‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 44 sur 385 · ALÉ · texte numérisé non relu

ALÉ

ALÈ

OHfiQS — 2H = C.4H'^02

Alcool -viiiique. Aldéhyde ■vinique.

C10H12O2 — 2H = C'0Hl0O2

Alcool amylique. Aldéhyde amylique.

r,2HV0 — 2H = C2n^0

Alcool inéthylique. Aldéhyde méthyliq,

(Voyez Alcools.)

On range aussi dans le groupe des aldéhydes plusieurs composés qui ne leur ressemblent que par la propriété de s’unir facilement avec 2 équivalents d’oxygène pour engendrer un acide volatil, et de dégager de l’hydrogène à chaud au contact de l’hydrate de potasse ; mais qui en diffèrent essentiellement par la manière dont ils se comportent avec l’acide sulfhydrique et l’ammoniaque. Les nouvelles aldéhydes sont :

Essence d’amandes amères (aldéhyde benzoïque, hydrure

de benzoïle^ 0^11602

Essence de cumin (hydrure de cumyle) C20h12ü2

Hydrure de salycile

Ces noms d’hydrures ont été adoptés par plusieurs chimistes, et notamment M. Liebig, par cette considération hypothétique qu’ils seraient formés par l’union de certains radicaux, benzoïle cumyle

salicyle (G'^'H-'O'*) avec l’hydrogène. M. D.

ALE (que les Anglais prononcent êle). — Espèce de bière anglaise fabriquée sans houblon. Elle est blonde, transparente et sans amertume, Uale légère est rafraîchissante ; Vâle de garde est nourrissante, tonique et enivre facilera.ent parce qu’elle contient une assez forte i^roportion d’alcool (voyez Bière, Alcool).

aLECTORS (Zoologie), du grec alektruôn^ coq. — Is’om donné par iMerrem à la première famille des Gallinacées; Cuvier l’a adopté. Ces oiseaux appartiennent à l’Amérique,, où ils semblent représenter les faisans de l’Ancien continent. Comme les dindons, ils ont une queue large et arrondie. Plusieurs offrent des dispositions singulières dans la trachée artère ; tels sont les Pauxi, les Guans ou Yacous^ les Parraquas. Ils nichent sur les arbres, dans les bois, et se nourrissent de bourgeons et de fruits ; mais ils s’habituent assez facilement à la vie de nos basses-cours. On y distingue surtout les genres Hocco (Crar, Lin.), Pauxi {Oarax^ Cuv.), Gucm ou Yacou {Penelope ^ Merrem), Parraqua {Ortalida ^ Merr.).

ALEMBROTH ou Sel de sagesse (Médecine), mot chaldéen qui signifie chef-d’œuvre de l’art. — Les alchimistes nommaient ainsi un produit obtenu par la sublimation du bichlorure de mercure (sublimé corrosif) et du sel ammoniac. Soubeiran le préparait au moyen d’un mélange dans l’eau, par parties égales, de sublimé corrosif et de sel ammoniac, qu’il concentrait jusqu’à ce qu’il obtînt des cristaux blancs. C’est un stimulant trèsactif, un peu abandonné aujourd’hui.

ALÊNE (Zoologie). — Nom vulgaire de la Raie oxyrrhinque^ à cause de la forme, aiguë de son museau.

ALÉNOIS (Botanique). — On nomme cresson alénois^ et non pas cresson à la noix^ le Passerage cultivé {Lepidium sativum)^ plante potagère qui n’a d’autre rapport que sa saveur piquante et un peu âcre avec le cresson de fontaine {Nasturtium officinale, Rob. Brown), si connu sur nos tables. La variété frisée est recherchée (voyez Passerage, Cresson).

ALÉOGHARES, Aleochara. (Zoologie), étymologie douteuse. — Sous-genre de Coléoptères pentaynères, famille des Bracliélyires, groupe Slaphylins. Ce sont de petits insectes dont les antennes, insérées entre les yeux, sont un peu courbées en faucille, la tète presque ronde, le corselet ovale ou carré ; les quatre pattes sont terminées en alêne. On en trouve aux environs de Paris, sous les pierres, dans les lieux humides, et le plus souvent sur les champignons. Ils courent très-vite.

ALESOIR (Technologie). — Outil destinéà terminer des surfaces cylindriques concaves comme celles des coussinets, des corps de pompe ou des cylindres de machines à vapeur.

Lorsque les surfaces à terminer ont des dimensions restreintes, on se sert d’alésoirs formés de barreaux d’acier cylindriques ou très-légèrement coniques tournés avec beaucoup de soin dont on a enlevé à la lime deux ou trois surfaces planes parallèles à l’axe du cylindre [fig. 93). L’alésoir est ensuite trempé au rouge-cerise et recuit à

I un degré variable avec la nature de l’acier et celle du métal qu’on veut travailler. Mais quand les surfaces sont un peu grandes, on se sert d’arbres en bois ou en fer sur lesquels on monte des burins d’acier trempé et qu’on fait tourner en leur donnant en môme temps un mouvement trèslent dans le sens de leur longueur; dans d’autres cas, l’arbre est fixe, et c’est la pièce qui se meut. La première disposition est la meilleure. Dans l’un et l’autre cas, Fig. 93. Aiesmr. l’outil n’attaque et n’enlève qu’une petite portion du métal à la fois, il exige l’emploi d’une force peu considérable, se fatigue moins et donne un travail plus régulier.

L’alésoir employé pour les cylindres des grandes machines à vapeur est toujours vertical. Nous en donnons une coupe {/ig, 94). L’arbre A tourne verticalement sur

Fig. 9^. — Alésoir pour les cylindres de machines.

un pivot qui repose sur une crapaudine fixée au sol de l’atelier ; il est maintenu à sa partie supérieure par un support à coussinet solidement lié à un gros mur et vers son extrémité inférieure par un second coussinet. Le mouvement de rotation lui est imprimé par une roue dentée R engrenant avec une vis sans fin M, en sorte qu’il tourne avec une grande lenteur. Sur cet arbre est monté le porte-outil H qu’il entraîne avec lui, et qui de plus doit recevoir un mouvement de translation verticale. Ce dernier mouvement est produit de la manière suivante. O est un anneau fixe dans l’intérieur duquel est creusé un pas devis avec lequel vien- |

lient engrener les dents d’une roue dentée r mobile avec ;

l’arbre, en sorte qu’à chaque révolution de cet arbre la >

roue dentée avance d’une dent. Cette roue porte un pi- i

gnon qui engrène avec une seconde roue r' portant j

elle-môme un pignon qui engrène avec une crémaillère G. li

Au sommet de cette crémaillère sont suspendues par une *

traverse deux tiges de fer logées dans deux entailles II

longitudinales de l’arbre et soutenant le porte-outil dont la marche se trouve ainsi réglée par celle de l’arbre luimême. La pièce à aléser est solidement fixée au-dessus i

ALG

ALG

d’un fort plateau de fonte, au moyen de supports boulons K dont la position sur le plateau peut changer suivant les dimensions du cylindre. L’arbre est enlevé pour mettre le cylindre en place, puis remis dans sa position verticale. Les burins montés sur le porte-outil sont au nombre de deux ou trois. Le premier, qui est le plus bas, dégrossit, le dernier polit le travail qui est ainsi achevé en une seule passe. Cet alésoir est une machine toute moderne. M. D.

