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HAUTEUR

u-dessus de la suiface de la mer.

DÉPRESSION do l'horizon.

fm^

DÉPRESSOIRE (Chirurgie), deprimere^ abais-

ser. — Instrument dont on se sert après l’opération du trépan pour abaisser la dure-mère et placer entre elle et le crâne un morceau de linge coupé en rond, traversé par lin fil et connu sous le nom de sindon (voyez ce mot). Le dépressoire est une tige de fer montée sur un manche <et terminée par un bouton aplati.

DÉPURATIFS (Médecine), du latin depurare^ purifier, — Médicaments qui passent pour avoir la propriété de détruire ou d’éliminer du sang et des humeurs les matières hétérogènes qui peuvent les altérer. On pourrait dire, à ce point de vue, que presque tous les médicaments sont dépuratifs. Cependant, ce nom a été pins spécialement appliqué aux médicaments amers, diurétiques, sudorifiques qui excitent l’énergie vitale et activent les excrétions; tels que les sucs dépurés de fumeteiTe, de chicorée sauvage, de cresson de fontaine, de cerfeuil, les extraits de houblon, de pissenlit, le vin et le sirop antiscorbutiques, les tisanes de patience, de bardâne, de saponaire, de douce-amère, de pensée sauvage, les bois de gaïac, de sassafras, la salsepareille, la racine de squine, etc.

DÉRIVATIFS, DÉniVATioN (Médecine), du latin derivare^ détourner. — Trop souvent impuissante à guérir directement une maladie, la médecine la combat en provoquant sur un autre point du corps une affection moins grave et le plus souvent passagère, qui, en occupant une partie des forces vitales, les détourne du mal plus grave 'qu’il importe d’entraver. Cette pratique se nomme la médecine dérivative ou par dérivation, et les médicaments employés à cet eflét sont dits dérivatifs ou encore révulsifs. Les vomitifs, les purgatifs sont les agents de la dérivation vers les voies digestives; les sudorifiques, les sinapismes, les vésicatoires, les ventouses, les moxas, les sétons dérivent vers la peau; les émissions sanguines sont des moyens de dérivation plus générale. Un premier principe important â suivre, c’est de ne jamais provoquer l’action dérivative sur un organe plus important que celui qui est primitivement malade. En second lieu, il faut observer tous les signes qui peuvent annoncer une déri- |Vation naturelle vers tel ou tel organe et, si elle n’offre aucun danger, la favoriser aussitôt, car la nature emploie souvent elle-même ce procédé do guérison clans les maladies.

DÉRIVÉES (Analyse mathématique). — La dérivée d’une fonction y = /ce relativement à la variable x dont elle dépend est la limite du rapport de l’accroissement de la fonction à l’accroissement correspondant de la variable. Appelons Acc l’accroissement donné à ce, At/ celui qui en résulte pour y, de telle sorte que l’on ait y -j- A y = f{x-\-^x), et, par suite, ùsy—f{x + \x) — /’cr,

% __ f{x -f Aa.') — fx

ACC Ax

Considérons cette fraction, qui est le rapport des accroissements finis de y et ce. Si l’on y suppose que Acc décroisse indéfiniment, ce rapport tend, en général, vers une certaine limite qu’on nomme la dérivée de la fonction. On la désigne par l’une des notations ij' ou f{x). Donc par définition :

y’ = litn -- = lim ^ ^ f'{x)

* Aa; àjs

Dans le calcul différentiel, cette dérivée est représentée par quotient des deux différentielles dy et dx.

Les accroissements correspondants Acc et ^y de la variable indépendante x et de la fonction y peuvent être positifs ou négatifs; on leur donne cependant toujours le nom d’accroissement, mais il faut se rappeler que ce mot est pris dans un sens algébrique et peut signifier diminution.

Soit la fonction algébrique, rationnelle et entière :

y = Ax^ -1- Bx-^~^ 4- . . . -f Pcc -f Q

Remplaçant x par cc -I- Acc , calculant l’accroissement de y, et divisant par Acc, on trouve :

'^=A{mx^-^ + ...) + -P . . .) -j- . . . + P

où les termes représentés par des points contiennent Acc en facteur; il en résulte qu’à la limite, pour Acc = 0, ces termes disparaissent et l’on a simplement

On remarque que ce nouveau polynôme, qui est la dérivée du polynôme proposé, s’obtient en multipliant chaque terme par l’exposant de x dans ce terme, et diminuant l’exposant d’une unité. Gomme cas particulier, la dérivée de cc est 1.

