S LES TERRAINS
cré- 1 tertacés. tiaires.
Cryptogames amphigènes
Cryptogames acrogèo.
Monocolylédones
Dicotylédones gymno-
spermes
Dicotylédones angio-
spermes
Totaux
Le second tableau est un relevé sommaire des résultats publiés parle professeur Ad. Brongniart; l’on peut juger ainsi de l’état de nos connaissances en fait de fossiles dans l’un et dans l’autre règne.
Ou remarque immédiatement une différence notable dans le nombre, entre les fossiles d’origine animale et les végétaux fossiles. Au lieu d’en conclure que les faunes de ces époques antédiluviennes étaient plus liches que les flores correspondantes, il vaut mieux songer que les végétaux sont en général d’une bien moins facile conservation que les animaux et que la destruction entière a frappé bien plus de plantes que d’espèces animales. Ce qui semble confirmer cette conjecture, c’est que d’une manière générale les faunes et les floi-es fossiles sont d’autant plus riches qu’elles se rapportent à une époque plus récente. Aie. d’Orbigny conclut néanmoins des clrffres qu’il a si minutieusement réunis pour la paléontologie des animaux, que le nombre des formes organiques a été en augmentant depuis la période paléo2oïque jusqu’à la nôtre. Si cette conclusion n’est pas incontestable, elle est au moins probable.
Un desrésidtats curieux de l’étude des plantes et des animaux lossiles est la révélation de ce fait que plusieurs groupes d’êtres vivants, ont eu à l’une ou à l’autre des époques géologiques, par le nombre et la variété des genres et des espèces, un développement qu’ils n’ont plus à notre époque; tandis que d’autres groupes sont au contraire plus abondamment représentés aujourd’hui qu’ils ne l’ont été durant les périodes précédentes.
Il est une idée qui a été souvent présentée avec complaisance comme un des résultats incontestés de l’étude des fossiles et que je tiens à rappeler ici pour en constater l’inexactitude. On a répété que l’auteur des choses avait peuplé la terre par des créations successives, en commençant par les animaux et les plantes les plus simples en organisation, pour s’élever d’époque en époque à des combinaisons organiques plus compliquées et plus parfaites et couronner enfin son œuvre à l’époque actuelle
par la création de l’homme. C’est là un rêve séduisant, et rien de plus. L’étude des fossiles démontre, à la vérité, que la terre a d’abord été inhabitée de tout être vivant ; qu’à un certain moment la puissance souveraine a créé à la fois des animaux et des })lantes; que depuis ce moment la population animale et végétale de notre terre a changé environ vingt-sept fois, par la destruction générale des espèces, par l’anéantissement de bien des génies et des classes, par la production d’espèces nouvelles appartenant souvent à des groupes nouveaux ; que l’espèce humaine a sans doute été créée seulement au début de la période actuelle ; mais. Io n de montrer les formes organiques se succédant suivant les degrés de leur perfectionnement croissant, cette étude dément entièrement cette hypothèse. Après avoir pendant plus de douze années laborieusement examiné les documents de cette importante question, Aie. d’Orbigny a établi par une véritable statistique des faits connus, que dans l’ordre chronologique des âges du monde les quatre embranchements du règne animal et les classes qui composent chacun d’eux ont apparu parallèlement et non pas successivement selon leur perfectionnement relatif; que l’accord du degré croissant de perfection des organes avec l’ordi e d’apparition des espèces dans la série des âges, ne se réalise qu’excepiionnellement dans le fait de l’arrivée tardive des Mammifères; que loin de se perfectionner successivement, les animaux ont souvent à cet égard moins gagné que perdu, d’autres fois sont restés stationnaires, dans la succession des époques de notre glebe. M. le professeur Brongniart arrive par l’étude des végétaux fossiles à des conclusions analogues; en établissant que la longue série des siècles qui a présidé à l’enfantement successif des diverses formes du règne végétal, peut être divisée en trois longues périodes : le règne des Acrogènes (terrains cambrien, silurien, dévonien, carbonifère et permien), le règne des Gymnospermes (terrains triasiques et jurassiques) et le règne des Angiospermes (terrains crétacés et tertiaires); « ces expressions ajoute-t-il, n’indiquent que la prédominance successive de chacune de ces trois grandes divisions du règne végétal, et non l’exclusion complète des autres Ainsi dans les deux premières, les Acrogènes et les Gymnospermes existent simultanément ; seulement les premières l’emportent d’abord sur les secondes en nombre et en grandeur, tandis que l’inverse a lieu plus tard. » On remarquera d’ailleui's que le premier groupe prédominant n’est pas celui des Cryptogames les moins perfectionnés, mais au contraire celui des Cryptogames les plus rapprochés des Phanérogames et dans ses formes les plus compliquées, celles des Fougères. Que l’on cesse donc de nous représenter un Dieu créateur s’essayant pour ainsi dire à perfectionner progressivement son œuvre; non, rintelligence suprême a pensé à la fois toute la création et a réalisé les divers types d’êtres organisés parallèlement et successivement suivant un ordre dont la raison nous échappe tout à fait.
Les résultats de l’étude des fossiles imposent à notre esprit le fait des créations multiples et successives, puisqu’à chaque époque les espèces sont renouvelées, puisqu’il y a des genres perdus et que d’autres genres n’apparaissent que tardivement. Cette conclusion a paru inacceptable à certains esprits éminents qui ont essayé de faire dériver les espèces d’une époque de celles de l’époque précédente par une voie naturelle de modilications organiques sous l’influence de changements dans les conditions extérieures; cette opinion ne repose sur aucun fait et n’a pu être admise par les savants qui veulent avant tout s’appuyer sur l’observation et l’expérience. Pourquoi s’étonner des créations successives multiples, puisqu’il faut inévitablement admettre qu’il y a eu création au moins une fois; le plus incompréhensible pour nous, c’est la création et non la multiplicité des manifestations du pouvoir créateur; acceptons donc les résultats de nos observations actuelles sans y mêler d’hypothèses inutiles; rassurons-nous en songeant d’ailleurs que d’après le livre saint aussi le monde n’est pas l’œuvre d’un seul instant, ni d’un seul jour. Ce n’est pas là la seule conclusion conforme aux révélations divines qui ressorte de l’étude des faits géologiques et l’on peut dire avec le savant et religieux Buckland : « Le temps est venu où les découvertes géologiques, ne semblent plus devoir nous faire connaître aucun phénomène qui ne s’accorde pas avec les preuves fournies par les autres sciences physiques de l’existence et de l’intervention d’un être unique, créateur souverainement sage et puissant; mais viennent tout au contraire ajouter aux clartés de la religion natu-
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relie des lumières éclatantes qui manquaient incontestablement jusqu’ici, et naissent des laits révélés par l’étude de la structure de la terre.... Tout le cours des faits que nous venons d’examiner a montré que riiisloiie physique de notre globe, où certains esprits n’ont vuque destruction, désordre et confusion, fournit des témoignages sans cesse renouvelés de l’esprit d’économie, d’ordre et de prévoyance qui préside à tout. Le résultat de toutes nos recherches à travers les souvenirs de ce passé sans monuments écrits, a été de raffermir plus solidement notre croyance en un seul créateur souverain de toutes choses; d’exalter notre confiance dans l’immensité de ses perfections, de sa puissance, de sa majesté, de sa sagesse, de sa bonté et de sa pi-ovidence par qui tout se maintient. »
Ouvrages généraux à consulter sur les fossiles : Aie. d’Orbigny, Cours élém. de Paléontologie; — id., Paléontol. française; — id.. Prodrome de Paléontologie ; — Çtxxsi&v^ Recherches sur les ossements fossiles; — Agassiz. Poissons fossiles; — P. Gervais, Zoologie paléontolog.; — Ad. Brongniart, üist. des végét. fossil. et article Végét. fossil. {Dict. unie. d'Hist. nat.) \ — Bulletin de la soc, géol. de France; — Lyell, Nouv. Elém. de Géolog. et Principes de Géol.^ trad. de l’anglais; — W. Buckland, Geology and Mineralogy ; — De la Bêche, Géological Manuai ; — Mantell, Geolog. of. Sussex, etc. ; — Murchison, Silurian System; — Gonybeare, Geol. of England and Wales; — Lindley et Hutton, Fossil. Flora; — Géologie. Transact. et Philosophie. Trans. divers mémoires. — Goldfuss, Petrefacta, Ad. F.
FOSSOYEUR (Nécrophore) (Zoologie) , Necrophorus vespillo, Fab. ; Silpha vespillo., Lin. — Espèce d'insectes de l’ordrendes Coléoptères., du genre Néc7'ophore. Best long de 0“,02, noir, les trois derniers articles des antennes rouges; sur les étuis deux bandes orangées, transverses, dont les bords sont terminés irrégulièrement, à peu près comme ceux des points de Hongrie. Leurs jambes sont courbes. Geoffroy, qui l’avait confondu avec les dermestes, lui avait donné le nom de Det'meste à point de Hongrie. Le même auteur assure l’avoir toujours trouvé dans la fiente et sur les charognes, et jamais sur les fleurs, que Linné lui assigne comme domicile. Lister a fait la même observation que Geoffroy. Quant au nom de fossoyeur qui lui a été donné depuis, il tient aux mœurs des insectes de ce genre; il en est parlé au mot Nécrophore.
FOTHERGILLE (Botanique), Fothergilla; dédié par Linné fils au célèbre médecin anglais John Fothergill. — Genre de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, delà famille des H amamélidées., caractérisé ainsi : calice à 5-7 lobes; corolle nulle; 24 étamines périgynes ; anthères en fer à cheval ; capsule bilobée au sommet, s’ouvrant en 2 valves. Le F. à feuilles d'aune {F. alnifolia., Lin. fils) est un joli arbrisseau de 0“,70 de hauteur, pubescent, à feuilles alternes, obovales, penninervées. Ses fleurs, disposées en épis terminaux,sont blanches et répandent une agréable odeur. Ses fruits s’ouvrent avec élasticité. Cette espèce, qu’on cultive en plein air pour l’ornement de nos jardins, croît spontanément dans l’Amérique du Nord, principalement dans la Caroline. Elle multiplie de graines et de boutures. Terre de bruyère humide et à l’ombre.
FOU (Zoologie), Sula, Briss. ; Dysporus, Hig. ; connu aussi sous le nom de Boubie, du mot anglais hooby., niais, benêt. — Genie d' Oiseaux de l’ordre des Palmipèdes., famille des Totipalmes ,di\ grand genre Pélican de Linné; caractérisé par un bec long et droit, à pointe un peu arquée, les bords dentés en scie, à dents dirigées en arrière ; les narines prolongées jusqu’à la pointe ; la gorge nue, ainsi que le tour des yeux; l’ongle du doigt médian denté en scie ; les ailes bien moindres que les frégates, dont ce genre est voisin, et la queue un peu en coin ; des jambes courtes qui semblent rentrer dans le ventre. Ces oiseaux, de la taille de l’oie, ne sauraient avoir avec cette conformation qu’un port lourd et disgracieux. A terre, ils ne se tiennent guère, en effet, que debout, en s’appuyant sur les baguettes élastiques de leur queue, et dans l’impossibilité où ils sont de prendre leur vol, ils se laissent approcher et tuer sans résistance. Cette stupidité apparente leur a valu leur nom, autant que la facilité avec laquelle les frégates leur font dégorger leur proie pour s’en emparer. Us nagent rarement, ne plongent jamais, mais planent avec agilité et enlèvent habilement le poisson qui vient à la surface de l’eau. Ils s’écartent peu des côtes et placent leurs nids à côté les uns des autres sur les rochers.
Le F. de Vile de Bassan {F. Bassanus^ Briss. ; Pelec.
Bassanus., Lin.) est blanc ; les premières pennes des ailes et les pieds noirs; le bec verdâtre; il est presque aussi gros que l’oie; et habile la petite île de Bassan, dans le golfe d’Êdimbourg (d’où lui vient son nom), où il multiplie beaucoup, quoiqu’il ne ponde qu’un œuf par couvée. Sa longueur est de près de 1 mètre et son envergure de 1™,70. Il en vient assez souvent sur nos côtes en hiver, c’est la seule espèce dont on ait pu étudier les mœurs. Ils nagent rarement et ne plongent pas, mais ils volent et saisissent le poisson avec une grande agilité. On les voit quelquefois dans une attitude presque verticale, posés sur un rocher ou môme sur un arbre, épiant dans une immobilité complète le poisson qui leur sert de nourriture ; ce sont principalement des harengs et des sardines. Comme ils ont la peau de la gorge très-extensible, ils peuvent avaler une proie d’un volume assez considérable. Leurs nids, ^construits négligemment sur les rochers et les falaises, au milieu d’épaisses broussailles, sont groupés en grand nombre à côté les uns des autres, au point que les couveuses se touchent. Le cri de ces oiseaux est fort et tient de celui du corbeau et de l’oie; c’est surtout lorsqu’ils sont poursuivis par les frégates qu’ils le font entendre. Le F. brun., Petit Fou, Cordonnier de Commerson {Pelec. sula. Lin.), est commun aux Antilles, à Cayenne, à la Caroline, etc. Selon Vieillot, c’est l’espèce la plus répandue. Sa longueur, du bout du bec à l’extrémité des ongles, n’est que de 0“,70. Il a le ventre blanc, tout le reste du plumage d’un cendré brun.
FOUCAUD, Foucault (Zoologie). — Nom donné quelquefois par les chasseurs à la Petite Bécassine [Scolopax gallinula, Gm.), plus connue sous le nom de la Sourde.
FOUET (Coup de) (Médecine). — On appelle ainsi une douleur vive, subite, que l’on a comparée avec raison à un coup de fouet et qui saisit la partie postérieure de la jambe dans un mouvement brusque et violent d’extension du pied. Cette sensation douloureuse paraît résulter de la déchirure de quelque portion tendineuse ou de quelques fibres musculaires ; elle a pour effet de rendre la marche impossible p ndant un temps assez long. Quelquefois il se manifeste une ecchymose vers la région du mollet. Un repos prolongé quelquefois pendant plusieurs semaines est le seul reniède à employer.
Fouet de l’aile (Zoologie). — C’est la troisième partie ou la plus extérieure de l’aile des oiseaux. Quelquesuns d’entre eux, tels que certaines espèces de Vanneaux des pays chauds, les Kamichis, les Jacanas, parmi les Échassiers, ont le fouet de l’aile armé d’un et souvent de deux éperons ou ergots. On trouve la même disposition chez un petit nombre de Palmipèdes ; ainsi la Bernache armée ou Oie d'’ Afrique n’a qu’un petit ergot à l’aile, tandis que VOie de Gambie se fait remarquer par les deux gros éperons dont le fouet de son aile est armé. Ce sont véritablement des armes pour ces oiseaux.
Fouet épineux (Botanique). — Espèce de Champignon, de l’ordre des Hyménomy cèles, genre Hydne. trouvée par Paulet dans la forêt de Sénard et formant de petits bouquets composés de plusieurs individus à tige blanche, mince et allongée. Rien n’annonce en lui de mauvaises qualités.
FOUETTE-QUEUE (Zoologie). — Sous-genre de Reptiles, ordre des Sauriens, famille des Iguaniens, de la section des Agamiens et du grand genre Stellion de Cuvier. Ils n’ont point la tête renflée comme le sous-genre des Stellions ordinaires ; les écailles du corps sont petites, lisses et uniformes; celles de la queue plus grandes et plus épineuses qu’à ce sous-genre. Une série de pores sous les cuisses. Le F. queue d’ Égypte {Slel/io spinipes, Daud.), long de 0“,65 à o“,90, a le corps renflé, d’un beau vert de pré. Il est des déserts voisins de l’Égypte. Belon l’a pris, sans preuve, pour le Crocodile terrestre des anciens.
Fouette-queue ou Gecko du Pérou. — Voyez Gecko.
