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avec le stigmate; disque composé de 2, 3 ou 5 glandes; 2 ovaires à ovules nombreux ; follicules cylindriques, coriaces; graines aigrettées. G — s.
ÉGHIÜRE (Zoologie), Echiurus, Cuv., ou Thalassema, Savigny; du grec echis, épine, et owra, queue. — Genre
Animaux rangé par G. Cuvier parmi les Zoophytes^ classe des Echinode.rmes sans pieds, mais placé depuis par tous les zoologistes, et surtout par Savigny et de Blainville, parmi les animaux Annelés^ dans la classe des Annélides^ ordre des Ahranches. Ce sont des vers marins à corps mou, assez court, cylindrique et en forme de sac; anneaux nombreux et serrés, à articulations peu sensibles; deux crochets vers l’extrémité antérieure du corps, pourvus de soies rétractiles disposées par paires. La bouche, très-petite, est ouverte dans la base d’un grand tentacule ou trompe repliées cuilleron. On ne connaît qu’une espèce, VÉ. ordinaire ou Thalassème échiure {T. echiurus^ de Blainv.), qui vit enfoncé dans le sable «ur nos côtes de l’Océan et de la Manche et que les pêcheurs emploient comme appât.
ÉCHO (Physique). — Son réfléchi ou renvoyé par un obstacle, qui par là se répète et se renouvelle à l’oreille {écho, son).
Lorsqu’un son se produit en présence d’un obstacle d’une nature d’ailleurs quelconque, tel qu’un mur, une •colline, un bouquet d’arbres, etc., il arrive fréquemment ■que le son se répète une ou plusieurs fois ; c’est là ce ■qu’on appelle écho. La présence d’un obstacle est une ■condition indispensable; jamais l’écho ne se produit en rase campagne ou en pleine mer, à moins qu’il n’y ait dans le ciel des nuages qui donnent lieu eux- mêmes à la réflexion du son. L’écho peut être monosyllabique quand il ne répète qu’une syllabe, ou polysyllabique quand il ■en répète plusieurs. On cite parmi ces derniers l’écho de Woodstock, qui répète jusqu’à vingt mots.
Pour qu’un écho répète une syllabe, il faut que l’obstacle qui le produit soit placé à une distance telle que le son ne revienne à l’observateur que lorsqu’il a achevé de prononcer la syllabe. Or, on admet que l’articulation d’une syllabe dure au moins un dixième de seconde, ce qui revient à dire qu’on peut prononcer au plus dix syllabes par seconde; d’où il suit que, puisque le son parcourt 340 mètres par seconde, en un dixième de seconde il parcourra 34 mètres, ce qui porte au moins à 17 mètres la distance qui doit séparer l’observateur de l’obstacle, pour que l’écho que celui-ci détermine répète une syllabe. Si la distance devient double, triple, quadruple..., l’écho pourra répéter deux, trois, quatre syllabes... Si la distance est inférieure à 17 mètres, l’écho se confond avec le son direct, ce qui produit une simple résonnance ; c’est ce qu’on observe dans un grand nombre de cas et notamment sous les voûtes.
L’écho peut être simple quand il ne répète qu’une fois, ou multiple quand il répète plusieurs fois. Nous citerons parmi ces derniers l’écho de la halle aux farines à Paris, qui répète trois fois une phrase de six à sept syllabes ; celui des deux tours de Verdun, qui répète treize fois; celui du château de Simonette, qui répète jusqu’à quarante fois (Kircher) ; enfin, celui dont fait mention Addison et qui répète jusqu’à cinquante-six fois, dans la nuit, le bruit d’un coup de pistolet.
Les échos multiples sont certainement dus à plusieurs obstacles qui se renvoient successivement le son, de même qu’entre deux glaces parallèles les rayons lumineux, se réfléchissant successivement, donnent lieu à une série d’images d’un objet placé entre elles.
C’est ainsi que l’écho de Verdun, dont il est question plus haut, se produit pour un observateur placé entre les deux tours. Mais il n’est pas toujours facile de se rendre compte à priori de l’effet produit par les obstacles, et souvent on n’observe aucun écho où au premier abord paraissent parfaitement réalisées les conditions de sa production.
