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sains, soit par des abus de régime provoqués par la quan* tite et la mauvaise qualité des fruits. Plusieurs médecins ont pensé que la dysenterie était contagieuse, cependant 1 observation rigoureuse des faits ne permet guere d’adopter cette opinion.
Les symptômes de la dysenterie sporadique sont le plus souvent un malaise dans les fonctions digestives,
in^ppCiGncG, la soif, dGs donlcurs vives dans le véntre quelquefois d abord la diarrhée; puis il survient bientôt des évacuations sanguinolentes plus ou moins fréquentes peu abondantes, avec ténesme (voyez ce mot), douleurs â l’anus, cuissons ; ces évacuations peuvent contenir des sérosités rougeâtres, de la bile, du sang pur, etc. ; en même temps il y a des symptômes généraux, la face est pâle après les évacuations, les traits sont altérés, il y a delà faiblesse, insomnie, petitesse du pouls, quelquefois des nausées, des vomissements. Lorsque la maladie prend^ le caractère épidémique^ dans les circonstances énumérées plus haut, la fièvre est plus intense, les douleurs du ventre plus aiguës^ les selles sont très-fréquentes, les cuissons, les chaleurs au fondement plus vives, les évacuations quelquefois brunes, noires, puriformes, d’une extrême fétidité, la physionomie est profondément altérée ; il y a un abattement extrême, une soif intense, vomissements, pouls faible, irrégulier, sentiment de froid extérieur, peau sèche, rugueuse, hoquets, refroidissement des extrémités, etc.
La dysenterie sporadique est peu grave, elle cède ordinairement à la diète, aux boissons mucilagineuses, émollientes, aux cataplasmes, aux bains, aux demi-lavements émollients, amidonnés, légèrement narcotisés, soit par une décoction de pavot, soit par quelques gouttes de laudanum; quelquefois on est obligé d’avoir recours aux sangsues, sur le ventre, ou à l’anus. La dysenterie épidémique est beaucoup plus grave, et elle l’est d’autant plus qu’il est souvent difficile de soustraire les malades aux causes qui ont développé l’épidémie et qui se rapportent eu général â Faggloméiation dts individus et à leur séjour forcé dans les lieux où elle a pris naissance ; ainsi dans les camps, dans les navires, dans les stations navales etc.. C’est cependant, lorsque cela est possible, la première cliose à faire; dans tous les cas, après cette première précaution, si la maladie revêt la forme inflammatoire, on aura recours au traitement indiqué plus haut. S’il y -a de la prostration des forces, sécheresse de la langue, altération des traits, on emploiera les astringents comme le quinquina, le cachou, le diascordium, le vin généreux, les lavements opiacés, ou aromatiques, les onctions camphrées, les vésicatoires sur le ventre ; quelquefois même des purgatifs : cette forme de la maladie est très-grave, et souvent mortelle. Les convalescences de la dysenterie doivent être surveillées de trèsprès ; un écart de régime, l’impression du froid, peuvent amener une rechute très-grave. F — n.
DYSODIE (Médecine),' du giec, dysôdia, odeur fétide. — Sauvage et quelques autres nosologistes ont fait sous ce nom un genre de maladies caractérisées par la fétidité extrême des matières de sécrétions ou exlialations animales. Les modernes n’ont pas cru devoir conserver cette désignation dans le cadre nosologique, ce caractère ne pouvant être considéré que comme un symptôme susceptible de se rencontrer dans plusieurs états maladifs.
DYSODYLE (Minéralogie). — ’V^oyez Duscdyle.
DYSPEPSIE (Médecine), du grec <tys^ particule qui marque la difficulté, et pepsis, digestion; digestion difficile, dépravée. — Ce mot s’applique, en effet, à toute digestion mauvaise, douloureuse, s’accompagnant le plus souvent de défaut d’appétit, de dégoût, de rapports^ quelquefois de distension subite et passagère de l’estomac, de vomissements, d’une clialeur brûlante vers le cœur, l'épigastre (voyez Pyuosis), de douleurs clans la même région, soif, constipation, etc. Cette affection peut dépendre d’une lésion organique de l’estomac, d’un squirrhe, d’une tumeur; elle peut être causée sympathiquement par une maladie d’un organe plus ou moins éloigné. Quelquefois elle est symptomatique d’une inflammation chronique de l’estomac (gastrite). Souvent elle tient â une névrose, (maladie nerveuse de l’estomac), à laquelle on a donné le nom de gastralgie. Le traitement de cet état maladif n’a, dès lors, rien de spécial et rentre dans celui de l’affection à laquelle il est lié (voyez Gastrite, Gastralgie).
DYSPHAGIE (Médecine), du grec dys, difficilement, m phagein, manger. — On appelle ainsi la difficulté, quelquefois môme l’impossibilité d'accomplir la déglutition. On a vu aux articles Déglutitiox, Digestion, quelle quantité d’organes, quelle série de petits actes concou-
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rent à raccomplissement de cette fonction en apparence si simple ; or, chacun de ces organes peut être lésé directement ou sympathiquement et déterminer l’état maladif dont nous parlons ; d’où il faut conclure que ce n’est point une maladie, mais seulement un symptôme dont l’importance se mesure à celle de la maladie principale. Indépendamment des causes qui agissent d’une manière toute mécanique, telles que la présence d’un corps étranger, d’une tumeur, une tuméfaction de la langue, du pharynx, l’inflammation des parties voisines de l’isthme du gosier; il en est d’autres qui proviennent de l’ûc^ophage môme : ainsi des abcès, une dégénérescence cancéreuse, la rupture, la perforation de ce canal, etc. D’autres fois, la dysphagie peut tenir à un état spasmodique, comme cela a lieu dans l’hystérie, dans l’hydrophobie; enfin elle est souvent un symptôme grave des affections cérébrales et reconnaît pour cause la paralysie du pharynx et de l’œsophage, déterminée par une lésion profonde du cerveau, comme cela a lieu dans l’apoplexie compliquée de paralysie. Dans tous les cas, on conçoit que la dysphagie ne réclame point un traitement spécial et que le médecin doit avoir en vue la maladie dont elle n’est qu’un symptôme. F — n.
DYSPNÉE (Médecine), du grec dys^ difficilement, et pnein, respirer. — C’est la difficulté de respirer. Gomme la dyspepsie et la dysphagie, dont nous avons parlé dans les articles précédents, elle n’est qu’un symptôme qui se lie à la plus grande partie des affections qui y ont été énumérées. Mais à ces affections il faut en joindre d’autres qui sont plus spéciales aux lésions des organes de la respiration : telles sont certaines espèces d’angines, le croup, la pneumonie, la pleurésie, l’asthme, l’emphysème pulmonaire, le rhumatisme des muscles qui serventà la respiration, certaines pleurodynies, des névroses des organes respiratoires, etc. On peut y joindre encore des maladies des organes voisins : ainsi les affections du cœur ou de ses enveloppes, les inflammations des organes situés dans l’abdomen, l’hydropisie ascite, etc. Le traitement, d’après cela, n’arien de spécial.
DYSSENTERIE i(Médecine). — Voyez Dysenterie.
DYSURIE (Médecine), du grec dys, difficilement, et ouron^ urine. — Difficulté d’uriner plus ou moins grande et accompagnée d’une sensation incommode de chaleur et de douleur. Les grandes chaleurs, les exercices violents et prolongés, les aliments âcres, salés, épicés, les écarts du régime, et surtout l’abus des spiritueux, la suppression des hémorrhoïdes, l’usage interne ou externe des cantharides, comme l’application d’un vésicatoire, etc., peu vent donner lieu à cet accident. Lorsque la maladie est essentielle, elle cède facilement au repos, aux bains, aux émollients de toute espèce, à la diète; mais si elle est symptomatique d’une autre affection, si elle tient, par exemple, à l’existence d’une pierre dans la vessie ou dans l’urètre, à une diathèse rhumatismale, goutteuse, elle n’exige aucun traitement particulier. C’est a première période de la Rétention d'urine (voyez ce mot).
DYTIQUE ou Dytisqoe (Zoologie), Üytiscus, Lin.; Ditycus, Geoff. ; du substantif grec dytês^ou de l’adjectif dytikos^ plongeur. — Grand genre d'insectes^ de l’ordre des Coléoptères^ section des Pentamères, famille des Car-
nassiers aquatiques, tribu des Hydrocanthares , divisé par Latreille en plusieurs sous-genres, dont le plus intéressant est celui des Dytiques proprement dits; ce sont des insectes d’assez grande taille, à forme ovale, plus étroite en avant qu’en arrière, dont le corps épais dans le milieu s’amincit sur les bords; tête grosse, les yeux globuleux et saillants ; antennes filiformes, tarses des pattes postérieures robustes, en forme de palettes ou rames et terminés par deux crochets égaux et mobiles. Le présternum porte une pointe dirigée en arrière, qui va s’engager dans une échancrure du mésosternum, ce qui fait que quelques espèces, telles que le D. bordé, par exemple, peuvent, lors qu’ils sont renversés sur le dos, se rétablir, en sautant, dans leur position ordinaire (Fabricius); des ailes membraneuses propres au vol ;.dans quelques espèces, les élytres des femelles sont sillonnées. Dans la plupart des mâles, les trois premiers articles des tarses antérieurs sont élargis et spongieux en dessous ; ils forment quelquefois une palette couverte en dessous de petites papilles ou suçoirs; ils sont essentiellement aquatiques, nagent avec beaucoup de vitesse, sont très-voraces et vivent Fig. 8i4. — Djiique bordé, d’insectes sur lesquels ils
s’élancent et qu’ils saisissent avec leurs pattes antérieures pour les dévorer. Quoiqu’ils puissent vivre longtemps sous l’eau, ils sont obligés de venir à la surface pour respirer; souvent, à l’approche de la nuit, ils sortent de l’eau pour voler d’un étang à un autre ou pour saisir des insectes terrestres.
Les larves de ces insectes sont longues, ventrues au milieu, effilées surtout en arrière, la tète grande, ovale, les mandibules très-arquées; elles ont six pattes écailleuses. Elles se nourrissent d’autres larves, telles que celles des libellules, des cousins, des tipules aquatiques, et sont très-voraces. Avant leur transformation, elles gagnent le rivage, s’enfoncent dans la terre humide et s’y pratiquent une cavité ovale dans laquelle elles s’enferment.
Le D. bordé {D. marginalis. Lin.), gi commun dans nos eaux stagnantes {fig. 816), est long de 0",0.30 à 0“,035 ; c’est le D. noir à bordure d& Geoffroy. En effet, il est noir, porte une bordure jaunâtre tout autour du corselet; ses élytres sont sillonnés dans la femelle. Le D. très-large (ü. latissimus. Lin.), un peu plus grand, se distingue par la dilatation comprimée et tranchante de la marge extérieure des étuis, dont le rebord est jaunâtre. Il habite surtout l’Allemagne. On le trouve dans le nord-est de la France.
DZIGGETAI (Zoologie), synonyme d'IIémione. — Espèce du genre Cheval (voyez ces deux mots).
EAU (Chimie). — Substance liquide aux températures ordinaires, se congelant par un froid convenable et se transformant en vapeur à toute température. Elle est incolore sous un petit volume, mais en grande masse elle prend une teinte variant du bleu foncé au vert d’herbe ou à l’olivâtre, suivant la nature des substances qu’elle tient toujours en dissolution; elle est ordinairement à peu près sans saveur, mais, quand elle est cliimiquement pure, elle a un goût fade et est d’une digestion difficile.
Pendant longtemps, l’eau a été considérée comme un élément ou corps simple; mais, vers la fin du siècle dernier, Gavendish et Lavoisier (1783) démontrèrent qu’elle est composée de deux gaz, Vhydrogène et P oxygène. Ce furent MM. Gay-Lussac et de Humboldt qui établirent que ces deux corps simples entrent dans la composition de l’eau dans le rapport de 1 volume d’oxygène et 2 volumes d’iiydrogène, ou en poids d’une proportion (8)
d’oxygène avec une proportion ( I ) d’hydrogène (HO). Cette vérification s’obtient soit en brûlant directement de l’hydrogène par de l’oxygène dans Veudiomètre (voy. ce mot), soit en décomposant de l’oxyde de cuivre par de l’hydrogène, qui lui prend son oxygène pour former de l’eau, soit en décomposant de l’eau par la pile.
Les eaux naturelles ne sont jamais pures ; suivant la nature des terrains qu’elles ont traversés, elles contiennent en dissolution des quantités appréciables de diverses matières salines, carbonate ou sulfate de chaux, chlorure de sodium, etc., de produits organiques provenant de la décomposition de substances végétales ou animales; de gaz, air, acide carbonique, hydrogène carboné, etc. Les eaux pluviales elles-mêmes, quoique beaucoup plus pures généralement que les eaux de source ou de puiis, ont cependant, en traversant l’air, dissous une partie des gaz qui entrent dans sa composition et des matières qui y sont tenues en suspension. Pour avoir de l’eau ciiimiquement
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pure, il faut la distiller (voyez Distillation, Alambic).
L’eau présente une propriété remarquable qu’elle ne partage qu’avec un très-petit nombre de substances ; elle se dilate en se congelant; aussi de l’eau renfermée dans un vase clos, qu’elle remplit exactement, finit-elle toujours par le briser quand elle est exposée à un froid assez vif ; elle brise même les vases largement ouverts à l’air, lorsque, sa congélation commençant par la surface, la croûte solide ainsi formée enserre au-dessous d’elle une certaine quantité d’eau liquide. L’effet devient alors le môme que si le vase était clos. C’est à cette cause qu’il faut attribuer le fendillement des pierres dites gélives, la rupture des grands arbres de nos forêts pendant les hivers rigoureux, etc. Cette môme cause contribue aussi pour sa part à la mort des plantes par la gelée, bien qu’elle n’intervienne pas généralement seule dans la production de cet accident.
Par l’effet de son accroissement de volume, la glace a une densité moindre que celle de l’eau sur laquelle elle peut flotter. Cette circonstance, jointe à une autre propriété non moins remarquable de l’eau et qui lui est spéciale, de se dilater au lieu de se contracter quand sa température s’abaisse au-dessous de 4", fait que nos rivières et nos lacs se congèlent par leur surface, tandis que les couches inférieures restent liquides et môme peuvent garder une température de 4“, et qu’il faut des froids très-vifs et très-prolongés pour que la couche solide acquière une grande épaisseur (voyez Dilatation, Congélation).
Chaque fois que l’eau change d’état, qu’elle passe de l’état de glace à l’état d’eau, ou de l’état d’eau à l’état de vapeur, elle absorbe une certaine quantité de chaleur qu’elle restitue en reprenant son état primitif (voyez Chaleur latente). C’est sur cette propriété qu’est fondé l’emploi de la glace dans les mélanges réfrigérants, l’emploi de la vapeur comme moyen de chauffage, l’usage des alcarazas, etc.
La glace fond invariablement à 0® ; l’eau et la glace se vaporisent à toute température ; mais l’eau pure bout à une température constante quand la pression qu’exerce l’air à sa surface est constante elle-même. Cette température d’ébullition baisse en même temps que la pression ; aussi devient-il difficile de faire cuire les légumes sur les montagnes élevées (voyez Ebüelition, Caléfaction).
L’eau est indécomposable par la chaleur seule ; mais un grand nombre de substances, telles que le charbon et la plupart des métaux peuvent, à une température plus ou moins élevée, lui enlever son oxygène avec lequel ils se combinent, et mettre son hydrogène en liberté. Quelques-uns môme, tels que le platine incandescent, peuvent séparer ses éléments sans en retenir aucun, et donner ainsi lieu à la formation d’un mélange de 2 volumes d’hydrogène et de 1 volume d’oxygène, fait d’autant plus remarquable, que le môme platine à froid plongé dans ce mélange en déterminerait la recombinaison avec explosion.
L’eau n’est ni acide ni basique, elle est neutre ; elle jouit toutefois de la propriété de se combiner et aux acides et aux bases pour former des acides hydratés et des hydrates d’oxyde; elle peut môme décomposer partiellement ou en totalité certains sels dont l’un des principes immédiats, acide ou base, est très-faible. Elle peut donc, suivant les cas, se comporter ou comme un acide ou comme une base.
L’eau dissout un très-grand nombre de substances, et, sous ce rapport, son importance chimique, industrielle et physiologique est extiême, (voyez ci-après Eau [Hygiène].
Eaux potables. — Les eaux douces naturelles sont divisées généralement en quatre classes : les eaux pluviales, les eaux de rivière, les eaux de source, les eaux de puits.
Les eaux pluviales sont les plus pures, surtout quand, la pluie durant depuis quelque temps, l’atmosphère a été lavée. Elles ne contiennent que de l’air et quelques traces de nitrate d’ammoniaque. Les eaux provenant delà fonte des neiges sont dans le môme cas, et môme à leur origine elles ne contiennent pas d’air; il faut les aérer avant de les boire. Quant à celles des trois autres classes, leur degré de pureté est extrêmement variable suivant la nature des terrains qu’elles ont traversés. C’est donc à l’usage ou par l’analyse, et non d’après la classe à laquelle elles appartiennent, que l’on peut juger de leur valeur.
