d’azur et les feuilles linéaires, allongées comme celles des graminées ; sa tige s’élève à 0“,16. La D, divariquée {D. divaricata, Rob. Br.) a des fleurs bleues plus grandes. Ces deux plantes sont originaires de la Nouvelle-Hollande et peuvent se cultiver en serre tempérée.
DIANTHÉES (Botanique). — Nom d’une tribu de plantes ayant pour type le genre OEillet {Diayitnus)^ adoptée par quelques auteurs (voyez j.
DIANTHÜS (Botanique). — Nom latin DIAPALME (Matière médicale). — Nom d du grec dia., avec; eXpalamê., palme, paice q
DÎA
DIA
cicns y faisaient entrer une décoction de feuilles de palmier. il est astringent et résolutif, on l’emploie quelquefois pour nettoyer les plaies; parfois aussi on 1 applique sur les contusions avec ecchymose (voyez ce mot). Il est composé de : emplâtre simple (voyez Emplâtre), G4 parties: sulfate de zinc, dissous dans suffisante quantité d’eau, 2 parties; cire blanche, 4 parties; lorsqu’on le ramollit avec le quart de son poids d’huile d’olive, il prend le nom de cérat de diapalme.
DIAPASON (Physique). — Instrument qui donne le son fixe d’après lequel on accorde tous les autres instruments; se dit aussi pour indiquer l’étendue de la voix ou d’un instrument. Le diapason est formé d’une verge vcourbe dont les deux brandies sont convergentes, et, par
suite, plus voisines vers leurs extrémités que vers leur base. Si l’on introduit entre elles un cylindre de bois un peu plus large que la distance qui sépare les extrémités, en le faisant sortir de force on mettra la verge en vibration et on entendra un son. On peut aussi le mettre en vibration à l’aide d’un archet, comme le montre la figure. On renforce beaucoup celui-ci en disposant l’instrument sur une caisse sonore. La hauteur du son produit ne dépend que des dimensions de la verge et de sa courbure ; il restera donc invariable avec le même appareil, et pourra ainsi servir de type pour accorder les divers instruments d’un orchestre : on l’employait, en effet, autrefois à cet objet. En France le diapason sonnait le la, en Italie Vut.
M. Lissajoux a fait servir le diapason à l’étude optique des mouvements vibratoires. Nous donnerons ici une idée de ces expériences très- originales, et qui ont excité dans le monde savant un légitime intérêt.
On fixe à l’extrémité d’une des branches d’un diapason un petit miroir plan en métal, l’autre branche portant un contre-poids égal, afin que la surcharge soit égale, condition indispensable pour que le diapason vibre facilement et longtemps. On fait tomber sur le miroir un rayon de lumière solaire, qui est reçu par un second miroir et de là renvoyé sur un écran où vient se peindre l’image do l’ouverture par laquelle pénètre le rayon. Si alors on fait vibrer le diapason, l’image se transforme en une ligne allongée qui accuse déjà le mouvement vibratoire. Mais en imprimant au second miroir un mouvement d’oscillation dans un sens perpendiculaire à l’allongement de l’image, on voit celle-ci se transformer en une ligne sinueuse, qui rend ainsi manifeste le mouvement oscillatoire du diapason.
Si l’on emploie deux diapasons, l’un horizontal, l’autre vertical, et portant chacun un petit miroir, en faisant tomber un rayon successivement sur chacun des miroirs, on aura sur l’écran une image de l’ouverture.
Si alors on fait vibrer le diapason horizontal seul, l’image vibre dans ce sens et s’allonge; si l’on fait vibrer le diapason vertical seul, l’image s’allonge dans le sens vertical ; si l’on fait vibrer les deux diapasons à la fois, l’image oscille à la fois dans le sens horizontal et dans le sens vertical : elle décrit en conséquence une courbe plus ou moins compliquée, dont la forme dépend de la tonalit 'i relative des deux diapasons. La production de ces courbes est fort curieuse, et leur étude permet de constater d’une façon aussi nette qu’ingénieuse si les deux
instruments sont parfaitement ou imparfaitement accor dés (voyez Ficüres acoustiques). P. D.