FOUGÈRE (Botanique), des Latins. — Famille
I de plantes Acolylédones ou Ci'yptogames ao'ogènes, classe des Filicinées de Brongniart. Ce sont les plantes les mieux organisées de la cryptogamie, celles qui se rapprochent le plus des plantes monocotylédonées. Celte famille comprend aujourd’hui plus de 3 OÛU espèces, dont un grand nombre sont depuis peu très-importantes en horticulture. Beaucoup ont un feuillage élégant et brillamment coloré, ce qui les a fait adopter pour l’ornement des jardins. Les fougères ne sont que des herbes souvent très-petites dans nos climats; mais dans les régions chaudes, elles ont des espèces arborescentes qui atteignent une grande hauteur, j Les fougères herbacées ont un rhizome horizontal sou- ' terrain s’allongeant par une extrémité, tandis que l’autre
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se détruit graduellement ; quelquefois ce rhizome est grimpanti Dans les fougères en arbre, qui ont assez bien
le port des palmiers, il existe une première tige qui péritlorsqu’il s’en est développé une antre droite et élevée. Celle-ci est marquée de cicatrices résultant des feuilles tombées et présente quelquefois un renflement au sommet. Les feuilles de fougères, auxquelles quelques auteurs ont donné le nom de frondes (voyez ce mot), parce qu’ils regardent ces orpnes comme des rameaux foliacés, sontle plus souvent divisées, plus rarement sim pies. La disposition de leurs nervures est variable et fournit de bons caractères spécifiques. La fructification des fougères est ordinairement située à la face inférieure des feuilles.
Elle se compose de capsules nommées aussi sporanges^ contenant les séminules^ qui représentent les graines. Ces capsules sont entourées d’une en- Fig. 1278. — Fougère, face infé- veloppe nommée onnettu, cerieure de la fronde. lui-ci est doué d’élastlClté et opère ainsi à la maturité la rupture des parois de la capsule, ce qui permet la sortie des séminules. Les groupes que forment les capsules
sessiles ou pédicillées par leur réunion sont nommés sores. Souvent un repli saillant résultant de l’épiderme les entoure; ce repli porte le nom à'indusie. M. Duchartre décrit ainsi la germination des fougères, qui n’est bien connue que depuis quelques années : « Lorsqu’une séminule germe, sa membrane externe ou son e'pispore crève et sa membrane interne, gonflée par rimmidité, s’allonge au dehors et bientôt se partage en deux cellules.
(1) Pied de Scolopendre, [Scolopendrium officinale, Smith),
avec plusieurs feuilles f, f, f, /'"" à divers deg rés de dévelop-
pement. Sur la face inférieure de f"\ ou voit les sores dessinant des lignes transversales noirâtres.
(2) Fragment de la fronde d’une autre fougère {Nephrodium augulare) vue en dessous. — p, deux piunules chargées de sores s. — r, rachis qui les porte.
(3) Un des sores coupé verticalement. — n, nervure qui le porte. — i, indusium ou repli qui le couvre. — c, capsules.
(4) L’une des capsules séparée au moment de sa déhiscence. — s, spores qui s’échappent. — a, anneau cellulairé.
L’inférieure de celles-ci devient la radicule, la supérieure se développe en une petite lame cellulaire nommée proemhryon, qui est d’abord triangulaire, puis en cœur renversé ou môme échancré aux deux extrémités. La face inférieure du proembryon émet des radicelles et produit les anthéridies ou organes mâles, pour la plupart situés en arrière, et les arche'gojies ou organes femelles moins nombreux, situés en avant, vers l’échancrure antérieure. Dans ces archégones, fécondés par l’action des anthéro^ zdides sortis des anthéridies, se forme un embryon qui grossit, devient une masse arrondie, crève Farchégone, pour s’allonger enfin en tige dans le haut, en racine vers le bas. C’est le développement de cette tige qui produit la plante sur laquelle naîtront plus tard les capsules avec leurs séminules. » Les fougères habitent principalement les régions chaudes de l’hémisphère austral. Celles qui sont arborescentes forment quelquefois des forêts dans les régions tropicales. A Sainte-Hélène, les fougères composent le tiers de la flore; à Tahiti et à File de-France, elles en forment le cinquième. Ces plantes sont aussi assez abondantes dans les climats tempérés et môme froids. Au Groenland, elles composent la dixième partie de la flore, tandis qu’en France, elles n’en forment que la soixante-troisième partie. Les usages des fougères sont assez restreints. En général, les feuilles de ces végétaux contiennent un mucilage aromatique et pectoral. Quelques fougères ont des propriétés sudorifiques (Polypodium calagua!a)et anthelminthiques {Pteris aquilina- Polysticldum fUixmas). D’autres ont des propriétés ali, mentaires (le nehai des îles Sandwich est tiré de VAÿîgiopteris erecta). On se sert aussi des feuilles de fougères pour faire des matelas sur lesquels on couche les enfants rachitiques et scrofuleux.
La famille des Fougères a été divisée par M. Ad. Brongniart en plusieurs tribus fondées particulièrement sur la structure des capsules et sur leur mode d’insertion, et celles-ci en sections dont les limites, du reste, d’après Fauteur lui-même, sont moins bien établies. Nous ne citerons que les tribus et quelques genres principaux ; D® tribu, \qs, Polyporliacées ; genres principaux, GrammUe, Notochlène, Polypodium, Cheilanthe, Capillaire ou Adiante^ Pteris, Blechne, Scolopendre, Asplénium ou Dorudille, Aspidie, Polystic. 2® tribu, les Cyathe'ace'es; genres principaux, Cyathe’e, Alsophile. 3® tribu, les Ihyménophy l lées; genre principal, Hyménophylle. 4®tribu, les Parkériées ; genre principal, Cératopteris . o* tribu, les Lygodiées ; genre?, principaux, Lygodium, Aneimia. 6® tribu, les Osmondées ; genre principal, Osmonde. 7® tribu, les Maralhiées; genres principaux, Angiopteris, Marathia. 8* tribu, les Ophioglossées; genres principaux, Ophioylosse, Botrychion.
Parmi les nombreux et importants travaux auxquels a donné lieu la famille des Fougères, nous citerons seulement les suivants : Swartz, Icônes filicum (1806); — Macvicar, Germination des fougères {Trans, roy. Soc. Édimb., 1824); — Hooker et Gréville, Icônes filicum (1827); — Raddi, Filices; — Gustave Kunze, Analecta pteridographica. — Presl a donné plusieurs travaux, au nombre desquels un des plus remarquables est sa P/eridographie. — Enfin M. Fée a publié plusieurs n>agnifiques mémoires sur les fougères. G — s.
FoüGÈnE FEMELLE (Botanique). — Ce nom a été donné vulgairement à deux plantes de la famille des Fougères (voyez ce mot). I° Le Pte'ris aquilin, Pte'ris aigle impérial {P. aquilina, Lm.), du genre Pteris de Linné, tribu des Polypodiacées, nommée aussi grande fougère, fougère commune ou simplement fougère', c’est une plante à souche traçante, presque horizontale; frondes de 1 mètre â 1“,G0, larges de 0“,60 à 0“,80; pétioles trèslongs, bruns dans le bas, profondément enfoncés en terre. Elle présente cette singulière particularité, que lorsque Fon coupe cette partie inférieure obliquement, la section ofiVe la figure de Faigle à deux têtes, d’où lui est venu son nom. On la trouve dans les champs stériles. 2“ La seconde plante nommée F. femelle est VAthyrium fougère femelle [A. filix fœmina, Roth); à souche épaisse ; pétioles lisses; frondes de 0“,50 à ] mètre, en touftes longuement pétiolées. Sores confluents à la maturité. Elle croît particulièrement dans les haies et les lieux ombragés. Toutes deux sont communes aux environs de Paris. Les racines de ces deux plantes et de plusieurs espèces de fougères ont été employées comme vermifuges ; elles sont à. peu près inusitées aujourd’hui. Elle partageait la réputation de la fougère mâle.
Fougèiîe male (Botanique). — Nom sous lequel on I désigne généralement le Polypodium filix masy Lin.
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{Polystkhum aspidium^ Swartz), plante fort commune dans les bois humides de toute la France. Sa tige souterraine est épaisse, traçante; ses frondes en touffes longues de 0“,60 à 0“,80 et plus ; à pétiole écailleux, surtout dans le bas ; sores assez gros sur deux lignes rapprochées. Sa racine a une saveur âpre et légèrement amère, une odeur nauséabonde et désîigréable. On en a retiré, au moyen de l’éther, indépendamment de sa matière colorante, une huile volatile odorante, de l’élaîne et de la stéarine; puis du résidu épuisé par l’éther et traité par l’alcool, du tannin, de l’acide gallique et du sucre incristallisable. Enfin une certaine quantité de gomme et d’amidon. Les anciens médecins pharmacologistes ont beaucoup vanté l’efficacité de la fougère mâle comme vermifuge ; peut-être y a-t-il beaucoup à rabattre de cette réputation qui aujourd’hui paraît usurpée, surtout si l’on considère que l’on joignait constamment à son emploi celui des purgatifs énergiques. C’était sous la forme de décoction, de poudre, d’électuaire, qu’on en faisait particulièrement usage.
Fougères fossii.es (Botanique). — De toutes les familles botaniques, celle des Fougères est celle qui présente le plus d’espèces fossiles, et ce qu’il y a de remarquable, c’est que le plus grand nombre se montre avec des caractères identiques à ceux que l’on rencontre en si grande quantité autour de nous, et particulièrement dans les terrains les plus anciens, le grès houiller. Parmi plus de deux cents espèces connues aujourd’hui, on n’en a trouvé que huit à dix dans le grès bigarré, une quarantaine dans la période oolitique et un très-petit nombre dans les terrains sous-crétacés et dans les terrains de sédiment supérieur. C’est donc, comme nous l’avons dit, dans les couches anciennes que les fougères se sont montrées immédiatement en grande abondance. Mais quoique les formes qu’elles présentent soient peu différentes de celles qui existent aujourd’hui, cependant la fructification manquant dans les trois quarts des fougères fossiles observées, comme il ne reste plus pour les caractériser que le mode de nervation, M. Ad. Brongniart est d’avis qu’il faut les classer seulement d’après la nervation et le mode de distribution des frondes. D’après ce principe, il a établi onze genres dont les principaux sont : Pecopteris^ Schizopteris, Sphenopteris, Nevropieris^ etc. On trouve aussi dans les mêmes terrains des tiges semblables à celles des fougères arborescentes de notre époque ; telles les tiges des Caulopieris de Lindley. « Le C. peltigera, dit M. Brongniart, est plus gros qu’aucune tige de fougère en arbre que je connaisse (voyez Fossile). »
FOUINE (Zoologie), Mustela fohia^ Lin. — Espèce de Mammifères ^ du genre des Martes proprement dites, faisant partie du grand genre Mustela de Linné, et qui, pour plusieurs auteurs, paraît être une simple variété des Martes propres ou des Zibelines. La fouine a la taille d’un jeune chat, c’est-à-dire environ 0™,30 de long ; la queue a, en outre, 0“,22. Elle est donc plus petite que la marte dont elle se distingue d’une façon très-caractéristique par sa gorge et sa poitrine blanches. Son pelage est, du reste, brun-bistré sur le dos, avec le museau pâle et les pattes et la queue brunes.
Elle vit dans les régions occidentales de l’Europe, se rapprochant plus que la marte des lieux habités. On la rencontre aussi bien dans les forêts que dans les vergers, les fermes ou les villages. C’est surtout dans la demeure de l’homme qu’elle cherche sa nourriture et qu’elle élève ses petits. Elle vit solitaire, se cachant le jour et ne sortant que la nuit de sa retraite pour pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille. Elle chasse alors les oiseaux, les rats, les taupes; mais c’est surtout dans les poulaillers et les basses-cours qu’elle fait les plus grands ravages. Son naturel sanguinaire la porte à tuer, en effet, bien plus d’animaux qu’il ne lui est nécessaire pour sa nourriture. Elle en porte une partie à ses petits ; mais elle ne quitte le théâtre de son carnage que lorsque les premières lueurs du jour lui font craindre quelque danger. Cependant, malgré cet instinct féroce, la fouine peut s’apprivoiser. Boitard dit avoir vu un ancien garde-chasse possesseur d’une fouine qu’il appelait Bobin et qui n’avait jamais été à la chaîne ; elle courait dans toute la maison, répondait à la voix de son maître, ne le caressait pas, il est vrai, mais semblait prendre plaisir à ses caresses. Elle vivait, dit-il, en bonne intelligence avec Bibi, petit chien terrier qui avait été élevé avec elle. A ce tableau Boitard ajoute malicieusement : « Robin et Bibi n’étaient pour leur maître que des instruments de vol et des complices. » En effet, ce trio intéressant allait rôder autour
des fermes et des basses-cours, et Robin étranglait parfois une poule égarée que Bibi rapportait à son maître. La fouine est de la taille d’une marte commune (0“, 50) ; elle exhale une forte odeur musquée désagréable. La fem.elle porte, dit-on, autant de temps que la chatte (cinquante-cinq à cinquante-six jours); les plus jeunes ne font que trois ou quatre petits, les plus âgées jusqu’à sept. C’est ordinairement dans un trou de muraille ou d’arbre, dans une fente de rocher qu’elles s’établissent pour mettre bas, après y avoir porté de la mousse, du foin, des herbes. Si on les inquiète, elles transportent ailleurs leur famille. Les fouines, comme les martes et beaucoup d’autres animaux, ont près de l’anus de petites glandes qui sécrètent une matière fort odorante.
Fouine de la Guyane. — Nom vulgaire du Grisou^ espèce de Mammifère du genre Glouton.
Fouine de la Guyane (Petite). — Buffon a décrit sous ce nom un petit mammifère, qui ne serait, selon Desmarest, qu’un jeune coati. Il avait été dessiné vivant à la foire de Saint-Germain en 1768. Lacépède l’a désigné sous le nom de Mustela guyanensis.
Fouine de Madagascar (Petite) de Buffon. — C’est la Mangouste vansire (voyez Mangouste).
FOUISSEURS (Zoologie), Fossores; du latin fodere^ fouir. — On donne ce nom général à tous les mammifères qui creusent la terre pour y trouver un abri ou des aliments ; ils ont les membres antérieurs constitués fortement et des ongles très-longs; mais comme ces animaux, malgré cette analogie, diffèrent essentiellement entre eux par d’autres caractères plus importants, ils ne peuvent être classés dans une même division. Tels sont les Taupes (insectivores); les Spalax (rongeurs); les Tatous (édentés); \es Fchidnés (monotrèmes), etc.
Fouisseurs (Zoologie), Fossoixsj Lat. — Famille d’/wsectes de l’ordre des Hyménoptères^ section des Porteaiguillon^ nommés aussi Guêpes-ichneumons. lisse distinguent parce que tous les individus sont ailés; ils sont de deux sortes et vivent solitaires. Leurs pieds sont exclusivement propres à la marche, souvent pour fouir; les mâchoires sont généralement allongées et fortes, les ailes toujours étendues. La plupart des femelles placent à côté de leurs œufs des insectes ou des arachnides qu’elles ont percés de leurs aiguillons, pour nourrir les larves. Ces insectes sont ordinairement très-agiles et vivent sur les fleurs. Ils ont souvent les mâchoires et la lèvre allongées et en forme de trompe. Les larves sont toujours apodes, et se métamorphosent dans une coque qu’elles se sont filée. Cette famille a composé le grand genre Sphex^ de Linné, et Latreille l’a divisée en nombreux sous-genres distribués en sept coupes principales : 1" les Scoliètes , sous-genres Scolies propres, Tiphies, TengyreSy MyzineSy Mèries; 2° les Sapygites sous-genres Sapyges propres, Thynnes, Polochres ; 3° les SphégideSy sous-genres Pepsis, Ceropales, Pompiles, PlanicepSy Apores, Âmmophile, SpheXy Prônée., Chloriony Bolichurey Ampulex, Podies, Pélopees ; 4" les Bembécides, sous- genres Bembex, type de ce groupe, Monédulesy Stizes ; 6® les Larrates, sous-genres PalareSy Lyrops y LarreSy DinèfeSy Miscophes ; 6“ les Nyssoniens, sous-genreS" AstateSy Nyssonsy OxybèleSy Nitèles, Pisons ; 7® les Crabronites, sous-genres Trypoxylons, Gorytes^ CrabronSy Stigmes, Pemphredonsy Mellines. Alysons, Psens, Philanthes divisés en Philanthes propres et en Cerceris.
