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sacro-sciatique postérieur; son insertion inférieure a lieu sur le fémur, entre le grand trochanter et le commencement de la ligne âpre. Il étend la cuisse sur le bassin et la ramène en dehors, lorsqu’elle a été portée vers le plan médian du corps. Le moyen fessier ou grand iliotrockantérien de Ghaussier est situé sous le précédent; sa forme est aplatie et triangulaire; fixé par le haut à
la crête iliaque et dans une portion de la fosse iliaque, il va s’attacher inférieurement au grand trochanter du fémur. Il fléchit la cuisse et la fait tourner de dedans en dehors. Le petit fessier ou petit ilio-trochantérien^ Ch. est placé sous le moyen fessier; plus petit et de forme analogue, il se fixe, d’une part, à la face externe de l’os iliaque, près de la cavité cotyloïde et au grand tro-
chanter du fémur; il fléchit la cuisse et lui imprime un mouvement de rotation de la cuisse en dedans. — L’ortère fessière^ aussi nommée iliaque postérieure^ naît de Vartère hypogastrique, se dirige en bas et en arrière, se réfléchit en haut de la grande échancrure ischiatique , passe au-dessus du muscle pyramidal et se distribue
en deux branches aux muscles de la fesse, à l’articulation de la hanche et à la peau de cette région. La veine fessière accompagne cette artère. — Il existe deux nerfs fessiers : le supérieur, qui est un rameau collatéral du plexus sacré,, fournit ses branches aux muscles moyen et petit fessier; X inférieur est plus conniî
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sous le nom de petit nerf sciatique (voyez Sciatique).
FESTUCACÉES (Botanique). — Nom d’une des tribus de la famille des Graminées^ qui a pour type le genre Fétuaue {Festuca^ Lin.).
FÉTIDIER (Botanique), Fœtidia^ Comm., ainsi nommé à cause de la mauvaise odeur de son bois. — Genre de plantes Dicotylédones diahjpétales périgynes de la famille des Myrtacées. Caractères : calice gamopbylle, à 4 divisions; corolle nulle; étamines indéfinies; ovaire à 4 loges; stigmate à 4 lobes; capsule anguleuse, couronnée par le limbe réfléchi du calice. Le F. de Mauritanie (F. mauritanica, Lamk), appelé vulgairement Bois puante à cause de l’odeur désagréable que répand son bois, est un grand et bel arbre des îles Maurice et de la Réunion, qui, par sa grosseur et son élévation, ressemble assez bien à notre noyer. Ses feuilles sont coriaces,, ovales, entières, et ses fleurs sont solitaires à l’aisselle de feuilles. Le bois rougeâtre et veiné de cet arbre s’emploie dans l’ébénisterie.
FÉTUQÜE (Botanique), Festuca, Lin.; du celtique fest^ pâture, aliment. — Genre de plantes Monocotylédoues périspermées de la famille des Graminées^ tribu des Festucacées. Caractères : épillets à 5-10 fleurs ou davantage; glumelle inférieure aiguë, munie au sommet d’une arête; stigmates terminaux et ordinairement sessiles. Les espèces très-nombreuses de ce genre sont des herbes à feuilles linéaires, à fleurs enpanicule ou en grappe. Elles habitent les régions tempérées, principalement dans l’hémisphère boréal. On en compte une quinzaine d’espèces aux environs de Paris, sur quatrevingts à peu près que comprend le genre. Nous citerons la F. des brebis {F. ovina^ Lin.) {fg. 1050); c’est une herbe gazounante, à tiges grêles. Ses feuilles sont enroulées, sétacées et rudes au toucher. Elle donne un fourrage assez médiocre, mais très- recherché des moutons, et réussit dans des terrains secs, siliceux ou calcaires. La F. élevée (F. elatior^ Lin.) {/îg, 1052) est stolonifère et s’élève souvent à plus de 2 mètres. Sa panicule est diffuse, trèsgrande, et ses épillets un peu violacés ont 4-5 fleurs. La F. des prés (F. prafensis, Huds.) ifig. 1054) a les épillets linéaires, oblongs et composés de 5-10 fleurs. Aussi bien que la précédente, elle réussit dans les terrains frais et riches et les sols humides. Toutes les fétuques se rencontrent en proportions notables dans les prairies naturelles, et elles constituent un bon fourrage. D’après Math, de Dombasle, pour ensemencer un hectare à la volée, sur 370 kilog. de douze sortes de graines, la fétuque des prés doit entrer pour 50 kilog. G — s.
FEU (Chimie). — Voyez Phlogistique.
Feu (Médecine). — Pour tout ce qui concerne l’emploi du feu en médecine et en chirurgie, voyez Gauteue, Cautérisation. — On a donné vulgairement le nom de feu ou feux à certaines maladies de la peau. — h^sFeux de dents sont des élevures ou papules blanches ou rouges, qui se développent sur la peau des enfants pendant le premier âge et sont accompagnées d’une démangeaison vive, revenant par accès et s’exaspérant par la chaleur du lit; cette affection, qui se lie au travail de la dentition, est une variété de lichen simple^ nommée lichen strofulus (voyez Lichen). — Le F. persique autre
maladie cutanée, que les médecins nomment zo7ia (voyez ce mot). — Le F. sacré n’est pas autre chose que V érysipèle simple, — Le F. de saint Ayitoinen' pas une affection
déterminée ; ce nom a été appliqué, dans le langage populaire, à certaines maladies charbonneuses ou gangréneuses dont les ravages sont affreux et le plus souvent mortels, et qui, à certaines époques, ont pris le caractère d’épidémies (voyez Charbon, Ergotisme). Enfin, on donne parfois le nom de F. volage ou F. sauvage à des affections de la peau, qui sont des acnés^ des coujiet'oses^ des erythè)7ies (voyez ces mots).
FEUILLAISON (Botanique). — Voyez Foli.ation.
FEUILLE (Botanique et Anatomie végétale), du nom latin folium, qui, lui-même, paraît dériver du nom grec phyllon, — Les feuilles sont des hrganes latéraux annexés à la tige des végétaux phanérogames, et dont les analogues, chez certains végétaux cryptogames, portent le nom do fro7ides. La forme des feuilles varie beaucoup d’une plante à une autre , et parfois sur une même plante ; mais leurs fonctions étant toujours les mêmes, leur structure intérieure présente de bien moins grandes différences que leurs formes.
