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On observe assez souvent dans l’espèce humaine des monstres notencéphales ou hypérencéphales ; les autres genres sont plus rares, surtout chez les animaux. Les monstres de cette famille expirent peu d’instants, ou quelques jours au plus après leur naissance (voyez Tératologie). »
EXERCICES (Hygiène). — On désigne sons ce nom l’emploi régulier et physiologique de tous les actes exécutés par les mouvements volontaires. Considérés au point de vue hygiénique ayant pour effet d’imprimer au corps un mouvement dont l’usage modéré lui est avantageux et est nécessaire à sa conservation et à sa santé, ils font partie, dans la classification du savant Hallé, du groupe de matériaux de l’hygiène auquel il a donné le nom de Gesta {voyez Hygiène).
EXÉRÈSE (Chirurgie), du grec ex^ hors, et aireô, j’emporte. — Expression par laquelle on désigne toutes les opérations chirurgicales qui ont pour but de retrancher, d’enlever du corps humain ce qui peut être nuisible ou inutile; ainsi l’amputation d’un membre, l’extraction d’une dent, la ligature ou l’excision d’un polype sont des exérèses. •
EXFOLIATION (Chirurgie), du latines, de, et folium^ feuille. — On nomme ainsi les parties exfoliées qui se séparent par feuilles ou lamelles d’un tendon, d’un cartilage, d’un ligament, d’une aponévrose, et plus spécialement d’un os. Pour ce dernier cas, voyez Nécrose. Lorsque des tendons ou des cartilages restent dénudés et exposés au contact de l’air, leurs lames superficielles se dessèchent, sont frappées de mort ; les parties voisines deviennent le siège d’une inflammation éliminatoire, elles se couvrent de bourgeons charnus, les portions exfoliées se détachent et finissent par se séparer complètement. Les aponévroses s’exfolient généralement dans toute leur épaisseur. Les panaris offrent souvent des exemples de ces exfoliations des gaines tendineuses, des tendons, etc. L’exfoliatiou de ces différentes parties a souvent des conséquences graves en raison des cicatrices vicieuses, des difformités plus ou moins graves des parties, et surtout de l’immobilité partielle ou complète qui peut en résulter.
EXHALAISONS (Hygiène), ExhoÀatio des Latins. — Voyez EFFLUVES, Marais, Miasmes.
EXHALATION (Physiologie). — Fonction par laquelle les parties les plus fluides du sang filtrent de l’intérieur des vaisseaux sanguins vers le dehors. C’est un pur phénomène d’imbibition, et les ouvertures dont les anciens avaient imaginé l’existence dans les parois des vaisseaux •et qu’ils désignaient sous le nom àe bouches exhalantes., n’ont jamais pu être observés. Il importe de bien préciser la différence qui existe entre Vexhalation et la sécrétion; celle-ci choisit pour les extraire du sang certains matériaux de préférence à d’autres, les modifie et donne ainsi naissance à des humeurs particulières, telles que la bile, la salive, l’urine, les larmes. En outre, par l’exhalation, le corps des animaux perd sans cesse des liquides, et surtout de l’eau, qui s’échappent à travers nos tissus, et s’évaporent dès qu’ils parviennent à une surface communiquant avec l’extérieur. L’exhalation qui se fait à la surface de la peau est connue sous le nom de transpiration insensible, parce que l’évaporation s’y fait si rapidement qu’elle échappe à nos sens. L’exhalation qui a lieu dans les poumons est facile à apprécier dans les temps froids, lorsque la vapeur qui s’échappe de notre poitrine pendant l’expiration se condense dans l’air. Les pertes que l’homme éprouve par ces deux voies sont considérables; elles servent à contre-balancer le poids des aliments qu’il prend chaque jour et à lui permettre de supporter les variations de la température ambiante ; en effet, plus la température est élevée, plus l’exhalation est abondante, et toute évaporation étant une cause de froid, on voit que le corps pourra conserver ainsi la môme température dans les milieux les plus chauds. Il est clair que l’exhalation ne peut avoir lieu dans l’air et ne peut s’exécuter chez les animaux aquatiques ; mais il n’y a pas là un simple phénomène physique, comme la déperdition d’eau que subit dans un espace sec une éponge imbibée d’eau. Le tissu exhalant agit suivant certaines affinités, puisque toutes les substances liquides ne sont pas aussi bien exhalées par un môme tissu vivant, et celui-ci peut môme absorber certains liquides tandis qu’il est exhalant pour d’autres. Presque toutes les surfaces membraneuses exhalantes sont en môme temps le siège d’une absorption qui en compense les effets. Ainsi le péritoine exhale de la sérosité et absorbe en môme temps celle qui,- exhalée antérieurement, s’est ’uodifiée entre les surfaces qu’elle a lubréfiées. Toutes
les séreuses offrènt les mômes phénomènes, et c’est lorsque l’équilibre de ces deux actes antagonistes vient à se troubler et à être rompu, que la sérosité, s’accumulant dans les cavités closes de nos membranes séreuses, forme ces collections de liquide connues sous le nom vulgaire et géoér&X dlhydropisies. A. S — y.
EXOCET (Zoologie), E'ÆocefM.s, Lin.; du grec exôkoitos, qui couche dehors, parce qu’on supposait qu’ils se couchaient sur le rivage. — Genre de Poissons, de l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux, famille des Esoces. Ils partagent avec les pégases, les dactyloptères, les scorpènes, les prionotes et les trigles, le nom vulgaire de Poissons volants. Ils se font surtout remarquer, en effet, par l’excessive grandeur de leurs nageoires pectorales formées de rayons espacés et unis par une membrane. Soutenus par ces sortes d’ailes, ils peuvent s’élever hors de l’eau et se maintenir quelque temps en l’air ; mais le dessèchement de leurs branchies les force bientôt à rentrer dans leur élément naturel. Ils sont caractérisés en outre par ; une tête aplatie en dessus et latéralement, écailleuse comme le corps ; nageoire dorsale au-dessus de l’anale; dix rayons aux ouïes.
L’espèce la plus connue est VE. volant ou commun {E. volitans. Lin.), de 0“,15 à 0“,20 de long, qui vit dans la Méditerranée. Sa chair est très-délicate; aussi a-t-il à redouter, outre les pêcheurs qui le prennent sans difficulté, bien des animaux, les scombres, les dorades et les coryphènes qui le poursuivent au sein de la mer, tandis que les fous et les frégates, du haut des airs, fondent sur ce joli poisson aussitôt que ses couleurs brillantes paraissent au-dessus des eaux. Son corps est en effet richement orné d’azur et d’argent avec la nageoire dorsale, la queue, la poitrine d’un bleu foncé. Du reste, cette victime tant poursuivie fait d’autres victimes, en dévorant bon nombre de petits vers marins.
On en connaît encore une dizaine d’espèces, divisées en deux sections, suivant qu’elles sont ou ne sont pas munies de barbillons.
EXOGÈNES (Botanique),exô, dehors, ^ennad,jeprodu;s — Nom proposé par A. -P. de Candolle pour désigner les végétaux dicotylédonés, lesquels ont « les vaisseaux tous sensiblement concentriques autour d’un étui cellulaire, et disposés de façon que les plus anciens sont au centre et les plus jeunes à la circonférence, de manière que la plante se durcit de dedans en dehors » {Théor, élém. de la botan., 18 1 3, p. 209). De là l’origine de ce nom qui n’a pas été admis, parce que le terme endogènes comparatif est vicieux (voyez Endogènes).
EXOMPHALE (Médecine). — Voyez Ombilicale (/ferme).
