INDICATION DES SURFACES
Chêne sur chêne (fibres parallèles à la traction)
— ( — perpendiculaires à la traction)
— (bois debout sur bois à plat)
Chêne sur orme (fibres parallèles)
Orme sur chêne ( — )
— (fibres perpendiculaires),
Frêne, sapin, hêtre, sorbier, sur chêne (fibres parallèles)
Cuir tanné sur chêne (cuir à plat)
— (cuir de champ)
Cuir noir corroyé sur chêne (fibres parallèles)
— (fibres perpendiculaires)
Natte de chanvre sur chêne (fibres parallèles)
Corde de chanvre sur chêne ( — )
Fer sur chêne (fibres parallèles)
Fonte sur chêne (fibres parallèles)
Laiton sur chêne ( — )...
Cuir de bœuf sur fonte.
Cuir noir corroyé sur partie de fonte (à plat)
Fonte sur fonte
Fer sur fonte
Chêne, orme, charme, fer, fonte, bronze glissant deux à deux l’un sur l’autre.
Calcaire oolithique sur calcaire oolithique
Muschelkalk — —
Brique — —
Chêne — — (bois du Levant)
Fer — —
Muschelkalk (sur mulschelkalk)
Calcaire oolithique ( — )
Brique ( — )
Fer ( — j
Chêne ( — )
en
en
FROUER (Chasse). — Nom que les chasseurs donnent à l’action par laquelle ils contrefont avec une feuille de lierre les cris des geais, des pies, des merles, des grives et de différents petits oiseaux, ou même quelquefois le bruit de leurs vols; on emploie ce moyen pour les engager à s’approcher des pièges qu’on leur tend.
FRUCTIFICATION (Botanique). — On désigne parce mot l’ensemble des phénomènes d’où résulte la production du fruit, depuis l’époque de la floraison ou anthèse, jusqu’à la maturation.
FRUGIVORES (Zoologie), du latin fruges vorare^ dévorer des fruits. On voit par cette étymologie que ce mot
FRO
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doit comprendre un grand nombre d’animaux pris dans différents groupes, telsque des Mammifères, des Oiseaux, des Insectes, etc. C’est donc une dénomination peu facile à appliquer parce qu’elle n’est jamais d’une exactitude absolue. Cependant Vieillot a cru devoir établir une fa^ mille à'Oiseaux à laquelle il a donné le nom de Frugivores^ faisant partie de son ordre des Sylvams^ tribu des 7//, r comprennent les genres Touraco et Musophage.
FRUIT (Botanique^ du nom latin fructus^ en grec, carpos. — Organe temporaire des plantes phanérogames qui contient les germes des graines ou ovules, et en dernier lien les graines elles-mêmes, au moment où l’on dit qu’il est 7nûr. Cet organe est une des parties de la fleur, qui lui survit et fournit après que celle-ci est flétrie un développement qui favorise et assure celui de la graine contenue dans le fruit. Le véritable fruit n’existe donc que chez les plantes qui ont des fleurs^ celles que Lijiné a nommées plantes à noces évidentes^ phanérogames (du grec phaneros^ évident, et gamein^ se marier). Chez celles qui se reproduisent sans fleurs, ch.ez ces plantes à noces mystérieuses que le même Linné appelle cryptogames^ il existe des organes, comme Turne des mousses, comme la sore des fougères, qui renferment les corps reproducteurs, et que par analogie on nomme quelquefois les fruits de ces plantes. Mais il y aurait de grands inconvénients à consacrer l’extension du terme de fruit à des organes aussi différents; il serait impossible de donner du fruit une description générale. Les botanistes ont donc conservé au mot fruit son sens habituel en l’appliquant exclusivement à l’organe des plantes phanérogames oùlagrainese développe et devient bonne àgermer.
Pour se faire une idée exacte du fruit, il faut remonter à l’organisation de la fleur, la bien connaître (voyez Fleur) et avoir une idée nette des phénomènes qui s’y passent pendant la floraison (voyez Reproduction des plantes). On saura dès lors que la fleur s’est épanouie surtout dans le but de répandre sur le stigmate, ou partie supérieure du pistil, le pollen, ou poussière fécondante développée et mûrie dans les anthères. — Dès que le pollen, tombé sur le stigmate, a exercé sur l’ovule son action vivifiante, la fleur commence à se flétrir ; les anthères, le stigmate, le style disparaissent le plus rapidement, ils tombent desséchés ; les filets des étamines, les pétales persistent souvent plus longtemps, mais ils
finissent par mourir, et si on les retrouve longtemps encore à leur place, ils y sont desséchés et flétris. Le calice, plus durable, se flétrit enfin et tombe à son tour; quelquefois cependant il survit et croît avec le fruit. Ces divers débris de la fleur, qui persistent plus ou moins autour du fruit, ont reçu le nom ù'induviœ (dépouilles). Parfois le style persistant forme au sommet du fruit une pointe qui l’a fait désigner alors par l’épithète à'apiculé. Au milieu de cette destruction successive des organes de la fleur, Vovaire seul se développe avec les ovules qu’il contient; il forme dès lors le péricarpe (péri^ autour; carpos^ fruit), et les ovules passent à l’état de graines; le péricarpe contenant les graines porte le nom de fruit.