On définit quelquefois en algèbre le polynôme dérivé comme étant le coefficient de la première puissance de h dans le développement du polynône où l’on remplacerait X par CC + /?. Il est facile de reconnaître que cola a lieu effectivement. La définition de la dérivée, donnée plus haut, n’est donc pas contradictoire avec celle qu^on donne en algèbre, mais elle est beaucoup plus générale et s’applique à une fonction quelconque.

Une dérivée étant connue, on peut se proposer de retrouver la fonction primitive, c’est-à-dire la fonction dont elle est la dérivée. Cette recherche, qui est l’objet du calcul intégral, n’est pas susceptible d’une solution générale, tandis que, quelle que soit une fonction donnée, on en peut toujours obtenir la dérivée. On peut, en partant de cette définition, déterminer la dérivée des fonctions simples employées dans T’analyse ; ainsi, par exemple î

y = sin X y' — cos x log e

2/ = log æ y' — ~—

log a log e

. . . etc.

Nous renvoyons le lecteur, pour la théorie des dérivées, aux différent^ traités de calcul différentiel et d’algèbre, et pour les applications, aux articles Tangentes, Maximum, Calcul différentiel. E. R.

DERMANYSSE (Zoologie), Dermanysius , du grec derma, peau, et nussô,]Q pique. — Genre (V Arachnides ^ de l’ordre des Arach7iides trachéennes , famille des Holètres, tribu des Acarides, établi, par Dugès, aux dépens des Acarus des auteurs. Les mites { acarus) réunies dans ce genre ont le corps mou, les pieds antérieurs longs, une bouche conformée pour sucer. On en compte cinq espèces : la plupart se nourrissent du sang des animaux. Le D. des oiseaux {D. aviurn, Dugès), qui vit en grandes réunions dans les cavités des cannes creuses employées comme bâtons dans les cages et qui, la nuit, sans doute, va sucer le sang des oiseaux endormis ; ce sang dont on les trouve gorgés les colore en rouge, ou en brun.

DERMATOLOGIE ( Anatomie , Médecine ), , du grec derma, peau, et logos, science. — Histoire scientifique de la peau à l’état sain et à l’état malade (voyez Peau).

DERMATOSES (Médecine), du grec derma, peau. — Nom récemment adopté pour désigner d’une manière générale les maladies de la peau (voyez ce mot).

DERME (Anatomie), du grec deimia, peau. — Couche fibreuse essentielle de la peau (voyez Peau).

DERMESTE (Zoologie), Dermestes, Latr. ; du grev derméstés, ver qui ronge les peaux. — Genre à' Insectes^ de l’ordre des Coléoptèixs, section des Pentamères, famille des Clavicomes , tribu des Dermestins. Us ont des antennes de 1 1 articles , dont les trois deniers forment une sorte de massue perfoliée ; la tôle globuleuse, petite et inclinée ; corps ovalaire, épais, convexe

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et arrondi en dessus; mandibules courtes, peu arquées; palpes très-courtes, filiformes. On en connaît dix-neuf à vingt espèces répandues dans toutes les parties du globe. A l’état parfait, les dermestes ne méritent en rien leur nom, car ils vivent sur les fleurs, et les femelles seules recherchent des matières animales sèches ou putrides pour y déposer leurs œufs. Mais les larves qui naissent de ces œufs ont surtout attiré l’attention par les dégâts qu’elles commettent chez les fourreurs, dans les galeries d’histoire naturelle. Ces larves, quelles que soient leurs espèces, vivent toutes d’une façon analogue dans les magasins de pelleteries, dans les voiries, les garde-manger, les boutiques des charcutiers, des bouchers, sur les cadavres abandonnés à la surface du sol, partout en un mot où elles peuvent trouver des tissus animaux fibreux et tendineux. Elles appartiennent à cette catégorie nombreuse d’animaux de tous genres créés pour détruire les dépouilles animales dont la putréfaction pourrait devenir un danger. Ces larves sont des vers couverts dépolis brunâtres très-peu serrés, formant une touffe â l’extrémité postérieure du corps; elles ont 3 paires de pattes cornées, et leurs mandibules sont fortes et tranchantes pour entamer les substances coriaces et résistantes qu’elles dévorent. C’est principalement contre ces larves que sont dirigés les divers moyens préservatifs employés par les taxidermistes, les pelletiers et fourreurs et les conservateurs de collections d’animaux séchés ou empaillés. Dans le genre Dermeste, l’espèce la plus vulgaire est le ü. du lard [D. lardarius, Fab.), long de 0“, 008, noir, avec la base des étuis cendrée et ponctuée de noir ; il est très-commun dans les boutiques mal tenues de charcuterie. Beaucoup d’insectes dont les larves ont des habitudes analogues ont été désignés sous le nom de dermestes et appartiennent réellement aux genres A ttagène, Nécrophore, Ndidule, Sphéridie, etc. F. L.

