I. Epoque conchylienne ou du Muschelkalk. — Cette
Fig. 1223. — Empreinte d’un pied d’oiseau avec des empreintes de' gouttes
de pluie.
époque, qui a vu déposer les grès bigarrés et le calcaire concliylien des géologues français, nous a transmis sur
le sable de ses grèves aujourd’hui solidifié en grès de couleurs variées les empreintes parfaitement reconnaissables des pas de plusieurs espèces d’Oisent/rc de rivage, s’entre-croisan* avec ceux de plusieurs Tortues, de divers Reptiles, parmi lesquels il faut peut-être ranger un grand animal dont le pas surtout est connu par les empreintes qui nous en restent. La ressemblance grossière de cette empreinte avec une main a fait donner à l’animal inconnu (peut-être une sorte de crapaud gigantesque), qui a foulé ces rivages de son poids, le nom de Ckirotérium (du grec cheir, main, et therion, animal).
Les genres de Reptiles sauriens n’étaient pas seulement nombreux à l’époque conchylienne, ils offraient des formes animales, grandes et très-bizarres; les plus importants sont les genres Paléosaure, Labyrinthodon, Simosaure, Ichthyosaure, Plésiosaure. La période suivante nous fera mieux connaître ces deux derniers. Les Poissons offrent aussi des formes nouvelles à cette époque; on verra ci-contre quelques débris de ces animaux. Les premiers représentants de la famille des Ammonites (genre Cératite) comptent parmi eux une espèce vraiment caractéristique de cette époque, V Ammonite ou Cératite
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noueuse {fig . 1226). Les autres classes de Mollusques offrent surtout à signaler des Myophories ( genre voisin
Fig. 1223. — Mâchoire d’un poisson armée Fig. 1226. — Encrinile ende ses dents piales (placodus gigas). troque ou moniliforine.
des Trigonies), des Limes , des Pernés, des Cyprines. Enfin, parmi les Zoophytes, cette époque a produit encore des Echinodermes analogues à nos Etoiles de mer et un grand nombre ù'Encrinites {fig . 1226).
Le règne végétal nous a surtout laissé les restes de
Fig. 1227. — Ammonite ou Cératile noueuse.
Fougères assez nombreuses, de formes souvent singulières, et dont plusieurs espèces étaient arborescentes ; un grand nombre d’espèces de Conifères se rapportant à deux genres perdus {Voltzia [fig. 1228] et Haidingera).
II. Epoque salifère. — Dans cette seconde époque apparaissent les Mollusques appartenant aux véritables genres Ammonite^ Trigonie, Plicatule, Gervilie, quelques Reptiles saMne/2^, quelques Poissons, beaucoup à' Echinodermes, de Spongiaires nouveaux. Les Fougères étaient encore nombreuses, mais ce sont, en général, des formes nouvelles qui, comme celles des nouveaux animaux de cette époque , semblent par leurs analogies annoncer l’époque qui va suivre ; les Equisétacées, les Cycadées, assez nombreuses ; les Conifères ont changé d’aspect et inaugurent plusieurs genres qui végéteront abondamment durant l’époque jurassique.
3" Pét 'iode j urassiq ue .
Ici commence une longue période composée d’une dizaine d’époques, toutes d’une grande durée. Les êtres vivants des âges paléozoïques (r® période) sont, pour l’immense majorité, détruits à jamais, et la période triasique a servi de transition vers un nouveau monde d’êtres organisés. Les Reptiles de grande taille, aux formes bizarres, sont plus développés que jamais, ainsi que les Poissons à écailles osseuses et luisantes, nommés Ga-
noïdes par Agassiz. Les genres et espèces de Crustacés décapodes et Isopodes, de Mollusques de toutes classes, dé Echinodermes échinides et Crindïdes sont abondam-
Fig. 1228. — Volzia heleroptijlhi, fragments de rameaux, (période Iriasique, époque conchylienne).
ment répandus. Enfin, au milieu de cette population, se montrent des Oiseaux, et même exceptionnellement quelques Mammifères terrestres. Dans le règne végétal, la période jurassique est caractérisée par la prédominance que prennent sur les plantes Conifères les Cycadées qui se rencontraient en petit nombre dans la période précédente.
1. Epoques du lias. — L’espace dont nous pouvons disposer ne me permet pas de considérer une à une les neuf ou dix époques de la période jurassique, et, suivant
Fig. 1229. — Giyphée arquée (Ostrea arcuala).
l’exemple de beaucoup de géologues, je les envisagerai réunies en un petit nombre de groupes. Sous le nom de
Fig. 1230. — Diadème sérial.
Lias, on peut réunir trois époques qui nous ont laissé pour souvenirs les couches : 1® du Lias proprement dit ou Calcaire à gryphées arquées; 2" du Calcaire à 6élemnites; 3" des Marnes du lias.
