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AJUTAGES. — Tubes additionnels qu’on applique aux orifices des réservoirs pour augmenter la quantité d’eau qui s’en écoule dans un temps donné, ou, comme on dit, pour en accroître la dépense.
Tous les ajutages rendent la vitesse moindre que si l’orifice était percé dans une paroi sans épaisseur ; s’ils accroissent la dépense, c’est qu’en diminuant la vitesse ils augmentent dans une plus forte proportion la grosseur de la yeine liquide à laquelle ils donnent passage (voyez Écoulement des liquides).
AKÈNE, Achêne ou Achaine (Botanique), du grec a privatif, et chainéin., s’ouvrir. — Sorte de fruit monosperme (à une seule graine), indéhiscent (qui ne s’ouvre pas spontanément) et sec à maturité, dont le péricarpe n’est pas soudé aux enveloppes de la graine. Necker, qui le premier employa ce mot, classait parmi les akènes tous les fruits monospermes indéhiscents; mais L. G. Richard n’a admis sous ce nom que ceux dont la graine n’adhère pas au péricarpe, ce qui les distingue du caviopse dans lequel les téguments de la graine et le péricarpe sont soudés. Les fruits d’un grand nombre de plantes de la famille des Renonculacées et ceux des Composées sont des akènes.
AKIS (Zoologie), du grec «Æw, pointe. — Genre éé Insectes Coléoptères hétéromères.^ famille des Mélasomes. On trouve dans les ruines et les décombres du midi de la France VA. ponctuée.^ d’un noir lisse et brillant.
ALABANDINE et Almandine (Minéralogie), de Alabanda., ville de l’Asie Mineure. — Les anciens donnaient ce nom à une pierre précieuse dure et d’une couleur rouge foncé, que l’on tirait des mines d’Alabanda : c’était sans doute une variété de grenat. Ce nom a été appliqué récemment par M. Beudant au manganèse sulfuré.
ALABASTRITE (Minéralogie). — Nom donné par les Grecs à des variétés d’albâtre calcaire et d’albâtre gypseux avec lesquelles ils faisaient des vases sans anse, nommés Alahastres (voyez Albâtre).
ALAGTAGA (Zoologie). — Espèce de Mammifère du genre Gerboise.
ALAISE (Médecine). — Voyez Alèze.
ALAMBIC (Physique, Arts chimiques), du grec ambix., vase distillatoire précédé de l’article arabe al. — Appareil employé dans les arts pour distiller, c’est-à-dire pour séparer par l’action de la chaleur un liquide volatil de substances fixes ou moins volatiles que lui.
L’alambic ordinaire [fig. 85) est formé de trois parties distinctes : la cucurbite C, dans laquelle sont placées les matières à distiller ; le chapeau ou chapiteau A, qui recouvre la cucurbite et la met en communication avec le réfrigérant; le serpentin ou réfrigérant S, dans lequel ont lieu la condensation des vapeurs et leur retour à l’état
liquide ; mais sa forme varie beaucoup suivant la nature du produit que l’on veut obtenir.
Quand on veut distiller des plantes pour en extraire les essences qu’elles contiennent, au lieu de les placer directement dans la cucurbite, ce qui les exposerait à recevoir trop fortement l’action de la chaleur, dans le cas
ou elles viendraient à se déposer sur le fond du vase on les introduit dans un vase plus étroit recouvert par le chapiteau et plongeant lui-même dans l’eau de la cucurbite. La distillation se fait alors au bain-marie (voyez ce mot).
L’appareil le plus parfait est celui qui sert à l’extraction en grand de l’alcool des liqueurs fermentées (voyez Distillation).
