‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 45 sur 385 · C.20H6O6 + 10[0) = 4(C02) CI6H6O · texte numérisé non relu

C.20H6O6 + 10[0) = 4(C02) CI6H6O

Alizarine. Ac. alizarique.

On l’obtient simplement en soumettant en vase clos à l’action d’une chaleur graduellement portée jusqu’à 250“, la garancine (voyez ce mot) ou charbon sulfurique de la garance, produit aujourd’hui très-répandu dans le commerce. Les cristaux d’alizarine ainsi préparés n’ont plus besoin que d’être lavés à l’éther. On en obtient une plus grande proportion en traitant de la môme manière la colorine (voyez ce mot).

L’alizarine donne à la teinture la même nuance que la garance en variant la nature du mordant ; son prix élevé s’oppose seul à son emploi.

Elle a été découverte par Robiquet. ^ B.

ALIZÉS (Vents) (Météorologie), que l’on dérive d’a/w, vieux mot signifiant uniforme. — Vents soufflant avec une grande régularité dans les régions intertropicales, dans la direction de l’E. à l’O., ou de l’E.-N.-E. à l’O.- S.-O. dans l’hémisphère nord, et de l’E.-S.-E. à l’O.- N.-O. dans l’hémisphère sud. Les alizés régnent d’un bout à l’autre de l’année dans l’Atlantique et le Grand Océan, s’étendant d’une part jusque dans le voisinage des côtes des deux continents et de l’autre jusque vers le 28 ou le 30® degré de latitude N. et S. Ces dernières limites varient un peu avec les saisons dans le sens du déplacement du soleil. En moyenne, dans l’océan Pacifique le vent du N.-E. règne du 2® au 26® degré de latitude N., celui du S.-E. va du 2® au 21® degré de latitude S. Dans l’océan Atlantique, l’alizé du N.-E. est compris entre le 8® et le 28® ou le 30® degré N., et celui du S.-E. entre les 3® degré N. et 28® degré S.

Les alizés sont dus aux courants d’air chaud qui s’élèvent dans l’atmosphère, particulièrement dans la zone torride et donnent lieu à des courants plus froids venant des régions tempérées des deux hémisphères. Si la terre était immobile, ces derniers courants iraient du N. au S. au-dessus de l’équateur, et du S. au N. au-dessous de cette ligne. La terre tournant sur ellemême de l’O. à l’E. et les divers points de sa surface ayant des vitesses d’autant moins grandes qu’on se rapproche plus des pôles, les couches d’air qui viennent des régions tempérées, en arrivant dans les régions équatoriales, sont animées d’une vitesse moindre que celle-ci dans le sens du mouvement de la terre, et par conséquent semblent avoir une vitesse relative rétrograde ou de l’E. à ro. Ce mouvement, en se combinant avec le premier, donne aux alizés leur direction oblique. Les alizés qui régnent des deux côtés de l’équateur ayant ainsi des obliquités opposées, s’influencent l’un l’autre et tendent au parallélisme, qu’ils acquerraient sous l’équateur même, si les courants ascensionnels ne venaient y paralyser leur mouvement horizontal. Il en résulte que la ligne est la région des calmes ; les alizés y ont perdu leur force ; mais c’est aussi la région des tempêtes, des tornados ou travados espagnols ou portugais.

Les courants d’air chaud qui sous l’équateur s’élèvent dans les hautes régions de l’atmosphère se déversent ensuite sur les deux hémisphères, et, sous l’influence des mêmes causes, y donnent lieu à des alizés supérieurs de directions inverses à celles des premiers. Les alizés supérieurs régnent presque constamment sur le pic de Ténériffe ; des cendres lancées à une grande hauteur dans une éruption volcanique ont été transportées de l’E. à ro. de l’île Saint-Vincent à la Barbade. Le 25 février 1835 les rues de Kingston (Jamaïque) furent ainsi remplies par des cendres projetées par le volcan de Cosiguina dans l’état de Guatémala qui est au S. -O. de nie.

Vers le 30® degré, plus ou moins suivant la saison, les alizés supérieurs s’abaissent vers la surface du sol pour se transformer en alizés inférieurs et y donnent lieu aux coups de vents si communs dans nos pays au printemps et à l’automne.