DIAPÉDÈSE (Médecine), du grec dia, à travers ; et peWad, je jaillis. — Maladie dans laquelle le sang sort à travers la peau [sueur de sang). Connue des anciens, et signalée par Lucain dans la Pharsale, avec l’énergie du poète, cette rare maladie a été observée surtout à la suite de violentes secousses morales. C’est un général frappé de l’idée qu’il allait perdre une bataille; une religieuse poursuivie par des brigands; le gouverneur d’une place prise d’assaut, et condamné à perdre la vie, etc. On sait que le malheureux roi Charles IX mourut de cette maladie pendant laquelle son sommeil était troublé par des visions hideuses. Parlant à sa nourrice qui veillait près de son lit, il s’écriait : « Ah ! nourrice, que de sang, et que de meurtres! ah! que j’ai eu un méchant conseil ! O mon Dieu, pardonne-les-moi, et me fais miséricorde, je ne sais où je suis, etc. » (L’Étoile). F — n.
DIAPÈRE (Zoologie), Diaperis, Geoff.; du grec diapeirô, je transperce. — Genre (P Insectes, de l’ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Taxicornes. — Leur nom vient de la forme des antennes composées de disques qui semblent enfilés les uns dans les autres et qui vont en grossissant. Voisins des chrysomèles et de forme ovoïde comme elles, les Diapères, type de la tribu des Diapérales, vivent dans les Champignons dont ils mangent la pulpe. Geoffroy a décrit la D. du bolet [D. boleti, Geof.) que l’on trouve souvent aux environs de Paris, dans les agarics et les bolets près de se décomposer; la larve y vit avec l’insecte parfait.
DIAPHÀNÉITÉ (Physique). — Propriété des corps diaphanes, comme l’eau, le verre, etc., de se laisser traverser par les rayons de lumière. Les corps diaphanes se distinguent des corps simplement translucides en ce qu’ils laissent apercevoir la forme des objets placés derrière eux, ce que ne font pas les derniers, qui dévient dans toutes les directions des rayons qui les ont traversés.
DIAPHORÈSîl (Médecine), du gvee diaphorèsis, transpiration. — On appelle ainsi un état delà peau dans lequel l’exsudation cutanée tient le milieu entre la transpiration naturelle et la sueur; c’est un pliénomène dont l’importance ne doit pas être négligée dans le diagnostic des maladies et dans leur pronostic ; il indique en général une détente favorable dans la période aiguë, et souvent il est provoqué par le médecin au moyen des médicaments dits diaphorétiqves.
DIAPHORÉTIQUES (Médicaments) (Médecine). — Ce sont ceux qui sont employés pour déterminer la diaphorèse, et ils sont pris parmi les sudorifiques peu énergiques (voyez Sudorifiques).
DIAPHRAGMATIQUE (Anatomie). — Qui appartient
diaphragme. Il y a des vaisseaux et des nerfs diaphragmatiques. — Les artères sus-diaphragmat'iques droite et gauche naissent de la mammaire interne; elles forment différentes flexuosités, donnent des ramuscules au péricarde, et se répandent dans les fibres charnues du muscle diaphragme. Les veines sus-diaphragmatiques présentent la même disposition, la droite s’ouvre dans la mammaire interne, la gauche dans la sous-clavière. Les artères sous-diaphragmatiques au nombre de deux, une de chaque côté, naissent de l’aorte abdominale au-dessous du diaphragme ; la droite remonte sur le pilier droit de ce muscle, donne des rameaux au foie, et se divise en plusieurs branches qui pénètrent dans les fibres du muscle; la gauche remonte sur le pilier gauche du diaphragme, fournit quelques branches aux parties voisines, et se ramifie dans la partie aponévro tique et dans les fibres charnues. Les veines sous-diaphragmatiques présentent la même disposition que les artères et se terminent le plus souvent dans la veine cave inférieure. — he'S, nerfs diaphragmatiques en phréniques, aussi au nombre de deux, proviennent de la fin du plexus cervical, ils reçoivent aussi des filets du grand hypoglosse ; ils descendent sur les côtés du cou, pénètrent dans la poitrine entre les artères et les veines sousclavières, et vont se terminer dans le diaphragme dans lequel ils se divisent, en fournissant des filets aux parties voisines. F — N.