EXOPHTHALMIE (Médecine), du grec ex, dehors, et ophihalmos, œil. — Nom par lequel on désigne la sortie de l’œil hors de l’orbite. Cet accident, dans lequel le globe de l’œil est déplacé et poussé au dehors et ne peut plus être recouvert par les paupières qui ont atteint leur plus grand degré d’extension, peut être déterminé par des blessures de l’œil et des parties voisines, par le développement de tumeurs de diverses natures dans l’orbite, ou bien encore par le relâchement des parties qui fixent l’œil dans cette cavité. Lorsqu’il est la suite de blessures avec un bâton, un fleuret qui pénètre dans l’orbite, il est dû à l’épanchement du sang qui chasse l’œil en avant; dans ce cas, il peut être réduit et reprendre ses fonctions, si les muscles et le nerf optique n’ont pas été déchirés ou détruits en partie; malgré cette complication môme et avec la certitude que la vue est perdue, il faut encore tenter la réduction, afin d’éviter, autant que possible, la difformité. Du reste, on aura recours à un bandage contentif, aux moyens antiphlogistiques, aux dérivatifs et au repos absolu. Diverses tumeurs intra-orbitaires , avons-nous dit, peuvent déterminer l’exophthalmie; ainsi des tumeurs enkystées, des exostoses, des abcès, des polypes, des cancers, etc. Dans ce cas, le globe de l’œil est poussé en avant, les paupières s’écartent, elles ne peuvent plus le recouvrir, le contact de l’air l’enflamme, il s’ulcère, il se recouvre de taches blanchâtres qui amènent la perte de la vue. Le traitement n’a rien de spécial, il consiste à combattre la maladie principale. L’exophthalmie par relâchement des parties n’a pas été admise par tous les pathologistes; cependant il est difficile delà révoquer en doute, si l’on en croit les rares observations des chirurgiens, et particulièrement celle qui est rapportée par Verduc, de Toulouse. F — N’.
EXORHIZES (Botanique), du grec eaid, dehors, et rhiza, racine. — L.-C. Richard a donné ce nom aux embryons dont la radicule se prolonge pour devenir elle-même la
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racine, par opposition aux embryons endorhizes dont l'extrémité radiculaire renferme un tubercule radicelhiire qui en sort par la germination, pour former par son prolongement la racine de la plante naissante (voyez Endorhizes). Les végétaux dont les embryons sont exorhizes portent, d’après le môme botaniste, ce nom à.’exorhizes et constituent l’embranchement des Dicotylédonés des autres auteurs.
EXOSTEMME (Botanique), Exostemma^ de Gand.; du grec exô, dehors, et stemma^ couronne : allusion à la couronne que forment les étamines saillantes. — Genre de plantes Dicotylédones dialypélales périgynes^ de la famille des RubiacéeSy tribu des Cinchonées^ établi par L.-G. Richard. Caractères : calice à 5 dents; corolle tubuleuse, à 5 lobes linéaires; étamines à anthères linéaires; fruit couronné par le limbe du calice, à 2 loges contenant de nombreuses graines imbriquées, entourées d’une aile membraneuse. Les exostemmessont des arbres et des arbrisseaux de l’Amérique méridionale, principalement des Antilles. Leurs feuilles sont opposées, courtement pétiolées, accompagnées de stipules. Leurs fleurs, rouges ou blanches, sont axillaires ou terminales. On connaît une douzaine d’espèces de ce genre. VE. des Antilles [E. caribœum, Rœm. et Schultz); Cinchona caribœa, Jacq.) est un petit arbre à fleurs solitaires odorantes. II produit, ainsi que les autres espèces, les faux quinquinas qu’on a proposés comme succédanés des vrais quinquinas; mais l’analyse chimique a démontré qu’ils ne renfermaient ni quinine ni cinchonine.^ et qu^ils ne pouvaient dès lors être employés comme tels. On connaît dans le commerce le quinquina Piton ou de Sainte -Lucie, qui provient de VE. floribunda. Les Brésiliens emploient souvent comme fébrifuge l’écorce de VE. cuspidata^ qu’ils nomment Quino de mato. VE. à longues fleurs {E. Umgifloruyn, Rœm. et Sch.) vient à Caracas. Ses fleurs sont blanches, odorantes. G— s.
EXO'IIQIJES (^Produits) (Technologie). — Produits venus d’au delà des mers.
EXOSTOSE (Médecine), du grec ex, hors, et osteon., os. — On appelle ainsi une tumeur osseuse qui se développe à la surface ou dans l’intérieur d’un os. Les exostoses offrent des différences nombreuses, sous le rapport du nombre, de la forme, du volume de l’os qu’elles attaquent, de leur nature, de leurs causes. Elles peuvent affecter tous les os, mais plus particulièrement les os du crâne et les os longs des membres, et quelquefois, mais rarement, presque tous les os à la fois. L’exostose peut être générale dans un os, c’est-à-dire qu’elle semble résulter d’une sorte d’hypertrophie de toute sa substance (hypérostose) ; lorsque, cela a lieu dans un os long, le canal médullaire s’efface peu à peu et disparaît quelquefois entièrement. Si la maladie se développe à l’extérieur, et c’est le plus souvent, la tumeur peut être formée aux dépens de la lame qui entoure l’os, dans laquelle se fait un dépôt de matière osseuse, ou bien par une exsudation à sa surface même; la lame interne demeure le plus ordinairement étrangère à la maladie. La texture de l’exostose est quelquefois celluleuse, lamelleuse; on en rencontre dont le tissu est tellement serré, dur et pesant, qu’il offre l’apparence de l’ivoire (éburnée). Les causes les plus fréquentes sont les maladies vénériennes. Gependant les scrofules, le scorbut, la goutte, peuvent aussi les déterminer. Parmi les causes externes, on peut citer les contusions, une irritation quelconque fixée pendant longtemps dans le voisinage d’un os, etc. Le traitement consiste dans l’emploi des moyens dirigés contre les causes internes signalées plus haut. Lorsque la tumeur n’ayant pas disparu sous l’influence du traitement reste stationnaire, qu’elle est peu volumineuse et ne cause aucune gêne, il faut attendre et ne pas s’en occuper; mais si elle prend de l’accroissement, elle peut amener des accidents qui obligent d’avoir recours à un traitement chirurgical; dans ce cas, l'ablation de la tumeur et enfin l’amputation sont les seuls moyens de sauver le malade, quand ces opérations sont praticables. F — n.
EXPECTANTE (Médecine), du latin expectore, attendre. — Il ne faut pas croire qu’il existe une théorie médicale basée sur l’expectation dans les maladies, c’està-dire qui consisterait à assister simplement au développement d’une maladie, à en observer les phases, sans jamais rien faire qui puisse en déranger la marche. Une pareille théorie ne serait rien moins que la négation de l’art médical. Mais il est bien vrai qu’il y a dans la médecine d’observation une méthode d’après laquelle l’action du médecin, prompte, rapide dans certains cas, doit être au contraire patiente guidée par une sage lenteur
dans les circonstances où il faut savoir temporiser, attendre et saisir le moment favorable pour agir si cela est nécessaire. Considérée de ce point de vue, la médecine dite expectante, basée sur l’observation patiente et éclairée dos faits, est la seule rationnelle. Mais il ne faut pas conclure de là qu’elle doive se borner à une contemplation oisive de la marche d’une maladie; en suivant d’un œil vigilant et sagace les efforts de la nature, le médecin devra les seconder par une sage application des règles de l’hygiène et en écartant avec soin tout ce qui peut entraver cette direction favorable. C’est à l’aide de la connaissance profonde de l’histoire des maladies, de la distinction à établir entre celles qui marchent avec plus ou moins de régularité vers une terminaison heureuse, et celles qui peuvent être entravées dans leur cours par des symptômes annonçant quelques lésions intercurrentes, que cette expectation sage et éclairée déterminera la conduite du médecin, lui indiquera à quel moment il doit changer les bases du traitement, et posera ainsi les limites réciproques de ce qu’on appelle en médecine, action et expectation. Il existe aussi une certaine classe de médecins d’un caractère toujours indécis, portés à craindre l’effet des remèdes les plus innocents, et qui attendent toujours, négligeant ainsi l’occasion favorable qui passe pour ne plus revenir ; ce n’est pas là faire de la médecine expectante, c’est faire de la médecine timide, et qui ne peut avoir, dans la plupart des cas, que des résultats fâcheux. F — n.
EXPEGTORANTS (Matière médicale), du latin etc, hors, et pectus, poitrine. — Médicaments qui ont pour but de favoriser l’expulsion des matières contenues dans les bronches, la trachée-artère et le larynx. Ils sont trèsvariables, suivant la nature de la maladie qui donne lieu à l’expectoration et les circonstances qui influent sur le malade ; ce sont le plus souvent des toniques ou excitants, lorsque, pour favoriser l’expectoration, il faut exciter la tonicité des tissus. Ainsi les infusions excitantes des plantes labiées, les loochskermétisés, les préparations de scille; quelquefois les sulfures alcalins, les médicaments balsamiques, les analeptiques, le quinquina sous diverses formes ; dans les cas où il existe de l’irritation, ce sont des émollients, des narcotiques, quelquefois des vomitifs.