DÉROCHAGE (Technologie). — Ce mot est souvent pris comme synonyme de décapage (voyez ce mot), bien qu’il ait réellement une signification plus restreinte. Il doit s’entendre de l’opération qui consiste à enlever les corps gras et les oxydes à la surface des métaux ou des alliages, mais sans entamer le métal principal. On ne

les ar-

, , un

léger dérochage. Si le cuivre de ces alliages précieux est oxydé, on enduit de borax (borate de soude), on chauffe, et ce fondant entraîne l’oxyde sans altérer le métal. De mêrne on déroche au borax les surfaces de tôle qu’on veut souder. C’est surtout pour la préparation des pièces de la dorure ou de l’argenture électro-chimique (voyez ces mots) qu’on distingue le dérochage du décapage. On qlace les alliages cuivreux dans une bassine de fonte qu’on ^ porte au rouge, afin de carboniser les matières organiques. Puis on les projette dans de l’eau acidulée sulfurique, à 12° B. environ, qui dissout les oxydes sans attaquer le cuivre. On enlève ensuite à la brosse ou à la sciure chaude les parcelles carbonisées qui pourraient adhérer. Les pièces sont alors rouges, même le laiton, car le zinc est enlevé à la surface. C’est ensuite que vient le décapage proprement dit, où Von attaque le cuivre par l’eau forte, puis par le mélange d’acidè azotique du commerce (eau forte) et d’acide sulfurique (vitriol), avec un j^u de sel marin, ce qui forme une légère eau régale.

DÉROCHER (Technologie). — Opérer le dérochage (voyez ce mot).

Fig. 767. — Deimeste du lard, double de sa longueur naturelle.

DESCENTE (Médecine). — Nom vulgaire donné aux hernies crurales et inguinales (voyez Hernie).

DESCRIPTIVE (Géométrie). — Science d’application qui a pour but de représenter les corps par des figures tracées sur un seul plan, tel qu’une feuille depapier. Une figure plane peut être représentée sur une surface plane, sans que les proportions de ses parties soient altérées; les lignes doubles, triples, etc., les unes des autres dans l’objet, sont aussi doubles, triples, etc., les unes des autres, dans la représentation de cet objet.

Mais il n’en est pas de même d’un corps ayant longueur, largeur et hauteur ; sa représentation sur une surface plane, qui n’a que longueur et largeur, est nécessairement altérée. Et cependant, dans la pratique, toutes les questions de géométrie à trois dimensions exigent, pour être résolues, que les constructions en relief.

nécessaires pour les résoudre, soient remplacées par desimples constructions sur des plans, équivalentes, et pouvant en définitive conduire aux mômes résultats. Ce n’est pas avec une vue perspective d’une maison, semblable à celle du dessin d’un paysage, qu’un entrepreneur pourrait construire.

