‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 354 sur 385 · P 12(C12H»'^012) + 12C02 + 12HO · texte numérisé non relu

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Mannite.

Mais il arrive souvent que la proportion de matière visqueuse augmente, tandis que celle de mannite diminue; alors on voit un second ferment mélangé au premier, et formé de globules plus gros; ce ferment, que l’on n’a pu isoler, transforme peut-être le marc en matière visqueuse sans production de mannite.

Fermentation acétique, — Les liquides alcooliques, tels que le vin, la bière, le cidre, abandonnés au contact de l’air, laissent subir à leur alcool une transformation qui le change en acide acétique ou vinaigre. C’est là un de ces phénomènes auxquels on donna le nom à'érémacausies , bien des cliiniistes éprouvant de la répugnance à le placer à côté de la fermentation alcoolique, à cause de la différence qui existe dans la nature de la réaction chimique produite. Cependant, on remarqua qu’une substance mucilagineuse se forme dans le vinaigre; on fut porté à croire qu’il y avait là un ferment auquel on donna le nom de mère du vinaigre; on trouvait surtout cette substance en masse gélatineuse se formant peu à peu dans le vinaigre même. Attribuer à cette matière le rôle d’un ferment était une erreur, comme l’a démontré Berzelius; mais si l’on considère la fleur du vinaigre il n’en est plus ainsi ; c’est là la véritable mère du vinaigre, et ce nom lui a d’ailleurs été aussi donné fort souvent. La fleur du vinaigre est un mycoderme aceti).

Cette plante, cultivée à la surface d’un liquide alcoolique quelconque, produit du vinaigre. Dès qu’il est immergé, le mycoderme n’agit plus; s’il manque d’alcool, il s’attaque à l’acide acétique lui-même et le transforme en acide carbonique. Pour que la plante végète, il lui faut, outre l’eau et l’alcool, des phosphates et des matières azotées en petite quantité.

Fermentation, ammoniacale. — L’urine' contient une substance appelée urée., corps neutre qui ne peut causer aucune irritation dans la vessie; mais, au contact de l’air, cette substance se transforme peu à peu en un produit caustique, le carbonate d’ammoniaque. C’est à cette transformation que M. Dumas a donné le nom de fermentation ammon iacale.

M. Jacquemart a fait voir que le dépôt blanc qui se forme dans les vases où l’on recueille habituellement les urines provoque énergiquement la fermentation ammoniacale, et qu’ii y a lieu de croire qu'il constitue un véritable ferment. M. Van Tieghem a prouvé que ce ferment existe en réalité, que c’est une torulacée; que la transformation de l’urée est corrélative du développement de ce végétal . Cette torulacée est blanchâtre, constituée de chapelets globulaires sans granulations, sans enveloppe distincte du contenu, et qui paraissent se développer par bourgeonnement; leur diamètre est de 0““,00l5 environ. La transformation de l’urée peut se réaliser sous l’influence de ce ferment, en dehors de toute matière albuminoidet L’urine des herbivores sc-

comporte comme celle de l’homme; il est seulement à remarquer que l’acide hippurique que l’on y trouve en plus se transforme, sous l’influence du môme ferment en acide benzoïque et glycollammine.

L’éthylurée n’est pas altérée.

Fermentation benzoïque. — Le suc des amandes amères contient une substance, Vamygdaline (voyez ce mot), qui, sous l’influence d’une amtre matière, l’émulsine ou synaptase, se dédouble en acide cyanhydrique, glucose et huile essentielle d’amandes amères, appelée aussi Hydrure de benzdüe. La synaptase joue donc le rôle de ferment, mais elle est toute différente de ceux qui ont été étudiés précédemmmt; ainsi elle n’est point organisée et se dissout complètement dans l’eau. D’ailleurs, comme dans toute fermentation, une très-petite quantité de synaptase suffit à la décomposition d’une grande quantité d’amygdaline, et une température de 30“ à 40^ favorise la réaction qui cesse à 100".