L’alambic employé pour la distillation de l’eau de mer sur les navires a également une forme spéciale, déter-
Eig. btf. — Appareil pour distiller l’eau de mer.
minée par les conditions de l’opération. A est le réservoir I d’eau de mer destiné à servir en même temps de filtre. De A, l’eau passe, au moyen d’un tube à robinet dd, dans le réfrigérant B ; elle y arrive par le bas pour opérer méthodiquement la condensation comme on le fait dans tous les alambics. C est la chaudière, son fond est garni d’une spirale qui s’élève aux deux tiers de la hauteur du vase et qui est recouverte supérieurement par une plaque de métal percée de trous, afin d’amortir les agitations que l’eau reçoit du mouvement du navire. L’eau chaude du réfrigérant est prise à sa partie supérieure par le tube gg.^ qui se trouve interrompu par la coupe de la figure ; cette eau est amenée dans le réservoir f, situé au-dessous du cendrier, où elle s’échauffe encore, puis de là, par le tuyau O', elle est versée au centre de la spirale. A mesure que la distillation marche, l’eau parcourt les spires du centre vers la circonférence en se saturant de plus en plus des sels qu’elle contient, et elle est rejetée de la chaudière dès que son degré de concentration est arrivé au point qu’il ne faut pas dépasser. La vapeur d’eau fournie par la chaudière passe par le tuyau bb dans le serpentin et s’écoule, après sa condensation, par le robinet r. Enfin la cheminée E est faite d’une double enveloppe de tôle garnie de sable pour éviter les incendies.
ALANGIÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dialypétales qui a pour type le genre Alangium et ne renferme que des arbres et arbrisseaux de l’Asie tropicale. De Candolle rapproche cette famille de celle des Vhiladelphées (qui a pour type le seringat) ; Brongniart la place entre les Hamamélidées et les tiruniacées.^ dans la classe des Bamamélinées .
ALATERNE (Botanique), ainsi nommé par Pline. — Plante du genre Nerprun., nommée le Nerprun alaterne {Rhamnus alaternus., Lin.), arbrisseau de 4 à 5 mètres, très-rameux, à feuilles ovales-elliptiques ou lancéolées, dentées en scie, vertes, luisantes et d’une teinte sombre ; elles ressemblent beaucoup à celles des filaria;
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mais elles sont opposées dans ces plantes. L’alaterne donne d’avril en juin de petites fleurs odorantes nombreuses, monoïques ou dioïques, et disposées en panicules axillaires assez courtes ; à ces fleurs succèdent des baies globuleuses noires. Cet arbrisseau, qu’on emploie à orner les bosquets, est originaire de l’Europe méridionale ; on en rencontre dans le midi de la France. Il s’avance môme jusque vers le centre. Son bois très-dur peut être employé dans l’industrie. On cultive plusieurs variétés d’alaternes qui ne diffèrent que par la forme ou par leurs feuilles panachées. O — s.
ALAUDA (Zoologie), nom latin assigné par Linné à son grand genre Alouette.
ALBAN (Saint-) (Médecine, Eaux minérales). — Hameau sur la Loire, à 9 kil. de Roanne (Loire), qui renferme plusieurs sources d’eaux acidulés salines.
ALBATRE (Minéralogie), du latin al bus, blanc.
On désigne sous ce nom deux pierres de nature chimique très-différente : l’une, nommée Albâtre calcaire, est un carbonate de chaux concrétionné ; l’autre, nommée Albâtre ç/ypseux, est formée de sulfate de chaux : elles n’ont guère de commun que leur couleur blanche. L’albâtre calcaire provient des stalactites et des stalagmites que l’on trouve dans beaucoup de grottes (voyez Stalactites). Il est fort recherché quand il est d’une belle demi-transparence et d’un blanc légèrement jaunâtre veiné de blanc laiteux : on emploie aussi sous le nom marbre onyx , marbre agate, l’albâtre qui offre
quelques veines jaunâtres peu prononcées. L’albâtre gypseux est une variété de gypse compacte et blanc, assez peu dure pour être rayée par l’ongle et se travaillant avec la plus grande facilité. On en fabrique des vases, des socles de pendules, des statuettes de peu de valeur : ces objets s’altèrent du reste au contact de l’air et ne sauraient être comparés à l’albâtre calcaire sous le rapport de la solidité et de l’éclat. Lef.