Composition générale des feuilles. — La feuille consiste habituellement en une lame verdoyante de parenchyme végétal dans laquelle se distribuent des vaisseaux. Cette lame est désignée par le nom de disque ou limbe
(iimbus^ lame, en latin), et les faisceaux vasculaires que la parcourent par celui de neixures. Parfois ce limbe est directement inséré sur la tige ou la branche qui porte
Fig. 1056. — Feuille simple, stipulée, à nervation palmée de la mauve crépue. — li, limbe. — pe, pétiole. — st, stipules ou partie vaginale.
la feuille, et alors celle-ci est dite feuille sessile{à\x latin sessilis., qui se pose) ; mais le plus ordinairement il est rétréci à sa base en une sorte de queue ou pédoncule nommé le pétiole. Souvent à son point de jonction avec la tige, la feuille ou son pétiole présente une dilatation foliacée, qui tantôt embrasse la branche ou la tige et lui forme une gaine, tantôt reste étalée de chaque côté, et prend alors le nom de stipules. La feuille complète comprend ainsi trois parties : le limbe, le pétiole, la partie vaginale [fig. 1057) constituant une gahie ou des stipules (voyez ce mot). Le limbe est la partie essentielle de la feuille; c’est là que s’exécutent les fonctions auxquelles la feuille est destinée; c’est lui qui offre à l’étude les diftérences les plus nombreuses et les plus caractéristiques.
Foi'mes des feuilles.— Sous le rapport de leurs formes, les feuilles offrent à étudier leur nervation et leur confguration.
La nervation des feuilles est le mode de distribution des nervures dans leur limbe. On distingue à ce point de vue : 1° Les feuilles «cîcw/anw {fig. 1058) (du latin gcw5, aiguille)
Fig. 1057. — Feuille d'une renouée, — l, limbe. — p, pétiole. — g, gaine ou partie vaginale.
Fig. 1058. — Feuille aciculaire du sapin.
dont les nervures restent réunies et laissent à la feuille entière la forme d’un pétiole terminé par une pointe aiguë ; c’est ce qu’on observe chez les pins, les sapins, les mélèzes. 2“ Les feuilles à nervation pennée ou penninerves {fig. 1050) (du latin penna, plume), lorsque le faisceau des nervures se continue dans la direction du pétiole, en émettant à droite et à gauche des faisceaux secondaires
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disposés par rapport à lui comme les barbes d’une plume sur le tuyau. La nervure primaire reçoit le nom de nervure médiane owcôte de la feuille ; c’est ce qu’on observe sur les feuilles de l’orme {fig. 1060), du chêne, du châtaignier, du lilas, du charme, etc, 3" Les feuilles à nervation •palmée ou palminerves (du latin palma^ main) dans lesquelles les nervures, dès la jonction du limbe au pétiole, se divisent en un certain nombre de faisceaux à peu près d’égale importance , qui vont en s’écartant comme les doigts de la main ouverte; la rose-trémière, la vigne, l’érable {fig. 1061 ) montrent sur leurs feuilles une nervation palmée. 4° Les feuilles à nervation peltéeowpelti-
sjcomore (érable sycomore),
nerves (du latin pelta^ petit bouclier), dont le pétiole, s^insère au milieu du limbe plus ou moins exactement arrondi, et y distribue ses nervures en rayonnant; la capucine, l’écuelle d’eau ont ce mode de nervation,
La configuration de la feuille résulte de la distribution des nervures et des contours que présente le parenchyme vert autour de cette première charpente. On peut distinguer d’abord deux grandes séries :les feuilles simples et les feuilles composées.
On nomme feuille simple.^ celle dont le limbe est d’une seule pièce et réunit toutes les nervures en une seule lame foliacée ; mais cette lame se montre entière ou découpée plus ou moins profondément à son pourtour. Aussi nomme- t-on ;e?^^^ére5, les feuilles dont le bord droit et simple ne présente aucune échancrure (nénuphar, lilas, {fig. 1062), tabac, belladone); dentées^ celles qui sont légèrement échancrées entre les nervures et offrent des angles saillants, aigus, au niveau de chacune d’elles
Fig. 1061.— Feuille simple a nervation Fig. 1062. — Feuille simple entière pennée, à limbe fendu (chêne). (lilas). (Vue par la face inférieure,)
(orme(/Z^. 1059), châtaignier); lorsque ces sail-
lies ou dents sont émoussées ou arrondies (chêne, lierre, bétoine) ; fendues ou tri-, quadri-, quinqué-.,multi-fides.
lorsqu’au niveau des interstices des nervures le limbe est échancré par des fentes qui ne s’avancent pas au delà delà moitié de sa largeur; ces feuilles reçoivent encore l’épithète de lobées (érable, vigne, ricin ) ; partagées ou tri-, quadri-, qumqué-, multi-partites {fig. 1063) (du latin partitus, partagé), si les découpures vont plus avant dans le limbe (aconit, coquelicot, valériane); tri-, quadri-, multi-séquées , si ces découpures atteignent jusqu’à la nervure même et divisent le limbe en segments presque séparés les uns des autres (^^. 1066)
(fraisier, cresson d’eau, géranium-robcrt). Si dans l’épithète désignant la forme on veut rappeler en même temps le mode de nervation, on forme les mots pennatifides ou palmatifides, pennafi-partites, palmaiiséquées, etc. , dont le sens est facile à saisir.
On appelle feuilles composées, celles dans lesquelles chaque lobe du limbe qui entoure les' nervures' secondaires ne s’étend pas jusqu’à la nervure primaire; de telle sorte que le limbe est réellement fractionné en plusieurs folioles qu’on pourrait, au premier abord, prendre pour autant de feuilles distinctes. On reconnaît cependant que c’est une feuille unique, parce que toutes ces parties sont à peu près dans le même plan ; qu’à la chute des feuilles, tout cet assemblage de folioles se sépare de la branche d’une seule pièce et comme une seule feuille; qu’enfin le bourgeon, qui habituellement est inséré à l’aisselle de chaque feuille, manque à la base de chaque foliole et se trouve à l’insertion delà feuille composée. Selon le mode de nervation, la feuille composée sera ôXXQ pennée {fig. 1065) (faux acacia) avec une nervure médiane ou pétiole commun des folioles que l’on nomme rachis, ou bien elle sera palmée (marronnier d’Inde, vigne-vierge) (fig. 1064). Parmi les feuilles pennées, il en est dont les folioles naissent par paires de chaque côté du rachis, et, suivant le nombre des paires, on les dit bi-, tri-, quadri-, multi-j liguées (du latin paire) ; la feuille composée pennée est avec ou sans impaire, selon qu’elle porte ou non à l’extrémité du rachis une foliole impaire. Ajoutons enfin que chaque foliole peut à son tour être entièrcy dentée, crénelée, etc., comme nous l’avons vu
Fig. 1064. — Feuille composée palmée ou digilée de la vigne-vierge.
plus haut pour les feuilles simples. Le nombre des folioles est quelquefois désigné par les mots de bifoliolée, trifoliolée, etc. {fig. 1066), que l’on ajoute à la feuille.
Il est certaines feuilles composées dont le limbe offre une plus grande subdivision, chaque foliole est à son tour décomposée en plusieurs pièces; on les nomme feuilles décomposées ou même supra-décomposées, si la subdivision est encore portée plus loin. Parfois les fragments du limbe divisé presque à l’infini sont véritablement comparables à de petits lambeaux, et on dit alors que la feuille est laciniée, déchiquetée {fig. 1068).