DIAPHRAGME (Anatomie), en grec diaphragma, séparation. — Grand muscle membraneux impair, inégalement recourbé dans ses diverses parties, charnu dans sa circonférence, aponévrotique au centre, et transversalement situé entre l’abdomen et la poitrine qu’il sépare l’un de l’autre. Sa forme irrégulière, quoiciu’il soit situe sur la ligne médiane, présente du côté de l’abdomen une voûte elliptique. Sa partie moyenne et postérieure est
DIA
DIA
occupée par une large aponévrose, nommée centre phrénique d’où partent les fibres charnues qui vont s’insérer en divergeant à toute la circonférence de la poitrine. Les postérieures, plus nombreuses et plus longues que les antérieures, se réunissent pour la plupart en deux gros faisceaux ou colonnes charnues qu’on nomme les piliers du diaphragme. Le droit, plus long, s’attache aux quatre premières vertèbres lombaires; le gauche, aux trois premières seulement. Ces deux piliers s’envoient réciproquement un faisceau, d’où résultent deux ouvertures, l’une supérieure ou œsophagienne traversée par l’œsophage et les nerfs pneumogastriques ; l’autre, inférieure ou aortique plus en arrière et à gauche, pour le passage de l’aorte, du canal thoracique et de la veine azygos : une troisième ouverture, située entre les portions moyenne et droite du centre phrénique, donne passage à la veine cave ascendante, c’est Vanneau diaphragmatique de Ghaussier. Par ses contractions, le diaphragme s’abaisse, augmente le diamètre vertical de la poitrine et diminue celui de l’abdomen, permet ainsi aux poumons de se dilater, et devient inspirateur ; il peut être expirateur, par de fortes contractions qui porteraient les côtes en dedans et diminueraient la capacité du thorax. F — N.
Diaphragme (Botanique). — C’est une cloison transversale qui partage une cavité en deux étages, un fruit capsulaire en deux ou. en plusieurs loges.
DIAPRÉE (Prune) (Horiculture). — Variété de prunes dont on a trois sous-variétés : la D. rouge., la D. violette., la D. blanche. La D. rouge {Roche-Carbon) est un- fruit ovoïde, très-gros, d’une couleur rouge-cerise, ferme, succulente, sucrée ; pulpe paie ou blanchâtre, adhérant légèrement au noyau ; elle mûrit .en août ; on en fait de bons pruneaux. La D. violette., un peu moins grosse, d’un violet foncé, pulpe ferme, sucrée, est délicate. La D. blanche est un petit fruit ovale, allongé, vert presque blanc, ferme, pulpe très-sucrée et très-fine; commencement de septembre.
DIAPRUN (Matière médicale). — Nom d’un électuaire, aujourd’hui très-peu usité, dont les pruneaux forment la base ; il y en a deux espèces : le D. simple., composé d’une forte décoction de polypode de chêne, de fleurs de violette, de semences de berbéris et de réglisse, passée, dans laquelle on fait cuire une quantité déterminée de pruneaux ; on y ajoute du sucre, du sirop de coing, du bois de santal, des roses de Provins, des semences de violette et de pourpier : on l’employait comme minoratif. Le D. résolutif se prépare en ajoutant au précédent de la scammonée en poudre. Ce dernier purge bien à la dose de 15 à 30 grammes.
