ÉTÉ
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d’étain et de plomb sur la pièce (casserole, bassine, etc.) convenablement chauffée, et on l’étale avec de l’étoupe.
Etamage du laiton. — Le laiton, qui est un alliage de cuivre et de zinc, peut se recouvrir de vert-de-gris sous l’actjon simultanée de l’air humide et des acides. Pour éviter cet inconvénient, on recouvre d’une légère couche d’étain la surface de certains objets (épingles, boutons en chrysocale, etc.) formés de cuivre et de zinc. Ainsi, pour étamer ou blanchir les épingles, on les décape d’abord en les faisant chauffer dans une dissolution de crème de tartre ; puis on en place une couche dans une bassine de cuivre à fond plat; on met par-dessus une couche d’étain pur en grenaille, et ensuite une couche de crème de tartre. On remplit ainsi la bassine de ces couches alternatives. On verse doucement de l’eau sur le tout, et on fait bouillir pendant une heure; au bout de ce temps, les épingles sont étamées. Voici ce qui se passe: la crème de tartre est formée d’acide tartrique et de potasse ; sous sôn influence, l’étain décompose l’eau, se combine avec son oxygène et met l’hydrogène en liberté. L’oxyde d’étain produit se combine avec l’excès d’acide tartrique , et il se produit un tartrate double de potasse et de protoxyde d’étain. Alors, le zinc du laiton décompose l’oxyde d’étain qui abandonne sur chaque morceau de laiton une couche très-mince et très-uniforme de son métal. Les deux métaux constituent une pile électrique, où le pôle négatif formé par les épingles reçoit l’étain à mesure qu’il se dépose. Le même procédé pourrait être employé pour les autres métaux qui , comme le cuivre, sont négatifs à l’égard de l’étain ; mais pour l’étamage du fer et du zinc, il faudrait recourir à une pile indépendante des métaux employés.
Cependant, comme l’étain et le cuivre sont très-rapprochés au point de vue électrique, il arrive que dans les ustensiles en cuivre étamé, un point de la surface du cuivre s’oxyde malgré le contact de l’étain; mais il n’en est pas de même si l’on remplace l’étain par le zinc plus éloigné du cuivre dans l’échelle électrique.
Ainsi soient des épingles, des boutons, etc., en laiton ; on les décape d’abord avec de l’acide chlorhydrique, puis on les plonge dans un bain bouillant formé par une dissolution de sel ammoniac, où l’on a mis un excès de grenaille ou de tournure de zinc. Bientôt les objets sont recouverts d’une couche de zinc, en vertu d’une action électrique analogue à celle qui viént d’être décrite.
Etamage de la tôle (voyez Fer-blanc).
Etamage de la fonte. — On recouvre la fonte, d’abord récurée avec du sable, d’un alliage découvert par M. Budi, et composé de 89 parties d’étain, 6 parties de nickel, et 5 parties de fer fondues ensemble. Cet alliage, plus fusible, plus dur et plus blanc que l’étain, peut aussi être avantageusement employé pour l’étamage du cuivre.
Etamage des glaces. — On commence par 'polir la surface rugueuse de la lame de verre, d’abord avec du grès grossier au moyen d’une autre glace de plus petites dimensions, puis avec de l’émeri, et enfin avec du colcothar délayé dans de l’eau. Alors sur une table de marbre bien dressée, encadrée de bois et entourée de rigoles, on étend une feuille d’étain battu, ayant les dimensions de la glace; puis, avec une patte de lièvre, on promène à sa surface une petite quantité de mercure pour l’imbiber de ce métal. Après cette première imbibition, on verse une couche de mercure de 0“,Ü04 à 0“,003 d’épaisseur. On place la glace sur une des extrémités de la feuille d’étain, et on la fait glisser de façon qu’elle pousse devant elle l’excès du mercure qui s’écoule dans les rigoles. Lorsque la glace recouvre exactement la couche de mercure, on la charge de blocs de plâtre, et on la laisse ainsi sous cette pression pendant quinze à vingt jours. Ces métaux s’allient, et c’est à l’état d’un amalgame formé, en général, de 1 partie de mercure pour 4 parties d’étain qu’ils adhèrent à la surface.