Fermentation sinnpisique. — Elle doit être rapprochée de la fermentation benzoïque. La graine de moutarde, sous l’action d’un ferment qu’elle contient, la myrosine, donne lieu à l’huile essentielle de moutarde. C’est à MM. Robiquet et Bussy que l’on doit la découverte de la myrosine, ferment soluble dans l’eau comme l’émulsine.

Résumé. — Nous bornant aux fermentations précédentes qui sont les plus importantes ou les mieux étudiées, nous voyons qu’une nouvelle classification doit être établie, et qu’il y a lieu de séparer en deux groupes les fermentations, selon qu’elles sont produites par des ferments doués de vie ou inertes et solubles. D’ailleurs, tout n’est pas dit sur cette question qui est plus que jamais à l’étude. H. G.

FÉROLIE (Botanique), Ferolia., Auh]. — Genre à’Ar~ bres qui paraît appartenir à la famille des Chrysobalane'es^ voisine des Rosacées, et faisant partie des plantes Dicotylédones dialypétales périgynes. Il comprend de grands végétaux de la Guyane, à feuilles alternes entières, ovales, terminéesen pointe, blanchâtres inférieurement. Leurs fruits, disposés en une sorte de grappe, ont 2 crêtes et contiennent un noyau à 2 loges. Le bois de ces arbres est très-estimé dans l’industrie où il est connu sous les noms àc. bois satiné., bois marbré., bois de Cayenne et bois de Férole. On l’emploie surtout dansla marqueterie. Ilestdur, pesant, à grain fin ; son aubier est blanc et satiné. Ce bois présente en outre différentes couleurs, telles que le rouge, le jaune, le vert.

FERONIE (Zoologie), Feronia, Latr. ; nom d’une divinité chez les Romains. — Genre Célnsectes., de l’ordre des Coléoptères., section des famille des Car-

nassiers., tribu des CarabiqueSy division des Simplicimanesy établi par Latreille, et conservé par Dejean, Blanchard et presque tous les entomologistes. Les tarses antérieurs des mâles ont les trois premiers articles fortement dilatés, en forme de cœur renversé ; ils ont une dent bifide au menton ; le corselet plus ou moins cordiforme, arrondi, carré ou en trapèze; les jambes intermédiaires toujours droites. Ce genre nombreux, dans lequel Bonelli, Ziegler et autres avaient opéré des coupes différentes, a été beaucoup travaillé par Latreille et le comte Dejean, et aujourd’hui, d’après ce dernier entomologiste, il est réparti en dix sous-genres. 1® Les Pœciles; 2° les Argut07's; c’est la première division de Latreille; ils ont le corps plus ou moins ovale, les antennes fil’formes; ils sont généralement ailés. La deuxième division de Latreille comprend des espèces généralement ailées, qui ont le corps droit, plan ou horizontal en dessus; on les trouve dans les lieux frais ou humides. Dejean en fait les sous-genres : 3» des Platywies ; 4° des Omaseus. La troisième division de Latreille, plus nombreuse, se compose d’espèces assez analogues aux précédentes, mais toujours sans ailes; ce sont; 5° les Cophoses; 6^ les Abax; 7" les Ptéi'ostiches; 8° les Molops; 9» les Stéi'Opes; 10° les Perçus. Un autre genre, les Amares, avait aussi été admis par Dejean ; mais Latreille a vainement cherché dans les antennes, dans les parties de la bouche, des caractères qui puissent les distinguer des autres genres. Nous allons dire un mot de chacun de ces sous genres. — 1° Les Pœciles (Bonn.) ont le corselet presque aussi long que large, les antennes assez courtes, le troisième article comprimé et anguleux. Ils sont trèsagiles et courent rapidement pendant la plus grande chaleur. Le P. punctulatus (Fab.) se trouve aux environs de Paris ; c’est le type de ce sous-genre. — 2" Les Argutors (Még.), qui leur ressemblent, ont les anteiines proportionnellement plus longues ; ils sont moins agiles.