FOULQUE (Zoologie), Fulica^ Briss. — Genre d’Oeseaux de l’ordre des EchassierSy famille des MaerodactyleSy faisant partie du grand genre Fulica, de Linné. Ces oiseaux ont le bec court, conique, avec une plaque frontale considérable en forme d’écusson, des doigts fort élargis par une bordure festonnée, ce qui Ipnr permet de nager très-bien. Leur plumage est lustré; ces dispositions facilitent leur séjour presque continuel sur les étangs et les marais. Ils établissent la transition entre les échassiers et les palmipèdes. La femelle ne se distingue du mâle que parce que son écusson est moins étendu. Les jeunes deviennent souvent la proie des buzards. On en trouve dans toutes les contrées des espèces dont la taille et la couleur sont variables. Ces oiseaux, connus aussi sous le nom de Marelles, se réunissent l’hiver en troupes nombreuses sur les lacs dont les eaux ne gèlent pas; comme ils voient très-bien pendant la nuit, c’est pendant ce temps qu’ils cherchent leur nourriture, consistant en petits poissons, insectes aquatiques, sangsues, graines, etc. On ne les voit guère voler le jour; quelquefois le soir elles passent d’un étang à un autre. La F. noire (F. atra, Gm.), Marelle d’Europey est de
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couleur foncée d’ardoise, plaque du front et bord des ailes de couleur blanche, la plaque devient rouge dans la saison de la ponte; on la trouve en Europe, partout, où il y a des étangs. Elle est de la grosseur d’une perdrix (environ 0“,35 do long.). Sa chair est estimée, aussi la chasse-t-on activement sur tous les étangs. La femelle niche à terre au milieu de roseaux , et pond de 8 à 15 œufs couleur café au lait, pointillés de brun, longs de 0“,045 à 0“,060, sur 0“,030. 11 y a une variété ulbine à laquelle Spix a donné le nom de F. leuchorix. On trouve une espèce, la F. bleue {F. cœrulea, Vandel. ), qui a le plumage noir à reflets bleus, plaque frontale rouge, crête blanche. La F. à crête {F. cristata, Gm.}, habite Madagascar ; elle se trouve aussi en Chine.
FOULURE (Médecine). — Ce mot, peu employé dans le langage médical, est synonyme à' Entorse.
FOURRURE (Vétérinaire). — Expression très anciennement connue par laquelleon désigne une maladie du pied particulière au cheval, et qu’on rencontre quelquefois chez certainsruminants.Elle a porté indistinctement les noms de Forbure, F ourhature, Forbature, Forboiture^Forbissure, Fou7'bissure;N?iXQ\ l’appelle Pociophlegmatite^ et Publ. Végèce, dans son Ti^aité de l’art vétérinaû'e, donne au cheval fourbu le nom à.’Oi'thocolus. La plupart des auteurs la considèrent comme une inflammation que Girard précise comme affectant le tissu réticulaire du pied. On la rencontre le plus souvent dans les temps chauds, après un régime trop substantiel, de blé, d’avoine, d’orge, ce qui lui a fait donner par quelques auteurs le mmêi’ Hordeatio. Elle résulte souvent des fatigues, des marches prolongées sur un sol dur, résistant, sur les pavés, les routes ferrées. Mais une cause qui agit spécialement pour la production et surtout pour l'aggravation de la maladie, c’est la disposition du pied du cheval; enfermé dans une boîte cornée, inextensible, qui ne lui permet pas de se développer, lorsque par la fatigue l’afflux du sang vient gorger ses tissus, il est alors serré, étranglé par la prison qui le contient, il devient le siège d’une inflammation violente, accompagnée d’une vive douleur.
La maladie débute par une sensibilité extrême des pieds, une chaleur anormale, la difficulté et même l’impossibilité de marcher ; l’animal se tient fréquemment couché sur la litière; bientôt survient une fièvre plus ou moins intense, l’inappétence: l’animal témoigne par l’insomnie et l’agitation générale, des souffrances aiguës qu’il endure. Î1 y a souvent des symptômes nerveux. La maladie peut se terminer par la résolution, mais souvent aussi par la suppuration, le décollement partiel du sabot, sa chute, la gangrène, etc. Ou bien les symptômes diminuent doucement, mais les pieds restent gonflés, difformes, la marche est difficile, douloureuse, les sabots offrent sur le bourrelet des cercles saillants et souvent la congestion des tissus produit la F ourmilière ou le Croissant (voyez ces mots). Les deux formss de la maladie que nous venons de signaler constituent la F. aiguë et la F. chronique.
Le traitement consiste dans l’emploi énergique des saignées générales et locales ; les bains froids prolongés à l’eau courante: les réfrigérants locaux; des frictions avec les huiles essentielles sur les genoux, les jarrets, les reins, comme moyen dérivatif; quelques petites promenades lorsqu’elles sont possibles, des boissons salées, de légers purgatifs, des lavements, des diurétiques, etc. Lorsque la maladie devient chronique, on aura recours aux astringents, aux purgatifs; mais en général le traitement n’est guère que palliatif, la maladie à cet état étant presque toujours incurable. La fourbure môme aiguë est toujours très-grave, surtout lorsqu’elle se prolonge, parce qu’alors il en résulte presque toujours des déformations du sabot.
La fourbure du bœuf, beaucoup plus rare que celle du cheval, est beaucoup moins dangereuse; elle se présente avec les mômes symptômes, moins graves, reconnaît les mômes causes et réclame le môme traitement. On l’observe quelquefois chez le mouton, mais elle n’offre rien de particulier. F —
FOURCHE (Agriculture), Furca. — C’ est un instrument à deux ou trois dents mousses ou aiguës, dj-oites ou recourbées, dont on se sert pour remuer, retourner, ra-, masser les fourrages; dans ce cas ehes sont oïdinairement en bois de frêne, d’orme, de charme, de châtaignier, de micocoulier ou bois de Perpignan. Le manche, que l’on choisira le plus droit poss ble, sera d’une longueur de l“,5n à l'“,70 pour les besoins ordinaires de la fenaison; il sera plus long pour les fourches destinées à hisser les gerbes de céréales ou le foin sur les voitures,
les meules, etc. Les fourches en fer, dont on se sert rarement pour les usages ci-dessus mentionnés, sont plutôt employées pour remuer et charger les fumiers ; elles sont très-souvent à trois, quatre dents plus ou moins aiguës.
FOURGHET (Vétérinaire). — Il existe entre les deux onglons du mouton, un petit canal tortueux, en forme de poche repliée sur el.'e-môme, nommé canal biflexe. Le fourchet n'est autre chose que l’inflammation de ce canal, causée par l’accumulation de l’humeur sébacée qui y est sécrétée. Elle se manifeste par le gonflement de ce canal, la difficulté de marcher, des souffrances assez vives qui font maigrir le malade. On l’a vu se terminer par des abcès, l’ulcération du canal, des tendons, la gangrène. Le traitement consiste dans l’emploi des émollients, des lotions, des cataplasmes, puis des résolutifs. Lorsqu’il y a des ulcérations. Girard conseille d’extirper le canal biflexe. Cette affection est quelquefois compliquée du Piétin ou de la Limace (voyez ces mots!.
^ FOURCHETTE (Anatomie vétérinaire). — On appelle ainsi cette partie du sabot du cheval, formée par une corne molle, élastique, qui s’élargit vers le talon et qr.i est moulée exactement sur le coussinet plantaire., par-tie molle et charnue située sous le pied. C’est, dit Girard, « une partie exubérante, pyramidale, dont la pointe est antérieure et prolongée dans le milieu de la sole ; dont la base, bifurquée et plus élevée, se continue de chaque côté avec les talons et termine postérieurement la circonférence du dessous du pied. Elle poi te deux branches disposées en V, et séparées par un enfoncement triangulaire nommé le vide. Elle est composée d’une corne plus ou moins flexible, concourt avec le bord de la paroi à l’appui, modère les effets des percussions violentes, empêche l’animal de glisser sur le pavé mouillé ou plombé, et sert spécialement au toucher. »
Fourchette ( Maladies de la) (Vétérinaire). — On connaît deux maladies de la fourchette : 1“ elle est dite échauffée ou iridiée., lorsqu’elle présente un suintement d’une humeur puriforme, noirâtre, fétide, qui s’amasse et séjourne dans le vide de la fourchette. Cette altération finit par désorganiser la corne et par dégénérer en fourchette pourrie dont on pourrait la considérer comme le premier degré, On l’appelle pourrie lorsqu’une sorte de pourriture s’empare de la fourchette qui devient molle, filandreuse, peu cohérente, et laisse échapper une humeur noirâtre, d’une odeur ammoniacale très-fétide ; il survient souvent un prurit considérable qui force l’animal à frapper du pied contre terre. Ces deux affections résultent en général du séjour des chevaux dans les lieux bas, humides et malpropres, surtout dans l’urine et le fumier ; elles sont aussi la suite de la négligence de parer le pied et de laisser trop pousser la corne chez ceux qui marchent peu. Pour le traitement, on fera d’abord cesser les causes signalées; on nettoiera avec soin la fourchette, on parera le pied, on l’humectera avec quelques gouttes d’essence de térébenthine, et on fomentera la partie avec de l'eau fortement vinaigrée ou saturnée. On sera quelquefois obligé d’avoir recours à un fer à lunettes ou à branches raccourcies, surtout s’il y a de la pourriture et que la maladie se prolonge.
Fourchette (Anatomie humaine). — Ce nom, tombé dans le langage vulgaire, avait été donné par les anciens anatomistes à l’appendice cartilagineux du sternum qui est quelquefois bifurqué; c’est V Appendice xiphdide.
FOURGROY.\, Fürcroa, Fürcroya (Botanique). — Genre de plantes établi par Ventenat dans la famille
FOURMI Zoologie), du latin formica., Mgrmêx des Grecs. — Ce nom si célèbre s'applique, môme en ne considérant que notre pays, à un groupe d’espèces semblables, la plupart communément répandues aux environs de Paris. Il a été appliqué en outre â bien des insectes exotiques plus ou moins semblables à nos fourmis indigènes, des Amarvljidées , très-voisin des Agaves.
Linné avait formé de toutes ces espèces un grand genre Fourmi {Formica), que le nombre toujours croissant des espèces a contraint de considérer maintenant comme une sorte de famille renfermant jusqu’à neuf genres.
Confornuition des fourmis. — Les fourmis sont des Insectes de l’ordre des Hyménoptères, ou insectes à quatre ailes membraneuses et nues, section des Porte aiguilloir famille df»s liétérogynesAnho àQ&Formicaires, Dans cette, section des Porte-aiguillon, se trouvent avec les fourmis, les guêpes, les abeilles, les bourdons; les
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fourmis forment le genre type de la famille des Hétérogynes. En général, chaque espèce de cette famille est représentée par trois sortes d’individus, les mâles, les femelles et les neutres ou femelles stériles, nommées aussi
ouvrières , mulets. Le grand genre Fourmi de Linné, tribu des Fonnicaires de Latreille , comprend des hyménoptères vivant en sociétés souvent fort nombreuses, et formées de femelles et de mâles ailés, et de neutres privés d’ailes (chez tous les autres hyménoptères qui vivent en société, les neutres sont ailés). Leur corps, grêle et allongé, se compose d’une tête assez grosse, triangulaire ou ovoïde, d’un thorax assez volumineux et d’un abdomen ovalaire se joignant
au thorax par un nœud double ou simple, que forme le premier ou les deux premiers anneaux abdominaux . Les pattes sont grêles et terminées par deux crochets sans pelotes. La bouche est armée de mandibules cornées, protégées par un labre carré, très-ibrtes et très-saillantes dans les neutres et dans les femelles, de forme ordinairement triangulaire et dentées sur leur bord libre ; les mâchoires et la languette sont petites, avec des palpes maxillaires et labiales, filiformes ou sétacées. La tête porte de chaque côté un œil composé, arrondi, plus gros chez les mâles qui possèdent en outre, ainsi que les femelles, trois petits yeux lisses ; ces yeux lisses manquent souvent chez les neutres. Les antennes, plus courtes que le corps, sont coudées et légèrement épaissies vers leur extrémité libre. Les ailes des mâles et des femelles sont grandes et tombent facilement; on n’en trouve aucune trace chez les neutres. Bien que rangées dans la section des Porte-aiguillon^ les fourmis n’ont pas toujours cette arme défensive naturelle; dans beaucoup d’espèces, l’aiguillon manque, et l’insecte, pour se défendre, lance par l’anus une liqueur acide, sécrétée par des glandes spéciales, et que les chimistes ont décrite comme un acide particulier sous le nom d'acide formique; c’est lui qui exhale l’odeur connue de tout le monde que répandent les fourmis et qu’elles laissent souvent pour trace de leur passage.
L’existence ou l’absence de l’aiguillon combinée avec la présence d’un nœud simple ou double à l’union de l’abdomen avec le thorax, fournit à Latreille les moyens de partager ses Formicaires en trois groupes faciles à distinguer, et qui ont été conservés : Fourmis ou For-
micaires dépourvues d'aiguillon^ le premier anneau de l’abdomen ne formant qu’un seul nœud ; genres Fourmi^ Latr. ; Polyergue., Latr. 2" Formicaires pourvues d'un aiguillon chez les femelles et les neutres^ premier anneau de l’abdomen formant un seul nœud; genres Ponère., Latr. ; Odontomaque^ Latr. 3“ Formicaires pourvues d’un aiguillon chez les femelles et les neutres^ premier anneau de l’abdomen formant deux nœuds; genres Myrmice^ Latr. ; Eciton, Latr. ; CEcodome^ Latr. ; Atie, Fabric. ; Cryptocère^ Latr.
Genre Fourmi. — L’espèce de fourmi la plus commune dans notre pays est le type du genre FourmiÛQ Latreille (Formica), caractérisé par ses mandibules triangulaires, très-dentées; c’est la F. noire (F. nigra. Lin.), qui établit son habitation sur le bord des chemins , dans les champs, les jardins, et creuse à fleur de terre de petites galeries aboutissant à son habitation. Le neutre, que l’on voit le plus communément, a 0",005 de longueur; il est brun-noirâtre, avec les mandibules et le premier article des antennes plus clair, les tarses d’un rouge pâle. La F. échancrée (F. emarginata, 01 iv.) est aussi très-commune en France, et habite les fentes des murs, le pied des arbres ; elle pénètre dans les maisons pour s’attaquer aux friandises que l’on y conserve. Elle ressemble beaucoup à la précédente, mais sa couleur est
le brun marron, et le corselet est rougeâtre. On trouve communément sur les arbres aux environs de Paris, la F. fxdigineuse ou enfumée (F. fuliginosa, Latr.), de la taille des précédentes, avec le corps d’un noir luisant, très-foncé, la tête grosse, en forme de cœur.
Plusieurs espèces habitent les bois, où l’on rencontre communément la F. fauve (F. rufa. Lin.). Elle y construit avec de petits morceaux de bois, de paille, de feuilles et un peu de terre et de sable, de vastes fourmilières qui s’élèvent en pain de sucre ou en dôme jusqu’à Ü“,8U et 0“,90 au-dessus du sol environnant. Les individus neutres ont 0“,007 à 0“,008 de longueur; ils sont noirâtres avec une grande partie de la tête, le thorax et le nœud de l’abdomen de couleur fauve. Les femelles et les mâles ont environ 0'“,01, et portent des ailes d’une couleur roussâtre. Cette espèce est remarquable pour l’abondance de sa liqueur acide ; les neutres et les femelles la lancent avec force dès qu’on les irrite; leurs fourmilières, lorsqu’on y touche, exhalent aussitôt une forte odeur d’acide formique. Les chimistes ont longtemps extrait cet acide de la fourmi fauve. Dans les mêmes lieux que la précédente espèce vit la F. sanguine (F. sanguinea, Latr.), qui lui ressemble beaucoup pour la taille, mais s’en distingue par la coloration ; la tête et les antennes sont d’un ronge sanguin, le thorax et les pattes fauves, l’abdomen d’un noir cendré. On trouve encore dans les bois deux autres espèces, la F. mineuse (F. cunicularia, Latr.), longue d’environ 0“,006, la tête noire avec des antennes rougeâtres, le thorax d’un fauve pâle, l’abdomen noir cendré, les pattes fauves ; la F. noircendré (F. fusca^ Lin.), longue de 0”,005 ou un peu plus, d’un noir cendré, les pattes et la base des antennes rougeâtres. Cette dernière espèce est très-commuiie.
Genres voisins de celui des Fourmis, — Notre pays possède encore comme espèces communes, rangées dans les genres voisins, la F. resserrée (Poneru contracta^ Latr.), très-petite et qui vit sous les pierres ; la F. rouge (Mip'mica rufa,, Latr.), qui fait d’assez fortes piqûres; la F. roussâtre(Polyergus rufescens,^^^^.) ou F. amazone de Huber, d’un roux pâle, longue de 0“,009 environ ; la F. maçonne (Atta structor,, Latr.), assez répandue en France, où elle construit des nids dans la terre sablonneuse et forme, avec la terre qu’elle retire de son habitation, une sorte de couvercle qui en protège l’entrée.