ALBATROS ou Albatrosse (Zoologie), Diomedea, Lin. sans doute du latin albatus, vêtu de blanc. — Grands oiseaux de mer de l’hémisphère austral. Les Albatros sont les plus massifs de tous ceux que les navigateurs ont rencontrés : ils forment dans l’ordre des Palmipèdes, famille des Longipennes ou Grands-Voiliers, un genre spécial. L’esnèce la plus connue est V Albatros commun ou A. exilé {niomedea exulans. Lin.), vulgairement nommé Mouton du Cap ou aussi Vaisseau de guerre par les Anglais. C’est un oiseau blanc avec les ailes noires, qui mesure plus de 1 mètre de longueur et 3™, 20 d’enver-
gure. Son bec fort et crochu lui fournit une arme redoutable; mais les albatros, malgré leur grande taille, sont aussi lâches que grossièrement voraces. Ils suivent souvent en mer les navires pendant plusieurs jours, et se laissent prendre avec un hameçon amorcé d’un simple morceau de viande. Les petits poissons et les menus animaux forment leur nourriture habituelle. Ces gros et puissants oiseaux rasent la surface de la mer en y récoltant leur proie, et souvent ils s’y posent et semblent y dormir ; mais dès que l’ouragan souffle et agite la mer, ils s’élèvent dans l’atmosphère et s’y agitent en poussant un cri que l’on a comparé à la voix de l’âne. Habitants ordinaires des mers du cap de Bonne-Espérance et du cap Horn, les albatros, vers la fin de juin, se portent en grandes bandes vers les côtes du Kamtschatka et y passent six semaines, pendant lesquelles ils engraissent beaucoup. A la fin de septembre, de retour dans les mers australes «lepuis plus d’un mois et demi, ils construisent
en argile un nid d’un mètre de haut, et y pondent en grand nombre des œufs plus gros que ceux de l’Oie (longs de 0“,12), blancs tachés de noir au gros bout. Ces œufs sont bons à manger, mais la chair de l’oiseau est dure et mauvaise; les marins n’en mangent que par nécessité, et en la préparant d’une façon spéciale. Les Kamtschadales utilisent les os de l’aile pour en faire des tuyaux de pipe, des étuis, etc.
Le genre Albatros a pour type l’espèce dont il vient d’ôtre question, et la disposition du bec grand, fort et tranchant, celle des pattes sans pouce et môme sans ce petit ongle qu’on remarque dans les pétrels, servent à le caractériser. Linné lui a donné le nom latin de Diomedeu, en souvenir de Diomède, fils de Tydée. Selon les poètes, ce chef, ayant eu le malheur de blesser Vénus au siège de Troie, erra sur les mers, exilé loin de sa patrie, jusqu’au jour où lui et ses compagnons furent changés en des oiseaux de tempêtes, qui, sans être des cygnes, dit Ovide, s’en rapprochent beaucoup par leur blancheur.
ALBERGIER (Horticulture). — Variété de l’abricotier, que quelques horticulteurs regardent comme une espèce particulière, mais que le plus grand nombre, et entre autres les auteurs du Bon Jardinier, et M. le professeur Du Breuil, dans son Cours élémentaire d’arboriculture, n’hésitent pas à considérer comme une simple variété : c’est, du reste, un arbre qui se produit de noyau, quelquefois cependant on le greffe sur amandier. Il donne en abondance des fruits nommés alberges, qui sont mûrs à la mi-août. Leur chair fondante et vineuse fait de trèsbonnes confitures ; on distingue comme sous-variétés : VAlberge deTours<e\, VAlb. de Montgamet. Pour les autres détails, voyez Abricotier.
ALBINISME (Physiologie animale), du latin albus, blanc. — Anomalie congénitale, caractérisée par l’absence des principes colorants dans les parties extérieures des êtres vivants. Dans l’espèce humaine, cette anomalie s’observe et constitue chez certains individus un état particulier qui leur a fait donner le nom à’albinos. Ils ont la peau blafarde, quelquefois d’un blanc mat comme du lait ou du linge, les cheveux et les poils blancs ou incolores, l’iris d’une pâleur rosée, la pupille d’un rouge foncé, comme chez les lapins blancs; leurs yeux supportent difficilement la lumière; ils ont les chairs molles, une intelligence, en général, assez bornée.
' On a cru longtemps que c’était le caractère d’une race particulière, mais il est évident aujourd’hui qu’on en trouve dans tous les pays, et chez toutes les races humaines ; cependant cette anomalie est plus fréquente en Afrique, chez les nègres, ce qui a fait donner à ces albinos le nom de nègres blancs. L’albinisme peut être complet, c’est celui dont nous venons de parler, ou incomplet , et ne consister que dans la diminution du pigment : il peut être total ou partiel; dans ce dernier 'cas, il produit chez les nègres ce qu’on appelle les Nègres pies, qui sont plus ou moins marbrés de noir et de blanc.