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La première époque a vu apparaître, pour la première Fois, des Poissons osseux^ de genres analogues à nos Po-
hjpières d’aujourd’hui ; des Insectes diptères; des Céphalopodes des genres Bélemnite [fig, 1232, 1233, l234)etTwr.
rilite; Acéphales àOiS, genres Unicarde et Astarte'; des Echinodermes échinides du genre Diadème {fig, 1230). Les animaux les plus communs de cette époque du lias étaient, dans les mers, la Gryphée arquée {fig. 1229), divers Oursins., de nombreuses Ammonites [fig. 1231). La deuxième époque a vu naître les formes si singulières des Ptérodactyles {fig. 1246), divers genres nouveaux de Poissons et de Mollusques acéphales; elle a vu aussi prédominer dans les eaux les grands reptiles Ichthyosaures et Plésiosaures., dont le développement est le trait le plus remarquable de cette époque du globe terrestre.
Fig. 1231. — Ammonites bisulcatus.
Fig. 1232. — Forme probable Fig. 1233. — Bélem- Fig. 1234.—Be!emd’un calmar à bélemnite. nile pislilliforme. niles sulcatus. a, b, extrémité postérieure que nous décrivons sous le nom de bélemnite
« Vlchthyosaurus^ dit Cuvier, a la tête d’un lézard, mais prolongée en un museau effilé, armé de dents coniques et pointues; d’énormes yeux dont la sclérotique est renforcée d’un cadre de pièces osseuses; une épine composée de vertèbres plates comme des dames à jouer, et concaves par leurs deux faces comme celles des pois-
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geoires tout d’une pièce, à peu près sans inflexions; analogues, en un mot, pour l’usage comme pour l’organisation, à celles des Cétacés. Ces reptiles vivaient dans la mer ; à terre ils ne pouvaient tout au plus que ramper k la manière des phoques ; toutefois ils respiraient l’air atmosphérique. » On en connaît aujourd’hui une dizaine d’espèces, la plupart du Lias proprement dit, la première de l’époque conchylienne; les dernières disparaissent avec la série des époques du lias. L’espèce la plus commune {I. communis, Cuv.) atteignait jusqu’à 6 mètres et G“,50 de longueur.
« Le Plesiosaurus^ poursuit Cuvier, devait paraître encore plus monstrueux que V Ichthyosaurus. Il en avait aussi les membres, mais déjà un peu plus allongés et plus flexibles; son épaule, son bassin étaient plus robustes ; ses vertèbres prenaient déjà davantage les formes et les articulations de celles des lézards; mais ce qui le distinguait de tous les quadrupèdes ovipares et vivipares, c’était un cou grêle, aussi long que son corps, composé de trente et quelques vertèbres, nombre supérieur à celui du cou de tous les autres animaux, s’élevant sur le tronc comme pourrait faire un corps de serpent, et se terminant par une trèspetite tête dans laquelle se trouvaient tous les caractères essentiels de celle des lézards. Si quelque chose pouvait justifier ces hydres et ces autres monstres dont les monuments du moyen âge ont si souvent répété les figures, ce serait incontestablement ceplesiosaurus. » Nés en même temps que les ichthyosaures, les plésiosaures en égalent la taille gigantesque, mais ils ne se sont éteints qu’à une époque moins ancienne, puisqu’on prétend en avoir trouvé des restes jusque dans les couches crétacées. Avec ces singuliers reptiles en vivaient d’autres voisnis de nos crocodiles actuels, des Mystriosaures., des PeYa-
Fig. 1237. — Poche à encre de calmar bélemnite.
Fig. 1235. — Ichlhjosaure commun.
1236. — Plesio3aurus dolichodeirus.
sons, des côtes grêles, un sternum et des os d’épaule semblables à ceux des lézards et des ornithorhynques* un bassin petit et faible, et quatre membres dont les humérus et les fémurs sont courts et gros, et dont les autres os, aplatis et rapprochés les uns des autres comme des pavés, composent, enveloppés de la peau, des na-
gosaures , la plupart de très-grande taille, et le plus souvent autour des ossements de tous ces animaux, on trouve de nombreux coprolites ou excréments fossiles, qui sans doute leur appartiennent, renfermant des fiagments d’os de poissons et même d’autres reptiles, et qui nous apprennent ainsi quel devait être leur régime alimentaire.
Les Céphalopodes, voisins des Calmars qui nous ont souvent laissé pour toute trace de leur existence ces singuliers bâtonnets pierreux, nommés bélemnites., nous ont transmis dans le lias de Lyme-Regis (Dorsetshire [Angleterre]) leurs poches à encre encore intactes {fig. 1237), souvent accompagnées de fragments étendus de la coquille ou lame dorsale, nommée vulgairement plume de calmar., et parfois même tenant encore au prolongement postérieur qui constitue la bélemnite.
Les Poissons cuirassés d’écailles osseuses peuplaient les mers des époques basiques de genres nouveaux, types de familles nouvelles, et se rapprochant quelque peu de nos Esturgeotis. On voit cidessus [fig. J 238) le trait d’un de ces poissons, tel qu’on peut en restaurer la figure d’après les débris qui nous en restent.