FER

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se tiennent ordinairement sous les pierres, au bord des eaux; VA. vernalis (Fab.), type du groupe, se trouve dans toute l’Europe et aux environs de Paris. — 3«> I-es Platysmes, aptères ou ailés, ordinairement de couleur métallique ou noire, ont le corselet cordiforme ou rétréci postérieurement. Le type du sous-genre est le P. picimane (Creutz.) de France et d’Allemagne; assez rare.

— 4® Les Omaseus (Ziegl.) ont une taille au-dessus de la moyenne, ordinairement aptères ; noirs et 1 uisants, ils sont peu agiles et se tiennent sous les pierres; l’ O. leucophthalmus (Fab.) est très-commun aux environs de Paris. — 6° Les Cophoses (Ziegl.) ont le corps en carré long ou cylindrique, le corselet presque carré; taille au-dessus do la moyenne, noirs et luisants comme les précédents, mais plus allongés; le C. magnus (Méger.) est le type du sous-genre. 11 est de Hongrie, — G“ Les Abax de BoneJli ont le corps large et aplati, généralement ovale, le corselet grand, presque carré. Ils sont toujours aptères, noirs, luisants, peu agiles, se tiennent dans les lieux humides, sous les pierres; VA. striola (Fab.), type du sous-genre, se trouve dans les bois et les montagnes de l’Europe. — 7® Les Ptérosiiehes de Bonelli renferment les espèces les plus brillantes du groupe des féronies. Elles sont en général dorées, cuivreuses ou bronzées; on les trouve sous les pierres, au bord des ruisseaux, dans les montagnes. L’espèce type, le P. rutikins {Bon.}., d’un vert doré, très-brillant, habite les Alpes. — 8“ Les Molops de Bonelli ont une taille au-dessus de la moyenne ; aptères, noir luisant, très-peu agiles ; ils ont le corps court, assez épais, les pattes fortes. Le M. terricola (Fab ), de France et d’Allemagne, se trouve aux environs de Paris. — 9“ Les Stéropes (Méger.), taille au-dessus de la moyenne, toujours aptères, ressemblent beaucoup aux Omaseus. L’espèce type est le S. madidus (Fab. ), qu’on trouve en France. — 10° Les Perçus (Bon. ) sont au-dessus de la taille moyenne, toujours aptères, d’un noir luisant, peu agiles. Le P. corsions (Latr.), espèce type, n’a encore été trouvé ■qu’en Corse. Enfin, nous avons vu que Latreille n’avait pu trouver dans le groupe des Amares des caractères nssez précis pour en faire un genre à part. Voici toutefois les principaux que lui assigne le comte Dejean ; Antennes filiformes et peu allongées; dent bifide au milieu de l’échancrure du menton; corselet transversal; élytres légèrement convexes ; taille moyenne ; presque tous ailés, couleur métallique ou brune, souvent très-agiles, quelquefois lourds. Habitent les champs secs et arides. L’espèce type est VA. eurynota (Kugell.), qu’on trouve en France. Consultez la Species général des coléoptères du comte Dejean.

FERRAIRE (Botanique), Ferraria, Lin. ; dédiée au botaniste italien J.-B. Ferrari, qui vivait au xvii® siècle.

— Genre de plantes Monocotylédones périspermées., de la famille des Iridées, type de la tribu des Ferrariées. Caractères : périantlie à G divisions oblongues, ondulées, 3 extérieures plus larges; 3 étamines; stigmates pétaloïdes , bilobés , découpés ; capsule à 3 angles. Les plantes de ce genre sont des herbes à rhizome tubéreux €t à fleurs fugaces. Elles habitent le cap de Bonne-Espérance. L’espèce la plus répandue est la ondulée [F . undulata., Lin.), très-belle plante à tige rameuse, haute de O^jGô. Ses feuilles sont engainantes, droites, vert foncé, les inférieures ponctuées de rouge, et ses fleurs assez grandes, réunies par 2 ou 3, sont colorées en pourpre brunâtre avec des points jaunes. Elles s’épanouissent en avril. Serre tempérée.

