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contact même à une température de 10® aii-dessaus de zéro. Quand l’on dissout dans l’eau du sel de Glauber, on peut constater un abaissement notable de température. C’est sur ce fait qu’est fondée la tliéorie des mélanges réfrigérants, que l’on emploie principalement à faire de la glace (voyez ce mot).
Un fait qui se lie intimement à celui de la fusion, c’est celui de la solidification. Ce, retour à l’état solide est soumis à deux lois :
i® La température à laquelle se fait la congélation est fixe pour chaque substance, et la môme que celle du point de fusion.
2° Pendant tout le temps de la solidification, la température du liquide ne varie pas, quelle que soit l’intensité de la cause refroidissante. Ce résultat s’explique par la transformation de la chaleur latente de fluidité en chaleur sensible. Cette chaleur rétablit continuellement la température; sans cela la congélation, au lieu de se faire graduellement, se ferait subitement dans toute la masse dès que le point de solidification serait atteint.
Dans certains cas, la première loi semble en défaut, et la température à laquelle se fait la congélation n’est pas la môme que celle du point de fusion, mais toujours ce fait ne s’observe que dans des circonstances exceptionnelles. Ainsi Fahrenheit a vu l’eau rester liquide dans un matras fermé, à col effilé, et exposé à l’air au-dessous de 0®. On peut ainsi porter l’eau jusqu’à — 12® sans qu’elle se congèle. Il faut, pour réussir, que le liquide reste dans le repos le plus absolu, et que le froid agisse lentement. Quand l’eau a été amenée au-dessous de zéro sans se congeler, il suffit, pour la solidifier en partie, d’y jeter une parcelle de glace ou d’ébranler par un choc les vases qui la contiennent. La congélation se fait aussitôt avec une certaine rapidité, et la température remonte subitement à 0® par suite du dégagement de chaleur latente. On a observé sur d’autres corps que l’eau ce phénomène appelé phénomène de surfusion. Ainsi l’étain peut descendre à 225® sans se solidifier, quoiqu’il fonde à 230®; le phosphore peut ôtre maintenu liquide jusqu’à 22®, bien que son point normal de solidification soit à 44®. Mais quand l’étain se selidifie, sa température remonte à 230®, et de môme le phosphore repasse à 44®.
La pression exerce aussi sur la fusion une influence qui n’a été bien nettement appréciée qu’à une époque récente. On a établi, par exemple, que la glace, soumise à une pression énergique, peut passer à l’état liquide à v.ne température inférieure à zéro. Cette circonstance
permet de se rendre compte de divers phénomènes, jusqu’ici très-ftnparfaitement expliqués. Telle est par exemple la faiblesse excessive du frottement à la surface de la glace, même quand celle-ci n’a qu’un médiocre degré de poli. On peut admettre que sous Faction du poids qui presse, une couche d’eau très-mince s’interpose entre les deux corps et forme ainsi une sorte de graissage hydraulique, dont l’efficacité est aujourd’hui bien connue (voyez Graissage). Ainsi s’explique également la plasticité apparente des glaciers, qui descendent comme on sait d’une manière progressive, en se moulant fidèlement sur les vallées qu’ils parcourent, tantôt s’étendant, tantôt se resserrant, comme le ferait une coulée de lave pâteuse. On peut aussi appliquer la. môme explication aux curieuses expériences de M. Tyndall. Elles consistent à comprimer de la glace dans des moules de formes très-diverses ; on retire de ces moules des objets formés de glace parfaitement limpide, qui a dû par suite suivre tous les contours du moule lui-môme, à la façon d’une matière molle et plastique.
Quelquefois la pression, au lieu d’abaisser le point de fusion, l’élève au contraire ; c’est ce qui a lieu, suivant M. Bansac, pour le blanc de baleine et la paraffine.
La solidification est généralement accompagnée d’une diminution de volume ; il faut excepter les cas de l’eau, du bismuth, de la fonte de fer, où c’est l’effet inverse qui se produit. H. G.
FÜSTET (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce du genre Sumac. C’est le Rhus cotinus de Linné, appelé aussi Bois jaune. Arbre à perruque. On a donné quelquefois à cet arbrisseau le nom de Panache d’Henri /F, à cause de son inflorescence à rameaux filiformes trèsdivisés, qui ressemble à une chevelure. Le fustet est, par son feuillage glabre, lisse, un joli arbrisseau d’ornement. Il croît spontanément dans l’Europe méridionale, et s’est, pour ainsi dire, naturalisé dans nos environs. Son bois, de couleur jaune et verte, s’emploie par les ébénistes et les luthiers. On en extrait « une matière colorante employée en teinture pour donner à des étoffes déjà teintes une nuance de jaune orangé, qui doit se composer avec leur couleur première. Ainsi on passe dans un bain de fustet l’écarlate qui doit tirer sur la couleur de feu ; on y passe aussi les étoffes de couleur grenade, jujube, langouste, chamois, orangée, jaune d’or, jonquille, etc. La couleur du fustet n’est jamais appliquée seule sur les étoffes, parce qu’elle est trop altérable » (Chevreul).
FUTAIE (Sylviculture). — Voyez Forêt.