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Le règne végétal était représenté à ces mômes époques par quelques Algues vivant dans les mers, puis, sur la terre ferme, quelques Champignons et Lichens^ de nombreuses espèces de Fougères^ la plupart distinctes de celles des époques plus anciennes par les nervures réticulées de leurs feuides, des Marsiléacées^ des Lycopodiacées^ quelques Equisétacées ; puis, parmi les Dicotylédones, de nombreuses Cycadées se rapportant à des genres variés {Zamites, Pterophyllum, Nilssonia), et quelques Conifères. Peut-être cette flore, ainsi que celles des époques triasiques, renfermait-elle quelques Monocotylédones; mais, avec ce que nous connaissons de débris fossiles, il est impossible de l’affirmer.
II. Epoques ooHtiques. — Sous ce nom, je réunis l’époque où se sont déposées les marnes de Port-en-Bessin, l’oolite de Bayeux, et une seconde époque d’une grande durée probable, celle de la grande oolite. Les Reptiles ont encore habité en grand nombre les rivages de ces mers ; ce sont, parmi les Crocodiliens, des Téléosaures, sortes de gavials longs de 5 mètres, des Mégolosaures, analogues aux monitors actuels, mais de taille plus colossale encore (12 à 15 mètres). « C’était, dit Cuvier, un lézard grand comme une baleine. » Enfin, il faut citer aussi une espèce éi& Ptérodactyles. Mais le fait zoologique essentiel des époques oolitiques est la découverte faite dans les schistes de Stonesfield, près d’Oxford, en Angleterre, d’ossements ayant évidemment appartenu à de petits animaux Mammifères terrestres, du groupe des Marsupiaux. On en a môme pu reconnaître trois espèces
Fig. 1239. — Thjlacolhérium de l’révost (mâchoire inférieure). Grandeur naturelle.
assez voisines des Opossums, mais constituant deux genres distincts, Phascolotherium et Thylacotherium. Il
Fig. 1240.— Phascolottienum (Oidelphus) de Buckland. Grandeur naturelle.
est indubitable que les mâchoires inférieures trouvées à Stonesfield proviennent de véritables mammifères ; mais comme elles sont les seuls témoignages de l’existence des mammifères terrestres durant la période jurassique, que la période crétacée, qui la suit, n’en offre aucune trace, tandis que la véritable apparition de ces animaux semble avoir eu lieu seulement avec la période tertiaire, les paléontologistes se montrent très -défiants sur ce fait. Déjà Cuvier, dans le premier quart de ce siècle, pensait que les pierres qui incrustent les ossements de Stonesfield étaient peut-être dues à quelque recomposition locale et postérieure à l’époque de la formation primitive des bancs. Al. d’Orhigny, vingt-cinq ans plus tard, était
Fig. 1241. — Ammonites bullalus.
encore dans la môme incertitude ; l’existence de vrais mammifères isolés au milieu de la période jurassique, et précédant tous les autres animaux de cette classe appa-
rus seulement après un intervalle de treize époques géologiques, lui paraît le fait le plus extraordinaire que puisse offrir l’histoire des premiers âges de la terre ; il se demande, puisque l’on n’a trouvé jusqu’ici que quelques mâchoires inférieures, si celles-ci, comme les parties les plus étroites de la tôte, ne seraient pas tombées des étages tertiaires dans les fentes des étages jurassiques, comme on l’a parfois observé pour d’autres fossiles, d’une façon tout à fait incontestable.
Quant aux autres groupes nouveaux dont l’apparition s’est faite aux époques oolitiques, ce sont surtout des Mollusques de diverses classes, des Echinodermes du groupe des Oursins et de celui des Crinoïdes libres. Les Bélemnites de diverses espèces, de nombreuses Ammonites {fig. 1241), des Panopées, des Gervilies, des Trigonies, diverses espèces à' Huîtres, des Téréhratules, dominaient dans les mers au milieu d’une grande abondance d’autres animaux, et surtout d’une multitude de Zoophytes,
Fig. 1242. — Ammonites Humpriesianus.
La flore des époques oolitiques ne paraît pas présenter de caractère spécial qui la sépare des plantes qui ont végété aux époques suivantes jusqu’à la période crétacée. J’en parlerai d’ensemble à la fin de la période jurassique.
III. Epoque oxfordienne. — La faune de cette époque se compose des mômes genres que ceux des époques oolitiques; cependant quelques nouveaux groupes apparaissent : des Insectes hémiptères. Hyménoptères, Lépido-
Grossie. Grandeur naturelle.