FERRÉE (E.vü) (Matière médicale). — C’est un des moyens les plus simples pour administrer le fer comme ■médicament; on obtient Veau ferrée, soit en éteignant plusieurs fois de suite un fer rougi au feu, dans l’eau froide, soit en versant sur des clous rouillés de l’eau bouillante qu’on laisse refroidir. L’eau ainsi préparée contient du fer oxydé, et d’autant plus que la quantité de fer mise en contact avec l’eau a été plus grande (voyez Ferrugineux).

FERRUGINEUX (Matière médicale). — Médicaments qui ont le fer pour base, et dans lesquels on comprend à la fois ceux que l’on prépare dans les laboratoires et ceux que l’on emploie dans l’état où nous les trouvons dans la nature; telles sont les eaux minérales ferrugineuses. ■Quelle que soit la forme sous laquelle il est administré, le fer jouit de certaines propriétés très-remarquables, qui se résument en général dans une augmentation de la pléthore sanguine, ^e la tonicité des organes et particulièrement de la reconstitution du sang. On comprendra dès lors que ce médicament a une action assez énergique pour que le médecin doive le proscrire lorsqu’il existe

quelques prédispositions inflammatoires, lorsque les malades ont éprouvé quelque chose de suspect du côté de la poitrine, que des cicatrices évidentes de scrofules peuvent faire soupçonner un commencement de tubercules pulmonaires, quand bien môme ils offriraient des symptômes de chlorose ; on s’en abstiendra aussi dans les affections essentielles du cœur, etc.

Parmi les maladies dans lesquelles la médication ferrugineuse compte le plus de succès, la chlorose (voyez ce mot) tient le premier rang ; on pourrait dire qu’elle est spécifique de cette affection. Viennent ensuite Vanémie, surtout à la suite des pertes, avec le cortège des accidents nerveux de toute espèce qui l’accompagnent aussi bien que la chlorose ; quelques névroses (asthme, coqueluche, etc.). Le fer a encore été employé contre quelques fièvres intermittentes paludéennes, contre les scrofules, le diabète, les cachexies., les leucorrhées, etc. Enfin le peroxyde de fer hydraté a été vanté contre l’empoisonnement par l’arsenic ; mais, comme il n’agit que par sa décomposition et par la formation d’un arsénite de fer qui est insoluble, on conçoit qu’il faut l’administrer avant que le poison ait exercé sur l’économie des désor-' dres irrémédiables.

Les préparations ferrugineuses employées en médecine sont extrêmement variées; nous ne citerons que les principales : l® Le fer métallique réduit en limaille brute ou porphyrisée se prend à la dose moyenne de 0s*',50, en tablettes, pilules ou électuaire; ou bien réduit par l’hydrogène en poudre d’un noir mat, à la dose de O^^ôO; ce sont de bonnes préparations. 2“ Voxyde noir (éthiops martial), môme dose ; assez bonne préparation. 3® Le peroxyde est employé comme astringent contre les hémorrhagies; nous avons parlé plus haut du peroxyde hydraté. 4® Différentes variétés de ces oxydes, connues sous les noms de colcotar, de safran de mars apéritif, de safran de mars astringent, etc., sont beaucoup moins employées qu’autrefois et avec quelque raison ; il faut pourtant faire une exception pour Veau ferrée dont l’usage est très-fréquent; c’est un assez bon médicament qui a le mérite d’être à bon marché. 5" Le protocarbonate de fer, le plus souvent en pilules; dose moyenne, 0®',50; assez bon. G® Le lactate de fer, bonne préparation, yoluble; dose de à 4 ou 5 grammes ; en pilules, en pastilles, dragées, sirop. 7® On a encore cité les citrates de fer. 8° Les tartrates de fer forment la base du tartre chalyhé, de la teinture de Mars, des boules de Mars ou de Nancy, du baume vulnéraire de D/ppe/, du vin chalybé, prescrit encore assez souvent. Le tartraie ferrico-pot assigne, à la dose de 1 à 2 grammes en pilules, est un médicament soluble, que l’estomac supporte très-bien. 9° Le perchlorure de fer, pour usage externe, est précieux dans le traitement des hémorrhagies ; à l’intérieur, il ne peut être employé qu’à des doses très-faibles. 10® Le proto-iodure de fer contre les scrofules et contre certaines formes de phthisie, se donne à l’intérieur à la dose de 0®'',05 à 0®‘‘,25 ; on le prescrit aussi en injections et en bains. 1 1 ® Enfin les eaux ferrugineuses dont nous allons dire quelques mots.