EXPECTORATION (Médecine), même étymologie que le précédent. — Action par laquelle les matières contenues dans les voies aériennes sont rejetées au dehors. L’expectoration peut fournir, dans les maladies, des signes tirés de la nature des crachats. Elle est plus ou moins facile, suivant que les crachats sont plus ou moins visqueux, et c’est dans ce cas que l’on a recours aux médicaments dits expectorants, surtout lorsque leur diminution ou leur suppression donne lieu à des symptômes de suffocation imminente, ou à un accroissement d’irritation .
EXPIRATEURS (muscles) (Anatomie). — On appelle ainsi les muscles qui, par leur contraction plus ou moins simultanée, contribuent à diminuer la capacité de la poitrine et à expulser l’air contenu dans les poumons. 11 n’est pas facile de déterminer d’une manière précise quels sont tous les muscles véritablement expirateurs; pourquelques-uns, la question n’est pas douteuse : ainsi les intercostaux internes et externes; les sous-costaux; le triangulaire du sternum; le grand pectoral, dans ses trois quarts supérieurs; le petit dentelé postérieur inférieur; \q grand dorsal (Beau et Maissiat'; le trapèze, dans sa portion dorsale ; le transverse et les obliques du bas-ventre; le pyramidal ; Vischio-coccygien et le releveur de l'anus, sont véritablement expirateurs. Ceux pour lesquels il y a quelques doutes, sont : les sur-costaux, le sous-clavier, \q petit pectoral, le grand dentelé, \q petit dentelé postérieur supérieur, le droit abdominal, le carré des tombes.
EXPIRATION (Physiologie). — C’est un des actes de la respiration, celui par lequel l’air qui a pénétré dans la poitrine par Vinspiration en est expulsé (voyez Respiration).
EXPLOITATION agricole (Agriculture). — L’exploitation agricole suppose un domaine rural réunissant des conditions suffisantes pour faire espérer les bénéfices qu’on en doit attendre. La première chose à faire pour établir une exploitation agricole est donc de constater l’état du domaine, ce qui lui manque et ce qui le caractérise.
Les conditions d’une bonne exploitation rurale tiennent au sol, à la situation, à Taménagement des eaux, à l’état des débouchés, au prix delà main-d’œuvre, à l’es-
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prit et à la moralité des populations au milieu desquelles rexploitation est placée. Cette condition, que je signale en dernier, est une considération de premier ordre dans le choix qu’on pourra faire du domaine rural ; il faut rechercher, avant tout, un pays où les mœurs soient aussi bonnes que possible, où règne l’amour du travail, de l’ordre, de l’économie. II n’y a rien à faire avec les populations rurales qu’a envahies l’amour de la dissipation, de la dépense, l’esprit d’insubordination, d’égoïsme et d’envie. Il faut aussi que la population soit assez nombreuse pour fournir de bons ouvriers agricoles, à des prix raisonnables. Se préoccupant ensuite de la vente des produits, on devra s’informer des débouchés qui existent et de la facilité des moyens de communication. Le bon état des chemins, le voisinage des grandes routes, des canaux, des rivières navigables, assurent le transport économique des denrées; la proximité de marchés importants leur donne une valeur beaucoup plus grande. Les agriculteurs placés loin des marchés et perdus au milieu des chemins difficiles, loin des grandes voies de circulation, sont obligés de restreindre la culture des grains, des fourrages, pour s’attacher à l’élevage du bétail qui peut être transporté à de grandes distances, sans d’aussi grands frais. Le voisinage et l’accès facile des grands marchés permettent, au contraire, de tirer parti de tous les genres de productions, et donnent souvent de l’importance à des objets de nulle valeur dans d’autres conditions. En tous cas, il faut que le cultivateur se préoccupe de mettre sa culture en rapport avec les débouchés dont il dispose, et faire le genre de produits qui se vend le mieux.
Après ces conditions générales, il faut indiquer celles qui concernent le domaine lui-même. Sa configuration a une grande importance pour la facilité des travaux : la meilleure disposition est celle où les bâtiments d’exploitation sont placés au milieu d’un domaine d’une seule teneur. Les champs éloignés des bâtiments, surtout s’ils sont de petite étendue,, donnent lieu à des frais de culture beaucoup plus élevés, sans que leurs produits en aient plus de valeur sur le marché ; si, en outre, ils font enclave au milieu d’autres héritages, ils provoquent des difficultés et des chicanes sans fin. L’étendue totale du domaine rural dépend, avant tout, du capital dont on dispose pour l’exploitation rurale, et aussi du genre de culture la plus avantageuse. A cet égard, on distingue généralement, en France, la grande, la moyenne et la petite culture. Les domaines de grande culture mesurent au moins 60 à 80 hectares ; les travaux s’y font avec des attelages et des machines ; le chef de l’exploitation dirige et surveille ordinairement avec un certain nombre Remployés, auxquels obéissent des sous-maîtres, des chefs d’attelage. Une telle exploitation est une sorte de petit gouvernement où le maître laborieux, régulier, prévoyant et instruit, doit inspirer à tous la confiance, l’affection et le respect. Le capital, souvent considérable, qui se trouve engagé peut rapporter beaucoup sous une bonne direction ; il peut être gravement compromis par l’incurie, le désordre, l’inconduite. La grande culture est en même temps une œuvre qui intéresse à un haut degré la prospérité du pays ; c’est elle qui fait les céréales et les fourrages, qui élève les chevaux, les bêtes à cornes et les bêtes à laine ; elle fait des moyens de pro- . duction d’un pays l’emploi le plus économique ; elle seule peut réaliser les améliorations agricoles et augmenter la prospérité publique par une production plus abondante et moins coûteuse. On peut dire que le chef d’une grande exploitation agricole bien conduite est un des membres les plus utiles et les plus indépendants dans une nation. La moyenne culture, qui est extrêmement répandue en France, suppose un domaine de 20 hectares au moins ; mais le chef d’exploitation ne dispose pas d’attelages et de machines en grand nombre, souvent il lui suffit d’une seule charrue ; le travail se fait, en grande partie, par des ouvriers que le chef doit diriger et inspecter, tout en consacrant lui-même la partie libre de son temps à des travaux manuels compatibles avec ses devoirs de surveillance. Au-dessous des domaines de moyenne culture, viennent les exploitations que l’on trouve surtout au voisinage des villes et dans les campagnes très-peuplées. Le propriétaire exploite alors de ses mains et avec le secours de sa famille, et s’attache à des cultures spéciales dont le choix est déterminé par les conditions de vente journalière de la localité. Les maraîchers des faubourgs des grandes villes présentent un type curieux et intéressant parmi les chefs de petites exploitations agricoles (voyez Potager).
Le domaine rural doit être exempt de toutes chances d’inondation ; mais il doit posséder, en quantité suffisante, des eaux bonnes pour abreuver les bestiaux, pour arroser le jardin potager, pour distribuer aux prairies et pour servir à la consommation domestique. Enfin, il est à désirer que le sol soit fertile, mais il doit cependant être varié de façon à offrir des ressources différentes, selon les années, et à donner toujours des récoltes, quelles qu’aient été les circonstances atmosphériques. C’est une bonne spéculation, lorsqu’on achète, de prendre un domaine susceptible d’être amélioré par un bon système de culture ; avec du temps, du travail et de sages innovations, on a le légitime espoir d’accroître considérablement la valeur du bien, en même temps qu’on réalisera un progrès agricole utile dans la contrée.
Il y a quatre modes d’exploitation du domaine rural : l’exploitation directe par le propriétaire, l’exploitation parl’intermédiaire d’un régisseur,l’e'iploitation de compte à demi ou par métayage, enfin l’exploitation par location ou fermage. On trouvera au mot Fermage des notions sur ces deux derniers modes d’exploitation, où le propriétaire n’est réellement plus chef d’exploitation. Quand l’exploitation est par régie, elle conserve au propriétaire la direction supérieure, mais le régisseur, placé immédiatement sous ses ordres, a entièrement le pouvoir exécutif et la responsabilité des fiiits accomplis vis-â-vis du maître. Ce système est excellent avec un bon régisseur et lorsque le propriétaire réside sur ses terres, et possède d’ailleurs des connaissances agricoles suffisantes pour ne pas être sur ce point à la merci du régisseur. Mais, en France, il est généralement difficile de trouver de bons régisseurs, et l’absence des propriétaires laisse libre cours à toutes sortes d’abus. En un mot, le régisseur ne doit pas être un homme indispensable pour suppléer à l’absence continue du propriétaire ou à son ignorance agricole, il doit être stnilement un agent supérieur coopérant à l’œuvre du propriétaire et assurant, dans tous les détails, l’exécution de ses plans. Dans ces conditions, l’exploitation en régie peut donner de très-bons résultats; mais il faudra laisser au régisseur une pleine autorité sur tout son monde, en môme temps que faire peser sur lui seul la responsabilité tout entière, sans jamais s’adresser h aucun de ses subordonnés.