ALET ou ALETH (Médecine, Eaux minérales). — Établissement thermal d’eaux bicarbonatées calciques, situé en France, département de l’Aude, arrondissement de Limoux. Leur action a été vantée par M. Ed. Fournier dans les affections nerveuses et dans celles du canal digestif.

ALEXIPHARMAQUES ( Médecine ), des mots grecs alexéin^ repousser, pharmakon^ médicament, poison. — Ce mot est synonyme ù’antidote^ et désignait autrefois des médicaments que l’on croyait propres à arrêter les effets des poisons.

ALEYRODE (Zoologie), du grec aleyron^ farine, éidos^ apparence. — Genre à' Insectes Hémiptères^ du grand genre des Pucerons. Ces insectes ont le corps mou, farineux (d’où vient leur nom), les deux sexes sont ailés. La seule espèce connue se trouve toute l’année sous les feuilles de la grande éclaire^ ce qui lui a valu le nom à' A leyrodes chelidonii,

ALEZAN (Zootechnie), en arabe Al-hezan. — Couleur fauve tirant sur le roux que présente la robe de certains chevaux ; on a appliqué ce terme également à la robe du bœuf.

ALÈZE. Alèse, Alaise (Médecine), peut-être contraction de à l’aise. — Drap de toile plié en plusieurs doubles, qu’on passe sous les malades pour les soulever et les tenir propres ; on les faisait autrefois d’un seul lé de toile, d’où vient le nom d’alèze, suivant quelques personnes.

ALFÉNIDE (Arts chimiques). — Alliage métallique d’un blanc d’argent et servant à faire des couverts et autres ustensiles employés aux usages domestiques. Sa composition est analogue à celle du maillechort dont il se rapproche beaucoup ; il renferme pour 100 parties d’alliage, 69 p. de cuivre, 30 p. de zinc, 10 p. de nickel et 1 p. de feri L’alfénide se ternit à l’air; aussi la plupart du temps le recouvre-t-on à sa surface d’une légère couche d’argent. Sa composition est due à MM. Halphen, et date de 1860.

ALGALIE (Médecine), mot d’origine arabe. — Sonde urinaire creuse pour permettre l’écoulement du liquide contenu dans la vessie (voyez Sonde).

ALGAROT (Poudre d’) (Médecine), du nom de Victor Algarotti qui l’a inventée. — On nommait ainsi dans l’ancienne matière médicale une poudre très-employée comme émétique et purgative, et tombée aujourd’hui dans un oubli presque complet. On lui avait donné aussi le nom de poudre de vie., d’autres la nommaient au contraire poudre de mort. On la prépare en traitant le chlorure d’antimoine par l’eau distillée ; on obtient un oxychlorure d’antimoine qui est précisément la poudre d’Algarot.

ALGAZEL (Zoologie). — Espèce d’antilope de l’Afrique septentrionale (Nubie, Sénégal) , que Cuvier a regardée comme l’animal nommé Oryx par les anciens. Les monuments égyptiens portent gravées à leur surface de nombreuses figures d’algazels. C’est V Antilope gazella de Linné (voyez Antilope).

ALGÈBRE (Mathématiques). — Cette branche des mathématiques a pour but de résoudre d’une manière générale les questions relatives aux nombres, au moyen des relations que l’on peut établir entre les quantités connues et les inconnues qui entrent dans la question. A cet effet, on emploie les lettres de l’alphabet pour désigner les grandeurs sur lesquelles on doit raisonner, et on représente par des caractères particuliers, appelés signes algébrigues^ les opérations à faire sur ces grandeurs. On facilite ainsi les raisonnements et on les abrège en même temps qu’on en augmente la généralité.

Les premières lettres de l’alphabet sont réservées aux quantités connues, les dernières lettres a?, ?/ , z, aux quantités inconnues. Le signe + indique l’addition de deux nombres et s’énonce plus. Le signe — indique qu’un nombre doit être soustrait d’un autre et s’énonce moins.

Le signe de la multiplication est X, ou bien un simple point que l’on place entre les deux facteurs. Souvent aussi on se borne à écrire les facteurs à la suite les uns des autres, sans interposer désignés : ainsi a'X.b o\x ab ; mais cela ne peut pas se faire quand les facteurs sont des nombres.

Le signe de la division consiste en deux points que l’on place entre le dividende et le diviseur, ou bien on écrit le dividende au-dessus du diviseur en le séparant par une

barre horizontale. Ainsi a : 6 ou | est le quotient de a

par 6, et s’énonce a divisé par ô, ou a sur b.

On exprime que deux quantités sont égales en les séparant par le signe =. Si deux quantités sont inégales, on interpose le signe )>, en ayant soin de tourner son ouverture vers la plus grande des deux quantités : ainsi a )> 6, signifie a plus grand que b.

A l’aide de ces signes, on abrège les calculs et les raisonnements; mais leur principal avantage est de généraliser la solution des problèmes, comme on va le voir par un exemple.

Soit à trouver deuxnombres tels que leur somme soit29 et leur différence 6. Appelons x le plus petit ; s’il était connu, le plus grand s’obtiendrait en lui ajoutant leur différence 6 ; on peut donc l’exprimer par æ + 6. Mais la somme des deux nombres doit être 29 : donc x x 6 = 29, ou 2a: -f- 6 = 29. C’est là ce qu’on appelle V équation du problème. Or, si '2x augmentés de 6 donnent 29, 2x seuls valent 29 — 6 ou 24. Et enfin si 2æ = 24, X est la moitié de 24, ou 12; par conséquent l’autre nombre est 12 +6 ou 17.

Nous avons employé ici, pour abréger, des signes algébriques, mais en réalité nous n’avons pas fait de l’algèbre; et si nous avions à résoudre la môme question avec des données numériquement différentes, si l’on voulait que la somme des deux nombres fût 34, et leur différence Ifi, il faudrait recommencer la môme série de raisonnements. L’algèbre évite cet inconvénient en représentant les données de la question par des lettres, et elle fournit la solution générale du problème.