Les Fow'mihères. — Toutes les espèces de fourmis vivent en sociétés qui se construisent des nids souvent considérables, bien connus sous le nom de fourmilières. La place choisie pour l’établissement de ces demeures populeuses diffère selon les espèces, et selon l’emplacement aussi le mode de construction varie. Pierre Huber, le fils de cet aveugle opiniâtre, qui fut l’historien des abeilles, nous a décrit l’architecture des fourmis, et les distingue des F. charpentières dont les fourmilières sont construites avec de petits morceaux de bois, les feuilles linéaires et rigides des sapins, des brins de chaume, etc.; des F. maçonnes ou mineuses,, dont les nids, en forme de monticules, ne sont composés que de terre, sans autres matériaux; des F. menuisières ou sculpteuses,, qui se creusent dans l’intérieur du tronc d’un arbre une demeure composée d’une multitude de chambres formant plusieurs étages. Les belles observations de Huber, confirmées depuis par Latreille, ont été résumées par ce naturaliste qui, lui-même, est un maître comme historien des fourmis. Je ne puis mieux faire que de lui emprunter ce résumé sur l’architecture de ces curieux insectes.
« Une espèce des plus multipliées dans toute l’Europe, et dont on donne les larves et les nymphes, sous le nom d'œufs de fourmis, en nourriture aux perdreaux et aux jeunes faisans, est la F. fauve (F. rufa. Lin.) L’ha-
bitation des fourmis de cette espèce est composée de brins de chaume, de fragments ligneux, de cailloux et de coquillages d’un petit volume ; en un mot, de tous les objets d’un transport facile qu’elles rencontrent; et, comme elles ramassent souvent, dans le même dessein, des grains de blé, d’orge et d’avoine, on a cru qu’eJles faisaient des provisions pour l’hiver et les temps de disette Cette habitation se présente sous la forme d’un
monticule ou d’un dôme arrondi, dont la base est souvent couverte de terre et de petits cailloux, et au-dessus de laquelle les matériaux ligneux s’élèvent en pain de sucre. Tout paraît d’abord disposé sans ordre; mais un œil attentif découvre bientôt que tout est arrangé^ de manière à éloigner les eaux de la fourmilière, à la défendre des injures de l’air, des attaques de ses ennemis, à lui ménager la chaleur du soleil, et à conserver celle de son intérieur. La portion la plus considéi able du nid
Fig. 1282. — Fourmi fauve, femelle; longueur: On',010
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est cachée et s’étend plus ou moins profondément dans la terre. Des avenues en forme d’entonnoirs assez irréguliers conduisent du sommet de l’édifice dans son intérieur* leur nombre est proportionné à la population, et leur ouverture est plus ou moins large. On en trouve quelquefois une principale à la partie supérieure. Souvent aussi il y en a plusieurs à peu près égales, et autour disquelles sont placés circulairement, depuis la base du monticule jusqu'à son extrémité, beaucoup de passages plus étroits. Bien différentes de quelques autres espèces du môme genre, qui se tiennent volontiers dans leur nid et à l’abri du soleil, les fourmis fauves semblent préférer de vivre en plein air, et ne pas redouter, dans leurs travaux, notre présence. Les habitations en dôme de plusieurs autres fourmis sont fermées avec de la terre de tous côtés, et n’ont qu’une issue assez petite près de leur base, à laquelle môme on ne parvient souvent que par une galerie tortueuse qui serpente dans le gazon. On serait tenté de croire que les fourmis fauves ont moins de prévoyance, puisque leur demeure est percée d’un grand nombre de portes, où les eaux pluviales et les ennemis de ces insectes trouvent un accès facile. Mais elles ont soin, vers le déclin du jour ou aux approches du mauvais temps, de fermer les passages et de se barricader; elles apportent d’abord de petites poutres près des galeries, dont elles veulent diminuer l’entrée, et les enfoncent môme quelquefois dans le massif du chaume; elles vont ensuite en chercher d’autres, mais plus faibles, qu’elles placent sur les précédentes, dans un sens contraire; enfin elles emploient des morceaux de feuilles sèches ou d’autres matériaux d’une forme élargie pour recouvrir le tout. Les dernières portes étant fermées, quelques individus sont placés derrière, pour la garde et pour veiller à la sûreté des autres. Au retour du soleil sur l’horizon, les barricades sont défaites et les passages ordinaires sont rétablis. Ces travaux se renouvellent chaque jour, soir et matin, pendant la belle saison; si cependant le temps est pluvieux, les portes restent fermées.
« Ces fourmis commencent leur habitation par creuser dans la terre une cavité plus ou moins spacieuse. Les unes vont ensuite chercher aux environs les matériaux propres à la construction de la charpente extérieure, et les disposent dans un ordre peu régulier, mais de façon à couvrir néanmoins l’entrée de la demeure. D’autres ouvrières apportent les parcelles de terre qu’elles ont détachées en creusant l’excavation, les mêlent avec les matériaux déjà mis en œuvre, afin de remplir les vides et de fortifier l’édifice. A en juger d’après ses dehors, on croirait qu’il est massif; mais il n’en est pas ainsi. Son intérieur est divisé en plusieurs étages et offre des galeries, des salles spacieuses, qui, quoique basses et d’une construction grossière, sont commodes pour leur usage; les larves et les nymphes (jeunes fourmis dans leurs premiers âges) y sont transportées à certaines heures du jour. La salle la plus grande est presque au centre de l’édifice. Elle est beaucoup plus élevée que les autres, et traversée seulement par des poutres soutenant le plafond. Toutes les galeries y aboutissent, et c’est là que se tiennent la plupart des fourmis. La terre étant délayée par les eaux pluviales, et durcie ensuite par le soleil, forme une sorte de mortier qui donne de la solidité à l’édifice. L’eau môme, après de longues pluies, n’y pénètre guère, lorsqu’il est habité et qu’il n’a point été dérangé au delà d’un quart de pouce (0“,007) à partir de sa surface. On ne peut en observer la portion souterraine que lorsqu’il est situé contre une pente. Si on enlève le monticule de chaume, on verra la coupe intérieure du bâtiment; des loges pratiquées horizontalement dans la terre composent ces souterrains. »
Latreille, donne ensuite des descriptions de Huber, le résumé suivant sur les travaux de construction des fourmis maçonnes : u Le monticule élevé par la F. noir-cendrée {F. fusca ^ Lin.) offre toujours des murs épais, composés de terre grossière et raboteuse, et à l’intérieur des étages très-prononcés, ainsi que de larges voûtes soutenues par des piliers solides, et dont la force est proportionnelle à la largeur de ces voûtes. On y voit partout de grands vides et de gros massifs de terre. On n’y trouve point de chemins ni de galeries proprement dites, mais des passages en forme d’œil de bœuf. La F. brune ou F. noire (F. nigra^ Lin.) est beaucoup plus industrieuse; son nid est construit par étages de 4 à 5 lignes (0“,0l0 à 0“,012) de haut, dont les cloisons n’ont pas plus d’une demi-ligne (0“,001) d’épaisseur, et dont la matière est d’un grain si fin, que les parois intérieures des murs paraissent fort unies. Ces étages suivent la
pente du terrain et ne sont pas toujours arrangés avec la môme régularité, ni sur un plan bien fixe ; mats le supérieur recouvre toujours les autres, et cette disposition concentrique est continuée jusqu’aux logements souterrains. ... La fourmilière que cette espèce place souvent dans les herbes, sur le bord des sentiers, a une forme arrondie ; redoutant les ardeurs du soleil, ces fourmis s’y renferment pendant le jour, ou n’en sortent, quoique le nid ait souvent à sa surface deux ou trois petites ouvertures, que par des galeries souterraines dont l’issue est à quelques pieds de distance. » Cette demeure populeuse offre souvent une quarantaine d’étages, dont la moitié environ au-dessous du niveau du sol; chaque étage se compose de loges où peuvent se tenir les fourmis adultes, de logettes plus étroites oû elles placent, à divers étages, suivant la température des diverses heures du jour, leurs larves et leurs nymphes, l’espoir de l’industrieuse cité, enfin de galeries s’entre-croisant par des sortes de carrefours, et qui font communiquer loges et logettes les unes avec les autres. Rien de plus intéressant que le travail de la construction de cette fourmilière; Latreille le décrit ainsi d’après Huber ; « N’ayant pour pouvoir lier les molécules terreuses employées exclusivement à la construction de leurs ouvrages d’autres ressources que l’eau, elles ne se livrent au travail que dans les instants du jour oû la chute d’une pluie douce les y invite. Elles profitent surtout de celles du printemps, et la nuit môme alors ne suspend pas leur activité. Des étages entiers sont entièrement construits du soir au matin. M. Huber est parvenu parfois à les faire travailler au moyen d’une pluie artificielle. Les fourmis ratissent avec leurs mandibules la terre du fond de leur domicile, en détachent des molécules, les réunissent en une petite pelote, l’emportent avec leurs dents et l’appliquent à l’endroit où elle doit rester. Elles la divisent et la poussent avec ces organes, de manière à remplir les petites irrégularités des murs ou des piliers qu'elles commencent par construire; elles palpent à chaque instant avec leurs antennes les brins de terre, et, après leur avoir donné la disposition convenable, elles les affermissent en se servant de leurs pattes antérieures. Ce travail va très-vite. Les fondements des piliers et des cloisons étant jetés, elles leur donnent plus de relief par la superposition de nouveaux matériaux. Souvent, lorsque deux petits murs, destinés à former une galerie, élevés vis-à-vis l’un de l’autre et à peu de distance sont à la hauteur de 4 à 5 lignes (0“,010 à 0“,0I2), elles s’occupent do la construction du plafond en travaillant maintenant dans un sens horizontal ; elles attachent contre l’arête intérieure et supérieure du mur des brins dç terre mouillée, lui forment ainsi un rebord qui, s’étendant peu à peu, vient à rencontrer celui du mur opposé. La largeur de la galerie est le plus souvent d’un quart de pouce (0“,007 ) et les cloisons ont environ une demi-ligne (0“,00i ) d’épaisseur. Le plafond est cintré. Les sommités des piliers, les angles produits parles rencontres des murs, les bords supérieurs, sont toujours les points d'appui et les fondements des voûtes et des plafonds, ou des loges, des salles et des places qui partagent l’intérieur des étages. On ne peut s’empêcher d’admirer leur activité à porter le mortier, l’ordre qu’elles observent dans leurs opérations et l’accord qui règne entre elles. La pluie augmente la cohésion entre les parties et fait disparaître les inégalités de la maçonnerie. Trop violente quelquefois, elle peut détruire des cases dont la voûte n’est pas encore finie ; mais les fourmis ne tardent pas à les relever. Souvent un étage complet est achevé dans l’espace de sept ou huit heures. M. Huber a cependant vu ces insectes détruire les cases qui n’étaient pas encore recouvertes, et eu répartir les matériaux sur le dernier étage de l’habitation, à la suite d’un vent violent du nord, qui, en desséchant trop promptement la maçonnerie, diminuait l’adhérence de ses parties et dès lors sa solidité. Ces fourmis savent donc à la fois miner et bâtir, et leurs travaux se font de concert, tant dans les excavations inférieures que dans la partie supérieure de l’édifice qui s’élève au-dessus du sol. Elles construisent aussi avec de la terre, et à la manière des termès, Latr.) des galeries couvertes
qu’elles conduisent depuis leur nid jusqu’au pied des arbres, môme jusqu’à l’origine des branches, afin d’être plus en sûreté dans les excursions qu’elles font pour chercher leur nourriture. »
Huber a décrit aussi les travaux plus grossiers de nos fourmis noir-cendrées, et voici les réflexions curieuses que lui suggèrent ses observations : « Je me suis assuré, dit-il, que chaque fourmi .agit indépendamment de ses
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compagnes. La première qui conçoit un plan d’une exécution facile en trace aussitôt l’esquisse ; les autres n’ont plus qu’à continuer ce qu’elle a commencé : celles-ci jugent par l’inspection des premiers travaux de ceux qu’elles doivent entreprendre ; elles savent toutes ébaucher, continuer, polir ou retrancher leur ouvrage, selon l’occasion; l’eau fournit le ciment dont elles ont besoin; le soieil et l’air durcissent la matière de leurs édifices; elles n’ont d’autres ciseaux que leurs dents , d’autre compas que leurs antennes, d’autre truelle que leurs pattes de devant, dont elles se servent d’une manière admirable pour appuyer et consolider leur terre mouillée. »
D’autres espèces de fourmis, habitant sur les arbres, développent d’autres aptitudes encore, ce sont les menuisières ou sculpteusesde Huber. « Qu’on se représente, dit-il en décrivant la demeure de la F. fuligineuse {F.fu- /i^moi«,Latr.), l’intérieur d’un arbre entièrementsculpté, des étages sans nombre, plus ou moins horizontaux, dont les planchers et les plafonds, à 5 ou 6 lignes (0“,0l 2 ou 0“,016) de distance les uns des autres, sont aussi minces qu’une carte à jouer, supportés tantôt par des cloisons verticales, que forment une infinité de cases, tantôt par une multitude de petites colonnes assez légères, qui laissent voir entre elles la profondeur d’un étage presque entier, le tout d’un bois noirâtre et enfumé, et l’on aura une idée assez juste des cités de ces fourmis. La plupart des cloisons verticales qui divisent chaque étage en compartiments sont parallèles; elles suivent le sens des couches ligneuses, toujours concentriques, ce qui donne un air de régularité à l’ouvrage : les planchers, pris dans leur ensemble, sont horizontaux ; les petites colonnes sont de 1 à 2 lignes (0“,003 à 0'",00.'j) d’épaisseur, plus ou moins arrondies, d’une hauteur égale à l’élévation de l’étage qu’elles supportent, plus larges en haut et en bas que dans le milieu, un peu aplaties à leurs extrémités, et rangées en ligne parce qu’elles ont été taillées dans des cloisons parallèles. Quels nombreux appartements, quelle multitude de logements, de corridors, ces insectes ne se procurent-ils pas par leur seule industrie ? Et quel travail une si grande entreprise n’a-t-elle pas dû leur coûter? » La fourmi fuligineuse habite en sociétés nombreuses de bien des milliers d’individus les troncs des saules et des chênes. Les vieux châtaigniers donnent asile, surtout dans le midi de la France, à la F. éthiopienne (F. œthiops Latr.) et à la F. hercule ou rongebois [F. herculanea^ Lin.), deux espèces bien moins industrieuses que la fuligineuse. On trouve encore sur les arbres des espèces qui, au lieu de sculpter, gâchent avec un peu de terre, des toiles d’araignées et des parcelles de la vermoulure des arbres, une sorte de matière analogue au papier mâché, et en font leur nid. Telles sont les habitudes de la F. rouge [Myrmica rufa^ Lin.) et de la F. jaune (F. latea, Latr.). Cette dernière espèce est très-commune dans les Alpes ; son nid a dans les montagnes une forme allongée, régulière, calculée pour résister aux accidents du temps; il est constamment dirigé de l’est à l’ouest; le sommet et la pente la plus rapide regardent le levant d’hiver, et de l’autre côté le nid s’abaisse doucement en talus. Les montagnards des Alpes ont une telle confiance dans la constance de la direction du nid de cette espèce, que dans la nuit ou au milieu des brumes épaisses, ils se servent des nids de cette espèce comme de boussoles pour s’orienter. Huber a constaté que cette confiance n’a rien d’exagéré; mais ce qu’il a vu de plus curieux encore, c’est que la môme espèce, dans les plaines, ne donne plus à son nid cette forme particulière, sans doute parce qu’elle n’a plus les mêmes dangers à prévoir.
Il paraît que l’observation des espèces de fourmis des pays exotiques ajouterait bien des faits nouveaux à ceux que l’observation des fourmilières de nos pays a fait connaître. « M. le professeur E, Blanchard cite plusieurs nids curieux que possède le Muséum d’histoire naturelle ûe Paris, sans indications précises sur les espèces de fourmis qui les ont construits. L’un, rapporté des Indes orientales, a près de l pied (0“,33) de diamètre; il est entièrement formé d’une terre jaune assez semblable à de la terre glaise. C’est un immense labyrinthe dont le chemin est garni, dans toute sa longueur, d’un mur assez élevé pour protéger les travailleurs. Cette habitation n’offre qu’une seule ouverture à son sommet par laquelle les fourmis redescendaient. Un autre, rapporté d’Amérique, ne présente à la vue qu’une masse immense de petites branches de bois enchevêtrées les unes dans les autres; la forme de cette demeure n’est pas moins singulière ; elle est ronde comme un fiomage de Hollande.