L’albinisme s’observe souvent chez les animaux, et ce phénomène physiologique est considéré comme une dégénérescence. On le rencontre chez un grand nombre de mammifères, comme le lapin, le rat, la souris, le cochon d’Inde, le lièvre, etc. On sait qu’il y a même une race de lapins et une race de souris avec le poil blanc et les yeux rouges qui caractérisent l’albinisme. Parmi les oiseaux, l’oie, le canard, la poule, le serin des Canaries et d’autres en offrent de nombreux exemples, et le fameux merle blanc existe en réalité, et n’est pas autre chose qu’un albinos. On en trouve aussi parmi les poissons et même chez des animaux inférieurs comme l’écrevisse.
Les végétaux offrent des phénomènes analogues à ceux de l’albinisme* (voyez Chlorophylle).
ALBINOS. — Voyez Albinisme.
ALBITE (Minéralogie), du latin albidus, blanchâtre. — Feldspath à base de soude, nommé autrefois schorl blanc du Dauphiné ; bien que ce minéral puisse offrir diverses couleurs, les premières variétés connues étaient toutes blanches, ce qui lui a valu son nom dans l’origine (voyez Feldspath).
ALBUCA (Botanique), du latin albus, blanc. — Genre de plantes de la famille des Liliacées, originaires du Cap. Ces plantes se cultivent chez nous en pots, pour ornement, au moyen de caïeux qu’on change tous les ans. Arrosements fréquents pendant la végétation. VAlbuca alba altissima (aibuca blanc) donne en septembre des épis de fleurs blanches rayées de vert. V' Aibuca lutea major (aibuca jaune) fleurit en mai ; ses fleurs sont en épis lâches, verdâtres, à bords jaunes.
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ALBUGINE ou Albugo (Médecine), du latin alhus^ blanc, — ïaclie blanche de l’œil , vulgairement nommée taie^ produite par un dépôt de fines granulations de matière blanche entre les lames de la cornée : l’albugo est plus opaque et moins transparent que le néphélion ou nuage^ et empêche la vision en interceptant les rayons lumineux lorsqu’il est en face de la pupille. On le distinguera facilement du leucoma^ cicatrice résultant d’une plaie, qui est déprimé, lisse et luisant. Ses causes sont presque toujours des ophthalmies répétées chez des enfants lymphatiques, quelquefois un coup sur le globe de l’œil. La médecine combat cette maladie sans grand succès, surtout lorsqu’elle est ancienne, ou que le sujet est âgé.
ALBUGINÉ (Anatomie). — On a distingué par cette épithète des tissus, des humeurs, des membranes que caractérise leur blancheur ; ainsi la sclérotique a été nommée tunique albuginée de l’œil^ l’humeur aqueuse humeur albuginée. — Chaussier avait appelé fibre albuginée l’une des quatre fibres élémentaires qu’il avait admises ; de là le nom de membranes albugineuses donné par lui aux membranes fibreuses. Gerdy avait nommé tissus albuginés ou tissus blancs ceux qui ont pour élément anatomique la fibre du tissu cellulaire.
ALBUMEN (Botanique) , du latin albumen , blanc de l’œuf. — Dépôt de matière nutritive que l’on trouve, dans beaucoup de graines, accolée à la jeune plante qu’elle est destinée à nourrir pendant la germination. Malpighi l’avait comparé au blanc de l’œuf et lui avait donné un nom qui rappelait cette analogie; de Jussieu et Richard ont mieux étudié cette partie, et lui ont assigné les noms, le premier de périsperme.^ le second à'eiidosperme.