Etamage des globes de verre. — En versant dans un ballon bien sec et un pou chaud un amalgame formé de 1 partie de bismuth et de 4 parties de mercure, et, en le promenant sur toute la surface du vase, on produit un étamage souvent très-beau. On peut étamer de la même manière les miroirs concaves et convexes. On fond ensemble 2 parties de mercure, I partie d’étain, 1 partie de plomb et 1 partie de bismuth. On verse dans le globe Ibien net, au moyen d’un entonnoir de papier qui plonge jusqu’au fond, on lui imprime un mouvement et le verre est recouvert intérieurement d’une couche d’amalgame qui adhère fortement. On trouvera à l’article télescopes, le procédé d’argenture des miroirs, procédé qu’on peut appliquer aussi aux ballons de verre. L.
ETAMIiNE (Botanique), du grec stemon, dérivé deiViêmiy je crée, je produis. — Organe par lequel la fleur de végétaux remplit des fonctions, telles que l’on peut le regarder comme représentant le mâle dans les plantes. En considérant le calice comme le premier verticille des fleurs, elles forment le troisième verticille. (Voy. ce mot.) On donne le nom ÔLÂndrocée à la réunion des étamines. L’étamine se compose de trois parties principales : le iilet, Vanthère et le poUen (voyez ces mots'. Le filet est la partie inférieure qui se présente ordinairement sous la forme d’un corps allongé, filamenteux, et portant à son extrémité l’anthère ou partie supérieure épaissie, creusée à l’intérieur. Cette anthère contient une matière formée d’une multitude de petits grains sous forme de poussière, et constituant le pollen ou matière fécondante. Quelquefois, l’étamine ne présente pas ces trois parties. Il y a des filets sans anthères ou avec des anthères incomplètes pour remplir leurs fonctions; l’étamine est alors dite avortive. D’autres, fois c’est le filet qui manque; on dit, dans ce cas, que l’étamine est sessile.
L’étamine a pour but la fécondation de l’organe femelle {pistil ou gynécée). Les anciens avaient observé les étamines sans se rendre compte exactement de leurs fonctions. Ils n’en avaient pas moins entrevu la présence des sexes dans les plantes, et Théophraste donne à ce sujet des détails très-judicieux. C’est au savant anglais Grew que l’on doit les premières études de l’étamine et de ses rapports avec le pistil. Linné a considéré l’organe mâle comme étant tellement important, qu’il a basé sur ses caractères son système de classification. A.-L. de Jussieu, pour sa méthode naturelle, s’est servi de l’insertion des étamines comme caractère de ses classes (Epi- GYNE, Hypogyne, Périgyne). C’est avec le caractère tiré du nombre des étamines, que Linné a établi ses treize premières classes (Monandrie, Diandrie, Triandrie, Tétrandrie, Pentandrîe, etc.). Lorsque les étamines ont un nombre qui ne dépasse pas douze, et qui est constant dans une espèce donnée, les étamines sont définies. Quand elles sont en plus grand nombre, comme dans les roses, le coquelicot, on les dit indéfinies. Ou elles sont distinctes comme dans ces plantes, ou elles sont soudées, soit par leurs filets, soit par leurs anthères : dans le premier cas, on les dit adelphes; dans le second, syngénèses., comme dans les plantes de la famille des Composées. Les étamines ont une grandeur égale ou inégale. Il y a deux sortes de disproportions constantes : la didynamie et la tétradynamie ; l’une a lieu quand les étamines sont au nombre de 4, dont 2 plus longues, comme dans les labiées, la digitale ; l’autre, quand, au nombre de 6, 2 sont plus longues comme dans les crucifères. Quant à la disposition, les étamines sont opposées lorsqu’elles sont situées vis à-vis des divisions du périanthe ; elles sont, au contraire, alternes quand elles sont placées entre ces divisions. Les liliacées, les primulacées, la vigne, le gazon d’Olympe, oflrent des exemples de la première disposition, et les borraginées, les ombellifères, des exemples de la seconde. Les étamines, considérées quant à leur longueur relative avec le périanthe, sont lorsqu’elles dépassent celui-ci,
comme dans la scabieuse, la menthe, le fuchsia, le plantain, etc., et incluses lorsqu’elles sont, au contraire, renfermées dans le périanthe, comme dans le lilas, le jasmin, le pois, la verveine. De même qu’on a comparé les enveloppes florales à des feuilles modifiées, on a vu dans les étamines une organisation semblable. Le filet représente le pétiole, et l’anthère, le limbe. Le développement a lieu, du reste, d’une façon analogue à celui de la feuille. Dans le bouton, l’anthère est déjà formée, alors que le filet l’est à peine.