Fig. 1243. — Entalophora cellarioïdes. (Époques oolitiques.)
ptères, c’est-à-dire des animaux voisins de nos punaises de bois, de nos abeilles, de nos papillons ; puis les nrp-
Fig. 1244.— Hiboclypus gibberrulus. Fig. 1243. — EscharaRanvilliana. (Epoques oolitiques) .
raiers Crustacés isopodes. En même temps régnent dans la nature animée les groupes des Ammonites, des Trigonies, des Huîtres, des Crustacés décapodes, et surtout
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de nouvelles formes de gvixnés, Reptiles sauriens^ et avec eux le groupe si singulier des Ptévodüctyles, « La structure de ces animaux, dit Buckland, est si extraordinairement anormale, Que le premier ptérodactyle découvert fut considéré par un naturaliste comme un oiseau, par un autre comme une espèce de chauve-souris, et par un troisième comme un reptile volant. Cette étonnante divergence d’opinions sur un être dont le squelette était presque entier, provient d’une réunion de caractères appartenant à chacun de ces trois groupes d’animaux. La forme de la tête et la longueur du cou rappellent les oi-
seaux; les ailes approchent des dimensions de celles des chauves-souris, et le corps ainsi que la queue ont quelque analogie avec ceux des mammifères ordinaires. Ces traits d’organisation, joints à une petite tête, comme cela est ordinaire chez les reptiles, et à un bec armé d’une soixantaine de dents pointues, présentent une combinaison d’anomalies apparentes dont il était réservé au génie de Cuvier de nous expliquer l’accord. Dans ses mains, cette créature de l’ancien monde, si monstrueuse en apparence, se transforma en un des plus beaux exemples qu’eût encore fournis l’anatomie comparée, de l’harmonie que révèle toute la nature dans l’adaptation des mêmes parties de la forme animale à des conditions d’existence infiniment variées. » Intermédiaires aux reptiles et aux oiseaux par les divers caractères de leur squelette, les ptérodactyles ont une extrémité antérieure organisée comme on ne la voit chez aucun autre animal ; on y trouve, en effet, trois ou quatre doigts courts pourvus d’ongles forts, et le cinquième ou doigt externe démesurément allongé en une sorte de baguette robuste qui soutenait évidemment un repli de la peau des flancs dont la disposition probable a été indi(|uée par une teinte noire dans la figure 1240. La taille de ces animaux bizarres n’avait d’ailleurs rien de gigantesque; on en connaît aujourd’hui dix-sept espèces dont quatorze appartiennent à l’époque oxfordienne, et leur taille varie, selon l’expression d’Alc. d’Orbigny, entre celle d’une bécassine et celle d’un cormoran. « Avec des troupes de pareils êtres voltigeant dans l'air, dit encore Buckland,
Fig. 12W. — Essai de restauration du Plesiosaurus dolichodeirus.
avec des bandes non moins monstrueuses d’ichthyosaures et de plésiosaures répandues dans l’océan, avec des crocodiles, des tortues gigantesques rampant sur les rivages des lacs et des rivières antiques, l’air, la mer et la terre devaient être étrangement peuplés dans ces premieis âges de l’enfance de notre monde. » Gomme nos chauves-souris, les ptérodactyles se nourrissaient d’insectes ; les pierres où on a retrouvé leurs ossements renferment en môme temps de nombreux débris de ces animaux.
D’autres classes d’animaux nées avec l’époque oxfor dienne nous ont laissé de belles traces de leur existence.
Fig. 12^8. — Eiyon arctiformis.
On verra ci- contre une figure d’une des nombreuses espèces de Ci'ustaccs décapodes de genres perdus, qui ont
Fig. 1249. — Libellule fossile.
paru à cette époque, et en même temps une Libellule (ou demoiselle) fossile des mêmes terrains. Mais au milieu de l’immense quantité de fossiles que nous ont conservés les dépôts oxfordiens, il faut se borner dans les citations que l’on en fait ; car je ne puis énumérer utilement, sans autres détails,
10 genres nouveaux de Reptiles^ 14 genres de Poissons^ 31 de Crustacés, 5 de Céphalopodes et 2 à' Acéphales testacés,
8 A'Echinodernies, 5 de Polypes agrégés, 5 de Spongiaires , qui tous sont spéciaux à cette époque.
IV. Epoque corallienne. — Une nouvelle crise a modifié le monde terrestre et inauguré une nouvelle époque; quelques genres d’animaux marins apparaissent pour la première fois ; de nouvelles espèces d' Ammonites , de Trigonies succèdent à celles de l’âge précédent; les Zoophytes du poupe des Oursins, de celui des Crinoïdes libres, de celui des P0‘ types madré pori'jues, se développent de façon à nous laisser la trace de genres perdus, très-nombreux et très-
Fig. 12o0.— Nérinée de Gedhall.
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riches en espèces. Un genre de coquilles uni valves, trèsremarquable à cette époque par l’abondance des individus qui le représentent, est celui ùe?,Nérmëesifig. 1260); avec les diverses espèces de ce genreétaientrépanduesd’autres coquilles, et surtout parmi les Astartés^ le Dicéras corne de bélier. En résumé, cette époque, tout en ayant sa physionomie distincte, a de grands rapports avec la précédente.