Les modifications de formes que j’ai signalées jusqu’ici ne concernent que le limbe de la feuille; le pétiole en présente quelques-unes, qu’il est bon de faire connaître. Il varie dans sa longueur, comparée à celle du limbe i on le trouve en général plus court; d’autres fois égal ou même plus long. Il est aussi, tantôt épais et rigide (tilleul, marronnier), tantôt grêle, allongé et flexible (tremble, bouleau). Une des plus importantes modi»
Fig. 1063. — Feuille inulli-pailile de valériane.
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fîcatîons qu’il puisse subir est sa transformation en une lame foliacée, nommée phyllode (du grec phyllodès^ foliacé); il est alors dilaté dans sa partie moyenne et aplati
en lame, puis resserré de nouveau avant de former le véritable limbe [fig. 1069). Quelquefois le limbe avorte complètement, et le phyllode seul représente la feuille ; on peut
Fig. 1067. — Feuille composée trifolioléc Fig. 1068. — Feuille déchiquetée du faux-ébénier. du laser hérissé.
reconnaître cette disposition à ce que le végétal encore jeune montre à l’extrémité de ses phyllodes des vestiges plus ou moins reconnaissables du limbe avec ses formes caractéristiques; mais à mesure que le végétal se développe, les nouvelles feuilles se montrent de plus en plus dépourvues de limbe. Fort souvent, la direction de ces phyllodes est digne d’être remarquée ; leur lame, au lieu d’être dans un plan transversal à l’axe de la branche qui les porte, est fréquemment parallèle à cet axe et sembleimiter une sorte de lame de sabre implantée sur la branche. « L’aspect des arbres et des forêts de la Nouvelle-Hollande, dit A. de Jussieu, avait frappé les premiers voyageurs qui les virent, par la sensation singulière que la distribution des ombres et des clairs donnait à l’œil ; et l’on s’étonna de cet effet insolite, longtemps avant d’en connaître la cause. M. R. Brown, en visitant ce pays, se rendit facilement compte de cet éclairage bizarre, en constatant que la plupart de ces arbres, au lieu d’avoir des feuilles situées comme les nôtres, les ont en sens contraire, de telle sorte que la lumière glisse ainsi entre des lames verticales, au lieu de tomber sur des lames horizontales. Ce sont de véritables feuilles dans
un certain nombre d’espèces, mais dans d’autres de simples phyllodes. » On peut, du reste, distinguer sans peine le phyllode du limbe, non-seulement par cette direction
générale de la lame verte, mais aussi par le mode de nervation ; dans le phyllode, les nervures ne forment pas un système régulièrement ramifié; elles se distribuent parallèlement les unes aux autres, de la base au sommet du phyllode.
La partie vaginale delà feuille est nulle dans certaines plantes; dans d’autres, elle forme une gaine plus ou
moins prolongée par laquelle le pétiole embrasse la tige ou branche d’où il naît {fig. 1067); dans d’autres enfin, elle constitue de petits appendices foliacés, plus ou moins indépendants du pétiole, et que l’on nomme {fig.
1060). La disposition des stipules, en général très- uniforme dans un même groupe, fournit souvent de bons caractères. Certaines plantes ont des stipules réduites à une pointe, un filament, une écaille; dans d’autres, au contraire, les stipules ont une apparence nettement foliacée et ressemblent presque à de petites feuilles {fig. 1 070). On trouve des stipules entièrement libres; d’autres sont plus ou moins soudées au pétiole de la feuille {fig. 1071); parfois, les deux stipules de deux feuilles opposées se réunissent et forment une sorte de gaîne ouverte 1073\ ou, si les feuilles ne sont pas opposées, les deux stipules d’une môme feuille vont se rejoindre de l’autre côté du rameau (fig. 1072). Ces diverses dispositions font comprendre comment les stipules plus unies et plus éten-
(t) r, rameau. — f, fragment de la feuille. — b, bourgeon. — s, stipules.
^2) r, rameau. — a, aiguillon. — b, bourgeon. — feuille.— P, pétiole.— s, stipules soudées au pétiole.
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dues prennent l’aspect et la conformation d’une véritable eaîne entourant le rameau qui porte la feuille ^ftg. 1057). Fréquemment, les stipules sont caduques, et après leur
chute un grand nombre de végétaux à feuilles réellement stipulées semblent être naturellement dépourvus de ces appendices; l’observation des feuilles récemment développées rectifie seule cette erreur.
Il importe do remarquer que l’on n’observe jamais de stipules chez les végétaux monocotylédones.
Durée des feuilles. — Les feuilles, comme l’on sait, sont des organes temporaires de la plante ; arrivées à leurs dimensions définitives, elles durent un temps plus ou moins long, puisseflétrissentet tombent pour être remplacées par de nouvelles feuilles. Dans nos climats, la plupart des végétaux ne gardent leurs feuilles que quelques mois ; sous des climats plus chauds, beau-
Fig. 1073. — Feuilles opposées d’une rubiacée (ccphalanlhe occidental) (2).
coup de plantes conservent leurs feuilles plus longtemps; on les y voit souvent persister deux ans et plus. Cette persistance comble la lacune qui existe dans la plupart des végétaux de nos pays entre la chute des feuilles anciennes et le développement des nouvelles. Ces plantes ne se montrent pas dépouillées comme le sont nos arbres pendant la saison rigoureuse, et on les désigne souvent par les mots d’arbrisseaux, arbres verts ou toujours verts., ou, mieux encore, de plantes à feuilles persistantes. On peut citer chez nous, parmi les plantes à feuilles persistantes, les pins, les houx, les chênes-verts; le nombre de ces espèces est très-considérable dans les régions tropicales. La feuille vieillie commence par perdre l’éclat de sa couleur verte; souvent, comme dans la vigne, les poiriers, elle se marbre de taches jaunes et rougeâtres, puis elle tourne peu à peu à une teinte d’un brun jaunâtre, teinte spéciale désignée sous le nom de feuille-morte. Cette couleur paraît due à une altération particulière de la matière verte ou cJdorophylle (voyez ce mot), qui se transforme en une nouvelle substance jaunâtre, et nommée, à cause de cela, xanthophylle (du grec xanthos^ jaune). Une fois flétries, tantôt les feuilles se désarticulent à leur base et tombent des rameaux, tantôt elles restent sur la plante et ne s’en détachent que lentement, à force d’être secouées par les vents.
Comparaison des feuilles des végétaux dicotylédones et des végétaux monocotylédones. — Les feuilles des végétaux dicotylédones présentent toutes les formes, depuis les plus simples jusqu’aux plus compliquées. Leurs nervures pennées ou palmées se ramifient en formant des angles de divergence bien accusés, et vont ensuite entremêler leurs plus fines extrémités en un réseau continu qui s’étend sur tout le limbe. Cette disposition réticulée des nervures se retrouve à peu près constamment dans les espèces de végétaux dicotylédones. Dans le groupe des végétaux monocotylédones, les feuilles sont simples et le plus souvent entières. Leurs nervures ne forment jamais de réseau; quelquefois, comme dans le bananier {fig. 1074) et quelques autres, elles se montrent pennées ; mais les nervures secondaires, nées de la principale par une direction curviligne et non angulaire, restent parallèles entre elles, sans branches transversales de communication. Dansles autres plantes monocotylédones, les ner-
(1) f, poition de la feuille. — r, rameau. — s, stipules soudées en une seule sur le côté opposé du rameau.