Une eau qui, par l’usage, est qualifiée légère ou d’une digestion facile, dégage par litre de 28 à 30 centimètres
cubes de gaz formé principalement d’oxygène et d’azote auxquels se joint toujours un peu d’acide carbonique. Une eau lourde à la digestion en contient beaucoup moins. Il faut toujours avoir soin d’aérer les eaux qui sont consommées comme boisson. Une eau légère et de bonne qualité contient toujours un peu de bicarbonate de chaux entrant dans la composition des os, des traces de chlorures alcalins et des quantités très-faibles de sulfate de chaux, de magnésie ou de chlorures de calcium, de magnésium... Au contraire, les eaux lourdes., dures., crues, séléniteuses, toutes de mauvaise qualité, renferment des quantités exagérées de ces divers sels. Voici les moyens que l’on peut employer pour juger du degré de pureté d’une eau.
Le plus simple consiste à y dissoudre du savon ordinaire. S’il s’y forme des grumeaux abondants, l’eau est mauvaise; si les grumeaux se font attendre longtemps et sont en petite quantité, c’est que les matières minérales ne sont pas en dose assez forte pour rendre l’eau impropre aux usages domestiques (voyez Hydrotimètre). Toutefois, tout en restant très-limpide et dissolvant bien le savon, elle pourrait renfermer assez de matières organiques pour être nuisible à la santé. Quelques gouttes de chlorure d’or y donneront alors lieu, après quelques instants d’ébullition, à un dépôt verdâtre de poudre d’or. En dehors de ces moyens, la chimie possède des réactifs propres à déceler l’existence de chacune des substances minérales qu’une eau peut renfermer. Ainsi le nitrate d'oxgent donne avec les chlorures un précipité blanc de chlorure d’argent; Veau de baryte donne avec les sulfates un précipité blanc de sulfate de baryte ; l’oxalate d’ammoniaque précipite la chaux sous forme de petits cristaux d’oxalate de chaux également insoluble; enfin le bicarbonate de chaux donne à la teinture de campêche une couleur violette caractéristique. Quelques gouttes de la liqueur versées dans une eau contenant des traces de sel calcaire suffisent pour lui donner cette teinte que ne prennent pas dans les mêmes conditions l’eau de pluie et l’eau distillée.
Au reste, l’influence des eaux et des substances qu’elles renferment sur la santé est encore assez mal connue. Certaines maladies, telles que le goitre et le crétinisme, semblent être le triste privilège de certaines contrées, et on a cru trouver dans la composition des eaux qui y servent aux usages domestiques la cause de ces maladies. Rien n’est moins certain. Tout ce que l’on peut dire, c’est que l’absorption continue de substances â doses infiniment petites peut exercer sur l’économie des effets très-marqués en bien ou en mal. Consuiter sur cet important sujet le Traité des eaux publiques de M. Grimaux de Gaux (voyez aussi ci-après, Eau [Hygiène].
Eaux minérales (Chimie). — Les eaux minérales proprement dites sont des eaux de sources naturelles auxquelles la proportion ou la nature des matières dissoutes communiquent des propriétés spéciales dont la médecine peut tirer parti pour la guérison ou le soulagement de certaines maladies. Une eau minérale quelconque peut devoir ses qualités, soit à une substance qui s’y trouve en [grande proportion, comme certaines eaux très-riches en sel marin, soit à une substance qui, en quantité relativement faible, possède des vertus très-énergiques; ainsi les eaux sulfureuses et ferrugineuses paraissent emprunter leur caractère spécial à l’acide sulfhydrique ou à des éléments ferrugineux qui s’y trouvent toutefois en proportions très-faibles par rapport aux autres corps.
Ces différentes manières d’être des eaux minérales ont permis de les grouper en plusieurs classes et ont donné lieu à différentes classifications, les unes géologiques, fondées sur la nature des terrains qui donnent naissance aux eaux ; les autres chimiques, d’après les substances qu’elles renferment; d’autres, enfin, thérapeutiques, basées sur leurs propriétés curatives dans telle ou telle maladie. Nous ne donnerons ici que la classification chimique la plus généralement adoptée des eaux minérales en cinq classes principales, d’après leur principe prédominant ou minéralisateur : salines, alcalines, acidulés, ferrugineuses et sulfureuses. Les eaux de chaque classe sont subdivisées, suivant leur température, en thermales et en froides,
fo Eaux minérales salines proprement dites. — Ce sont celles dont la réaction est relativement neutre, et qui sont chargées de beaucoup de sels très-variés. On y trouve surtout des sulfates et des clilorures alcalins et terreux : c’est plus particulièrement dans cette classe que l’on rencontre l’iode et le brome.
Beaucoup d’eaux minérales aonartiennent au groupu
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des eaux salines sulfatées : telles sont celles de Bagnèresde-Bigorre (Hautes-Pyrénées), 18° à 50°; Contrexeville (Vosges), froide; Néris (Allier), 61°; Bade on Baden (duché de Bade), 45° à 65" ; Epsom (Angleterre) ; Pullna (Bohême), froide; Sedlüz (Bohême), froide.
Les eaux salines chlorurées sont celles dont le chlorure de sodium (sel marin) est l’élément capital. Telles sont les eaux des mers, celles des lacs salés, des sources et des fontaines salées, si communes en Allemagne, en Hongrie, dans une partie de la France, en Angleterre, en Suisse : ainsi celles de Balaruc (Hérault), 50"; Bour-^ bonne -les-Bains (Haute-Marne), 58"; Bourbon-V Archambault (Allier), 60"; Niederbronn (Bas-Rhin), froide; Cheltenham (Angleterre); Hambourg (Prusse); Wiesbaden (duché de Nassau), G8". Les eaux chlorurées sont souvent accompagnées de bromures et quelquefois d’iodures, comme celles de Moniélimart (Drôme), de Salins (Jura), de Challes (Savoie), de Saxon (Valais). Voici la composition de quelques-unes de ces eaux.
Bagnères-de-Bigorre : 100 parties de l’eau de la source de la Reine donnent : sulfate de chaux, 1,680; sulfates de magnésie et de soude, 0,396; carbonate de chaux, 0,266; chlorure de magnésium, 0,130; chlorure de sodium, 0,062 ; carbonate de fer, 0,080 ; carbonate de magnésie, 0,044; matière grasse résineuse, 0,006; matière extractive végétale, 0,006; silice, 0,036; perte, 0,053 (MM. Ganderax et Rosière).
Balaruc, sur 1000 parties : chlorure de sodium, 6,802; chlorure de magnésium, 1,074 ; sulfate de chaux, 0,803; carbonate de cliaux, 0,270; sulfate de potasse, 0,053; carbonate de magnésie, 0,030 ; silicate de soude, 0,013 ; bromure de sodium, 0,03 ; bromure de magnésium, 0,032, et des traces d’oxyde de fer (MM. Marcel de Serres et Figuier).
On a pu, grâce à la nouvelle méthode d’analyse spectrale due à MM. Bunsen et Kirchhotî (voyez Spectroscope), découvrir dans un certain nombre de ces eaux des substances dont on n’y soupçonnait pas la présence. Dans les eaux de Bourbonne-les-Bains existent la lithine, la strontiane, et deux métaux nouveaux, ie cæsium et le rubidium (M. Grandeau).
Les eaux de Baden renferment du chlorure de lithium. Plusieurs de ces eaux sont purgatives; elles sont généralement utiles dans les engorgements des viscères abdominaux, la jaunisse, les calculs biliaires, les maladies scrofuleuses. En bains, on les recommande dans quelques maladies de la peau, les contractions des muscles, les maladies des articulations, les rhumatismes chroniques.
2" Eaux alcalines. — Ce sont les eaux réellement alcalines aux papiers réactifs, et qui ne contiennent pas sensiblement d’acide carbonique. Elles comprennent particulièrement celles à^Evaux (Creuse), 58", et la plupart des sources de P/om6 1ère, 9 (Vosges), 15" à 63". La silice y constitue un élément important ; elle y est combinée ordinairement avec des bases alcalines; en général, elles sont thermales et contiennent peu de carbonates.
3" Eaux acidulés. — Elles sont abondamment répandues dans la nature, surtout dans les terrains volcaniques et houillers. Quand elles sont minéralisées par le bicarbonate de soude, on les appelle quelquefois alcalines gazeuses. Elles dégagent spontanément, sous l’action d’une faible chaleur, de l’acide carbonique qui s’échappe avec effervescence, rougissent la teinture de tournesol possèdent une saveur acidulé aigrelette , quand il y a peu de sels, alcalescente, quand les bicarbonates alcalins y dominent. Les principes qui les spécialisent sont l’acide carbonique et les bicarbonates de soude, de potasse, de chaux, de magnésie.
Les principales eaux acidulés calcaires et magnésiennes sont celles de : Saint- Allyre., Chateldon (Puy-de- Dôme), froide; Saint-Galmier (Loire); Royat, Soultzmatf., Self Z (duché de Nassau). Les eaux minérales sodiques sont celles de ; Saint- Alban (Loire), froide; la Bourboule (Puy-de-Dôme), 52°; Evian (Savoie); Mont- Dore (Puy-de-Dôme), 46" ; Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme), 38"; Fa/9 (Ardèche), froide. ; (Allier), 33" à 35°;
Enis (duché de JNassau), 55".
Voici la composition de plusieurs eaux acidulés.
Saint-Galmier : 1000 parties contiennent : bicarbonate de chaux, 1,020; bicarbonate de magnésie, 0,420; bicai’bonate de potasse, 0,560; bicarbonate de soude, 0,020; bicarbonate de strontiane (traces); sulfates de soude et de chaux, 0,200 ; chlorures de sodium, de magnésium et de calcium, 0,480; nitrates alcalins, 0,055 ; silicate d’alumine, 0,134; fer et matière organique, trace légère (M. O. Henry).
La Bourboule : sur lOOO parties : acide carbonique libre, 1,237; bicarbonate de soude, 1,3562 ; sulfate de soude, 1,7766 ; chlorure de sodium, 2,7914; chlorure de calcium, 0,0179; chlorure de magnésium, 0,0328; silice, 0,1121 ; alumine, 0,0278 ; bicarbonate de fer, matière animale, sulfure de sodium, traces (M. Lecoq).
Eau de Vichy : sur 1000 parties : acide carbonique, 2,268; carbonate de soude, 3,813; sulfate de soude, 0,279; chlorure de sodium, 0,558 ; carbonate de chaux, 0,285 ; carbonate de magnésie, 0,045; silice, 0,045; peroxyde de fer, 0,006 (MM. Berthier et Puvis).
On trouve dans ces eaux de la lithine, du cæsium et du rubidium (M. Grandeau).
Les eaux alcalino-acidules sont employées dans les maladies chroniques des viscères abdominaux, et particulièrement dans les engorgements du foie et de la rate, dans les gastrites chroniques, dans la goutte, etc. Les eaux acidulés proprement dites (Seltz, Chateldon) ont une action spéciale sur l’estomac, et sont employées pour calmer la soif dans les gastralgies, et surtout contre les vomissements spasmodiques. Elles exercent une action particulière sur le foie.
4" Eaux ferrugineuses. — Ce sont les eaux qui renferment assez de fer pour avoir une saveur qui rappelle celle de l’encre. Exposées à l’air, elles se couvrent d’une pellicule irisée et déposent des flocons jaune rougeâtre de peroxyde de' fer hydraté (rouille). Elles se colorent en noir dans une décoction de noix de galle, et donnent un précipité bleu de Prusse avec le ferrocyanure de potassium ; elles sont généralement froides ; leur température oscille entre 10“ et 14". Elles sont excessivement répandues et forment différentes espèces, suivant que le fer y est maintenu en dissolution par un excès d’acide carbonique (carbon atées), ou par l’acide sulfurique (sulfatées', ou par un composé organique nommé acide crénique (crénatées) ; quelquefois le manganèse domine (manganésiennes).
Les eaux ferrugineuses carbonatées sont celles de Bussang (Vosges); Spa (Belgique); Pyrmon^(Westphalie), etc. Les eaux ferrugineuses sulfatées sont celles de Passy, Auteuil. Les eaux ferrugineuses crénatées sont celles de Forges (Seine-Inférieure), la source Bourdeille, de Plombières., etc. Les eaux ferrugineuses manganésiennes sont celles de Cransac (Aveyron). Parmi les eaux ferrugineuses manganésiennes carbonatées , nous citerons celles de Luxeuil (Haute-Saône), 17" à 46".
Voici quelques exemples de composition :
Eau de Spa : 1 litre de la source le Pouhon contient H, 134 d’acide carbonique libre et donne un résidu solide ainsi composé : carbonate de soude, 0,0259 ; carbonate de chaux, 0,1 143 ; carbonate de magnésie, 0,0207 ; oxyde de fer, 0,0608; chlorure de sodium, 0,013; sulfate de soude, 0,0i 15 ; silice, 0,0259 ; alumine, 0,0034 ; perte, 0,0342 (M. Jones).
Eau de Forges. Sur 1000 parties de l’eau de la source Reinette : bicarbonates de chaux et de magnésie, 0,2005 ; chlorure de sodium, 0,054 ; chlorure de magnésium, 0,03 ; sulfate de chaux, 0,01 ; sulfates de soude et de magnésie, 0,006 ; crénate de potasse (traces); crénate de protoxyde de fer, 0,022; crénate de manganèse (traces); sel ammoniac (traces); silice et alumine, 0,0038 (M. O. Henry).
Eau de Cransac. Sur 1000 parties, l’eau de la source Forte-Richard renferme: sulfate de manganèse, 1,55; sulfate de fer, 1,25; sulfate de magnésie, 0,99; sulfate d’alumine, 0,47; sulfate de chaux, 0,75; silice, 0,07 (MM. O. Henry et Poumarède).
En général, elles ne sont pas employées en bains. Mêlées au vin, elles conviennent aux tempéraments lymphatiques, aux sujets naturellement apathiques.
5" Eaux sulfureuses. — Elles se trouvent dans beaucoup de pays, surtout en France, où les groupes les plus importants sont dans les Pyrénées ; elles sont presque toujours thermales. L’élément sulfureux en est le principe capital ; c’est ou l’acide sulfhydrique libre, ou un sulfure soluble, principalement le sulfure de sodium, et quelquefois le sulfure de calcium. Souvent l’acide sulfhydrique et le sulfure sont réunis, ce qui donne lieu à plusieurs catégories.
Elles précipitent en noir l’acétate de plomb, forment sur l’argent des taches noires ou brunes, et, si elles contiennent de l’acide sulfhydrique libre, elles ont une odeur d’œufs pourris qu’elles perdent en devenant louches opalines quand elles sont exposées à l’air ; si le soufre y est combiné à l’état de sulfure, avec certains métaux alcalins, elles peuvent être inodores, mais, agitées à l’air ou mélangées avec des acides, elles répandent encore
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l’odeur d’œufs pourris; les unes sont calcaires, d’autres sont sodiques.
Les principales sont celles ô.'Allevard (Isère) froide ; de Beaumc-les- Dames (Doubs); Bonnes (Eaux-Bonnes) (Basses-Pyrénées), 33“ ; Baréges (Hautes-Pyrénées), 28“à 4^“; Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), 17“ à 60“ ; Ax (Ariége), 46“ à 75“ ; Aix en Savoie^ 45“; Cauiereis (Hautes-Pyrénées), 48°; Enghien ( Seine-et-Oise) , froide; Vernet (Pyrénées- Orientales), 47“; Aix-la-Chapelle (Prusse rhénane), 51“ ; Baden (Autriche), 35“ ; Scliinznach (Suisse), 31“.
Comme exemples de composition , nous citerons les suivantes :
Eau d’Allevard. Elle contient de l’acide sulfhydrique libre et point de sulfure soluble. Unlitre contient 24““, 75 d’acide sulfhydrique et laisse par l’évaporation un résidu qui présente la composition suivante : carbonate de chaux, 0®,305; carbonate de magnésie, 0,01; sulfate de soude, 0,535 ; sulfate de magnésie, 0,523 ; sulfate de chaux, 0,2iJ8; chlorure de sodium, 9,503 ; chlorure de magnésium, 0,061; silice, 0,005; sulfate d’alumine, chlorure d’aluminium, carbonate de fer, matières bitumineuses (traces), et enfin une quantité indéterminée d’une matière azotée particulière , nommée glairine (M. Dupasquier).
Eau de Baréges. Elle ne contient que du sulfure de sodium et point d’acide sulfhydrique libre. lOOü parties de l’eau de la Buvette contiennent : sulfure de sodium, 0,0421; sulfate de soude, 0,05; chlorure de sodium, 0,04015 ; silice, 0,0678 ;chaux, 0,0029 ; magnésie, 0,00034; soucie caustique, 0,0061 (M. Longchamp).