L’exploitation directe par le propriétaire exige d’abord en lui certaines qualités que, malheureusement, les agriculteurs sont loin de posséder tous. Physiquement, l’agriculteur exploitant doit être robuste, sain de corps et capable de supporter les intentpéries des saisons. Moralement, il doit être rangé dans ses mœurs et digne d’être un chef de famille respecté; actif et industrieux pour l’emploi du temps; ordonné dans ses idées, réfléchi, plein de suite dans ses opérations, exempt d’hésitation et d’incertitude, prévoyant plus qu’aucun de ceux qu’il dirige ; il doit se rendre compte de tout et comparer sans cesse les frais et les produits; enfin, il doit savoir commander avec tact, avec précision, avec calme et fermeté, comme avec douceur; il a intérêt, sans laisser naître aucune familiarité gênante, à identifier néanmoins ses domestiques avec son exploitation de manière à ce qu’ils la regardent presque comme la leur; il doit veiller sur eux et leur venir en aide au besoin, les dominer sans despotisme et surmonter sans brusquerie, sans irritation, lorsqu’il s’agit d’innovations, les répugnances qu’il rencontrera toujours en eux. L’agriculteur doit avoir des connaissances assez étendues; puisqu’il est sans cesse aux prises avec les forces naturelles, il doit avoir des idées exactes des lois générales auxquelles elles obéissent (voyez Agbicültüre). Enfin, il faut que l’agriculteur sache faire le commerce, en apprécier les chances et en tirer judicieusement parti; car, après avoir fait naître des récoltes, des bestiaux, il doit savoir les vendre le mieux possible.
Dans la pratique de son exploitation, le propriétaire doit s’imposer rigoureusement un certain . nombre de principes généraux, que l’on peut résumer ainsi qu’il suit : 1“ Maintenir ses entreprises en rapport avec la force dont on dispose ; 2" consacrer à chaque opération exactement la main-d’œuvre nécessaire, et jamais plus; 3" subordonner l’ordre d’exécution des travaux à leur importance, et établir cet ordre de façon à ce que tout travail essentiel soit fait à son temps, et à ce que tout moment de loisir soit utilisé pour quelque travail secondaire; 4® ne jamais remettre d’une heure ce qui peut, sans inconvénient, s’exécuter immédiatement.
Une condition indispensable pour mener une exploitation rurale, c’est de disposer d’un capital suffisant.
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D’une manière générale et sauf beaucoup de conditions particulières, on peut estimer le minimum du capital d’exploitation , soit d’après le loyer ou prix de location du domaine, soit d’après l’étendue même de ce domaine. Cette dernière base est préférable, et, suivant Mathieu de Dombasle, on peut admettre qu’en France, pour un domaine de 100 hectares, il faut disposer au moins d’un capital d’exploitation de 40000 francs (400 francs par hectare) ; pour un domaine de 200 hectares, on peut se contenter d’un capital de 60000 francs (300 francs par hectare). La quotité du capital augmenterait ainsi progressivement à mesure que se restreindrait le fonds, ou diminuerait, au contraire, à mesure que celui-ci serait plus étendu. Beaucoup d’exploitations agricoles se font malheureusement avec des capitaux bien inférieurs à ce qu’ils devraient être ; mais c’est là une condition déplorable pour l’agriculteur; il en résulte pour lui la gêne et souvent la misère, pour son bien une culture imparfaite et l’impossibilité d’aucune amélioration.
Le chef de l’exploitation agricole a besoin d’être assisté dans ses travaux par un personnel qu’il devra s’attacher à rendre suffisant pour les besoins de l’exploitation, mais en se bornant au strict nécessaire. Certains travaux qui durent toute l’année sont confiés à des serviteurs à gages, qui demeurent sous le toit du maître; ce sont les laboureurs ou charretiers, les bergers, les vachers, les valets de ferme et les filles de cour. D’autres travaux qui reviennent à certaines périodes sont exécutés par des journaliers employés à la tâche ou à la journée. A côté du personnel, il faut mentionner le mobilier agricole, c’est-à-dire l’ensemble des instruments nécessaires pour travailler la terre, recueillir et assainir les produits, préparer la nourriture des animaux, transporter les diverses denrées, équiper les attelages, etc. (voyez Instruments agricoles).
Un des grands problèmes qu’ait à résoudre le chef d’une exploitation agricole, c’est le choix du système de culture ; c’est là qu’il devra examiner quel assolement il lui faut adopter, quels animaux il doit nourrir sur son fonds; arrêter, en un mot, les traits généraux de son entreprise, le plan approprié au sol qu’il exploite. Enfin, pour se rendre compte de ses opérations, il est indispensable qu’il établisse une comptabilité régulière. Son point de départ sera un inventaire complet du domaine au moment où ü,en prend l’exploitation; un inventaire analogue sera dressé chaque année à une même époque; puis il tiendra ses comptes courants au moyen : 1“ d’un registre-journal où chaque jour seront inscrits les travaux, les dépenses, les recettes, les produits engrangés, consommés ou vendus; en un mot, toutes les opérations de la journée ; 2" d’un livre de caisse où seront consignées chaque jour les recettes et les dépenses en argent; 3" d’un registre de dettes et de créances ; 4" d’un livre de compte de culture où chaque genre de culture a sa comptabilité spéciale; 5" d’un registre du personnel où seront inscrites les journées de travail et la paie de chacun ; 6® d’un livre de bétail donnant à tout moment, dans des chapitres distincts, l’état exact de l’écurie, de la vacherie, de la bergerie, de la porcherie, de la bassecour, la mention des objets consommés et des produits obtenus; 7“ d’un livre de dépenses du menaç-e, contenant l’indication de tous les objets ou de tous les déboursés consacrés aux besoins des gens de la ferme. 11 est évident que le système de comptabilité peut d’ailleurs être modifié de bien des manière^ il sera bon toutes les fois qu’il fournira au propriétaire la connaissance exacte de toutes ses opérations, et lui permettra de calculer rigoureusement les pertes et les bénéfices en appréciant les causes auxquelles ils sont dus. Ad. F.
Exploitation des bois (Sylviculture). — Voyez Forêts.
EXPONENTIELLE. — Voyez Exposants, Fonctions.
EXPOSANTS (Algèbre). — En algèbre, l’exposant dont une lettre est affectée indique le nombre de fois que cette lettre doit être prise comme facteur dans un produit. Ainsi a^ exprime le produit aX«X«Xn. Cette définition suppose que l’exposant est un nombre essentiellement entier et positif. Une division impossible amène à considérer des exposants Lorsque « peut être re-
tranché dem,on a— = u™ — ". S’il n’en est pas ainsi, on
continue à représenter le quotient par n™ - », et il se présentera deux cas. Si m et n sont égaux, on aura qui
devra être regardé comme équivalent à c’est-à-dire à l’unité. Si n est plus grand que m, en appelant p leur
différence, on aura Une lettre affectée
d’un exposant négatif est donc équivalente au quotient de l’unité divisée par cette lettre affectée du môme exposant pris avec le signe -}-. Ainsi ^ s’écrira a~^.
De même que Indivision conduit aux exposants négatifs, de môme l’extraction des racines a donné naissance aux exposants fractionnaires. Pour extraire la racine 4®
de cfi, il faut diviser l’exposant par 4, ce qui donne ol
ou Si l’exposant de a n’est pas divisible par 4, la racine ne pourra plus s’extraire ; néanmoins on continuera
à indiquer l’opération, et l’on écrira, par exemple, ai.
au lieu de Ces conventions admises, on voit que 1 S .
“7^ = ^2 . Il est d’ailleurs facile de démontrer que les rè-
gles établies pour les exposants entiers s’appliquent aussi aux exposants négatifs ou fractionnaires.
La fonction a^ dans laquelle a est considéré comme un nombre constant, et x comme variable, est dite expo^ nentiellc. On introduit également dans l’analyse supérieure des exponentielles imaginaires. Une expression de-
là forme — i n’a par elle-même aucun sens. Il faut la considérer comme un symbole désignant ce que devient le développement algébrique de a'^^ lorsqu’on y remplace a; par a:;/ — 1 (voyez Imaginaire, Séries). E. R.