La F. émeraude (F. smaragdula) du Sénégal construit son nid dans les arbres avec des feuilles assemblées convenablement; la F. fongueuse [F. fungosa^ Fabr., ou F. bispinosa^ Latr.) de la Guyane forme, avec le duvet tiré des capsules du fromager, une matière feutrée ayant l’aspect de l’amadou, et dont son nid est entièrement composé. On emploie à Cayenne cette espèce d’amadou pour étancher le sang dans les hémorragies. Une fourmi du Brésil (F. merdicola)^ observée, par M. Lund, récolte des parcelles de la fiente des chevaux et des mules et en construit son nid, qu’elle fixe sur des tiges d’arbustes.
L’éducation des jeunes. — Dans ces demeures compliquées et spacieuses dont la disposition vient d’être indiquée, loge une population dont l’abondance est devenue proverbiale. On y rencontre plusieurs femelles mères qui, plus tolérantes que la reine des abeilles, vivent sans cébats dans la même cité ; des mâles beaucoup plus nombreux, et enfin des myriades d’ouvrières ou individus neutres. Les occupations de ce peuple industrieux consistent, outre les constructions qu’exige la fourmilière, dans l’éducation des œufs et des larves et dans la recherche de la nourriture. Dans le milieu de l’été a lieu la ponte qui se fait avec une sorte de solennité. La femelle qui doit pondre commence par faire tomber ses ailes au moyen de ses pattes postérieures ou les neutres les lui arrachent. On l’installe dans la partie de l’habitation la plus convenable, et une sentinelle soigneusement relevée de temps en temps veille sur elle pendant que dans son ventre, qui gonfle peu à peu, se développent les œufs qu’attend son laborieux entourage. Le moment venu, un cortège de douze ou quinze ouvrières se forme autour d’elle, et l’accompagne en la comblant de caresses et de prévenances; on la conduit, on la porte, au besoin, dans les divers quartiers de la fourmilière, et les œufs, à mesure que la ponte a lieu, sont relevés par les neutres et rangés en petits tas dans des loges choisies. Ces œufs sont cylindriques et d’un blanc opaque; ils grossissent peu à peu et deviennent de plus en plus transparents, jusqu’à ce qu’on distingue dans leur masse limpide les anneaux de la larve qui s’y est formée. C’est quinze jours après la ponte que l’œuf éclôt et donne le jour à une larve d’une parfaite transparence. C’est un petit ver blanc, de forme conique, dépourvu de pattes et composé d’une petite tête écailleuse suivie de douze anneaux. La bouche est armée seulement de deux petits crochets écartés, qui sont des rudiments de mandibules; au-dessous se voient deux paires de petites pointes, et au milieu de la seconde un mamelon cylindrique et rétractile, avec lequel la larve reçoit la becquée que lui donnent les neutres chaque jour. Ce jeune nourrisson a déjà coûté bien des soins aux ouvrières; tout le temps de l’incubation de l’œuf, elles s’en sont occupées sans relâche, le tournant et retournant pour le nettoyer et l’huniecter sans cesse avec leur langue, le transportant, selon les besoins, dans telle ou telle partie de l’habitation. Ces soins minutieux sont indispensables au succès de l’éclo- ' sion, et des milliers d’œufs les reçoivent en môme temps. Les larves n’exigent pas moins de dévouement ; il faut aposter près d’elles une garde pour les défendre; il faut aller à la quête des liquides sucrés qui font leur meilleure nourriture. « Mais, dit M. le professeur E. Blanchard, à peine le soleil commence-t-il à jeter ses rayons, que les fourmis placées en dehors de la fourmilière vont au plus vite en avertir celles qui sont restées dans l’intérieur; elles les touchent avec leurs antennes, elles les entraînent avec leurs mandibules, pour leur faire comprendre de quoi il s’agit. La scène la plus singulière et la plus animée va se passer alors. En peu d’instants toutes les issues sont encombrées par les fourmis qui se pressent vers le dehors. Les larves sont emportées en même temps par les ouvrières, pour être placées au sommet de la fourmilière et ressentir les effets de la chaleur du soleil. Les larves des femelles, plus grosses que celles des mâles et des neutres, sont transportées avec plus de difficulté à travers les passages étroits de l’habitation ; mais on redouble d’efforts, et on parvient toujours à les déposer près de celles des autres individus. Pendant quelques instants, on voit ordinairement les fourmis elles-mêmes se tenir réunies en groupes nombreux à la surface de la fourmilière, et se complaire aussi sous l’influence du soleil. Cependant elles ne laissent pas longtemps les larves exposées à une chaleur directe aussi forte ; elles les retirent bientôt pour les mettre dans des loges peu profondes, où elles peuvent encore ressentir une chaleur pleinement suffisante. » Outre ces soins laborieux, les ouvrières s’occupent sans cesse à
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nettoyer les larves, à les aider lors de chaque mue à se débarrasser de leur peau vieillie. Au terme de leur accroissement, les larves des formicaires dépourvus d’aiguillon se filent une coque desoie, de couleur gris-jaunâtre, sous laquelle elles passentà l’état de nymphe, mais d’où elles ne sortent qu’avec le secours des ouvrières. « Ce qu’il y a de remarquable, ajoute le même observateur que je viens de citer, c’est qu’elles savent toujours connaître le moment où l’insecte va éclore, car elles ne se trompent jamais. Ce n’est pas sans difficulté que ces laborieuses ouvrières viennent déchirer la coque des pauvres prisonnières. Plusieurs individus se mettent à la fois après la même; ils commencent par arracher, et c’est toujours à la partie supérieure, quelques fragments de soie pour amincir l’étoffe; ils parviennent à la percer à force de la pincer, de la tordre en divers sens, et à l’entamer complètement en passant leurs mandibules au travers. Mais il leur faut encore agrandir l’ouverture pour que l’insecte nouveau puisse sortir. C’est quand cette opération est achevée qu’ils commencent à en tirer l^.prisonnière, en prenant les plus grandes précautions pour ne lui faire aucun mal. Le malheureux insecte n’est cependant pas à ce moment libre de prendre son essor; son état exige encore des soins de la part des ouvrières; il est encore revêtu de l’enveloppe de la nymphe. Ce sont celles-ci qui doivent l’en débarrasser. Peu à peu le nouveau-né, ayant ses antennes et ses pattes dégagées, commence à marcher ; les ouvrières lui apportent aussitôt de la nourriture dont il paraît avoir un pressant besoin. Pendant plusieurs jours encore, les habitants de la fourmilière donnent une attention particulière aux individus qui viennent de naître ; ils leur apportent la subsistance quotidienne; ils les accompagnent en tous lieux, comme pour leur faire connaître toutes les issues de l’habitiition. Les laborieuses ouvrières s’acquittent également du soin difficile d’étendre les ailes des individus mâles et femelles qui viennent d’éclore, et elles s’en acquittent toujours avec une assez grande adresse pour ne pas rompre ces membranes fragiles. Enfin, elles ne cessent de diriger tous leurs mouvements jusqu’à l’instant où ceux-ci vont quitter la fourmilière. »
Huber et Latreille ont observé l’un et l’autre que la sortie des individus ailés (les mâles et les femelles) n’a lieu que lorsque la température extérieure s’élève à environ 20" cent., et que chez la plupart de nos fourmis indigènes la dernière transformation des jeunes n’a lieu qu’au milieu de l’été, et même en automne. Dès que le temps est favorable, mâles et femelles nouvellement éclos abandonnent la fourmilière. Huber a décrit plus d’une de ces scènes curieuses ; voici comment il raconte le départ desintiividus ailés delà Fourmi des gazons {Myrmica cespüum^ Latr.) ; « Quels objets brillent à nos yeux sur cet autre monticule qui s’élève dans l’herbe ? Ce sont encore des mâles de fourmis qui sortent par centaines de leurs souterrains, et promènent leurs ailes argentées et transparentes à la surface du nid; les femelles, en plus petit nombre, traînent au milieu d’eux leur large ventre bronzé, et déploient aussi leurs ailes dont l’éclat changeant ajoute encore à l’aspect agréable qu’ofi're leur réunion. Un nombreux cortège d'ouvrières les accompagne sur toutes les plantes qu’elles parcourent ; déjà le désordre et l’agitation régnent sur la fourmilière; l’effervescence augmente à chaque instant; les insectes ailés montent avec vivacité le long des brins d’herbe, et les ouviières les y suivent, courant d’un mâle à un autre, les touchent de leurs antennes et leur offrent de la nourriture : les mâles quittent enfin le toit paternel; ils s’élèvent dans les airs comme par une impulsion générale, et les femelles partent après eux. La troupe ailée a disparu, et les ouvrières retournent encore quelques instants sur les traces de ces êtres favorisés, qu’elles ont soignés avec tant de persévérance et qu’elles ne reverront jamais. » La plupartdes femelles et des mâles d’nne génération abandonnent, en efiet, la fourmilière natale pour jeter les fondements de cités nouvelles, et parfois assez loin de leur lieu natal. Après cette joyeuse excursion des mâles et des femelles à travers les airs calmes et attiédis par le soleil, les femelles destinées à devenir bientôt mères savent se construire une demeure provisoire; en attendant que des ouvrières sorties de leurs flancs prennent le poids de ces travaux, elles les remplissent sans embarras jusqu’au jour où des neutres élevés par leurs soins les déchargent de ce labeur inusité.
Du reste, tous ces individus ailés, mâles ou femelles, ne survivent pas à l’automne, et il ne reste l’hiver dans la fourmilière que des neutres plus ou moins engourdis.
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La vie des neutres paraît se prolonger deux ou trois ans.
Certaines espèces de fourmis exécutent ce que Huber nomme des mùjrations ; c’est-à-dire qu’elles abandonnent une fourmilière trop ombragée, trop humide, trop voisine d’une fourmilière ennemie ou dérangée par quelque accident, pour fonder une nouvelle ville. Ges migrations, si l’on en juge par la manière dont elles se pratiquent,, ne résultent pas d’une résolution généralede la nation; il semble plutôt qu’une ou quelques ouvrières en conçoivent le dessein et le fassent accepter de leurs nombreuses compagnes. On voit en effet quelques fourmis s’approcher des autres et après quelques caresses se saisir d’elles plus ou moins brusquement et les emporter au nouveau lieu d’habitation qu’elles ont choisi. Dès que les porteuses que Huber nomme recruteuses^ ont déposé leurs recrues^ dans la nouvelle fourmilière, celles-ci reprennent le chemin de l’ancienne, non pour s’y établir de nouveau, mais pour recruter à leur tour de nouveaux émigrants d’une façon tout aussi cavalière. En peu de temps est organisé un transport général des habitants du vieux nid vers le nouveau. On peut alors observer sur le chemin qui unit les deux habitations un va-et-vient continuel ; mais toutes les fourmis qui se dirigent vers la nouvelle fourmilière portent une compagne; toutes celles qui marchent vers l’ancienne sont libres de tout fardeau.
U alimentation des fourmis^ leurs troupeaux. — Les fourmis ne se préparent point, comme les abeilles, les guêpes, les bourdons, une nourriture spéciale; chacun sait qu’elles butinent partout, sur les viandes fraîches ou avancées, sur les fruits, sur les sucreries principalement. Elles s’attaquent à plusieurs espèces de larves et d’insectes, mais surtout aux chenilles; elles décharnent rapidement les cadavres des petits vertébrés, à tel point qu’on les emploie souvent pour préparer des squelettes de petits oiseaux, de petits mammifères, de petits reptiles. Ce sont surtout les fourmis fauves de nos bois qui nous rendent cet office. On croit en général que les fourmilières renferment de vastes greniers où la prévoyante fourmi entasse d’abondantes provisions pour l’hiver; c’est là, sinon une erreur, au moins une grande exagération. Les fourmis de nos pays s’engourdissent l’hiver dans leurs fourmilières bien closes et n’ont besoin d’aucunes provisions pour cette saison; c’est donc seulement pour les temps rigoureux où elles ne peuvent sortir, qu’elles réunissent dans quelques coins de leur demeure de menus débris dont elles puissent subsister.
Toutefois si l’observation précise a dépouillé les fourmis d’une de leurs vertus proverbiales, c’est pour nous révéler des faits bien plus curieux que ceux d’une épargne prévoyante. « On n’eût jamais deviné, dit Huber, que les fourmis fussent des peuples pasteurs ! » et en effet qui voudra croire sans le vérifier par soi-même que certaines fourmis savent se créer un bétail qxi’elles vout traire pour alimenter leurs larves et pour se régaler ellesmêmes d’un mets exquis?.... cependant c’est un des faits les mieux établis de leur histoire. Beaucoup d’espèces de fourmis sont très-friandes d’une liqueur sucrée que les pucerons font sortir par les deux cornes de l’extrémité postérieure de leur corps. Aussi sont-elles fréquemment occupées à rechercher ces animaux que Linné nommait les vaches des fourmis. Bien loin d’obtenir violemment la liqueur désirée, elles en font doucement la traite; Huber les a vues caresser doucement de leurs antennes l’extrémité postérieure du corps des pucerons et aussitôt le liquide sucré s’écoule; la fourmi trayeuse saisit avec ses antennes la goutte de miel qui se forme au bout de chaque corne et la porte à sa bouche. Mais non contentes du nombre de pucerons libres qu’elles peuvent rencontrer dans leurs excursions, plusieurs e.spèces élèvent et établissent pour leur usage de vraies étables à pucerons, soit dans le voisinage de leur fourmilière, soit dans la fourmilière môme.
Les F. jaunes {F. lutea) ne sortent presque jamais de leur demeure et Huber ne pouvait s’expliquer comment elles y subsistent. « Ayant un jour retourné la terre dont l’habitation de ces fourmis était composée, il trouva des pucerons dansleur nid. Les racines des graminées qui ombrageaient la fourmilière, en offraient aussi de différentes espèces et rassemblés en familles assez nombreuses. Les fourmis semblaient épier auprès d’eux le moment de leur évacuation miellée, ou la déterminaient môme par les moyens indiqués ci-devant. Il importait de savoir si cette cohabitation était générale. M. Huber se hâta de fouiller dans un grand nombre de nids de fourmis jaunes, et il y trouva toujours des pucerons, surtout après des pluies chaudes. Il ne tarda pas à être
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témoin de l’affection intéressée qu’elles ont pour eux et ■qui va jusqu’à la jalousie. Elles les prenaient souvent à la bouche et les emportaient au fond du nid; d’autres fois elles les réunissaient au milieu d’elles, ou les suiiraient avec sollicitude, Rétablissement d’une de ces peuplades de fourmis, avec leurs pucerons, dans une boîte vitrée, lui donna la facilité de constater encore ces observations, et de se convaincre qu’elles les gardent avec la même vigilance, et les traitent avec les mômes soins que s’ils étaient de leur propre famille. Le corps de ces pucerons étant très-mou, que de précautions délicates ne doivent-elles pas prendre, lorsqu’elles veulent les détacher du végétal auquel ils sont fixés avec leur trompe, afin de pouvoir les transporter dans leur demeure ! C’est toujours en les caressant avec leurs antennes, qu’elles les engagent à retirer l’instrument qui leur sert à pomper les sucs de la plante. Souvent d’autres fourmis voisines tâchent de les leur dérober ; mais les propriétaires connaissent tout le prix de ces petits animaux, et défendent avec chaleur leur possession.... Quatre ou cinq espèces possèdent des pucerons, mais en plus petit nombre et moins constamment que les fourmis jaunes. Plus actives et vagabondes, elles peuvent grimper sur les végétaux chargés de pucerons, et se pourvoir sans les déplacer. Il en est même qui se construisent avec de la terre un tuyau qui les conduit de leur domicile à la branche où sont leurs nourriciers, et peuvent sans crainte ramener les pucerons au logis. La fourmi rouge {Myrmica rufa), celle des gazons {M. cespitum)^ la brune (F. nigra) et une autre espèce presque microscopique, ont toujours, en automne, en hiver et au printemps, de ces insectes. Ceux qui habitent avec la dernière, sent proportionnés à sa petitesse. Plus ingénieuses et plus prévoyantes encore, d’autres fourmis bâtissent, avec de la terre, autour des tiges des plantes, des maisonnettes <3estinées aux pucerons qu’elles y réunissent. Tantôt elle est en forme de sphère, lisse et unie en dedans, telle est celle que M. Huber a trouvée au milieu de la tige d’un tithymale qui lui servait d’axe : elle avait dans le bas une ■ouverture fort étroite, et par laquelle les fourmis brunes, propriétaires du bercail et pouvant en jouir paisiblement, sortaient et entraient et se trouvaient à proximité de leur propre habitation Tantôt cette demeure des pucerons, comme celle que le môme observateur a vue au pied d’un chardon et dont il attribue la construction aux fourmis rouges, avait la forme d’un tuyau, long de 2 pouces 1/2 (0“,067) sur 1 1/2 (O^jO'il). L’ayant ouvert, il s’aperçut
qu’elles y vivaient avec leurs larves et des pucerons
Les pucerons du plantain commun se retirent,, lorsque sa tige se dessèche sous les feuilles radicales. Des fourmis les y suivent et s’enferment alors avec eux, en murant avec de la terre humide tous les vides qui se trouvent entre le sol et le bord des feuilles. Creusant ensuite le terrain situé au-dessous, elles se donnent plus d’espace pour approcher des pucerons, et se ménagent des galeries souterraines qui vont de là à leur propre habitation. Les fourmis ne s’engourdissent qu’à 2“ au-dessus de zéro du thermomètre de Réaumur (2® 1/2 de l’échelle centigrade), et lorsque l’hiver n’est pas rigoureux, la profondeur de leur nid les garantit, et leur activité n’est point interrompue. Sans des ressources particulières elles seraient donc alors exposées à périr. Ces pucerons fournissent à leurs besoins; et, chose extraordinaire, ils s’engourdissent au même degré de froid que les fourrais, et sortent de leur léthargie en même temps qu’elles. Les fourmis qui n’ont point l’instinct de se les approprier, ■connaissent du moins les lieux où ils sont cachés et rapportent à leurs compagnes le peu de miellée qu’elles ont recueillie auprès d’eux... La conservation des pucerons ■est d’un si grand intérêt pour les fourmis que les œufs mômes de ces insectes sont l’objet de leurs soins. C’est ce que M. Huber a observé relativement aux fourmis jaunes. Elles rassemblent et gardent ces œufs avec le plus grand soin ; elles les lèchent constamment, les enduisent d’un gluten qui les colle ensemble, et remplissent, en un mot, toutes les conditions nécessaires à leur entretien, de sorte qu’ils éclosent dans leur habitation, comme s’ils avaient été abandonnés aux soins de la nature » (Latreille).