La composition des eaux de Saint- Sauveur et de Cauterets se rapproche beaucoup de celle de l’eau de Baréges.
Les eaux sulfureuses sont spécialement recommandées dans les maladies chroniques de la peau et de la poitrine, le catarrhe pulmonaire, l’asthme, la phthisie, aux individus lymphatiques, dans les rhumatismes, dans le traitement des plaies d’armes à feu, etc. (Voyez ci-après, Eaux minérales [Thérapeutique]). L.
EAU (Hygiène, Thérapeutique). — Considérées au point de vue de leurs compositions, de leur nature et eu égard à leur emploi hygiénique et thérapeutique, les eaux peuvent être divisées en eaux douces., eaux de mer., eaux minérales.
§ 1. Les eaux douces ont en général pour origine les sources, la pluie; elles sont rassemblées dans les rivières, les fleuves, les lacs, etc. Elles ne se présentent jamais dans la nature à l’état de pureté de Teau distillée qui ne renferme que deux corps élémentaires, l’hydrogène et l’oxygène, état qui les rendrait tout à fait impropres aux usages de la vie. Au contraire, elles tiennent en dissolution une certaine quantité de principes fixes minéraux plus ou moins nombreux, de nature très-variable et qui leur donnent des qualités diverses soit comme eaux potables, soit au point de vue de leur emploi journalier. On rencontre dans les eaux douces du sulfate de chaux, du bicarbonate de chaux et de magnésie, du chlorure de sodium (sel marin), de l’acide silicique, de l’acide carbonique, du nitrate, du chlorure de potassium en trèsminime quantité et quelques traces de bromures et d’iodures, etc. Quelques-unes contiennent aussi une certaine quantité de matières organiques. (Voyez Eau [Chimie], p. 743). Voici, d’après V Annuaire des eaux de la France., Paris, 1851, les caractères que doivent présenter les eaux potables ; « On admet généralement qu’une eau peut être considérée comme bonne et potable quand elle est fraîche, limpide, sans odeur ; quand sa saveur est très-faible, qu’elle n’est surtout ni désagréable, ni fade, ni salée, ni douceâtre ; quand elle contient peu de matières étrangères; quand elle renferme suffisamment d’air en dissolution ; quand elle dissout le savon sans former de grumeaux et qu’elle cuit bien les légumes. Une faible proportion d’acide carbonique donne une légère sapidité à l’eau et la rend plus agréable, en môme temps qu’elle facilite les fonctions digestives par une légère excitation Tous les
auteurs admettent, en outre, qu’une eau de bonne qualité doit contenir de l’air en dissolution; plusieurs ont avancé que c’est particulièrement l’oxygène dont Tinfluence est favorable et ont même attribué à son absence dans les eaux provenant de la fonte des neiges certaines maladies plus particulièrement endémiques dans les vallées montagneuses. Sauf de rares exceptions, les eaux qui tiennent en dissolution une proportion notal)le de matières organiques se putréfient vite et acquièrent des
propriétés nuisibles La plupart des eaux potables de
bonne qualité, et en particulier les eaux des fleuves et
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des rivières, ne contiennent pas plus de ï à 2 dix-mîîlièmes de matières fixes. » Les eaux sont regardées comme impropres aux usages de la vie lorsqu’elles contiennent plus d’un millième de sels calcaires ; elles sont dites crues., dures. Elles sont mauvaises aussi lorsqu’elles sont trop sulfatées, etc. Veau de pluie., dont on a vanté la pureté, ne mérite pas toujours la réputation qiTon lui a faite. Ainsi, lorsqu’elle commence à tontber, elle entraîne les corpuscules, le plus souvent de matières organiques, qui sont suspendus dans les couches inférieures de l’atmosphère et devient promptement putrescible; quelquefois, dans les temps d’orage, elle renferme du nitrate d’ammoniaque, de Tacide nitrique. D’après M. Fonsagrives, Teau de pluie recueillie par les navires en mer ne doit être employée aux usages de la vie qu’en cas de nécessité; elle est lourde, fade et détermine souvent des coliques. Enfin, dans les pays couvetrs de marais, la pluie, en tombant se charge souvent de miasmes délétères tenus en suspension dans l’atmosphère. A part ces inconvénients, Teau de pluie mérite la préférence que lui accordent certaines personnes, surtout lorsqu'elle est recueillie en rase campagne et qu’elle n’a pas coulé sur des terrasses ou dans des tuyaux en plomb; le seul reproche qu’on pourrait lui faire, c’est de ne pas contenir assez de matières minérales. On peut en dire autant des eaux de neige et de glace, qui en contiennent encore moins et qui sont lourdes et difficiles à digérer. Quant à Teau distillée, pour la rendre potable, il faut l’aérer par un moyen quelconque, comme le battage ou la chute d’un lieu élevé et y introduire une certaine quantité de sels, tels que des carbonates de soude, de magnésie, du bicarbonate de chaux, du sulfate de soude et du chlorure de sodium. L’eau distillée de mer à bord des navires se trouve dans ce cas.
En résumé, application faite des réserves que nous venons de poser, les meilleures eaux potables sont les eaux de rivières, puis les eaux de pluie, enfin des eaux de sources, de puits, etc. Les eaux des lacs, mais surtout celles des étangs, des canaux, des marais, offrent généralement les inconvénients des eaux stagnantes, et leur emploi pour les usages de la vie doit être très-limité.
La clanficaiion des eaux est le moyen auquel on a eu recours pour remédier à la plupart des causes qui rendent les eaux malsaines. Le procédé le plus simple consiste dans le filtrage à travers une couche de sable, ou bien une pierre poreuse, ou enfin un mélange de sable et de charbon et môme de charbon pur. On a proposé aussi (H. de Fonvielle) un filtre composé d’éponges, de sable et charbon, et le filtre de M. Souchon aux lames ton tisses.
Les eaux de puits., dans les grands centres de population, sont généralement impropres aux usages domestiques, et cela tient sans doute à l’imprégnation des terrains par les matières organiques azotées de toute espèce qu’elles contiennent ; ainsi M. Boussingault a signalé une quantité notable d’ammoniaque dans les puits de Paris; Liebig a trouvé des azotates dans les puits de la ville de Giesen, mais il n’en a plus constaté dans les puits de la campagne. En général, les eaux de puits sont peu aérées, chargées souvent de sels de chaux; elles sont dures, cuisent mal les légumes et sont peu salubres. Dans tous les cas, les puits devront être creusés le plus loin possible des habitations, surtout dans le voisinage des fermes et des élevages de bestiaux.
Les eaux conservées dans des citernes sont une des ressources les plus précieuses pour les places de guerre, pour les grands établissements publics et même pour les maisons particulières éloignées des sources et des cours d’eau. Lorsque les citernes sont établies avec soin, que les eaux recueillies n’ont point coulé sur des terrasses en plomb ou même en zinc suivant quelques personnes,, qu’elles ont été conduites par des tuyaux de fonte ou de terre ; lorsque ces réservoirs sont tenus dans un grand état de propreté par des curages fréquents, ils fournissent de très-bonnes eaux potables (voyez à ce sujet i4rc/n'u. génér. de médecine., 4® série, t. XX. — De Vutilité des citernes^ par le D“ Gama. — Mémoire deM. Boutigny sur les eaux qui coulent sur le zinc, Ann. d’hyg., t. XVII. — Voyez aussi dans le Dict. des lettres et des beaux-arts de Bachelet et Dezobry, articles Puits, Citerne).
Au point de vue hygiénique, Teau, dans les conditions déterminées plus haut, est la boisson naturelle de Thomme ; prise en quantité modérée et à une température fraîche, elle calme bien la soif; mais trop froide, glacée et en trop grande quantité, elle peut donner lieu aux accidents les plus redoutables. Suivant Haller, Hoffmann et
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11)1 grand nombre de médecins, l’usage de l’eau est préférable aux boissons fermentées, vin, bière, cidre, etc., et il est vrai de dire que les buveurs d’eau par goût ou par raison hygiénique jouissent en général d’une bonne santé et d’une vigueur remarquables. Il n’y a guère d’exceptions à cette règle que par des raisons particulières de santé ou par des causes spéciales d’insalubrité locales ou générales : ainsi, dans’certaines convalescences, dans les contrées marécageuses, pour l’usage des années en campagne, dans les campements, etc.
L’eau en the'rapeutique forme la base des tisanes et le véhicule d’un grand nombre de préparations employées en médecine. C’est la boisson antiphlogistique par excellence, et il y a très-peu de maladies (si l’on excepte les affections de poitrine et les fièvres éruptives) où l’eau fraîche en quantité modérée ne soit pas une boisson aussi salutaii’e qii’agréable pour les malades, surtout donnée momentanément. A l’extérieur, l’eau, seule ou chargée de principes médicamenteux, constitue une foule de médications connues sous les noms d'affusions^ douches, irrigations, injections, bains, etc. (voyez ces mots et surtout celui de Hydro-thérapie). F — N.
§ 2. Eau de mer. — Tout le monde sait que l’eau de mer est impropre aux usages ordinaires de la vie; bien loin de pouvoir servir à étancher la soif, sa salure la rendrait plus ardente et elle finirait par agir sur l’économie comme les eaux les plus insalubres. On se rappelle l’ordre donné par Pierre le Grand de ne laisser boire que de l’eau de mer aux enfants de ses matelots; ils Lirent tous victimes de cette funeste prescription (pour tout ce qui regarde les propriétés physiques et chimiques je l’eau de mer, nous renvoyons au mot Mer). L’emploi médicinal de l’eau de mer est très-ancien, ainsi que l’a fait remarquer Russel dans sa dissertation intitulée : De l'usage de l'eau de mer dans les maladies des glandes [De tabe glandulari sive de usu aquœ marinœ in morbis glandularum). L’auteur en conseille l’usage dans « les obstructions récentes des glandes intestinales et mésen ■ tériques, dans toutes les obstructions des glandes du poumon et des autres viscères qui entraînent si souvent la phthisie, la tuméfaction récente des glandes du col et des autres parties du corps. » Enfin il la conseille dans toutes les affections qui caractérisent les scrofules, il est permis de penser aujourd’hui que les succès de cette médication sont dus à l’iode que contient l’eau de mer et qui était inconnu à cette époque. Voici, sur l’existence de l’iode dans l’eau de mer ce que disent les auteurs du Dictionnaire des eaux minérales : « Malgré la sensibilité des réactifs dont la chimie dispose, on ne voit pas généralement figurer l’iode parmi les principes minéraux que l’eau de mer renferme, toujours, puisque c’est de ce milieu que l’industrie se le procure. Il est donc certain que, sous ce rapport, les recherches des auteurs ne sont pas à l’abri des reproches. » On a encore administré l’eau de mer comme purgatif et on a pu même la rendre gazeuse sans altérer sa consiitution primitive; elle paraît avoir rendu des services dans les hydropisies.
Dès la plus haute antiquité, on a cherché par une foule de moyens à rendre potables les eaux de mer ; mais ce n’est que dans ces derniers temps qu’on a pu réussir complètement^ et aujourd’hui un grand nombre de navires ont leur machine dans laquelle se trouvent réunis la distillation et l’appareil culinaire ; par ce moyen chaque litre d’eau distillée ne revient pas à plus de 0^01, soustraction faite des frais de la cuisine; on a bien accusé cette eau d’être lourde, d’avoir un goût âcre qui paraît provenir des matières organiques contenues dans l’eau de mer; mais, d’après les expériences rigoureuses qui ont été faites, il a été bien démontré qu’elle est de très-bonne qualité, surtout lorsqu’elle a été aérée, et comme elle ne contient pas de principes minéraux salins, ainsi que les autres eaux potables, M. Fonsagrives a proposé d’y ajouter par 100 litres d’eau : chlorure de sodium, 4,8 ; sulfate de soude, 3,4; bicar’oonate de chaux, 8,0; carbonate de soude, 14,0 ; carbonate de magnésie, C,0.
Les bains de mer sont aujourd’hui d’un usage tellement général, qu’il n’y a rien à dire sur les moyens pratiques; les localités affectées à cet usage possèdent en personnel et en matériel tout ce qui convient aux baigneurs, et ceux qui vont à Dieppe, au Havre, à Trouville, par exemple, sont sûrs d’être renseignés sur ce qu’ils ont à faire. Nous ne parlerons donc que de l’action thérapeutique des bains de mer. L’action physiologique de ce bain sur le corps résulte principalement de sa température, de sa composition chimique, de l’effet produit par le choc, la percussion du liquide, par la lame. Le froid, suivant un grand
nombre de médecins, joue le principal rôle dans les bains de mer; l’immersion, en effet, détermine le spasme, le resserrement de la peau, la contraction involontaire des muscles, une espèce d’horripilation générale qui amène à sa suite, si le bain n’est pas trop prolongé, une réaction caractérisée par la rougeur de la peau, le réchauffemeiu du corps, le rétablissement de la circulation capillaire, la transpiration, et enfin une sueur plus ou moins abondante suivie d’un bien-être remarquable. Nous voulons parler ici des bains de mer des régions du Nord (au delà de 45 à 4 G"), car, dans la Méditerranée et dans les mers méridionales, on n'observe plus les mômes effets de réaction et, par conséquent, ils ne produisent plus le môme résultat. Les différentes substances minérales contenues dans l’eau de mer ont aussi une grande importance, et particulièrement le chlorure de sodium ; son action a paru tellement efficace aux médecins, qu’ils ont cru devoir, dans certains cas, le faire entrer en proportion notable dans les bains ordinaires (2 kil. par bain) chez les personnes faibles, disposées à l’anémie, aux affections lymphatiques. Il faut tenir compte aussi, dans le bain de mer, du coup de fouet de la lame, lorsqu’on peut la recevoir d’une manière modérée, ce qui n’est pas toujours possible, la mer n’obéissant pas aux désirs des baigneurs. Ce choc dispose admirablement le corps pour la réaction qui doit suivre et est un des éléments de l’efficacité du bain. Le bain de mer devra être de courte durée, quelques minutes seulement, rarement jusqu’à un quart d’heure. D’après ce que nous venons de dire, il est presque inutile d’ajouter que les bains de mer conviennent dans tous les cas où l’on se propose de relever les forces, de donner du ton aux tissus i ainsi, à la suite de maladies longues, débilitantes, dans l’anémie, la chlorose, la plupart des formes du lymphatisme, dans certaines névroses produites par l’affaiblissement, par l’abstinence trop prolongée, etc. F — n.
§ 3. Eaux minérales (Thérapeutique). — Voyez Eaux MINÉRALES (Chimie), p. 743. — L’action des eaux minérales sur l’économie est incontestable et, n’en déplaise aux détracteurs de la médecine, leur administration éclairée et bien entendue rend tous les jours les plus grands services aux malades. Les ruines que nous retrouvon-, tous les jours près de nos principales stations minérales^ celles que l’on rencontre en Italie, en Espagne, en Afrique attestent l'usage fréquent qu’en faisaient les anciens, et l’observation journalière des médecins, les nombreux documents renfermés dans les livres de la science prouvent surabondamment leur utilité incontestable. Ce n’est donc pas, suivant l’expression du vulgaire, pour se débarrasser ces malades que les médecins les envoient aux eaux minérales, et ceux, en si grand nombre, guéris ou soulagés par celte médication sont une réponse éclatante à ce dicton des gens du m nde. Mais, il faut bien le dire, jusqu’à ces derniers temps, peu de médecins avaient fait une étude spéciale de cette partie importante de la thérapeutique, et ce n’est pas sans quelque raison qu’Alibert écrivait, il y a seulement cinquante ans : « Par un abus qu’il est difficile d’éviter, ces eaux produisent quelquefois des effets nuisibles, parce que les malades s’y rendent sur la foi d’un praticien éloigné et souvent peu instruit de leur manière d’agir. » Il n’en est plus ainsi aujourd’hui; la facilité, la rapidité des communications ont rapproché les distances; un grand nombre de médecins étudient sur place les eaux minérales et leurs effets ; les travaux sur cette matière se sont multipliés, les sociétés se sont formées, les journaux de médecine sont tous les jours remplis d’observations à cet effet ; bref» il n’est pas un médecin un peu au courant de la science qui n’ait aujourd’hui une connaissance exacte de l’emploi des eaux minérales et de leurs effets.