EXPRESSION ALGÉBRIQUE. — Voyez Algèbre.
EXTASE (Physiologie), du grec ektasis, contention. --- V extase physiologique., que l’on doit distinguer de V extase divine (voyez Dict. des lettres, par Bachelet et Dézobry),est un état du cerveau dans lequel l’exaltation de certaines idées amène un sentiment de ravissement extrême et inattendu, avec suspension de l’action des sens extérieurs et des mouvements volontaires. L’habitude de la méditation, la vie contemplative, ont quelquefois jeté dans une sorte de rêverie avec insensibilité extérieure, qui, plus tard, s’est renouvelée sans le retour de la cause qui l’avait fait naître. Dans la catalepsie, que l’on pourrait confondre avec l’extase, il y a suspension complète des facultés intellectuelles ; c’est ce qui la distingue de l’extase.
EXTENSEURS (Anatomie). — On a donné ce nom à des^ muscles qui portent une partie dans l’extension. Les principaux sont les suivants : E. commun des doigts {Epicondylo-sus-phalangettien commun, Chauss.) ; il va de la tubérosité externe de l’humérus (épicondyle) aux quatre derniers doigts. — E. du petit doigt {Epicondylo-sus-phalangettien du petit doigt, Chauss.); de l’épicondyle au petit doigt. — Grand E. du pouce {Cubito-susphalangettien, Chauss.) j de la face postérieure du cubitus au dos du pouce. — Court E. du pouce {Cubito-susphatangien du pouce., Chauss.) ; du cubitus, du ligament interosseux et du radius à la première phalange du pouce.
— E. propre de l'index {Cubito-sus-phalangettien de l’index, Chauss.); du cubitus et du ligament interosseux à l’index. — E. du gros orteil (Péronéo-sus-phalangettien , du gros orteil, Chauss.); du péroné et du ligament i interosseux à la phalange unguéale du gros orteil. — ■
E. commun des orteils {Long péronéo-sus-phalangettien commun, Chauss.); de la tubérosité externe, du tibia et du péroné aux quatre derniers orteils.
EXTENSION (Physiologie, Chirurgie). — Action de redresser ou d’étendre des parties qui ont été fléchies. C’est un des mouvements d’opposition dont les articula- i tions sont susceptibles, comme on le voit, au coude, au genou, au poignet, etc.
En chirurgie, ce mot s’applique à l’opération par la- J quelle on tire en sens opposé un membre luxé ou frac- j turé : dans le premier cas, pour ramener les surfaces j articulaires à leur situation naturelle ; dans le second, ^ pour affronter les fragments d’un os brisé. L’extension i prise dans ce dernier sens, et entendue de l’effort fait sur | la partie inférieure du membre, est opposée à celui fait jî sur la partie supérieure, et que l’on nomme contre-ex- 'j tcïisioTi,
EXTÉRIEUR (Hippologie). — On appelle ainsi en zoo- É technie la description des diverses régions de l’exté- I rieur du corps du cheval. Parfois on l’étend par analogie aux autres espèces domestiques (voyez Hippologie). ifl
EXTIRPATEÜR (Agriculture).— Instrument agricole- J à plusieurs socs, très-analogue au scarificateur, mais | dont les socs, au lien d’être conformés en pointe peu ou |
I point élargie sur ses côtés, sont, au contraire, aplatis en |
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fer de lance. Cet instrument sert à exécuter les labours superficiels ou binages, à recouvrir les semences, à déchaumer les terres après la moisson, à éclaircir les semis à la volée, lorsqu’ils viennent trop épais (voyez Labour, Instruments agricoles).
EXTIRPATION (Chirurgie). — On appelle ainsi une opération de chirurgie au moyen de laquelle on enlève en totalité une tumeur au milieu des tissus, ou une partie quelconque du corps affectée d’une maladie incurable. Ainsi on extirpe un cancer, une loupe, un kyste; c est un mode d’excision qui par ce nom a une signification plus nette et plus complète.
EXTRACTION des dents (Chirurgie). — Quelles que soient les causes qui déterminent le chirurgien à pratiquer celte opération, et c’est presque toujours une maladie de la dent, iWoit se préoccuper d’abord du choix de l’instrument, puis de la position àdoftner au malade; enfin du mode opératoire lui-même.
Les instruments inventés pour l’extraction des dents sont très-nombreux ; cependant ceux qui sont le plus usité sont: \q davier^ la clef de Garengeot, le 'pélican et les différents leviers connus sous les noms de levier droit., pied-de-biche, langue de carpe, etc.
Le davier, dérivé, selon les uns, par corruption, de davis, clef; selon d’autres, de l’allemand taube, pigeon, à cause de sa ressemblance avec le bec d’un pigeon; enfin, plus probablement, du nom de son inventeur, est une espèce de pmces droites, courbes ou coudées, dont les mors épais et courts sont garnis de dentelures pour pouvoir saisir les dents avec solidité. Le davier droit s’emploie de préférence pour les incisives et les canines (voyez Dent). Le davier courbe, qui a la plus grande ressemblance avec un bec de perroquet, pour les petites molaires ; on ne s’en sert guère, pour les grosses molaires, que lorsqu’on veut achever 1 ’extraction d’une dent basculée par la clef de Garengeot ou le pélican. Pour la dernière molaire ou dent de sagesse, on se sert, le plus souvent, delà /a/îÿwe decarpe{fîgA021 ,2) quel’onenfonce entre elle et la quatrième molaire. Cet instrument est formé d’une tige d’acier dont l’extrémité, en fer de lance émoussé, est coudée à angle très-ouvert sur cette tige montée elle-même sur un manche. Un des avantages du davier, c’est que, prenant le plus souvent son point d’appui dans la main du chirurgien, il n’exerce ni contusion sur les gencives, ni pression sur les dents voisines. Pour se servir du davier, on saisit la dent le plus près possible de la racine, puis on la tire directement dans le sens de son axe, en faisant exécuter des mouvements de rotation pour l’ébranler et la luxer.
La clef de Garengeot [fig. 1026, 1), ainsi nommée du nom de ce chirurgien célèbre, qui n’a fait que la perfectionner, car elle est d’origine anglaise, d’où lui vientaussi le nom de clef anglaise, se compose d’une tige montée à
une de ses extrémités sur un manche transversal, et présentant à l’autre une surface quadrilatère, creusée d’une mortaise, qui reçoit un crochet courbe plus ou moins long et plus ou moins ouvert, selon le volume de la dent à extraire. Cet instrument a été modifié de plusieurs manières: ainsi la clef à noix et la clef à'pivot-, qui permettent de donner au crochet toutes les directions; on a aussi coudé la tige de l’instrument près de l’extrémité qui reçoit le crochet, afin de rendre son introduction plus facile pour l’extraction des dernières molaires. Avec la clef de Garengeot, on peut déployer une grande force sans produire de secousses; mais elle offre un inconvénient grave, c’est de prendre le point d’appui sur la gencive et l’alvéole situés en dehors de la dent malade; de plus, on ne peut guère éviter de briser l’alvéole du côté vers lequel on renverse la dent : aussi est-il moins employé aujourd’hui. Pour opérer avec cet instrument, le chirurgien le saisit de la main droite, applique le crochet, à l’aide des doigts de la main gauche, sur le côté interne de la dent malade, le plus près possible de la gencive; le côté du quadrilatère opposé au crochet est appliqué en dehors et vis-à-vis; alors, par un mouvement de rotation gradué sur le manche de la clef, la dent se trouve basculée et renversée. Quelques chirurgiens aiment mieux appliquer le crochet sur le côté externe de la dent. On l’emploie surtout pour les grosses molaires.
Le pélican, qui saisit la dent au moyen d’un crochet, et prend son point d’appui sur d’autres dents ou bien sur le bord alvéolaire; dans le pélican de Rucking et de Dubois-Foucon, le plus employé de tous, le point d’appui a lieu au moyen d’une plaque métallique un peu concave, ovalaire, assez large, garnie de peau. Cet instrument a été vanté par les uns autant qu’il a été blâmé par les autres. Du reste, les dentistes habiles s’en servent avec avantage. Pour extraire les fragments, on emploie le pied de biche {fig. 1026, 3). C’est un levier que l’on enfonce sous les débris que l’on extrait par bascule.
Les instruments que nous venons de nommer ont subi un grand nombre de modifications, nous ne pouvons en parler, non plus que de ceux qui ont été inventés pour des cas spéciaux.
