ECL
Fig. 831. — Coupe verticale d’une cuve d’épuration (1).
porte une gorge remplie d’eau dans laquelle plonge un couvercle, afin d’interceptei- complètement la communication avec l’extérieur.
Le gaz arrive par la partie inférieure de l’un des compartiments et sort par la partie inférieure de l’autre, après avoir été tamisé deux fois par plusieurs couches de chaux qui absorbent l’acide sulfhydrique , l’acide carbonique et d’autres vapeurs acides qui souillent encore le gaz. Bien d’autres substances que la chaux ont été proposées pour l’absorption de l’acide sulfhydrique.
Nous citerons seulement le procédé de M. Launay, remarquable par son élégance et sa simplicité. Le produit qu’il emploie est le sesquioxyde de fer hydraté, Fe^O^, qui dans la cuve d’épuration se transforme en sulfure, Fe^S^. Au contact de l’air, le sulfure ainsi formé absorbe l’oxygène et la matière primitive se reproduit.
Conservation du gaz. — Comme le gaz ne peut être consommé qu’à certaines heures et à certaines doses, on l’amasse dans un dépôt d’où on le fera sortir en le mesurant quand il faudra le distribuer. Ce magasin s’appelle le gazomètre (voyez Gazomètre). Il se compose de deux parties, une cuve et une cloche. La cuve, creusée dans le sol, remplie d’eau et revêtue d’un enduit imperméable à l’eau, reçoit le gaz qui arrive de l’épurateur par un tuyau incliné. La cloche, qui plonge dans la cuve, est formée de plaques de tôle et recouverte d’une couche de goudron. Son poids est équilibré en partie par des contre-poids attachés aux extrémités de chaînes qui s’enroulent sur des poulies. A mesure que la cloche s’élève hors de l’eau, son
Fig. 833.
Bec éventail.
Fig. 834.
Bec Manchester.
Fig. 832.— Vue d’ensemble de la fabrication du
poids augmente, la chaîne passe du côté des contre poids et s’ajoute à leur poids primitif pour maintenir l’équilibre. Nous donnons dans la figure 832 une vue d’ensemble des appareils de la fabrication du gaz.
Distribution du gaz. — Avant de se rendre dans les tubes de distribution, le gaz passe dans un compteur qui, au moyen d’engrenages, transmet ses indications aux aiguilles de cadrans sur lesquels on estime le nombre de mètres cubes qui sortent de l’usine ; dans le môme cabinet sont un manomètre à eau qui indique la pression du gaz, et des becs qui permettent d’estimer le pouvoir éclairant.
Les tuyaux de conduite, à la sortie de l’usine, sont de grande dimension, en fonte ou en tôle étamée intérieurement et recouverte extérieurement d’une couche de mastic bitumineux incrusté de sable (tuyaux Ghameroy). Les tubes de distribution dans les maisons sont en plomb, ou mieux en fer ou en étain. Sur le trajet des tuyaux de conduite sont des réservoirs qui reçoivent les liquides condensés que l’on enlève de temps à autre avec des pompes. On empêche ainsi l’engorgement des tuyaux.
Compteurs. — Puisque la lumière est une marchandise que l’on vend et consomme, le contrat de vente doit
(1) U, arrivée du gaz. — C, C', C", claies couvertes de malièrcs épurantes, — 11, départ du gaz. — O, trou d'homme.
désigner exactement la quantité de gaz à consommer. Si donc le gaz, au lieu d’être livré à un prix déterminé par bec et par heure, est livré au mètre cube, l’abonné doit avoir un appareil qui indique à la compagnie la quantité de gaz employée. Cet appareil s’appelle compteur. Le plus employé consiste en un cylindre à augets en fer blanc, dont l’axe est horizontal. Il est plongé dans une enveloppe cylindrique remplie d’eau jusques et y compris l’axe. Le gaz arrive par un tuyau au-dessous de l’axe, pénètre dans un auget qu’il soulève hors de l’eau, gagne la partie supérieure et se rend aux becs par un tube. Pendant ce temps-là, un second auget s’emplit de la même manière, la roue tourne et communique son mouvement, au moyen de rouages, à des aiguilles qui se meuvent sur des cadrans extérieurs ; connaissant la capacité des augets et le nombre de tours de la roue, on peut déterminer le volume du gaz brûlé.
Becs.— Il y en ade diverses formes, qui, à consommation égale, ne donnent pas tous la môme lumière ; mais quelle que soit la forme, le principe de la construction est toujours le même : il repose sur ce que la combustion est d’autant plus complète que la flamme a des points de contact plus nombreux avec l’oxygène de l’air.
Il y a : 1" des becs à courant d’air simple extérieur, à flamme en fuseau (becs à bougie).