L’action des eaux minérales est complexe et trèsdifficile à apprécier ; et s’il est vrai de dire que leur composition, telle que nous la révèle la chimie, est une indication précieuse et la plus importante pour guider . le médecin dans la prévision des résultats qu’il cherche à obtenir au point de vue thérapeutique, il faut convenir néanmoins que ces résultats ne sont pas toujours en rapport avec la théorie basée sur la composition chimique; aussi « les observations pratiques, dit Guersant» sont bien plus certaines pour apprécier les propriétés des eaux minérales que toutes les inductions qu’on peut tirer de leur composition chimique. » Ainsi, il est à peu près démontré que les différentes substances minérales que la chimie nous a découvertes dans les eaux minérales s’y trouvent dans certains états de combinaison que la science n’a pas encore pu analyser et qui ont une puissance d’action bien supérieure à celle que nous pouvons aeter-
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miner avec les mêmes doses artificielles. Les eaux des différentes sources de Plombières, par exemple, sont loin d’être comparables entre elles sous le rapport de leurs effets médicinaux, quoiqu’elles n’offrent pas de grandes différences quant à leur composition. Il faut tenir compte aussi de certaines matières organiquesqu’elles renferment (voyez Eacxmiimérales [Chimie]). Mais, indépendamment des principes chimiques, il existe certains corps impondérables qui, en se combinant avec les eaux minérales, en modifient beaucoup les propriétés. Tels sont le calorique et l’électricité. « Ce qui est remarquable, dit Guersant, c’est que le calorique qui échauffe les eaux minérales s’y trouve toujours dans un état de combinaison tout particulier qui leur imprime, par rapport à nos organes, des propriétés très-différentes de celles que nous pouvons communiquer à l’eau à l’aide de nos moyens artificiels de chauffage. On supporte les eaux minérales naturelles en boissons et en bains à un degré de chaleur bien supérieur à celui de l’eau chauftée artificiellement. » L’électricité doit jouer aussi un grand rôle dans les différentes combinaisons des eaux minérales; elles doivent évidemment s’électriser plus ou moins suivant l’état particulier de l’atmosphère et du globe, en filtrant à travers des terrains de densité et de nature différentes; et l’on a observé que celles qui sont chaudes semblent bouillonner au moment des orages ; leur température s’élève quelquefois et les malades sont désagréablement affectés de ces changements électriques. Personne n’ignore d’ailleurs le rôle que joue l’électricité dans les combinaisons chimiques et quelles difficultés cet agent peut présenter dans les analyses.
En général, les eaux minérales agissent en déterminant une excitation plus ou moins vive sur les tissus, en ranimant la tonicité des organes, en relevant les forces du malade. Lorsqu’on commence à en faire usage, il survient de l’insomnie, de l’abattement, de l’inappétence ; s’il existe des douleurs, elles s’exaspèrent, on observe de la fièvre et tous les signes d’une irritation plus ou moins vive. Le médecin doit conduire cette phase de l’administration des eaux avec prudence, ayant égard à la force du malade, à la nature de la maladie, à son ancienneté, à l’activité, au mode d’action des eaux employées; souvent tout le secret de la cure est là, et la maladie peut décroître à la suite de cette période du traitement. Du reste, il ne faut pas oublier que les eaux minérales ne doivent pas être employées dans les maladies aiguës, que leur usage ne convient que vers le déclin de ces maladies ou dans le cours de celles qui sont à l’état chronique; que l’excitation qu’elles produisent doit être graduée avec sagesse et que, pour que le traitement soit efficace et la guérison durable, leurs symptômes doivent s’amender avec une certaine lenteur. Ainsi, lorsque les eaux sont très-actives, l’excitation générale devient quelquefois trop puissante; dans ce cas, il faut abréger la durée du bain, en diminuer la température, l’affaiblir par un mélange d’eau simple ; quelquefois avoir recours aux émissions sanguines; il peut arriver môme qu’on soit obligé de suspendre le traitement et même de Tarrôter. D’autres fois, à l’encontre de ceci, les malades n’éprouvent aucune modification apparente ; le plus souvent, au moment où ils quittent les eaux, les malades, fatigués d’un traitement souvent très-actif et énergique, ennuj'^és de ce régime qui ressepible à une discipline militaire, ne se trouvent pas très-bien; il faut attendre un certain temps pour bien juger de l’effet qu’ont produit les eaux, et ce n’est que peu à peu que l’équilibre se rétablira dans l’économie et que le malade pourra ressentir les bons effets de son traitement. Souvent aussi il faudra plusieurs saisons pour opérer la guérison. En général, les eaux minérales ne conviennent pas dans les maladies inflammatoires, dans celles qui présentent des symptômes d’une excitation trop vive et surtout dans les -maladies du cœur.
Autrefois, la préparation aux eaux minérales était une affaire importante; les malades étaient soumis à une médication sévère, regardée comme à peu près inutile aujourd’hui; quelques-uns, et c’est le petit nombre, présentent des symptômes d’embarras gastrique ou de pléthore sanguine; dans le premier cas à un purgatif, on a recours à une saignée dans le second ; ces moyens aidés du repos, d’une certaine précaution dans le régime diététique, de quelques boissons délayantes, douces, etc. ; voilà les seules précautions à prendre. En général, les stations minérales commencent leur traitement en juin jusqu’en septembre ; les maladies nerveuses, gastro-intestinales, des voies urinaires s’amenderont mieux dans la première période où les cha-
leurs sont moins intenses ; la seconde, du 15 juillet au 15 août, par exemple, conviendra mieux aux rhumatismes, aux affections du larynx, de la poitrine, etc. Le temps que le malade passe aux eaux s’appelle une saison; c’est ordinairement de vingt à vingt-cinq jours, quelquefois plus ou moins, suivant l’avis du médecin, basé sur l’effet du traitement. Il est cependant des cas particuliers où le médecin croit devoir ne pas s’astfeindre d’une manière absolue à ces usages; ainsi, dans quelques cas de maladies du foie ou des intestins, on se trouvera bien du traitement interne de Vichy dans quelque saison que ce soit. (Voyez chaque source minérale au nom sous lequel elle est connue, et pour les applications spéciales aux mots Irrigations, Inhalation, Hydro-thérapie).
Les eaux minérales sont administrées en boisson ou en bains, en douches, etc., indistinctement; cependant, il y en a qu’on emploie le plus ordinairement à l’extérieur; telles sont, par exemple, celles d’Aix, en Savoie, de Néris,etc. Les eaux ferrugineuses, alcalines, gazeuses, bicarbonatées, purgatives ne sont guère prises qu’en boisson ; telles sont les eaux de Passy, Gondillac, Saint-Galmier, celles de Sedlitz, Pullna, Friedrichshall. Quant à la dose, elle varie à l’infini, suivant la nature des eaux, leur température, la constitution, l’état maladif des buveurs et une foule d’autres circonstances. On a vu des individus ingurgiter, dit-on, jusqu’à 150 verres d’eau dans un jour. Il n’est pas rare de voir des malades en boire 30, 40 et môme 50 verres; mais l’excès, ici comme en toute chose, est un défaut, et il vaut mieux s’en tenir aux doses modérées de quelques verres, comme 4, 5 et rarement 10, suivant les cas. En général, il vaut mieux les prendre à dose faible qu’à dose élevée. Les eaux thermales ne devront pas être prises trop chaudes; la meilleure température est de 20 à 30®. C’est en bains que l’on emploie le plus souvent les eaux minérales; il yen a même dont on ne fait guère usage que sous cette forme; ce sont surtout les eaux très-chaudes, ou bien, au contraire, les eaux très-minéralisées ; les autres s’emploient presque indistinctement en boisson ou en bains. La durée du bain doit être calculée en général d’après sa température ; lorsque celle-ci est modérée (34°), c’est le bain thermal; elle peut être d’une heure, quelquefois plus; à Loesch, on le prolonge quelquefois pendant plusieurs heures. Mais si le bain est froid ou très- chaud (au-dessus de 35“), il ne doit pas durer au delà de vingt minutes, une demiheure au plus. Tout ce qui vient d’être dit, du reste, peut être réglé et modifié, suivant une foule de circonstances, par le médecin chargé de diriger le traitement à la station minérale elle-même.
On consultera les ouvrages suivants : Alibert, Précis historique sur les eaux minérales. Paris, 1826, in-8. — Annales de la Société d'hydrolog. médic. de Paris., comptes rendus. Paris, 1854-1859, 5 vol. in-8. — Annuaire des eaux de la France., Paris, 1851-1852-1853, 1 vol. in-8. — Dict. gén. des eaux minérales., par Durand- Fardel, etc. — Constantin- James, Guide pratique aux eaux minérales. — Rotureau (A.), Des principales eaux minérales de V Europe (Allemagne, Hongrie, France). Paris, 1858-1859, 2 vol. ^ F — n.
Eaux minérales artificielles. — Depuis longtemps, mais surtout depuis les progrès si remarquables de la chimie, qui ont apporté une plus grande précision dans l’analyse des eaux minérales, on a tenté d’imiter les eaux naturelles. Il y a à peu près un demi siècle, une industrie tout entière s’établit basée sur cette imitation; on fit artificiellement surtout des eaux de Vichy, de Spa, de Plombières, de Sedlitz, de Pullna, de Barèges, etc. La vogue, Fengouements’en mêlèrent et on vit le moment où les eaux naturelles allaient être détrônées par les eaux artificielles. Aujourd’hui, il ne reste plus de tout ce bruit que le souvenir des contemporains, et à part quelques eaux gazeuses de table, dites improprement mw deSeltz , quelques eaux purgatives, dites de Sedlitz^ de Pullna., toutes les autres sont retombées dans l’oubli. Voici ce que disent à cet égard les auteurs du Dictionnaire des eaux minérales : « En résumé, que l’art médical tire un parti avantageux d’un ou de plusieurs sels minéraux que l’on sait exister dans les eaux minérales naturelles, c’est^ce que nous n’essaierons pas de discuter. Mais ce qu’on doit rayer du langage hydrologique, c’est l’expression d’eaux minérales artificielles; car, sous le rapport chimique, le rapprochement entre les premières et les secondes n’est pas possible ; d’une autre part, cette dénomination a le tort grave de faire croire à une identité de propriétés thérapeutiques que l’on sait parfaitement ne pas exister. » F —
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Eau africaine, Eau de Chine, Eau d’Égypïe, Eau de Perse. — Employée par les coiffeurs pour teindre les cheveux en noir et qui est formée essenliellement par une dissolution d’azotate d’argent LV'ffet produit provient de la formation d’un sulfure noir d’argent avec le soufre contenu dans les cheveux. Doit être employée avec précaution.
Eau albumineuse. — Elle se prépare en délayant deux blancs d’œufs dans 500 grammes d'eau froide. On l’emploie dans quelques diarrhées , dans la dysenterie, contre les empoisonnements par les sels de cuivre, de mercure .
Eau d’Alibour. — Espèce de collyre dans la composition duquel entrent les sulfates de cuivre et de zinc, le camphre, le safran en poudre, que l’on mêle dans de l’eau de puils ou de rivière et que l’on agite à plusieurs reprises pendant vingt-quatre heures. Employé avec avantage contre les ophthalmies chroniques.
Eau ardente. — Voyez Térébenthine {Essence de).
Eau d’arquebusade. — Voyez Arquebüsade.
Eau bénite. — Voyez Colique saturnine.
Eau blanche. — Voyez Acétates de plomb.
Eau de bon ferme. — On la prépare avec la muscade, le girofle, la cannelle, les fleurs de grenadier; on pulvérise et on fait digérer pendant huit jours dans l’alcool : passez. Employée A la dose de deux ou trois cuillerées par jour dans un demi-verre d’eau sucrée, dans les chutes, contusions. C’est la teinture aromatique^ ou essence céphalique du codex.
Eau de Botot. — Eau dentifrice dont voici une recette. Anis vert, 300 grammes; cannelle de Chine, 100 grammes; girofle, luO grammes ; essence de menthe, 30 grammes; crème de tartre, 30 grammes; alun de Rome, 5 grammes ; alcool à 85°, 10 litres. Broyer l’anis, la cannelle et le girofle; les faire infuser dans l’alcool; triturer la cochenille avec la crème de tartre, et l’alun avec un peu d’eau ; ajouter ce mélange au premier ; laisser infuser pendant dix ou quinze jours; filtrer et ajouter à la liqueur filtrée l’essence de menthe qui s’y dissout facilement.
Eau de Boule. — Voyez Boule de Mars.
Eau de bouquet. — D’une odeur très-agréable, cet alcoolat est composé de : eau de miel odorante, 30; eau sans pareille, 60; alcoolat de jasmin, de girofle et eau de violette, aâ 16; alcoolat de souchet, d’acore aromatique, de lavande, âa 8; ajoutez alcoolat de Néroli, 10 gouttes.
Eau de Brocchieri. — C’est une eau hémostatique dont la formule n’est pas connue. On pense qu’elle se prépare en faisant macérer du sapin coupé menu avec le double de son poids d’eau ; on distille jusqu’à ce qu’on ait le poids du boisemplo3é; on laisse reposer pendant vingt-quatre heures; on sépare l’huile volatile qui s’est rassemblée; on l’agite avant de s’en servir. On imite encore cet hémostatique en mêlant ensemble parties égales d’eau et de térébenthine qu’on fait bouillir pendant un quart d’heure.
Eau camphrée. — C’est une solution que l’on prépare en mettant 4 grammes de camphre dans 500 grammes d’eau distillée; on agite pendant quarante- huit heures à plusieurs reprises et on filtre. La dissolution ne retient que 1®,50 environ.
Eau du cardinal de Luynes contre les dartres. — Ou la prépare avec : eau de rose, 250; sous-carbonate de plomb, 15; sulfate d’alumine et de potasse, 12; dcutochlorure de mercure, 6, et un blanc d’œuf. L’emploi de ce remède sur les dartres, au moyen de compresses, demande des précautions.
Eau des Carmes. — Voyez Mélisse.
Eau de casse. — Prenez : casse en gousse ouverte, 30 ; eau chaude, 500 ; agitez pour délayer la pulpe et après quelques instants passez. Prendre par tasses dans la matinée comme purgatif.
Eau de c.asse avec les grains. — Purgatif (voyez Colique saturnine).
Eau céleste. — On la prépare avec ; sulfate de cuivre cristallisé, 0®,20 ; faites dissoudre dans eau distillée, 120 grammes ; ajoutez ammoniaque liquide, 8 à 10 gouttes. Collyre résolutif.
Eau de chaux. — Voyez Chaux.
Eau de Cologne. — Liquide aromatique ainsi nommé parce qu’il fut d’abord préparé dans cette ville. C’est une dissolution de diverses huiles essentielles dans de l’esprit de vin ; aussi, quand on ajoute de l’eau, les huiles SC précipitent en p.rticules très-ténues, ce qui donne heu à une sorte d’émulsion laiteuse. Voici une recette
pour faire l’eau de Cologne : faire dissoudre dans 3 kil. d’alcool à 36°, 16 grammes d’essence de citron, 10 grammes d’essence de bergamote, 8 grammes d’essence de cédrat et 250 grammes d’esprit de romarin.
Eau de constitution, Eau de cristallisation. — En étudiant la composition des corps de nature minérale ou organique, les chimistes ont reconn.u qu’un grand nombre d’entre eux renferment une quantité plus ou moins considérable d’eau; on dit que ces corps sont hydratés (du grec eau). Néanmoins, ce terme général a paru
confondre des faits distincts, car l’eau ne semble pas jouer toujours le m'ême rôle dans la constitution des corps. On a nommé eau de cristallisation la quantité d’eau que retiennent beaucoup de sels en cristallisant dans des circonstances déterminées et qu’ils abandonnent d’ailleurs sans difficulté sous certaines influences pour la reprendre aussi facilement dès que les conditions ambiantes le leur permettent. Ainsi le sulfate de fer cristallisé dans une dissolution aqueuse neutre à 10 ou 15" contient 7 équivalents d’eau de cristallisation; le même sel, dans une dissolution acide à 80", cristallise seulement avec 3 équivalents d’eau. Le sulfate de magnésie cristallisé à la température ordinaire renferme encore 7 équivalents d’eau ; cristallisé au-dessous de 0", il en renferme 12. L’eau de cristallisation se présente d’ailleurs en quantité conforme aux lois des combinaisons chimiiiucs, ainsi que l’eau de constitution. On appelle eau de constitution la quantité d’eau qu’un sel ou plus généralement un composé chimique ne peut perdre sans être modifié dans sa constitution; ainsi le phosphate de soude ordinaire contient à l’état cristallin 25 équivalents d’eau, dont 24 peuvent lui être enlevés sans que sa nature soit changée ; si, au contraire, ou lui fait perdre le 25® en le chauffant plus fortement, on a un nouveau composé chimique qui, mis en présence de l’eau, n’en reprend que 10 équivalents : c’est le pyrophosphate de soude.
Eau de cuivre. — Voyez Oxalique {Acide).
Eau distillée. — On l’obtient en distillant de l’eau de pluie ou de rivière. Elle ne donne pas de précipité par les nitrates de baryte et d’argent, l’eau de chaux et le deutochlorure de mercure (voyez Eaux distillées).
Eau d’Égypte, Eau grecque. — Solution de nitrate d’argent pour teindre E s cheveux. Moyen dangereux.
Eau éthérée camphrée. — Solution de camphre, 5; éther sulfurique, 15; dans eau distillée, 280; de 10 à 20 grammes dans une potion.
Eau ferrée. — Elle se prépare soit en plongeant dans un litre d’eau un fer rouge à plusieurs reprises, soit en jetant un litre d’eau bouillante sur des clous rouillés.
