‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 279 sur 385 · DUA · texte numérisé non relu

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y ouvre une série de tranchées très-étroites, profondes de l“,20 environ, et l’on place au fond de ces tranchées des tuyaux en poterie placés bout à bout l’un à la suite

Fij. 803. — Tuiles à drainage en terre cuite, placées sur une semelle en ° " terre cuite et formant canal d’ecoulement (1).

de l’autre, puis on recouvre au fur et à mesure en rejetant dans la tranchée la terre qui en provient. Ces

tuyaux forment dans

Fig, 804. — Coupe verticale d’un drain formé de tuiles et de semelles (2).

chaque rigole un conduit continu qui communique avec d’autres tuyaux des rigoles voisines et enfin va déboucher à l’air libre, au point le plus rapproché de chaque système de rigoles. Les extrémités des tuyaux placés bout à bout sont simplement juxtaposées et leursjoints laissent un vide par lequel s’infiltre l’eau surabondante qui imbibe le sol ; cette eau ainsi recueillie dans chaque tuyau s’écoule peu à peu selon la pente générale de la rigole et est déversée de proche en proche par l’extrémité la plus

basse où s'ouvre le système de drainage.

Un drain ne saurait être trop long sans risquer de se rompre verssa partie la plus basse, pour peu que la pente Boit un peu rapide et que l’eau s’y accumule. Aussi évite-

Fig. 805 Tuyaux de drainage en terre cuite

t-on de donner à un drain ordinaire une longueur qui excède 300 mètres, et pour limiter ainsi les drains parallèles qui se trouvent sur une même pente, on les

dans un drain collecteur de deuxième ordre plus large que le premier, et ainsi de suite selon la disposition et le relief du terrain. Le plan ci-joint [fig. 807) fera comprendre ces divers systèmes de drains ; «B est un drain conducteur ou collecteur de second ordre placé à la partie la plus basse du champ; en nCé/, les drains descendent le long de la pente du terrain dans ce drain collecteur. Mais en /‘G existe une dépression au fond de laquelle on a dû établir un drain collecteur de premier ordre auquel se rendent le long des pentes K et I des drains ordinaires parallèles.' Une autre dépression en HI a exigé l’établissement d’un autre drain collecteur. Quant au drain c/e, il a pour„objet de recueillir les eaux venues des terres situées au-dessus du champ drainé, pour les empêcher de s’infiltrer dans les terres de ce champ. La distance que l’on doit laisser entre les drains et la profondeur où

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Fig. 8U6. — Plan du drain ige complet d’une terre.

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coupe par un drain transversal de plus grandes dimensions nommé drain conducteur ou collecteur, qui peut être plus long, pourvu qu’il aille en s’élargissant vers sa partie inférieure, et sur lequel les drains ordinaires, pour mieux verser leurs eaux, doivent arriver à angle aigu. Le drain collecteur pourra se rendre à son tour

(1) A, B, tuiles courbes, — E, D, G, semelle ou surface d’écoulement.

i2) A, tranche de gazon.— B, terre divisée.— G, terre plus ténue.

(3) A tuyau ovoïde employé d'abord pour remplacer économiquemeut la tuile et sa semelle. — B, tuyau cylindrique de û“»,03 de diamètre, employé aujourd’hui, dans les circonstances ordinaires.

que l'on doit laisser entre les drains et la profondeur où on doit les placer dépendent de la perméabilité du sol ; plus rapprochés dans les sols peu perméables, ils doivent aussi y être moins profonds. A cet égard, en Angleterre, M. Smith, de Deanston (Écosse), recommande, dans les conditions les plus ordinaires, des drains espacés de 6 à 8 mètres et placés seulement à 0"*,80 au-dessous du sol; M. Josiah Parkes, au contraire, veut que les drains soient distants de |3 à 20 mètres les uns des autres et enfouis à 1“,50 environ. En France, on paraît regarder comme une profondeur convenable 0“,90 à i“,.30, et les limites extrêmes d’écartement seraient 7 et 20 mètres, ‘un écartement de 1 0 à 11 mètres est très-convenable pour les terres fortes de France. Quant à la pente à donner aux drains, elle dépend de celle du terrain ; l’eau s’écoulant mieux dans les tuyaux que dans les drains empierrés, if suffit, à la rigueur, de donner aux premiers une pente de 0'",002 à 0™,001 par mètre ; mais, pour les seconds, la pente ne doit pas être inférieure à 0'",005 . Une pente trop considérable provoque la détérioration des drains I ar les eaux qui s’y écoulent. Les tuyaux de drainage ne doivent pas avoir moins de 0'",03 de diamètre ; mais on en emploie de plus larges (jusqu’à 0™,20 de diamètre; lorsque l’exige la quantité d’eau qu’ils ont à recueillir. La longueur des tuyaux varie de 0“,30 à 0™,40 et l’épaisseur de leurs parois de 0™,01 un moins.

Le drainage convient surtout aux terres froides et fortes, aux sol argilenx et, en général, aux terrains imperméables ou reposant sur un terrain imperméable; il est évidemment indiqué pour l’assainissement de tous ceux qui sont bourbeux ou marécageux. « Les terrains qui ont le plus besoin de drainer, est-il dit ddius les Instructions pratiques sur le drainage, publiées en 1855 par le ministère de l’agriculture, présentent plus ou moins complètement les caractères suivants : ils sont couverts de flaques d’eau plusieurs jours après la pluie; les trous qu’on y creuse après une longue sécheresse présentent des snintements d’eau; au printemps surtout, on y remarque des parties d’une teinte plus foncée que l’ensemble de la pièce; le matin, on y observe souvent des vapeurs abondantes. La végétation y est languissante, peu hâtive, les tiges jaunissent en partant du pied, longtemps avant la maturité ; après quelques mois de jachère, la surface du sol se recouvre plus ou moins complètement d’une espèce de petite mousse; enfin les joncs, les carex, les prêles, les renoncules, la laîche, les colchiques d’automne, etc., s’y rencontrent abondamment. » Le moment le plus favorable pour l’exécution des travaux de drainage est la fin de l’été ou le commencement de l'automne, et il vaut mieux choisir les années où les terres sont en pâturages, surtout en vieux trèfle ou en luzerne à défricher, parce qu’elles ont alors plus de consistance. La dépense qu’entraîne une opération de drainage est très-variable suivant les terres, suivant les pays ; mais le drainage par les tuyaux en terre cuite est toujours plus économique. On peut, en moyenne, fixer entre 500 et 700 francs par hectare le prix d’un drainage empierré et seulement à 200 ou 3ü0 francs celui du drainage an moyen de tuyaux en terre cuite.

Les avantages du drainage consistent surtout en ce que les terres drainées, n’étant plus imbibées d’eau ni refroidies par une continuelle évaporation, deviennent plus chaudes, moins sujettes à se fendre, plus perméables â l’air; la végétation y est plus vigoureuse et plus rapide; l’écoulement facile et prompt des eaux de pluie prévient leur accumulation et l’entraînement des terres, des engrais par les ruisseaux qu’elles formeraient ; les portions de la surface du sol qu’occupaient les rigoles d’écoule-

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