Appelons a la somme et b la différence des nombres cherchés, soit x le plus petit, æ -h é désignera le plus grand ; leur somme 2x-\- b doit être égale à a. On a donc l’équation 2x b ~ a. Raisonnant comme ci-dessus,

on trouve 2x = a — è, et æ = | | ; c’est la valeur

du plus petit nombre. Le plus grand æ -j- 6 =5 — |

-}- è = f -f- Nous énoncerons ainsi ces deux résul-

tats : Le plus grand nombre s’obtient en ajoutant à la demi-somme la demi-différence ; le plus petit nombre, en retranchant de la demi-somme la demi-différenee.

Les expressions | | et | -f- ^ s’appellent des formu-

les; elles renferment la solution de la question proposée, pour toute valeur numérique des données, puisqu’elles indiquent, dans tous les cas, les opérations qu’il faut faire subir à ces données pour en déduire les inconnues. Dans la solution arithmétique, au contraire, le résultat numérique auquel on parvient ne contient plus de traces des opérations qu’on a exécutées pour l’obtenir ; et il suffit que l’une des données soit changée pour que l’on soit obligé de tout recommencer.

On appelle expression algébrique un ensemble de quantités représentées par des lettres et réunies par les signes

algébriques : comme Zab — c -j- Les parties qui sont

séparées par le signe -t- ou le signe — s’appellent des termes ; dans l’expression précédente, il y a trois termes ou monômes : c’est donc un trinôme. De même un binôme est une expression à deux termes, et généralement le mot polynôme désigne une expression contenant plusieurs termes.

Un terme est positif ou négatif, suivant qu’il est précédé du signe -f- ou du signe — . Quand le premier terme d’un polynôme est positif, on se dispense d’en écrire le signe. Lorsqu’un terme contient un facteur numérique, on écrit ce facteur le premier, et on l’appelle le coefficient : dans le terme 3û6, 3 est le coefficient.

Si une même lettre entre plusieurs fois comme facteur dans un produit, on ne l’écrit qu’une fois, en lui donnant pour exposant ce nombre de fois. Ainsi a'* signifie et s’énonce a quatre, ou bien a quatrième

puissance.

On appelle racine 2®, 3®, 4®,... d’un nombre un autre nombre qui élev^ à la puissance 2, 3, 4,... reproduit le premier. Ainsi a est la racine cubique de a, ou la quantité qui, élevée au cube, donne a. On fait également usage de ces notations en arithmétique.

Une expression algébrique est dite rationnelle quand elle ne contient pas de radical ; irrationnelle dans le

ALG

ALG

cas contraire. Une expression est entière^ si aucun de ses termes ne contient le signe de la division : —

Gx -—1 est un polynôme rationnel et entier. C’est aux polynômes de ce genre que se rapportent exclusivement les définitions suivantes.

Le degré d’un terme est la somme des exposants des lettres qui y entrent : ainsi est du 6® degré. Sou-

vent on n’a besoin d’estimer le degré que par rapport à l’une des lettres : on dira, par exemple, que le terme précédent est du 2® degré en x. Un polynôme est homogène quand tous ses termes sont du môme degré.

Ordonner un polynôme par rapport à une lettre, c’est écrire ses différents termes dans un ordre tel que les exposants de cette lettre aillent toujours en diminuant ou toujours en augmentant. La valeur numérique des polynômes n’est pas altérée par ce changement dans l’ordre de ses termes.

Une ou plusieurs expressions algébriques étant données, on peut avoir à les ajouter entre elles, à les retrancher, les multiplier, les diviser, les élever à une puissance donnée, ou en extraire une racine d’un certain degré ; ces six opérations fondamentales que l’arithmétique enseigne à exécuter sur des nombres, peuvent l’être aussi sur des quantités algébriques , à l’aide des règles que l’on trouvera dans les traités d’algèbre.

Deux expressions séparées par le signe = constituent une égalité. Si les deux membres de l’égalité sont égaux quelles que soient les valeurs particulières attribuées aux diverses lettres qui y entrent, l’égalité prend le nom àéidentité. Si l’égalité des deux membres n’a lieu que pour certaines valeurs particulières, l’égalité est une équation. Ainsi x — Z = x — 3 est une identité ; mais x'^ — 9 = 3a; -h i est une équation, parce qu’elle n’est pas satisfaite pour toute’ valeur de x. Pour æ = 3, par exemple, le premier membre est zéro, et le second est égal à 10. Mais elle est satisfaite pour a; = 6, qui est dit racine de cette équation.

En général, toute quantité qui, substituée à la lettre x représentant l’inconnue^ rend identiques les deux membres d’une équation, en est une racine. Dans l’équation du problème résolu précédemment, 2a; + 6 = a, la racine

est X = ^ — I . Résoudre une équation, c’est en chercher les racines.

Une équation Qÿ,i numérique lorsque l’inconnue seule y est représentée par une lettre ; elle est littérale lorsqu’il y entre des lettres représentant des quantités connues.

Transformations qu'on peut faire subir à une équation. — On peut, sans troubler une égalité, ajouter à ses deux membres ou en retrancher un môme nombre; on peut encore multiplier ou diviser ses deux membres par une môme quantité. De là, résulte le moyen de faire passer tous les termes dans un membre : il faut pour cela chan- . ger le signe de chaque terme que l’on transpose. On peut aussi chasser les dénominateurs d’une équation : il suffit de multiplier chaque terme par le dénominateur commun à toutes les fractions qui s’y trouvent.

A l’aide de ces deux transformations, on ramène toujours une équation à la forme

+ bx^- * -1- cx^-^ + -|- qx r =

qui est le type des équations algébriques à une seule inconnue. Gela suppose, il est vrai, que l’équation ne contenait pas de termes irrationnels. S’il en était autrement, il faudrait commencer par la rendre rationnelle.

Le degré d’une équation s’estime par le plus fort exposant de l’inconnue. L’équation 2æ-1-ô = « est du premier degré ; l’équation — 9 = 3a; -j- 1 est du second degré.

Une équation peut avoir plusieurs racines : elle en peut avoir un nombre égal à son degré, mais elle peut en avoir moins, ou n’en avoir môme pas du tout, si l’on ne considère que les racines réelles et positives. Par l’introduction des quantités négatives et imaginaires (voyez ces mots), la théorie des équations acquiert sa généralité, et l’on peut alors formuler ce théorème fondamental : Toute équation algébrique a au moins une racine^ d’où l’on conclut cette autre proposition : Toute équation algébrique du degré m a précisément m racines [voyez Equations (Théorie générale des)].