On nomme donc fruit la portion ovarienne du pistil, développée par la fécondation. On nomme péricarpe l’ovaire même, c’est-à-dire les parois du carpelle, développé dans le fruit. On nomme graine Tovule qui s’est développé à mesure que la jeune plante ou Vembi^yon s’organisait sous ses enveloppes.
Le péricarpe est réellement la feuille carpellaire, puisqu’il est constitué par la paroi de l’ovaire, et que celuici doit être conçu comme une feuille réfléchie sur ellemême vers sa face supérieure et protégeant les bourgeons modifiés que nous avons nommés les ovules. Cette détermination de la nature du carpelle fait pressentir sa structure; ce sera celle d’une feuille. On y trouve, en effet, une lame de parenchyme recouverte sur ses deux
(1) Coupe destinée à montrer la structure du péricarpe.— set, suture dorsale de la feuille carpellaire. — sv, suture ventrale. — e, épicarpe. — m, mésocarpe. — n, endocarpe. — e m n, péricarpe. — coupe d'une graine.
faces par une couche d’épiderme. Mais comme, dans le développement des divers fruits, ces trois parties se modifient parfois extrêmement, on leur a donné des noms distinctifs. On reconnaît donc dans un péricarpe s 1° répicai'pe [épi, sur), couche épidermique extérieure qui doit être considérée comme l’épiderme de la face inférieure de la feuille carpellaire; 2“ le mésocarpe {mésos, qui est au milieu), portion moyenne et parenchymateuse du péricarp?, qu’il faut regarder comme le parenchyme de la feuille carpellaire; d» V endocarpe [endon, en dedans), couche épidermique intérieure, tapissant la loge où se trouvent les ovules ou l’ovule unique; c’est l’épiderme de la face supérieure de la feuille [fig. l3o(;).
Dans plusieurs espèces de fruits, le développement ne modifie pas la nature du péricarpe, il reste herbacé ou plutôt foliacé (pois, haricot, baguenaudier); mais plus souvent ses diverses parties s’altèrent et donnent au fruit un aspect spécial et une structure qui, au premier abord, semble lui être exclusivement propre. Uépicarpe est, des trois parties du péricarpe, celle qui se modifie le moins, elle s'épaissit fréquemment, mais conserve sa nature épidermique, c’est la peau du fruit. Le mésocarge s’épaissit très-fréquemment, change de natureetse transforme peu à peu en une chair succulente qui constitue nos fruits charnus comestibles; on a parfois donné au mésocarpe charnu le nom de sarcocarpe {sarx, sarcos, chair). La cerise, l’abricot, la pêche, la pomme, la poire, le melon, nous offrent des exemples de fruits comestibles à cause de leur mésocarpe charnu. Uendocarpe se pi'ésente souvent comme une fine membrane qui tapisse l’intérieur de la loge; mais parfois il prend une consistance cartilagineuse, comme on l’observe dans la poiie, la pomme, où il forme la partie résistante qui contient les pépins ou graines; plus souvent l’endocarpe devient complètement ligneux et forme ce qu’on nomme un noynn,* la graine, nommée V amande, est contenue encore dans cette enveloppe, ligneuse. La cerise, la pêche, la prune sont des fruits à noyau dont l’organisation est bien connue : on y trouve, une pellicule externe qui est l’épicarpe, une chair qui est le mésocarpe, enfin un noyau dont le bois est un endocarpe ligneux, Famande. est la graine unique que renferme le fruit. Quelques fruits à endocarpe ligneux sont moins faciles à comprendre : la noix se compose, d’un brou qui est l’épicarpe uni au mésocarpe, d’un bois qui est l’endocarpe, et d’une graine singulièrement figurée, qui est la partie comestible de ce fruit. L’amande est à peu près organisée de même ; le bois mince qu’on y rencontre est aussi un endocarpe. La nèfle offre cinq noyaux dont chacun est de la même nature que celui de la prune ; mais dans la nèfle il y a cinq carpelles soudés au lieu d’un seul. L’endocarpe devient dans certains fruits charnu et succulent, grâce à un tissu additionnel qui se développe dans ses loges-, l’orange et le citron sont organisés de cette mauière : au dehors, une peau formée de deux couches ; l’une, extérieui e, mince, jaune, c’est l’épicarpe; l’autre, plus intérieure, blanche et comme feutrée, c’est le mésocarpe; la partie charnue et succulente, divisée en quartiers, est l’endocarpe divisé lui-même en loges nombreuses et rempli d’un tissu nouveau développé pendant l’accroissement du fruit. Parfois le mésocarpe semble participer seul au développement du fruit; ainsi dans le melon, le potiron, à peine reconnaîton les traces de l’épicarpe et de l’endocarpe ; le mésocarpe verdoyant et acerbe à l’extérieur, succulent, charnu et sucré à l’intérieur, forme presque seul le péricarpe.