DIARRHÉE (Médecine), du grec diarrhein., couler à travers. — Maladie caractérisée par des déjections alvines fréquentes de matières plus ou moins liquides, dues à l’inflammation de la membrane muqueuse des intestins. Cette maladie, connue aussi sous les noms vulgaires de dévoiement., de cours de ventre, est très-fréquente, surtout chez les enfants et les vieillards. Elle peut être aiguë ou chronique. Les causes de la diarrhée sont des écarts de régime, les aliments malsains, les fruits encore verts ou mangés en trop grande quantité ; des purgatifs trop répétés : l’impression du froid humide, le séjour dans un endroit bas, marécageux, surtout chez les individus lymphatiques, faibles. Chez les enfants le lait mal élaboré d’une nourrice, l’usage prématuré des aliments la déterminent fréquemment
La diarrhée aiguë a pour symptômes des douleurs plus ou moins vives dans le ventre, des gargouillements, l’expulsion de matières fécales jaunes, brunes, peu liquides, une faiblesse générale avec perte de l’appétit. Elle cède au régime seul, si elle est légère, en supprimant les causes qui l’ont produite. Lorsqu’elle est intense, avec douleuret chaleur dans le ventre, altération des traits, sueurs froides, nausées, vomissements, borborygmes, évacuations abondantes, liquides, douleurs au fondement, souvent même avec fièvre, elle doit être traitée par les émollients, l’application des sangsues à l’anus, la diète, les lavements opiacés, des fomentations sur le ventre, hz diarrhée chronique peut succéder à la diarrhée aiguë, ou s’établir insensiblement, ses causes sont les mêmes que celles de la diarrhée aiguë ; elle est due souvent à des lésions organiques de l’intestin : sa durée est indéterminée. Le traitement doit se modifier suivant les circonstances, et on aura recours, suivant les cas, soit aux astringents, soit aux émollients et quelquefois alternativement aux uns et aux autres. Le régime est ici d’une grande importance. La diarrhée accompagne comme symptôme un grand nombre de maladies aiguës et chroniques. F — n.
DIASGORDIÜM (Matière médicale). — Ancien électuaire, très-compliqué, ainsi nommé parce que les feuilles de Scordium (Teucrium scordium. Lin.; vulgairement Germandrée aquatique) entrent dans sa préparation. Outre ces feuilles qui ne sont pas la partie la plus active du médicament, il y entre une foule de substances astringentes, amères, excitantes, narcotiques •, ainsi les semences de berbéris, les roses rouges, les racines de bistorte, de tormentille, de gentiane, le cassia lignea, le gingembre, la cannelle, le dictame de Crète, le styrax calamite, le galbanum, la gomme arabique, le bol d’Arménie, l’opium. Ces différentes substances, réduites en poudre, sont ensuite incorporées dans du miel rosat et du vin d’Espagne. Ce médicament, d’un usage assez fréquent, est employé surtout contre les diarrhées chroniques, il agit comme astringent et sédatif. La dose en est de 2 à 4 grammes donné le soir, délayé dans un peu de vin rouge, ou enveloppé dans du pain à chanter.
DIASPORAMÈTRE (Ph3’sique), diaspora., dispersion; metron, mesure. — Appareil destiné à déterminer expérimentalement l’angle que doit avoir un prisme d’une substance donnée pour achromatiser un prisme d’une autre substance.
On veut achromatiser un prisme de crown avec un prisme de flint. Supposons que l’on ait un prisme de flint dont on puisse faire varier l’angle d’une manière continue entre des limites convenables. On place ce prisme derrière celui que l’on veut achromatiser de manière que les sommets soient tournés en sens inverse, puis on en modifie l’angle jusqu’à ce que l’on voie disparaître toute coloration en regardant à travers le système des deux prismes. Le système est alors achromatique. L’angle du prisme est l’angle cherché.
Le diasporamètre est destiné à fournir un prisme dont l’angle soit variable, et il est construit de manière à permettre d’évaluer facilement à chaque instant la valeur de cet l’angle.