La résolution des équations est le but principal de l’algèbre; celle des équations du premier et du second degré sera donnée en détail ; mais on sait aussi résoudre les équations du 3® degré dont le type général est

On peut former trois expressions algébriques qui représentent les trois raisons de cette équation. De même, pour l’équation du 4® degré,

x’^ -P -p èæ -p er -Pd = 0,*

on peut écrire les valeurs des quatre racines par une expression algébrique des coefficients é, c, 6/, ou, comme on le dit, en fonction de ces coefficients. Mais on a rarement à faire usage de ces formules.

Si maintenant on arrive aux équations du 5® degré, ou d’un degré supérieur, il n’est pas possible d’en donner la résolution algébrique ou à l’aide des radicaux : il est démontré qu’alors il n’existe pas d’expression algébrique, propre à représenter les racines en fonction de coefficients, sauf pour quelques équations toutes particulières. La résolution algébrique des équations est donc impossible au delà du 4® degré. Mais en introduisant de nouvelles fonctions non algébriques, M. Hermite a complètement résolu l’équation du 6® degré.

Les applications conduisant fréquemment à des équations de degré supérieur au 4®, on a dû chercher le moyen d’en trouver les racines, sinon par des formules, puisque cela n’est pas possible, au moins par des procédés de tâtonnement ou d’approximation. Ces procédés constituent la résolution des équations numériques., qui a pour objet de calculer les valeurs exactes ou approchées des racines d’une équation dont les coefficients sont donnés en nombres. Cette question est aujourd’hui susceptible, dans tous les cas, d’une solution complète, et les méthodes usitées sont môme assez simples pour qu’on doive les préférer à la résolution algébrique , quand on a à résoudre une équation du 3® ou du 4® degré.

Historique. — L’origine de l’algèbrene saurait être indiquée avec précision. Le plus ancien ouvrage qui en traité est dû à Diophante d’Alexandrie qui vivait vers le IV® siècle de notre ère ; on y trouve la résolution des équations du second degré ; mais Lagrange a fait remarquer que cette résolution ressort naturellement de quelques propositions d’Euclide qui a vécu à Alexandrie 300 ans avant Jésus-Christ. Diophante paraît avoir connu l’analyse indéterminée, et il s’est surtout occupé de questions relatives aux propriétés des nombres, comme de partager un nombre carré en deux autres qui soient aussi des carrés. Gela revient évidemment à trouver des triangles rectangles dont les côtés soient exprimés par des nombres entiers : ce problème peut être résolu d’une infinité de manières dont le plus simple est de prendre les côtés égaux à 3,4 et 5, ou bien 5,1'^ et 13.

On pense que les Arabes, qui ont cultivé l’algèbre, en ont emprunté les éléments aux auteurs grecs, et principalement à Diophante. Leurs connaissances se réduisaient à peu près à la résolution des équations du premier et du second degré ; elles passèrent en Italie où elle furent développées par Léonard de Pise dès le xin® siècle. La résolution des équations du 3® degré est due à deux géomètres italiens du xvi®, Scipion Ferrei et Tartaglia : c’est aussi à un Italien, Louis Ferrari, disciple de Cardan, que l’on doit la résolution de l’équation du 4® degré. Mais le véritable créateur de l’algèbre moderne est le Français Viète (1510-1 GoO), qui a le premier employé les lettres de l’alphabet pour désigner les quantités connues, et créé par là les expressions ou formules algébriques. Il a découvert les règles de la transformation des équations, la manière dont une équation se forme à l’aide deses racines quand elles sont positives, enfin un procédé pour obtenir ces racines. Après lui, l’Anglais Harriot reconnut l’existence des racines négatives.

Descartes a introduit la notation des exposants et les principes de leur calcul ; mais sa découverte fondamentale en algèbre est d’avoir le premier attribué des racines aux équations qui n’en ont ni de positives, ni de négatives, de sorte que le nombre total des racines tant réelles qu’imaginaires soit toujours égal au degré de l’équation. Il a donné le moyen de trouver les limites des racines, une règle célèbre pour évaluer immédiatement le nombre des racines positives ou négatives, ou tout au moins une limite supérieure de ce nombre. Enfin, par son application de l’analyse à la géométrie, il a été conduit à la construction générale des équations du 3® et du 4® degré, et à l’interprétation de leurs racines.

Depuis Descartes, tous les géomètres ont cultivé l’algèbre, et il nous suffira de nommer Fermât, Wallis, Newton, Leibnitz, Moivre, Maclaurin, Euler, d’Alembert, Lagrange, Laplace, Fourier, Poisson, dont les travaux

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ont amené cette science à son état actuel. Parmi les progrès récents de l’algèbre, nous nous bornerons à signaler comme les plus importants, la résolution des équations binômes par Gauss, les beaux travaux d’Abel qui a démontré le premier l’impossibilité de résoudre algébriquement ou par radicaux les équations d’un degré supérieur au 4®, le théorème de Sturm, ceux de Cauchy, etc.

Pour étudier d’une manière approfondie la science qui nous occupe, il est indispensable de recourir aux ouvrages originaux des savants que nous venons de nommer. Nous indiquerons principalement le traité de la Résolution des écpiations numériques^ par Lagrange, V Analyse des équations de Fourier, les Recherches arithmétiques de Gauss, les œuvres d’Abel, V Algèbre supérieure de Serret; et comme traités élémentaires, ceux de Lacroix, de Lefébure de Fourcy, de A. Amiot, deChoquet, de Bertrand, de Briot, de Sonnet, etc., ainsi que îe Cours de mathématiques pures de Francœur (voyez Équatioins).

ALGIDE (Médecine), du latin algidus^ glacial. — On nomme fièvre algide^ une espèce de fièvre pernicieuse caractérisée à l’invasion de l’accès par un froid glacial qui se prolonge quelquefois pendant toute sa durée. On appelle période algide du choléra, celle où le refroidissement envahit tout le corps du malade (voyez Choléra).

ALGOL ou Tête de Méduse. — Étoile changeante dans la constellation Ae,Persée (voyez Constellation, Étoiles changeantes).

ALGORITHME. — Nom d’origine arabe employé quelquefois encore, soit pour désigner la science des nombres, soit aussi pour désigner la méthode et la notation de chaque espèce de calcul. Algorithme du calcul des sinus, algorithme du calcul différentiel et intégral.

