DENSITÉ
l’aréomètre
Cartier.
de l’alcoomètre Gay-Lussac.
Eau-de-vie faible. . . .
Eau-de-vie ordinaire.
Eau-de-vie forte
Trois-cinq
Trois-six
Trois-sept
Alcool rectifié
Trois-hiiit
Alcool à 40o.
Alcool absolu
Les nombres qui distinguent les divers esprits font connaître la quantité d’eau qu’il faut y ajouter pour les transformer en eau-de-vie ordinaire ou à 19°. Le troissix par exemple doit être mélangé d’une quantité d’eau qui double son volume (3 d’esprit pour 6 d’eau-devie).
L’aréomètre Cartier, que l’on emploie quelquefois encore pour juger de la richesse d’un alcool, ne peut fournir que des indications purement commerciales et montrer si un esprit a bien le degré qui correspond à son nom. On doit à M. Gay-Lussac un instrument appelé alcoomètre., de forme à peu près semblable, que l’on emploie de la même manière et qui est gradué de telle façon qu’il indique immédiatement combien il existe de litres d’alcool pur, dans 100 litres d’un alcool ou d’une eau-de-vie quelconque, pourvu qu’ils ne contiennent que de l’eau et de l’alcool, condition exigée pareillement par l’aréomètre Cartier (voyez Aréomètre, Alcoomètre). L’emploi de
l’alcoomètre de Gay-Lussac, seul admis pai l’État, a fait naître un nouveau mode de désignation des alcools. L’alcool à 85 degrés centésimaux, contient 85 volumes d’alcool pur pour 100 volumes de liqueur.
Table des quantités d'alcool contenues dans diversc.s boissons, d'après M. Thénard.
PROPOUTiONS
NOMS DES VINS oü AUTRES BOISSONS. d’alcool pur Slir 10»
parties de la liqueur en volume.
Whiskey d’Ecosse (eau-de-vie de grains) ... 54,32
Rhum 53,68
Eau-de-vie 53,39
Genièvre [gin) 51,60
Lissa 25,41
Vin de raisin sec [raisin wine)..... 25,12
Madère 22,27
Madère du Cap 20,50
Ténériffe 19,79
Constance blanc 19,75
Lacryma-Chrisii 19,70
Xérès 19,17
Lisbonne 18,94
Malaga (de 1666) 18,94
Constance rouge 18,92
Muscat du Cap 18,25
Roussillon 18,13
Ermitage blanc 17,43
Malaga 17,26
Malvoisie de Madère 16,40
Chiraz ... 15,52
Lunel 15,52
Syracuse 15,28
Claret ou vin de Bordeaux . . l5,10
Nice 14,63
Bourgogne 14,57
Sauterne 14,22
Champagne 13,80
Graves 13,37
Frontignan 12,79
Champagne mousseux 12,61
Côte-Rôtie 12,32
Ermitage rouge 12,32
Hock (vin du Rhin) 12,08
Tokay 9,88
Cidre le plus spiritueux 9,87
Vin de baies de sureau (elder ivine) 9,87
Ale de Burton (bière) 8,88
Hydromel 7,32
Poiré. 7,26
Bière forte brune [brown stout] 6,80
Cidre le moins spiritueux 5,21
Porter de Londres 4,20
Petite bière de Londres 1,28
Alcool absolu. — Alcool pur sans eau.
L’alcool pur est doué d’une extrême fluidité, d'une saveur caustique, d’une action très-énergique sur l’économie animale et constitue un véritable poison. Il bout à 78® ; sa densité est de 0,79 ; jusqu’à présent il n’a pu être congelé par aucun froid artificiel. Son avidité pour l’eau est très-grande ; quand on le mélange avec une certaine quantité de ce liquide, il se produit un dégagement de chaleur et le volume de la combinaison est toujours plus petit que la somme des volumes d’alcool et d’eau mélangés ; versé sur de la neige ou de la glace pilée, il peut faire descendre le thermomètre jusqu’à 37° au-dessous de zéro, en forçant la glace à fondre.