On appelle centre phonique le point où se produit le son, et centre phonocamptique {kamptos^ courbé) celui où est reçu le son réfléchi. Il arrive fréquemment que les centres phoniques et phonocamptiques ne coïncident point; dans ce cas-là, la personne qui produit le son n’entend pas l’écho. Dans les mémoires de l’Académie des sciences pour 1G92, il est fait mention d’un écho de ce genre. Les personnes qui écoutent n’entendent que la répétition de l’écho, mais avec des variations surprenantes, car l’écho semble tantôt s’approcher, tantôt s’éloigner ; quelquefois on entend la voix très-distinctement, d’autres fois on ne l’entend plus ; l’un n’entend qu'une seule voix, l’autre plusieurs; l’un entend l’écho à droite,
l’autre à gauche; enfin, suivant les différents endroits où sont placés ceux qui écoutent et celui qui produit le son, on entend l’écho d’une manière différente.
C’est un phénomène analogue qui se produit dans la salle du Conservatoire des arts et métiers à Paris, dite Salle de l’écho. Si une personne se place à l’un des angles et parle, môme à voix basse, une autre personne placée à l’angle opposé l’entend très-distinctement, tandis que de tout autre point de la salle le son est entièrement imperceptible.
La môme particularité s’observe dans l’une des salles du musée du Louvre ; les deux personnes doivent se placer au-dessus de deux grandes coupes que renferme la salle, et elles peuvent ainsi faire à voix basse une conversation qui ne peut ôtre entendue par aucune autre personne dans la salle.
On observe assez fréquemment des échos appelés toniques, qui présentent la propriété fort curieuse de modifier le timbre du son. Dans une certaine mesure, ce phénomène est assez général ; l’on sait que l’écho a souvent quelque chose de plaintif ; aussi les anciei^-^ en avaient- ils fait
Une nymphe eu pleurs qui se plaint de Narcisse.
Mais il est plus rare d’observer une modification profonde de ce genre, et il est assez difficile d’ailleurs d’assigner la cause de cette singulière particularité. P. D.
EGKLONIE (Botanique), Ecklonia, Hornemann ; dédiée au botaniste Ecklon. — Genre de plantes Cryptogames amphigènes de la classe des Algues, famille des Laminariées. Il a pour type le Laminaria buccinalis de Lamouroux. Les marins désignent cette algue sous le nom de trompette marine, à cause de la forme de son stipe qui est cylindrique, fistuleux, terminé par une lame lancéolée, coriace. Cette plante {E. buccinalis, Horn.) est de couleur noire de sang coagulé. Ses organes reproducteurs se présentent sous la forme de filaments situés dans l’intérieur du stipe ou de la lame et accompagnés de spores brunes, enveloppées de mucilage. L’Ecklonie, dont on ne connaît pas encore très-bien l’organisation, habite les mers australes, notamment l’océan Atlantique, au sud de l’Afrique. ^
ÉCLAIR. - — Voyez Electricité atmosphérique.
ÉCLAIRAGE en général (Technologie). — L’histoire des progrès de l’éclairage est une de celles où l’on peut signaler de la façon la plus nette l’influence de la chimie théorique sur les applications purement pratiques. Il y a à peine cinquante ans, les procédés d’éclairage étaient d’une simplicité extrême, mais, en revanche, d’une trèsgrande imperfection. Dans les campagnes, on se servait exclusivement et on se sert encore d’une sorte de lampe analogue, pour sa forme, à la lampe antique, et formée simplement d’un réservoir contenant de I huile, dans lequel plonge l’extrémité d’une mèche de coton. L’huile, n’arrivant ainsi au siège de la combustion qu’en vertu de la capillarité, s’y trouve toujours en quantité insuffisante en môme temps qu’il y a insuffisance d’air ; aussi la mèche se carbonise-t-elle, et la flamme peu éclairante est toujours fuligineuse. Sans doute, il eût été facile d’imaginer des mécanismes qui fissent affluer Tair et l’huile au somraetde la mèche ; mais ces combinaisons ne pouvaient avoir d’efficacité qu’avec l’huile d’olive dont le prix élevé l’excluait de la consommation générale, même dans les pays de production, et, à plus forte raison, dans le Nord. Le procédé d’épuration découvert par Thénard, au commencement de ce siècle, permit de transformer les huiles des graines oléagineuses du Nord en un produit comparable à l’huile d’olive, et d’un prix très-notablement moins