V. Epoqve kimméridgienne et porilandienne. — Un dernier âge vient terminer la longue période jurassique et ensevelir à jamais dans le passé la plupart des formes d’êtres vivants qui l’ont si fortement caractérisée. Dans la première partie de cette époque dernière apparaissent deux nouveaux genres de aquatiques {Emy-f,
Platemys) et trois nouveaux genres de Reptiles crocodiliens, en même temps que régnent, pour s’éteindre, les genres Téléosaures et PHosaurcs. Dans tous les groupes à peu près nous retrouvons, à l’époque dont nous parlons, les mêmes genres qu’aux époques précédentes, mais des espèces différentes. Les Zoophy*es diminuent beaucoup de nombre, et les mers abondent surtout en Mollusques gastéropodes et acéphales. Une petite espèce d’huître, VExogyre virgule [pg. 1251), y formait des bancs multipliés et fort étendus, auxquels se mêlaient des bancs d’autres espèces du même genre; le sable des grèves recélait abondamment des Pholadomyes {pg. 1 252) et d’autres co- ‘
Fig. 1251. — Exogyre virgule.
quillages analogues. Il semble, du reste, d’après les débris fossiles de cette époque, qu’elle soit la période de décadence
de ces faunes jurassiques qui se sont succédé si ri.hes et si variées; une autre période se prépare ; une nouvelle phase va commencer dans la manifestation des créations organisées.
Avant d’aborder cette période nouvelle ,je dois Fig. 1252.— Phoiadomye à côtes aiguës. donner quelques indications sur les plantes dont l’existence nous est révélée par les fossiles des âges oolitique, oxfordien, corallien et portlandien. Les végétaux fossiles de cette série d’époques ont été surtout recueillis sur la côte du Yorkshire (Angleterre), dans les dépôts oolitiques; en France, près de Lyon, de Nantua, de Châteauroux, de Ghâtillon-sur-Seine, de Mamers, de Verdun; en Allemagne, dans le calcaire schisteux oxfordien de Solenlîofen (Bavière). « Mais, dit le professeur Ad. Brongniart, ces localités si diverses se rapportent à des étages très-différents de la série oolitique, et constilueront peut-être, lorsqu’elles seront mieux connues et plus complètement explorées, des époques distinctes. » Puis il résume ainsi les caractères de la flore que composeraient les débris connus et déterminés jusqu’ici : « Ce sont, parmi les Fougères, la rareté des espèces à nervures réticulées, si nombreuses dans le lias ; parmi les Cycadées, la fréquence des Otozamies et des Zamies {pg. 1253) proprement dites, c’est-à-dire des Cycàdées les plus analogues à celles du monde actuel et la diminution des Cfenis, Pierophyllum et Nilsonia^ genres bien plus éloignés des espèces vivantes- : enfin la plus grande fréquence dGsConifères^^ Brachyphylium et limites^ beaucoup plus rares dans le lias. » Cette flore a compté jusqu’ici, parmi les Cryptogames, 5 genres dè Algues., 14 de Fougères {pg. 1254), 2 de Marsiléacées., ùg Lycopodiacées, 2 à.' Equisétacées; parmi les Dicotylédones gymnospermes , Ggenres de Çyca-
dées{pg,\‘lBG), 5 de Conifères; peut-être faut-il ajouter à cette liste de végétaux aujourd’hui perdus, deux ou trois espèces de plantes Monocotylédones. En somme, cette
flore, quelque incomplètement connue qu’elle soit encore pour nous, fait corps avec celle des époques Basiques, et dénonce pour la végétation une grande période jurassi-
Fig. 125?f. — Coniopteris Murrayana (Fougères).
que aussi nettement accusée que celle que révèle l’étude des formes animales aux mômes époques.
4“ Période crétacée,
La nouvelle, période qui durant ses nombreuses et longues époques a déposé* les divers bancs de la série des terrains crétacés, est caractérisée par l’extinction d’un grand nombre de groupes d’animaux. Si réellement la période jurassique a connu des terrestres,
on n’en trouve plus trace durant la période crétacée ; le règne des grands Reptiles est fini et ce sera seulement par exception que se montreront encore quelques reptiles gigantesques. En tous cas, dix-huit genres de cette classe de Vertébrés se sont éteints à la fin de la période jurassique. En môme temps ont disparu 40 genres de Poissons f 33 de Crustacés, 19 d'Échinodermes., 44 de Po~
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lypes maàr'pporiques. Les Mollusques sont loin d’être ainsi décimés, quelques genres de chaque classe se sont perdus à ce moment ; mais le groupe des Ammonites prend un développement inconnu jusqu’à la période crétacée et avant de s’éteindre à son tour définitivement, il peuple les mers de coquilles prodigieusement variées de taille et déformés, souvent d’une merveilleuse é’iégance. Pour remplacer les genres détruits, la période crétacée voit apparaître, parmi les Oiseaux, les premiers genres de Palmipèdes ; plusieurs types nouveaux de ReptUts chéloniens eX sauriens ; de nouveaux genres de Poissons appartenant aux groupes généraux qui comprennent dans le monde actuel nos harengs, nos saumons, nos maquereaux, nos brochets, nos perches, et qui ne sont pas représentés dans la nature animée avant la période crétacée. Un grand nombre de genres nouveaux de Mollusques et de Zoophytes spongiaires font en même temps leur première apparition.