Souvent on reconnaît à la surface du fruit les sutiues que possède le carpelle. On se souvient que celui-ci ofiVe une suture ventrale qui résulte de la soudure des deux bords de la feuille carpellaire, et une suture dorsale qui représente la nervure médiane de cette feuille. Dans les fruits formés d’un seul carpelle, on distingue souvent l’une et l’autre (/î^. 13ü(j), comme dans la gousse du pois, la pêche, la prui\e; dans les fruits multiloculaires à placentation axile, les sutures ventrales des carpelles sont au centre du fruit et par conséquent invisibles, et les sutures dorsales peuvent seules paraître à leur surface; dans les fruits également multicarpellés, mais à placentation pariétale, les carpelles ayant leurs bords à la surface du fruit, celui-ci peut montrer en même temps les sutures ventrales et dorsales alternant les unes avec les autres. Dans beaucoup de fruits secs, ces sutures se séparent à maturité, et le péricarpe s’ouvre pour laisser échapper les graines. Ce phénomène a reçu le nom de déhiscence du péricarpe; on nomme déhiscents les fruits qui le présentent; indéhiscents ceux où on ne l’observe pas; les fruits charnus sont tous indéhiscents.
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Fig. 1306.— Coupe transversale de la gousse de la fève de marais (1 ) .
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Outre les modifications de tissus, l’ovaire peut en éprouver d'autres encore pendant la fructification. Dans les fleurs à plusieurs carpelles, on en voitsouvent avorter un certain nombre, de façon que le fruit n’en montre plus autant que la fleur. Le marronnier d’Inde a un ovaire triloculaire, et chaque loge renferme deux ovules à placentation axile, de ces six ovules un seul se retrouve dans le fruit qui semble en môme temps ne posséder qu’une seule loge. Le développement du fruit est parfois accompagné d’un amincissement progressif et d’une destruction plus ou moins complète des parois ou cloisons qui séparaient les loges. Quelques fruits, au contraire, forment, durant leur développement, de fausses cloisons qui subdivisent leurs loges primitives en fausses loges. Le placenta, en participant au développement du péricarpe et en concourant à celui de la graine, prend souvent une disposition plus compliquée; il forme à l’intérieur de la loge un corps saillant que certains auteurs nomment aussi trophosperme {trophos, nourricier ; a, graine),
de ce corps naissent des prolongements en môme nombre que les graines et dont chacun en alimente une; ce sont les funicules {funiculus, petite corde), aussi appelés podosperme {pous, podos, pied).
En résumé, le péricarpe se modifie dans sa structure pendant la fructification, soit par une transformation des tissus de l’épicarpe, du mésocarpe ou de l’endocarpe; soit par l’avortement d’une partie des loges ou des ovules; soit par la destruction des cloisons interloculaires; soit par la production de fausses cloisons donnant lieu à de fausses loges. De ces modifications dans la structure du péricarpe pendant le développement et de la variété môme de sa disposition j)remière suivant les espèces végétales, résulte une grande multiplicité de fruits, que l’on a- cherché à classer pour les étudier plus facilement. Adrien de Jussieu en a donné un classement facile et très-naturel que je vais exposer ici brièvement. Ce classement repose :
1" Sur la simplicité du fruit ou sa complication par le concours de quelque partie de la fleur développée avec lui ou servant même à le souder aux fruits voisins;
2» Sur l’indépendance ou la soudure des carpelles ;
3“ Sur l’indéhiscence ou la déhiscence des péricarpes ;
4“ Sur le nombre des graines que renferme chaque carpelle.
A l’aide de ces caractères, Adrien de Jussieu forme parmi les fruits trois grandes divisions que désignent les noms de fruits simples, fruits anthocarpés, fruits agrégés. La première est de beaucoup la plus nombreuse, je vais les définir toutes trois, et les étudier une à une.
D* Division : Fruits simples. — Ces fruits n’ont pas d’autre enveloppe que le péricarpe, et ils sont formés par le pistil d’une seule et même fleur (cerise, prune, tête de pavot, etc.).
2“*^ Division : Fruits anthocarpés. — Ces fruits ont pour enveloppe, outre le péricarpe, des parties accessoires indépendantes de l’ovaire, mais développées avec lui, le plus souvent- un calice libre et persistant ou un involucre; ils proviennent encore des pistils d’une seule fleur (fruit de la belle-de-nuit, de l’if, etc.).
3“® Division : Fruits agrégés. — Ces fruits, bien que réunis en une seule masse, proviennent de plusieurs fleurs et représentent toute une inflorescence dont les ovaires se sont soudés, ou directement ou indirectement, par l’interposition de quelques parties persistantes des fleurs (mûre, ananas, figue, cône, etc.) .
D® Division : Fruits simples.
On les partage en deux classes : 1" les fruits apocarpës {apo qui indique la séparation), formés de carpelles libres et séparés; 2" les fruits syncarpés (syn, qiû indique la réunion), formés au contraire de carpelles soudés en une seule masse.
■ I D® Classe : Fruits simples apocarpés.
Fruits simples, constitués par des carpelles indépendants et isolés entre eux. — Les uns sont indéhiscents, les autres déhiscents.
D® Section : Fruits simples apocarpés indéhiscents.
Fruits simples, apocarpés, dont le péricarpe ne se fend pas suivant ses sutures à l’époque de la maturité. — Tous les fruits cliarnus, étant indéhiscents, rentrent dans cette section; plusieurs fruits secs à maturité viennent aussi y prendre place.
a. — Fruits simples, apocarpés, indéhiscents, charnus.
1'* Espèce : Drupe. — On nomme drupe un fruit apocarpé, indéhiscent et charnu, dont l’endocarpe forme un noyau ligneux, ordinairement monosperme {monos, seul); c’est-à-dire contenant dans sa loge une seule graine ; exemples : cerise, prune, abricot, pêche, amande, noix, etc.
b. — Fruits simples, apocarpés, indéhiscents, secs.