ETANG (Economie rurale). — Voyez Vivier.
ETENDARD (Botanique). — On désigne sous ce nom le pétale supérieur de la corolle papillionacée. Ce pétale est ordinairement plus grand que les autres, et redressé. Il porte aussi le nom de Pavillon. On peut en voir des exemples dans toutes les fleurs de la famille des Papillionacées.^ telles que celles des pois, des haricots, du faux acacia, etc.
ETERNUMENT (Physiologie). — L’éternument provient d’une contraction brusque et violente des muscles expirateurs à la suite de l’occlusion des voies aériennes.
Fig. 992. — Etamine d’un renoncule. —
A, anthère. — B, filet.
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An moment de la violente expiration, cette occlusion fait place à l’ouverture soudaine de la bouche et du nez à la fois, ou du nez seul, et l’air est chassé avec force. On a donné pour explication à l’éternument, que l’irritation des nerfs du nez se transmet au nerf trijumeau ; celui-ci le communique au cerveau qui, par une action reflexe, le transmet à tous les nerfs expirateurs. La plupart du temps, il annonce le coryza.
ETHAL (Chimie). — Corps gras neutre que l’on obtient par la saponification du blanc de baleine (voyez ce mot), à l’aide de la potasse en poudre. L’éthal est combiné dans la matière primitive avec un acide appelé acide éthalique^ et les éléments de deux molécules d’eau. La composition de ces corps est d’ailleurs assez complexe, comme le montrent les formules suivantes :
Ethal C32R3402
Acide éthalique 03211320*^
L’acide éthalique paraît identique, par sa composition et ses propriétés, à l’acide palmitique.
La formule de l’éthal rentre dans la formule générale des alcools (voyez ce mot) C^nR'^n + ^O^. On peut, en effet, constater qu’il présente les réactions fondamentales de ce groupe de corps; aussi lui donne-t-on le nom di alcool éthalique. Chauffé notamment avec l’acide phosphorique, il fournit le carbure d’hydrogène (^cétène)^ qui est à l’éthal ce que le gaz oléfiant est à l’alcool ordinaire.
ETHER (Chimie), vo)’ez éthers.’
ÉTHÉRISATION ou Ethérisme (Chirurgie, Médecine). — Mots récemment créés pour désigner la méthode chirurgicale qui, par l’emploi de la vapeur d’éther ou de toute autre vapeur analogue, suspend la sensibilité ou la contraction musculaire pour faciliter certaines opérations. Le mot éthérisme, assez peu employé d’ailleurs, semble, par son analogie avec alcoolisme, devoir mieux s’appliquer à l’état particulier que produit l’inhalation de la vapeur d’éther ; mais cet état ayant pour caractère dominant l’insensibilité, on lui donne habituellement le nom éi anesthésie (du grec «, privatif, et œsthèsis, sensibilité), bien que ce mot ait un sens plus général et ne s’applique pas exclusivement à l’anesthésie provenant de l’éthérisation.