'2) r t ameau. — feuilles. — s, 'stipules soudées d’une feuille à l’autre.
vures des feuilles sont toutes parallèles (fig. 1075), comme on peut le voir sur les iris, les roseaux, le blé, le maïs. La plupart de ces feuilles peuvent être considérées comme de véritables phyllodes, et doivent â cette circonstance la disposition parallèle de leurs nervures. Dans quelques
monocotylédones, comme le gouet, le lamier commun {sreau de Notre-Dame)., la salsepareille, l’igname de la Chine, le limbe se développe, et il offre alors les nervures ramifiées et réticulées qui le distinguent chez les dicotylédones. La partie vaginale des feuilles des monocotylédones est ordinairement très- développée ; elle forme souvent une gaine fort longue qui enveloppe la tige (fig. 1075), comme on peut l’observer dans le blé et dans les autres plantes graminées.
Quant aux plantes cryptogames ou acotylédones, les fougères seules, parmi elles, ont de véritables feuilles ; ces feuilles sont grandes, en général très-compliquées de forme et pourvues de nervures très-ramifiées, formant dans le limbe un riche réseau. Chez les acotylédones, voisines des fougères, telles que les marsiléas, les lycopodes, les mousses, on trouve encore des appendioes foliacés, mais d’une organisation extrêmement simple ; chez les autres , comme les lichens , les champignons, les algues, etc., les feuilles manquent totalement.
Insertion et arrangement des feuilles. — La feuille normalement conformée est essentiellement constituée par un faisceau de vaisseaux qui va s’épanouir dans une lame celluleuse ou limbe de la feuille, pour y faire respirer la sève de la plante. La tige ou la branche qui porte les feuilles n’a jamais une année accomplie de développement, et elle contient à son centre un étui médullaire formé de trachées et d’autres vaisseaux. De cet étui se détachent les vaisseaux qui occupent le centre du pétiole de la feuille et vont se distribuer dans les nervures. Ce faisceau central du pétiole est entouré de tissu cellulaire qui va se joindre à celui du limbe, et qui, à la base de la feuille, correspond à l’enveloppe celluleuse du rameau. Souvent, au point de jonction, une structure plus serrée du tissu cellulaire indique un point de rupture, que l’on nomme articulation., et où la feuille se détache dès qu’elle commence à se flétrir. Cette disposition articulée des feuilles s’observe surtout chez les plantes dicotylédones à feuilles composées.
On nomme caulinaires{éro. latin can/w, tige) les feuilles qui s’insèrent sur la tige ; raméales (du latin ramus, rameau), celles qui s’insèrent sur un rameau. Parfois, la tige extrêmement raccourcie dépasse à peine le collet de la plante, et les feuilles, ramassées vers ce point, for-» ment une touffe qui semble naître de la racine, comme
(1) gv, partie vaginale de la gaine. — gl, partie libre de la gaine, nommée ligule. — f, limbe de la feuille.
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on le voit, pur exemple, dans les primevères ; dans ce cas, les feuilles sont appelées radicales (du latin rodix^ racine).
Qnelle que soit la partie de la plante où les feuilles sont insérées, leur arrangement n’y est pas abandonné au hasard, mais y est déterminé par certaines combinaisons dont les règles constituent une étude spéciale, encore nouvelle et désignée sous le nom de phyllotoxie (du gvGC phyllon, feuille, et disposition). Souvent la régularité de l’arrangement des feuilles sur le rameau se révèle à tous les yeux, et depuis longtemps tous les botanistes ont distingué sous ce rapport les feuilles op~ pose'es^ les feuilles vertieillées, les feuilles alternes, les feuilles éparses. Les feuilles som opposées., lorsqu’elles sont insérées deux par deux, chacune d’un côté opposé de la tige, à la même hauteur vis-à-vis l’une de l’autre. Habituellement, dans ce cas, la direction des paires successives de feuilles alterne, de façon à les placer en croix les unes parrapport aux autres ifiy. 1076), et on dit alors que les feuilles opposées sont décussées (du latin decussatus, croisé). On nomme feuilles verticillées {fig. 1077) celles qui s’insèrent au nombre de plus de deux, à la même hauteur autour de la tige, et y forment une sorte de cercle
mmmévertîcille. Lesfeuillesalternes {fig. 1078), sont insérées tour à tour à gauche et à droite de la tige, à intervalles égaux, mais jamais à la même hauteur.
Enfin, on dit que les feuilles sont éparses quand elles s’insèrent sur divers points du rameau sans régularité apparente.
Vers le milieu du dernier siècle, le philosophe naturaliste Ch. Bonnet fit remarquer, le premier, que les feuilles alternes sont in sérées de telle façon, qu’en reliant par une ligne leurs intersectionssuccessives on contournant le rameau qui
Fig. lOTô. — Feuilles opposées décussées du phlox à feuilles en croix.
obtient une spirale régulière les porte. MM. Al. Braun et Schimper reprirent, vers 1835, cette étude de l’arrangement des feuilles sur la tige, en mômetempsqueMM. L. et A. Bravaisse livraient, de leur côté, à des travaux analogues. De ces recherches est résultée la mise en lumière de quelques lois dont on trouvera une exposition succincte au mot Végétal. . Mais on doit dire ici d’une manière générale que les feuilles des végétaux sont toujours insérées suivant une spirale décrite à la surface de l’axe qui les porte. Cette disposition est caractéristique de ces organes, et, comme ils subissent parfois des modifications capables de les rendre méconnaissables, ce seul fait autorise à décider de la nature des appendices où on l’observe. « Ainsi, dit Ad. de Jussieu, sur l’asperge, observant de petites écailles insérées sur la tige et disposées en spirale, nous n’hésiterons pas à penser que ce sont les feuilles réduites à leur partie vaginale. »
Les végétaux monocotylédones ont, en général, leurs
feuilles alternes ou éparses; un trèspetit nombre semble avoir des feuilles opposées ou verticillées; mais elles ne sont pas rigoureusement à la môme hauteur. Les dicotylédones ont leurs premières feuilles opposées, comme les cotylédons ; mais beaucoup d’entre eux perdent immédiatement ou peu à peu cet arrangement. Dans un grand nombre de familles naturelles de plantes, la disposition des feuilles peut caractériser tout le groupe. Les acotylédones qui possèdent des feuilles les montrent aussi disposées suivant une ligne spirale.
Cette régularité dans l’arrangement des feuilles a une
conséquence importante ; comme chacune des feuille» porte un bourgeon à son aisselle, les rameaux qui naissent de ces bourgeons se conforment aux mêmes règles d arrangement, et tout le port du végétal se trouve ainsi en rapport intime avec le mode d’insertion des feuilles.