Eau forte. — Voyez Azotique (Acide).
Eau de goudron. — On la prépare en faisant macérer pendant une douzaine de jours 500 grammes de goudron dans 5 kil. d’eau, ayant soin d’agiter le mélange de temps en temps avec un morceau de bois; décantez et filtrez.
Eau de Goulard, Eau blanche. — Voyez Acétates de PLOMB, Végéto-minérale (Eum).
Eau grecque. — Voyez Eau d’Égypte.
Eau hémostatique. — Voyez Eau de Brocchieri, Eau DE Lechelle, Eau de Pagliari, Eau de Tisserand.
Eau iodée. — On la prépare de la manière suivante ; iode, 0^,20; iodure de potassium, 6®, 40; triturez dans un mortier de verre et ajoutez peu à peu 1 litre d’eau. A boire deux ou trois verres par jour, pure ou coupée avec de l’eau sucrée, dans les affections scrofuleuses.
Eau de javel. — Voyez Chlorures décolorants.
Eau de Lechelle, Éau hygiénique de Memphis. — C’est un hémostatique dans lequel entrent : feuilles de noyer, chardon bénit, aigremoine, eupatoire, ronces, milf pertuis, germandrée maritime, menthe, calamont officinal, basilic, sauge, romarin, thjmi, de chaque 100; fleurs de rose, souci et arnica, de chaque 25 ; écorce de chêne, grenade, 200; racines de ratanhia, de gentiane et de garance, a a 100; bourgeons de peuplier, de sapin, a a 200.
Eau de Luge. — C’est un liquide très-excitant, un stimulant énergique du système nerveux que l’on fait respirer dans les cas d’évanouissement, comme de l’ammoniaque; on peut aussi en donner quelques gouttes dans un verre d’eau à l’intérieur. Plusieurs formules ont été données; voici celle de M. Bouchardat : ammomaqae liquide à 22", 70 grammes ; mêlez avec la teinture suivante : alcool à 36", 5 grammes; huije de succin, 0®ilfi? savon blanc, baume de la Mecque, atl 0®,05.
Eau magnésienne. — Purgatif léger dans la prépara-
EAU
EAU
tion duquel entrent ; sulfate de magnésie cristallisé, 30; carbonate de soude cristallisé, 40; eau pure, 650 ; acide carbonique, 6 volumes. Cette préparation officinale contiendra par litre 10 grammes de magnésie bicarbonatée avec un faible excédant d^’acide carbonique.
Eau magnésienne gazeuse. — Elle se fait, comme la précédente, en doublant la quantité d’eau et d’acide. Employée comme les eaux alcalines.
Eau de mélisse des Carmes. — Voyez Mélisse.
Eau mercurielle simple. — Faites bouillir pendant deux heures dans un matras : mercure, 500 ; eau 2 000; d 'cantez. Comme vermifuge aux enfants; dose, 30 grammes (Bouchardat). On la nomme simple pour 'la distinguer d’autres eaux mercurielles plus énergiques, employées seulement à l’extérieur, en lotions.
Eau de Mettemberg. — Contre la gale. Solution de deutochlorure de mercure, dans eau distillée ; ajoutez teinture vulnéraire, éther nitrique alcoolisé, en lotions.
Eau de miel odorante. — Cosmétique très-agréable préparé avec le miel, la coriandre, les zestes de citron, le girofle, la muscade, le benjoin, le styrax, la vanille, les eaux de rose et de fleurs d’oranger. Peut être employé sans danger.
Eau de Pagliari. — Eau hémostatique préparée avec : benjoin, 10; alun, 20 ; faites bouillir pendant six heures dans eau 200.
Eau panée. — Croûte de pain grillée, 60; eau bouillante, quantité suffisante pour avoir un litre de boisson ; laissez refroidir.
Eau de pluie. — Voyez Eau (Hygiène).
Eau de puits. — Voyez Eau (Hygiène).
Eau des peintres. Eau seconde des peintres. — Essence caustique faible marquant de JO à 15® à l’aréomètre de Baumé,dont les peintres se servent pour enlever les peintures sur les murs, les bois, etc. On peut employer indifféremment la potasse ou la soude ; mais on préfère ordinairement la première, qui agit un peu plus activement.
Eau de Rabel [alcool sulfurique). — Mélange de : acide sulfurique à 60® B., 1 partie; alcool à 85® centés., 3 parties. On verse peu à peu l’acide sur l’alcool; on laisse déposer et on décante. On colore ordinairement soit avec de l’orcanette, soit avec des pétales de coquelicot. On l’emploie surtout dans les diarrhées chroniques comme astringente (quelques gouttes dans une boisson appropriée) ; elle peut aussi être employée pure, à l’extérieur, comme styptique.
Eau régale — Ainsi nommée parce qu’elle dissout l’or considéré comme le roi des métaux. C’est un mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique en proportions variables. Chauffée à une douce chaleur, l’eau régale se colore en jaune et dégage une odeur de chlore et de composé nitreux; par l’ébullition, le dégagement de ces gaz devient très-abondant et continue jusqu’à la disparition de l’un des acides qui composent la liqueur. L’eau régale possède donc un pouvoir chlorurant très-énergique; aussi tous les métaux qu’on y plonge se transforment-ils en chlorures. L’eau régale est aussi un oxydant très.-puissant ; elle transforme le soufre en acide sulfurique beaucoup plus rapidement que ne le ferait l’acide nitrique seul. L’eau régale est un puissant dissolvant pour les chimistes. L’or, le platine, le palladium... qui résistent aux autres acides, sont rapidement dissous par elle. On l’emploie dans les ateliers de teinture et dans les fabriques de porcelaine pour faire les préparations d’étain ou d’or, et dans un grand nombre d’industries. C’est l’Arabe Geber qui en fit le premier mention ; il la préparait en ajoutant un quart de sel ammoniac à de l’eau-forte.
Eau sans pareille. — On la prépare avec : alcool rectifié, 300 grammes; essence de citron, is,60; essence de bergamote, 1 gramme ; essence de cédrat, 0s,80 ; alcoolat de romarin, 25 grammes; mêlez et distillez au bain-marie. Cosmétique.
Eau seconde. — Eau forte diluée marquant 20® au pèse-acide. Employée fréquemment dans la menuiserie, la chapellerie (eau des chapeliers), etc.
Eau sédative de Raspail. — Prenez : ammoniaque liquide, 100 grara. ; sel marin, 20 grammes; camphre, 2 grammes; faites dissoudre dans eau distillée, 900 grammes; ajoutez essence de roses q. s.
Eau de source. — Voyez Eaux douces. Eau (Hygiène).
Eau de Tisserand. — Eau hémostatique dont la formule peu connue peut être remplacée par la suivante : sang-dragon et térébenthine des Vosges, de chaque, 100 grammes; eau 1 000 grammes. Faites digérer pendant douze heures; filtrez.
Eau végéto-minérale ou Eau blanche. — Voyez Acétates de plomb, Végéto-minérale (Eau).
EAU-DE-VIE (Chimie, Technologie). — L’eau-de-vie est un mélange d’eau et d’alcool provenant de la distillation des liquides fermentés, et qui contient en outre quel- ï ques substances propres à ces liquides, telles qu’une * huile volatile, et particulièrement une matière colorante jaune rougeâtre, produite par la dissolution du bois ' des tonneaux de chêne où elle est renfermée.
Tous les liquides sucrés qui, par suite de la fermenta- ; tion (voyez Fermentation), deviennent alcooliques peuvent donner des eaux-de-vie par la distillation. Aussi distille-t-on non- seulement les vins, les cidres, les poirés, les bières, mais encore les sirops de fécule, les mélasses de betteraves, ainsi que les fécules de pommes de terre, et de céréales, quand elles ont été préalablement transformées d’abord en sucre, puis en liqueur alcoolique.
Par suite on a des alcools de mélasse, de betterave, de grains, de pommes de terre, et d’autres eaux-de-vie qui portent différents noms suivant leurs provenances, telles que le tafia, le rhum, le kirsch, etc.
Quelle que soit la provenance de l’alcool, il est toujours isolé par la distillation dans des appareils particuliers. Comme sa température de vaporisation ne diffère pas beaucoup de celle de l’eau, on a dû améliorer le procédé de distillation , afin de laisser immédiatement le moins d’eau possible dans l’alcool condensé (voyez Distillation).
Ainsi, entre la chaudière et le serpentin réfrigérant, se trouvent des appareils destinés à enrichir d’alcool les | vapeurs qui s’élèvent, et à éliminer l’eau en la faisant i rétrograder vers la chaudière. Voici comment : ’
Pour enrichir d'alcool la vapeur qui s’élève de la 1 chaudm^e^on fait descendre d’un réservoir supérieur le \ liquide à distiller, d’abord dans deux vases à serpentin, le premier appelé réfrigérant, le second chauffe-vin ; puis dans le tronçon inférieur d’une colonne verticale i appelée colonne de distillation, et placé au-dessus d’une (
chaudière qui est chauffée par la chaleur perdue du !
foyer et qui communique avec une chaudière inférieure. ; Cette colonne renferme des capsules horizontales, les ? unes concaves, percées d’un trou au centre, les autres convexes et garnies sur leur surface bombée de fils de i cuivre. Tandis que le liquide tombe, comme de cascade en cascade, du centre d’une capsule creuse sur une capsule convexe, et de celle-ci goutte à goutte, par les fils de cuivre, dans la capsule concave inférieure, la vapeur qui s’élève de la chaudière supérieure passe, en grande partie, par le trou de la première capsule concave, s’éjuinouit autour de la capsule convexe supérieure, qui est • un peu plus large, et monte ainsi de capsule en capsule.
La vapeur s’enrichit donc d’alcool au contact du liquide 1 qui s’échauffe, tandis qu’elle laisse condenser les vapeurs d’eau moins volatiles qui retombent dans la chaudière supérieure, puis de là repassent à volonté dans la chaudière inférieure avec le liquide alcoolique déjà chauiTé et ayant déjà subi plusieurs distillations successives.
La vapeur, en continuant de s’élever, passe dans !e tronçon supérieur de la colonne appelé colonne de rectification, à travers des plateaux percés d’un large trou i et munis chacun d’un ajutage. Cet ajutage est recouvert d’une capsule renversée dont le bord inférieur descend ) au-dessous de l’ouverture de l’ajutage. La vapeur, pour 5 passer d’un plateau à l’autre, est donc obligée de barbo- i ter sous chaque capsule dans le liquide qui remplit les plateaux et qui provient de la condensation. Ce barbu- ' tage favorise encore la séparation de l’eau de l’alcool, ha j vapeur passe de là dans le serpentin du chauffe-vin.
Pour faire rétrograder Veau de condensation veri ^r. chaudière, chaque tour d’hélice du chauffe-vin commnnique, par sa partie la plus basse, avec un tube qui, au \ moyeu de robinets, peut, d’une part, ramener une pai tic plus ou moins grande du liquide condensé dans les plateaux de la colonne de rectification ; d’autre part, envoyer vers le réfrigérant la vapeur la plus riche en alcool qui achève de s’y condenser, de sorte que l’on peut régler à volonté le degré de l’alcool qu’on veut obtenir.
Le liquide condensé d^escend par chaque ajutage du plateau sur la capsule inférieure, et de plateau en plateau » dans les capsules de la colonne de distillation. f
Tel est, en résumé, le résultat des perfectionnements ap- ■ portés aux appareilsde distillation d’Edouard Adam, par Cellier Blumenthal, Derosne et Ed. Laugier, et qui ont pour but d’économiser le combustible et la main-d œuvi o.
Le dessin et la légende suivante [fig- 815) feront comprendre l’ingénieuse disposition de l’appareil à distillât icn
EAU
EAU
K, tuyau par lequel le liquide passe du réfrigérant dans la chaufiFe-vin.
D, chauffe-vin.
L, tuyau par lequel le liquide se rend du chauffe-vin dans la colonne de distillation.
B, colonne de distillation.
A, chaudière supérieure, recevant la chaleur perdue du fourneau et munie d’un indicateur de verre, faisant connaître le niveau du liquide qu’elle contient.
B', robinet mettant en communication les chaudières.
A', Chaudière inférieure, chauffée directement, et dans laquelle se rend finalement le liquide; elle est aussi munie d'un indicateur de niveau en verre.
Z, col de cygne par lequel la vapeur passe de la chaudière inférieure dans la chaudière supérieure.
C, rectificateur dans lequel monte la vapeur de la chaudière supérieure, après avoir traversé les plateaux de la colonne de distillation.
M, tuyau par lequel la vapeur passe au rectificateur dans le serpentin du chauffe-vin qui est entouré de liquide froid.
O, tuyau par lequel le liquide condensé passe du serpentin du chauffe-vin dans celui du réfrigérant.
S, éprouvette ou on recueille le produit de la distillation qui doit être froid d’où il coule dans le vase H. On voit dans le serpentin du chauffe-vin un tuyau de rétrogradation des eaux condensées. Il reçoit plusieurs petits tuyaux verticaux dont chacun correspond à un tour du serpentin inférieur.
On remarque aussi des robinets de rétrogradation pour faire retourner les petites eaux du serpentin sur les plateaux du rectificateur. Ils correspondent à des tours divers du serpentin du chauffe-vin. Plus on avance de la partie inférieure du serpentin vers le réfrigérant, plus les produits sont riches en alcool. Donc, si on ouvre le premier robinet, on fait retourner dans le rectificateur tout ce qui a été condensé dans la partie inférieure du chauffe-vin, jusqu’à ce robinet, et on reçoit dans l’éprouvette un liquide plus fort que si les trois robinets eussent été fermés. Si l’on ouvre les deux autres robinets, on ne recueille dans l’éprouvette que ce qui s’est condensé dans le dernier tour du serpentin. Ce sera le produit le plus riche.
R, robinet de vidange de A, que l’on ouvre quand le liquide est dépouillé d’alcool.
L’eaii-de-vie doit être bien claire, très-blanche, lorsqu’elle est nouvelle, un peu ambrée si elle est de trois ou quatre ans, très- jaune si elle est très vieille... Les eauxde-vie les plus estimées sont celles de la Charente. Toutes celles de ce département et celles de quelques cantons de la Charente-Inférieure figurent dans le commerce sous le nom eaux-de-vie de Cognac. Elles se distinguent par une finesse de goût et une délicatesse de parfum inimitable. Leur supériorité tient à ce qu’on les fabrique avec des vins blancs qui^ ayant fermenté sans la peau du raisin, n’ont pu se charger de l’huile âcre qu’elle renferme. On divise les eaux-de-vie de Cognac en deux qualités différentes : la fine-champagne et Veau-de-vie des bois, qui est moins appréciée. Les eaux-de-vie des ' deux Gharentes sont livrées au commerce de 49“ à 59“ centésimaux.
Parmi les eaux-de-vie communes, celles d’Armagnac tiennent le premier rang; elles sont expédiées à 50“. Celles de Montpellier sont les plus communes; leur force alcoolique est comprise entre 60 et 00“.
Il est peu de paj^s vignobles qui ne fabriquent des eaux-de-vie. On appelle preuves les divers degrés des eaux-de-vie potables. Voici les titres de celles du commerce : les eaux-de-vie faibles varient de 37“,9 à 46“,5de l’alcoomètre de Gay-Lussac (1G“ à 18“ G.); Teau-de-vie ordinaire, preuve de Hollande, de 60“,1 à 5a“,4 (19“ à -0“ G.) ; agitée dans un verre, l’eau-de-vie à 60“ (19“ C.) donne des bulles qui persistent , ce qui n’a lieu ni audessus ni au-dessous de ce titre. L’eau-de-vie forte varie de 50°,5 à 59“,2 (2l“ à 22“ G.). S’il y a plus d’alcool, le liquide s’appelle esprit de vin.
On désigne dans le commerce sous le nom di'espriide-vin ou de l’alcool de vin qui marque 85“ cent,
ou 33“ de C., parce que 3 parties mélangées à poids égal avec de l’eau produisent 6 parties d’eau-de-vie potable, preuve de Hollande, à 50“. Le trois-cing serait de l’alcool qui, mélangé dans la proportion de 3 parties en i poids avec 2 parties d’eau, donnerait 5 parties en poids d’eau-de-vie à 50“.
Les trois-six sont employés exclusivement dans la fabrication des liqueurs et dans le mouillage des eaux-devie communes. Les trois-six fins ou bon-goût doivent être très-limpides et sans arôme. Les mauvais-goût se reconnaissent, soit à un goût d’erapyreume provenant d’une distillation peu soignée, soit à un goût de chaudière qui I provient d’une rectification trop pressée, soit à un goût I de marc, de betteraves, quand les esprits sont fabriqués I avec ces matières. Pour déguster les trois-six, on les étend de moitié en volume avec de l’eau; on développe
continue, qui est en usage dans presque toutes les dist illeries.
L’eau-de-vie contient de 40 à 65 p. 100 d’alcool.