La création végétale entre aussi dans une nouvelle phase ; le règne des Dicotylédones gymnospermes qui s’est ouvert avec la période triasique finit avec la première époque de la période crétacée ; avec la deuxième époque de cette grande période commence le règne des Dicotylédones angiospermes qui prendra toute son extension dans la période tertiaire pour se continuer jusqu’à nos jours.
I. Epoque voealdienne ou néocomienne. — Une légère divergence se produit entre les résultats de l’étude des végétaux fossiles et celle des animaux de cette époque. La faune jurassique finit incontestablement avec l’époque portiandienne, et V époque néocomienne ou voealdienne, bien qu’ayant encore quelques rapports avec la période jurassique en a beaucoup plus avec la période crétacée au commencement de laquelle on la rapporte ; la flore wealdienne donne un résultat inverse ; aux yeux du professeur Ad. Brongniart, elle est franchement jurassique. « On remarquera, dit-il, que cette formation d’eau douce, qui, pour nous, termine le règne des Gymnospermes, se lie par l’ensemble de ses caractères aux autres époques jurassiques, et se distingue de l’époque crétacée qui lui succède, par l’absence complète de toute espèce pouvant rentrer parmi les Dicotylédones angiospermes, tant en France et en Angleterre que dans les dépôts de l’Allemagne septentrionale si riche en espèces variées. Au contraire dans la craie inférieure, glauconie crétacée, quadersandstein ou planerkalk d’Allemagne, on trouve immédiatement plusieurs sortes de feuilles appartenant évidemment à la grande division des Dicotylédones angiospermes et quelques restes de Palmiers, dont on ne voit, au contraire, aucune trace dans les dépôts wealdiens. » L’abondance des persiste dans ces dé-
pôts comme à l’âge porilandien: les Conifères sont représentées surtout par des Brachyphyllum qui rappellent un peu nos Araucarias et qui ont peuplé toute la période jurassique. Les Fougères nombreuses et surtout parmi elles une espèce, le Lonchopteris deMantell ; quelques Marsiléacées, Equisétacées et une espèce à.' Algues complètent cette flore intéressante. Les dépôts vvealdiens ofirent un fait géologique fort curieux à signaler. Dans l’île de Portland, en Angleterre, ces dépôts renfer-
Fig. 1258. — Couche de boue Vile de Portland.
ment une couche boueuse noirâtre de 0“,30 à 0"*,45 d’épaisseur et qui paraît avoir été le sol végétal d’une forêt de cette époque antédiluvienne ; mais ce qu’il y a d’intéressant, c’est que les souches des arbres de cette forêt, leurs troncs môme souvent jusqu’à 1 mètre de hauteur se sont conservés dans la position où ils avaient poussé, des fragments trouvés près d’eux ont permis de reconstituer plusieurs de ces tiges sur 6 et 7 mètres de longueur. Avec ces troncset ces branches d’arbres se rencontrent des souches de Cycadées, parmi lesquelles la figure ci-contrese- ])vé%QXïi^\?iCycaddideamegaphy lliaifig.Vlb^). Une conchQ analogue s’observe sur la côte voisine dans le Dorsetshire, mais avec ce fait pi us remarquable encore que la cou-
che étant inclinée à environ 45° sur l’horizon, les troncs d’arbres pareillement s’écartent de 45“ de la verticale.
Quant aux animaux de l’époque wealdienne et néocomienne, ils affectent un grand nombre déformés nouvelles etappartiennent à la fois à une faune marine, fluviale et terrestre. « Les sables ferrugineux placés, en Angleterre, au-dessous de la craie, dit Cuvier, contiennent en abondance des Crocooff/r^, des des Mégalosau-
res et surtout un reptile qui offrait encore un caractère tout particulier, celui d’user ses dents comme nos mammifères herbivores. C’est à M. Mantell, de Lewes, en Sussex, que l’on doit la découverte de ce dernier animal, ainsi que des autres grands reptiles de ces sables inférieurs à la craie. 11 l’a nommé Iguanodon. » Aie.
d’Orbigny signale la faune de cette époque comme trèsremarquable par le grand nombre d’espèces et la multiplicité déformés génériques qu’affectent les Mollusques céphalopodes , qui y offrent des Ammonites gigantesques et des espèces à sillons trans- Fig. 12b7. - Crîoceras de Duval. verses très -espacés, des An-
cylocéras [fig. 1 258), de 2 mètres de développement, et ces genres si singuliers Scaphites ,àes Hamites,âes Toxoceras, des Ptycoceras, des Heteroceras, des Helicoceras, des Crioceras, etc. {fig. 1257, 1259, 1260). Dans les eaux.
