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La première colonne verticale de gauche contient les indications de 5 en 5“ de l’alcoomètre. La première colonne horizontale contient de 2 en 2", les températures auxquelles les essais alcoométriques ont été faits. Les autres chiffres expriment la richesse en alcool. Voici un exemple de l’usage de ce tableau. Un alcoomètre marque 86 dans un alcool dont la température est de 22" ; quelle est la richesse de l’alcool ? Dans la colonne verticale de gauche, je descends jusqu’au nombre 85, puis, j’avance dans la ligne horizontale qui lui correspond, jusqu’à la ligne verticale en tète de laquelle se trouve le nombre 22" ; je trouve 83. La liqueur contient 83 p. 100 d’alcool anhydre.

L’alcoomètre ne suffit plus lorsqu’on veut déterminer la richesse alcoolique d’une liqueur sucrée ou fermentée, vin, bière, cidre, etc. On a recours alors à une expérience imaginée par M. Gay-Lussac et qui consiste à introduire dans un petit alambic [fig, 90) en cuivre étamé 300 cen-

Fig. 90. — Alambic de Gay-Lussac pour l’essai des vins.

tiinètres cubes de la liqueur que l’on veut essayer et à distiller au moyen d’une lampe. Le liquide condensé dans le serpentin s tombe dans une éprouvette H graduée en centimètres cubes, et quand il s’y élève à la division 100, on arrête l’opération. Tout l’alcool a passé mélangé seulement à de l’eau ; on fait l’essai à l’alcoomètre, et on divise par 3 le résultat obtenu et corrigé de la température ; le quotient est la teneur en alcool.

M. Silbernian a proposé un procédé fondé surla propriété qu’a l’alcool d’ètre trois fois plus dilatable que l’eau pour une même élévation de température. Ce procédé a l’avantage d’être rapide et applicable à toute espèce de liqueur

alcoolique, les sels et le sucre ne changeant pas la dilatabilité de l’eau et de l’alcool. On plonge une pipette convenablement graduée dans la liqueur préalablement chauffée à 25" ;on aspire de manière que la liqueur vienne affleurer au 0 de l’échelle graduée ; on ferme alors l’extrémité inférieure de la pipette à l’aide d’un obturateur dont est muni l’appareil, puis on porte celui-ci dans de l’eau chauffée à 5ü". Le liquide s’échauffe, se dilate, et la division à laquelle il s’arrête indique sa richesse en alcool. Ce procédé expéditif est cependant moins précis que celui de Gay-Lussac.

La graduation de l’alcoomètre est une opération assez longue et minutieuse ; aussi chaque constructeur exécute-t-il pour lui, avec beaucoup de soin, un alcoomètre étalon qu’il conserve et qui lui sert à graduer tous les autres par comparaison.

Pour graduer un étalon, on se sert d’une éprouvette, sorte de vase de verre allongé, divisée en 100 parties égales à partir du fond. On y verse de l’alcool absolu jusqu’à la division 100, et on y plonge l’appareil dont on règle le poids de façon qu’il y affleure en un point situé près du sommet de sa tige. On marque 100" en ce point. On retire alors l’appareil, puis un peu d’alcool de façon qu’il n’en reste plus que 90 parties, et on ajoute de l’eau jusqu’à ce que le volume du mélange redevienne 100; l’appareil s’enfonce moins dans ce mélange dont la densité est plus grande que celle de l’alcool pur; au point où la tige affleure la surface du liquide on marque 90". On retire de nouveau l’instrument, on enlève le mélange qu’on remplace par 80 parties d’alcool pur, et on complète le volume à î 00 en y ajoutant de l’eau. On continue ainsi jusqu’à la fin. Au point où l’alcoomètre affleure dans de Teau pure on marque 0. Les intervalles 0 à 10, 10 à 20, 20 à 30, sont loin d’être égaux entre eux ; ils sont assez rétrécis de 0 vers 40 et notablement plus larges au delà (voyez fig. 89). Chacun d’eux est partagé en 10 parties égales. L’échelle ainsi construite est reportée sur une règle. Pour graduer ensuite un alcoomètre ordinaire, on le plongera dans de l’eau pure et on marquera 0 à son point d’affleurement ; on le plongera ensuite dans un alcool quelconque dont l’étalon aura fait connaître la valeur, dans de l’alcool à 90° par exemple :

on marquera 90 au point d’affleurement. Ces deux points déterminés sont portés sur une feuille de papier en n et e (fg. 91) et réunis par une ligne droite; parallèlement à cette ligne on dispose l’échelle étalon, on réunit par des lignes les points 0 et «, 90 et c, puis par le point où ces deux lignes se rencontrent on mène des lignes allant à chacune des divisions de l’étalon. La rencontre de ces dernières avec ac donne tous les degrés de l’alcoomètre. M. D.

ALCOPiNOQUE (Médecine). — Écorce venue d’Amél'ique, et que l’on vante depuis quelques années comme astringente et fortifiante. On l’emploie à la Martinique contre la phthisie. C’est seulement en 1821 que Poudens l’a fait connaître, sans démontrer suffisamment de quel arbre elle provient. F.

ALCYON (Zoologie). — Linné avait rangé les Martins-Pêcheurs et les Ceyx dans un même genre sous le nom dê Alcyon; Temrainck y avait ajouté les Guêpiers (voyez ces trois mots) ; mais Cuvier, sans adopter ce nom, a placé ces trois genres dans la famille des Syndactyles. — Les Grecs appelaient alcyon un oiseau qui faisait son nid sur le bord de la mer, et même, à ce qu’ils croyaient, sur la mer. Suivant leurs traditions mythologiques, Alcyon, fille d’Éole et épouse de Céyx, roi de Trachine, à la nouvelle de la mort de son époux englouti dans les flots, se précipita dans la mer pour le rejoindre, et tous deux furent changés en alcyons (voyez le Dictionnaire de biographie et d’histoire). Ce nom a été employé par Aristote pour désigner une espèce d’oiseau qu’on ne peut préciser aujourd’hui.

Alcyons (Zoologio). — Animaux marins qui appartiennent à l’embranchement des Zoophytes, et forment dans la Méthode du règne anima f de Cuvier, la quatrième tribu de la famille des Polypes corticaux, ordre des Polypes a polypiers, de la classe des Polypes (voyez ce mot). Les Alcyons sont des polypiers charnus, formés par

Graduation de l’alcoomètre.

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