ALGUES (Botanique), du mot latin algœ^ algues, qui lui-même vient peut-être déalgidus^ frais, parce que ces plantes vivent dans l’eau. — Grand groupe de plantes Acotylédones^ nommées aujourd’hui Phycées^ du nom que les Grecs donnaient à ces plantes; de là le mot de Phycologie pour désigner la science qui traite des Algues. D’une grande simplicité d’organisation, les Algues offrent des formes, des colorations fort différentes. Les plus simples, à peine visibles à l’œil nu, se révèlent sous

la loupe ou le microscope dans les eaux devenues verdâtres par stagnation ; elles y étalent une végétation bizarre, au milieu de laquelle se jouent les animalcules infusoires. D’autres, beaucoup plus apparentes, sont connues dans les eaux douces sous le nom de Conferves et. y constituent ce qu’on appelle aussi le vert étang ; quelques-unes, comme les Nostocs , tapissent de leurs masses gélatineuses d’un vert sombre le bord des chemins humides et ombragés. Ce sont encore des algues, ces herbes généralement lamelleuses , rubanées, qu’on nomme sur les rivages maritimes fucus., * varechs, goémons. Enfin,

ces arborescences d’un rouge vif et d’une délicatesse merveilleuse que l’on applique sur des feuilles de papier et dont on fait souvent des albums de plantes marines, sont des algues connues sous le nom général de Floridées. Toutes ces plantes vivent en absorbant les matières organiques dissoutes dans l’eau; quand elles tiennent au sol, elles n’y puisent jamais rien. Les Algues marines montrent de curieuses relations avec les mers où elles vivent. Les diverses espèces ont des zones de profondeurs qui leur sont propes : les unes à la surface des flots, les autres plus profondément ; il en est qui vivent jusqu’à 60 mètres et plus au-dessous du niveau de la mer. La taille des Algues varie avec l’étendue des mers ; les vastes océans nourrissent de grandes espèces; les mers plus restreintes, des espèces moindres ; enfin les mers intérieures n’ont que de petites espèces. Certaines algues, comme les Corallines, .jouissent de la curieuse propriété de s’incruster de calcaire. Des végétaux si abondants n’ont pu

rester inutiles à l’homme. Les populations de l’Irlande, de l’Écosse et de la Norwége mangent certaines algues ou varechs (surtout des Ulvœ) pendant que la saison rigoureuse leur interdit la pêche. Les animaux domestiques consomment volontiers comme fourrages quelques autres espèces (diverses Laminariœ). La fameuse hirondelle salangane construit avec une algue mucilagineuse {Gelidiuni) ces nids si recherchés des Chinois. Lavés à l’eau douce et desséchés, les Fucus sa.ccharinus et siliquosus se couvrent d’une efflorescence sucrée analogue au sucre cristallisé de la manne. Dans plusieurs contrées maritimes de la France on récolte périodiquement les varechs pour les employer à l’amendement des terres cultivées. Tout le monde sait enfin que les cendres de varech servent à la préparation de l’iode.

C’est dans la classe des Algues que l’on trouve les végétaux présentant l’organisation la plus simple. Le genre Protococcus se présente sous la forme de vésicules isolées comprenant à la fois les organes de végétation et ceux de reproduction. Dans le genre Nostoch, ce sont des utricules réunies en chapelets et renfermées au milieu d’une substance gélatineuse. Des vésicules contiennent de petits granules qui sont les spores ou organes reproducteurs. Celles-ci sont souvent munies de cils vibratiles que l’on a considérés comme appartenant à de véritables animaux; aussi ces corps ont-ils été nommés zoospores. Les organes reproducteurs se présentent de diverses manières: quelquefois ce sont des spores contenues dans des conceptacles formés par des groupes d’utricules appelés On rencontre souvent avec ces sporidies des anthéridies représentant les organes mâles et groupés en bouquets ramifiés. D’autres fois ces organes ne contiennent qu’un seul des sexes. MM. Decaisne et Thuret ont fait connaître, en 1845, dans les Annales des sciences naturelles, l’organisation des Algues.

Ces plantes se divisent en plusieurs tribus. Les Nosiochinées comprennent en général des plantes gélatineuses que l’on rencontre souvent sur la terre par un temps humide ; elles semblent disparaître avec la sécheresse et se gonflent en redevenant apparentes dès que l’humidité renaît. Les anciens, ayant observé cette particularité, les avaient nommées émanations du ciel. Il faut attribuer aussi à des nostochs la coloration rouge que présente la neige de certaines montagnes. Les Confervaeées \i2éo\texïl principalement les eaux douces. Les Floridées habitent la mer et comprennent les plus belles algues par leurs formes gracieusement ramifiées et leur coloration trèsbrillante. Les Fucacées renferment les végétaux les plus grands. Dans les mers polaires, certaines espèces atteignent presque à 1 00 mètres de longueur.

Principaux ouvrages à consulter sur les Algues :

Lamouroux, Essai sur les genres de la famille des T halassiophy tes non articulés (Ann. Mus. 1813, t. XX).

— Kuetzing, Phycologia generalis, etc. (Leipzig, 1843).

— Postels et Ruppreck, Illust, Algarum , etc. (Petropoli, 1843). — Camille Montagne, article Phycologie âxx Dictionnaire cV histoire naturelle de d’Orbigny. — J.

Botanique cryptogamique {Pdi.v\^,\d>hQ). G — s.

ALGYRE (Zoologie), Algyra, Guv. — Groupe de Reptiles Sauriens du genre Lézard, dont quelques espèces se rencontrent en Algérie. Ils ne diffèrent des Lézards que par l’absence de plis transverses formant collier sous la gorge et par les écailles carénées du dos et de la queue.

ALIBOUFIER (Botanique). — Nom vulgaire du genre Styrax (Tourn. ), appartenant à la famille des Styracées, démembrée généralement aujourd’hui de la famille des Ebénacées. Les Aliboufiers sont des arbustes à feuilles alternes munies d’un pétiole court. Les fleurs, disposées en grappes axillaires ou terminales, ont le calice à 6 dents ou entier; la corolle gamopétale, une dizaine d’étamines; le fruit est globuleux ou ovoïde, uniloculaire. V Aliboufier officinal liquidamhar oriental {Styrax officinale,

I Lin.) est un arbrisseau de 3 à 4 mètres, originaire de la

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Franco méridionale et cultivé communén.en dans les jardins. 11 donne une gomme-résine d’une odeur agréable et possède des propriétés vulnéraires et détersives. Le Styrax benjoin de Sumatra donne le baume appelé benjoin (voyez Benjoin, Styrax). G — s.

ALIDADE, de l’arabe a la règle. — Règle de bois ou de métal, munie à ses exti émités de deux plaques métalliques appelées pmnules servant à viser les objets et à déterminer leur direction dans la levée des plans à la planchette (voyez ce mot). La pinnule sur laquelle on applique l’œil, est percée d’une fente verticale trèsétroite ; la pinnule opposée est percée d’une ouverture plus large, au milieu de laquelle est tendu verticalement un fil très-fin. Cette dernière peut être remplacée par

une pointe. Pour viser un objet, on le regarde par la fente et on tourne l’alidade jusqu’à ce que le fil ou la pointe paraisse recouvrir le milieu de l’objet.