Les guerres yles conquêtes et l'esclavage chez les fourmis. — Nous venons de voir les fourmis architectes, nourrices, gardeuses de troupeaux ; letableau va changer maintenant; la guerre avec toutes ses horreurs, la guerre acharnée et meurtrière, vas’allumerentrelesfourmilièresd’espècesdifférentes, tantôtpour la réduction en esclavage d une partie des vaincues, tantôt pour l’extermination d’une des répu-
bliques ennemies. Ce petit insecte grêle porte en lui un grand courage et une confiance évidente dans la puissance du nombre et de l’union des volontés. Il a d’ailleurs son équipement militaire tout prêt sur lui, arme de jet, et arme tranchante. L’ennemi est-il hors d’atteinte, la fourmi se redresse sur ses pieds de derrière, fait passer son abdomen entre ses jambes et lance avec force un jet d’acide formique. La lutte a-t-elle lieu corps à corps, les mandibules sont l’arme cruelle avec laquelle la fourmi saisit et déchire son ennemi. La taille les effraye peu, car elles savent se mettre plusieurs à lutter contre un ennemi qui a sur elles cet avantage.
Deux de nos espèces indigènes, plus spécialement guerrières que les autres, dédaignent les travaux paisibles et ont le curieux instinct d’enlever des ouvrières d’autres espèces et d’en faire des esclaves qui soignent leurs demeures, élèvent leurs petits et deviennent les ménagères dociles de ces brigands paresseux. Ces deux espèces nommées fourmis amazones par Huber, qui nous a révélé ces faits extraordinaires, sont la fourmi ou polyergue roussâtre {Polyergus rufescens, Latr.), et la fourmi sanguine {Formica sanguinea, Latr.), qui l’une et l’autre vivent dans les bois. C’est le 17 juin 1804, entre 4 et 5 heures de l’après-midi, aux environs de Genève, que P. Huber vit pour la première fois une de ces razzias des fourmis roussâtres. A ses pieds défilait avec rapidité un corps d’armée de ces fourmis ; la troupe occupait 2“‘,60 à 3 mètres de longueur, sur 0“,t0 environ de largeur. Elle traversale chemin où marchait l’observateur, pénétra sous une haie vive, puis déboucha dans une prairie à traverslaquelleellesedirigea versun nid de fourmis noir-cendrées (F, Latr.) dont le dôme s’élevait dans l’herbe à vingt pas de la haie. Les sentinelles de la fourmilière menacée s’élancèrentà latêle de l’armée ennemie pour repousser l’attaque, pendant que quelques-unes d’entre elles allaient jeter l’alarme dans la cité, d’où sortirent bientôt de nombreux renforts. Mais l’armée des fourmis roussâtres était trop rapprochée; après un combat très-vif, mais trèscourt, les fourmis noir-cendrées culbutées de toutes parts, allèrent se cacher dans le fond de leur ville dont les portes furent promptement envahies par les vainqueurs, qui d’ailleurs ouvriront dans les flancs de la ville prise plus d’une large brèche. Trois ou quatre minutes après cette prise d’assaut, chaque fourmi roussâtre ressortit de la fourmilière, empoVtant à sa bouche une larve ou une nymphe de noir-cendrée, et l’armée, retournant par où elle était venue, disparut emportant ses prisonniers. Cette scène de violence s’offrit bien des fois depuis aux yeux du patient observateur, il appela ses amis à vérifier l’exactitude de ses observations, bien des naturalistes ont pu s’en assurer depuis et récemment encore, un littérateur philosophe que l’étude de la nature a captivé, M. Michelet, se refusant de croire à un fait choquant et hideux suivant lui, a dû s’incliner aussi devant la brutale éloquence du fait; il vit et observa en tousses points une de ces expéditions qui répugnaient si fort à ses convictions, et ne pouvant plus nier le fait, il s’est consolé en cherchant une excuse à la Providence pour avoir mis dans la création d’aussi mauvais exemples. Plus naturaliste et moins raisonneur, Huber ne chercha qu’à comprendre le but de ces expédidons fréquentes, et il reconnut que les fourmis roussâtres ne sont capables d’aucun des travaux nécessaires à l’éducation de leurs petits, qu’elles ont absolument besoin d’esclaves de l’espèce industrieuse des noir-cendrées pour vaquer à ces travaux domestiques. Aussi ces esclaves, sur le sort desquels M. Michelet est disposé à s’attendrir, se plaisent dans la cité où la violence a placé leur berceau ; elles y vivent sur le pied d’égalité avec les guerriers dont elles élèvent les rejetons, elles y retrouvent une patrie avec une protection plus efficace peut-être que parmi celles de leur espèce. C’est ainsi que se forment ces fourmilières mixtes des polyergues roussâtres où l’on trouve toujours deux sortes de neutres bien distinctes, les uns de couleur rousse, exclusivement guerriers, les autres exclusivement ménagères, de couleur noire cendrée.
Les fourmis sanguines ont les mômes habitudes et leurs fourmilières offrent constamment, outre les neutres de l’espèce qui sont véritablement des soldats, des neutres de la fourmi noir-cendrée ou de la fourrai mineuse, {Formica cunicularia^ Latr.), conquises de la môme façon que dans les cas cités précédemment et adonnées aux travaux domestiques. Huber a décrit une des expéclit ions des fourmis sanguines, observée par lui le 15 juillet ù 10 heures du matin. La tactique est un peu différente de celle que suivent les fourmis roussâtres. Une poignée de
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soldats s’avancent en éclaireurs; ils reconnaissent à la liâtc un nid de noir- cendrées situé ;'i vingt pas de leur fourmilière mixte, et se dispersent autour de la ville qu’ils projettent d’envahir. Les noir-cendrées attaquent bravement cette avant-garde, qui s’arrête aussitôt comme pour attendre du renfort ; en effet de petites brigades de fourmis sanguines arrivent successivement, l’attaque est reprise, mais en môme temps plus d’un messager va demander de nouvelles troupes. Les noir -cendrées sont sonies cependant de leur cité et se sont rangées en bataille sur 0“,'i0 de front et0“,30 de profondeur; les sanguines encore inférieures en nombre n’engagent pas encore le combat sur toute la ligne, et livrent seulement çà et là sur le front de bataille quelques escarmouches où les noir-cendrées sont toujours les premières à attaquer. Toutefois ni leur nombre ni leur ardeur à attaquer ne rassurent celles-ci sur l’issue de la lutte; un certain nombre d’ouvrières des noir-cendrées s’occupent à transporter leurs nymphes hors de la fourmilière et les rassemblent sur le côté opposé au champ de bataille, pour être mieux préparées à les emporter en cas de défaite. Du même côté fuient les jeunes femelles qui portent Tespoir de la république menacée. Dès que les sanguines sont réunies en nombre suffisant, une attaque générale a lieu ; les noir-cendrées résistent vaillamment, mais enfin il leur faut abandonner la victoire, elles fuient en emportant les nymphes mises en réserve. Les sanguines victorieuses pénètrent dans la ville prise où les noir-cendrées ont laissé encore de nombreuses nymphes; les sanguines les enlèvent et les portent dans leur demeure. Bientôt elles changent de résolution, et abandonnant leur propre demeure, elles s’établissent dans la cité des noir-cendrées, et méditent de là de nouvelles conquêtes. Ces expéditions guerrières des fourmis sanguines ont lieu cinqou six fois dans un été; butinant tantôt sur les fourmis noir-cendrées, tantôt sur les fourmis mineuses, o'Ies possèdent souvent à la fois dans leur fourmilière des esclaves de ces deux espèces. Plus actives dans leurs mœurs guerrières, les fourmis roussâtres pratiquent leurs razzias plusieurs jours de suite et régulièrement à la môme heure.
D’autres espèces de fourmis se font la guerre par simple rivalité de voisinage, comme les nations n’en donnent que trop souvent l’exemple dans l’espèce humaine. « Si nous voulons, dit Huber, voir des armées en présence, une guerre dans toutes les formes, il faut aller dans les forêts, où les fourmis fauves établissent leur domination sur tous les insectes qui se trouvent sur leur passage. Nous y verrons des cités populeuses et rivales, des routes battues, partant de la fourmilière comme autant de rayons et fréquentées par une foule innombrable de combattants, des guerres entre des hordes de la même espèce ; car elles sont naturellement ennemies et jalouses du territoire voisin de leur capitale. C’est là que j’ai pu observer deux des plus grandes fourmilières aux prises Tune avec l’autre. Je ne dirai pas ce qui avait allumé la discorde entre ces républiques; elles étaient de la môme espèce, semblables pour la grandeur et la population, et situées à cent pas de distance. » Huber raconte|alors une bataille livrée sur un champ d’environ un mètre carré entre des milliers de soldats; au lieu d’odeur de poudre c’était une odeur pénétrante d’acide formique, puis de nombreux cadavres pêle-mêle avec des blessés et des deux parts un égal acharnement. La nuit vint suspendre la bataille qui fut reprise avant l’aurore, vers le milieu du jour un des partis perdait évidemment du terrain quand une longue pluie vint mettre fin à cette lutte sanglante. Pendant toute la bataille un certain nombre d’ouvrières restées dans chaque fourmilière n’avaient pas cessé de vaquer tranquillement à tous les travaux habituels de la cité. M. Michelet nous a raconté avec un véritable charme de style et une grande chaleur de sentiment, une bataille entre deux espèces différentes; je me fais un plaisir de citer ce morceau où le brillant écrivain se borne à dire ce qu’il a vu et senti. « Le 8 juin au soir, on m’tipporta de la forêt un gros morceau de terre mêlé de petites bûchettes de bois et surtout de petits débris d’arbres du Nord, des aiguilles de sapin ou menues feuilles piquantes qui semblent des épines. Au milieu des habitants pêle-mêle, de toute taille et de tout état, œufs, kiives.'nymplics, ouvrières fort petites, grandes fourmis qui semblaient êtie des guerrières et des protectrices, enfin quelques femelles qui venaient de prendre leurs habits de noces, les ailes qu’elles portent au temps de leurs amours. C’était ainsi un spécimen très complet de la cité, varié, mais bien marqué d’un même signe, tout
ce peuple brunâtre ayant au corselet une même tache d’un rouge obscur... c’étaient des fourmis charpentières, de celles qui é.ayent leurs étages supérieurs avec les bûchettes de bois. Ce peuple, dans ce grand changement de situation n’était nullement abattu. Il continuait ses affaires. Le capital^ c’était de soustraire les œufs et les les nymphes à l’action d’un soleil trop fort. Le mouvement général les avait tirés de leurs souterrains et les avait mis en dessus. Les petites fourmis s’en occupaient activement. Les grosses allaient, venaient, faisaient des rondes, et môme extérieurement, autour d’un grand vase de terre qui contenait ce fragment démembré de la cité. Elles marchaient d’un pas ferme, ne reculaient devant rien. Nous-mêmes ne leur faisions pas peur. Quand nous présentions devant elles quelque obstacle, une branchette ou notre doigt, elles s’asseyaient sur leurs reins, manœuvraient à merveille leurs petits bras, et nous tapaient à la façon d’un jeune chat.