Phénomènes 'produits par Vinhalation de la vapeur d'éther sulfurique. — Si l’on fait respirer à un homme en bonne santé la vapeurque dégage abondammentl’éther sulfurique à la température ordinaire, les premières inspirations provoquent un picotement dans le nez et dans la bouche, avec serrement à la gorge, gêne dans la respiration, parfois une toux légère; mais cette irritation cesse promptement, et, à mesure que la vapeur, pénétrant dans les voies aériennes, y est absorbée, d’autres effets se manifestent. La face rougit et une surexcitation progressivement croissante se trahit par des mouvements désordonnés et une certaine loquacité; un frémissement intérieur se propage dans les membres en môme temps que les signes extérieurs de l’ivresse se montrent peu à peu ; puis viennent des rêves d’une nature souvent agréable et gaie, quelquefois pénible; mais bientôt la face se décolore, les yeux se ferment, les membres et tout le corps tombent dans un état de relâchement complet; enfin la sensibilité est suspendue à tel point, que les pincements, les piqûres, l’action des instruments tranchants, n’éveillent aucune douleur, ne sont môme nullement sentis du patient livré à un sommeil véritablement léthargique. C’est alors que les plus grandes et les plus pénibles opérations chirurgicales peuvent être pratiquées sans douleur, à l’insu même du malade. Cependant l’âme n’est pas ensevelie tout entière dans ce sommeil, si semblable à la mort, une sorte d’extase la transporte dans un autre milieu, souvent même dans un monde supérieur au nôtre, une sorte de paradis rêvé. L’état singulier qui vient d’être décrit est celui àèanesthésie ou û! éthérisme I il serait dangereux de chercher à le prolonger en continuant sans interruption les inhalations éthérées ; car les battements du cœur se ralentissent, la chaleur diminue, et en quelques inspirations de plus la vie suspendue s’arrêterait définitivement et sans retour; l’éther, agissant alors sans obstacle, se montrerait un poison narcotique et stupéfiant d’une redoutable puissance.
Mais, quand on opère sur l’homme, on suit fidèlement chacune des phases de l’éthérisation ; dès que le sommeil, le relâchement des membres et l’insensibilité se manifestent, on arrête l’inhalation de la vapeur d’éther.
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et, au bout de sept à huit minutes, l’état anesthésique se dissipe peu à peu. Dès qu’on constate quelques signes de sensibilité renaissante, on peut, avec quelques inhalations nouvelles, prolonger l’anesthésie à plusieurs reprises, et la maintenir ainsi pendant une demi-heure et plus. Enfin, lorsque le patient est abandonné à luimême, il se réveille bientôt, parfois avec une gaieté’ pétulente, parfois avec une sorte de mélancolie passagère; puis, en cinq ou six minutes, il revient tout à fait à lui, et il ne lui reste plus d’autre trace du traitement subi par lui, qu’un vague souvenir de ses impressions et de ses rêves pendant la période d’éthérisation. L’anesthésie produite par l’inhalation de la vapeur d’éther a été, comme on sait, employée par les chirurgiens depuis 1846 pour supprimer la douleur dans les opérations qu’ils ont la pénible mission de pratiquer, et, pour ce motif, de nombreuses études ont été poursuivies sur ces singuliers phénomènes. On a d’abord reconnu que V éther sulfurique ne jouit pas seul de ces propriétés anesthésiques, mais que les autres éthers, la liqueur des Hollandais, Valdéhydef et surtout le chloroforme, agisent de la môme manière; ce dernier agent a même montré une telle puissance, qu’il a aujourd’hui généralement pris la place de l’éther entre les mains des chirurgiens; au lieu de huit ou dix minutes qu’exige la vapeur d’éther sulfurique pour produire l’anesthésie, une minute ou deux suffisent avec le chloroforme, et son mode d’administration est beaucoup plus facile, comme nous le verrons tout à l’heure. Du reste, la nature des effets est toujours la môme. Les recherches des physiologistes, ei principalement celles du professeur Longet, ont établi que l’éthérisation agit sur les centres nerveux en suspendant successivement leur action physiologique; le cerveau cède le premier, puis le cervelet, puis la moelle épinière, et en lui la moelle allongée, et, au moment où ce dernier centre perd son influence, le cœur cesse de battre, la vie s’arrête sans retour. Cette courte analyse fait assez comprendre combien l’éthérisation est délicate à pratiquer, puisqu’on peut dire, sans aucune exagération et en adoptant une expression vulgaire, que l’éthérisation amène le patient à cfewa; doigts de la mort; mais il faut se hâter d’ajouter que les chirurgiens ont assez étudié cette opération pour déterminer toutes les précautions qu’elle exige et l’appliquer avec toute la sécurité désirable, et qu’aujourd’hui, pour des milliers d’applications heureuses, ce précieux moyen d’enlever la douleur ne cause qu’un nombre très-minime d’accidents ; en un mot, c’est maintenant, lorsqu’on se conforme aux prescriptions consacrées par l’expérience, une des méthodes opératoires les plus admirables et les moins périlleuses qu’ait découvertes la chirurgie moderne.