La dénomination d’eau-de-vie est plus spécialement donnée au produit de la distillation du vin , mais on dit aussi eau-de-vie de grains, de betterave, etc .
Eaux-de-vie de vins. — Leur qualité dépend de la maturité du raisin, des soins apportés à la vinification, de la conduite de la distillation, de l’espèce de vins, etc. Les vins vieux en donnent d’une qualité supérieure, les vins sucrés d’excellentes, les vins blancs de meilleures que les rouges.
Les vins communiquent aux eaux-de-vie qu’on en retire leur goût de terroir : ainsi le Saint-Péray donne l’odeur de la violette ; le vin de Côte-Rôtie, le goût de pierre à fusil ; les vins de la Moselle, celui d’ardoise, etc.
Fig. 816. - Appareil distilJatoire de Cellier Blumenlhal, construit par Derosne.
G, réservoir dans lequel ou élève les matières à distiller. r, robinet et boule flottante servant à l’écoulement du liquide.
La boule flottante fait mouvoir la clef du robinet selon la hauteur du liquide que l’on veut avoir dans le vase suivant.
E, vase régulateur pour l’écoulement du liquide dans l’appareil. Ce vase est muni d’un robinet, an moyen duquel on déteimine la quantité de liquide qui doit couler dans un temps donné, suivant l’activité de l’opération.
L tuyau d’introduction du liquide dans le réfrigérant.
E, refi igérant
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ainsi l’arome que les esprits pourraient contenir. On reconnaît encore i’odeur des esprits mauvais-goùt, en en versant quelques gouttes dans la paume d’une main et en frottant vivement avec l’autre, afin de produire une évaporation instantanée ; on approche ensuite les mains près du nez.
Très-souvent les débitants fabriquent des eaux-de-vie en coupant les trois-six avec de l’eau pour les ramener à 50% parce qu’ils économisent sur les transports et ‘les frais. Ils les colorent ensuite avec du caramel, du suc de réglisse et du cachou, et ils les aromatisent de diverses manières.
Eaux-de-vie de marc. — Elles se font surtout en Languedoc, puis en Bourgogne, en Champagne, en Lorraine. Le meilleur procédé de distillation consiste à faire fermenter le marc de raisin avec un peu d’eau tiède dans une cuve hermétiquement fermée, à soutirer le liquide et à en remplir une chaudière dont la vapeur servirait à distiller le marc lui-même dans un appareil cylindrique. On obtient ainsi du premier jet de l’eau-de-vie à 50“ ou 55“ cent., sans goût de brûlé ou d’empyreume. Les travaux de M. Aubergier ont démontré que le principe d’infection d’alcools de marc réside uniquement dans la pulpe du raisin ; pour l’éliminer, il suffit donc de rejeter cette pulpe, soit au moyen de vinasses, soit autrement : 2 litres de bonne huile d’olive par hecfolitre absorbent l’huile essentielle de la pulpe du raisin, et font disparaître après le soutirage le mauvais goût qui rend ces eaux-de-vie impotables.
Eau-de-vie de cidre. — On distille le cidre comme les vins et avec les mêmes appareils. Oi’dinairement on obtient de 7 à 8 litres d’alcool pur, ou i5 litres à peu près d’eau-de-vie à 50“ par hectolitre de. vieux cidre. L’eaude-vie de marc a une odeur forte et désagréable, que l’on peut enlever par la rectification, mais qui est recherchée par quelques consommateurs.
Eau-de-vie de poiré. — Le poiré est le jus de poires. On en retire de l’eau-de-vie comme du cidre, à peu près de 15 à 18 litres d’eau-de-vie à 50“ par hectolitre de poiré.
Eau-de-vie de bihe. — On distille la bière comme le vin. On se sort ordinairement de bière avariée et on opère presque toujours à feu nu, de sorte que l’eau-devie a un goût détestable d’empyreume.
ïihum et tafia. — Eau-de-vie obtenue de la distillation d’une liqueur fermentée, préparée avec la mélasse de la canne à sucre. Le rhum est l’eau-de-vie de mélasse fabriquée avec soin; le tafia est celle qui a moins de parfum et de qualité. Il nous vient d’Amérique, principalement des Antilles, de la ‘Jamaïque, de la Guadeloupe ; sa force alcoolique est ordinairement de 5i“ à 55". Il est ordinairement blanc et diaphane quand il vient d’être distillé. Mais, pour lui donner une couleur jaune ambré et un goût particulier, on fait infuser dans une partie du liquide des proportions variables de pruneaux, de râpures de cuir tanné, de clous de girofle, de goudron, etc., et on complète la coloration voulue en y ajoutant une quantité convenable de caramel.
Kirsch., par abréviation du mot allemand Kir.'^chenwasSer (eau de cerises). — C’est le produit de la distillation d’une liqueur fermentée, faite avec des cerises sauvages. Cette fabrication se fait en grand dans la forêt Noire, en Allemagne, en Suisse et en France, dans une petite partie des départements de la Haute-Saône, des Vosges et du Doubs. La liqueur provenant des merises écrasées, après avoir fermenté six à huit jours dans des cuves, est tirée à clair et transportée dans un alambic où on la distille à la vapeur. Dans les campagnes, on distille à feu nu , ce qui donne un produit de mauvais goût .
Esprit ou trois-six de betteraves, — Le jus sucré des betteraves se transf'irme par la fermentation en .alcool qui, comme tous les produits fournis par les racines, contient une huile essentielle qui lui communique une odeur et une âcreté particulière. Mais, si cet alcool est rectifié avec soin, il est déb.irrassé de celte huile essentielle et peut remplacer l’esprit-de-vin dans tous les usages où celui-ci est employé.
Eau-de-vie de grains. — Eau-de-vie fournie par la distillation des li(iuides alcooliques qu’on obtient en faisant fermenter les liqueurs provenant de la transformation en sucre de l’amidon des céréales. Les céréales que l’on traîne le plus souvent pour la distillation sont le seigle qui convient le mieux , puis l’orge dont l’alcool est supérieur; mais le froment, l’avoine, le sarrasin et le mais peuvent être employés avantageusement dans cer-
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taines circonstances. Le rendement alcoolique varie avec leur nature, leur état de conservation et la conduite de ’ l’alcoolisation. En moyenne, iiiO kil. de froment donnent 21 litres d’alcool pur; 100 kil. de seigle, I9 litres; 100 kil. d’orge, 18 litres; 100 kil. d’avoine, 10 litres; 100 kil. de sarrasin, 18 litres; 100 kil. de maïs, 18 litres; 100 kil. de riz, 22 litres.
Genièvre. — Eau-de-vie de grains aromatisée avec des baies de genièvre, pour dissimuler la mauvaise odeur de ce produit alcoolique. En général, 1 kil. de baies suffit | pour aromatiser 1 hectolitre d’alcool. Les baies écrasées sont ajoutées aux produits qui doivent être redis- I tillés.
Eau-de-vie de pommes de terre. — Eau de vie fournie j pa,r la distillation du liquide alcoolique qu’on obtient en j faisant fermenter les liqueurs piovenant de la sacchari- { fication de la fécule de pommes de terre. Le rendement ? alcoolique dépend de la perfection de cette saccharifica- I tion. Généralement 100 kilos de fécule produisent 35 à i 40 litres d’alcool pur. L’alcool de fécule rectifié est d’uu ( goût excellent et très-fin ; il peut être employé à tous les ! usages des trois-six de Montpellier, et même améliorer ce i dernier, si on mélange à 2 parties 1/2 de celui-ci une partie ’! d’esprit fin de fécule. Les eaux-de-vie de pommes de i terre non rectifiées agissent souvent d’une manière fu- ’ neste sur l’économie animale, soit parce qu’elles contiennent un principe âcre et volatil, soit parce qu’elles renferment de la solanine et de l’acide prussique.
Eau-de-vie allemakde. — Purgatif énergique composé ' de jalap, l75 grammes; racine de turbith, 15 grammes; scammonée d’Alep, 30 grammes; alcool à 56« centés.,
1 500 grammes.
Eau-de-vie camphbée. — Bon résolutif. Camphre,
60 grammes; alcool à 56“ centés., 2 500 grammes ; faites dissoudre et filtrez.
Eaü-de vie de gaïac. — Voyez Gaïac, Teinture.
Eau de violette. — C’est un alcoolat d’iris de Florence, ainsi nommé à cause de son odeur de violette. Il se prépare avec : iris de Florence en poudre^ 50 grammes que l’on fait macérer dans alcool à 36", 500 grammes; distillez au bain-marie.
Eau vulnéraire bouge. — Prenez : feuilles fraîches de basilic, de calament, d’hysopc, de mélisse, de menthe, de romarin, desauge, de thym, d’absinthe et de plusieurs autres labiées, de chaque, 32 grammes, que vous ferez macérer dans alcool à 80“ centés., 1 000 grammes; filtrez. C’est un stimulant (quelques grammes dans un demi-veri e d’eau sucrée à l’intérieur). Employé pur ou très-peu étendu d’eau en fomentation sur des contusions ; il est résolutif.
EAUX ACIDES (Eaux minérales). — Il existf', dans quelques parties de l’Amérique, un petit nombre de sources qui contiennent des acides sulfuriijue, borique, chlorhydrique libres ; ainsi à Panama, au Mexique, etc. On a signalé en Espagne une source minérale qui sort des mines de Rio-Tinto, province de Huclva (Andalousie), et (]ui contient des acides sulfurique et arsénieux libres.
Eaux acidulés. — Voyez Seltz [Eau de) et Eaux minérales (Chimie).
Eaux alcalines. — Cette désignation, donnée par la plupart des hydrologistes, n’ost pas adoptée par les auteurs du DicHonnaire des eaux minérales., qui leur donnent le nom bicarbonatées sodiques. Elles sont, en effet, remarquables par la présence en quantité notable des bicaibonates de soude , Vichy, Vais, Ems), de chaux et de magnésie (Contrexeville, Pougues). Du reste, ces sels et d’autres bicarbonates y existent presque toujours simultanément, mais alors eu faible quantité. Elles sont, en général, saturées d’acide carboniiiue libre et ont, pour cette raison, été classées, à tort, parmi les acidulés gazeuses par quelques auteurs. Ce gaz, en s’échappant au contact prolongé de l’air, réduit les bicarbonates en carbonates insolubles, ce qui détermine quelquefois la formation de ces curieuses incrustations qui constitue une petite branche de commerce aux eaux de Saint-Allyre, de Gimeaux, de Saint-Nectaire, toutes trois dans le Puyde-Dôme. Aussi leur a-t-on donné vulgairement le nom d'eaux incrustantes. Les principales eaux alcalines, outre . celles que nous avons citées, sont : Aix en Provence, | Bains, Bilin, Garlsbad, Cusset, Evian, Tœpliiz, Vittel, etc. , a r '
Eaux-Bonnes (Médecine, Eaux minérales).^ — Station
minérale dépendant du village d’Aas, arrondissement et
à 28 kil. S.-S.-E. d’Oleron (B:i>se.vPyrénées), 42 kil. S, de Pau, située dans la vallée d’Ossan. Parmi les sources.
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au nombre de sept, la seule dont on fasse aujourd'hui presque exclusivement usage, est la source de la buvette ou la source vieille^ dans laquelle M. Filhol signale particulièrement par litre: sulfure de sodium, 0®,02l ; chlorure de sodium, 0®,2G4 ; une matière organique, 0^,048 ; puis quelques sulfates alcalins, du silicate de soude, de la silice, etc. Ainsi un bain ordinaire de ces eaux ne contient pas moins de 86 grammes de chlorure de sodium. Mais c’est surtout en boisson qu’on les emploie ; on commence par quelques cuillerées, et en augmentant successivement on arrive à trois ou quatre verres au plus, le matin, à jeun, de quart d’heure en quart d’heure, pures ou coupées avec un peu de lait. Les différentes sources des Eaux-Bonnes sont : 1* source de la buvette; 2" source supérieure; 3® source inférieure; 4® nouvelle source du mcher; source froide ov\ du bois; G** source d'Ortech w<> 1 ; 7® source d'Ortech n® 2, dont la température varie de 12® (source du bois) à 32® (source de la buvette). Ces eaux sont éminemment excitantes ; aussi ne doit-on les employer que lorsqu’il n’y a aucun symptôme d’irritation. C’est surtout dans la phthisie pulmonaire qu’elles ont rendu de véritables services, mais particulièrement dans les pthisies scrofuleuses ou lympliatiques, lorsqu’il n’existe aucun symptôme d’acuité , lorsque la tuberculisation est à l’état stationnaire, qu’il y a absence de congestion sanguine et surtout d’éraoptysie active. Les mômes observations seront faites à propos du catarrhe pulmonaire; quoique ici il y ait moins à craindre l’excitation momentanée produite par le traitement. Elles sont aussi employées avec succès dans les cas d’angine laryngée, d’angine glanduleuse, lorsqu’il n’y a pas trop d’excitation. F — n
Eaüx-Chaudes (Médecine, Eaux minérales). — ;On appelle ainsi une station d’eaux minérales de la chaîne des Pyrénées, situéeà4kil . des Eaux-Bonnes (voyez ce mot), et qui sont ainsi nommées, non pas à cause de l’élévation obsolue de leur température, mais parce que quelquesunes des sources sont un peu plus chaudes que les Eeaux- Bonnes. Elles appartiennent au groupe des eaux sulfuriées sodiques et sont au nombre de six, connues sous les noms de ; M'ainvielle, température 10°,6 ; de YArressecq^ 24®, 5; de Baudot, 26®,6; du Rey, 33®,5 ; de YEsquirette^ 35®,0; du C/d/, 3G®,4. Leur sulfuration varie de 0®,0052 de sulfure de sodium (Mainvielle) à 0^,0090 (du Clôt et du Rey). Elles sont employées indistinctement en boisson, en bains, en douches; mais la source de Baudot est la plus fréquentée par les buveurs. Moins excitantes que les Eaux-Bonnes, que celtes de Barèges, elles se rapprochent par leurs propriétés thérapeutiques des eaux sulfureuses des Pyrénées. Cependant, les rhumatismes chroniques, les rhumatismes nerveux, les affections de la peau, quelques maladies des femmes sont particulièrement traités aux Eaux-Chaudes, F — N Eaox distillées. — On appelle ainsi les eaux chargées par la distillation des principes volatils des plantes. Elles acquièrent une odeur plus ou moins forte suivant l’espèce de plante sur laquelle l’eau est distillée; et'Deyeux et Clarion ont prouvé que c’était sans fondement que certains médecins avaient regardé comme dénuées de propriétés les eaux distillées des plantes inodores {Ann. de chimie, t. LVI); seulement il faut avoir la précaution de cohober plusieurs fois le produit sur de nouvelles plantes (voyez Gohobation). Mais la plupart de ces eaux se distinguent par une odeur forte qu’elles paraissent ! devoir à une certaine quantité d’huile volatile ; telles sont I les eaux de roses, de romarin, de fleurs d’oranger, etc;
! Cependant il en est qui ne contiennent pas d’huile vola- [ tile, comme celles de tubéreuse, de violette, etc., qui [ doivent leur odeur à un principe encore inconnu désigné I sous le nom dé arôme. Il résulte de ce qui vient d’être dit I qu’on peut diviser les eaux distillées en : eaux distillées \ des plantes inodores, telles que la pervenche, le bleuet,
! la mauve, la fumeterre, la scabietise, la bardane, la bourrache, le plantain, la laitue, etc. ; eaux distillées de plantes à arôme; les fleurs de tilleul, de mélilot, de sureau, de serpolet, etc.; enfin les eaux distillées des plantes qui contiennent une huile volatile; ce sont, en général, celles que l’on extrait des plantes de la famille dos Crucifères, de ct'lle des Labiées, etc.
Eaux douces. — Voyez Eau (Hygiène).
Eaux (Épuisement des) (Génie civil). — Opération qui a pour but de rendre à la culture des terres couvertes de nappes d’eau plus ou moins considérables. On y procède soit par le comblement ou rehaussement du sol, soit par Yécoulcment ou Y enlèvement des eaux. Nous renvoyons aux mots Rehaussement et Inondation, pour le comble-
ment ; nous allons traiter ici des deux autres modes, en prenant pour Dessèchement de la mer ou lac
de Harlem, et celui des marais Pontins. *
La mer ou lac de Harlem était dans la Hollande septentrionale, entre Harlem, au N.-E. de cette ville, Amsterdam, au N.-O., et Leyde, au S.-E., à 2 kil. environ de la première, et 5 à 6 kil. des deux autres. Ce fut une dépression de terrain, que la mer du Nord envahit au XVI® siècle, et qui communiqua avec le Zuyderzée, par le golfe de l’Y. Sa superficie de 3 700 hectares, en 1506, était arrivée successivement, de nos jours, à 18200, par la corrosion de ses bords, lorsqu’en 1838, le gouvernement néerlandais en fit voter le dessèchement par les états généraux. Le lac figurait une ellipse presque triangulaire, de 20 kil. du N.-E au S.-O., sur 10 kil. du S.-E. au N.-O., entièrement remplie par une masse d’eau de 4 mètres de profondeur. — Le fond du lac étant encontrebas du niveau de la mer, il fallut procéder par la voie de Y enlèvement. On ferma par une digue la communication avec le golfe de l’Y; on construisit ensuite tout autour du lac un canal’ de ceinture, de 60 kil. de dévelopment, destiné à recevoir les eaux d’épuisement et à les conduire à la mer par trois grands débouchés créés à Katwick, Halfwége et Spaardam. On installa à chacun de ces points, correspondants aux trois côtés des triangles, une machine à vapeur de la force de 400 chevaux, pour travailler à vider le lac.