La position la plus convenable est que le malade soit assis solidement sur un fauteuil à dossier élevé, un peu renversé en arrière ; de son côté, le chirurgien devra se placer de manière à pouvoir agir librement. La tête du malade étant renversée, il pourra procéder à son opération avec beaucoup plus de facilité et de sûreté.
Quel que soit l’instrument dont on se servira, il est des règles générales dont il ne faut jamais s’écarter ; ainsi, bien saisir la dent qu’on veut enlever, prendre un point d’appui qui serve de levier à l’instrument, agir sans précipitation, employer une force graduelle, constante et sans la moindre secousse ; tels sont les moyens par lesquels on évitera de fracturer la dent, de briser l’alvéole et d’ébranler les dents voisines.
Lorsque la dent est arrachée, il faut laisser couler le sang pendant une ou deux minutes, en faisant gargariser le malade avec un peu d’eau tiède ; ensuite le chirurgien rapprochera les gencives en les pressant entre deux doigts, et recommandera au malade d’éviter le contact de l’air froid.
Les principaux accidents qui peuvent accompagner ou suivre l’extraction des dents sont : 1“ La fracture des dents; pour l’éviter, il faut saisir la dent profondément et la renverser vers le côté où elle est inclinée; si l’accident a lieu, et que l’on ne puisse enlever immédiatement la racine, il faut l’abandonner et prévenir les accidents inflammatoires par les émollients. Cependant, si un fragment de pulpe ou de filet nerveux était resté adhérent aux parties profondes, il faudrait de toute nécessité faire l’extraction complète de ces fragments. 2° Vhémorrharjie; cet accident peut n’avoir lieu que quelques heures après l’opération ; elle peut être causée par la présence d’une esquille; il faut l’extraire, tamponner avec de la charpie, et cautériser avec le fer rouge, si elle devient inquiétante. On a vu aussi, chez des sujets prédisposés aux hémorrhagies, survenir des écoulements de sang suivis des accidents les plus graves et même de la mort. 3® convulsions et les syncopes qui peuvent survenir n’ont aucune gravité et cessent d’elles-mêmes. 4“ Les fluxions et les abcès seront traités par les antiphlogistiques (voyez ces mots). 5° Fracture de l'alvéole. Cet accident est plus fréquent avec la clef qu^avec le davier. Lorsqu’on le soupçonnera, il faudra rechercher le
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fragment osseux et en faire l’ablation avec beaucoup de précautions, parce que, s’il restait dans la plaie, il pourrait donner lieu aux abcès de la gencive, ou aux phlegmons dans l’épaisseur de la joue. F - N.
EXTRAITS (Pharmacie). — On nomme ainsi un produit d’une substance végétale que l’on obtient par l’évaporation d’un suc ou d’un liquide dans lequel on a fait macérer, infuser ou bouillir une plante verte ou sèche, ou quelqu’une de ses parties ; on en lait aussi quelques uns tirés du Règne animal. On prépare ordinairement les extraits assez mous pour pouvoir les malaxer facilement; cependant il en est de secs. On donne ordinairement le nom de robs aux extraits obtenus avec des sucs de fruits. On peut les classer, suivant qu’on les obtient, par expression, par macération, par infusion , par dé~ coctiùïï, etc. On les nomme extraits aqueux, lorsqu’ils résultent d’infusions aqueuses, et extraits alcooliques.
lorsque la préparation a lieu au moyen de l’alcool. On peut aussi obtenir des extraits éthérés, vineux, acétiques. Ils peuvent être gommeux, résineux, savonneux, etc., suivant la substance prédominante. Les extraits tirés du Règne animal sont peu nombreux ; on ne connaît guère dans ce groupe que Vext. de fiel de bœuf, Vext. de cantharides et quelques autres. Les extraits bien préparés sont très-avantageusement employés en médecine. F — n.
EXTRAIT DE SATURNE (Matière médicale . Voyez Acétate de plomb.
EXTRAVASATION (Médecine), du latin extra, hors, et vasa, vaisseaux, — On appelle ainsi l’infiltration ou l’épanchement de certains liquides qui sont sortis des vaisseaux destinés à les contenir (vo^z Eccfiymose).
EXUTOIRE ^Médecine). — Voy^ Cautère, Vésicatoire.
FABÂ (Botanique). — Voyez Fève.
FABAGELLE (Botanique). — Nom vulgaire du genre Zygophyllum, Lin., du grec zygos, paire, et phyllon, feuille, parce que ses feuilles portent une seule paire de folioles. Ce sont des plantes Dicotylédones dialypétales hypogynes, et ce genre est le type de la famille des Zygophyllées, voisine des Oxalidées ; il a pour caractères : calice à 5 divisions; 5 pétales; 10 étamines à filets munis chacun d’une écaille; ovaire prismatique; capsule à 5 loges renfermant de nombreuses graines. Les fabagelles sont des herbes ou des arbrisseaux. La plus répandue est la F. commune {Z fabago. Lin.). Ses tiges sont herbacées. Ses feuilles sont lisses, charnues, à 2 folioles, et scs fleurs, souvent géminées, sont de couleur orangée à la base et blanches au sommet. Cette plante est originaire delà Syrie. Elle passe pour vermifuge. Sa saveur est un peu âcre et amère. La F. à feuilles simples iZ. portulacoides. Fors.) a les fleurs jaunes, solitaires. Les Arabes en expriment le suc qu’ils emploient contre les maux d’yeux.
FABRÈCOULIER, Fabrequier, Falabrequier (Botanique), noms vulgaires du Micocoulier .
FABRONIE (Botanique), Fabronia, Raddi. — Genre de plantes Cryptogames acrogènes appartenant à la famille des il/oM55e.î. Il est principalement caractérisé par une urne à péristome simple, comprenant huit paires de dents qui se replient dans l’intérieur. Les quelques espèces dont ce genre est composé sont petites, disposées par touffes, avec des feuilles bordées de cils. La F . exiguë (F. Schw.) croît dans le nord de l’Italie et
en Suisse. Humboldt et Bonpland ont trouvé au Pérou la F. polycarpa. Celte espèce croît sur les racines d’une espèce de chêne.
FACE (Anatomie humaine). — Portion de la tête située au-dessous du crâne, au-dessus et en avant du cou, sur lequel elle avance par la saillie du menton.
La peau de la face est d’un blanc rosé, très-fine et riche en vaisseaux sanguins, ce qui explique la facilité avec laquelle elle se colore et se décolore, selon les divers états de l’âme; chez l’homme, elle est recouverte, dans ses parties latérales et inférieures, de poils qui, suivant le point qu’ils occupent, portent le nom de favoris, moustaches ou bai’be; elle est glabre, au contraire, chez l’enfant et la femme. Elle est assez sujette à être atteinte de cancer, lequel, en s’étendant, détermine des excavations vastes et hideuses. L’érysipèle n’y est pas rare non plus ; alors la figure est rouge et tellement tuméfiée, qu’on ne distingue presque plus les traits.
La couche graisseuse sous-cutanée renferme des muscles, des vaisseaux et des nerfs nombreux. Chez les scrofuleux, elle présente un épaississement remarquable, mais, en général, borné à la lèvre supérieure; elle s’enflamme et augmente aussi de volume dans les fluxions causées par des dents malades; chez les enfants qui sont convalescents de la scarlatine, ou voit assez souvent le visage enfler sans changer de couleur ; cet accident est dû presque toujours à ce que les petits malades ont été exposés au froid ou à l’humidité; on doit donc prendre de grandes précautions pendant plusieurs semaines après que l’éruption a disparu.
Les muscles sont presque tous grêles et fixés, par une
de leurs extrémités, sur un point du squelette, par l’autre sur la face profonde de la peau. Il en résulte que leur contraction plisse l’enveloppe cutanée et préside au jeu de la physionomie. Un d’eux, le risorius de Santorini, qui n’existe pas toujours, donne naissance, lorsqu’il se contracte, à la fossette de la joue, cette petite dépression si gracieuse pendant le sourire. Si les muscles étaient tous paralysés, la face serait comme un masque sans expression, queMes que fussent les émotions dont l’âme pût être agitée. Au lieu d’être immobiles, ces muscles peuvent être affectés de spasmes, comme dans les convulsions des enfants. Dans la névralgie faciale, la douleur occasionne aussi des contractions involontaires, qui ont fait donner à cette afiêction le nom de tie douloureux. Quelques personnes, sans être malades, sont affectées de contractions involontaires et presque incessantes dans les muscles de la face : ces contractions, connues sous le nom de tics, et qui siègent tantôt dans un muscle, tantôt dans un autre, donnent à la physionomie un aspect grimaçant, très-désagréable.