que peuplaient ces grandes espèces de Céphalopodes à coquille cloisonnée, vivaient d’autres jusqu’alors inconnus [Turritelles, Varigères, Crassatelles, etc.), de nombreux Echinodermes de genres nouveaux, des Polypiers, des Spongiaires et une multitude de Poissons. Sur les rivages s’agitaient encore de nombreux Reptiles différents pour la plupart deceux des époques jurassiques, et en même temps la dernière espèce du groupe des Ptérodactyles, qui va s’éteindre. Deux genres perd us d’Owen?<a; ont été reconnus à cette époque, les Palœornis parmi les Echassiers, les Cimoliornis parmi les Palmipèdes»
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II. Époques crétacées proprement dites. — Je nesuivriii pas une à une les autres époques de la période crétacée (voyez Crétacés) ; en ce qui concerne les animaux et les plantes, ces époques offrent un ensemble de traits communs avec de simples différences dans les détails. Je me bornerai donc à signaler dans la faune de ces époques quelques êtres remarquables à un titre ou à un autre. « Dans la craie, dit Cuvier, on voit des restes de Tortues {Chétonidées), de Crocodiles {on grands les fameuses carrières de craie tuffau de la montagne de Saint-Pierre, près de Maëstricht, qui appartiennent à la formation de la craie, ont donné à côté de grandes tortues de mer et d’une infinité de coquilles et de zoopliytes marins, un genre de lézards non moins gigantesques que le Megalosaurus, qui est devenu célèbre par les recherches de Camper et par les figures que Faujas a données de ses os, dans son histoire de cette montagne. Il était long de 25 pieds (8“,30) et plus, ses grandes niâchoires étaient armées de dents très-fortes, coniques, un peu arquées et relevées d’une arête, et il portait aussi quelquesunes de ces dents dans le palais. On comptait plus de cent trente vertèbres dans son épine, convexes en avant.
Fig. 1261. — Chéloiiie ou Torlue marine de Bensled (craie chlorilée).
concaves en arrière. Sai queue était haute et plate, et formait une large rame verticale. » Ce grand reptile paraît avoir eu les pieds palmés et vivait évidemment en partie sur les rivages, en partie dans les eaux où il na-
geait avec fatilité. La figure 1262 représente un magnifique échantillon de tête recueilli à Maëstricht et conservé au Muséum de Paris ; elle a 1“,30 de longueur. M. Gonybeare, en mémoire de la ville près de laquelle ont été trouvés les restes de ce géant amphibie, l’a nommé Mosasaure (du latin Mosœ trajectum^ Maëstricht).
Les Poissons du groupe des vrais Squales affectaient dans les mers crétacées des dimensions vraiment colossales, si on les compare à ceux de l’époqué présente. Nos squales actuels les plus grands, les requins, mesurent environ 10 mètres et leurs dents n’ont que0“,05 de hauteur sur 0“i,06 environ de largeur ; que penser des squales qui dans les dépôts crétacés ont laissé des dents de 0“,12 de hauteur? Les poissons dont elles armaient la bouche devaient atteindre une longueur de près de 24 mètres la bouche ouverte avait peut être 3 mètres de largeur.
Les autres animaux marins de celte époque sont extrêmement nombreux et je citerai seulement quelques-uns des plus remarquables. Parmi les Mollusques céphalopodes^ outre \o& Ammonites proprement dites, les Turrilites^ sortes d’ammonites enroulées en spirale, des lié
Fig. 1263. — lurnlile à chaînes. Fig. 1264. — Belemnitella
inucronata.
lemnites et particulièrement une espèce très-commune dans la craie blanche, la Bélemnite ou Bélemnitelle mucronée^ formes animales qui vont s’éteindre avec la période crétacée. Parmi les Mollusques gastéropodes^ on peut signaler les Nérinées {fig. 1265) déjà communes à l’époque jurassique et qui, avant de disparaître, se multiplient sous de nouvelles formes spécifiques; le groupe des Ostracés^ parmi les Mollusques acéphales y avait dans ces mers de nombreux et curieux représentants très-voisins de nos Huîtres actuelles, Osivea aquiluy O. larva (fig. 1267), O. columba (fig. 1266), etc., et s’y trouvaient avec des genres \o\s>\n%ySpondyles, ChameSy InocérameSy Gervilies, et avec des Mollusques brachiopodes de formés très-singulières , telles que les Hippurites (fig, 1268), les Radiolites (fig. 1209), lesCr«;2fe^,les Thécidées. Les genres d’Echinodermes du groupe des Oursins ou Echinides étaient alors très-multipliés ; plusieurs de ces genres sont encore représentés dans nos mers actuelles, la plupart sont perdus.
Les débris de coraux, madrépores et spongiaires de ces époques sont nombreux et variés et beaucoup de ces animaux par l’abondance de leurs débris font reconnaître ces dépôts les uns des autres ; mais je ne puis insister davantage sur la faune crétacée.
Si nous passons maintenant au règne végétal, on a déjà pu voir quel événement considérable pour lui signale la période crétacée proprement dite, c’est l’apparition première des Dicotylédones angio^ spermesy dont la prédominance dans la création végétale deviendra décisive à la période tertiaire, et l’apparition simultanée des premières Monocotylédones incon-
Fig. 1262. — Mosasaure de Camper (craie blanche).
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testables. Les débris de plantes fossiles ne sont d’ailleurs pas très-répandus dans les vastes couches de cette période ; mais on en a’ trouvé assez abondamment dans le grès vert, dai'.s la craie verte ou chloritée. La flore qçis i’oa peut
Fig. 1265.— Nerinée Fig. 1266. — Osti'ea columba.