élevé. A partir de ce moment, les travaux de nos lampistes eurent une base solide, et l’on vit se succéder assez rapidement les inventions d’Argand, de Carcel, de Franchot, etc., qui nous ont donné d’excellents appareils d’éclairage (voyez Lampes). Quant à l’emploi des corps gras solides, on peut dire, et cela est à peine croyable, qu’il y a quarante ans l’éclairage à la chandelle était un véritable éclairage de luxe. La bougie de cire ou le cierge était d’un prix beaucoup trop élevé pour être accessible à d’autres qu’aux personnes très-riches. Les mémorables recherches de M. Chevreul, exécutées de 1813 à 1823, firent reconnaître dans le suif lui-même des substances solides blanches (acides stéarique et margarique), et tout à fait propres à l’éclairage de luxe. Un brevet fut pris dès 1825 avec Gay Lussac pour la fabrication industrielle de ces produits, et, bien que ces premiers essais n’aient pas abouti à des résultats pratiques satisfaisants, ils n’en ont pas moins fixé la vo.e à
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suivre, et les fabricants n’ont eu depuis qu’à se préoccuper de détails de l’ordre purement économique. Il est juste de dire, à propos de cette belle invention, que la première fabrique qui ait livré au public des produits acceptables, et pour le prix et pour la qualité, est celle de mm. Je Milly et Motard, établie à la barrière de l’Etoile, en 1831. Ces bougies étaient connues sous le nom de Bougies de l'étoile (voyez Bougies). Les bougies de l’étoilej appelées aussi bougies stéariques, sont fabriquées avec le suif, substance d’un prix assez élevé ; aussi n’cnt-elles influé que d’une manière peu sensible sur la consommation des chandelles, dont la fabrication d’ailleurs avait subi elle-même de. très-notables perfectionnements (voyez Chandelles, Suif). Mais la découverte de la saponification sulfurique, découverte due aux travaux de MM. Laurent, Dubrunfaut, Fremy, Dulong, etc., ayant permis' d’utiliser les graisses les plus communes et du prix le plus vil, on a pu fabriquer des bougies à peine plus chères que les chandelles, et, par suite, accessibles aux personnes de toutes les conditions. C’est en 1843 qu’on monta en Angleterre la première fabrique de ces bougies dites par distillation, et, peu de temps après, MM. Massé et Tribouillet en élevèrent une à Neuilly, près Paris. Aujourd’hui que le procédé est tombé dans le domaine public, le nombre des usines de ce genre est devenu très-considérable. Toutefois, la bougie n’a pas encore complètement remplacé la chandelle; mais il faut dire qu’aujourd’hui le suif employé pour celle-ci est trèsblanc, assez dur et à peine odorant. P. D.
Eclairage AMÉaiCAiN.— Voyez Pétrole, au Suppiéin.
ÉCLAIRAGE par le gaz (Technologie). — Ce mode d’éclairage a été imaginé par Philippe Lebon, ingénieur français, en 1786. Il distillait le bois dans une grande caisse métallique qu’il appelait therraolampe, recueillait comme résidu du charbon et des produits liquides, employait à l’éclairage le gaz qui se dégageait, et utilisait la chaleur du fourneau pour le chauffage des appartements. Il signala les matières grasses et la houille comme propres à remplacer le bois. Il réalisa môme à Paris l’application de la houille à l’éclairage, mais, ses. procédés d’épuration étant tout à fait insuffisants, il dut renoncer à son entreprise. A la France donc appartient le principe théorique de l'éclairage au gaz; quant à l’exécution pratique, elle revient à l’Angleterre. En 179?, Murdoch fit quelques expériences à Londres. En 1798, il établit un appareil dans les manufactures de James 'VVatt, près de Birmingham ; en 1802, il y fit une illumination brillante à propos de la paix d’Amiens. En 1805, ce genre d’éclairage fut définitivement adopté en Angleterre. En 1812, Windsor fonda une compagnie pour l’éclairage de Londres; en 1816, il vint à Paris, et en 1817 éclaira le passage des Panoramas, le Palais-Royal, puis le Luxembourg et le pourtour de l’Odéon. En 1820, une nouvelle société fut créée à Paris par Pauwels, et aujourd’hui la compagnie générale qui a le privilège de l’éclairage de la capitale, est le résultat de la fusion de huit compagnies qui avaient succédé à celle de Pauwels. Toutes les principales villes de France sont aussi éclairées par le gaz.