Un des diasporamètres les plus employés est celui de Rochon. En voici le principe : deux prismes rectangulaires égaux appuyés l’un sur l’autre par leur face hypoténuse sont fixés au fond de deux tubes dont l’un est fixé à un disque vertical porté par le pied de l’appareil ; l’autre est fixé à un plateau garni de dents qui peut recevoir un mouvement de rotation sur lui-même au moyen d’un pignon denté. On peut donc faire tourner l’un des prismes sur le second qui reste fixe. Une graduation et un vernier gravés sur le disque fixe et sur le plateau mobile servent à évaluer la rotation.
Les deux prismes peuvent être accolés de façon que leur système forme une plaque à faces parallèles. C’est le zéro de la division correspondant au prisme mobile. A partir de ce point, une rotation de 180" donne lieu à un prisme dont l’angle est le double de celui de chacun des prismes particuliers. Dans une position intermédiaire, l’angle est lui-même compris entre zéro et cette dernière valeur. Une formule trigonométrique permet d’ailleurs de calculer exactement cet angle pour une rotation connue du prisme. Cette rotation se lit sur la graduation des plateaux.
Au moyen des diasporamètres, on a calculé des tables où sont consignés les angles que doivent avoir deux prismes de substance connue pour s’achromatiser mutuellement. Comme la composition des verres fournis par les verriers est sensiblement constante, les opticiens trouvent dans ces tables les nombres dont ils ont besoin sans avoir recours à de nouvelles expériences. L.
DIASPORE (Minéralogie). — Substance pierreuse, classée par Beudant dans son groupe des Âluminides, et qui contient, suivant Vauquelin, 80 p. 100 d’alumine. Elle se présente en masses composées de lames d’une couleur gris jaunâtre, d’un éclat assez vif, faciles à séparer. Lorsqu’on expose un petit fragment de cette substance à la flamme d’une bougie, il pétille au bout de quelques secondes et se disperse en une multitude de petites paillettes nacrées, d’où lui vient son nom du grec diaspora, dispersion (Haüy).
DIaSTASE (Chirurgie), du grec diastasis, séparation. — On a donné ce nom à la séparation, opérée par une violence extérieure, de deux os qui étaient contigus, comme le radius et le cubitus ; le tibia et le péroné. Cette séparation ne peut avoir lieu sans que les liens fibreux qui unissent les os soient rompus en tout ou en partie (voyez Entorse, Luxation).
Diastase (Chimie, Physiologie). — Produit neutre qui se rencontre dans les graines des céréales qui ont éprouve un commencement de germination et aussi dans les jeunes pousses émanées de tubercules contenant unefecule. C est
DIA
DIA
sous l’influence de la diastase agissant comme une sorte de ferment que l’amidon des graines est converti en glucose. Celui-ci représente comme le lait destiné à nourrir la jeune plante pendant le temps où elle n’est pas assez forte pour puiser son alimentation dans le sol et l’atmosphère. C’est sur cette propriété de la diastase qu’est fondé l’emploi de l’orge germée pour la fabrication de la bière. L’amidon de l’orge changé en sucre par l’action de la diastase peut alors éprouver la fermentation alcoolique. Pour l’extraire, on épuise l’orge germée réduite en poudre par l’eau tiède ; on chauffe la dissolution pour coaguler les matières albumineuses mélangées avec la diastase. Il n’y a plus alors qu’à précipiter celle-ci par l’alcool. On l’obtient, après dessiccation, sous la forme d’un corps amorphe, incristallisable, susceptible même à très-faible dose d’opérer la transformation de l’amidon en sucre. La découverte de la diastase est due à MM. Persoz et Payen.
Il existe aussi dans les animaux supérieurs, et en particulier dans l’homme, un agent très-analogue à celui dont il vient d’être question et que l’on a désigné sous le nom ÙQ diastase animale x\\ serait fourni, suivant M. Cl. Bernard, par la muqueuse buccale et ajouté à la salive qui découle des glandes salivaires ; M. Mialhe le regarde au contraire comme propre à la salive; en tout cas, il est incontestable que celle-ci renferme un principe capable desaccharifier les fécules, et qu’il a les mêmes propriétés que celui qu’on rencontre dans l’orge germée (voyez Digestion).