«illonnée.
recomposer avec ces débris compterait : parmi les Cryptogames amphigènes, des Algues 13 ou I5 espèces, parmi les Crijp. aerogènes, des Fougères 9 espèces; parmi les
Fig. 1267. — üitiea laiva.
Monocotyîédones^ 4 Na'iadées, 2 Palmiers; parmi les Dicotglëdones gymnospermes, 8 Cycadées, lü Conifères; parmi les D. angiospermes, l Myricée, 1 Bétulacée, i Cu-
pulifère, 3 Salicine'es, \Acérinée, \ Juglandée, et une vingtaine d’espèces dont la famille n’a pu être déterminée.
<( Cette flore, qui comprend maintenant environ GO à ‘0 espèces connues, dit le professeur Ad. Brongniart, est, comme on le voit, remarquable en ce que les Dicoiylédones angiospermes égalent à peu près les gymnospermes, et par l’existence d’un nombre encore assez grand de Cycadées bien caractérisées qui cessent de se montrer à l’époque éocène des terrains tertiaires. » Le savant botaniste rattache à la fin de la période crétacée les plantes fossiles rencontrées en un grand nombre de localités de 1 Europe méridionale, Fig. 1268. — Uippunies Tuucasiaiia. depuis les Pyrénées jusqu’aux environs de Vienne et môme en Crimée, dans une formation marine nommée grès ou macignos à fucoïdes ou flysh de la Suisse. Ces plantes forment une flore répandue sur une très-
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grande surface du sol et uniquement composée à' Algues paraissant se rapporter à un même genre {Chondrites), M. Ad. Brongniart y voit l’indication d’une époque panieuhère, époque fucoïdienne, remarquable par ce fait que
Fig. 1269. — Radiolile turbinée ou sphérulite ventrue (craie Inffiu).
ces espèces d’algues ou fucoïdes n’ont rien de commun avec celles des époques crétacées précédentes, ni <ivec celles des premières époques tertiaires.
6“ Période tertiaire.
A travers ses singulières et profondes transformations, la création organisée s’achemine peu à peu vers son état actuel, et la période tertiaire qui n’a plus aucune espèce A' Ammonites, de Bélemnites, de Reptiles gigantesques inaugure l’apparition d’un nombre considérable de nouveaux groupes d’animaux. L’événement le plus considérable de ce genre est l’apparition des divers ordres de Mammifères, les Rongeurs, les Pachydermes , les Car^ nassiers, les Chéiroptères, les Cétacés, les Ruminants, les Edentés ; et l’apparition simultanée de la plupart des ordres àlOiseaux, les Passereaux, les Oiseaux de proie, les Gallinacés, les Grimpeurs. On doit encore signaler comme apparaissant avec la période tertiaire, les Reptiles ophidiens ,\Qÿ, Batraciens , les Poissons pleuronect.es, puis les Myriapodes, les Crustacés amphipodes et Slornapodes. L’ordre des Mammifères pachydermes peuple la terre ferme d’un nombre considérable de genres perdus riches en espèces ; cet ordre domine durant la période tertiaire, tandis qu’aujourd’hui il est dans une véritable décadence relative.
« L’ensemble des végétaux de cette période, dit le professeur Ad. Brongniart, est un des plus caractérisés. L’abondance dus végétaux Dicotylédones angiospermes, celle des Monocotylédones de diverses familles et surtout des Palmiers, pendant une partie du moins de cette période, la distinguent immédiatement des périodes plus anciennes. Cependant les observations faites sur les époques crétacées, ont établi une sorte de transition entre les formes des époques jurassiques et celles des époques tertiaires. Mais tandis que dans la période crétacée les angiospermes paraissent égaler à peu près les gymnospermes, dans la période tertiaire, elles les dépassent de beaucoup, tandis qu’à l’époque crétacée, il y a encore des Cycadées et des Conifères voisines des genres habitant les régions tropicales; pendant la période tertiaire les Cycadées paraissent manquer complètement en Europe, et les Conifères appartiennent à des genres des régions tempérées.
Chacun sait qu’il est dans les habitudes des géologues départager en trois époques la période tertiaire; bien que l’étude des animaux et des plantes de cette période fasse pressentir qu’il faudra prochainement y distinguer un plus grand nombre d’époques, je resterai quant à présent fidèle aux traditions.
I. Epoque éocène ou parisienne. — «11 existe, dans les terrains tertiaires, dit Aie. d’Orbigny, plus de SOuO espèces d’animaux entièrement différents de ceux des périodes antérieures et de l’époque actuelle et pouvant caractériser ces terrains. » Sur ce total, le savant paléontologiste en attribue 2 254 à l’époque éocène; on comprend qu’au milieu d’une pareille multitude je me bornerai à signaler quelques animaux remarquables. « Cette population animale, dit Cuvier, porte un caractère très-remarquable dans l’abondance et la variété de certains genres de' Pachydermes qui manquent entièrement parmi les quadru-
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