ALBUMINE (Chimie), éC albumen., blanc d’œuf. — Principe immédiat qui se rencontre dans la plupart des liquides de l’économie animale et notamment dans le blanc d’œuf et le sérum du sang; sa composition est très-complexe; on l'exprime par la formule : C^^H^SAz^O^®, la môme que celle de la fibrine. On y trouve en outre du soufre et des sels minéraux; par l’incinération elle laisse des cendres. L’albumine se mêle à l’eau en toutes proportions; sa dissolution aqueuse évaporée dans le vide donne de l’albumine sèche en plaques blanches transparentes et fendillées. La môme dissolution soumise à l’action de la chaleur devient opaline vers 65» ; la coagulation commence à cette température et est complète à 75°. Dans cette transformation de l’albumine il se forme comme un réseau qui emprisonne dans ses mailles les substances qae l’eau tenait en suspension. C’est sur cette propriété qu’est fondé l’emploi du blanc d’œuf ou du sérum du sang pour clarifier ou coller les liqueurs rendues troubles par la présence de matières solides très-divisées. L’albumine coagulée par la chaleur est devenue insoluble dans l’eau ; sous cette forme, elle est isomérique avec l’albumine ordinaire, L’alcool produit le même effet que la chaleur. L’éther coagule l’albumine du blanc d’œuf et non celle du sang. — Voici ses caractères distinctifs : Abandonnée à elle-même, elle éprouve la fermentation putride et devient un ferment actif. — Dissoute dans l’acide chlorhydrique concentré au contact de l’air, elle lui communique une couleur bleue violacée. — Au contact de l’acide métaphosphorique, elle se coagule, tandis qu’elle n’éprouve aucune modification par son mélange avec les acides pyrophosphorique et phosphoriquetrihydraté. — Dans une dissolution de bichlorure de mercure (sublimé corrosif), elle forme un précipité blanc, en contractant une combinaison avec le bichlorure ; aussi est-elle employée avec succès comme antidote dans les empoisonnements par le sel mercuriel. Plusieurs autres sels minéraux précipitent l’albumine de sa dissolution; tels sont l’alun, le sous-acétate de plomb, le prussiate jaune de potasse. Unie à la chaux, à la baryte, elle constitue avec ces bases une sorte tie mastic susceptible d’acquérir une grande dureté.
Pour obtenir l’albumine à l’état de pureté, on a recours au blanc d’œuf; celui-ci, délayé avec un peu d’eau, est battu en neige, afin de déchirer les cellules qui contiennent le liquide albumineux. On filtre rapidement la liqueur formée d’albumine et de quelques sels minéraux, phosphate de soude, chlorure de sodium; on y verse du sous-acétate de plomb. I.e précipité blanc d’albuminate de plomb qui prend naissance est tenu en suspension dans l’eau pure et soumis à un courant d’acide carbonique qui précipite l’oxyde de plomb ; les dernières traces de cette base sont enlevées par quelques gouttes d’une sol ution d’acide sulfhydrique. Enfin, la liqueur clarifiée par un commencement de coagulation et parune filtration nouvelle, est évaporée à 40° ; le résidu est de l’albumine pure.
L’albumine est employée en photographie, pour obtenir des épreuves négatives sur verre et sert de véhicule au sel d’argent (iodure d’argent] impressionnable par la lumière.
Les végétaux contiennent aussi une substance tout à. fait analogue à l’albumine animale, qui se coagule comme elle et présente une composition identique ; on l’a nommée albumine végétale. B.
ALBUMINURIE (Médecine), de albumine et du latin urere., uriner. — Maladie redoutable qui a pour symptôme essentiel la présence de l’albumine dans les urines, et que l’on nomme aussi maladie de Bright., du nom d’un chirurgien anglais. On a critiqué avec raison cette dénomination, parce que s’il est vrai que dans la maladie de Bright, l’urine renferme toujours de l’albumine, il est vrai aussi qu’elle en renferme dans plusieurs autres maladies, telles que la scarlatine, le choléra, l’érésipèle, la pneumonie, le typhus, etc. D’ailleurs, dans la maladie de Bright, la composition de l’urine est altérée encore à d’autres égards (voyez Urine). Il résulte de là que l’albuminurie est, en général, le symptôme d’une lésion des fonctions les plus essentielles de l’économie, et en particulier de celles de la nutrition, et qu’elle ne doit constituer que très-rarement une maladie spéciale. On signale comme un symptôme fréquent de l’albuminurie un affaiblissement de la vue nommé amaurose albuminurique. C’est aux médecins seuls qu’il appartient d’indiquer un régime convenable et de donner des renseignements sur les véritables caractères de la maladie de Bright ou albuminurie proprement dite. F — n.