Les travaux commencèrent en 1840 et furent terminés en 1865. Quand on eut effectué l’épuisement, on assainit le fond du lac en le divisant par divers petits canaux se croisant à angles droits, recueillant les eaux de suintement et pluviales, et les portant au pied des grandes machines qui les enlèvent incessamment. Le niveau de ces canaux est maintenu à 1“,60 en contre-bas du sol, de sorte qu’une excessive humidité ne peut nuire à la végétation; sur leurs berges circulent des routes empierrées, facilitant le service de la culture. — Le canal supérieur ou de ceinture est en même temps un canal de navigation, large de 40 mètres, sur lequel des galiotes glissent paisiblement. Un bac fait le service à travers ce canal pour communiquer au ci-devant lac, véritable île creuse, surmontée d’eau de toutes parts.
Les 18 000 hectares conquis sur la mer sont ainsi aménagés : les digues, les canaux, les routes et les terrains de services publics en occupent 1 000 ; le reste, divisé par exploitations de 50 à 150 hectares, avec bâtiments, est en culture, et leur mise en valeur ainsi fixée ;
Hectares.
Prairies de trèfle 8 100
Céréales (froment, seigle, avoine) 6 900
Racines (pommes dé terre, carottes). . . 600
Plantes industrielles (colza; lin; garance) 1 000
Cultures diverses (pépinières, légumes).,.. 400
Deux communes sont dans le fond du ci-devant lac, avec deux églises catholiques, deux temples protestants, et leurs écoles. Le nombre des habitants dépasse 8000. Un syndicat veille à la conservation du polder (nom de tout terrain ainsi conquis au fond des eaux) : il dispose d’un revenu annuel de 650000 francs, où figure pour 340 000 francs un impôt spécial de conservation, à 20 francs par hectare. L’entretien des digues coûte 70000 francs, et les frais des machines d’épuisement 200 000 francs. — Le dessèchement proprement dit fut opéré en douze ans. On y dépensa 23 millions de francs, y compris les travaux de protection des trois villes situées aux trois côtés du lac. La vente des terrains a produit i6 millions de francs. Jamais un travail d’épuisement aussi colossal n’avait été entrepris par la vapeur : l’opération a été bonne à tous les points de vue, et l’expérience a démontré qu’on n’a pas tiré du sein des eaux un pays fiévreux, mais un sol parfaitement sain et hospitalier. En Hollande, les dessèchements de ce genre ont toujours été des assainissements : depuis le xvi® siècle jusqu’à nos jours, on y a créé 1G6 300 hectares de polders! la population s’est accrue, et la prospérité a augmenté à proportion de ces conquêtes. Voyez Annales des ponts et chaussées, année 18G0, sept, et octob.
Les marais Pontins. — Il s'agira ici du procédé par écoulement. L’exemple sera théorique pourla plus grande part, et pratique pour la moindre, car cet immense travail, sept à huit fois plus considérable que le précédent, est bien loin d’être terminé. Les marais Pontins s’étendent à la pointe méridionale des Etats de l’Eglise, entre
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h mer Tyrrlicnienno, à TE. et au S., et des diramations de la chaîne des Apennins aux autres orients. Le bassin des marais commence à Cisterna, ville à 46 kil. S.-E. de Rome, et s’étend jusqu’à Terracine, sur une longueur de 47 kil. La partie submergée se montre au village de Tortreponti, à 65 kil. en deçà de Cisterna, et mesure 32 kil. de longueur, sur 17 à 18 kil. de largeur. La superficie générale du bassin égale 130261 hectares, dont 30 329 sont submersibles temporairement, et 17 321 constamment sous l’eau. C’est une grande plaie pour le pays, et qui le rend à peu près inhabitable dans un assez grand rayon ; aussi a-t-on, dès l’antiquité, essayé bien des tentatives pour la faire disparaître. La première est celle de Cornélius Céthégus, consul l’an 549 de Rome, 201 ans av. J. C. On ne sait rien sur le résultat. César méditait ce dessèchement lorsqu’il périt assassiné. Auguste l’entreprit, et l’on croit qu’il ouvrit au N.-E., à 1 000 mètres environ de la voie Appia, parallèlement à cette voie qui traversait les marais, un canal tout à la fois d’écoulement et de navigation ^dont parie Horace (I Saf. v) , et qui allait de Forum Appii, presque en tête des marais, jusqu’à Terracine : ce canal subsista sous le nom de Fossa del la Torre^ jusqu’au temps de Pie VI. Trajanfit aussi travailler aux marais Pontins, qui depuis paraissent avoir été abandonnés jusqu’au temps de Théodoric : ce prince reprit la grande affaire de leur dessèchement, qu’il confia au patricien Décius, vers la fin du vi' siècle et au commencement du vu®. Il y aurait réussi d’après une inscription qui se voit encore à Terracine; mais cela paraît fort problématique, au moins pour un succès complet, quand on connaît ce qui a été tenté par Pie VI, puis par l’administration française, travaux dont nous parlerons tout à l’heure. A l'invasion des Barbares, qui suivit le règne de Théodoric, tout retomba dans l'abandon. Au xiii® siècle, on recommença de s’occuper de ces éternels marais, toujours renaissants comme une hydre, et, jusqu’au siècle dernier, dix-huit papes y ont mis la main. Léon X, Sixte V et Pie VI ont fait les travaux les plus irnpoitants : au commencement du XVI® siècle, Léon X créa un gi and canal d’écoulement vers la mer, le Portatore di Bodino^ qui existe encore, et Sixte V, en J 588, ouvrit un autre canal important dans la partie sud, qui, de son nom, porte encore le nom de fhune Sisto. Pie VI, mieux inspiré ou plus hardi, conçut un plan d’ensemble pour le dessèchement des marais. Les travaux, commencésen 1777 et poursuivis jusqu’en 1796, coûtèrent 6 323000 francs, non compris divers édifices. Pie VI crut avoir réussi; mais des lacunes importantes et des erreurs dans l’étude préalable de l’ingénieur Rapini, chargé des travaux, finirent par rendre cette réussite encore incomplète. Néanmoins, il y eut un grand pas de fait, car les marais qui, avant la noble entreprise du pape, ne donnaient qu’un produit de 32 000 francs environ, rapportèrent alors 700000 à 800 000 francs, tandis que leur entretien coûtait à peine 22000 francs. En outre, l’insalubrité du pays fut sensiblement diminuée.
Projet et travaux de l'administration française. — Un des caractères distinctifs du grand débordement du premier Empire français sur la plupart des royaumes de l’Europe, fut do faire marcher partout la civilisation à la suite de la conquête; ainsi, quand Napoléon I®% pp un immense coup d’autorité, eut réuni les États de l’Église à l’empire (juillet 1809) , treize ou quatorze mois après (septembre 1810), cet homme, avide de toutes les gloires, ordonnait l’assainissement du vaste désert qui enveloppe l\ome au S.-O. de VAgro romano. Une commission recevait des instructions embrassant la presque totalité des objets propres à ramener la prospérité dont cette campagne avait joui dans l’antiquité. La variété de connaissances qu’exigeait un aussi grand travail força les commissaires de se le partager. De Prony, directeur de l’école des ponts et chaussées de France, était un des commissaires, et eut à s’occuper des marais Pontins. Il commença par en faire une étude complète pour connaître exactement le volume maximum des eaux qui s’y rendent. Ce devait être le point de départ et la base de tout le système à établir pour leur écoulement. Son examen embrassa jusqu’aux bassins des fleuves et des lacs situés derrière les montagnes qui bornent les marais au N.-E., au N. et au N. -O. ; il reconnut qu’ils sont tous supérieurs au bassin Pontin, et que, par conséquent, une partie des eaux de leurs nappes souterraines viennent s’y verser, il arriva à cette conclusion que les sources, les fleuves, les torrenis les eaux pluviales directes, versent annuellement d.ans les marais Pontins un volume d’eau de 235257 739 mètres cubes. D’une autre part, il reconnut
que les eaux les plus hautes du bassin Pontin sont à 28“,08 au-dessus du niveau de la mer ; dans les marais mêmes à 10“*,40, et -les plus basses, sauf deux points, à 1“,08. Enfin, l’améipgement des eaux, suivant leur nature, lui parut aussi de la plus haute importance. Voici comment il s’exprime sur ce point, ainsi que sur les canaux d’écoulement, dans un Mémoire lu à l’Académie des sciences de Paris, en 18i5.
« Les eaux qui inondent le sol Pontin, et, en général, celles qui forment les marais de très-grande étendue, doivent être séparées en deux classes dont la distinction est fort essentielle, savoir : 1® les eaux courantes, soit pérennes, soit de torrents, qui traversent ce sol. et dont les bassins et les sources sont, ou hors de sa surface, ou sur son périmètre ; 2® les eaux que le sol marécageux reçoit immédiatement par les pluies, les sources et les surgissements divers compris dans l’intérieur de son périmètre. Il faut, pour chacune de ces classes d’eau, un système particulier de canaux émissaires, et les deux systèmes se rapportent à des travaux séparés et successifs, dont la confusion et la cumulation ont été suivies, sous Pie VI, des plus graves inconvénients. D’après la loi de la séparation des travaux, on doit absolument exclure de l’intérieur des marais toutes les eaux de la première classe, sauf une très-petite portion nécessaire pour donner de l’activité à l’ immission des eaux pluviales, rafraîchir leurs fosses d’écoulement et empêcher les obstructions et atterrissements ; une autre conséquence de la même loi, relativement à la succession des travaux, est l’expulsion préalable des eaux de première classe avant de s’occuper des travaux qui concernent les eaux de la seconde, afin de se prémunir contre les avaries et les obstacles de tout genre qu’on aurait à redouter en creusant les canaux émissaires des eaux intérieures ou de seconde classe, et d’être sûr que ces canaux ne recevront rien au delà des quantités de fluide pour lesquelles leurs pentes et leurs sections auront été calculées.
« Les canaux émissaires des eaux de première classe sont des canaux d’enceinte, qui doivent avoir les pentes et la capacité nécessaires pour débiter toutes les eaux qui y seront jetées, et, de plus, pour ne former de dépôt dans aucune partie de leurs lits, ce qui exige que les vitesses du fluide, aux ditférents points de son cours, soient croissantes, ou du moins constantes, de l’origine supérieure à l’embouchure; et cette condition doit être rendue compatible avec des déclivités décroissantes. La difficulté de cette combinaison de conditions a fait échouer ou rendu inadmissibles les projets précédemment proposés pour l’écoulement des eaux de la partie nord-ouest des marais Pontins, qu'on appelle eaux supérieures ; et cette difficulté est augmentée par la nécessité où l’on est, eu égard à d’autres conditions locales, de tenir les lignes de direction des canaux de ceinture voisines du périmètre des marais, ce qui ôte la ressource naturelle et ordinaire des développements : aussi les anciens projets dont je viens de parler n'ont-ils fait que substituer des torrents artificiels à des torrents naturels.
« Je crois avoir satisfait aux conditions embarrassantes du problème, en faisant de mes canaux émissaires des eaux supérieures une suite de biefs consécutifs, dont chacun, sous une déclivité constante sur sa longueur, mais différente de celle des autres biefs, aboutit à une chute (de 2 à 4 mètres) dont le point inférieur est l’origine du bief suivant. Ces chutes remplissent, à certains égards, les fonctions des écluses; mais elles sont infiniment plus économiques, parce qu’elles sont délivrées de toutes les parties de la construction qui concernent la navigation; et cependant, par leur moyen, je puis, spr une ligne de direction quelconque, graduer à volonté les déclivités et les vitesses, de manière à satisfaire à toutes les conditions exigibles pour le mouvement de l’eau. J’aî fixé le minimum de longueur de chaque bief à 2 000 mètres, afin que l’eau y acquière et y conserve, sur une longueur convenable, un régime constant.
« Les canaux ainsi formés doivent conduire des eaux ou pérennes ou de torrents, et il y avait, pour ces dernières, un sujet de recherche bien important, celui du maximum de produit qu’elles peuvent fournir en un jour. Cette détermination exigeait le concours de différentes données, dont les principales sont les étendues et les conformations des bassins où se rassemblent les eaux de torrents et les plus grandes épaisseurs des couches d’eaux pluviales qui peuvent y tomber en un jour. Je suis parvenu, en combinant ces données, à une règle applicable au sol Pontin pour calculer le produit du canal émissaire, si simple, que je puis en donner un énonce
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tvès-intelligible sans le secours des caractères algébriques; le voici : «Divisez par 100000001e double delà « surface du bassin du torrent, exprimée en mètres carrés, « et le quotient sera, en mètres cubes, le volume d’eau c que le canal émissaire doit débiter pendant chaque se- « conde de temps. » Au moyen de cette formule, il ne me restait plus, pour fixer la déclivité et les dimensions des canaux émissaires, qu’à suivre les règles établies dans un ouvrage sur les eaux courantes^ que j’ai publié en 1804.
« Pour avoir égard aux grandes variations des quantités d’eau que ces canaux doivent débiter, j’ai combiné les règles dont je viens de parler avec la composition d’un type de profil transversal, composé de deux trapèzes, et dont les diverses parties ont entre elles des relations assujetties à des lois analytiques ; j’espère que cette composition de profil pourra intéresser les ingénieurs.
« Ce que je viens de dire, poursuit de Prony, s’applique particulièrement aux eaux appelées supe'rieures , qui infestent l’extrémité occidentale des marais ; la partie orientale reçoit des courants qui méritent aussi une trèssérieuse attention, et dont les principaux sont V Amazeno^ VUffente et la Scaravazza : j’ai proposé des améliorations aux travaux considérables qui ont été faits dans cette partie. Le débouché dans le canal Pio (la linea Pia)y des trois fleuves que je viens dénommer, est on ne peirt plus mal disposé ; on remédiera à cet inconvénient par la construction d’un nouveau pont qui remplacera celui qu’on appelle Ponte Maggiore.
« L’Uffente présente sur une partie de son cours une difficulté bien embarrassante : la digue droite de cette partie s’affaisse continuellement, et la nature du sol inférieur est telle que je suis d’avis de renoncer aux rechargements. Après avoir examiné les différents remèdes à apporter au mal, j’ai reconnu que le seul praticable, et qui présente d’ailleurs beaucoup d’avantages pour les terrains riverains, est le recreusement du lit qui rendra les digues inutiles, en laissant une déclivité d’écoulement très-suffisante...
« Lorsqu’on a pourvu à l’écoulement des eaux que j’ai appelées de première classey il faut s’occuper des eaux que j’ai rangées dans la seconde classe, celles que ce sol marécageux reçoit immédiatement, soit par des pluies, soit par divers surgissements qui ont lieu sur sa surface. La première chose à déterminer dans les recherches qui ont ces eaux pour objet est le tracé sur la surface du sol d’une ligne ou d’un axe que j’ai nommé axe principal d'écoulement. Pour définir cet axe par sa propriété caractéristique, on peut imaginer qu’à un instant déterminé toute la surface du sol est couverte d’une couche d’eau dont les molécules, abandonnées ensuite à la pesanteur, viennent d’elles-mèmes, par un mouvement transversal, se ranger sur une ou plusieurs lignes courbes longitudinales, dans la direction desquelles elles continuent leur écoulement. Je dis une ou plusieurs lignes courbes longitudinales, parce que Vaxe principal d' écoulem.ent peut être unique ou multiple, suivant la nature des surfaces ; mais la considération du premier cas suffit pour les marais Poutins. C’est suivant la direction de cet axe principal qu’il faut creuser le canal émissaire des eaux intérieures, que j’ai appelé canal central, mais, eu égard à sa destination spéciale, il faut en écarter soigneusement les eaux extérieures, sauf les restrictions ci-dessus indiquées, et chercher les moyens les plus efficaces de faciliter aux eaux intérieures l’approche de ce canal, à laquelles’opposentordinaireraentdivers obstacles provenant du peu de déclivité transversale du sol marécageux, delà végétation, etc. Je remplis cette dernière condition en pratiquant, à droite et à gauche du canal ceritral, d’autres canaux que je désigne sous le nom de fosses auxiliaires longitudinales, dont le nombre dépend essentiellement des dimensions et de la déclivité transversale du marais, et dont on rend les débouchés dans le canal central aussi favorables qu’il est possible à l’écoulement, par des règles déduites de la théorie et de l’expérience. Je puis encore citer celle qui sert à déterminer l’angle que la ligne de dérivation de la fosse auxiliaire doit faire avec la direction du canal central qui lui sert de récipient : « Divisez la déclivité du canal central par celle de « la ligne de plus courte distance entre ce canal central « et la fosse auxiliaire, au point de dérivation ; le quo- « tient sera la tangente de l’angle que la ligne de déri- « vation doit faire avec la ligne de la plus courte dis- « tance. »
« Le grand canal Pio (la linea Püi), qui borde la voie
Appia, a été creusé dans une direction assez rapprochée de Vaxe principal d’écoulement pour qu’on i)uisse lui en attribuer les fonctions, et il les remplira très-bien lorsqu’on aura fait quelques améliorations à son lit, et qu’on n’y jettera que les eaux dont il doit être le porteur. Des fosses, ou abandonnées très-mal à propos, ou négligées, pourront, lorsqu’ellesaurontété rouvertes, recreusées, etc., servir de fosses longitudinales auxiliaires, et le mouvement transversal des eaux, tant sur ces fosses que sur le canal central, sera facilité par des fosses perpendiculaires à ce canal, que j’ai appelées milliaires, parce que le pape Pie VI les a fait creuser dans des directions correspondantes aux emplacements des colonnes milliaires antiques qui indiquaient les distances sur la voie Appia...