2®* Espèce : Achaine, — On appelle achaine {a privatif ; chainein, s’ouvrir) un fruit apocarpé, indéhiscent, à péricarpe sec et mince, renfermant, dans sa loge unique, une seule graine bien indépendante du péricarpe; exemples : fruits des renoncules, du grand soleil, des chardons, du sarrasin ou blé noir, etc.
3“® Espèce : Cariopse. — On a longtemps nommé graine nue, et l’on nomme maintenant cariopse, \xn fruit apocarpé, indéhiscent et sec, monosperme comme l’achaine, mais dont le péricarpe s’est soudé aux téguments de la graine en se développant, et est complètement confondu avec elle ; exemples : les grains du blé, de l’orge, de l’avoine, des céréales en général.
4“* Espèce : Samare. — * C’est un fruit apocarpé, indéhiscent et sec, monosperme ou oligosperme {oligos, un
Fig. 1307. — A, samare d’un orme. — B, double samare de l’érable plane.
petit nombre), dont le péricarpe se prolonge autour de la loge en une lame membraneuse, mince et diversement découpée; exemples; fruits de l’érable faux-platane, de l’orme.
2“® Section ; Fruits simples, apocarpés, déhiscents.
Fruits simples, apocarpés, dont le péricarpe s ouvre spontanément suivant leurs sutures, lors de la maturité. — Cette section ne contient que des fruits dont le péricarpe est sec lorsqu’il est mûr.
6“® Espèce ; Follicule. — On nomme depuis longtemps follicule un fruit à péricarpe foliacé qui, à maturité, se dessèche et s’ouvre seulement par sa suture ventrale; il contient ordinairement un assez grand nombre de graines, ce qu’on exprime en disant qu’il est poly sperme {po*
lys. beaucoup); exemples:
fruits de l’ellébore commun, de l’ancolie, du pied d’alouette ou dauphinelle, et de beaucoup d’autres renonculacées.
Espèce : Coque. — On donne le nom de coque à un fruit apocarpé, sec et déhiscent, dont l’endocarpe est ordinairement ligneux et crustacé, qui s’ouvre à la fois par ses sutures ventrale et dorsale, et renferme un petit nombre de graines (fruit oligosperme) ; exemple ; fruit de la fraxinelle.
7“® Espèce : Gousse ou légume. — On désigne par ces deux noms indifféremment un fruit apo-
Fig. 1308, — Pois de senteur, fruit mûr, ouvert.
carpé, sec et déhiscent, dont le péricarpe foliacé s’ouvre par sa suture ventrale, et qui renferme un assez grand nombre de graines; exemples : fruit du haricot, du pois, de la fève et de toutes les légumineuses.
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Cette espace de fruits admet une variété importante. Souvent, pendant le développement du fruit, de fausses cloisons perpendiculaires à sa longueur le divisent en une série de fausses loges. Lorsqu’au niveau de ces fausses loges le péricarpe. se resserre et devient articulé, de façon que chacun puisse se détacher successivement, le légume est lomentacé ou prend chez certains auteurs le nom de /exemples ; les fruits des sainfoins,
des coronilles.
Avant de terminer cette étude des fruits apocarpés, il est essentiel de faire remarquer que s’il est des fleurs, comme celles du pois et de l’abricotier, qui ne produisent qu’un seul fruit apocjrrpé, il en est beaucoup d’autres qui, pourvues de pistils nombreux, produisent un grand nombre de fruits apocarpés groupés sur un même torus ; la renoncule, le fraisier, l’églantier en offrent des exemples.
Souvent une même fleur possède plusieurs pistils et donne plusieurs fruits apocarpés bien distincts; mais parfois le réceptacle ou torus se développe avec eux et les unit en une seule masse qui est une sorte de fruit multiple, bien qu’en réalité il ne se compose que de fruits simples apocarpés, drupes, achaines, etc., groupésensemble. C’esl ainsi que la/“rawe estun réceptacle charnu trèsdéveloppé et portant à sa surface de petits achaines bien séparés; la framboise est un produit du même genre, mais sa partie succulente est formée par les fruits accolés, qui sont de petites drupes, tandis que le réceptacle commun est petit, sec et fibreux.
2“® Classe : Fruits simples, syncarpés.
Frui'ts simples, formés par la réunion de plusieurs carpelles soudés ensemble. Leur structure dérive de celle des ovaires à plusieurs carpelles réunis. On peut ici, comme dans les fruits apocarpés, distinguer les fruits indéhiscents et les fruits déhiscents.
l*"® Section : Fruits simples, syncarpés, indéhiscents.
Ces péricarpes ne s’ouvrent pas à maturité, les uns sont charnus, les autres secs.
a. — Fruits simples, syncarpés, indéhiscents, charnus.
8“® Espèce : Pomme ou mélonide. — C’est un fruit syncarpé, indéhiscent et charnu, formé de cinq carpelles soudés, infères par rapport au calice et adhérents à cette enveloppe florale qui se confond avec l’épicarpe et se développe avec lui. L’endocarpe est cartilagineux (pomme) ou ligneux (nèfle), le mésocarpe très-charnu ; exemples : pomme, poire, nèfle, sorbe; \vi pomme est un fruit tout spécial à certaines espèces de la famille des Rosacées.