Modifications de la feuille. — On trouve sur certains végétaux les feuilles transformées : 1“ on filaments contournés, nommés yrî7/e^, comme dans les pois, les vesces,.
les chardons, soit à la place de la feuille elle-même et par une transformation complète de cet organe, comme on peut le voir dans l’épine-vinette, soit à la base même de la feuille par une modification des stipules, comme on l’observe sur le robinier faux-acacia; 3° en écaitles plus ou moins foliacées, ou plus ou moins ligneuses, comme on en voit sur les bourgeons; 4® en bractées ou feuilles florales, qui sont des feuilles placées au voisinage des fleurs, modifiées par suite des modifications mêmes d’où résulte la fleur ; car on peut voir au mot Fleur que cette partie compliquée et si intéressante de la plante est réellement un rameau avec ses feuilles transformé on un appareil particulier pour assurer la production des graines.
Structure des feuilles. — Les feuilles étant, chez les plantes, les organes de la respiration, leur structure doit être en rapport avec le milieu où séjourne la feuille, comme les poumons, les trachées, les branchies, sont, chez les animaux , des modifications de l’appareil respiratoire appropriées à l’habitation aérienne ou aquatique. Les feuilles des plantes habituellement submergées dans l’eau ont l’organisation la plus simple; c’est par elles qu’il vaut mieux commencer.
Parmi les plantes aquatiques, les unes, comme les potamogétons, se tiennent constamment submergées ; les autres, comme les nénuphars, tiennent leurs feuilles étalées à la suiface de l’eau, et surnageant de façon à conserver leur face supérieure toujours en contact avec l’air extérieur, feuilles submergées [fig. 1080)se composent
Fig. 1080. — Tranche mince et transversale de la feuille submergée d’un potamogeton perfoliatum.
uniquement de tissu cellulaire proprement dit ou parenchyme, les cellules pourvues des granulations vertes dans
leurintérieursonthabituellementrangéessurdeuxou trois
couches seulement d’épaisseur, régulièrement serrées les unes contre les autres, et forment un tissu très-uniforme et très-perméable à l’eau ambiante. Dès que les feuilles submergées sont un peu épaisses, on y observe des la cunes très-régulièrement conformées et complètement closes par les cellules environnantes. Ce sont des espèces de vessies aériennes qui contribuent à soutenir la feuille ^dans le liquide environnant; ces feuilles, d’une structure
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si simple et dépourvues de tout épiderme, se dessècl et se crispent rapidement hors de i’eau. Les feuilles.
se dessèchent surnageantes ont une structure déjà plus compliquée. Leur parenchyme est traversé de nombreux faisceaux vasculaires, qui forment des nervures très-saillantes à la face inféi'ieure de la feuille. D’une autre part, elles sont recouvertes d’un épiderme que l’on ne trouvait pas sur les feuilles submergées. Cet épiderme s’étend sur toute la feuille; mais à la face supérieure, qui est en contact avec l’air, il est percé de stomates ou organes d’absorption que nous décrirons plus loin ; à la face inférieure, il en est complètement dépourvu. Ces détails intéressants sur la structure des feuilles aquatiques sont dus aux travaux de M. le professeur Ad. Brongniart,
Les feuilles aériennes, qui sont constamment plongées dans l’atmosphère, sont formées d’un parenchyme ou tissu cellulaire au milieu duquel se distribuent les faisceaux de fibres et de vaisseaux que nous avons signalés, dans l’étude extérieure des feuilles, sous le nom de nervures ; les deux faces de ces feuilles sont recouvertes par une lame d’épiderme pourvue de stomates. Le parenchyme estformé de deux couches distinctes de cellules superposées, comme le montre la figure ci -jointe.
Dans l’iin comme dans l’autre, les cellules sont remplies des granules verts de la substance colorante nommée chlorophylle (voyez ce mot) ; mais la couche contiguë à la face supérieure de la feuille est compacte et serrée, tandis que la couche inférieure, formée de cellules lâches et irrégulières, renferme de nombreuses lacunes que remplissent des matières gazeuses. Chez les plantes à feuilles épaisses, nommées vulgairement plantes grasses^ le parenchyme est un tissu de grosses cellules laissant à peine quelques lacunes entre elles, très- peu riches en granules verts et presque toutes blanches vers le centre de la feuille. Les faisceaux fibrovasculaires qui se ramifient en nervures dans le parenchyme sont formés de trachées, de vaisseaux striés, réticulés, rayés, et de fibres ligneuses. L’épiderme est une couche régulière de cellules juxtaposées, que l’on peut comparer à une sorte de mosaïque. Par sa face interne, cette lame épidermique est adhérente au parenchyme sous-jacent; sa surface extérieure est en contact avec l’air ambiant; elle est recouverte d’une môme pellicule entière-
Fig. 1081. — Feuille du lis blanc (1).
Fig. 1082. — . Feuille du lis blanc, lambeau d’épiderme (2).
ment transparente, et que l’on nomme cuticule. La superficie de l’épiderme est parsemée d’organes spéciaux d’absorption et d’exhalation, que j’ai déjà cités sous le nom de stomates, véritables pores à lèvres renflées, qui font communiquer les cellules et les lacunes du parenchyme avec
l’air extérieur. Les deux lèvres sont formées chacune par une cellule épidermique, soulevée et gonflée ; elles laissent entre elles un petit orifice au niveau duquel ïa
Fig. 1083. — Tranche verticale de l’épiderme d’une garance (1).
cuticule, également ouverte, donne accès aux gaz extérieurs qui doivent pénétrer par le stomate. Ce stomate est en relation avec les méats ou interstices intercellulaires, et les lacunes que j’ai signalées plus haut ; sous chaque stomate se voit, en général, une lacune qui semble recevoir de lui l’air puisé au dehors. Jamais on ne
Fig. 1084. — Lambeau d’épiderme pris sur la face inférieure d’une feuille de garance (2) .
trouve de stomates sur les nervures. La disposition de ces pores de l’épiderme varie d’ailleurs sur la feuille ; dans les feuilles aériennes, les stomates sont habituellement beaucoup plus abondants à la face inférieure qu’à la face supérieure de la feuille. Les feuilles surnageantes n’ont, au contraire, de stomates qu’à leur face supérieure, qui seule est aérienne. Les feuilles submergées, n’ayant pas d’épiderme, n’ont pas de stomates. Généralement disséminés sur les feuilles sans ordre appréciable, les stomates forment, sur celles de certaines espèces, des séries rectilignes diversement espacées. Certaines plantes des familles des Bégoniacées^ des Protéacêes, des Saxif rayées, ont leurs stomates réunis par groupes où on les voit serrés les uns contre les autres, tandis que les autres parties de la surface de la feuille en sont privées.