En créant la géométrie descriptive, Monge a donné des moyens généraux d’opérer toujours cette transformation : à Faide d’un très-petit nombre de problèmes généraux, invariables, résolus une fois pour toutes par des constructions uniformes, on résout toutes les questions de géométrie auxquelles peuvent donner lieu les arts de construction, la coupe des pierres, la charpente, la perspective, la fortification, le dessin des macliines, etc. La géométrie descriptive est donc la théorie des arts géométriques : «C’est, a dit Monge lui-même, une langue nécessaire à l’homme de génie qui conçoit un projet, à ceux qui doivent en diriger l’exécution, et aux artistes qui doivent eux-mêmes en exécuter les différentes parties. »

Essayons de donner une idée de ces précieuses méthodes. Tout corps est un assemblage de points matériels» Voyons d’abord comment la position d’un de ces pointsdans l’espace sera remplacée par des constructions sur une feuille de papier.

Sv.pposez que ce point tombe sur une face plane et de niveau (horizontale), un plancher, par exemple, il décrit en tombant une droite (verticale), perpendiculaire au plan, et rencontre celui-ci en un point. Ce point s’appelle la projection (de projicere.^ jeter) du point sur le plan horizontal, ou simplement sa projection horizontale. La verticale qu’il a décrite s’appelle ligne projetante. Le plan s’appelle le plan horizontal de projection, jo/nw par terre ou simplement Plan.

Si vous aviez la longueur de la ligne projetante et la projection horizontale, vous retrouveriez facilement le point. Si de ce point vous menez aussi une perpendiculaire sur un antre plan perpendiculaire au premier, vertical par conséquent, ou d’aplomb, la surface d’un mur bien uni, par exemple, le point où la perpendiculaire rencontre le mur sera la projection verticale à\x point du corps, la perpendiculaire sera une ligne projetante horizontale et le plan, le plan vertical de projection ou encore V élévation. La ligne d’intersection des deux plans, du mur et du plancher, s’appelle

On peut réaliser cette disposition en pliant une feuille de papier en deux parties, l’une verticale et l’autre horizontale^ comme le montre la figure.

Si, connaissant les projections verticale et horizontale,, vous menez par ces projections des perpendiculaires aux plans de projection, vous retrouverez le point du corps à leur rencontre.

Donc, en général, on peut se représenter la position du point dans l’espace, d’après les positioiif de ses projections.

H y a plus : rabattez la position verticale de la feuille de papier, d’avant en arrière, sur la portion horizontale, les projections se trouveront alors tontes deux sur le même plan, la projection verticale au-dessus de la ligne de terre, la projection horizontale au-de-^sous. Il en sera de même pour tous les autres points du corps. Ainsi, dans le dessin, qu’on nomme épure, il y a une ligne de terre, et des projections horizontales et verticales, et si vous voulez vous représenter la position des points dans l’espace, il vous faudra relever, par la pensée, le plan vertical autour de la ligne de terre comme charnière, et vous figurer toutes les lignes projetantes, les points matériels se trouvent à leurs extrémités.

Ces lignes projetantes existent sur l’épure, puisque ce sont les distances mêmes des projections à la ligne de terre. A l’aide de notations particulières, on peut lire une épure comme on lirait un livre.

Ainsi on voit dans la figure 769 le plan horizontal de projection HH'T, le plan vertical VV'T et leur intersection ou ligne de terre LT; a et a' sont les projections horizontale et verticale du point A. Pour ramener le tout sur un plan unique, on suppose que le plan horizontal HH’ tourne autour de LT pour se rabattre et devenir

Fig. 76S. — Plans de projection.

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le prolongement du plan vertical VV' avec lequel il ne fait plus qu’un seul et môme plan W'/ih'. Dans ce mouvement, le plan horizontal aura décrit un quart de circonférence; par conséquent, la projection horizontale a'

Fig. 769 — Rabatleraent des plans de projection. Fig. 770.

sera venue en a", a" b étant égal à a' b, et, de plus, on voit que, dans le plan unique, ba’' devient le prolongement de ba. C’est donc sur le plan unique VV'HH' ifig. 770) que représente la feuille de dessin et les deux plans de projection dans leurs dimensions réelles que l'on trace effectivement toutes les constructions que l’on est censé faire dans l’espace.

Puisqu’une ligne n’est autre chose qu’une suite de points, on pourra se représenter toute ligne de l’espace, quand on connaîtra sur l’épure les projections de chacun de ces points; mais il n’est pas toujours nécessaire d’avoir toutes ces projections. Ainsi, les projections d’une droite sont déterm'inées, quand on connaît seulement les projections de deux points de la droite.