On nomme aussi nuculaine une pomme à endocarpes ligneux, c’est-à-dire à noyaux multiples, qui n’est plus réellement que la réunion de plusieurs drupes en un seul fruit. Si l’on adopte ce nom, la nèfle est une nuculaine.
Espèce : Hespéridie. — On a donné ce nom, en souvenir du jardin des Hespérides, à un fruit qui a pour type l’orange, et qu’on peut définir un fruit simple syncarpé, indéhiscent et charnu, formé de carpelles nombreux et divisé en plusieurs loges à endocarpe charnu, pulpeux et succulent, l’épi( arpe et le mésocarpe ne formant plus qu’une peau coriace. Ce fruit provient d’un ovaire libre et supère par rapportait calice; exemples, orange, citron.
10“*® Espèce : Péponide. — Ce nom désigne le fruit des Cucurbitacées, comme le melon, le potiron, etc. C’est un fruit syncarpé, indéhiscent et charnu, à une seule loge par destruction des cloisons ; celte cavité, incomplètement tapissée par l’endocarpe, porte attachées à ses parois des graines nombreuses. Le mésocarpe forme une chair épaisse à la surface de laquelle on distingue avec peine un péricarpe; exemples : melon, potiron, concombre, courges, etc.
11“*® Espèce: Baie. — Ce nom s’applique en général à tous les fruits syncarpés, indéhiscents, charnus ou secs, que des particularités remarquables n’ont pas fait distinguer par un des noms qui précèdent. On emploie le nom de baie, sans autre désignation, lorsque le péricarpe est charnu; exemples : raisin, groseilles, tomate.
b. — Fruits simples, syncarpés, indéhiscents, secs.
12“® Espèce : Baie sèche. — Le môme nom de baie désignant les fruits syncarpés, indéhiscents en général,
s’applique à ceux d’entre eux dont le péricarpe est foliacé ou ligneux ; ou y ajoute seulement l’épithète de sèche, qui rappelle la nature du péricarpe.
13“® Espèce : Gland. — Fruit syncarpé, indéhiscent et sec, provenant d’un ovaire infère, pluriloculaire et polysperme; le péricarpe montre à son sommet les dents très-petites du limbe, il porte à sa base un involucre écailleux (chêne), foliacé (noisetier), ou semblable à une sorte de péricarpe (châtaignier), et que l’on nomme une cupule; exemples : fruits du chêne, du hêtre, du noisetier, du châtaignier, etc.
Plusieurs fruits syncarpés secs véritablement indéhiscents, c’est-à-dire dont les loges ne s’ouvrent pas à maturité, subissent une sorte de déhiscence qui consiste dans la séparation de leurs carpelles lors de la maturité du fruit. On observe ce phénomène dans le fruit des mauves, celui de la capucine, celui des ombellifères ; dans ce dernier cas, au lieu de se détacher complètement, les carpelles restent suspendus à l’axe du fruit décomposé en autant de filets qu’il y a de carpelles, ce qui avait valu à ces sortes de fruits le nom à peu près abandonné de crémocarpe.
2“® Section : Fruits simples, syncarpés, déhiscents.
Ce sont des fruits composés de plusieurs carpelles, et qui à maturité s’ouvrent d’eux-mômes pour laisser échapper de leurs loges les graines qui s’y sont développées. Ces péricarpes ne sont jamais charnus.
14“*® Espèce : Capsule. — Ce nom très-général comprend tous les fruits syncarpés déhiscents qui ne présentent pas les caractères spéciaux des deux espèces suivantes; exemple : fruits des Solanées, des Liliacées, des Scrofularinées (gueule de loup), des Campanulacées (clochette, liseron des haies';, des œillets, des pavots, etc.
Tantôt les capsules s’ouvrent suivant leurs sutures par des valves aussi nombreuses que leurs carpelles et qui leur ont valu le nom de capsules valvicides; tantôt la déhiscence s’effectue par l’écartement des dents placées au sommet, ce sont alors des capsules denticides; tantôt, enfin, la déhiscence se borne à l’ouverture d’un certain nombre de pores ou trous arrondis pratiqués vers la partie supérieure du péricarpe, ces sortes de capsules sont dites poricides. Parmi les capsules valvicides on distingue encore trois variétés de déhiscence : on nomme déhiscence celle où la séparation a lieu suivant les sutures ventrales de façon que les cloisons se dédoublent et les carpelles se séparent pour s’ouvrir; on appelle déhiscence septifrage celle où les cloisons restent au milieu du fruit sans se séparer tandis que les valves se détachent; on appellç, enfin, déhiscence loculicide, celle où la séparation s’effectue suivant les sutures dorsales, de telle façon que les fentes correspondent aux loges et non plus aux cloisons.
I5“® Espèce : Pyxide. — Fruit syncarpé, déhiscent, s’ouvrant à maturité pig. i3io. -Coiza, par une fente circulaire et horizontale, de fruit mûr,ouvei t(2). telle façon que la moitié supérieure du péricarpe forme une sorte de couvercle à la partie inférieure; aussi ces fruits ont-ils reçu le nom de boîtes à savonnette; ex.: fruits des jusquiames, du mouron, etCf
(1) Coudrier noisetier, fruit, — cc, cupule. — f, fruit.
(2) s, cloison. — u, v, valves.