Le squelette de la face se distingue par la multiplicité des os, leur disposition irrégulière, leur texture constituée en grande partie par des lamelles très-minces et qui circonscrivent de nombreuses cavités, la bouche, les orbites, les fosses nasales et leurs sinus. Les os de la face sont les os propres du nez; les os maxillaires supérieurs, les os unguis, les os de la pommette. Les cornets inférieurs du nez, les os du palais, le vomer, le maxillaire inférieur. Les nerfs moteurs de la face sont les nerfs faciaux ; les nerfs trijumeaux sont les nerfs sensitifs. Des contusions, des piqûres de leurs diverses branches ont pu donner lieu à des névralgies rebelles; leur destruction est suivie de la perte de la sensibilité.
La face, en raison de sa position à découvert, est exposée à un grand nombre de blessures. Lej chirurgiens doivent prévenir les difformités qui pourraient en résulter en réunissant les deux bords de la plaie au moyen de sutures faites avec un fil ciré et des épingles. Lorsqu’un lambeau de chair est emporté, cette perte de substance peut avoir les résultats les plus graves, sous le double point de vue de la beauté du visage et de l’exercice de certaines fonctions, telles que la vue, le goût, l’odorat, l’articulation des sons, etc. Aussi un procédé a-t-il été imaginé pour réparer ces difformités; c’est Vautoplastie.
Chez l’enfant, la graisse abonde, les muscles sont peu développés; aussi les joues sont en relief et les contours arrondis; la môme disposition existe chez la femme; l’homme a les traits plus accentués. Chez le vieillard, les os deviennent saillants, et la peau, privée de son élasticité, se couvre de rides. On a toujours dit que le visnge était le miroir de l’âme ; aussi le médecin et le philosophe cherchent-ils à lire dans son expression, l’un pour y trouver des signes capables de l’éclairer dans la con- j
naissance des maladies, l’autre pour y deviner les dis- f
positions intellectuelles et rnorales. La couleur naturelle * de la figure est d’un rose pâle ; elle peut être remplacée j par une rougeur vive; dans les fièvres, les inflammations î aiguës, elle précède quelquefois un saignement de nez, un coup de sang, une attaque d’apoplexie, surtout chez .2 les vieillards. Loin de se colorer, la face peut devenir d
plus pâle ; c’est ce qui arrive, en général, dans les ma- I
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ladies dironiqties, la convalescence des maladies aiguës, de la chlorose; à la suite des pertes de sang, des veilles prolongées, de profonds chagrins. La privation du grand air et celle du soleil produisent le même résultat; ainsi, les prisonniers sont en général très-pâles, et on a observé la même chose chez les ouvriers mineurs. Chez les personnes qui sont affectées de cancer, le teint est d’unjaunepaille différent de celui qui existe dans la jaunisse. Chez ceux qui sont atteints de maladies du coeur, on observe souvent une pâleur un peu violette, accompagnée d’une légère bouffissure du visage. Dans le choléra, la figure est froide et a une couleur plombée qui, jointe à l’enfoncement des yeux, caractérise cette affection. Dans la fièvre typhoïde, les yeux expriment la stupeur. Le malade paraît étranger à tout ce qui se passe autour de lui, et a l’air de ne penser à rien; lorsqu'on lui parle, ses traits gardent leur caractère immobile et indiquent qu’il ne comprend pas les paroles qui lui sont adressées.
Si l’on cherche à associer la physionomie à certaines dispositions générales, on trouve qu’un visage plat, massif, indique la bassesse des inclinations, la nullité d’esprit. Celui qui est court, gras, vermeil, marque la gaieté, la bienveillance. La figure longue, pâle, maigre, accuse l’égoïsme, la mélancolie, la réflexion. Une face volumineuse, par rapport à un petit crâne, dénote la prédominance de l’instinct sur l’intelligence ; une petite face couronnée par un crâne volumineux indique l’inverse. La concentration des traits vers la ligne médiane trahit des passions dissimulées. A. S — y.
FACHINGEN (Eaux minérales). — V. Geilnaü.
FACIAL (Anatomie humaine), du latin faciès^ face. — Ce terme s’applique à diverses parties qui sont en rapport avec la face : h'artère faciale est un rameau de la carotide externe qui s’en détache au-dessous de l’angle de la mâchoire, et au niveau du pli du cou et du menton ; elle se porte vers l’angle de la bouche, obliquement et en serpentant sur la face, et va se terminer sur l’aile du nez en s’unissant au rameau nasal de l’artère ophthalmique. Cette artère donne ses rameaux à la partie inférieure de la joue, aux deux lèvres, à l’aile du nez et au menton. — La veine faciale naît par une veine placée sous la peau verticalement au milieu du front, traverse la face obliquement de l’angle interne de l’œil vers l’angle de la mâchoire, et va s’aboucher avec la veine jugulaire interne vers la partie latéral^ moyenne du cou. — Le nerf Racial est un des nerfs dits crâniens, parce que, naissant de l’encéphale, ils émergent à travers un des trous du crâne; le facial naît sur le côté de la portion postérieure do la protubérance annulaire, un peu au-devant du nerf auditif ; il sort du crâne par le conduit auditif interne et l’aqueduc de Fallope, d’où il envoie au nerf lingual une singulière anastomose, nommée corde du tympan, donne aux muscles des osselets de l’ouïe (oreille moyenne) des filets nerveux, et, pénétrant par le trou stylo-mastoïdien dans la glande salivaire parotide, se partage en deux troncs qui distribuent leurs rameaux aux muscles de la face, à ceux des côtés de la tête derrière l’oreille et des parties supérieures du cou.
Facial (Angle) (Zoologie). — Voyez Angle.
FACIES (Sciences naturelles et médicales), c’est le mot latin qui veut dire face, apparence, aspect. — Les médecins et les naturalistes l’emploient fréquemment pour désigner l’aspect général du visage chez un malade, ou l’aspect général et caractéristique d’un animal ou d’une plante.
FAÇON (Agriculture). — Ce mot vulgaire désigne chacune des opérations par lesquelles le cultivateur prépare la terre à recevoir les graines ou plantes qu’elle doit nourrir, ou modifie son état à certaines périodes de la végétation de ces plantes. C’est à l’article concernant chaque plante agricole que seront indiquées les façons principales que réclame la terre qui les porte.
FACULTÉS DES SCIENCES (Enseignement scientifique). — En créant et organisant, de 180(j à 1811, l’ Université de France, Napoléon P*’ fonda les Facultés des sciences, chargées de donner l’enseignement supérieur des sciences mathématiques, astronomiques et mécaniques, des sciences physiques et chimiques, et des sciences naturelles. L’organisation de ces Facultés sera expliquée au mot Université; on compte actuellement en France 16 Facultés des sciences, ainsi réparties : Région du Nord, 1, â Lille; région de l’Est, 6, à Strasbourg, Nancy, Dijon, Besançon et Lyon; région du Centre, 3, à Paris, Poitiers, Clermont ; région de l’Ouest, 2, à Caen, Rennes; région du IVlidi,6, à Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille.
Facultés de médecine (Enseignement médical). — Il existe, en Fiance, 3 Facultés de médecine faisant, comme celles des sciences, partie de Y Université ; elles ont leur siège à Paris, à Lyon, à Montpellier. Il y en avait une à Strasbourg.
FAGARTER (Botanique), Fagara, Forst. Avicennes a mentionné sous ce nom une plante aromatique. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétoles hypogynes, de la famille des Zanthoxylées. On le fait rentrer aujourd’hui dans le genre Clavalier (Zanthoxylon, Lin.). Plusieurs de ses espèces sont assez importantes. Le F. du Japon (F. pzpenVa, Lin.) est un arbrisseau un peu épineux, ses fleurs blanchâtres sont en panicules. L’écorce et les capsules broyées de cette espèce sont employées comme le poivre et le gingembre. Ses feuilles jouissent de propriétés médicinales souvent utilisées au Japon.