« Toutes les eaux de première et de seconde classe ont un débouché commun à la tour de Bodino : je fais voir, avec beaucoup de détail, les grands avantages de cette unité de débouché, et je démontre les graves inconvénients de la séparation des eaux supérieures, que quelques ingénieurs ont voulu évacuer par la fosse appelée Fosso Martino ; cette immense excavation est, selon toute apparence, le résultat d’une spéculation que son mauvais succès a fait abandonner. »
Tel est l’exposé sommaire de de Prony. Il expose ensuite que plusieurs projets antérieurs avaient recommandé d’employer le système des colmates (voyez Inondations) ou comblements pour les marais Pontins, et prouve: 1" qu’un tel système n’apporterait aucune économie, parce qu’il ne dispenserait pas de créer les canaux et les fosses que son projet exige ; 2" que celui qu’il propose peut se prêter tout à la fois au dessèchement par écoulement et à celui par colmates; 3“ enfin que, même avec cette facilité, on n’obtiendrait pas des résultats satisfaisants des colmates, parce que les collines et les lieux hauts d’où les eaux descendent ont, depuis des siècles, perdu, à très-peu près, leur humus, c’est-à-dire leurs parties molles, qui forment aujourd’hui le fond de ce gigantesque marais, golfe de mer dans l’antiquité la plus reculée. Néanmoins, il pense qu’on pourrait employer les comme moyen accessoire,
dans quelques localités restreintes, et à peu près au niveau de la mer.
Ce plan d’ensemble, conçu avec ‘tant de prévoyance, de science sagace et d’expérience, fut étudié et arrêté en peu de mois, et, dès I8il, on mit la main à l’œuvre; mais les événements politiques de 18 1 4 contraignirent l’administration française d’abandonner le pays. Les travaux se ralentirent, puis furent suspendus indéfiniment. Ce commencement d’exécution, qui a déjà rendu plus efficaces les résultats obtenus par Pie VJ, et surtout la belle étude de l’ingénieur français, ont prouvé péremptoirement que la conformation du sol Pontin fournit à l’art toutes les ressources dont il a besoin pour l’écoulement des eaux de la presque totalité de sa surface, et que la réussite dépend de travaux qui, bien dirigés, ne présenteraient pas des difficultés supérieures, ni peutêtre égales à celles des travaux, en partie infructueux, précédemment exécutés dans ces marais.
Mais ces travaux une fois terminés ne conserveraient leur valeur qu’à la condition d’être incessamment entretenus avec le plus grand soin ; car les cours d’eau des marais Pontins tendent à s’encombrer d’herbes aquatiques dont la végétation est rapide et vigoureuse ; si l’on néglige leur extirpation, le niveau des eaux augmente aussitôt dans une proportion très-sensible. Mais ces travaux n’exigent qu’une infatigable persistance, car ils sont peu dispendieux: en 1311, pendant l’administration française, ils ne coûtaient que 30 550 francs. Si jamais on reprend le dessèchement complet des marais Pontins (et cela devra arriver), il nous parait difficile que ce ne soit pas d’après le système si bien raisonné de l’ingénieur illustre qui, au dire des gens du métier, a créé la science des dessèchements. Alors, à quelque époque que l’on tente cette grande et pacifique victoire de l’art sur la nature, le nom glorieux de la France s’y trouvera forcément associé. Voyez de Prony, Description hydrographique et historique des marais Pontins, Paris, 1822, in-l", et atlas in-fol. ; de Tournon, Etudes statistiques sur Rome et la partie occidentale des Etats romains, Paris, 1831, 2 vol. in-8", atlas, liv. V, chap. ix, art. 2.
Eaux ferrugineuses. — Voyez Eaux minérales (Chimie) et Ferrugineux.
Eaux gazeuses. — Voyez Eaux minérales (Chimie) et Seltz (Eau de). . . j
Eaux mères. — On appelle ainsi le résidu de 1 evapo-
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ration des salines où l’on exploite le sel pour les besoins ordinaires (voyez Sel, Sodium) et qui résiste à la cristallisation. C’est un liquide de couleur brune, de consistance presque sirupeuse, inodore et d’une saveur âcre très-salée. Ces eaux, qui renferment une très-forte proportion de chlorures, surtout de sodium, ont été employées en médecine depuis une vingtaine d’années. Étendues d’eau, on en a essayé l’usage à l’intérieur, mais sans beaucoup de succès; c’est en bains qu’elles sont le plus employées; ainsi à Salins (France), à Nauheim (Allemagne), on commence par des bains salés simples (1 kil.), puis on. ajoute successivement des eaux mères jusqu’à 10 à 15 litres pour un bain, en réglant les doses suivant l’âge, le sexe, la maladie, etc. Cette médication très-stimulante a produit de bons effets dans les maladies lymphatiques, et particulièrement dans toutes les formes des affections scrofuleuses.
Eaux martiales. — Nom donné quelquefois aux eaux ferrugineuses.
Eaux minérales. — Voyez Eaux minérales (Chimie) et Eau (Hygiène).
Eaux potables. — Voyez Eau (Chimie) et Eau (Hygiène).
Eaux salines. — Voyez Eaux minérales (Chimie) et Eaux MINÉRALES (thérapeutique).
Eaux sulfureuses. — Voyez Eaux minéraies (Chimie ) .
Eaux thermales. — Voyez Thermales (Eaux).
ËBÊNACEES (Botanique). — Famille de plantes T)t~ cotytédones gamopétales hypogynes, classe des Diospyroïdées. Caractères : fleurs ordinaire ment unisexuées ; calice persistant; corolle coriace et caduque; 6-iG étamines; ovaire à 2-12 loges; fruit : baie coriace ou charnue, et parfois comestible. Les ébénacées sont des arbres ou des sous-arbrisseaux à bois ordinairement foncé et souvent très-dur, à feuilles alternes, entières, à fleurs en cimes axillaires. Elles habitent les régions intertropicales, principalement en Asie et en Amérique. Genres principaux : P laguemùner ou. Ebéiiier, Royena, etc. (voyez Plaqueminier).
ÉBÈNE (Botanique, Technologie). — On désigne sous ce nom plusieurs bois employés dans l’ébénistèrie (qui lui doit son nom), la marqueterie et la tabletterie, tous remarquables par leur couleur très-foncée. Les bois d’ébène les plus importants sont : 1" L'E. noire ou E. de Maurice, qui nous vient de l’Inde, de l’île Maurice, de Madagascar ; c’est un bois d’un noir profond, d’un grain serré, fin et compacte, d’une densité considérable et susceptible de recevoir un très-beau poli ; il nous arrive à nu, en bûches de 2 à G mètres sur Of",ll à 0“,4I de diamètre. — 2" VE. noire de Portugal., qui nous arrive, parle Portugal, du Brésil et des autres parties de l’Amérique intertropicale, est un bois analogue au précédent, mais d’un noir violacé avec des veines verdâtres tournant au gris foncé ; nous recevons ce bois à nu , en bûches de 1“,30 à 1“,G0, sur 0“,11 à 0'“,22, quelquefois en quartiers. — 3® VE. noire veinée de rouge, de Portugal, qui nous arrive de la même provenance, par la môme voie et sous les mêmes formes que le précédent, et n’en diffère sensiblement que par sa couleur d’un gris rougeâtre moiré de noir. — Le bois d’ébène de Maurice est fourni par divers arbres du genre Plaqueminier (voyez ce mot), de la famille des Ebénacées : le P. ébène {Üiospyros ebenum), le P. ébénastre (D. ebenaster), le P. à bois noir (D. melanoxylon), le P. cotonneux (D. tomentosa). C’est le cœur du bois parfait de ces arbres qui possède cette couleur foncée; leur aubier est, au contraire, entièrement blanc. On imite très-habituellement et d’une manière fort heureuse le bois d’ébène avec des bois de Rosacées., surtout le cerisier et le poirier teints en noir. L’ébène noire, qui nous vient du Brésil, est le bois d’un arbre de la famille des Cæ alpiniées (le Mehmoxylnn brnuna, SchottL Là se bornent les renseignements certains sur l’origne de ces divers bois.
On connaît encore dans l’industrie , sous le nom ôlébène rouge, un bois provenant de l’Amérique méridionale, et que l’on attribue au Tanionus littorea, de Rumphius. VE. verte ou jaune est le bois jaune verdâtre, peu dense, du Bignonia leucoxylon. Lin., qui croît aux Antilles, au Brésil, à Cayenne, où on le désigne sous les noms de Guirapariba, Urupariba Pâo,d’Arco.
Ébène fossile (Minéralogie)r -- Nom vulgaire donné parfois au lignite jayet (voyez Jais.
ÉBÉNIEP (Botanique). — Ce nom se rapporte à des végétaux de familles très- différentes. Il désigne d’abord
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une espèce de Plaqueminier qui fournit le vrai bois d’ébène (voyez ce mot).
Il s’applique ensuite à un genre de la famille des Papillonacées, tvïhu des Hédysarées ; c’est le genre Ebénier {Ebenus, Lin.), ainsi nommé à cause du bois noirâtre que produisent les diverses espèces d’arbrisseaux qui le composent. VE. de Crète [E. creticus. Lin.) est un arbrisseau à fleurs roses en épis, qui offre pour caractères génériques : calice à 5 lobes linéaires, aussi longs que la corolle; ailes très petites, plus courtes que le tube du calice; étamines monadelphes; gousse à 1-2 graines.
Ébénier (Faux). ~ Nom vulgaire du cytisus laburnum (vo^vez Cytise).
ÈBÉNOXYLE (Botanique), Ebenoxylum, Lour.; du grec ébénos, ébène, et xylon., bois. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, famille des Ebenacées, comprenant des arbrisseaux à fleurs petites, unisexuées, dioïques, couvertes de poils blanchâtres à l’extérieur de la corolle. VE. à feuilles de buis {E. buxifolia, Pers.) est un arbuste de 0“,50 à 0“,60; il croît à Ceylan. On le cultive en serre chaude.
ÉBORGNAGE (Horticulture). — Les bourgeons qui subsistent, à l’automne, sur une plante à l’aisselle des feuilles qui viennent de tomber se nomment œ^Y/par suite, on a nommé éborgnage, l’opération qui consiste à supprimer immédiatement après la chute des feuilles ceux de ces bourgeons que l’on juge inutiles. Cette opération, pratiquée seulement au printemps, (luand les bourgeons sont déjà en train de se développer, se nomme ébourgeonnement •
ÉBOTTER (Arboriculture). — C’est retrancher à un arbre malade ou qui dépérit toutes ses menues branches, en ne lui iaissantque les plus grosses taillées très- près du tronc ; on diminue ainsi les besoins de l’arbre en proportion de son appauvrissement. ’
ÉBOÜRGEONNEMENT (Horticulture). — Pour ménager la sève des arbres fruitiers, pour la diriger uniquement sur les branches que l’on réserve à la fructification, on retranche, au printemps, les bourgeons inutiles, lorsqu’ils ont de ü“*,06 à 0“,12 de longueur. Pour cela, on les coupe tout près de la branche avec la lame du greffoir. Cette opération se pratique principalement sur les poiriers et sur la vigne.
ÉBROUEMENT (Art vétérinaire).— Expiration bruyante et forcée que fait entendre le cheval à la vue d’un objet qui le surprend ou l’attire. Les autres bestiaux produisent aussi parfois l’ébroueraent, et ce mot désigne aussi chez eux une sorte d’éternument peu violent.,
ÉBULLITION (Physique). — Transformation d’un liquide en vapeur caractérisée par la formation de bulles de vapeur au milieu de la masse même du liquide. Ces bulles, supportant le poids de l’atmosphère et le poids duliquide qui les entoure, doivent avoir une force de ressort suffisante pour résister à ces pressions. Cette condition règle
la température à laquelle bout un liquide, température qui n’a rien de fixe en elle-même. L’eau, par exemple,
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peut bouillir à toute température depuis zéro, si l’on fait convenablement varier la pression exercée à sa surface, €n la plaçant par exemple sous le récipient de la machine pneumatique. Soit encore un ballon k[fig. 816); remplissons-le à moitié d'eau que nous ferons bouillir quelques instants pour chasser par la vapeur dégagée l’air qu’il contient, fermons-le en le retirant du feu, l’ébullition cessera aussitôt. Renversons notre ballon sur un vase plein d’eau C pour rendre la fermeture plus complète, et plaçons en D une éponge imprégnée d’eau froide ou mieux encore de la glace. L’espace compris au-dessus de l’eau du ballon était saturé de vapeurs qui arrêtaient 2’ébullition ; le froid les condense en partie, l’ébullition reparaît très-active et peut durer jusqu’au moment où i’eau du ballon est revenue presque au degré de l’eau qui mouille l’éponge.
Prenons, au contraire, la marmite de Papiri^ vase de bronze très-résistant BB'; remplissons-la aux deux tiers d’eau, fermons la marmite avec son couvercle, que nous fixerons solidement en place au moyen de la vis V, et l’ouverture S du couvercle avec une soupape D, nous pourrons chauffer l’eau à une température de beaucoup supérieure à 10D“ sans qu’elle puisse bouillir, parce qu’elle sera toujours pressée à sa surface par la vapeur formée dont la force de ressort est précisénient égale^ à la tendance du liquide à se transformer en vapeur; mais, comme cette tendance croît indéfiniment avec la température, le vase finirait par éclater, si la soupape de sûreté D ne se levait pour donner issue à la vapeur avant que
Figi 817. — Mai'Tflite de Papirr;
le danger ne soit devenu sérieux. Dès que la soupape est levée, l’ébullition commence et la vapeur est lancée avec violence par l’ouverture. On peut alors plonger la main dans cette vapeur avec d’autant plus de confiance, qu’elle s’est formée dans la marmite à une température plus élevée, parce que la vapeur, se dilatant brusquement à l’air, une partie de sa chaleur libre passe à l’état de chaleur latente et sa température baisse.
D’autres influences que celles de la pression peuvent toutefois modifier le degré de chaleur auquel bout un liquide. Les substances qu’il a dissoutes le fixant, pour ainsi dire, diminuent sa tendance à se transformer en vapeur et relèvent son point d’ébullition. Certains vases, en particulier ceux de verre, produisent le même effet, à cause de l’adhérence qui se développe entre le verre et le liquide et qui doit être vaincue avant que la vapeur se fornie sur la paroi échauffée. Cette circonstance rend toutefois très-pénible la distillation de certaines substances, acide sulfurique, éther, alcool chargé de substances grasses. Au lieu de se produire d’une manière tranquille et continue, les bulles se développent par intermittence, avec une violence extrême, ce qui produit des soubresauts. On régularise l’ébullition en introduisant dans la liqueur un paquet de fils métalliques ou même des fragments de verre concassé. Un fait remarquable à signaler, c’est qu’un thermomètre plongé dans de la vapeur d’eau bouillante à 1 10 ou 115° par l’influence des substances qu’elle tient én dissolution n’en marque pas moins 100" si la pression barométrique est de0‘“,7{i0. Cela tient à ce que le thermomètre est toujours mouillé
d’eau pure provenant de la condensation de la vapeur, et que c’est cette eau distillée qui règle sa température. Quoi qu’il en soit, cette particularité explique l’utilité de ne plonger que dans la vapeur le thermomètre dont on veut déterminer le point 100°.
Xableau des points il'cbullition de divers liquii les sous la pression
Acide sulfureux
— lOo
Essence de térébenth..
Ether chlorhydrique.
Ito
Phosphore
— sulfurique....
Acide suif, concentré.
Alcool
Mercure. .
Eau distillée
Soufre
Xabteaii des poinls d’ébullition de quelques dissolutions salines saturées.
DISSOLMiriONS.