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1G“* Espèce: Si ligue et silicule. — La silique est réellement une capsule à deux loges, s’ouvrant par deux valves opposées qui restent suspendues à la partie supérieure du fruit et laissent voir une fausse cloison portant sur chacun de ses bords des graines alternes; ex. : le fruit des crucifères comme le chou, la giroflée, le colza [fig. 1310), celui de la chélidoine, etc.
Dans certains cas, la silique, très- raccourcie et élargie en même temps, est à peu près aussi large que longue, comme on le voit dans le thlaspi, par exemple;- on lui donne alors le nom de silicule.
moins allongé autour duquel sont disposées des écailles plus ou moins épaisses, en général ligneuses à maturité, et dont chacune porte deux graines nues à sa base. On a comparé chaque écaille à une feuille carpellaire qui ne serait pas repliée sur elle-même. Tantôt ces écailles sont indépendantes les unes des autres (sapin); tantôt moins nombreuses, elles se soudent en une seule masse (cyprès) qui parfois même devient charnue et simule une baie (genévrier).
Tableau de la claesifîcation des fruits.
Division ; Fruits amhocarpés.
Le nom même qui sert à désigner ces fruits rappelle que certains organes de la fleur en font partie. On observe, en effet, qu’un des verticilles de la fleur, et c’est ordinairement le calice, bien qu’indépendant de l’ovaire.
persiste, se développe, prend une consistance plus ou moins dure et forme autour du péricarpe une enveloppe extérieure bien distincte, mais qui semble réellement un second péricarpe. Un petit nombre de fruits seulement offrent cette structure. J'ai déjà cité, comme les plus vulgaires, ceux de l’if, de la belle-de-nuit.
3® Division : Fruits agrégés.
Les fruits agrégés ne comprennent pas seulement les fruits provenant d’une seule fleur, mais bien ceux de toute une inflorescence, soudés entre eux directement ou par l’intermédiaire de quelques parties accessoire.s. On peut distinguer parmi eux ;
La .sorose {fig. 1312) formée par la réunion de plusieurs fruits charnus que les folioles du calice développées et charnues comme eux ont servi à souder en une seule masse; ex. : fruits du mûrier, de l’ananas, de l’arbre à pain.
Le sycône^ c’est l’inflorescence môme désignée sous ce nom (voyez Inflorescence), et transformée par le développement en un fruit dont la partie comestible est le réceptacle charnu qui loge dans sa cavité centrale les véritables fruits très-petitset très-nombreux ; ex. : la figue.
Le cône ou sirobile {fig. 1313), fruit des pins, sapins, cèdres, cyprès et autres arbres nommés pour cela môme
Fig. 1312. — Sorose de l’ananas, sur- Fig. 1313. — Pin, cône rniir
moulée du bouquet de feuilles qui (demi-grand, nalur.).
lermine l’axe fructifère.
conifères, (voyez ce mot) ; il se compose d’un axe plus ou
(i) A, fruit de l’if commun. — B, le même coupé. — G, partie inférieure du calice durcie avec le fruit véritable caché dans la partie précédente.
^nus* I ^ Drupe. . . . Prune.
(2Achaine... Soleil.
3 Cariopse. . Blé.
4 Samare. . . Orme.
{^Follicule.. Aiicolie.
6 Coque. ... Fraxiiielle.
7 Gousse. . . Haricot.
(8 Pomme, . . Pomme.
9 Hespéridie Orange.
id Péponide.. Melon.
1 1 Baie llaisin.
( * 2 sèche.
I 13 Gland. . . . Chêne.
il4 Capsule. Pavot.
15 Puxide. .. Jusquiame.
16 Silique. ,. Giroflée.
Belle-de-nuit
17 Sorose.... Ananas.
18 Sycône... . Figue.
19 Cône Pin.
La classification des péricarpes qui vient d’être exposée s’est lentement élaborée dans la science depuis Linné. Ce grand classificateur essaya un des premiers cette œuvre encore aujourd’hui si imparfaite en présence de l’incroyable diversité qu’il a plu au Créateur de jeter parmi les fruits. Il reconnut 8 formes générales : 1" la Capsule.^ fruit sec, à plusieurs graines, souvent à maturité ; 2** la Silique, fruit sec à 2 valves avec des graines attachées aux deux bords ; 3® le Légume, fruit membraneux à 2 valves, avec des graines fixées sur un seul bord; 4*' le Follicule, fruit à une seule valve s’ouvrant longitudinalement d’un seul côté; 5® la Drupe, fruit charnu à noyau ; 6® la Pomme, fruit charnu contenant une capsule; 7° la Baie, fruit charnu contenant des semences nues; 8® le Sirobile, chaton changé en fruit. Cette ébauche dont les traits essentiels sont demeurés dans la science, fut perfectionnée déjà par Gærtner. Le plus grand progrès qui ait été accompli en botanique sur cette question difficile est dû à Louis-Claude Richard; c’est Ini qui le premier prit pour principe de la classification des fruits, l’étude de l’ovaire comme fondement de celle du fruit. Ach. Richard compléta cette classification qui a servi de type aux travaux exécutés depuis sur ce sujet. DeCandolle, de Mirbel, Desvaux, Liuk, Lindley, Agardh, Sprengel et enfin Adr. de Jussieu ont remanié les groupes deAcb. Richard sans introduire aucun principe nouveau et sans pouvoir s’écarter beaucoup au fond de cette classification primordiale. J’ai donné dans cet article la division adoptée par Adrien de Jussieu, parce qu’elle m’a paru d’une netteté incontestable et qu’elle a été exposée pour la première fois par son auteur dans un Cours élémentaire devenu classique aujourd’hui.