Cette grande tendance à s’unir à l’eau fait qu’il l’enlève même aux matières organisées qu’il racornit, ce qui le rend très-propre à la conservation des objets d’histoire naturelle ou des pièces anatomiques. On se contente cependant pour cet usage d’alcool rectifié.
L’alcool absolu est extrait des esprits du commerce. Ceuxci sont versés dans une cornue sur un excès de chaux grasse vive, réduite en fragments de la grosseur d’une petite noix, après un contact de vingt-quatre heures on distille au bain-marie. La chaux retient l’eau d’hydratation avec laquelle elle s’est combinée et il passe un liquide plus riche que le précédent. Le carbonate de potasse bien sec peut servir au môme usage ; mais dans l’un et l’autre cas il convient de répéter plusieurs fois l’opération. M. Ber tlielot est parvenu dans ces derniers temps à former directement de l’alcool en mélangeant dans un grand ballon de l’hydrogène bicarboné et de l’acide sulfurique concentré et en agitant les deux corps avec du mercure dont l’action est ici purement mécanique. Après un contact prolongé, l’acide sulfurique se colore ; on l’étend de plusieurs fois son volume d’eau, on distille et on obtient une liqueur qui a toutes les propriétés de l’alcool.
L’alcool pur ou étendu d’eau n’est pas attaqué par
ALC
A LG
l'oxygène de l’air; mais dans certaines conditions il s’en empare et donne lieu alors à divers,composés.
Le premier degré d’oxygénation est Yaldéhyde qui dérive de l’alcool par la combustion de 2 de ses 6 proportions d’hydrogène.
Aldéhyde. Alcool.
Une oxygénation plus avancée donne de l’acide acétique.
Alcool. Oxygène. Ac. acét. Eau.
Le chlore le transforme également d’abord en aldéhyde, puis en chloral (G^'HCl^O-). Au rouge, l’hydrate de potasse le convertit en acétate de potasse. L’acide sulfurique lui enlève les éléments d’une proportion d’eau et donne de Y éther (G'^H^O) ; son action se prolongeant, une nouvelle proportion d’eau est enlevée, et il se dégage de Vhydrogène hicarboné (G'^H'^). L’alcool peut cependant se combiner avec l’acide sulfurique sans rien perdre et donner ainsi naissance à de l’acide sulfovinique (G'*H®0^‘<?S03). Toutefois dans ce cas le groupement des molécules chimiques de l’alcool a été changé, car une proportion d’eau peut y être remplacée par une proportion de base dans les sulfovinates (G*H^0,M0,2S03) (voyez ces mots). La plupart des acides peuvent se combiner avec l’alcool en lui enlevant une proportion d’eau à laquelle ils se substituent et donner ainsi naissance aux éthers simples ou composés (voyez Éthers).
Usages de l'alcool. — L’alcool dans ses divers états de pureté et de concentration sert à un grand nombre d’usages dans les arts, l’industrie, l’économie domestique, la pharmacie et la chimie. Il dissout les corps gras, les résines, les essences, les matières colorantes, les alcaloïdes. Il enlève à quelques sels métalliques, leur eau d’hydratation, quand il est suffisamment concentré. On s’en sert également pour la conservation de diverses pièces zoologiques ou anatomiques.
Historique. — L’art d’extraire l’alcool des liqueurs fermentées, nous vient probablement des Arabes. Arnaud de Villeneuve, savant du xiii® siècle, ne fit qu’en introduire l’usage en Europe en en décrivant les propriétés. La quinta essentia (quintessence) de Raymond Lulle et de ses successeurs, n’était autre chose que de l’alcool rectifié à une très-douce chaleur. Jusqu’au xvi® siècle, l’espritde-vin fut considéré comme médicament et ne se rencontrait que dans les officines des pharmaciens ; mais avant la fin der;e siècle il était déjà employé comme boisson dans presque toute l’Europe. M. D.
Alcools (Ghimie théorique). — Gomposés volatils, odorants, formant une série homologue des plus naturelles dont les différents termes offrent le même type de composition et subissent des métamorphoses semblables. Leur formule générale est de la forme G2"H2n + 202. La formule propre à chaque alcool s’en déduit en donnant à «, successivement les valeurs, 1,2,3, etc.
Voici les alcools connus qui rentrent dans cette série.