« Dans leurs rondes autour du vase, elles rencontrèrent sur le sable des noir-cendrées qui ont pris possession de notre jardin et y ont fait en dessous de grands établissements.... La rencontre fut peu amicale. Quoique les grosses charpentières eussent parmi les leurs des fourmis de taille assez petite, elles différaient fort des noires par leurs hautes jambes et la tac^e rouge du corselet. Elles furent impitoyables. Peut-être soupçonnaientelles que ces rôdeuses noires étaient des espions envoyés pour observer, pour préparer des embûches à la colonie émigrante qui venait de débarquer. Bref, les grosses charpentières tuèrent les petites maçonnes. Cet acte eut des résultats terribles et incalculables. Le vase était malheureusement placé près d’un pommier couvert de ces pucerons lanigères, qui font la désolation des jardiniers et la joie des fourmis. Nos maçonnes venaient de prendre possession du précieux troupeau sucré et s’étaient campées dans les racines même.s de l’arbre, à portée de cette grande exploitation. Elles y étaient, sous terre, en corps de peuple, dans un nombre infini. Le meurtre eut lieu à 11 heures. A 11 heures un quart, au plus tard, tout le peuple noir était averti, soulevé, il était debout, monté de tous ses souterrains, sorti par toutes ses portes. Sous ces longues colonnes sombres, le sable avait disparu ; nos allées étaient noires, vivantes. Le soleil, qui tombait d’aplomb dans le petit jardin, piquait, brûlait la multitude qui n’en avançait que plus vite... La furie de la chaleur, surtout la crainte que ces géants envahisseurs n’entreprissent sur leur famille, tout cela les poussait intrépides au-devant de la mort. D’une mort qui nous semblait certaine, car chacune des grosses charpentières, pour la taille et l’épaisseur, valait bien huit ou dix de ces petites maçonnes. Aux premières rencontres nous avions vu qu’une grosse sur une petite l’exterminait d’un seul coup. Les maçonnes avaient le nombre. Mais quoi? Si les premiers rangs étaient arrêtés, périssaient, puis les seconds, puis les troisièmes, si l’armée, avançant, ne faisait que fournir de nouvelles victimes ? Telles étaient nos inquiétudes. Nous craignions tout pour les petits indigènes de notre jardin, troublés par cette intrusion d’un peuple étranger que nous avions amené, peuple mal appris et brutal, qui, sans provocation aucune, avait débuté par des meurtres sur les habitants du pays. Nous n’avions comparé, il faut l’avouer, que les forces matérielles et non tenu compte des forces morales. Nous vîmes au premier choc une adresse et une entente du côté des petites noires qui nous étonna. Six par six, elles s’emparaient d’une des grosses, chacune tenant, immobilisant une patte; et deux encore lui montant sur le dos, sautaient aux antennes, ne les lâchaient plus ; de sorte que ce géant, ainsi lié par tous les membres, devenait un corps inerte. Il semblait perdre l’esprit, s’hébéter, n’avoir plus conscience de son énorme supériorité de forces. D’autres venaient alors, qui dessus, dessous, sans danger le perçaient. La scène, regardée de près était effroyable. Quelque intérêt que les petites méritassent pour leur héroïsme, leur furie faisait horreur. Il était impossible de voir sans pitié ces pauvres géants garrottés, misérablement traînés, tiraillés à droite et à gauche, nageant comme en pleine mer dans ces flots de rage et d’acharnement, aveugles, impuissants et sans résistance, comme de pauvres moutons à la boucherie. Nous aurions voulu, pour beaucoup, les séparer. Mais comment faire? Nous étions devant l’infini. Les forces de l’homme expirent en présence de pareilles multitudes. Elles n’auraient pas lâché pied, et le torrent écoulé, le massacre eût continué. Le seul remède, mais atroce, et pire que le mal, eût été, à force de paille, de brûler les
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deux peuples, les vainqueurs et les vaincus. Ce qui nous frappa le plus, c’est qu’en réalité il n’y avait de garrottées que bien peu de grosses. Si celles qui restaient libres fussent tombées sur les assaillantes, elles en pouvaient faire aisément un épouvantable carnage. Mais elles ne s’en avisaient pas. Elles couraient éperdues, et justement fuyaient au fond du danger môme. Hélas! elles n’étaient pas vaincues seulement, elles paraissaient devenues folles..’,. Je les excuse. Nous-mêmes, nous avions presque terreur à voir ces légions de la mort, cette terrible armée de petits squelettes noirs, qui avaient tous escaladé le malheureux vase de terre, et, dans ce lieu resserré, étouffé, brûlant, n’ayant pas môme de place, furieux montaient les uns sur les autres. A mesure que la déroute des grosses devenait certaine, des appétits effroyables se révélaient rhez les noires Nous en vîmes le moment.... Ce fut un coup de théâtre.... La gloutonne armée des noires se jeta sur les enfants. Ceux-ci, d’une race supérieure, étaient assez lourds; de plus, leur enveloppe oblongLie de nymphes aux contours arrondis, offrait peu de prise. Deux, trois, quatre petites noires, réunissant leurs efforts, parvenaienf difficilement à en faire remonter un seul du fond du vase de terre sur ses parois vernissées. Elles prirent alors brusquement une résolution terrible : ce fut d’arracher ces maillots; d’emporter les enfants nus. Arrachement difficile, car le petit adhère fortement, et ses membres repliés sont de plus soudés entre eux ; de sorte que ce développement violent et subit ne se faisait que par blessures, écartcllement. Elles les emportaient tels quels, palpitants et déchirés.... C’était de la chair, de la viande que l’on emportait, une proie tendre pour les jeunes restés au logis... Cette immense exécution sur le peuple et sur les enfants fut tellement précipitée qu’à 3 heures de l’après-midi tout était fini à peu près : la cité, dans tous les sens dépeuplée et saccagée, et son avenir était sans résurrection » [Michelet, l’Insecte).
Le langage des fourmis, — Pour exécuter tant de travaux, où la puissance du nombre joue un si grand rôle, et qui ne se répètent pas uniformément toujours semblables à eux-mêmes, les fourmis ont besoin de s’entendre, de communiquer entre elles. Tous les observateurs sont demeurés convaincus que ce don ne leur fait pas défaut. Rarement elles se rencontrent sans se toucher des antennes, se frapper doucement sur les flancs 5 ailleurs clics tiraillent d’un ,ôié ou d’un autre leurs compagnes pour se faire mieux comprendre. Huber leur accorde bien plus encore ce sont des affections vives les unes
f our les autres, une sorte de confraten.ité tendre, et Lareilie confirme sans hésiter cette manière de voir; il assure avoir eu lieu de vérifier presque tous les faits annoncés par Huber. Se prévenir des dangers comme des heureuses aubaines, se secourir en cas d'accident, témoigner de la joie en se retrouvant après une séparation, soigner les blessés de leur nation, c’est ce que ces deux respectables observateurs assurent avoir vu faire fréquemment chez ces humbles insectes.
Les dégâts des fourmis. — Il me semble en terminant cette histoire des fourmis que leur vie sociale, qui rappelle celle des abeilles, offre encore plus d’intérêt, de variété et témoigne d’une sorte de supériorité intellectuelle sur ces mouches industrieuses. Cependant les sentiments qu’inspirent généralement ces deux insectes sont bien différents; la mouche à miel, malgré son aiguillon, est vue avec faveur, presque avec reconnaissance, on respecte ses triivaux, on se plaît à la voir butiner; la fourmi ne recueille que l’animadversion, c’est une vermine qu’il faut détruire, on tuerait volontiers toutes celles que l’on rencontre si leur inépuisable multiplication ne défiait toutes les haines. C’est que les fourmis, si laborieuses et si adroite's, ne produisent rien pour notre industrie, ni pour notre alimentation, ni miel, ni cire : loin de là, elles nous incommodent, les unes par leur odeur, d’autres en gâtant les viandes, les fruits, les sucreries que nous voulons conserver, d’autres en s’établissant dans nos demeures dont elles dégradent les boiseries, d’autres nuisent à nos arbres fruitiers, quelquesunes même appartenant à des genres armés d’un aiguillon nous font redouter des piqûres que d’autres formicaires sont incapables de faire. Si l’on en croit les voyageurs, les pays exotiques auraient beaucoup à soulîrir des dégâts de certaines espèces de formicaires. Aux An tilles, dans la Nouvelle-Grenade, une espèce de fourmi dévaste les plantations de cannes et suivant le voyageur Castles, de 1773 à 1780 ce fut pour cette dernière contrée un fléau tel qu’on songeait à renoncer à la cul-
ture de la canne, lorsque l’ouragan de 1780 vint ramener le fléau à de moindres proportions. M. Lund a vu, dans l’Amérique méridionale, une espèce à grosse tête {Œcodomus cephalotes., Latr.) couper les feuilles des aibres en peu d’instants, de façon à leur faire le plus grand tort. On ose à peine rapporter d’autres assertions plus étranges énoncées par mademoiselle deMérian, démenties par Stedman qui leur substitue d’autres récits contestables. Je me bornerai à indiquer, en terminant, quelques moyens propres à combattre la multiplication ou l’invasion des fourmis. D’abord, si nous n’avons pas, comme en d’autres contrées des mammifères spéciaux, fourmiliers, tatous, pangolins, pour dévorer ces insectes, un grand nombre de nos oiseaux et particulièrement les pics, en détruisent des milliards d’individus chaque année. Iis sont aidés dans cette tâche par quelques insectes et entre autres par les fourmilions.
Les jardiniers pour détruire les fourmis profitent de leur goût pour le sucre; ils suspendent, aux arbres attaqués, de petites bouteilles contenant de l’eau et du miel. Les fourmis vont s’y noyer en grand nombre. On peut les attirer en masses en plaçant sur le sol des vases renversés enduits de sirop à l’intérieur; les fourmis s’y accumulent et chaque jour on en détruit l’amas avec de l’eau bouillante. Plusieurs odeurs sont recommandées comme capables de les éloigner; celles du marc de café bouilli et séché, de l’huile de genièvre, de la lavande les chassent, assure-t-on, des armoires où on redoute leurs invasions. On emploie avec succès la glu mise au pied des arbres, la suie de cheminée, le goudron, un cercle de coton cardé collé autour de l’arbre. Les moyens les plus efficaces sont évidemment ceux qui détruisent les fourmilières elles-mêmes. On peuty réussir en versant chaque jour sur la fourmilière un pot d’eau bouillante; l’urine est, dit on plus efficace encore, surtout en y ajoutant de la suie, une poignée de tabac à fumer, ou bien de la chaux vive, ou mieux encore une forte décoction de feuilles de noyer. Ces moyens doivent être employés le soir, quand les fourmis sont toutes rentrées dans leur demeure.
Les principaux auteurs à consulter pour l’histoire naturelle des fourmis sont : P. Huber, Recherches sur les mœurs des fourmis indigènes, Paris et Genève, 1812. — Latreille, Histoire naturelle des fourmis^ Paris, 1802.
Ad. F.
FOURMILIER ou Myrmécopiiage (Zoologie), Myrmecophaga. Lin. — Genre de Mammifères, ordre des Edentés., tribu des Edentés ordinaires, groupe des Edentés ordinaires sans mâch ares. Ce sont des animaux velus, à museau long terminé par une bouche petite et sans dents contenant une langue filiforme très extensible, toujours chargée d’une salive visqueuse. Ils font pénétrer cette langue dans les galeries souterraines des fourmis et des termites, et la retirent chargée de ces insectes dont ils font leur nourriture ordinaire. Leurs pattes antérieures, robustes et armées d’ongles vigoureux et tranchants, leur font une bonne défense en même temps qu’elles leur servent à fouir les fourmilières et à mettre à découvert de grandes quantité d’insectes. Ces ongles sont, à l’état de repos, reployés contre une callosité du poignet, en sorte que l’animal est obligé de poser le pied sur le côté et n’a qu’une démarche lente et pénible.
On trouve les fourmiliers dans les régions chaudes ou tempérées du nouveau continent; ils n’ont qu’un petit à la fois, et ils le portent sur le dos. On en connaît trois genres comprenant chacun une seule espèce : 1“ le Tamanoir ou F. à crinière {M . jubata, Buff.), long de 1“,30, gris-brun, blanc sur les épaules, à queue longue non préhensile, garnie de poils très-longs. Il ne grimpe pas et habite les lieux bas; ses griffes sont des armes redoutables avec lesquelles il frappe circulairemênt de chaque côté; 2° le Tamandua {M. tarnandua, Cuv.), long de 0“,70, de couleur variable. Sa queue longue, prenante, et nue au bout, lui sert à se suspendre aux branches des arbres ; 3“ le Dionyx ou F. didaclyle (M. didactyla. Lin.), qui n’a que deux ongles, dont un très-grand, au lieu de quatre aux doigts de devant ; sa taille est celle du rat; son poil laineux est de couleur fauve. Comme le précédent, il a la queue prenante et nue au bout.
Fourmilier (Zoologie), Myothera, Hig-; Myrmothera, Vieil. — Genre éiOiseaux, de l’ordre des Passereaux, famille des Dentirosires. Ils se distinguent des Merles, dont Buffon les a séparés avec raison, par leurs jambes hautes et leur queue courte. Ils sont, du reste, caractéri-
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sés par tin bec droit faiblement denté, des ailes moyennes, un plumage à teintes sombres. Sonnini est le premier qui ait fait connaître cet oiseau. Il l’a observé dans rinlérieur des terres de la Guyane, dans les hautes et sombres forêts qui couvrent le sol de cette partie de l’Améritjue méridionale. Ils y vivent en petites troupes, et s’y nourrissent principalement de fourmis, qui sont en quantité prodigieuse dans ces terres chaudes et humides. La brièveté de leurs ailes et de leur queue rend leur vol peu soutenu. On n’est jamais parvenu à les apprivoiser, car ils se tuent promptement en cage. Leur chair est estimée. Ce genre comprend des espèces du nouveau continent, nombreuses et différentes par la force et la longueur du bec ; elles ont des teintes plus brunes que les brèves (voyez ce mot), avec lesquelles Cuvier les a confondues. Ces oiseaux volent peu ; ils ont une voix sonore ; vifs et agiles, on les voit toujours en mouvement; mais loin des lieux habités, où ils ne trouveraient pas leur nourriture habituelle. Du reste, ils ont un naturel sociable. Leurs femelles sont plus grosses que les mâles. Il y en a qui ont le bec épais et arqué ; l’espèce la plus remarquable d’entre eux est le Roi des fourmiliers [Turdus rex^ Gm. ; Corvus grallarius^ Shaw), le plus grand et le plus élevé ; il a la queue plus courte et on le prendrait pour un échassier. Il est de la taille d’une caille (0“,20). Son plumage est gris, agréablement bigarré. Il vit isolé. Vieillot en a fait le type de son genre Qrallaria. D’autres espèces ont le bec plus droit, mais encore assez fort, ce qui les rapproche des pies-grièches ; tels sont le Tetema {turdus formicivorus, Lalh.),le Palicour {Turdus formicivorus ^Gm.) et le Petit Beffroi (Turdus lineatus, Gm.).
Ce genre a beaucoup exercé la patience des ornithologistes, qui sont à peine parvenus à y porter la lumière. Indépendamment de Cuvier, plusieurs autres, parmi lesquels Temminck, Vieillot, Is. Geoffroy Saint- Hilaire ; dans la classification de ce dernier auteur, les fourmiliers sont un genre voisin des Brèves, dans la tribu des Laniens^ famille des Turdidés^ section des Passereaux de'odactyles conirostres, de l’ordre des Passereaux,
FOURMILIÈRE (Zoologie). — Voyez Fooiuii.
Fourmilière (Médecine vétérinaire'. — Maladie du pied du cheval consistant dans le décollement de la mu raille et le plus souvent déviation de l’os du pied. Son nom vient de ce qu’on l’a comparée à une fourmilière. Elle est le plus souvent la suite d’une fourbure et elle est très-grave, surtout lorsqu’il y a déformation du sabot. Mais lorsqu’elle n’existe qu’en pince, on peut la guérir assez facilement au moyen d’une opération analogue à celle du javart encorné, qui consiste à enlever la portion de la paroi qui est décollée, à mettre à découvert les tissus altérés. On a recours ensuite à un fer couvert. La fourmilière avec déviation de l’os et déviation du sabot est presque toujours incurable.
FOURMI-LION (Zoologie), Myrmeleonides, Lat. — Sous-famille d’insectes, de l’ordre des Névroptères, famille des Planipennes ; ayant 5 articles aux tarses, des antennes en massue ; la tête transverse, ne se prolongeant pas en bec ni museau, présentant des yeux ordinaires, ronds et saillants; 6 palpes dont les labiales sont plus longuesque les autres et renflées au bout. Le premier segment de leur thorax est petit; leurs ailes sont égales, allongées et disposées en toit; leur abdomen est long et
Fig. 1284. — Fouimi-lion.
cylindrique, avec deux appendices saillants à l’extrémité dans les mâles ; leurs pieds sont courts. On les trouve seulement dans les endroits chauds et sablonneux. Cette sous-famille comprend, dans la méthode du Règne animal, le seul genre subdivisé en deux sous-genres :
les F. proprement dits [Mirmeleon, Fab.), espèce type F. ordinaire {Mymeleo formicarius, Lin.); les antennes sent fusiformes, terminées par des crochets et plus pe-
tites que le corps; leur abdomen est linéaire et trèslong ; leurs ailes sont transparentes, avec des nervures noires coupées de blanc. Cet insecte, noir taché de jaune et long d’environ 0“,025, est commun chez nous et doit son nom à la quantité de fourmis que dévore sa larve. Celle-ci présente dans ses mœurs des particularités curieuses; elle a l’abdomen volumineux, la tête petite, aplatie et armée de deux longues mandibules dentelées aux côtés internes et pointues au bout, servant â la fois de pinces et de suçoir; son corps est gris comme le sable au milieu duquel elle vit. Quoiqu'elle soit pourvue de six pattes, sa démarche est trop lente pour qu’elle puisse atteindre sa proie à la course ; mais elle use de ruse pour la surprendre. Dans ce but, elle creuse un piège en forme d’entonnoir dans le sable le plus fin et
Fig. 128o. — Larve. Fig. 1286. — Piège du Fourmi-lion.
se tient au fond, en ne laissant voir que sa tête, attendant patiemment qu’un insecte tombe dans le précipice ainsi formé. Si cet insecte cherche à s’échapper ou s’il est trop loin pour que la larve puisse s’en saisir, elle lui jette avec la tête et les mandibules une grande quantité de sable, de façon à l’étourdir et à le faire rouler au fond. Elle l’entraîne ensuite, le tue, le suce et rejette au loin son cadavre Lorsque cette larve doit passer à l’état de nymphe, elle file un cocon soyeux rond et blanc, recouvert de grains de sable d’où l’insecte parfait sort au bout de quinze ou vingt jours.