Un article spécial est consacré à la graine (voyez Graine).
Usages des fruits. — Le fruit est un des organes des plantes les plus compliqués dans leur texture, et lorsqu’il est charnu, il contient beaucoup de principes nutritifs; aussi les fruits occupent-ils toujours une place importante dans l’alimentation de l’homme. Suivant le degré de civili^sation, l’homme se nourrit de fruits venus spontanément, ou de fruits cultivés par lui ; c’est dans ce dernier cas seulement que ce genre d’aliments prend une place importante. L’art de cultiver les fruits est devenu dans certains pays une occupation des plus intéressantes et des plus lucratives (voyez Jardin fruitier), et l’on peut dire que la France sous ce rapport tient le premier rang. Des succès que l’on obtient dans cet art curieux sont dus, non-seulement aux efforts des hommes, mais aussi aux faveurs du climat; c’est à l’une et à
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l’autre de ces deux causes que la France doit sa supériorité. La plus grande partie des fruits cultivés pour la table et amenés par la culture à une exquise délicatesse appartiennent à la classe des Rosacées. Ce beau groupe du règne végétal nous donne ; la framboise et la fraise, la pomme, la poire, le coing, la nèfle, puis la cerise, la prunC;, l’amande, l’abricot et la pêche. Les groseilles proviennent d’arbrisseaux d’une petite famille spéciale (Grossuî arides), la grenade est donnée par une autre petite famille {Granatées). La vigne qui fournit un de nos meilleurs fruits, le raisin, est le type de la petite famille des Ampélidées. La famille des Auraniiacées nous fournit l’orange, la bigarade, le citron ou limon. Les figues, les mûres sont produites par des arbres de la famille des Urticées ou Morées. Celle des Quercinées produit la châtaigne, la noisette, celle des Berberidées, Tépine-vinette, et celle des Oléacées l’olive, un des plus précieux fruits du bassin Méditerranéen. Pour compléter cette liste des fruits d’un usage vulgaire en FiUrope, il faut signaler la figue de Barbarie venue sur un cactus, les tomates, les aubergines que portent certaines espèces de Solanées et surtout les fruits volumineux du groupe des Cucurbitacées^ le melon, la courge, la citrouille ou potiron, le concombre, le giraumont, la pastèque. Tous ces fruits de nos contrées européennes sont empruntés à des plantes phanérogames Dicotylédones. Les contrées tropicales, plus riches en Monocotylédones, leur doivent les dattes, les cocos produits par des espèces de palmiers, les bananes, les ananas ; puis un grand nombre d’autres fruits produits par des plantes Dicotylédones, l’avocat {Laurus perseai , le fruit gigantesque de l’arbre â pain {Artocarpus incisa), la badiane {Illicium anisalum), le gombaut ou gombo {Hibiscus csculenius), le cacao {Theobroma cacao), l’abricot d’Amérique {Mammea americana), le mangoustan {Garcipia mangostana), la mangue oumango {Mangifera indica), la pamplemousse {Citrus decumana), les goyaves f genre Psidium), etc.
Dans ses études intitulées les Ouvriers Européens, M. Fr. Le Play a indiqué le rôle des fruits dans l’alimentation des classes laborieuses de l’Europe. Ils n’ont pas, d’après lui, la même importance que les légumes, et sont en général des objets de luxe plutôt qu’un article indispensable de la nourriture. Rappelant d’ailleurs combien la culture des L uits serait avantageuse et facile dans les plus doux climats de l’Europe, il lait remarquer que, chez les peuples méridionaux, une abondante culture de fruits est une excellente mesure de l’intelligence, des Habitudes du travail et de la recherche du bien-être. Les fruits de la région tempérée de l'Europe et des parties méridionales exigent en général d’être perfectionnés par la culture ; les uns sont succulents (fruits à noyaux ou à pépins), les autres farineux (châtaigne, amande, noisette, noix). Ceux-ci ont une grande importance dans l’alimentation des peuples du midi de la France, de l’Italie, de l’Espagne. La région septentrionale de l’Europe ne peut plus donner les fruits délicats que la culture obtient sous un ciel plus doux ; mais la nature y produit abondamment, durant l’été court et fécond propre à ces contrées, des fraises, des ronces, des airelles sauvages que les populations recueillent à l’envi, que l’on mange frais et dont on prépare des conserves précieuses pour l’hiver. L’observateur auquel j’emprunte ces renseignements signale le rôle intermédiaire à celui des légumes et à celui des fruits, que jouent les fruits volumineux des Cucurbitacées ; toutes les populations en consomment quelque espèce. Presque partout c’est le concombre ; mais on voit s’y joindre le potiron dans la zone centrale, puis, dans le Midi, le melon, la pastèque qui se consomment en quantité considérable dans la Russie méridionale, en Hongrie, dans la Turquie d’Europe, en Grèce, en Italie et en Espagne. Ad. F.