Eaux ferrugineuses. Il est à remarquer qu’à très-peu d’exceptions près, toutes les eaux minérales renferment du fer; ce n’est donc pas par la présence seule de cet agent que l’on pourrait les classer, mais par sa prédominance sur les autres principes, qui y existent en proportion trop faible pour pouvoir assigner à ces eaux des caractères spéciaux. Toutefois, la quantité de fer est toujours faible et ne s’élève guèreMans celles qui en contiennent le plus qu’à 0^%08 ou 0®‘',()9 de sels de fer par litre d’eau ; ainsi, d’après le Dictionn. des eaux minérales, Spa, 0E'',O92; Schwalbach, 0e%083; Auteuil, 0s%071 ; Pyrmont, 0s‘‘,Ü57 ; Forges-les-Eaux, 0®”,058; Passy, ûs',045, etc. On trouve les sources ferrugineuses, principalement dans le nord et l’ouest de la France et de l’Europe. Cependant, bien que leur nombre soit assez considérable, on pourrait être étonné de les voir si peu fréquentées; si l’on ne réfléchissait que les eaux ferrugineuses n’ont guère d’action thérapeutique que par le fer qu’elles contiennent, et que la matière médicale est assez riche en préparations martiales, d'un usage sûr, facile et peu dispendieux', aussi les médecins s’imposent-ils généralement l’obligation de ne les prescrire que dans des cas bien déterminés. Du reste, elles sont peu employées en bains, et, quoique le transport et la conservation les altèrent généralement plus que les autres, leur usage en boisson est trèsrépandu, sans avoir besoin de se rendre aux stations minérales, si l’on en excepte Spa, Schwalbach et quelques

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autres. Les principales eaux minérales ferrugineuses sont: Audinac, Auteuil, Bagnères-de-Bigorre, Bussang, Campagne, Cransac, Forges-les-Eaux, Passy, Provins, Pyrinont, Rennes (Aude), Schwalbacli, Spa, etc. (voyez Eaux minérales [{Chimie)]. F — n.

FERRURE (Zootechnie). — On nomme ferrure d’un cheval ou d’un bœuf l’ensemble des fers dont on garnit les sabots ou les onglons; puis ce mot s’applique aussi à la manière de fixer les fers sous les pieds des animaux, à la pratique de l'opération la plus importante dans l’art du maréchal-ferrant. Le but que l’on se propose en adaptant ainsi une lame résistante au pourtour de la face plantaire des sabots, est de prévenir l’usure rapide de cette partie sur des chemins pavés ou empierrés; mais parfois aussi on utilise les fers pour remédier à certains défauts de l’animal ou à certaines maladies du pied. Aussi les vétérinaires distinguent-ils deux sortes de ferrures ; la ferrure hygiénique q\, \2l ferrure chirurgicale.

Ferrure hygiénique. — L’application des fers aux animaux qui ont les pieds sains est soumise à un principe fondamental ; le fer doit protéger le pied sans rien changer à sa forme, à sa position sur le sol, aux aplombs naturels de l’animal et à la liberté de ses mouvements. Pour cela, il faut d’abord que la tournure du fer coïncide exactement avec la configuration du sabot, là où il s’y doit adapter; ensuite le maréchal-ferrant ajustera le fer de façon à ce que le membre ferré pose sur le sol de la même manière qu’il posait avant de recevoir sa ferrure. Le fer doit laisser la sole du pied (voyez Hippologie) libre dans ses mouvements et ne doit nullement presser sur elle. Il ne doit pas non plus gêner l’élasticité du pied, et particulièrement le jeu de ressort des talons; aussi convient-il de placer les étampures (c’est-à dire les trous percés dans le fer pour recevoir les clous qui le fixent au sabot) surtout vers la partie antérieure du fer. L’épaisseur du fer doit être partout égale à ellemême pour ne pas changer les aplombs de l’animal, et d’un autre côté, en rognant l’ongle pour poser la ferrure, il faut retrancher également pour ne pas en altérer les formes naturelles.