2° Les Ascalaphes {Ascalaphes, Fab.), dont les ailes sont plus largeset moins longues que dans les précédentes ; les antennes sont longues et terminées brusquement en bouton, l’abdomen est ovale-oblong et très-peu plus long que le thorax. (Voyez Ascalaphe. )
FOURNIER (Zoologie), Furnarius, Vieil. ; Figulus, Spix. — Genre d' Oiseaux, de Tordre des Passei'eaux, famille des Ténuirostres, confondu par Cuvier avec le genre Sucrier, qui fait partie du groupe des Grimpereaux. Ce genre, établi par Vieillot sous le nom de Furnarius et adopté par la plupart des ornithologistes, est ainsi caractérisé ; bec aussi épais que large, comprimé latéralement, entier, robuste, fléchi en arc, pointu ; narines longitudinales, couvertes d’une membrane; ailes faibles, à pennes bâtardes courtes ; quatre doigts, trois devant et un derrière. Ce sont de petits oiseaux des pays chauds de TAmérique du Sud, Brésil, Paraguay, Guyane, etc. Ils sont en général de couleur sombre, variée de blanc et de noir ; leur nourriture se compose d’insectes, de petits vers, de graines; ils ont une allure vive et légère, un vol court et bas. Ils vivent sédentaires, quelquefois seuls, le plus souvent par paires, habitent les plaines et les lieux découverts et sont d’un naturel très-peu sauvage. Dans ce genre, on a compris deux espèces décrites par d’Azara sous le nom de Anumbi. Le F. commun, nommé Hornéro à la Plata {F. rufus. Vieil. ; Merops rufus, Gm.), long de à 0“,18, est roussâtre en dessus, blanchâtre à la gorge ; il habite les contrées voisines de la Plata, dans les buissons, où il fait entendre un son continuel qui est la répétition de plus en plus rapide de la syllabe chi. Ce qui est de plus remarqué en lui, c’est la construction de son nid en argile, de plus de 0'",18 de diamètre, de peu d’épaisseur et qui a la forme d’un four, d’où lui vient son nom. L’ouverture est pratiquée sur le côté, et Tintér.eur est partagé en deux parties par une cloison qui laisse une ouverture par laquelle l’oiseau pénètre dans la partie inférieure, dans laquelle il dépose sur une couche d’herbe quatre œufs longs de 0“,020, piquetés de roux sur un fond blanc. Ce nid sert ordinairement plusieurs années. Il est construit dans un lieu apparent, sur une grosse branche dégarnie de feuilles, sur un poteau, une croix, même sur une fenêtre. Le F» anumbi {F. anumbi. Vieil.) ou simplement Anumbi de d’Azara, est un peu plus long; il a le front d’un rouge s’affaiblissant
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sur la tête; ses ailes sont argentées en dessous; son bec d’un brun rouge. Il construit un nid également dans un endroit découvert, haut et large et percé d’un grand trou à sa partie supérieure. VAnumbi rouge {F. ruber^ Vieil.), Anumbi rouge de d’Azara, est long de 0“,20. Il a le dessus de la tête et la queue d’une belle couleur de carmin, ainsi que les ailes, dont les pennes ont la pointe noirâtre. 11 existe encore quelques espèces de fourniers, parmi lesquelles on peut citer le F. fuligineux [F . fuliginosus^ Less.), qui vit sur les bords de la mer.
FOURRAGE de disette (Botanique). — Nom vulgaire de la Spargoufe des champs.
FOURRAGÈRES (Plantes) ^Économie rurale). — Voyez Fourrages.
FOURRAGERS (Arbres) Économie rurale). — Presque tous les arbres de nos bois, de nos propriétés rurales ont fourni leur contingent à la production fourragère par leurs feuilles et quelquefois même par leurs jeunes tiges; il faut en excepter pourtant les arbres fruitiers. Mais tous les animaux qui constituent notre bétail ne mangent pas également les feuilles d’arbres, ainsi il faut d’abord retrancher les chevaux, qui n’en font guère usage qu’à défaut d’autre nourriture et dans les moments de disette. Mais comme on peut le voir au mot Fourrages, les moutons se trouvent bien de cette nourriture, surtout lorsque le troupeau est entretenu en vue de la production de la laine plutôt que dans le but de l’engraissement et du développement des qualités propres à la boucherie. Les feuilles fourragères les plus généralement employées pour l’alimentation du bétail ont été classées dans l’ordre suivant : chêne, frêne, orme, saule, tilleul, acacia, érable, peuplier, charme, hêtre, aune, bouleau. Il faut y joindre les feuilles de vigne, celles de quelques arbres verts.
FOURRAGES (Économie rurale), Fabula des Latins. — Dans son acception la plus générale, ce mot comprend tous les produits qui servent à la nourriture du bétail. Ainsi l’herbe fraîche des prairies naturelles et celle des prairies artificielles, le foin, les pailles des céréales et de certaines plantes légumineuses, les grains et graines des mômes végétaux, un grand nombre de racines et tubercules, les résidus de certaines fabrications, huileries, distilleries, etc. ; les feuilles vertes et sèches de plusieurs arbres, etc. Autrefois, la nourriture des bestiaux ne se composait guère que de l’herbe fraîche ou sèche des prés, de la paille et des graines de céréales et de quelques légumineuses, de feuilles d’arbres ; mais, dans ces derniers temps, la culture des plantes fourragères a pris un grand développement, et l’introduction des prairies artificielles a été l’occasion d’un progrès immense en ce genre. Il s’en faut beaucoup que toutes ces substances végétales aient la même qualité nutritive; des expériences nombreuses, des recherches multipliées ont été faites pour établir la valeur comparative des différents fourrages, et si elles n’ont pas conduit à des résultats positifs, elles n’en sont pas moins d’une grande utilité par les données approximatives qu’elles fournissent. Nous allons citer quelques-uns des chiffres obtenus en prenant pour type 100 kilogrammes de bon foin bien récolté. On a trouvé qu’il fallait pour remplacer cette quantité : graines de blé, fèves, pois, lentilles, 40 kilogrammes ; maïs, seigle, 45 kilogrammes; tourteaux de lin, de colza, orge, sarrasin, 50 kilogrammes; avoine, GO kilogrammes; foin de trèfle, de luzerne, de sainfoin, 90 kilogrammes; feuilles sèches d’orme, d’érable, d’acacia, tourteaux de chènevis, de cameline, 1 10 kilogrammes; balles de céréales, 125 kilogrammes. ; feuilles sèches de peuplier, de tilleul, paille de lentille, 125 kilogrammes; ajonc vert écrasé, paille de vesce, de pois, feuilles sèches de frêne, 150 kilogrammes ; paille de maïs, cosses de crucifères, 200 kilogrammes ; pommes de terre, paille de féverolles, d’avoine, 220 kilogrammes ; fourrage vert de gesse, paille d’orge, racine de rutabaga, de carottes, topinambours, choux-raves, betteraves, résidus de féculeries, 250 kilogrammes; paille de froment, 280 kilogrammes ; résidus de raisin, des distilleries de grains, racine de panais, 3(J0 kilogrammes; paille de seigle, fourrage frais d’avoine, d’orge, de sainfoin, de vesce, résidus de fruits, 350 kilogrammes; fourrage frais de trèfle, de sarrasin, de seigle, de froment, de racines de navets, 425 kilogrammes ; herbe des prés, luzerne fraîche, 450 kilogrammes; feuilles fraîches de rutabagas, racines de raves, 525 kilogrammes ; paille de sarrasin, feuilles de betteraves, de choux, résidus des distilleries de pommes de terre, G25 kilogrammes ; feuilles de pommes de terre, 700 kilogrammes. Quant à la quantité de produits fourragers que peuvent donner les ter-
rains, on sait combien elle est susceptible de varier suivant la qualité du sol, le mode de culture, etc. Voici pourtant dans quel ordre on peut les classer comparativement, en commençant par les plantes les plus productives prises sèches : choux-raves, pommes de terre, luzerne, trèfle, navets, carottes, maïs, betteraves, seigle, froment, avoine, foin ordinaire, pois, vesces, lèves, oi ge.
Cela ne veut pas dire que le cultivateur doive prendre pour base de son prix de revient les données que nous venons de présenter pour établir la force productive ai>nuelle des substances fourragères ; il est une autre considération bien importante et qui doit tenir une grande place dans ses calculs et dans ses prévisions; en elfet, il existe entre les fourrages proprement dits et les racines une différence capitale : les premiers sont essentiellement améliorants , c’est-à-dire que non-seulement ils peuvent compenser l’épuisement des autres cultures, mais encore contribuer à l’accroissement de leurs produits. Les racines, au contraire, sont épuisantes et paraissent consommer tout l’engrais qu’elles peuvent produire ; de là deux inconvénients graves ; augmenter les frais de production, d’une part, et obliger l’agriculteur de choisir pour ses cultures des sols de bonne qualité, d’autre part ; par conséquent, augmenter indirectement les prix de revient. Maintenant, si l’on considère que toutes les substances fourragères n’ont pas les mômes qualités nutritives, que, par exemple, 100 kilogrammes de foin ne sont représentés en moyenne que par 350 de racines, on arrivera à cette conclusion que les racines considérées comme fourrages reviennent à des prix élevés. Ce qui peut servir à expliquer pourquoi leur culture ne s’est pas développée en raison des encouragements qu’elle a reçus. C’est, du reste, un point d’économie rurale qui demande à être sérieusement étudié.
En France, d’après les documents les plus récents, la production des fourrages, en prenant ce mot dans son ancienne acception, se fait sur une étendue de 6,160,000 hectares en prairies naturelles et 2,6'>4,000 en prairies artificielles, donnant pour les premières 150,000,000 de quintaux, et pour les secondes 81 ,000,0i 0, soit 23 1 ,000,000 de quintaux; or, la consommation étant de 458,000,000 quintaux, il en résulte que ces prairies ne fournissent que la moitié environ de ce qu’il faut pour nourrir notre bétail; le surplus est fourni par les différentes sources que nous avons indiquées plus haut, telles que tiges et graines de céréales, tiges fraîches et sèches et graines de légumineuses, sons, tourteaux, résidus, marcs, racines, tubercules, feuilles, pâturages dans les terres vagues, balles, gousses, siliques, fruits, etc.
La culture de ces produits et toutes les questions qui se rattachent à leur récolte, à leur conservation, etc., sont d’un haut intérêt pour l’agriculteur et pour le pays. Et s’il est vrai, comme le prétendent la plupart des agriculteurs, que les cultures fourragères doivent occuper la moitié de l’étendue d’une ferme et que cette proportion doit s’accroître en raison de la médiocrité du sol, on conçoit l’importance qui s’attache à cette question. Quant au point de vue sous lequel la production des fourrages doit être envisagée, dans ce qui a rapport à la distribution que l’on en fait aux bestiaux, on trouvera aux mots Régime alimentaire du bétail , Foin , Fourragers {Arbres), Prés, Prairies artificielles, Racines, Tourteaux et au nom de chaque plante fourragère autant de détails que l’étendue restreinte de notre livre en comporte sur tous les objets indiqués. Nous allons seulement dire quelques mots sur les feuilles des arbres et de quelques plantes fourragères.
Les feuilles des arbres peuvent être employées à l’état de feuillards et de feuilles détachées. On appelle feuillards des branches d’arbres garnies de feuilles qui sont un produit de l’élagage de certains arbres exploités en têtards, tels que l’acacia, le bouleau, le saule, ou en tiges élevées, tels que certains peupliers. C’est au mois de septembre ou au commencement d’octobre que se fait cette récolte ; après avoir coupé les branches, on les laisse sécher, puis on les lie en fagots que l’on serre dans des endroits secs pour en faire usage au commencement de l’hiver. Quelquefois on les emploie en vert que l’on coupe à mesure des besoins. Les moutons sont friands de ce fourrage qui convient parfaitement à leur nature.
Les feuilles détachées des arbres constituent un bon fourrage nutritif; on a pu voir au commencement de cet article combien il se rapproche du foin sous ce rapport ; après les feuilles des arbres et à un degré inférieur viennent les feuilles de plantes fourragères, de maïs, de betteraves, de carottes, de choux, etc. Si l’on excepte ce qui
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tient essentiellement aux organes de la fructification, comme les fleui's, les fruits et surtout les graines, c’est dans les feuilles qu’existe la plus grande somme de principes nutritifs, et aujourd’hui on sait que l’excellence de ces principes est dû à la pri^sencc de l’azote, de telle sorte qu’une substance végétale est d’autant plus nutritive qu’elle en contient davantage, et l’on sait aussi, par exemple, que les tiges des végétaux en contiennent moitié moins que les feuilles ; aussi doit-on considérer comme très inférieur en qualité le foin qui a perdu une partie de ses feuilles. Le moment où celles-ci présentent, sons le rapport nutritif, toutes les qualités désirables est celui où elles ont atteint tout leur développement, vers la fin de l’été ; il ne faut pas attendre plus tard pour les récolter, autrement elles perdent, elles s’appauvrissent en avançant vers le terme de leur vitalité. On peut voir au mot Foin ce qui a été dit à cet égard pour l’époque de la faucliaison.
FOURREAU (Zoologie). — Nom vulgaire donné en Sologne à l’espèce à' Oiseau nommée Mésanr^e à longue queue (Parus caudafus^hm.); on l’a encore appelée dans le même pays Gueule de-four.
Fourreau de pistolet (Zoologie). — On a quelquefois donné ce nom à quelques espèces de Coquilles du genre Jambonneau.
Fourre buisson, Fourbisson (Zoologie). — On a appelé ainsi quelquefois l’oiseau connu plus spécialement sous le nom de Troglody'e d'Europe.^ et en plusieurs endroits sous celui de Roitelet., à cause de l’habitude qu’il a de se fourrer dans les buissons.
FOURRURES (Zoologie). — Voyez Pelleteries.
FOUTEAU tBotanique). — Nom vulgaire du Hêtre dans quelques pays.
FOVILLA (Botanique). — On appelle ainsi une matière fluide, épaisse, contenue dans l’enveloppe interne du pollen (voyez ce mot). Dans cette matière nagent de nombreux corpuscules granuleux et opaques, des gouttelettes huileuses, et beaucoup plus rarement des grains de fécule. « Les corpuscules sont en général de deux sortes,
Fig. 1287 1,1). Fig. 1288 (2).
la plupart extrêmement petits et sphériques ; quelquesuns beaucoup plus gros, globuleux eux-mêmes ou ellipsoïdes, ou allongés en courts cylindres, amincies à leurs extrémités. On a cru reconnaître, dans ces derniers, des mouvements de contraction ou de flexion, comme dans les animalcules infusoires. Mais ces délicates observations demandent à être encore soigneusement vérifiées (de Jussieu. » Toutefois, cette matière intérieure joue un grand rôle dans la reproduction des plantes.
FOYER (Chirurgie).— On désigne sous le nom de foyer purulent, foyer de suppuration, la partie où se forme le pus à la suite d’une inflammation, qu’elle soit déterminée par une lésion extérieure ou par une cause interne. Le tissu cellulaire, les organes parenchymateux, etc., servent de foyer à la suppuration. Ils sont simples ou multiples, situés sous la peau, dans la profondeur des tissus ou dans les grandes cavités. Souvent faciles à être ouverts pour donner issue au pus, ils sont quelquefois placés sous des aponévroses, des muscles épais, même dans les cavités, et plus ou moins difficiles à découvrir, à bien constater et à atteindre ; enfin, il peut se faire qu’ils soient tout à fait inaccessibles aux instruments. Il peut arriver aussi qu’ils se forment loin du lieu où le pus a été élaboré; ce sont alors ceux qu’on appelle abcès froids.
FRACTION (Arithmétique). — On appelle fraction en général une partie quelconque de l’unité. La valeur d’une fraction s’exprime à l’aide de deux termes, l’un appelé
(1) Graine de pollen de ramandier nain, dont la membrane interne a commencé à faire saillie par les trois pores sous forme d'autant d’ampoules t, et s’est crevée à l’extrémité d’une d’elles en donnant issue au jet de fovil a ^ où l'on peut apercevoir des graines de diverses grosseurs.
(2) Gros granules de la Ketmie des marais (Hibiscus palustris, Lin).
numérateur et l’autre dénominateur. Le dénom’nateur indique en combien de parties on suppose divisée Funité principale, et le numérateur combien on prend de ces
parties. Ainsi la fraction | signifie 3 fois la 5® partie de
l’unité. Lorsque le dénominateur est une puissance quelconque de 10, la fraction s’appelle fraction décimale
(voyez plus loin); telles sont les fractions etc.
Ce mode d’expression s’applique d’ailleurs à une quantité quelconque, qu’elle soit plus grande ou plus petite que l’unité, lorsque l’on veut l’exprimer à l’aide ü’une