L’alidade, au lieu d’ôtre libre comme précédemment, peut être fixée au centre d’un cercle gradué sur lequel elle tourne. Elle sert alors à mesurer les angles formés par divers objets avec un autre servant de point de départ. Dans ce dernier cas, surtout, on obtient plus de précision en remplaçant l’alidade par une lunette à réticule (voyez Angles [Mesure des]).

ALIÉNATION MENTALE (Médecine), de mens, esprit, et aliéna, étranger. — C’est le nom générique sous lequel Pinel a réuni toutes les espèces de maladies mentales (voyez Folie, Démence, Monomanie). Ce mot est devenu d’un emploi vulgaire pour désigner la folie en général ; il signifie, d’après son étymologie, la perte de la possession de sa propre intelligence. On en a fait le mot aliéné synonyme du mot fou.

ALIÉNÉS (Médecine). — Jusqu’à la fin du xviii® siècle, les aliénés étaient privés de tout secours, et soumis aux traitements les plus barbares ; confondus souvent avec des criminels, ils étaient renfermés dans des cellules et môme dans des cachots comme des criminels; trop souvent rendus fous furieux par ces traitements barbares, ils étaient en dernier lieu chargés de chaînes. Au commencement de ce siècle, Pinel et après lui Esquirol, vinrent enfin appliquer à ces malheureux malades un traitement plus humain, plus rationnel ; la folie, considérée comme une maladie, fut soumise à un ensemble de moyens pratiques capables de la guérir ou, tout au moins, d’adoucir les maux qu’elle entraîne. Enfin, la loi du 30 juin 1838 et l’ordonnance royale du 18 décembre 1839, ont réglé tout ce qui a rapport aux établissements qui, à dater de cette époque, ont été ouverts en grand nombre pour donner asile aux aliénés.

ALIÉNISTES (Médecins). — On désigne par ce nom les médecins dont la spécialité est le traitement de l’aliénation mentale ; le médecin aliéniste doit avoir une instruction très-étendue, il doit en outre posséder des qualités du cœur et de l’esprit d’un genre particulier, pour démêler la cause des maux dont il est témoin, pour corriger et redresser tel malade^ animer et soutenir tel autre, frapper l’esprit de celui-ci, aller au cœur de celuilà et les dominer tous par la puissance et l’ascendant de sa volonté : tels sont les modèles que nous ont ofierts Pinel, Esquirol, Ferrus et tant d’autres.

ALIMENTATION (Physiologie, Hygiène). — Voyez Aliments.

Alimentation des chagdières a vapeur. — Renouvellement de l’eau dans les chaudières à mesure qu’elle s’y transforme en vapeur. L’eau, se vaporisant d’une manière continue pendant la marche des machines à vapeur, s’épuiserait promptement dans les chaudières si on ne l’y renouvelait à mesure qu’elle disparaît. Ce renouvellement doit être fait avec assez de soin pour que le niveau de 1 ’eau ne s’élève pas trop haut, cas auquel la vapeur se trouverait gênée dans son dégagement et sa force élastique varierait dans de trop grandes limites, et pour qu’il ne descende pas non plus trop bas, car alors toutes les parties de la chaudière directement soumises à l’action de la flamme pourraient n’être pas couvertes par l’eau, ce qui deviendrait une cause d’explosion.

On s’est de tout temps efforcé de rendre l’alimentation automatique, c’est-à-dire delà régler par la machine elle-

même ; dans beaucoup de cas cependant elle reste sous la dépendance du mécanicien chauffeur qui l’effectue au moyen de robinets qu’il gouverne à son gré. Les appareils automatiques eux-mêmes doivent être soumis à sa surveillance et construits de telle façon qu’il puisse obvier sans retard à une irrégularité qui surviendrait accidentellement dans leur marche.

Dans les machines à basse pression, l’alimentation peut être opérée par le seul poids de l’eau placée dans un réservoir situé au-dessus de la chaudière ; son admission dans celle-ci est réglée par une soupape M [fig. 98),

Fig. 98. — Alimenlation des chaudières à basse pressjon.

gouvernée elle-même par un flotteur. La tige de la soupape se prolonge en dehors de la chaudière et sert à juger du niveau de l’eau à l’intérieur.

Dans les machines à haute pression, dans lesquelles l’eau de la chaudière supporte une pression de plusieurs atmosphères, l’alimentation est forcée par des pompes foulantesdites pompes alimentaires, mises en mouvement par la machine elle-même, ce qui est le cas le plus général ou par une petite machine indépendante.

L’alimentation peut encore être réglée dans ce cas par un flotteur ; mais si la pompe alimentaire est mue par la machine, comme son mouvement ne peut être accéléré à volonté, elle doit être établie dans des conditions telles qu’elle fournisse plus d’eau que la machine n’en consomme, et son action doit pouvoir être suspendue à volonté. La soupape d’admission est alors double.

Dans notre gravure (fig. 99), l’eau arrive de la pompe foulante par le tuyau ]\% elle pénètre actuellement dans la chaudière ; mais dès que le niveau de l’eau sera suffisamment élevé dans celle-ci, le flotteur soulevé par l’eau

Fig. 99. — Alimentation des chaudières à haute pression,

abaissera les deux soupapes, l’ouverture qui donne accès dans la chaudière se fermera, et l’eau s’échappera par le tuyau P pour retourner dans son réservoir (ou bâche). Malgré les avantages que cette disposition paraît présenter, on préfère cependant régler l’alimentation par des robinets..

L’eau arrive à la pompe par les tuyaux A et pénètre dans la chaudière parle tuyau à robinetB (fig. 100). Lorsque ce robinet est fermé, cette eau retourne à la bâche par un tuyau latéral placé en avant du robinet B et muni lui-même d’un autre robinet.

Une autre disposition très-employée consiste à relier le piston de la pompe alimentaire à la tige qui le gouverne par une clavette que l’on peut ôter ou mettre à volonté, et qui tient lieu des robinets. Quand l’eau

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manque dans la chaudière on met en prise le piston au moyen de sa clavette, et la pompe fonctionne ; quand 1 ali-

Fig. 100. — Alimentation des chaudières à haute pression.

mentation est suffisante, on retire la clavette, et la pompe s’arrête pour recommencer un peu plus tard.

Dans les locomotives où l’alimentation est opérée par une machine spéciale, il suffit de donner de la vapeur à cette machine au moyen d’un robinet ou de la lui retirer. On profite généralement de l’arrêt aux stations pour utiliser la vapeur devenue momentanément sans usage pour recharger d’eau la chaudière.