Méthode pratique d'éthérisation.— Après bien des expériences, on est venu à n’employer aujourd’hui, comme agents anesthésiques, que V éther sulfurique ou, plus communément encore, le chloroforme. On a aussi renoncé aux appareils compliqués qu’on employait dans l’origine ; on se sert simplement d’une éponge fine creusée, d’un mouchoir ou d’une compresse de linge pliés plusieurs fois, ou même d’un tampon de coton placé dans un cornet de papier. On verse sur celui de ces récipients que l'on a choisi de 15 à oO grammes d’éther, ou de 2 à 8 grammes de chloroforme, puis l’on place immédiatement le récipient ainsi chargé sous les narines du patient, en observant avec grand soin les précautions suivantes : 1“ ne pratiquer l’éthérisation sur aucun malade offrant les symptômes d’une grave altération organique du cœur, des poumons ou de l’encéphale; 2® ne jamais pratiquer l’éthérisation que dans l’état de vacuité de l’estomac du patient; S** laisser pendant l’inhalation des vapeurs anesthésiques un accès suffisant â l’air respirable, pour que l’hématose continue pendant l’éthérisation ; 4® ne faire inspirer la vapeur anesthésique, surtout si c’est celle du chloroforme, que par inhalations progressivement graduées de façon à y habituer peu à peu les organes, et ne jamais forcer, par une précipitation dangereuse, les doses de vapeur inhalées; 5® surveiller constamment l’état du pouls et la respiration du patient; 0® interrompre les inspirations de vapeur aussitôt que se produit l’anestliésie, c’est-à-dire la résolution musculaire avec insensibilité; 7® ne procéder jamais que par inhalations intermittentes, si l’on a besoinde prolonger l’anesthésie, ce qui exige en même temps un redoublement do précautions et de surveillance.
En observant ces prescriptions, le chloroforme lui -même ne produira que très exceptionnellement des accidents que l’on doive redouter. Celui qui s’est toujours montré
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le plus imminent est la syncope, à laquelle cet agent prédispose d’une manière évidente; cet accident peut survenir au moment môme où se fait l’opération pour laquelle l’éthérisation a été pratiquée, ou se manifester seulement plusieurs heures après et quand l’état anesthésique a depuis longtemps disparu. Pour combattre ce redoutable accident, on se hâtera d’exposer le malade à un air frais et pur, on donnera au corps une position où la tête soit déclive, on ouvrira la bouche et l’on attirera la langue en avant, on pratiquera la respiration artilicielle par des pressions sur le thorax et l’abdomen, cadencées de manière à imiter les mouvements respiratoires; enfin on emploiera subsidiairement les frictions et les corps irritants appliqués sur la peau. Dans quelques cas exceptionnels, la syncope se pioduitd’une façon soudaine et foudroyante par suite d’une prédisposition spéciale du patient, que l’homme de l’art n’a pu reconnaître d’avance ni conjurer. Quant à l’asphyxie par le chloroforme, elle n’est pas à craindre quand cet agent a été administré convenablement.