ALBUNÉE (Zoologie). — Genre d’animaux annelés classé parmi les Crustacés décapodes., famille des Macroures., tribu des Hippides, Latr. Ce genre établi par Fabricius ne renferme qu’une seule espèce bien connue, VAlbunea symnista de Fabricius, qui habite les mers des Indes orientales.
ALGA (Zoologie). — Nom latin donné par Linné au genre Pingouin.
ALCADÉES (Zoologie), de «/ca, pingouin. — Famille éiOiseaux Palmipèdes proposée récemment par quelques auteurs, mais qui n’a pas été généralement adoptée. Elle aurait compris les Pingouin, Guillemot, Mergule,
Macareux, etc.
ALCALIS (Chimie). — Composés chimiques doués de propriétés entièrement opposées à celles des acides avec lesquels ils ont une grande tendance à se combiner pour former des sels neutres, c’est-à-dire qui n’ont plus ni les propriétés de l’acide, ni les propriétés de l’alcali. Leur saveur est âcre et caustique, et ils ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides. Alcali est un nom de l’ancienne chimie qui ne s’appliquait autrefois qu’à trois composés, la potasse, alcali minéral; la soude, alcali végétal, et l’animoniaque, alcali volatil. Les chimistes modernes l’ont conservé dans la langue usuelle et l’ont étendu à toutes les bases solubles dans l’eau, qui sont, outre les précédentes, la lithine, la chaux, la baryte et la strontiane. On appelle souvent aussi alcalis caustiques, ces bases quand elles sont pures, pour les distinguer de leurs combinaisons avec l’acide carbonique qui sont désignées sous le nom à'alcalis carbonatés.
Depuis le commencement de ce siècle on a retiré des produits du règne végétal un grand nombre de substances qui jouissent comme les alcalis de la propriété de saturer les acides les plus puissants et qu’en raison de cette circonstance on a appelés alcalis végétaux, alcalis organiques ou alcaloïdes (voyez ce dernier mot).
ALCALIMÈTRE (Essais chimiques). — Instrument servant à mesurer les proportions d’alcali caustique ou carbonaté contenues dans les potasses ou les soudes toujours impures du commerce. Comme la partie alcaline est la seule qui soit utile au consommateur, cette mesure sert à fixer la valeur intrinsèque du produit qu’il achète ou qu’il emploie.
La méthode proposée en 1801 par Descroizilles, et modifiée par Gay-Lussac, est le plus généralement employée, comme étant la plus simple et la plus expéditive. On commence par préparer une liqueur normale de la manière suivante. On pèse 100 grammes d’acide sulfurique concentré, marquant 6G° à l’aréomètre et on l’étend d’une quantité d’eau telle que la liqueur refroidie occupe exactement un litre; 50 centimètres cubes de cette liqueur contiennent donc 5 grammes d’acide sulfurique concentré et peuvent saturer 4^‘‘,807 de potasse et 3®‘’,“202 de soude pure. Gela fait, on prendra 4 ®*',807 de la matière à essayer si c’est do la potasse, et3®r,2()2 si c’est de lasoude; on les dissoudra dans 50 grammes d’eau pure dans un
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vase de verre. On versera dans une burette graduée en demi-centimètres cubes, 50 centimètres cubes de la liqueur normale qui y occupera 100 divisions; puis, après avoir coloré la liqueur alcaline par une dissolution bleue de tournesol, on y versera goutte à goutte l’acide jusqu’à ce que la couleur bleue devienne rouge. Si l’alcali avait été pur, tout l’acide eût été nécessaire pour obtenir ce résultat; si on n’en a versé que 50 ou 6o divisions, l’alcali ne contient que 50 ou 60 p. 1 00 de matière pure.
Lorsque, dans cet essai, on sent une odeur d’acide suifhydrique se dégager de la liqueur acaline, il devient nécessaire de recommencer l’expérience après avoir calciné la matière avec du chlorate de potasse pour convertir en sulfate le sulfure ou sulfite qui donne lieu à l’apparition du gaz et entraînerait à de graves erreurs dans l’évaluation de la richesse de l’alcali. M. D.
ALCALOÏDES (Chimie). — Composés organiques azotés doués de propriétés alcalines et qui s’unissent aux acides minéraux ou organiques pour constituer de véritables sels. Les uns existent tout formés dans les tissus des végétaux, libres ou en combinaison avec des acides; les autres sont obtenus artificiellement dans les laboratoires par des réactions appropriées sur des substances d’origine organique. De là, la division des alcaloïdes en deux classes : alcaloïdes naturels^ alcaloïdes artificiels.