La combustion est évidemment imparfaite. Ils sont les plus désavantageux et s’emploient surtout dans l’éclairage d’ornement, dans les lu.stres ou candélabres; 2“ des becs à courant d’air extérieur très-développé par suite de la forme aplatie de la flamme; ils sont ou fendus (becs papillon^ éventail., aile de chauve-souris)., ou à deux trous (becs
Manchester). La combustion se fait déjà mieux.
Les becs fendus sont employés pour l’éclairage public et à l’extérieur des habitations, mais peu à l’intérieur, parce qu’il est difficile avec ces genres de becs d’avoir la plus grande somme de lumière avec le moins de dépense possible.
Les becs Manchester portent deux trous inclinés l’un vers l’autre ; les deux flammes s’aplatissent l’une contre l’autre et forment alors une flamme unique, large, épaisse, ayant la forme d’une queue de poisson . Ils sont recherchés à cause de leur flamme élégante qui brûle fort bien sans verres, la modicité de leur prix, la facilité de leur entretien, et sont employés dans les lustres et les candélabres ; 3“ des becs à double courant d’air, extérieur et intérieur, semblables aux becs de lampe inventés par Argand. Ce sont ceux où la combustion est aussi parfaite que possible. Le plus avantageux est le bec réglementaire à vingt jets; il y a aussi des becs d’Argand à fente circulaire.
Fuites et explosions. — Le mélange de gaz d’éclairage et d’air dans certaines proportions peut être détonant et causer de graves accidents. Tant qu’un volume de gaz ne se trouve pas avec 8 volumes d’air, il n’y a pas explosion ; dans la proportion de 1 à 8 d’air, il y a détonation à l’approche d’une lumière ; dans la proportion de là 10 ou 11 d’air, la détonation est la plus forte possible. Les causes ordinaires des explosions sont les fuites de gaz. Pour les découvrir, on se servait autrefois d’une chandelle, de papier allumé que l’on promenait sur les conduites. Cette opération, nommée flambage, était illusoire et souvent dangereuse. Aujourd’hui, l’autorité exige que les fuites soient recherchées avec des appareils qui offrent plus de garantie et de sécurité. Parmi les cherche-fuites, celui deM. Maccaud est un des plus simples et des plus employés. Il repose sur ce que l’air comprimé dans les tubes doit sortir avec sifflement par les fissures qui se trouvent ainsi révélées. M. Maccaud met
de l’éclairacre.
ÉCL
les tuyaux de conduite du gaz en commuiiicction ave^ une pompe foulante à laquelle est adapté un manomètre à cadran. La pompe introduit de l’air dans les tuyaux à la pression de plusieurs atmosphères ; l’aiguille du cadran indique le nombre d’atmosphères et fractions d’atmosphère dans les tuyaux. Lorsque la pompe a refoulé assez d’air, on ferme sa communication avec les tuyaux; si le manomètre ne bouge pas, il n’y a pas de fuites ; si l’aiguille letourne au point de départ, il y a une fuite. La plus petite fissure dans les tuyaux laisse passer de l’air, qui produit, en s’échappant, un sifflement d’autant plus vif que la pression est plus grande, et la fuite est trouvée sans danger d’explosion et sans perte de gaz.
Dernièrement, M. Ch. Fournier a proposé un nouvel appareil pour lequel l’Académie des sciences lui a décerné un prix. L’existence de la fuite est d’abord manifestée par un manomètre à eau et indiquée par une aiguille sur un cadran. Pour trouver l’endroit où elle se produit, le gaz est assujetti à passer dans une éprouvette remplie de pierre ponce imbibée d’ammoniaque ; il circule ensuite dans les tuyaux saturé d’alcali dont l’odeur révèle l’endroit où existe la fuite. Si faible que soit la fuite, elle sera révélée soit par un papier rouge de tournesol mouillé qui deviendra bleu, soit par une baguette de verre mouillée avec de l’acide chlorhydrique autour de laquelle se produiront des fumées blanches et épaisses. L.
ÉCLAIRE (Botanique). — Ce nom a été donné à deux plantes de genres très-différents : la Grande Éclaire est une papavéracée, la Grande Chélidoine [Chelidonium majiçs ^ Lin.) (voyez Cuélidoine). La Petite Éclaire^ tdairetle,
Ficaire renoncule {Ficaria ranunculdides^
Mœnch.) (Renonculacées) (voyez Ficaire).