^ Comme un plan est une surface indéfinie, les projections de ses points recouvriraient les plans de projection ; on le représente plus commodément par ses intersections avec les plans de projection, puisqu’un plan est déterminé quand on connaît deux droites par lesquelles il passe.

Pour représenter des surfaces courbes, il faut que ces surfaces puissent être définies rigoureusement ; une surface est définie rigoureusement en géométrie descriptive, quand elle peut être regardée comme engendrée par une courbe qui se meut et qui, dans son mouvement, est assujettie à certaines conditions ou lois qui caractérisent le mode de génération de chaque surface.

Pour remplacer les constructions en relief par une épure, il faut donc connaître le mode de génération des surfaces. Les surfaces cylindriques et coniques sont trèsemployées dans les arts : il est très-important, dans la pratique, d’apprendre à obtenir sur le papier tous les éléments nécessaires, soit pour les construire dans des conditions données, soit pour déterminer leurs sections par des plans ou leurs intersections entre elles. Les pénétrations des surfaces cylindriques ont de nombreuses applications dans la coupe des pierres, dans les tuyaux de poêles et les embranchements des conduites d’eau. Sans entrer dans des détails qu’il faut étudier dans les traités spéciaux, nous ferons seulement remarquer que lorsqu’une ligne est parallèle à l’un des plans de projection, la ligne se projette évidemment sur ce plan en vraie grandeur, de sorte que la courbe elle-même se trouve sur l’épure.

Si, ce qui arrive le plus souvent, cette condition particulière n’a pas lieu, on comprend pourtant qu’on puisse la réaliser, soit en changeant de plans de projection, soit en faisant tourner le système des données de la question autour de certains axes convenablement choisis. On pourra ainsi arriver à une position particulière pour les données, telle que la résolution de la question en ressorte immédiatement. La géométrie descriptive donne des méiliodes générales pour ces changements de plans ou ces mouvements de rotation. Ces méthodes sont précieuses surtout en ce qu’elles forcent à se représenter les données géométriques aans l’espace et habituent ainsi l’esprit à ne pas séparer la réalité en relief du dessin qui la définit sur les plans de projection. C’est ainsi que, indé-

pendamment de sa haute utilité industrielle pour imprimer aux arts géométriques le caractère de précision et de rationnalité nécessaire à leurs progrès, la géométrie descriptive possède une propriété philosophique très-importante au point de vue de l’éducation, car, en habituant à considérer dans l’espace des systèmes de formes géométriques quelquefois très-composées, et à suivre exactement leur correspondance continuelle avec les figures tracées sur l’épure, elle exerce d’une manière sûre et précise V imagination, qui consiste véritablement à se représenter nettement et avec facilité, un vaste ensemble d’objets fictifs, comme s’ils étaient réellement sous nos yeux.

Pour l’étude de la géométrie descriptive, on peut consulter surtout les ouvrages de M. Olivier. L.

