‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 347 sur 385 · MAGIQUE · texte numérisé non relu

MAGIQUE

FANTOME (Zoologie). — Nom vulgaire de plusieurs insectes de l’ordre des Orthoptères, et se rapportant aux genres Mante et Phasme.

FAON (Zoologie). — Nom du petit Cerf commun pendant les six premiers mois de la vie ; quelquefois, par extension, on applique ce nom à des jeunes d’antres espèces du môme genre (voyez Cerf).

FARGIN (Médecine humaine et vétérinaire). — Maladie particulière au cheval, observée quelquefois dans l’âne, le mulet, très-rarement dans le bœuf, et dont la transmission à l’homme, signalée dès l’année 1812, fut nettement établie en 1821, par Schilling, de Berlin. Ce n’est qu’en 1827 queM. Rayer fit connaître la première observation de morve aiguë en France. Nous verrons tout à l’heure l’analogie que Ton est forcé d’établir entre le farcin et la morve, et comment il se fait que les deux maladies ont été confondues si souvent ensemble quant aux causes, aux efiëtset à la plupart des symptômes.

Le farcin est une maladie caractérisée par l’engorgement des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, par des tumeurs multiples développées sur leur trajet, le ramollissement et la suppuration de ces tumeurs, l’éruption de boutons plus ou moins nombreux, qui s’ulcèrent et se recouvrent de croûtes ou de végétations fongueuses. L’inoculation du pusfarcineux reproduit ou la même maladie, ou les symptômes qui caractérisent la morve ; aussi M. le professeur Grisolle , sans établir d’une manière nette que les deux maladies ne sont véritablement que des variétés de la même affection, fait-il cet aveu précieux : « Le farcin a le même contagium que la morve ; s’il existe quelque différence entre les deux maladies, celle-ci tient uniquement au siège ; en effet, dans la morve, la lésion des fosses nasales est constante, tandis qu’elle manque dans le farcin. » De son côté, M. le professeur Tardieu décrit simultanément les deux maladies, en faisant ressortir aussi la différence que nous venons de signaler. « L’affection morveuse, chez l’homme, dit-il, comprend deux états morbides diversement caractérisés, mais résultant d’un môme virus, et que Ton désigne par les noms de farcin et de morve empruntés à la pathologie vétérinaire. » L’opinion des vétérinaires n’est guère plus arrêtée-, suivant Renault, il n’y a de distinction que dans la partie où se développe la maladie ; Delàfond, Loiset, ne sont pas plus explicites. On pourrait donc établir avec assez de vraisemblance que le farcin et la morve ne sont que des nuances d’une seule et même maladie; que le farcin est une nuance moins grave, plus facilement curable, qui ne s’accompagne pas de la redou-

table lésion des fosses nasales, avec son écoulement purulent, ses ulcérations; et que le farcin a la plus grande tendance à passer à l’état de morve avec tous les dangers qu’entraîne cette forme du mal (voyez Morve).

Le farcin se montre à l’état aigu ou à l’état chronique. Le farcin aigu chez Thomme, qu’il soit produit par inoculation ou par contagion, s’annonce par des frissons, du mal de tête, des nausées, des douleurs vagues dans les muscles, les articulations, la fièvre; bientôt il survient sur différentes parties du corps de petites tumeurs molles, pâteuses, peu saillantes, indolentes, fluctuantes dès le début, qui, le plus souvent, donnent issue à un pus séreux, grisâtre, sanieux; puis on voit paraître des pustules nombreuses, irrégulièrement groupées, auxquelles succèdent quelquefois des bulles gangréneuses. 11 y a un sentiment de faiblesse générale, suivi d’une prostration croissante, puis surviennent le délire, divers phénomènes ataxiques, et enfin la mort. Le farcin chronique, avec les symptômes moins accentués de l’état aigu, est caractérisé surtout par des abcès multiples dégénérant en ulcères fistuleux, une altération profonde de la constitution ; il se termine le plus souvent par la morve aiguë, u On ne le voit qu’exceptionnellement succéder au farcin aigu » (Tardieu). Après quelques jours de malaise, de lassitude, d’inappétence, d’une petite fièvre revenant par accès, il se forme des empâtements indolents dans différentes parties du corps; les forces diminuent; un mois ou deux se passent, et Ton voit ces empâtements former rapidement des abcès multiples, s’ouvrir et donner issue à du sang ou à une sanie, à un pus visqueux ; quelquefois ces abcès disparaissent brusquement; mais, au bout de peu de temps, des tumeurs surviennent, s’abcèdent, donnent lieu à des ulcères fistuleux, sanieux ; les os quelquefois se dénudent, les articulations se déforment, la peau, si elle n’est pas ulcérée, se dessèche, le visage devient livide, le pouls est petit, il y a diarrhée, sueurs nocturnes, toux, marasme complet ; enfin la mort arrive ou la maladie passe à l’état de morve aiguë. La guérison est trèsrare. La durée peut varier de quelques mois à trois ou quatre ans.