DIASTOLE (Physiologie), du grec dilatation.
— C’est le mouvement de dilatation du cœur dans l’acte de la circulation ; il est opposé à la systole (de systolè, contraction), qui est en effet le mouvement de contraction. Lorsque la systole a complété son action, la diastole commence la sienne par l’expansion, la dilatation des oreillettes qui viennent de se contracter; bientôt le ventricule se dilate aussi et le cœur est en pleine diastole, jusqu’au moment où les oreillettes se contractent de nouveau pendant que les ventricules achèvent de se dilater. Ces mouvements alternatifs constituent les battements , les puisations^ que l’on perçoit par l’ouïe et le toucher. Lorsqu’on applique l’oreille sur la région du cœur, on entend distinctement deux battements ; le premier plus fort, qui heurte la paroi antérieure de la poitrine; on peut l’attribuer à la dilatation des ventricules, dans laquelle la pointe du cœur se relève et en se déjetant vers la gauche, frappe la paroi thoracique, en même temps que le sang, poussé par l’oreillette, vient heurter les parois ventriculaires. Le second bruit se fait entendre un peu plus haut; il est sourd et profond et peut être rapporté au choc du sang qui rentre dans l’oreillette, lors de sa dilatation. Ces deux mouvements successifs répondent à une diastole.
DIATESSARON (Matière médicale), du grec dia^ avec ; tessares^ quatre; parce que ce médicament est composé de quatre substances. — C’est un électuaire composé des racines de gentiane et d’aristoloche ronde, des baies de laurier et de myrrhe, le tout incorporé dans du miel et de l’extrait de genièvre. Cet électuaire, nommé aussi thériaque diatessaron , est peu usité aujourd’hui, ses propriétés sont toniques et excitantes. Il a été recommandé contre les piqûres et les morsures d’animaux venimeux.
DIATHERMANE (Physique), de dia, à travers; thermos, chaleur. — La diathermanéité est la propriété que possèdent certains corps de se laisser traverser par de la chaleur rayonnante. Ces corps sont diathermanes.
Les corps transparents, l’air, le verre, laissent rayonner vers nous en forte proportion la chaleur des sources trèslumineuses telles que le soleil ; mais leur diathermanéité est beaucoup plus faible pour les sources obscures ou seulement peu éclairantes, comme le prouve cette pratique des ouvriers des fonderies, de regarder la matière en fusion à travers une lame de verre.
Mariette et Schéele avaient môme cru reconnaître que le verre ne se laisse pas traverser par la chaleur obscure.
Pictct, Herschell, constatèrent l’élévation de température d’un thermomètre séparé de la source de chaleur par une lame transparente; toutefois, cet effet pouvait être attribué au rayonnement de la lame échauffée. Prévost leva cette objection en se servant d’une lame de glace, ou d’une nappe d’eau, ou d’un disque tournant qui ne pouvaient s’échauffer.
Delaroche mit directement en évidence la diathermanéité pour la chaleur obscure, en constatant que réchauffement du thermomètre était moindre lorsque la face de la lame tournée du côté de la source, était recouverte de noir de fumée, substance qui s’échauffe et rayonne davantage, mais qui est peu diathermane.
Enfin, Melloni fit cesser les derniers doutes, et put mesurer la diathermanéité par l’emploi d’un thermomètre sur lequel l’effet de la chaleur se manifeste instantanément et qui annule ainsi l’erreur due à réchauffement de la lame : c’est la pile thermo-électrique.
Le procédé consiste à mesurer à l’aide de cet instrument l’effet de la chaleur directe, puis celui de la chaleur qui a traversé une lame placée entre la source et la pile, en ayant soin de garantir la lame de réchauffement par des écrans qu’on abaisse au moment d’observer, et de se servir de V impulsion initiale de l’aiguille du galvanomètre (voyez Piles thermo-élegtriqles).