On feri'e habituellemenî à chaud, c’est-à-dire qu’après avoir choisi un fer dont les dimensions générales conviennent à celles du pied, et après avoir rogné le sabot, le maréclial chauffe le fer au rouge brun ; un aide maintient le pied de l’animal replié de manière à ce que la face plantaire soit tournée en haut, et le maréchal présente le fer chaud sur cette face, le corrige immédiatement avec le marteau sur l’enclume , le présente de nouveau, et ainsi de suite, jusqu’à ce que ce fer s’ajuste parfaitement au pied ; alors il le fixe au moyen de clous longs et pointus, dont la tête est à la face inférieure du fer et dont la pointe vient sortir près du bord de la muraille, où le maréchal la rive au marteau. Les essais que r&n a tentés pour changer cette méthode et lui substituer la ferrure à froid n’ont pas eu de succès jusqu’ici, parce qu’aucun des procédés proposés n’est aussi simple, aussi prompt et aussi bon pour la solidité de la ferrure.

Ferrure chirurgicale. — La ferrure est employée par les vétérinaires : 1“ Pour favoriser les pansements après certaines opérations, telles que celles de javart, de clou de rue, de seime, de crapaud, de dessolure; le genre de fers employés dans ce cas porte le nom général de fers prolongés, parce qu’en effet ils diffèrent de la ferrure hygiénique par des prolongements de leur bord externe, de leurs éponges ou extrémités postérieures, de leur pince ou partie antérieure. — 2® Pour remédier aux maladies ou aux défauts du pied proprement dit; mais, dans ce but, ou donne aux fers des dispositions très variées que l’on rapporte à quatre genres : les fers couverts distingués en demi-couverts ., couverts., très-couverts, à bords renversés, qui sont larges et minces, et qui s’emploient pour les pieds plats, combles, à oignons, à sole mince ; les fers à éponges réunies ou à planche, dont les éponges ou extrémités postérieures sont réunies par une bande de fer transversale; ils sont bons pour les pieds bloimeux, encastelés, à seimes quartes, à faux quartiers, à talons serrés, parce qu’ils concentrent l’effort sur la fourchette du pied et en garantissent les parties latérales ; les fers en croissant ou fers à lunette, qui,, réduits dans leurs dimensions, manquent des parties postérieures; ne couvrent, du bord antérieur du sabot, que la pince, les mamelles, la portion antérieure des quartiers, et conviennent pour les pieds étroits, serrés, encastelés; les /érudits à caractère, dont les étampures ou trous pour recevoir les clous sont irrégulièrement placés pour correspondre aux parties encore résistantes

de la corne du sabot ; ils servent pour la ferrure des pieds dérobés et à faux quartiers. — 3” Pour compenser des vices d’aplom’o des membres ; ce sont : les fers tronqués, qui, selon les indications du vice d’aplomb, sont raccourcis en pince, en éponges ou branches, et qu’on applique aux chevaux qui forgent (frappent en trottant les pieds de devant contre ceux de derrière), qui se couchent en vache, qui se coupent (frappent en trottant ou en marchant le pied levé contre le pied posé) ou qui ont subi au pied quelque opération chirurgicale ; puis les fers renflés en quelqu’une de leurs parties, employés pour remédier aux pieds rampins, bouletés, de travers, et pour empêcher les chevaux de se couper.