De toutes les formes de la maladie farcineuse ou morveuse, le farcin aigu est celui dont le pronostic est le moins grave; et les cas de guérison ne sont pas rares, surtout chez le cheval; ils le sont beaucoup plus chez Thomme. Aussi est-ce surtout aux moyens préservatifs qu’il faut avoir recours. On devra veiller à l’assainissement des écuries avec le plus grand soin, les disposer dans des endroits secs et aérés; procéder à l’isolement et à Tabatage des chevaux morveux et farcineux, ne les toucher et ne les soigner qu’avec de grandes précautions, et surtout faire savoir et répandre partout que la maladie peut se propager à Thomme avec la plus grande facilité (voyez Morve). C’est dire assez que les charretiers, les palefreniers, les équarrisseurs, etc., y sont particulièrement sujets. Le traitement institué par la majeure partie des vétérinaires consiste, à l’extérieur, dans l’emploi des topiques à base de préparations mercurielles, arsenicales, des vésicatoires, etc., puis, un peu plus tard, des cautérisations avec le fer rouge ; la saignée est rarement indiquée. A l’intérieur, on a eu recours aux amers, aux ferrugineux, quelques mercuriaux, l’iode ; parfois les purgatifs.

On consultera avec fruit sur cet intéressant sujet ; De la m.orv. et du farc. cAez/’^om., par P. Rayer; — Me'm. de VAcad. de médec., t. VI, 1837 ; — De la morv. aiguë chez Vhom., par Vigla (thèse), 1839; — Mcm. d'hyg. vétérin., publiés par ordre du ministre de la guerre, Paris, 1848 à J 863; — et surtout la thèse remarquable de M. Tardieu, année 1843, n® 13. F — n.

FARD (Economie domestique). — Pâte, poudre ou liquide destiné à être appliqué sur la peau, pour lui donner une coloration agréable et un éclat convenu. Le fard blanc est ordinairement composé de sous-nitrate de bismuth et de craie de Briançon (talc écailleux). Le blanc de Thénard, composé de fleur de zinc (oxyde de zinc) et de talc, est un très-bon cosmétique blanc. îl y a plusieurs sortes de fards rouges : le rouge végétal s’obtient au moyen d’une dissolution de la matière colorante du carthame dans de Teau alcaline sodée, d’où Ton précipite cette matière colorante avec du jus de citron; le fard vermillon est du cinabre (sulfure de mercure) porphyrisé de manière à former une poudre impalpable. Pour rendre ces deux poudres colorées adhérentes à la peau, on les môle intimement avec de la craie de Briançon. On nomme vinaigre de rouge, de la poudre de carmin tenue en suspension dans du vinaigre au moyen d’une sub-