DÉSINFECTION (Chimie, Hygiène). — La désinfection, qui est si importante au point de vue de l’hygiène, doit se proposer deux buts : prévenir l’infection, la détruire quand elle existe. La ventilation est souvent un moyen suffisant lorsqu’il s’agit d’une cause constante d’infection, comme dans le cas des usines où l’on blanchit la soie ou la laine par l’acide sulfureux ou bien des ateliers de dorure au mercure, ou enfin des lieux où sont réunis un grand nombre de personnes, comme dans les amphithéâtres, les salles de spectacle, etc. On doit à D’arcet des travaux remarquables sur ce mode de purification de l’air, qui est le premier préservatif à employer. Les gaz méphitiques sont en général aspirés par une cheminée présentant un bon tirage, et de là ils se déversent dans l’air à une grande hauteur, (Voyez Ventilation). On a recours aussi aux actions chimiques pour détruire l’infection ; le corps principalement employé est le chlore proposé par Halley dès 1785, puis, par Fourcroy et Thénard, et surtout Guyton-Morveau qui inventa un appareil à cet effet. Les gaz putrides et délétères contiennent en général de l’hydrogène dont le chlore est très-avide ; il y a donc destruction de ces gaz malsains, qui cèdent leur hydrogène au chlore. Une recommandation de Thénard, qui a une grande importance et que l’on devrait suivre plus souvent, c’est que si l’on est obligé de respirer pendant longtemps un air malfaisant comme celui d’un marais ou d’un fossé fétide, il est utile de se laver de temps en temps les mains avec une dissolution de chlore ; il en résulte ainsi une émanation de ce gaz qui dure plusieurs heures et est d’autant plus efficace que l’on a l’habitude d’approcher les mains de la figure. Le chlore dégagé dans un appartement récemment peint, le débarrasse de toute odeur au bout d’un à deux jours. Il est mal commode d’employer le chlore à l’état de gaz ou de dissolution. Masuyer indiqua en i807 l’emploi du chlorure de chaux, puis, en 1822, Labarraque en recommanda de nouveau l’emploi dans un mémoire qui fut couronné par la Société d’encouragement ; la dissolution du chlorure de chaux dans 150 à 200 parties d’eau est désignée sous le nom de liqueur de Labarraque. La cause la plus constante d’infection qui existe chez les particuliers, est la présence des fosses d’aisances. Dans les grandes villes surtout, on doit prendre des précautions à cet égard. Au moment des vidanges, on désintecte la fosse, il serait mieux de faire chaque jour ce que l’on ne fait en général qu’au dernier moment, seulement les désinfectants qu’il faut employer ne doivent pas empêcher les déjections de servir pour l’agriculture, pour qui elles sont une ressource que l’on n’utilise malheureusement pas assez. M. Siret propose de jeter chaque jour dans les fosses une poudre qui est un mélange de sulfate de fer, plâtre, goudron, charbon de bois, chaux vive ; la dépense est de I centime par jour et par individu. Le chlore, le sulfate de fer agissent chimiquement; le charbon paraît avoir une action différente et qui n’en est pas moins énergique. Elle fut découverte en i790, par Lowitz. En faisant bouillir avec du charbon, de la viande, dont la putréfaction commence, cette viande est assainie et peut être mangée. L’eau croupie, filtrée sur du charbon, perd son odeur et sa saveur ; elle devient bonne à boire, pourvu que l’on ait eu soin de l’aérer. L’eau douce, conservée en mer, doit être gardée dans des tonneaux dont les douves sont charbonnées intérieurement. La viande, le poisson, restent longtemps sans s’altérer, quand on a le soin de les entourer de charbon. Ce corps est employé en médecine pour désinfecter les ulcères et les plaies gangreneuses. On a appliqué depuis peu le coaltar à ce dernier usage ; ce sont MM. Corne et Demeaux qui ont fait en 1859 cette belle découverte. Reste enfin à dire que les gaz asphyxiants qui se dégagent des liquides en fermentation et quelquefois au fond de caves ou de puits, peuvent être détruits par de la chaux en suspension dans l’eau ou môme peuvent être absorbés par du charbon de bois que

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Ton apporte bien allumé, qui s’éteint au sein du gaz et l’absorbe dans ses pores. H. G.

DESMAN (Zoologie), Mygale^ Cuv. — Genre de Mammifères, de l’ordre des Carnassie^'s^ famille des Insectivores ; avec les formes générales des musaraignes, ils ont le museau prolongé en forme de trompe, une queue écailleuse, aplatie latéralement et les doigts des extrémités unis par une palmature. Ce sont^ en conséquence, des insectivores aquatiques; ils vivent le long des ruisseaux, à peu près A la manière de nos rats d’eau. Les deux espèces connues répandent une forte odeur de musc due à une humeur sécrétée à la base de leur queue. Le D. de Moscovie ou Rat musqué de Sibérie (il/, moscovita, Cuv.), a 0'“,40 de longueur du bout du nez à celui de la queue ; il a été bien décrit par Pallas, qui l’a surtout trouvé dans l’ouest de la Russie. Une autre espèce se trouve le long des ruisseaux du pied des Pyrénées, sur leur versant septentrional et en particulier aux environs de Tarbes, c’est le D. des Pyrénées {M . pyrenoïca, Geoflf.), qui n’a guère que 0“,î5 de longueur totale, la queue plus longue que le corps.