Les machines à vapeur ordinaires dépensent par heure et par cheval de 20 à 35 kil. de vapeur ou litres d’eau. C’est sur la connaissance de cette dépense que sont basées les dimensions à donner aux pompes alimentaires. Ces dimensions sont du reste d’autant plus grandes que les pertes de la chaudière doivent être réparées dans un temps plus court. Elles sont au maximum dans les locomotives à machine alimentaire indépendante.

Depuisquelques années on emploie de plus en plus un mécanisme direct d’injection imaginé par M. Giflfard ., qui porte le nom d’injecteur (voy. ce mot). Cet appareil est destiné à supprimer les pompes alimentaires. M. D.

ALIMENTS (Physiologie), du latin 'alere, nourrir. — On appelle aliments les substances que l’homme et les animaux introduisent pour se nourrir dans les voies digestives. Dès l’abord, on peut distinguer les aliments solides et les boissons. Les aliments solides ingérés par les animaux sont presque uniquement des matières organisées, végétales ou animales ; cependant il doit toujours y entrer quelques substances minérales : d’abord, parce que les matières organiques qu’ils mangent en contiennent une petite quantité ; d’autre part, l’eau fait partie de toute matière animale ou végétale ; enfin, il est des corps, comme le sel marin, par exemple, que l’homme et plusieurs animaux ont besoin de mêler à leur nourriture. En résumé, jamais un animal ne peut se nourrir exclusivement de substances minérales ; mais ses aliments doivent en contenir quelque peu, car chez presque tous les animaux l’organisme en renferme. D’autre part, il existe un certain nombre de substances organiques ou minérales qui, loin de nourrir, agissent comme des poisons. Enfin, une immense quantité de matières minérales et plusieurs matières organiques sont indifférentes, c’est-à-dire que, sans être vénéneuses, elles ne sont cependant pas nutritives. Il est, du reste, à remarquer que beaucoup de poisons ne sont que relatifs; ainsi un grand nombre de végétaux, doués pour l’homme de propriétés vénéneuses, servent d’aliments à des insectes ou à quelques autres espèces plus ou moins éloignées de nous par leur organisation.

Mais, en ayant égard surtout aux animaux vertébrés, on signalera facilement des différences dans l’alimentation ou le régime. On distingue, en général, les divers animaux sous ce rapport, en carnivores , insectivores, herbivores^ frugivores , granivores^ omnivores : c’est-à-dire que les uns mangent de la matière animale empruntée soit à la chair des animaux supérieurs ou simplement charnus, soit aux tissus moins succulents des insectes ; les autres se nourrissent de matière végétale, herbe, fruits ou graines; enfin, il en est qui mêlent dans leur régime les matières animales et les matières végétales ; l’homme évidemment se nourrit de cette façon.

Au milieu de cette prodigieuse quantité de substances

employées à nourrir, il est cependant facile d’établir une assez grande uniformité, lorsqu’on les étudie au point de vue chimique. Laissant de côté les matières minérales, qui n’ont qu’un rôle secondaire dans l’alimentation , si nous considérons les aliments organiques, nous savons déjà que leur composition élémentaire est très-simple ; c’est la composition de toute substance organique; elle ne peut admettre que du carbone, de Voxygène, de Vhydrogène, de V azote, et parfois quelques traces de et de phosphore. Mais si nous examinons les aliments organiques, non plus seulement dans leur composition, mais dans leur nature chimique, nous arriverons à les distinguer en aliments azotés et aliments non azotés.

Aliments azotés. — Ils forment un premier groupe de substances analogues les unes aux autres dans les deux règnes, que l’on a désignées sous les noms de substances protéiques., albuminoïdes, ou simplement azotées; ce sont, par exemple, pour les aliments azotés de nature animale : 1^ l’albumine (œufs, cervelle et nerfs, glandes, sang) ; 2« la fibrine (chair et sang) ; 3« la caséine (lait, fromage) ; l’osmazome (bouillon) ; 5° la gélatine (tendons, os, peau, etc. ) .

Pour les aliments azotés de nature végétale, nous aurons à citer des substances analogues ; 1" l’albumine végétale (sucs des végétaux, graines émulsives, comme les amandes) ; 2“ la caséine végétale (haricots, pois, etc.); 3*^ le gluten (grains des céréales) , que l’on peut comparer à la fibrine animale, et qui est uni dans le blé à un mucilage azoté et nutritif.

Aliments non azotés. — Dans le second groupe de substances alimentaires organiques, nous trouvons doux catégories bien distinctes : d’une part, les substances amylacées ou saccharoïdes ; et d’autre part, les substances grasses.

Les substances alimentaires amylacées proviennent surtout du règne végétal. Leur nom est dérivé de celui de V amidon., c\ni en est le type principal; on les nomme aussi saccharoïdes. parce qu’elles sont susceptibles de se transformer en sucre, ou peuvent provenir d’une matière sucrée. Les principaux aliments amylacés sont : 1° l’amidon ou fécule (farines, fécules, haricots, lentilles, pommes de terre, etc.); 2» la dextrine ; 3^ le sucre (fruits, sève des plantes), glucose et sucre de fruits, sucre de canne; 4» la gomme (graines, racines, etc.); 5'^ certains sucs acides des végétaux et surtout l’acide lactique ; 6» le sucre de lait ou lactose (lait des animaux) ; 7“ l’acide lactique du lait aigri et de beaucoup de matières animales. Toutes les personnes qui ont étudié quelque peu la chimie organique savent quels liens unissent entre elles ces substances. L’amidon, la dextrine, ont la même composition chimique (G^^H'^O^®) ; en se combinant avec les éléments de 2 équivalents d’eau, ils donnent le glucose (Gi^HiaQi^). La dextrine n’est donc qu’une transformation isomérique de l’amidon, et l’agent le plus actif de cette transformation est une matière azotée nommée diastase. que l’on trouve surtout dans les grains d’orge, d’avoine et de blé en germination. Cette même matière, en prolongeant son action, change la dextrine en glucose. Cette nouvelle substance est, comme tous les sucres, susceptible de fermenter et de se dédoubler en acide carbonique et en alcool (C^O^H^^)^ etc. 11 suffit de rappeler ces phénomènes fondamentaux de l’histoire des matières amylacées.

Enfin tout le monde connaît les substances alimentaires grasses; ce sont les graisses animales et les huiles animales ou végétales.