On a recours à l’éthérisation, dans l’ait de guérir, pour abolir la douleur pendant les opérations chirurgicales, pour suspendre la contraction musculaire dans les circonstances où elle s’oppose au résultat que l’on veut obtenir, telles sont les opérations obstétricales laborieuses, les réductions des fractures, des luxations, des hernies étranglées, le traitement des rétentions d’urine, du tétanos, etc. Il faut s’abstenir d’employer les anesthésiques pour les opérations légères devant provoquer une douleur très-courte ou modérée, surtout lorsque le malade ne témoigne pas d’appréhension ; mais il y a lieu de recourir à ces précieux agents d’insensibilité, quand il s’agit d’opérations douloureuses, redoutées des malades, réclamant un repos complet ou le relâchement musculaire. On a observé que certains sujets adonnés à l’ivrognerie deviennent réfractaires à l’action de l’éther et du chloroforme lui-même ; quelques chirurgiens militaires ont également vu des militaires, excités par la lutte du champ de bataille, résister aux inhalations anesthésiques, î Pour écarter les dangers signalés plus haut dans l’inspiration des vapeurs d’éther ou de chloroforme, on a essayé de substituer à V éthérisation générale une éthérisation locale toutes les fois qu’on n’a besoin de suspendre la sensibilité que dans une partie déterminée du corps. La vapeur de chloroforme est alors dirigée extérieurement sur l’organe malade. Jusqu’ici les résultats de ces tentatives ont été trop incertains pour faire adopter généralement la méthode de l’anesthésie locale ; elle peut rendre quelques services dans des névralgies bien circonscrites, dans certains états pathologiques locaux.
La médecine vétérinaire a fait surtout usage de la méthode anesthésique pour paralyser, l’action musculaire, lorsqu’elle s’oppose au traitement curatif ou à la pratique des opérations.
On doit à M. le professeur Bouisson une étude aussi curieuse au point de vue physiologique qu’au point de vue psychologique, des modifications successives de la sensibilité et des fonctions intellectuelles aux diverses phases de l’éthérisation ; je renverrai le lecteur à l’intéressant ouvrage de ce savant. Traité de la méthode anesthésique.
Découverte de l’éthérisation. — C’est au célèbre chimiste anglais, Humphry Davy, que sont dues les premières notions sur les agents anesthésiques, et elles sont consignées dans ses Recherches chimiques sur Toxyde nitreux (protoxyde d’azote) et sur les effets de son inhalation, publiées en 1799. Davy y raconte de nombreuses expériences constatant la propriété qu’a le protoxyde d’azote de provoquer, lorsqu’on le respire, une ivresse passagère, accompagnée habituellement de rêves agréables, gais ou exstatiques; il y signale môme en passant l’abolition de la sensibilité et la possibilité d’employer les inhalations de ce gaz dans certaines opérations chirurgicales, pour détruire la douleur. Cette indication passa inaperçue, et l’on ne s’attacha qu’aux nropriétés enivrantes du gaz ; en essayant d’autres corps dans le même but, les élèves des laboratoires de chimie et de pharmacie prirent l’habitude de respirer la vapeur d’éther sulfurique pour se procurer les douceurs de cette ivresse momentanée. En môme temps quelques médecins employèrent cette môme vapeur, comme agent sédatif, dans certaines affections névralgiques ou dans des maladies de l’appareil respiratoire. En 184'i, Horace Wels, dentiste de Hartford (Etats-Unis d’Amérique), tenta de mettre en pratique l’idée de Davy relativement à l’emploi chirurgical du protoxyde d’azote ; il pratiqua, sans pro-
