‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 384 sur 385 · DE FUSION · texte numérisé non relu

DE FUSION

Platine

Fer martelé anglais

Fer doux français...

Aciers les moins fusibles

Aciers les plus fusibles

Fonte manganésée

Fonte grise, deuxième fusion

Fonte grise très-fusible

Fonte blanche peu fusible

Fonte blanche ires- fusible

Or pur

Or au- titre des monnaies

Cuivre

Argent pur

Bronze

Antimoine

Zinc

Plomb

Bismuth

Etain.

Soufre..

Iode

Sodium

Potassium

Phosphore

Acide stéarique

Cire blanche

Cire non blanche

Stéarine

Spermaceti

Suif

Beurre

Il faut avouer qu’il existe sur certains de ces nombres de petites incertitudes provenant de l’impureté des échantillons sur lesquels on a opéré, ou de la nature du thermomètre employé, r

Lorsque l’on n’avait à sa disposition, comme moyen de fusion, que les forges ou les hauts fourneaux, certains corps n’avaient pu être rendus liquides. On appelait substances réfractaires celles qui résistaient ainsi à l’action de la chaleur sans se fondre; mais il n’y en a plus depuis l’emploi du chalumeau gaz et de la pile.

Une application très-remarquable de la première de ces sources de chaleur a été faite dernièrement par MM. Deville et Debray pour la fusion du platine. L’appareil dans lequel on conduit l’opération se compose d’un petit four à réverbère nn fait en chaux vive. Ce four nQ compose de deux parties creusées en forme de calotte sphérique et symétriques l’une à l’autre. Par la partie supérieure, un chalumeau pénètre dans le four. Il se compose de deux enveloppes concentriques; la plus interne communique par le robinet r civec un tube de caoutchouc qui amène de l’oxygène, et dans l’espace

annulaire circule du gaz de l’éclairage venant du tube H, et dont l’arrivée se règle avec le robinet r'. L’on enflamme ce gaz à sa sortie de cet espace annulaire, et l’oxygène étant amené au milieu de la flamme augmente son intensité calorifique. On peut rendre î\ volonté la flamme oxydante ou réductrice par la manœuvre des robinets r et r'. Les produits de la combustion se déga-

gent par l’orifice e. L’appareil tout entier est porté par une plate-forme de fonte p. Une cheminée F entraîne hors du laboratoire les vapeurs qui peuvent se dégager. Si l’on fond, en efiét, du platine allié à de l’osmium, il se produit pendant l’opération de l’acide osmique volatil, qui est fort dangereux à respirer. L’on coule dans des lingotièresen fer forgé, garnies intérieurement d’une mince feuille de platine qui s’oppose à l’altération de la lingotière par la haute température du métal en fusion; ces feuilles sont d’ailleurs ramollies assez fortement pour faire corps avec le lingot. A Londres, M. Matthey, fabricant de platine, en a fondu jusqu’à 100 kilogrammes à la fois par ce procédé.

La plupart des corps passent de l’état solide à l’état liquide, sans autre intermédiaire. Il en est d’autres chez qui le passage se ftu’t graduellement; la matière devient molle, pâteuse, puis se fluidifie peu à peu. Ce mode de 1 fusion s’appelle fusion vitrée; le verre, en effet, se fond ainsi, et de plus, quand ces corps se solidifient, ils prennent un aspect vitreux.

Quand un corps fond, il y a en général un changement brusque de volume. Dans la presque totalité des cas, le ' volume augmente.

La fusion des corps est soumise à deux lois très-importantes :

1° Chaque corps passe de l’état solide à l’état liquide, toujours à la même température. A’nsi la glace fond toujours à 0“, l’étain toujours à 230", etc.

2" Pendant tout le temps que mettent les corps à passer de l’état solide à l’état liquide, leur température reste invariable. Ainsi si l’on place sur le feu un vase plein de glace, et dans ce vase un thermomètre, la température se maintiendra à 0" tant qu’il y aura dans le vase de la glace non fondue. La chahuir que l’on emploie ne se traduit donc par aucune élévation de température; elle se combine, pour ainsi dire, au corps solide pour le transformer en liquide. Cette chaleur ainsi employée à fondre le corps ne peut être mesurée par un thermomètre, et, pour cette raison, est appelée chaleur latente, c’est-à-dire cachée.

L’on doit dire cependant, comme exception à la première règle, que le point de fusion d’un corps peut changer, en vertu de son affinité chimique pour un autre corps avec lequel il est en contact, mais l’absoi ption de chaleur latente n’en a pas moins lieu. 11 en est ainsi, par exemple, lorsque la neige et le sel marin sont en

Page 1