Lorsqu’on examine la composition du régime que l’instinct naturel fait suivre aux animaux supérieurs, on trouve qu’il y entre toujours, bien qu’en proportions relativement variables, une matière azotée, et au moins une matière amylacée ou une matière grasse ; chez un grand nombre d’espèces, les trois ordres de substances figurent dans l’alimentation, et c’est ce qui arrive en particulier pour l’espèce humaine. De nombreusee expériences ont été faites pour savoir jusqu’à quel point cette composition du régime alimentaire était indispensable à la nutrition. Magendie a surtout éclairé cette question, et voici les principaux faits qu’il a démontrés : v

Un régime complètement privé de matière azotée ne nourrit pas : les animaux que l’on y soumet meurent d’inanition. D’une autre part, il n’est presque aucun principe immédiat azoté qui, pris seul et à l’exclusion de toute autre substance, puisse nourrir : le gluten fait peutêtre exception . Administrés ensemble, deux à deux , trois à trois, ces principes n’ont pas plus d’efficacité. Un régime nutritif doit donc, en général, avoir pour base des

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matières azotées mêlées à d’autres substances privées d’azote.

Un savant qui s’est beaucoup occupé de cette question, Prout, a vu dans le lait le type de l’alimentation complète, au moins pour les mammifères. C’est, en effet, une substance remarquable, puisqu’elle peut nourrir seule un jeune animal qui se développe. Or, sa composition semble une confirmation entière des principes précédents : le lait renferme dans un véhicule aqueux une matière azotée, la caséine', une matière saccharoïde, le sucre de lait ou lactose: enfin une matière grasse, le beurre. Prout a pensé que c’était là le modèle d’une .alimentation normale et suffisante, et cette idée, discutable peut-être pour certaines espèces exclusivement carnivores, est au moins incontestable pour l’homme, les omnivores et l’immense majorité des lr»rbivores.

Les boissons introduisent surtout de l'eau dans les organismes; cette eau est à peu près l’unique boisson des espèces animales : l’homme a le privilège et le besoin de varier ses boissons en y introduisant des liqueurs alcooliques. Celles-ci fournissent donc à notre corps un principe de la nature des matières saccharoïdes, et qui peut être employé de la même façon (voyez Boissons).

Pour l’influence des aliments sur la santé, voyez Régime, Inanition, Engraissement, Digestion.

Ad. E.

ALIQUOTE, du latin aliquot. — Se dit d’un nombre ou d’une quantité contenue un nombre exact de fois dans une autre : 2, 3, 4, 6, sont des aliquotes de 12.

ALISIER (Botanique), Cratœgus, Lin. — Nom de plusieurs arbres de la famille des Rosacées, réunis aujourd’hui au genre Poirier {Pi/rus,hin.) . Le plus commun est le Pi/r, toi'mmalis d’EÎirhard, vulgairement Aigretier, Alisier tranchant , Alisier des bois, Sorbier des bois. C’est un

arbre de 1 2 à 1 5 mètres, à feuilles ovales-cordiformes penninervées, pennati-lobées, à lobes acuminés dentelés, les inférieurs divariqués ; légèrement pubescentes en dessous, glabres à l’état adulte. L’alisier croît spontanément dans les forêts d’Europe. Il donne en avril des fleurs blanches. Son bois est assez dur et s’emploie avec quelque avantage dans la menuiserie. En Angleterre et en Allemagne on mange ses fruits, qu’on laisse mollir comme les nèfles ; ils prennent ainsi un goût acide.

Le Pyrus aria, Ehrh,, connu sous les noms éé Alisier allouchier , Al. blanc. Sorbier alisier, est une autre espèce dont les fleurs blanches sont en corymbes et les fruits d’un beau rouge; son bois blanc, dur et serré, est

employé à faire des alluchons de moulins et de machinesle Pyrus mterrnedia, Ehrh., Alisier de Fontainebleau,

Fij. 102. — Branche d’alisier des bois avec fruits (1/2 grandeur nat.)

a les feuilles grises, cotonneuses^ les fruits ovoïdes, orangés, à pulpe jaunâtre et sucrée. G — s.

ALISMACÉES (Botanique). — Famille de plantes Monocotylédones ayant pour type le genre Alisma ou Flu^ teau. Plantain d'eau. Elle a été établie par L.-B. Richard; Robert Brown et Endlicher y réunissent la famille des Joncaginées, et de Jussieu l’avait réunie à sa famille des Joncs. Elle comprend des plantes d’eau tranquille ou de marais, dont les fleurs, souvent verticillées en panicules, ont un périanthe régulier bien ouvert, formé de 3 folioles vertes , persistantes, alternant avec 3 folioles plus grandes, colorées comme des pétales. Ces plantes comptent 6, 9 ou 12 étamines hypogynes et de nombreux ovaires, le plus souvent uniloculaires. Les fruits sont petits, secs. Les Alismacées habitent les régions tempérées et méritent, la plupart, de faire l’ornement des pièces d’eau. Ce groupe comprend surtout les genres Fluteau {Alisma, Lin.) et Fléchière [Sagittaria, Lin.). Leurs tiges renferment un principe âcre et leurs rhizomes un peu de fécule.

ALISME (Botanique), Alisma, Lin., de alis, eau en langue celtique. — Genre de plantes de la famille des Alismacées, et appelé aussi Fluteau. Il comprend des herbes vivaces à feuilles ovales en cœur, oblongues ou lancéolées, à fleurs ordinairement disposées sur de longs pédicules, qui se réunissent en grappes ou en panicules, décrites dans l’article précédent. \J Alisme fluteau. Plantain d’eau {A. plantago. Lin.), est une des plantes les plus répandues à la surface du globe. On la trouve aussi bien en Europe et en Asie, qu’en Égypte, aussi bien dans l’Amérique méridionale que dans la Nouvelle-Hollande. Ses tiges triangulaires, élancées et lisses, entourées de feuilles radicales ovales, et terminées par des panicules de petites fleurs roses, sont d’un gracieux effet aux bords des eaux. Cette plante croît abondamment dans les environs de Paris. On la trouve dans les fossés aquatiques, et elle est, dit-on, nuisible aux bestiaux qui la mangent, ainsi, du reste, que le Fluteau renonculier (.4. ranunculoïdes , Lin.) et le Fluteau nageant {A. nata^is. Lin.), qui, comme le plantain d’eau, fleurissent pendant tout l’été et une partie de l’automne. — La poudre de racine d’alisme a été rangée autrefois parmi les remèdes efficaces contre la rage ; c’est une erreur bien reconnue. G — s.

ALIZARINE ou Alizari, C^^H'^O® (Chimie). — Matière colorante qu’on extrait de la garance ; elle se présente

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sous la forme de cristaux aiguillés d’une belle nuance rouge pâle, peu solubles dans l’eau, solubles dans 1 alcool et donnant avec l’ammoniaque une dissolution de couleur pensée d’une teinte très-riche. Elle se sublime sans altér^ion à 250<^. Sous l’influence des oxydants, et en particulier de l’acide azotique étendu, elle se transforme en acide alizarique.

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