La totalité de la masse d’air transportée vers les régions tempérées par les alizés supérieurs ne fait pas immédiatement retour vers les régions équatoriales ; une partie se déverse vers les régions polaires en rasant

la surface du sol, ce qui produit nos vents du S.-O., et revient vers l’équateur après avoir atteint des latitudes plus ou moins élevées en rasant encore la surface du sol, ce qui produit les vents du N.-E. Il se fait donc dans les régions tempérées, dans un plan horizontal, un double courant analogue à celui qui a lieu dans le sens vertical entre les tropiques. Le double courant tempéré se déplace à chaque instant à la surface du globe ; aussi cette région est-elle remarquable par la mobilité de ses vents. Les vents du S.-O. prédominent cependant sur l’océan Atlantique et favorisent d’une manière très-marquée la navigation des États-Unis d’Amérique en Europe. M. D.

ALIZIER (Botanique). — Voyez Alisier,

ALKANNA (Botanique). — Voyez Orcanette, Henné.

ALKÉKENGE (Botanique) , vulgairement Coqueret ou Herbe à cloques. — Mot arabe conservé dans notre langue pour désigner une plante herbacée du genre Coqueret {Phy salis., Lin.) et de la famille des Solanées. Ses fleurs sont remarquables par leur calice persistant, à 6 dé» coupures, qui se renfle après la floraison et prend la forme d’une espèce de vésicule {phy salis) colorée en rouge, ainsi que la baie qu’elle contient ; celle-ci renferme plusieurs semences aplaties et réniformes : elles sont employées comme diurétiques et sudorifiques ; elles passent pour avoir des propriétés anodines. Dans ces derniers temps, M. le D^ Gendron, après une série d’expériences, a cru pouvoir proposer les baies, les capsules, les feuilles et les tiges d’alkékenge, comme jouissant des mômes propriétés médicinales que le quinquina. Cette opinion n’a pas été adoptée.

ALKERMES (Matière médicale), de l’arabe «/, le, et kermès., écarlate. — C’était une préparation pharmaceutique dans laquelle entraient un grand nombre de substances excitantes, et en particulier le sirop de kermès, qui se fait avec les grains écarlates du Coccus ilicis (kermès du chêne) (voyez Kermès). Ce médicament très-excitant est abandonné aujourd’hui.

On appelle aussi al kermès une liqueur de table, trèsrecherchée en Italie, et surtout à Naples, à Florence, où elle se fabrique, et qui tire son nom des grains de kermès, au moyen desquels on lui donne une belle couleur écarlate. Voici la formule de cette liqueur fort agréable, mais très-excitante : feuilles de laurier, 500 gr. ; macis, 35 gr. ; muscade et cannelle, 60 gr. ; girofle, 8 gr. : faites infuser pendant six semaines dans 15 litres d’eau-de-vie; filtrez et distillez pour en tirer 12 litres; on ajouie 750 grammes de sucre et on colore avec les grains dekermès.

ALLAITEMENT (Physiologie et Hygiène). — L’allaitement est, à proprement parler, un mode de nourriture dans lequel l’enfant ou le petit d’un mammifère suce le lait de sa mère, celui d’une mère étrangère, mais de son espèce, ou celui d’une mère d’une autre espèce ; ces trois modes d’allaitement constituent V allaitement naturel.

Id allaitement artificiel est celui dans lequel le petit ne tette pas, mais où il est nourri avec du lait qu’on lui fait boire. Souvent, dans ce cas, le lait est remplacé par du bouillon, de l’eau de gruau, ou même de petits potages légers ; on nourrit l’enfant plutôt qu’on ne l’allaite réellement.

\d allaitement par la mère doit être préféré toutes les fois que le permettent la santé de celle-ci, la quantité et la qualité de son lait, et sa soumission à toutes les précautions qu’impose l’accomplissement d’un pareil devoir. Mais noiis devons dire, éclairé par l’expérience, que, à moins dé circonstances exceptionnelles de santé, de position sociale, d’habitation, l’immense majorité des mères ne sont pas bonnes nourrices, à Paris et dans les grands centres de population. Dàns tous les cas, la mère nourrice ne doit être affectée d’aucune maladie chronique ou héréditaire de nature grave; son alimentation doit être saine et de bonne nature. Elle évitera les mets trop épicés, les acides, les crudités, les aliments grossiers, d’une digestion difficile ; elle ne fera aucun excès de table, ni de boisson ; elle sera tenue, autant que possible, à l’abri des préoccupations morales vives, qui peuvent très-facilement altérer ou supprimer la sécrétion du lait. Généralement l’allaitement doit durer de douze à quinze mois ; cependant le sevrage devra avoir lieu plus tôt, si des circonstances particulières dépendant de la santé de la mère viennent à diminuer la quantité et les qualités de son lait. Il pourrait être aussi rehydé si l’enfant était délicat et trop faible pour recevoir une nourriture ordinaire. Lorsque les différentes conditions que nous venons de passer en revue ne pourront être