FAGONIE (Botanique), Fagonia, Tourn.; dédiée â Fagon, premier médecin de Louis XIV. — Genre de plantes Dicotylédones dialypélales hypogynes, de la famille des Zygophyllées. Les fagonies ont : calice caduc à 5 sépales; 6 pétales; 10 étamines; capsule à 5 loges renfermant chacune une graine, et s’ouvrant chacune en 2 valves. La F. de Crète (F. cretica. Lin.) est une herbe qu’on trouve aussi en Espagne. Ses feuilles sont à 3 folioles, sessiles, et ses fleurs solitaires et purpurines. La F. d' Arabie F. arabica, Lin.) est un peu ligneuse et s’élève quelquefois à I mètre. Ses feuilles sont aiguës, ses stipules épineuses et ses fleurs violettes.
FAGOPYRUM (Botanique). — Nom latin du genre Sarrasin (voyez ce mot).
FAGUS (Botanique). — Nom latin du genre Hêtre (voyez ce mot).
FAHLUNITE (Minéralogie), du nom des mines de Fahlun, en Suède. — On trouve dans les mines de cuivre pyriteux de Fahlun la roche qui porte ce nom ; c’est un silicate alumineux, de couleur variable, et dont on a dû distinguer dès l’abord deux variétés bien différentes : 1° La F. tendre de Hisinger, nommée plus généralement aujourd’hui Triclasite, d’après Hausmann, a l’aspect d’une stéatite rougeâtre ou d’un vert olive foncé, cristallisée en prismes à six pans, tendre, fusible, et abandonnant de l’eau lorsqu’on la calcine; c’est un silicate alumineux ferro - magnésien hydraté. 2" La F. dure de Hisinger est une variété de Cordiérite (voyez ce mot). On trouve ces deux substances minérales dans quelques autres localités que la mine d’où vient leur nom primitif.
FAILLE (Géologie), de l’allemand fall, chute, affaissement. — On donne ce nom à de vastes fissures qui interrompent parfois la continuité des couches d’un terrain, et sur l’un des côtés desquelles un affaissement a détruit la correspondance des couches dont ce terrain est formé.
Fig. 1027. — Couche disloquée par des failles.
On attribue ces fissures à des soulèvements qui, en rompant les couches du terrain, les ont inégalement déplacées. Souvent les deux bords de la fissure ne se sont pas rapprochés, et des débris du terrain sont venus remplir l’intervalle de la faille. Les failles se manifestent souvent, à la surface des terrains où elles existent, par des crêtes se prolongeant sur de grandes étendues, et dont les Vosges, le J ura, les Alpes, les Cévennes, offrent, en France, de nombreux exemples. La figure 1028 montre quelles
dislocations les failles peuvent produire dans une même couche a, b, c, d ; ces dislocations sont parfois telles que les débris successifs d’une même couche prennent l’as-
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pect de plusieurs couches différentes, et peuvent donner lieu à de grandes erreurs sur la nature véritable d’un gîte de substance minérale. On concevra de quelle importance il est de bien reconnaître les failles et de prévoir les dispositions qui en ont pu résulter, toutes les fois que l’on a à diriger des recherches concernant des exploitations houillères ou métallurgiques.
FAIM (Physiologie). — La faim se distingue du simple appétit en ce qu’elle a toujours quelque chose de pénible ; elle se manifeste par une série de sensations très-diverses, dont l’intensité varie à mesure que le besoin à' alimentation devient plus impérieux ; en même temps, il se produit dans l’économie une série de phénomènes importants dont la succession constitue Vinanition.
La faim se fait sentir chez l’homme au moins deux fois par vingt-quatre heures; mais l’habitude exerce en ce point la plus grande influence; toutefois, la période est d’autant plus rapprochée, que l’âge est moins avancé, que la vie est plus active et la dépense plus grande (voyez Régime, Diète) .
On n’est d’accord ni sur le siège, ni surtout sur le mécanisme physiologique de la faim.
Faim canine, Faim de loup, Faim de bc»uf,
Fringalle (Médecine). — Faim exagérée que l’on observe chez l’homme et chez les animaux, et qu’il faut attribuer à une affection nerveuse de l’estomac ; cette affection ellemême est en général symptomatique d’une autre maladie, ou, tout au moins, annonce l’existence des vers intestinaux (voyez Boulimie).
Faim-valle, Faim-galle, Faim-caballe (Médecine vétérinaire). — Sorte de faim excessive ou boulimie particulière au cheval, et qui a le plus souvent pour cause la multiplication des vers dans le tube digestif. L’animal, en plein travail, est tout à coup pris d’une faiblesse excessive, qui le rend incapable de tout effort et cesse seulement lorsqu’on lui a donné quelque chose â manger. On guérit cette affection par les moyens qui combattent les vers intestinaux.
FAINE (Botanique). — Fruit et graine du hêtre: on en tire une huile comestible (voyez Hêtre).
FAISAN (Zoologie), Phasianiis, Lin. — Genre d’O/seaux de l’ordre des Gallinacés , caractérisés par des
Fig. 1029. — Faisan commun (long. 0m,9S).
joues en partie dénudées de plumes et garnies d’une peau rouge ; par leur queue disposée en toit à double pente. Cuvier y reconnaissait plusieurs sous-genres, qui sont de véritables genres : les Coqs, les Faisans proprement dits, les Argus, les Houppifères , les Tragopans ,\qs Crijptonyx ou Roulouls.
Les F. proprement dits sont dépourvus de crête sur la
tête et d’appendices à la mandibule inférieure; ils ont le tour des yeux nu et semé de papilles ou couvert de plumes très-courtes d’un aspect velouté ; la queue longue, étagée, composée de dix-huit pennes ployées en deux longitudinalement, et se recouvrant en forme de faîte de toit. On en compte une quinzaine d’espèces, toutes originaires d’Asie; la plus connue est le F. commun {P, colchicus, Lin.), trouvé, suivant la tradition, par les Argonautes, sur les bords du Phase, dans la Colchide; c’est du nom ancien de cefleuve, appelé aujourd’hui Rion (Mingrélie), que les Grecs ont tiré le nom de phasianos, d’où vient
le nom moderne qu’il porte dans toutes les langues de l’Europe, où il se trouve maintenant répandu partout; à l’état sauvage, il se rencontre abondamment dans le Caucase. Le mâle est de la grosseur du coq; mais il mesure avec ses plumes 0“,95 de longueur et 0'“,80 d’envergure. Ses formes sont élégantes, son port gracieux, son plumage agréablement varié : il a la tête dorée, avec des reflets verts et bleus, et deux touffes au sommet, le cou vert foncé, le dos et les côtés d’un marron pourpré trèsbrillant, et la queue gris-olivâtre, à bandes noires transverses. La femelle est plus petite, et ses couleurs moins brillantes sont : le brun, le gris, le roux et le noir; vers cinq ans pourtant, elle ressemble davantage au mâle ; on la nomme alors Faisan-coquard , mais cette dénomination s’applique aussi au métis du faisan et de la poule. Les jeunes sont d’un gris uniforme et ne peuvent se reconnaître qu’à la première mue, qui a lieu pour tous à l’automne. La vie du faisan dure de huit à dix ans; il habite de préférence les plaines boisées et humides, où il se nourrit de grains et de baies de toutes sortes, d’insectes, de vers, d’escargots, se perchant plus ou moins haut, suivant'' le temps , et nichant dans les buissons au pied des arbres. La Faisane pond en mars ou avril de 12 à 20 œufs un peu moins gros que ceux de la poule; ils ont une co quille plus mince et sont d’un gris verdâtre taché de brun. L’incubation dure de vingtquatre à vingt-sept jours ; les petits se nourrissent particulièrement de chrysalides, de fourmis. Le faisan est d’un naturel trèsfarouche et d’une intelligence bornée ; à l’état de liberté, il vit solitaire et s’envole au moindre bruit, en poussant un cri semblable à celui de la pintade; à l’état domestique, le faisan donne peu de témoignages d’affection, mais il n’est pas incapable de reconnaître celui qui le nourrit habituellement. On le chasse activement au fusil, au lacet et avec les faucons ou autres oiseaux de vol ; car chacun sait que sa chair est très-estimée. C’est pour la même raison que l’on a établi des faisanderies, où ils sont élevés et engraissés au prix de précautions multipliées (voyez Faisanderie, Fauconnerie, Vénerie).
Le F. blanc n’est qu’une variété de l’espèce commune affectée d’albinisme. Le F.
pa7iachéest une seconde variété qui semble résulter d’un mélange du faisan blanc et du commun.
Plusieurs auteurs regardent encore comme une variété du faisan commun, d’autres comme une espèce distincte, le F. à collier {P. torquatus. Lin.), dont le mâle a le plumage du faisan commun avec une tache d’un blanc éclatant de chaque côté du cou. Je citerai encore deux
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