DESMAJNTHE (Botanique), Desmanthus, Willd. ; du grec desmos^ lien, faisceau, et anthos, fleur. — Genre de plantes Dicotylédones dialy pétales périgynes, classe des Légumineuses, famille des Mimosées, à tige ligneuse ou herbacée, feuilles alternes, fleurs en épis; 5 pétales égaux ; 10 ou 5 étamines saillantes; gousse à une seule loge, linéaire, sèche, s’ouvrant en 2 valves et renfermant plusieurs graines. Le /). effilé (D. Willd.), origi-

naire de l’Orient, est un petit sous-arbrisseau d’environ ] mètre, à fleurs jaunes groupées en épis capitules. Le D. à petite gousse (D. brachylobus, Benth.), de l’Amérique septentrionale, est une herbe vivace, à fleurs blanches. Ces deux plantes se cultivent en serre chaude.

DESMIDIE (Botanique), Desmidia, Agardh ; du grec desmos, lien, chaîne, et eidos, apparence. — Genre de plantes Cryptogames amphigèms, de la classe des Algues, type de la tribu des Desmidiées. Il comprend des algues formées de filaments prismatiques triangulaires, verts, assez roides, résultant d’une série de corpuscules anguleux qui, en se séparant de la plante mère, se développent en une nouvelle desmidie. La D. de Swartz [D. Swartzii,’ kg.) est la plus commune des espèces du genre. Elle habite les eaux douces des étangs ; on en trouve aussi dans les marais tourbeux. Ses filaments sont d’un beau vert.

DESOBSTRUANTS, Désopilants, Désopilatifs (Médicaments) (Médecine). — On nomme ainsi des médicaments qui ont la réputation de combattre avec succès les obstructions, les embarras qui se forment dans les viscères, etc., de rétablir le. cours du sang et de la lymphe. Les idées que représentent ces médicaments et les aftections vagues et mal définies qu’ils sont destinés à combattre, n’ont plus guère cours dans la science ; il en sera dit quelques mots à l’article Obstruction.

DÉSOXYDATION (Chimie). — Voyez Réduction.

DESQUAMATION (Médecine), du latin squama , écaille, et de, privatif. — Exfoliation de l’épiderme qui se détache de la surface de la peau sous forme d’écailles ou de lamelles plus ou moins grandes. La desquamation a lieu dans une multitude de circonstances ; ainsi après l’action d’un vésicatoire, à la suite d’un érysipèle, souvent dans les convalescences des maladies graves et surtout à la fin des maladies éruptives, comme la rougeole, la scarlatine, et dans quelques maladies chroniques de la peau, telles que la teigne, les dartres furfuracées, squammeuses, etc.

DESSÈCHEMENT des marais (Hygiène, Agriculture). — Si le dessèchement des marais est une question impor-. tante pour l’agriculture, à laquelle il rend des terres fertiles, il n’est pas d’un intérêt moindre au point de vue de l’hygiène publique et de la santé des populations. Aucune cause n’agit avec autant d’énergie que l’existence des marais, des étangs, des terrains bas et marécageux, etc., pour la production de ces grandes épidémies qui désolent l’humanité ; ainsi la peste n’a-t-elle pas pour berceau ces plages basses et inondées du Nil, où les vents du sud, soufflant pendant une cinquantaine de jours, vers l’équinoxe du printemps, se chargent des émanations putrides s’exhalant des substances animales et végétales que cette chaleur décompose dans les lacs formés par la retraite des eaux du fleuve ? (Larrey, Description de VÈgypte ou Recueil d’observations, etc. Paris, 1812, XIV® mémoire). Et la fièvre jaune, cette plaie des Antilles et de tout le nouveau monde, dont le foye. d’infection siégeant vers les embouchures des grands fleu-