C’est ainsi que Melloni obtint les résultats suivants :
1“ La diathermanéité varie avec la nature de la source : elle diminue avec l’éclat de la source pour les substances transparentes (cependant elle reste à peu près constante pour le sel gemme) ; le contraire peut avoir lieu pour les substances opaques, comme le noir de fumée.
2“ Les substances transparentes, comme les autres, sont inégalement diathermanes, résultat trouvé auparavant par Prévost et Delaroche.
3“ La diathermanéité, comme la transparence, augmente avec le poli des lames.
4*" Elle diminue à mesure que l’épaisseur augmente, ce qui indique une absorption graduelle de la chaleur; il faut excepter le sel gemme qui, quelle que soit son épaisseur, laisse passer tente la chaleur qui n’est pas réfléchie.
50 En interposant une lame d’épaisseur graduellementcroissante, ou plusieurs lames d’égale épaisseur et de môme substance, on reconnaît que le rapport de la chaleur absorbée par une môme épaisseur à la chaleur incidente, diminue à mesure que l’épaisseur déjà traversée augmente, fait reconnu déjà par Delaroche, et que de plus il tend vers une limite fixe.
Ce résultat s’explique par la variation de la diathermanéité avec la nature de la source, c’est-à-dire avec \ espèce de chaleur : un faisceau calorifique naturel contient des rayons très-divers dont les plus absorbables disparaissent de plus en plus jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une chaleur homogène, également absorbable.
Les sources de chaleur étudiées par Melloni étaient donc quelque chose de très-complexe, et pour trouver des lois simples, il fallait expérimenter sur des chaleurs de nature simple. C’est ce qu’ont fait MM. Jamin et Masson :
Ils ont décomposé le faisceau de chaleur par un prisme de sel gemme, la substance la plus diathermane que l’on connaisse. Ils ont ainsi obtenu un spectre composé de deux parties: l’une lumineuse et calorifique, l’autre calorifique et obscure. En plaçant la pile et différentes substances dans les diverses parties du spectre, ils ont reconnu t
1° Que les chaleurs lumineuses ne sont pas absorbées par les substances transparentes incolores; que leur absorption par les verres colorés est égale à l’absorption de la lumière qui les accompagne ; enfin qu’elles sont éteintes en môme temps qu’elle ;
T Que les chaleurs obscures sont partiellement et inégalement absorbées par les corps transparents , et en général d’autant plus qu’elles sont moins réfrangibles, même par le sel gemme ;
3" Que le rapport de la chaleur absorbée par une substance à la chaleur incidente est indépendant du nombre des lames déjà traversées, ce qui est le signe distinctif d’une chaleur simple, en sorte que le rapport de la chaleur transmise par une épaisseur e à la chaleur directe, abstraction faite des réflexions , peut s’exprimer par a^.
Ces résultats conduisent à une conclusion importante : l’identité probable de la cause de la chaleur et de la lumière, puisque dans la partie mixte du spectre, ces effets sont inséparables et sont modifiés d’une manière identique. Quant, à la partie obscure du spectre, son manque de lumière tient à ce que les rayons peu réfrangibles sont absorbés par l’eau, et, par suite, par les humeurs de l’œil, et ne peuvent impressionner l’organe de la vision.
(Ouvrages à consulter : Jowrna/ de Physique^ t. LXXII, LXXV; Annales de chimie et de physique, série, t. LUI, LV, LX ; Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, t. XXXIV ; Mémoires de V Académie des sciences de V Institut, t. XIV ; Cours de physique de V École polytechnique, par M. Jamin.)
On trouvera dans le tableau tuivant les résultats les plus importants dus aux travaux de Melloni ; quelquesuns d’entreeux ont été modifiés par les recherches de la Provostaye et de M. Desains ; mais leur ensemble doit être maintenu. Quant à l’appareil employé par Melloni,
I on le trouvera décrit à l’article Piles thermo-électriques»
DIA
DIC
CHALEUR TRANSMISE PAR QUELQUES SUBSTANCES AVEC LA LAMPE d'ARGAND (meLLONI).
La chaleur directe est représentée par 100.