FAR

FAR

«tance mucilagineiise. Enfin, on appelle crépon de l’étamine fine, teinte sans mordant, et qui, légèrement humectée et frottée sur la peau, lui communique sa couleur. La couleur employée pour charger le crépon est l’une de celles qui viennent d’étre mentionnées. A ces renseignements tirés du Dictionn. de méclec. de Nysten (10®édit.), il faut ajouter quelques conseils hygiéniques. Le blanc commun des théâtres est pernicieux, parce qu’il contient de la céruse (carbonate de plomb) dont le premier effet ost de rendre peu à peu la peau fanée, sèche et jaunâtre, et qui, agissant en outre sur l’organisme, y peut déterminer les accidents désignés sous le nom de maladies de plomb ou maladies saturnines. Les fards ronges ne contiennent pas de matières nuisibles, sauf le vermillon dont le mercure peut déterminer certains accidents, et qui ne doit être que très-discrètement employé, h^fard rouge des théâtres est fait au carmin et n’offre aucun danger spécial. On compose avec le bleu d’azur (voyez Azur), le talc et la gomme, un fard bleu qui a la même innocuité. Mais, d’une manière générale, l’application habituelle de certains enduits sur des points déterminés de la peau ne peut avoir pour effet que de flétrir particulièrement la peau dans ces parties, et peut y faire naître des maladies.

FARINE (Chimie industrielle). — On donne ce nom au produit de la mouture de diverses substances, mais particulièrement des légumineuses et des céréales. Parmi ces dernières , la farine de blé est de beaucoup la plus riche en matières nutritives ; aussi est-ellè exclusivement employée, toutes les fois que cela est possible, à la fabrication du pain. Le lecteur trouvera aux articles Mouture et Panification l’exposition des procédés les plus importants relatifs à cette double industrie. Nous indiquerons seulement dans l’article actuel les moyens simples qui peuvent servir à faire reconnaître les farines falsifiées. Pour juger de l’intérêt de cette recherche, nous mettons ici un tableau de la composition des principales farines de légumineuses ou de céréales. Dans les premières, le principe azoté est la légumine; dans les secondes, se trouvent V albumine, la jfibrine., la caséine et la g lutine.

j AMIDON,

deitrine,

1 matières sucrées.

Matières azotées.

Matières grasses. |

Cellulose ou tissa Tégétal.

1 Matières

1 minéralès.

CeS

Fèves de marais..

Haricots

Leatilles

Pois jauaes

Féverolles.

Tesces

lîlé

Seigle.

Orge

Avoine

Maïs

Riz

Sarrasin

Les farines de blé sont souvent falsifiées, soit pour déguiser leur qualité inférieure, soit dans un but de spéculation aux époques où leur prix est élevé.

On emploie, suivant les cours commerciaux, la fécule de pomme de terre, les farines d’autres graminées (riz, maïs, orge, avoine, seigle), les farines de légumineuses (féveroles, vesces, pois, haricots, fèves, lentilles), la farine de sarrasin.

Le meilleur moyen de découvrir la sophistication des farines consiste dans l’emploi du microscope ou d’une loupe montée, indiqué, pour la première fois, par M. Raspail à la suite de ses beaux travaux sur l’analyse de la fécule. Comme d’ailleurs les alcalis gonflent considérablement les grains de fécule, sans agir sensiblement sur les grains d’amidon, nous indiquerons les ingénieux procédés dus à M. Donny pour l’essai des farines et pour reconnaître la présence des diverses substances qui servent aux falsifications les plus usuelles.

4 Fécule de pomme de terre. — Etendre la farine en couches très-minces sur le porte-objet d’une loupe montée- (grossissant de vingt à vingt-cim] fois) ou d’un microscope, mouiller la farine avec une d ssolution de potasse caustique (DSTfi de potasse dans lOü grainmosd’eau distillée).

Les globules de fécule s’étendent en grandes plaques, et ont un volume qui atteint jusqu’à dix et quinze fois celui des grains d’amidon. D’ailleurs, le diamètre du grain de fécule de pomme de terre est ~ de millimètre et celui du froment

Farines de riz ou de mais. — On fait une pâte avec la farine et on la malaxe sous un filet d’eau, en recevant le liquide sur un tamis de soie. On sépare ainsi le gluten. On examine à la loupe l’amidon après l’avoir lavé. Si la farine contient du riz ou du maïs, on découvre des fragments anguleux, à demi translucides, colorés en jaune-paille.