ves, THudson, la Delaware, le Mississipi, laPlata, sur les rivages marécageux de la Martinique, delà Vera-Cruz, dont elle décime les populations, exerce encore ses ravages dans les contrées voisines, soumises aux mêmes causes? Comment oublierait-on ce terrible choléra qui, parti du Delta du Gange, sa patrie, a, dans l’espace de quelques années, empoisonné l’univers entier, sévissant principalement dans les régions basses et marécageuses? On ne cite ici que quelques-unes des localités les plus remarquables. Les marais Pontins en Italie ; en France, les vallées marécageuses et les étangs de la Sologne, d’une partie de la Bresse, du Berry, du Forez, de la Charente, etc., dont l’insalubrité est proverbiale et tient justement à ccs causes signalées plus haut, sont autant d’arguments en faveur de la nécessité de procéder le plus qu’il est possible au dessèchement des marais. Trop peu suivis en France malgré les ordonnances de Henri IV, de Louis XIV et des gouvernements qui se sont succédé, les travaux de dessèchement déjà commencés sous le premier empire ont pris sous le nouveau gouvernement impérial un développement plus considérable, surtout en Sologne. Mais si ces travaux offrent pour l’avenir une utilité incontestable, on ne doit pas dissimuler qu’ils sont un danger réel pour ceux qui se livrent à ces périlleuses et utiles occupations ; c’est donc ici que l’on doit redoubler d’activité dans la pratique de toutes les règles de l’hygiène, puisque les ouvriers qui y sont employés sont soumis de la manière la plus immédiate à l’action des miasmes délétères. 1° On devra choisir de préférence Thiver et le commencement du printemps pour entreprendre les dessèchements, la température n’étant pas assez élevée pour favoriser la putréfaction des substances animales et végétales, sources des miasmes qui se dégagent. 2° Les ouvriers devront porter des vêtements propres à les préserver de l’humidité infecte au milieu de laquelle ils sont plongés. Ils devront être chaussés de longues bottes allant jusqu’aux cuisses. 3® On aura soin d’entretenir de distance en distance des feux pour corriger l’atmosphère, et permettre aux hommes de se réchauffer, de se sécher et de prendre leurs repas commodément. 4® Chaque ouvrier devra être pourvu d’un flacon d’acide acétique ou de quelque substance fortement aromatique. 5" Le régime alimentaire devra se composer de substances nutritives sous un petit volume, la viande, les œufs, etc. Le vin et ■ l’eau-de-vie leur seront distribués, mais avec modération. 6° Les ouvriers devront coucher le plus possible dans un endroit élevé, mais toujours éloigné des marais. En quittant l’ouvrage le soir, ils, changeront de vêtements et les feront sécher. Il sera bon aussi qu’ils se lavent avec de l’eau vinaigrée ; dans tous les cas, la propreté la plus scrupuleuse est de rigueur.

Tout n’est pas dit pour la santé publique lorsque, le dessèchement opéré, ces terres nouvelles sont livrées à l’agriculteur ; les mêmes causes amènent les mômes effets etles miasmes délétères continuent à se dégager à mesure que l’on remue cette terre parles labours, c’est dire qu’il faut continuer pour l’ouvrierles soins hygiéniques indiqués plus haut, et ces soins devront être continués pendant un temps plus ou moins long, suivant la nature du sol, le degré d’humidité ou de sécheresse de la contrée, etc.

En général, les terres provenant du dessèchement des marais sont d’une grande fertilité, elles doivent pourtant être examinées avec soin parle cultivateui*, parce qu’elles reposent le plus souvent sur un sous-sol argilo-siliceux imperméable, qui demande quelquefois de nouveaux travaux à’ assainissement , tels que fossés, pierrées, laboura profonds, drainage, etc. (voyez ces mots et ceux de Sol, Amendement).

Quant aux travaux de dessèchement et aux grandes opérations de ce genre, voyez Drainage, Eaux [Epuisement des). Irrigation.

On consultera ; Rapport sur les marais Pontins, par de Prony, — Mémoire sur V assainissement des étangs, par M. Barré de Saint-Venant. — Considérations sur le dessèchement des terrains marécageux, par L. 'de Bellegarde. Bordeaux, 1853. F — n.

DESSIGCATIFS (Médecine), du latin dessiccare, dessécher. — Médicaments qui, selon l’expression vulgaire, tendent à faire sécher les plaies. Les uns, comme la poudre de lycopode, la charpie sèche, le coaltar, absorbent le pus à mesure qu’il se produit et préviennent l’irritation qui résulte de sou libre séjour dans la plaie; les autres agissent en môme temps sur les tissus malaac-) en leur rendant de l’énergie vitale; tels sont la pou re détail, la charpie imbibée de teinture de quinquina o de chloruie de chaux, etc.

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