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remplies, il faudra avoir recours au second mode, Vallai • tement étranger. II en sera traité au mot Nour.r.iCE.

. ^nfin V allaitement animal devra être employé lorsque dès circonstances particulières font une obligation de ne pas avoir recours à une nourrice : telle serait une maladie de mauvaise nature que le petit nourrisson pourrait communiquer par le sein. Dans ce cas, l’allaitement se fait très-souvent par une chèvre ; quelquefois il arrive qu’en dehors de toute nécessité, des parents préfèrent ce moyen de nourriture, soit par despréventions, quinesontsouvent que trop justifiées, contre les nourrices, soit par tout autre motif. Il est peu de médecins qui voudraient donner ce conseil à moins de circonstances tout à fait exceptionnelles : la constitution chimique du lait des animaux présentant des différences très-notables, et les petits de chaque espèce devant offrir des conditions spéciales pour recevoir celui que le Créateur a destiné à les nourrir.

^allaitement artificiel est une pratique encore moins bonne. Les enfants sont nourris tantôt au lait de vache coupé avec de l’eau, de l’eau de gruau, du bouillon, ou avec des potages liquides de fécule, de croûte de pain, etc.; ce mode d’allaitement ou plutôt d’alimentation se fait au moyen d’un verre, d’un petit pot, ou d’instruments nommés biberons (voyez ce mot). En général ce mode de nourriture doit être proscrit : dans tous les cas, si on est obligé d’y avoir recours, on devra toujours donner le lait tiède ; dans les premiers temps surtout, il devra être coupé avec un peu d’eau, d’eau d’orge, de gruau, ou mieux encore, si cela se peut, ce sera du lait du commencement de la traite, qui est plus léger pour l’estomac et contient à peu près moitié moins de crème que celui de la fin (voyez Nourrice). F — n.

allantoïde (Anatomie), du grec allas ^ saucisse, eidos., forme. — Organe spécial du fœtus; c’est d’abord une vésicule ronde, puis pyriforme, qui bientôt se sépare en deux parties, une interne forme la vessie urinaire, l’autre externe, l’allantoïde propre; celle-ci vient s’appliquer à la face interne du chorion., entre lui et \amnios pour servir à la respiration du jeune animal.

ALLANTOINE, C^H^Az^O^ (Chimie), d’allantoïde. — Sorte d'amide naturelle, se présentant sous la forme de cristaux prismatiques, incolores et brillants dérivant d’un rhomboèdre ; elle est sans action sur le tournesol, assez soluble dans l’eau bouillante. Elle existe toute formée dans la liqueur amniotique des vaches qu’il suffit de réduire au quart de son volume par son évaporation ménagée pour en obtenir l’allantoïne cristallisée. On l’obtient facilement en faisant bouillir une solution d’acide urique dans l’eau et y ajoutant progressivement de l’oxyde puce de plomb jusqu’à ce que ce dernier corps n’éprouve plus de décoloration.

L’eau bouillante, l’acide azotique et l’acide chlorhydrique dédoublent l’allantoïne en acide allanturique et urée.

Par son contact prolongé avec les alcalis hydratés, elle se convertit en acide oxalique qui s’unit à l’ammoniaque, comme l’oxamide. On peut la considérer comme de l’oxalate anhydre d’ammoniaque moins 3 équivalents d’eau.

2(AzH3,C203) — 3H0 = (>H3Az203.

Oxal. anhy. d’amm. Allantoïne.

Elle a été découverte per Vauqnelin et Bussière et obtenue artificiellement par Wœhler et Liebig. B.

ALLÈGE (Marine). — Embarcation servant au chargement ou au déchargement des navires que leur tirant d’eau empêche d’approcher assez près du bord pour qu’on puisse l’atteindre directement. Les allèges munies de mâts servent aussi à la navigation côtière.