Fonctions des feuilles. — Les feuilles, par les fonctions nombreuses qu’elles exercent, jouent dans la nutritiondes plantes un rôle considérable. Par elles s’exécute spécialement une des plus importantes fonctions de la vie de la plante, la respiration (voyez ce mot), fonction complexe par laquelle le végétal puise, dans l’atmosphère, de Voxygène pour des phénomènes intérieurs de combustion lente, comparable à celle des animaux, et du carbone sous la forme d’acide carbonique, pour en constituer les parties les plus solides et les plus durables de son être. Outre cette fonction si remarquable, les feuilles sont encore des organes df absorption et ù' exhalation ; selon l’état du milieu où elles sont plongées, les feuilles absorbent de la vapeur d’eau, de l’eau en nature, ou bien elles en laissent transpirer et en exhalent. Ce dernier phénomène s’établit dès que l’air qui environne le végétal est sec, tandis que dans l’air humide ou dans l’eau, c’est l’absorption qui s’exécute. Dans l’un et l’autre de ces actes, les stomates jouent un rôle important et donnent passage aux fluides que la plante exhale ou absorbe. La vapeur d’eau exhalée par les feuilles se dis-
(1) es, épiderme de la face supérieure. — ei, épiderme de la face inférieure. — ps, couche supérieure du parenchyme. — pi, couche inférieure du parenchyme. — Z, lacunes.
(2) sss, stomates. — cc, cuticule montrant en /'les fentes qui correspondent aux stomates. — ee, épiderme proprement- dit.
(1) ee, cellules épidermiques. — p, cellules du parenchyme. — Z, une lacune du parenchyme. — m, méats ou espaces intercellulaires où les gaz circulent. — s, stomate avec ses deux lèvres formées par des cellules.
t2) e, cellule épidermique. — s, stomate.
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sémine le plus souvent dans l’air ambiant; mais parfois, trop abondante ou condensée par le froid, cette vapeur forme sur les feuilles des gouttelettes d’eau, comme on en voit souvent le matin à la pointe des feuilles de certaines graminées, ou dans les petites cavités de la surface supérieure des feuilles du chou. On les a longtemps attribuées à la rosée ; Muschenbroeck a, le premier, démontré qu’elles sont ducs à l’exhalation aqueuse. L.-C. Treviranus a, plus récemment, confirmé et étendu les expériences du savant hollandais, et mis le fait hors die toute contestation. D’autres expérimentateurs, tels que Haies et Senebier, ont cherché à constater quel rapport existe entre la quantité d’eau absorbée par les racines et celle qui est exhalée par les feuilles. En général, le végétal perd par la transpiration les deux tiers de l’eau absorbée; du reste, l’état de l’atmosphère a une influence prépondérante. Par un temps chaud et sec, l’exhalation aqueuse devient très-active; elle se ralentit par un temps humide et devient presque nulle dans certains cas. La nuit, cette fonction paraît interrompue. La jeunesse et la vigueur du végétal augmentent l’activité de l’exhalation aqueuse. Plus les surfaces sont riches en stomates, plus elles exhalent de vapeur d’eau ; aussi y a t-il à cet égard de grandes différences d’une espèce à une autre, et, pour la même raison, la face inférieure de la plupart des feuilles exhale beaucoup plus que la face supérieure. Quand, par une cause quelconque, la transpiration devient trop active, le végétal se fane et perd sa vigueur; c’est ce qu’on observe dans certaines plantes lorsqu’elles sont exposées au soleil, et d’une manière générale dans celles qui souffrent de la sécheresse.
Mouvements des feuilles . — On possède aujourd’hui un assez grand nombre d’observations relatives aux mouvements exécutés par les feuilles; les uns se manifestent sous l’influence de la lumière, les autres en sont indépendants.
D’une manière générale, les feuilles se dirigent vers la lumière, et leur face supérieure tend à regarder le ciel. Si, sur un végétal vivant, on contraint une branche à se diriger vers la terre, les feuilles au bout de quelques jours se sont tordues sur leur pétiole, de manière à présenter de nouveau leur face supérieure à la lumière. Chez beaucoup de plantes de la famille des Légumineuses ^o\\ trouve, à l’aurore, les folioles horizontales; à mesure que le soleil s’élève sur l’horizon, elles se dressent vers la position verticale; au déclin du jour, elles se penchent de nouveau vers le sol et sont presque pendantes durant la nuit (voyez Sommeil des plantes). On peut observer ces faits sur les haricots, les pois, etc.
Les mouvements les plus curieux des feuilles sont ceux qui ne dépendent pas de l’influence de la lumière. La Sensitive [Mimosa pudica^ Lin.) est justement célèbre BOUS ce rap];ort; au moindre contact, les folioles nombreuses de ses feuilles, gracieusement décomposées, se rapprochent vivement en accolant deux à deux leurs faces supérieures, et la feuille tout entière, par une inflexion du pétiole, s’incline vers le sol. Le choc du vent, l’ombre d’un nuage ou d’un corps opaque, l’action de l’étincelle électrique, la chaleur, le froid, les gaz irritants provoquent ces mouvements jusqu’ici inexplicables. Le chloroforme les suspend et semble endormir la plante. Le Sainfoin oscillant [Hedysarum gyrans^ Lin.), du Bengale, a des feuilles composées de 3 folioles, dont les 2 latérales sont animées spontanément d’un double mouvement rapide, saccadé, continu, d’inflexion et de torsion sur elles-mêmes; pendant ce temps, la foliole médiane et impaire se redresse ou retombe vers le sol, suivant les progrès de la lumière solaire. Une plante du Pérou, nommée parles botanistes Porlieviahygrometrica^ Ru. et Pav., de la famille des Zygo)>hyllées^ rapproche et accole, ses folioles aussitôt que le ciel se couvre de nuages et se prépare à la pluie. On trouve à la Caroline une plante^ plus curieuse encore qui prend et tue des insectes ; c’est la Dionée attrape-mouche [Dionœa muscipula, Lin.), de la famille des Droséracées. Ses feuilles sont terminées par deux lobes arrondis, articulés le long de la nervure médiane, munis de poils serrés sur les bords. Dès qu’un insecte touche leur face supérieure, ces deux plaques se redressent l’une vers l’autre et tiennent l’animal serré entre elles deux, tant que les mouvements du captif entretiennent l’irritation de la plante. Une petite plante de la môme famille, commune aux environs do Paris, le Rossolis à feuilles rondes [Drosera rotundifolia^ Lin.) offre une conformation analogue et exécute des mouvements semblables dans les mômes conditions. L’Inde, i’île de Madagascar, nourrissent des
I plantes non moins singulières, qui forment un genre connu sous le nom de Nepenihes, et servent de types à la petite famille des Népenthées. Leurs feuilles sont munies à leur sommet d’une sorte d’urne creuse, fermée par un petit couvercle foliacé, articulé et mobile. A l’aurore, l’imie est remplie d’eau et fermée ; elle s’ouvre avec le jour, et le liquide diminue peu à peu. On a lieu de croire que cette eau est excrétée la nuit par la plante. Pour terminer ce qui concerne cette question, il serait intéressant de pouvoir indiquer la cause de ces mouvements des plantes; mais jusqu’ici, malgré bien des recherches, et particulièrement malgré de longs travaux de Dutrochet, la cause et le mécanisme du mouvement des feuilles nous sont entièrement inconnus. Ad. F.