voquer de douleur, plusieurs opérations de son art, grâce à cet agent anesthésique; mais, ayant voulu faire connaître à Boston sa découverte, il échoua dans une expérience publique et abandonna sa profession et ses expériences. A la même époque, le D' Jackson, de Boston (Etats-Unis), étudiait l’action du protoxyde d’azote et celle de la vapeur d’éther en répétant les expériences bien connues dès cette époque de tous les élèves, et reconnaissait l’état d’anesthésie que produisent ces corpsgazeux. Ce fut seulement le 1®'' septembre I84G qu’il inspira au dentiste William Morton l’idée d’essayer les inhalations de vapeur d’éther pour abolir la douleur dans l’extraction des dents. Le succès fut complet et suivi de beaucoup d’autres. Sur les instances de Jackson, W. Morton s’adre.ssa au D‘‘ Warren, chirurgien de l’hôpital général de Boston, pour lui demander de tenter une opération avec le secours des inhalations de vapeur d’éther. Le 14 septembre 184G, le D® Warren exécuta cette mémorable expérience devant un public nombreux et rempli d’anxiété, dont les applaudissements enthousiastes accueillirent un succès qui promettait d’épargner tant de douleurs. Cette précieuse découverte se répandis rapidement, malgré les odieux efforts de W. Morton pour se l’approprier exclusivement et pour s’en réserver le monopole. Le I7 décembre 184 G, M. Robinson, dentiste de Londres, appliqua le premier les inhalations de vapeur d’éther à l’exercice de son art, et le 19 décembre, M. Liston, chirurgien de l’hôpital du collège de l’Université, pratiquait sans douleur une amputation de cuisse et un arrachement d’ongle. Enfin, le 22 décembre, M. Jobert (de Lamballe), chirurgien de l’hôpital Saint-Louis de Paris, faisait à son tour un premier essai peu satisfaisant de la nouvelle méthode, mais obtenait deux jours plus tard un succès éclatant. MM. Malgaigne, Velpeau, Roux, Laugier, confirmèrent ce premier résultat par de nombreux succès du même genre. Horace Wels, venu en Europe pour faire valoir ses droits à la découverte qui immortalisait Jackson et W. Morton, se tuait à la même époque de désespoir et de misère, sans avoir pu faire écouter ses légitimes réclamations. Cependant les chirurgiens français soumettaient à une savante étude la méthode anesthésique ; Le prof. Gerdy, MM. Longet, Bouisson,Serres, Flourens, Sédillot, multipliaient les expériences, lorsque, le 10 novembre 1847, le D^ Simpson d’Edimbourg fit connaître les effets bien plus remarquables encore du chloroforme. Avec ce nouvel et puissant agent commencèrent â se révéler les dangers qui ontété signalés plus haut. Une étude plus minutieuse enseigna leur véritable nature et les précautions qu’on devait observer pour les écarter. Ce point essentiel de la pratique de l’éthérisation a surtout été nettement défini dans une discussion soulevée en 1853 à la Société de chirurgie de Paris, et dont le docteur Robert réunit les résultats essentiels dans un résumé auquel ont été empruntées les indicaions pratiques fournies ci-dessus. Ad. F.
ETHERS .Chimie). — Ce sont des corps qui dérivent des alcools par l’élimination, dans ces derniers, des éléments d’une certaine proportion d’eau. On les divise en deux grandes classes : Ethers simples. Ethers composés. Les premiers peuvent être considérés comme résultant de l’union des radicaux alcooliques {méthyle, éthyle, etc.) avec l’oxygène, le soufre, le chlore, le brome, l’iode, le cyanogène, etc. Les seconds comme produits par la combinaison de ces éthers simples avec les acides minéraux ou organiques.
Ethers simples. — En partant des alcools ordinaires, monoatomiques (C^nH^n+'^O^), les éthers simples ont pour formule :
éthers hydriques.
Q2njj2u-M Qj éthers chlorhydriques
Q2njj2n-H g éthers sulfhydriques.
Ils diffèrent des alcools par les éléments d’un équivalent d’eau C^«H2»+202 — HO = C2«H2« -f- iQ.
11 arrive quelquefois ainsi que l’a montré M. Williamson que deux alcools monotatomiques s’unissant avec élimination de 2 équivalents d’eau donnent lieu h des espèces d’éthers mixtes ; tel est par exemple l’éther éthylamilique (Ci0HiiG4HS)O2.
Les corps halogènes (chlore, brome...) pouvant se substituer à l’oxygène pour donner la série des éthers simples, à chaque alcool correspondra toute une catégorie d’éthers simples :
ËTH
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ALCOOL MÉTIIYLIQUE C2I1402
ALCOOL VINIQCE C4H602
ALCOOL PROPYLIQL'E C6H802