Farine de graine de lin. — On délaye avec une solution aqueuse contenant lO p. 100 de potasse, sur le porteobjet de la loupe ou du microscope, un peu de farine blutée. On découvre, s’il y a de la farine de tourteaux de graine de lin, beaucoup de petits corps très-caractéristiques, plus petits que les globules de fécule, d’un aspect vitreux, le plus souvent colorés en rouge et sous forme de carrés ou de rectangles.

Farine de sarrasin. — On agit comme pour les farines de riz ou de maïs. Les fragments observés sont incolores et moins anguleux que ceux qui proviennent de ces deux farines.

Farines de légumineuses. — On étend une très-petite quantité de la farine blutée sur le porte-objet, et on y ajoute quelques gouttes d’une solution contenant de 10 à 12 p. 1()0 de potasse caustique, en ayant soin de ne pas trop agiter le mélange. Tous les granules de l’amidon disparaissent et laissent apercevoir distinctement le tissu cellulaire réticulé, à mailles hexagonales, propre aux légumineuses.

M. Donny a décrit en outre un procédé spécial pour découvrir les farines de féveroles et de vesces.

Avec 1 ou 2 grammes de la farine, on enduit les parois d’une petite capsule de porcelaine, qu’on humecte d’abord avec un peu d’eau ou de salive. Dans la portion vide du fond de la capsule, on verse un peu d’acide nitrique, de manière qu’il ne touche pas la farine. On recouvre la capsule avec un petit disque en verre, et on la chauffe légèrement avec une lampe à alcool, en évitant l’ébullition de l’acide. Celui-ci se dégage en vapeurs sur la farine qui prend une teinte jaune, plus foncée sur la partie voisine de l’acide, et qui va en se dégradant jusqu’au bord supérieur. Au moment où celui-ci commence à s’altérer, on remplace l’acide nitrique par de l’ammoniaque et on abandonne à l’air. S’il y a des féveroles ou des vesces, il se développe aussitôt une belle couleur rouge de carmin dans la zone moyenne de la capsule; s’il n'y en a pas, on ne voit qu’une teinte et des taches jaunâtres. On peut simplement humecter l’extrémité d’une grosse baguette de verre avec un peu d’eau, la plonger dans la farine, l’exposer, ainsi chargée de farine, à l’action successive des vapeurs d’acide nitrique bouillant et d’ammoniaque.

M. Martens modifie ainsi ce procédé. On étend un extrait alcoolique de la farine, en couche mince, à la surface d’une capsule de porcelaine. On chauffe à 100°, et on expose pendant une minute ou deux à l’action successive d'acide nitrique et d’ammoniaque concentrée. L’extrait se colore en rouge vermeil, s’il renferme de la farine de féveroles ou de vesces. Cette sophistication des farines par la farine de féveroles est commime, parce que cette farine coûte généralement moitié moins que celle du blé, et qu’elle communique à celle-ci une nuance jaunâtre, assez recherchée. Elle fait considérablement renfler le pain et permet au boulanger d’augmenter beaucoup le volume d’eau, sans que la pâte en paraisse plus légère. Les boulangers disent qu’elle donne au pain de la physionomie. Le pain prend d’ailleurs une teinte rose vineux et un goût très-désagréable , lorsque la proportion dépasse 5 p. 100.

Pour en reconnaître la présence dans le pain, on délaye la mie avec de l’eau froide, on jette la bouillie sur un tamis; la liqueur qui passe se sépare lentement en deux couches. La couche supérieure décantée, évaporée en extrait, est épuisée par l’alcool ; puis la solution alcoolique concentrée, à son tour laisse sur les bords de la capsule une couche que l’on traite successivement par les vapeurs d’acide nitrique et d’ammoniaque. Elle prend partiellement une belle coloration rouge, si le pain est frelaté par les féveroles ou les vesces ; s’il est pur. il n y a pas de coloration. Ajoutons que les taches rouges doivent disparaître par une dissolution de potasse au

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La détermination de ’eau hygrométrique de la larme

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