Feuilles florales (Botanique). — Nom donné, aussi bien que celui de bractées , aux feuilles voisines des fleurs, quand ce voisinage en a modifié notablement les dimensions et les formes (voyez Bractées).
Feuilles primordiales (Botanique). — On donne ce nom aux feuilles qui résultent du développement de la gemmule de l’embryon, et qui apparaissent les premières dans la germination. Souvent, elles ont une forme trèsdifférente de celle des feuilles du végétal adulte (voyez Germination).
Feuilles séminales (Botanique). — Nom donné parfois aux cotijUdons (voyez ce mot).
FEUILLÉE (Botanique), Feuillea ou Fevillea, Lin.; dédié au père Feuillée, voyageur du xvn* siècle. — Genre de plantes Dictylédones dialypétates périgynes de la famille des Cucurbitacées, suivant de Jussieu, et dont Auguste Saint-Hilaire a fait le type de la famille des Nhandhirohées, voisine des Passidorées et adoptée par Ad. Brongniart. Ce genre se distingue par : fleurs dioïq Lies ; calice à 5 divisions étalées; corolle gamopétale à 5 lobes; dans les mâles, 10 étamines libres, dont 5 stériles; dans les femelles, un ovaire presque infère; 5 styles et 5 stigmates; baie volumineuse, à 3 loges et à écorce dure ; c’est le genre Nandhiroba de Plumier. Ce sont des herbes grimpante.s, munies de vrilles. Leurs feuilles sont alternes et leurs fleurs sont axillaires. Elles habitent, en général, l’Amérique équatoriale. La F. à feuilles cordées [F. cordifolia, Lin.) a les feuilles cordiformes, anguleuses. La F. ponctuée [F, punctata, Lin.) présente des feuilles lobées, avec des ponctuations en dessous. Cette espèce croît à Saint-Domingue.
FÈVE (Botanique), Faba^ ïourn.; du celtique fa/f. — Genre de plantes Dicotylédones dialy pétales périgynes^ de la famille des Papillonacées, tribu des Viciées, et que quelques auteurs persistent, à l’exemple de Linné, à ranger dans une division du genre Vicia. La F. commune [F. vulgaris, de Cand. ; Vicia faba., Lin.), appelée aussi vulgairement F. des marais, s’élève souvent à un mètre de hauteur. Ses feuilles sont ailées à 4 ou G folioles entières, glauques, et scs stipules dentelées sont un peu sagittées. Ses fleurs, réunies par 2-3 sur un pédoncule court, sont blanches avec une tache noire sur chaque aile, et répandent une odeur agréable. On croit la fève originaire de Perse, dans les environs de la mer Caspienne.
Parmi les variétés cultivées de cette plante, ou distingue la grosse F. ordinaire, qui est celle que l’on cultive le plus communément dans les jardins et dans les champs; la F. de Windsor, à graines larges et presque rondes (variété plus estimée comme fourrage que pour ses graines, parce qu’elle est peu productive) ; la F. naine hâtive, qui donne des gousses abondantes, ainsi que la naine rouge; la F. verte, dont les gousses restent vertes à la maturité (variété de la Chine) ; la F. violette, dont on a une variété à fleurs pourpres, trèsbelles; la F. à longue cosse (variété tardive, grande et très-productive) ; enfin, la F. des champs, appelée aussi F. de cJtcval , Féverole et Gourgane (Faba vulgaris equina), se distinguant par sa graine allongée, un peu cylindrique (voyez Féverole).
Les fèves sont cultivées dès la plus haute antiquité. Elles ont été autrefois l’objet de plusieurs superstitions. Les Egyptiens, loin d’employer les fèves comme aliment, les regardaient commeimmondes et les rejetaient avec dégoût lorsqu’ils en rencontraient. Pythagore, Cicéron, Aristote môme, ont attribué aux fèves certaines propriétés fâcheuses, et ont défendu à leurs disciples de manger de ce légume. Le premier « enseignait, dit Jaucourt dans V Eiicyclopédie, que la fève était née en même temps que l’homme et formée de la môme corruption; or, comme il trouvait dans la fève je ne sais quelle ressemblance avec les corps animés, il ne doutait pas qu’elle n’eût aussi une
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âme sujette, comme les autres, aux vicissitudes de la transmigration, par conséquent que quelques-uns de ses parents ne fussent devenus fèves; de là le respect qu’il avait pour ce légume, dont les pythagoriciens s’abstenaient. » Horace (liv. II, sat. 0, V. 63) a fait une allusion moqueuse à cette idée en ces termes : « Quand verrai -je apporter sur ma table frugale la fève, parente de Pythagore {Pythagorœ cognai^, et des légumes assaisonnés d’un lard savoureux ? » Les Romains cultivaient les fèves pour s’en nourrir, et elles tenaient un des premiers rangs parmi leurs légumes. Ceux qui voulaient gagner les faveurs du peuple, lui faisaient distribuer des légumes parmi lesquels se trouvaient des fèves, ainsi qu’il est dit dans cet autre passage d’Horace : « Irais-tu consumer ton patrimoine en pois, en fèves et en lupins, pour voir la foule s’ouvrir devant toi dans te cirque, ou pour figurer en airain sur un piédestal, quand ta folie t’aurait dépouillé de l’héritage paternel ? » (Liv. II, sat. 3, v. 182.) Les fèves fournissent un aliment nourrissant, mais un peu indigeste. On ne les sert guère sur les tables de la bourgeoisie que dans leur primeur. Les paysans en font un usage très fréquent à l’étafr sec, et les marins, dans leurs voyages, en corisorament de grandes quantités. La farine de fève a été employée mêlée à la farine de blé pour faire du pain en temps de disette. On donne aux bestiaux les tiges et les feuilles de fèves coupées en vert avec les fleurs. Les graines sont aussi une bonne nourriture pour le bétail. G — s.
Fève (Horticulture). — La fève que l’on cultive dans les jardins, ou dans la petite culture des champs, est la F. commune^ F. de marais (F. vulgaris^ de Gand. ; F. major). Elle sert de nourriture aux hommes et aux animaux; sa culture demande, en général, une terre substantielle, fraîche, non exposée au grand soleil, amendée et bien divisée. Cependant celles qu’on sème en novembre ou pendant l’hiver seront placées de préférence dans des terres douces et légères, sur des plates-bandes exposées au midi, si l’on veut en avoir de bonne heure. Les semis d’été réussissent bien lorsque la saison est pluvieuse et dans les pays froids; mais lorsque l’été est chaud et le terrain sec, elles sont souvent attaquées par les pucerons, et il n’est pas facile d’y remédier. On plante les fèves en rayons espacés d’environ 0“,30, ou en touffes espacées de môme, et composées de trois ou quatre graines déposées dans le même trou; on les sème encore en bordures, en plein carré. Aussitôt qu’elles sont levées, on rapproche la terre des jeunes tiges; on les bine ordinairement deux fois pour détruire les mauvaises herbes, et à la seconde on les rechausse, pour que leur végétation se soutienne mieux et que le produit soit plus abondant. Ordinairement, après la fleur, on pince le bout des tiges pour arrêter la sève et qu’elle se porte sur le fruit. On peut, en recueillant les fèves très-jeunes pour les manger comme primeurs, et en se hâtant de couper les tiges, espérer une seconde pousse qui donnera une nouvelle récolte, si la saison est favorable. Ces tiges font un très-bon fourrage pour les vaches. Dans tous les cas, c’est au printemps que l’on doit semer les fèves destinées à être récoltées mûres. Les fèves, surtout lorsqu’elles sont jeunes et tendres, sont farineuses et d’une saveur agréable ; dans cet état, en les dépouillant de l’écorce qui les recouvre, elles constituent un aliment nourrissant ; on ies appelle alors fèves dérobées ou privées de leur robe; elles sont plus faciles à digérer. On a quelquefois mêlé la farine de fèves à la farine deblé, dans les moments de disette; cette fraude n’est répréhensible que si elle entre en quantité trop notable dans le mélange.