^ECLAMPSIE (Médecine), du grec eklampô, j’éclate, parce que cette maladie éclate tout à coup. — On donne généralement ce nom aux convulsions qui surviennent chez les enfants et chez les femmes en travail d’enfantement; il a été question des premières au mot Convulsion. Chez les femmes, elles peuvent avoir lieu avant, pendant ou après l’accouchement; elles se manifestent par des contractions spasmodiques, simultanées ou successives, de tous les muscles de la vie de relation et môme de la vie organique, avec abolition ou perversion des facultés intellectuelles et morales; elles reviennent par accès plus ou moins rapprochés, plus ou moins intenses et dont la durée varie de quelques secondes à plusieurs minutes et môme plus. La maladie attaque de préférence les femmes qui n’ont pas encore eu d’enfants et celles qui sont d’un tempérament nerveux ou lymphatico-sanguin. On a souvent observé que l’urine renfermait de l’albumine, sans qu’on puisse regarder ce phénomène comme la cause de l’éclampsie; c’en est tout au plus un symptôme assez fréquent. Le traitement consiste dans l’emploi de saignées locales et générales, répétées suivant la constitution et la force de la malade ; on aura recours aussi aux purgatifs légers, aux dérivatifs sur la peau, mais avec discrétion, pour ne pas exaspérer l’irritation dans laquelle se trouve quelquefois la malade ; on joindra à ces moyens le calme, le silence, quelques médecins ont obtenu de bons effets du chloroforme. Lorsque les accès ont lieu pendant le travail de l’accouchement, ils peuvent cesser aussitôt après la délivrance ; il faut donc la hâter autant que possible. Cette maladie est très-grave et se termine souvent par la mort. F — n.
ÉCLEGME (Médecine), en grec Ekleigma de ekleicho^ je lèche. — On appelait ainsi autrefois un médicament mou que l’on employait dans les maladies de la gorge ou des poumons, et que l’on confond aujourd’hui sous les noms de /oocÂ, électuaire (voyez ces mots).
ÉCLIPSES (Astronomie). — Les éclipses sont des phénomènes qui ont excité autrefois beaucoup de curiosité et môme d’épouvante. Aujourd’hui, la cause de ces phénomènes est tellement connue et facile à préciser, que les astronomes peuvent longtemps à l’avance prédire à une seconde près l’heure exacte du commencement et de la fin d’une éclipse. Aussi le public a t-il depuis longtemps cessé de s’en effrayer et d’y voir des pronostics d’événements plus ou moins considérables. Mais, tout en perdant leur intérêt fantasiique, les éclipses en ont conservé un plus sérieux ; l’exactitude avec laquelle on les calcule fournit une confirmation intéressante et accessible à tous des lois du mouvement des astres, lois qui sont ellesmêmes l’expression de la théorie de la gravitation qui sert aujourd’hui de fondement à tout notre système astroâiomique,
ÉCL
L’explication des éclipses est fondée sur le mode de formation des ombres (voyez Ombres). On sait que, lorsqu un corps opaque est placé devant un corps lumineux, il y a derrière lui une région où ne pénètre aucun rayon lumineux, c est 1 ombre^ et une autre, \‘d. pénombre, qui ne reçoit qu une partie des rayons que la source pourrait envoyer et qui, par suite, n’est qu’imparfaitement éclairc6. LiR lune touroRiit Rutour do la terre, il arrivera nécessairement que dans le cours de la lunaison elle se trouvera entre le soleil et la terre: dans cecas elle pourra intercepter pour celle-ci la vue du .soleil, il y aura éclipse de soleil. Dans la position opposée à celle qui produit l’éclipse de soleil, la lune, étant située au delà de la terre, pourra se trouver dans l’ombre de celle- ci ; dès lors, comme elle ne recevra pas les rayons lumineux du soleil, elle cessera d’ôrte visible pour nous, et il y aura éclipse de lune.
Examinons en détail chacun de ces phénomènes et voyons quelles sont les conditions de leur possibilité, ainsi que les particularités qu’ils peuvent présenter.
Eclipses de /«we. — Soient S le soleil et T la terre ; les rayons lumineux partant du premier sont envoyés dans toutes les directions et une partie d’entre eux est arrêtée par la terre. Si l’on imagine un cône ABOB'A', touchant à la fois les deux astres, on voit qu’aucun rayon ne pourra pénétrer dans la portion du cône comprise entre son sommet et la terre. La lune sera donc éclipsée si elle vient à pénétrer en tout ou partie dans cette
Fig. 833 — Théorie des éclipses de lune.
portion que nous appellerons le cône d'ombre. L’écl'pse sera totale, sila lune y pénètre en entier; elle sera partielle, s’il n’en pénètre qu’une partie. Il est aisé de s’assurer que l’éclipse est possible: il suffit de voir, en effet, que le sommet du cône d’ombre s’étend au delà de la terre. Menons la ligne TC parallèle à BA, les triangles semblables BOT, GTS donnent la relation :