Matières premières. — Les matières organiques qui renferment beaucoup d’hydrogène et de charbon fournissent, par la distillation sèche, des gaz inflammables et éclairants. La température élevée de l’hydrogène qui brûle porte au rouge blanc le charbon divisé, qui, devenu incandescent, donne de l’éclat à la flamme. Les matières premières du gaz d’éclairage sont donc, sous le rapport de l’économie, la houille, puis les huiles de qualité inférieure, les graisses altérées, la résine, les huiles de schistes , certains résidus de fabrication (matières grasses extraites des eaux savonneuses des fabriques de drap, etc.). L’eau décomposée par le fer ou le charbon donne un gaz très-pur. Mais la houille est préférée, parce qu’elle est d’un prix peu élevé, que le coke, résidu de la distillation, est un excellent combustible dont la vente couvre le prix d’achat de la houille, et que les produits ammoniacaux peuvent payer les frais d’épuration. Les meilleures houilles sont les houilles grasses à longue flamme qui contiennent environ 84 p. 100 de carbone, G d’hydrogène, 8 d’oxygène ou d’azote, et le reste en cendres. •
Fabrication du gaz. — La houille concassée est placée dans de grandes cornues en fonte ou en terre de 1 hectolitre à 1 hectolitre et demi de capacité, et placées au nombre de cinq ou de sept au-dessus d’un môme foyer. Gomme le coke occupe un volume plus grand que la houille qui le produit, on laisse dans la cornue un vide égal à peu près à la moitié de leur capacité. Chaque
cornue est hermétiquement fermée aux deux bouts ; seulement l’extrémité antérieure par laquelle on charge la. cornue est bouchée par une plaque lutée et mainfenueavec une vis engagée dans une sorte d’étrier en fer. Les cornues, chauffées avec précaution, sont portées au rouoe cerise clair, température qui donne le maximum du gaz le plus éclairant. Au-dessus, le gaz perd une partie de son carbone et devient moins éclairant; au-dessous, une partie du goudron se volatilise sans décomposition et on obtient moins de gaz.
Les produits de la décomposition sont nombreux. Les principaux sont : l’hydrogène carboné (le seul utile), l’oxyde de carbone, l’acide carbonique, des matières huileuses, du goudron , du sulfure d’hydrogène, des sels ammoniacaux et du coke qui reste dans la cornue. En général, 100 kil. de houille donnent 26 mètres cubes d’un gaz infect, nuisible à l’organisme, peu éclairant, qu’il faut purifier.
Fig. 830. — Batterie de sept cornues pour la fabrication d» çaz (1).
Purification du gaz. — Au sortir de la cornue, le gaz s’élève dans un tuyau montant qui se recourbe et plonge de 0“,02 à 0“,03 dans un large tube de fonte à moitié rempli d’eau et appelé barillet. En même temps que ce barillet intercepte la communication entre l’intérieur des cornues et l’air extérieur, il reçoit la plus grande partie du goudron et des sels ammoniacaux qui s’y condensent et dont l’excès s’échappe par un tuyau de sortie. Une première épuration physique se fait dans un appareil appelé condenseur et formé d’une série de tubes de fonte disposés verticalement et très-voisins les uns des autres, de la forme d’un q renversé. Ils plongent dans une boîte de fonte sous une couche d’eau de quelques centimètres. Les sels ammoniacaux se dissolvent dans l’eau, le goudron s’y condense et le gaz s’y refroidit. Le goudron s’écoule dans une citerne par un trop-plein, tandis que le gaz traverse une double colonne de coke à travers laquelle il se débarrasse des dernières traces de goudron et de sels ammoniacaux.
Une seconde épumtion chimique succède à la précédente et se compose en général d’une épuration par les sels métalliques, que à M. Mallet, puis d’une épuration à la chaux. Le premier épurateur se compose de trois caisses en étages renfermant des dissolutions de chlorure de manganèse (provenant de la fabrication du chlore) ou du sulfate de fer. Le gaz, suivant une marche inverse de celle de la dissolution qu’il traverse en barbotant, y laisse de l’acide sulfhydrique, l’acide carbonique et l’ammoniaque. Par une double décomposition, il se forme un sulfate ou un chlorhydrate d’ammoniaque soluble, du carbonate de fer ou de manganèse et un sulfure métallique.
Les frais de cette épuration sont balancés par le prix du sel ammoniac. L’épurateur à la chaux consiste {fig. 832) en de grandes caisses de tôle divisées en deux ou trois compartiments. Dans chaque compartiment se trouvent quatre ou cinq tamis de fer sur lesquels on répand une couche de chaux éteinte en poudre. Le rebord supérieur
(1) C, cornues au nombre de sept que laisse voir l’arrachement de la paroi du jour. — P, têtes de cornues maintenues par des vis de pression. — F, foyer de la batterie. — T, tubes ticaux adaptés à chaque tête de cornue pour le dégagement u gaz. — B, barillet dans lequel plongent les tubes T apres s etie. recourbés.
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