Au point de vue hygiénique, les fruits pris dans le sens restreint de ce mot en économie domestique, ne constituent pas une alimentation habituelle pour les populations, une nourriture dont on peut faire un usage spécial et journalier, mais comme accessoires agréables, â cause des produits sucrés, acides, aromatiques, astringents, etc., qu’ils contiennent en qualités variables suivant leur degré de maturité, la culture qu’ils ont reçue, la nature des végétaux qui les produisent, ils forment une desparties les plus importantes et les plus recherchées du régime alimentaire. Ainsi les fruits amylacés, tels que les pois, les fèves, les haricots, les lentilles, le maïs, les différents millets, le sarrasin, etc., les fruits du châtaignier et de quelques autres arbres donnent une nourriture abondante, saine et précieuse pour un grand nombre de po-
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pulations ; mais on lui reproche en général de fatiguer les personnes délicates et de développer des gaz pendant le travail de la digestion. Les fruits oléagineux, noix, noisettes, amandes douces, cocos, olives, forment une partie très-accessoire dans l’alimentation-, ils ne sont pas toujours d’une digestion facile. Mais la classe la plus nombreuse et la plus intéressante de fruits, ce sont les fruits aqueux sucrés ou sucrés acidulés ; les nommer tous serait beaucoup trop long, nous ne citerons que les principaux^ ce sont : les cerises, les raisins, les fraises, les framboises, les pêches, les abricots, les prunes, les mûres, les oranges, les figues, les dattes, les jujubes, les ananas, les pommes, les poires, les goyaves, les fruits de l’avocatier, les mangoustans, les bananes, les fruits de l’arbre à pain, etc.; si l’on joint â cela toutes les variétés et sous-variétés que la culture a produites, on aura une quantité innombrable de fruits qui ne fait que s’augmenter tous les jours. Cette libéralité de l’auteur de toutes choses est un bienfait pour les populations au milieu de» quelles se produisent en si grande abondance, les fruits que nous venons de nommer; la nourriture qu’ils donnent répare bien moins que toute autre, surtout celle des fruits succulents; mais aussi ces populations brûlées par un soleil dévorant, n’ont pas besoin d’une nourriture abondante et forte, et il est nécessaire qu’ils rafraîchissent leur sang par l’usage des fruits aqueux, sucrés, acidulés, qui n’exigent pas en général un grand travail des organes digestifs; si l’on en croit les recherches du docteur Beaumont, résumées par M. le professeur Trousseau {Thèse du Concours d'hygiène, 1837), les fruits sont les plus digestibles de tous les aliments qui ont été expérimentés. On a bien adressé à ce régime quelques reproches, surtout pour les enfants, qu’il prédisposerait aux affections lymphatiques; mais les vices attachés à l’abus età la mauvaise qualité, ne contrebalancent pas lesavantages qui résultent d’un usage raisonnable. A côté de ceux que nous venons de nommer se rencontrent les fruits astringents tels que les nèfles, les coings, les cormes, quelques espèces de poires, etc. Le principe astringent qu’ils contiennent leur donne des propriétés moins débilitantes, aussi les trouve-t-on plutôt dans la zone tempérée où leur qualité nutritive a pour auxiliaire .sur les voies digestives le principe même que nous venons de désigner.
Nous aurions à parler encore des fruits au point de vue de la matière médicale et de la toxicologie ; mais les bornes de cet article ne nous permettent pas de développer cette partie de l’histoire des fruits. Du reste, on trouvera à l’article qui concerne chacun d’eux, ce que nous pourrions en dire ici.
FRUITERIE {Conservation des fruits). — La conservation des fruits est une question intimement unie à celle du jardin fruitier, nous verrons à cet article que celui-ci doit fournir pendant chacun des mois de Vannée, la plus grande quantité possible des meilleurs fruits. Il est vrai qu’on peut obtenir ce résultat en plantant un nombre égal d’arbres mûrissant leurs fruits pendant chaque mois de l’année ; mais ce moyen sera insuffisant si l’on n’emploie pas un mode de conservation qui place dans les conditions les plus convenables les fruits dont la maturité peut être retardée jusqu’au printemps, et même jusqu’au commencement de l’été, époque à laquelle les variétés les plus précoces commencent à donner de nouveaux produits. Cette question offre donc un grand intérêt, nonseulement pour celui qui consomme les fruits qu’il produit, mais encore pour celui qui en fait un objet de spéculation, puisqu’ils ont d’autant plus de valeur qu’on peut les vendre plus tard.
Les soin§ de conservation ne s’appliquent guère qu’aux fruits qui mûrissent en hiver. Le but est, 1" de les soustraire à l’influence des gelées qui les désorganiseraient complètement; 2“ de faire que la maturation s’effectue si lentement, qu’on arrive à la prolonger, pour une partie des fruits, jusqu’à la fin du mois de mai de l’année suivante ; car, quoi qu’on fasse, la décomposition succède toujours assez rapidement à une maturité complète. Ce double résultat est obtenu d’une manière plus ou moins complète selon le mode de construction du local où ces fruits sont réunis, et auquel on donne le nom de fruitier ou mieux de fruiterie, puis aussi selon les soins qu’y reçoivent les fruits.
De la fruiteide. — L’expérience a démontré que la fruiterie donne des résultats d’autant plus satisfaisants, qu’elle remplit plus complètement les six conditions suivantes : — 1“ Une température constamment égale. En effet, c’est surtout par les changements de température