AIL
terminé par une pointe courbe, perforée pour donner passage au venin.
Aiguillon (Botanique). — On désigne par ce mot des piquants formés seulement de tissu cellulaire durci et n’adhérant qu’à l’épiderme, de sorte que, comme dans les rosiers, on peut les détacher sans même offenser l’écorce, ce qui le distingue de Vépine proprement dite que l’on trouve sur d’autres plantes. Les aiguillons peuvent naître sur la tige comme dans les rosiers et les ronces, sur les stipules, les feuilles, les nervures et même sur les fleurs. Ils sont tantôt tantôt courbés; in-
fléchis quand ils se dirigent vers les parties supérieures du végétal (rosier moussu), réfléchis quand ils sont courbés vers le bas de la plante (ronce commune). Parfois ils deviennent assez minces (rosier, pimprenelle) pour ressembler à des soies, et on les nomme sétacés; alors il n’y a plus de limite bien certaine entre les aiguillons et les poils. G — s.
AIL (Botanique), du mot celtique n//, signifiant chaud, âcre, brûlant; allusion aux propriétés de la plante, Allium^ Lin. — Genre de plantes de la famille des Liliacées^ tribu des Hyacinthinées. — Caractères : Périanthe à G pièces soudées à la base ; 6 étamines ; ovaire à 3 loges contenant chacune 2 ovules; pour fruit une capsule à loges saillantes et ventrues à l’extérieur. Les aulx sont des plantes herbacées, à bulbes tuniqués, ordinairement doués d’une saveur et d’une odeur spéciales et fortes. Leurs feuilles sont creuses, canaliculées ou cylindriques. Leurs fleurs sont disposées ensemble, enveloppées par une spathe, et produisent quelquefois des bulbilles. Ils habitent généralement les régions tempérées de l’hémisphère boréal. On en rencontre cependant un assez grand nombre dans les climats chauds.
l/Âil ordinaire [A. sativum^ Lin.) ale bulbe presque ovoïde formé de tuniques minces, blanches ou rougeâtres et accompagnées en dessous d’autres petits bulbes : c’est ce qui constitue les gousses rf’aiV. Sa hampe atteint jusqu’à une trentaine de centimètres et se termine par des fleurs d’un blanc sale à étamines saillantes. La patrie de cette espèce est incertaine. Dès la plus haute antiquité on a connu l’ail comme une plante potagère, mais elle croît spontanément en Égypte, en Grèce, en Sicile, en Provence. Nous parlerons plus bas de son emploi. Parmi les espèces d’ail cultivées pour l’ornement, on distingue l’Ail azuré {A. azureum^ Ledeb.), originaire de Sibérie et donnant des fleurs d’un beau bleu d’azur avec une ligne médiane plus foncée ; l’Ail jaune(d. flavurn^ Lin.), espèce de l’Europe méridionale et rare aux environs de Paris ; enfin l’Ail rose(d. roseum^lÀn.)-^ l’Ail de Naples(^. neapolitanum^ Gyrill. ) à fleurs blanches ; l’Ail des ours (A. ursinum^ Lin.) à bulbe allongé et à fleurs d’un blanc de lait; et l’Ail Moly ou doré {A. Moly^ Lin.), plante célèbre dans l’antiquité, dont les fleurs sont grandes et d’un beau jaune d’or. — Le poireau^ la rocambole^ la cive ou civette^ Véchalotte^ la ciboule^ Voignon sont des espèces du genre Allium). G — s.
Ail (Horticulture). — La culture de l’ail demande une terre forte, bien assainie et fumée, elle a besoin d’être sarclée et binée ; on met en terre les cdieux, ou gousses, dans les prem-.A^rs jours de novèmbre ou au commencement do mars, et l’on récolte en mai le plant d’automne et en juin celui de printemps. Les fanes doivent être nouées pour les empêcher de monter en graine, et on arrache quand elles sont desséchées. — L’ail forme un des assaisonnements les plus recherchés dans le Midi, et tout le monde sait quelle odeur forte il donne à l’haleine; outre cet inconvénient, il peut, lorsqu’on en abuse, échauffer les voies digestives et y produire une irritation plus ou moins vive. C’est d’ailleurs un assaisonnement sain et parfois utile comme aromatique ; les Méridionaux le regardent comme un puissant préservatif contre les fièvres intermittentes et contre les maladies contagieuses. Il ne saurait être considéré comme trèsnourrissant ; mais c’est un excitant énergique, et on l’a employé en médecine comme diurétique, sudorifique et surtout comme vermifuge; on l’a recommandé dans les hydropisies, l’asthme, la diarrhée par faiblesse des intestins. On en mange le matin pour chasser, dit-on, le mauvais air, d’où lui est venu le nom de Thériaque des paysans. En le pilant avec du vinaigre on en a composé un Uniment irritant que les Russes et les Polonais ont vanté contre les premiers accidents du choléra. Enfin il entre dans la composition du spécifique antipestileutiel connu sous le nom de Vinaigre des quatre voleurs.
A il (Essence d’) (Chimie). — Essence sulfurée se présentant sous la forme d’un liquide incolore, d’une odeur nau-