FÉRULE (Botanique), Ferula, Lin., de ferire, frapper, parce que sa tige servait à corriger les écoliers. — Genre de Dicotylédones dialypétales périgynes,

de la famille des Ombellifères, tribu des Peucédanées. Caractères : fruit à bords dilatés, carpelles à 5 côtes dont 2 latérales, dilatées, valléculcs dorsales à 3 bandelettes. Les férules sont des herbes souvent assez élevées. Leurs racines sont charnues, épaisses; leurs feuilles décomposées et leurs fleurs jaunes. Elles habitent en général les régions méridionales de l’Europe et de l’Asie. L’espèce la plus importante est la F. assa-fœtida {F. assa-fœtida. Lin.). C’est une plante élevée de 2 mètres environ. Ses tiges sont arrondies, garnies de pétioles engainants. Ses feuilles radicales sont pennatiséquées, à divisions oblongues. Cette plante croît en Perse. Elle produit une gomme-résine employée en médecine, et connue sous le nom (Passa fœtida. Cette gomme, qu’on obtient par incision de la tige au collet de la racine, a la consistance de la cire. Son odeur très-alliacée est insupportable. Sa saveur est amère, âcre. Malgré son odeur repoussante, les anciens se servaient de l’assafœtida pour aromatiser leurs mets. Eti Orient, on l’emploie encore aux usages culinaires. Cette substance est un médicament très-énergique; elle passe pour un puissant vermifuge. Elle est aussi employée comme résolutif et surtout comme antispasmodique (voyez AssA-rœnoA). La F . commune {F. communis. Lin.), que l’on cultive quelquefois dans les jardins, haute de l“,80, a les segments de ses feuilles linéaires. Elle croît spontanément dans les lieux pierreux du midi de l’Europe. G — s.

FESSE (Anatomie). — La saillie de la fesse n’existe véritablement que dans l’espèce humaine; chez les animaux mammifères et chez les autres vertébrés, la région correspondante est charnue plus ou moins, mais n’a pas le même développement. La station verticale, qui est particulière à l’homme, exige une forte masse musculaire qui maintienne le bassin au-dessus des deux cuisses, et ce sont précisément les muscles destinés à produire l’extension de la cuisse sur le bassin, et réciproquement, qui forment la saillie de la fesse. Cette saillie est en effet constituée par plusieurs plans musculaires et du tissu cellulaire graisseux, abondant surtout sous la peau de cette région. La fesse est limitée chez Fhomme : en haut, par le bord supérieur de l’os iliaque; en avant et en dehors, par une ligne joignant l’épine iliaque au grand trochanter ; en bas, par un pli qui la sépare de la cuisse; et en dedans par un enfoncement en forme de sillon, au fond duquel est l’anus, et qui est formé par les deux fesses elles-mêmes.

En anatomie vétérinaire, on nomme fesse une région extérieure, située à la base du membre postérieur, limitée en haut par la racine de la queue et la croupe; en bas, par la jambe; en arrière, par le raphé médian placé entre les deux fesses. Cette région, chez le bœuf, prend, en termes de boucherie, le nom de culotte {voyez Hippologie, Races). Elle correspond à la fesse et à la face postérieure et externe de la cuisse chez l’homme.

FESSIER, Fessière (Anatomie). — Ce nom désigne chez l’homme et chez les animaux vertébrés les principaux muscles, vaisseaux et nerfs de la région feSsière. Cette région comprend en effet, chez l’homme, dans sa partie supérieure, trois plans musculaires superposés, et qui sont trois muscles: le grand, \e moyen et \e petit fessier; dans sa partie inférieure et profonde, deux plans musculaires seulement formés, par les muscles pyramidaux et jumeaux du bassin, d’une part, et par une portion du muscle obturateur interne, de l’autre. Le muscle grur.d fessier ou sacro-fémoral de Chaussier est un muscle large, épais, quadrilatère, dirigé obliquement de dedans en dehors, qui recouvre entièrement tous ies autres muscles de la môme région ; son insertion supérieure se fait sur la ligne semi-circulaire supérieure de l’os iliaque, le sacrum, le coccyx et le ligament

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