Alcaloïdes naturels. — Leur découverte date de 1804. Elle est due à Sertuerner qui découvrit dans l’opium le premier alcaloïde connu. Plus tard, Caventou, Pelletier, Robiquet, Braconnot, Couerbe, Desfossés, Liebig, Laurent, etc., parvinrent à en extraire un grand nombre des diverses espèces végétales que la thérapeutique utilisait depuis longtemps , comme médicaments. Les alcaloïdes naturels sont, pour la plupart, solides, cristallisés, en général peu solubles dans l’eau, plus solubles dans l’alcool ou l’éther, se décomposant par la chaleur quand ils sont solides, au lieu de se volatiliser , à l’exception pourtant de la cinchonine. Ils ont une composition quaternaire, formée de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote ; quelques-uns cependant, et ceux-là sont volatils, sont dépourvus d’oxygène : tels sont la nicotine C20hi4Az2 et la conine G^^H^^Az (voir ces mots). Ils renferment jgouvent un seul équivalent d’azote, quelquefois deux ou trois. La proportion d’oxygène n’a pas d’influence sur leur capacité de saturation comme cela a lieu pour les bases minérales; la présence de l’azote les rapproche de l’ammoniaque ; ce point de contact n’est pas le seul ; comme elle, ils forment avec les hydracides des sels anhydres, tandis qu’avec les oxacides la présence d’un équivalent d’eau au moins est indispensable ; comme elle, leur chlorhydrate forme avec les bichlorures de platine et de mercure des sels doubles peu solubles dans l’eau. Le chlore et le brome peuvent se substituer dans quelques cas à une portion de leur hydrogène. La coloration déterminée par le contact du chlore sert quelquefois dans les analyses qualitatives ; ainsi le sulfate de quinine dissous et additionné d’ammoniaque acquiert par l’action du chlore une couleur vert-pré. Fondus avec l’hydrate de potasse, les alcaloïdes naturels dégagent de l’ammoniaque; par une lessive de potasse quelques-uns laissent dégager des vapeurs qui contiennent un alcaloïde' artificiel, la quinoléme', la quinine et la cinchonine sont notamment dans ce cas. Les alcaloïdes naturels exercent une action énergique sur l’économie animale. La plupart sont des poisons très-violents ; et cependant, à petite dose, quelques-uns constituent des médicaments précieux ; telles sont par exemple la quinine, la narcotine, la morphine.
Le mode de préparation des alcaloïdes varie suivant leurs propriétés. Sont-ils insolubles dans l’eau? on fait digérer la partie de la plante qui les renferme dans l’eau acidulée jusqu’à épuisement ; comme les chlorures, sulfates, azotates et acétates de ces bases sont généralement solubles, il suffit d’avoir choisi l’acide correspondant à l’un de ces genres de sels pour que la liqueur filtrée renferme 1 alcaloïde à l’état de solution saline; on précipite ce dernier par la magnésie, la chaux, l’ammoniaque ou le carbonate de soude, et on traite le prépicité par l'alcool pour obtenir une solution alcoolique qui laissera se séparer râlcaloïde par voie de cristallisation. Sont-ils solubles dans l’eau ? on en obtient un sel soluble comme tout à l’heure, un sulfate, par exemple, et après une purification préalable du sel par le noir animal, l’acide en est précipité par la baryte. Sont-ils volatils? le végétal qui les renferme est mis en digestion, après écrasement, avec une lessive alcaline très- faible, puis le mélange est soumis à la distillation. La vapeur d’eau condensée renferme une notable proportion de la base volatile et aussi d’ammoniaque ;
on sature par un acide, on sépare à l’aide de l’alcool le sel de l’alcaloïde du sel ammoniacal ; enfin, dans le premier de ces deux sels on met l’alcaloïde en liberté en faisant intervenir la potasse et on s’en empare définitivement par l’éther qui le dissout. Des distillations fractionnées suffisent dès lors pour se procurer l’alcaloïde tout à fait pur. — Voici la liste des principaux alcaloïdes naturels avec leur origine et leur composition.