Dans quelques pays, on sème souvent pour fourrage la grosse fève avec la féverole, les pois, les vesces et les lentilles; ce mélange, coupé au moment de la fleur, s’appelle dragée. Quelques cultivateurs sèment aussi les fèves pour engrais, vers la fin de l’automne ; lorsqu’elles sont en fleur, on les enterre avec la charrue, ce qui forme un bon engrais.
En médecine, la farine de fèves est employée quelquefois pour faire des cataplasmes que l’on applique sur les tumeurs inflammatoires; aussi est elle inscrite au nombre des farines résolutives. On faisait usage autrefois, comme cosmétique, de l’eau distillée de fleurs de fèves.
Caractères du genre : calice à 5 divisions ; étendard plus longque les ailes et la carène; 10 étamines dont 9 soudées par leurs filets ; ovaire allongé, comprimé ; gousse oblongue, à valves très-épaisses et contenant de 2 à 4 graines très-grosses, oblongues, renflées à l’extrémité ou se trouve le hile.
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Fève (Zoologie). — Nom vulgaire par lequel on désigne la chrysalide des bombyees, et particulièrement les cocons du ver à soie (voyez ce mot) .
Fève (Médecine vétérinaire). — Voyez Lampas.
Fève du Bengale (Botanique). — On a donné ce nom à une espèce de galle décrite par Date et Geoffroy ; le premier avait « pensé (lue ce pouvait être le myrobolan citrin lui-même, devenu monstrueux par suite de la piqûre d’un insecte ; mais il paraît qu’elle croît sur les feuilles de l’arbre, et sa forme de vessie creuse, semblable à celle des galles de l’orme et du térébinthe, indique qu’elle est produite par des pucerons » (Guibourt). Quoi qu’il en soit, celte galle est astringente.
Fève de Calabar. — Voyez Calabar, au Supplément.
Fève a cochon. Fève de ponc (Botanique). — Noms qui correspondent, en français, à celui de la fusquiame, tlérivé du grec uoskuamos, de us, cochon, et icuamos, graine.
Fève du diable (Botanique). — Nom vulgaire du fruit d’une espèce de Câprier, le Capparis cynophallophora, nommé aussi Pois mabouïa ou Bois mabouia.
Fève douce (Botanique), Faba dulcis, Mérian. — Nom vulgaire du Dartrier des Indes {Cassia alata. Lin.), nommée encore Herbe à dartres, parce qu’avec ses fleurs on faisait un onguent employé contre ces maladies.
Fève d’Egypte (Botanique). — Nom donné par le commerce au fruit du Nelumbo nucifera, de Gærtner, iVymphœa nelumbo. Lin., du genre Nelumbium, Juss., f^amille des Nélumbonées, Brong. Cette plante aquatique, trèsrépandue autrefois en Egypte, dans le Nil, d’où elle a disparu, n’est autre que le fameux lotos sacré, que l’on voit si souvent figuré sur la tête d’Isis et d’Osiris, et dont Théophraste nous a laissé une description si précise que Rheide et Rumphius, qui ont retrouvé cette plante dans l’Inde et aux Moluques, l’ont reconnue à l’exactitude de ces descriptions. « Sa tige, dit-il, de la grosseur du doigt, s’élève à quatre coudées; sa fleur est rose, double de celle du pavot, et son fruit ressemble à un rayon de miel circulaire, divisé en cellules contenantles fèves.» Sa racine se mangeait cuite ou crue ; les anciens mangeaient aussi le fruit réduit en farine. C’est une très-jolie plante d’ornement (voyez Nelumbo).
Fève épaisse (Botanique). — Un des noms vulgaires de VOrpin reprise {Sedum telephium. Lin. ).
Fève funéraire (Botanique). — Voyez Fève de Pythagore.
Fève de galérien (Botanique). — Dans le Midi, on donne ce nom à une variété de Fève, d’une grosseur remarquable.
Fève de Saint-Ignace ou des Jésuites, ou Noix igasür (c’est le nom malais) (Botanique). — Nom donné aux graines d’un arbre des îles Philippines, dont Linné fils a Lût un genre de la famille des Lnganiacées , sous le nom de Ignatia, Lin., et qu’il a détaché des Strychnos. Son nom vient de ce que les jésuites portugais qui, les premiers, le découvrirent, le dédièrent à leur patron saint Ignace, à cause de ses importantes propriétés. U Ignatia amer (ignatia amara. Lin. ; Strychnos Ignatii, Bergius) donne de très-belles fleurs blanches, répandant une agréable odeur de jasmin. Ses fruits sont globuleux et gros comme une des plus belles poires. Leur péricarpe, sec et dur, renferme dans son intérieur 20 à 24 graines placées au milieu d’une pulpe charnue; elles varient de forme et de grosseur, tantôt ovoïdes, anguleuses, comprimées ; on en trouve qui sont grosses comme une aveline, d’autres comme une petite noix. Elles sont dures, cornées, semi-transparentes, de couleur brunâtre à l’intérieur, et d’une amertume excessive. Ces graines, qui sont les fèves de Saint-Ignace, sont très-vénéneuses et contiennent une forte dose de strychnine (voyez ce mot). On les emploie dans les Indes comme purgatif, comme vermifuge et pour combattre les fièvres. Elles y sont considérées comme une véritable panacée universelle. On doit leur introduction en Europe au P. Camelli. Pendant son séjour aux Philippines, il en envoya des graines avec des échantillons du végétal au botaniste Rai, qui, en 1699, en fit le sujet d’un mémoire inséré dans les Transactions philosophiqu?s de Londres. Pelletier etCaventou ont fait l’analyse de la fève de Saint-Ignace, et y ont trouvé une matière cristalline particulière, d’une amertume excessive, à laquelle on a donné le nom de strychnine, parce que les mômes chimistes l’ont également trouvée, quoique en moins grande quantité, dans la noix vomique, fruit d’un arbre de ITnde, nommé strychnos nux-vomica , et dont les propriétés toxiques sont 1 absolument les mômes (voyez Strychnos.