ALLÉLUIA (Botanique). — Voyez Oxalide.

ALLEMAND (Hippiatrique). — Nom commun donné par les Français aux chevaux des diverses races d’outre- Rhin ; ce sont en général des chevaux de grosse cavalerie ou de voitures de luxe.

ALLEVARD (Médecine, Eaux minérales). — Village de France, dans l’Isère, arrond. et à iS kilom. de Grenoble. On y trouve une source d’eau minérale sulfurée calcique, tempér. 24" cent. Elle contient par litre : acide sulfhydrique libre, 0'>t,024; acide carbonique, 0'‘t,097. Comme toutes les eaux sulfureuses, celles d’Allevard réussissent dans les affections de la peau et dans les maladies de poitrine.

ALLIAGES (Chimie). — Combinaisons ou simples mélanges de métaux entre eux. Lorsque l’un des métaux est le mercure, l’alliage prend le nom éC amalgame.

Au point de vue industriel, les alliages constituent de

véritables métaux jouissant de propriétés spéciales plus ou moins éloignées de celles qui appartiennent aux métaux alliés. Au point de vue chimique, on peut les considérer comme de véritables combinaisons en proportions définies, mais la plupart du temps dissoutes ou noyées dans la masse en excès de l’nn des métaux. Cette particularité môme constitue une des plus grandes difficultés qu’on ait à vaincre pour obtenir des alliages bien homogènes sous une masse un peu grande. L’alliage défini qui n’est que dissous dans le métal en excès, s’en sépare d’une manière plus ou moins complète pour se rassembler en certains points : on dit alors qu’il y a liquation.

La densité d’un alliage est tantôt plus grande, tantôt plus faible qu’elle ne devrait l’être si les métaux étaient simplement mélangés.

La contraction de l’alliage, qui amène son accroissement de densité, est généralement une preuve de grande affinité entre les métaux alliés. Un alliage est toujours plus fusible que le métal qui l’est le moins, quelquefois même que celui qui l’est le plus. Il est également plus dur, moins malléable, moins ductile, moins tenace que le métal qui l’est le plus ; au contraire, son élasticité, ou la quantité dont il peut s’allonger par la traction, reste à peu près égale à la moyenne des élasticités des métaux combinés.

Le mercure, l’étain, le bismuth augmentent la fusibilité d’un alliage ; le cuivre et l’étain augmentent sa ténacité ; le plomb, le zinc, le fer, le bismuth, l’antimoine, l’arsenic augmentent sa dureté.

Chimiquement, les alliages se comportent à peu près comme le feraient les métaux séparés ; cependant en général l’état de combinaison dans lequel se trouvent leurs éléments, accroît leur résistance à l’action des agents oxydants, l’air ou les acides, à moins que l’un des métaux ne soit en grand excès.

La préparation des alliages se fait ordinairement par la fusion des métaux que l’on veut unir. Si l’un d’eux est très-oxydable, il convient de recouvrir le bain de poudre de charbon, qui le préserve du contact de l’air; s’il est très-volatil, il convient de le remplacer par son oxyde mélangé de charbon. Le charbon réduit l’oxyde, et le métal, à mesure qu’il se révivifie, passe dans l’alliage qui lui donne de la fixité. On est obligé toutefois de forcer un peu la proportion du métal le plus oxydable et le plus volatil pour compenser les pertes inévitables. L’alliage fondu doit être brassé, coulé et refroidi aussi rapidement que possible pour diminuer les eflèts de la liquation et de la cristallisation de la matière qui augmentent sa dureté, mais aux dépens de son homogénéité et de sa ténacité. La pression et la percussion exercées sui‘ la matière au moment où elle se fige diminuent également ces fâcheux effets ; aussi dans la fonte des canons, le moule est-il dressé verticalement la culasse en bas, et s’élève-t-il toujours à une hauteur beaucoup plus grande que celle qui doit être conservée pour que le poids des parties supérieures donne plus de compacité aux parties inférieures. L’ordre dans lequel les métaux sont introduits dans le creuset où doit s’opérer la fusion exerce également une grande influence sur la qualité des produits. Nous donnons ici la liste des principaux alliages en renvoyant aux articles spéciaux pour les plus importants.

Alliages dont la densité est plus grande que la densité moyenne des métaux alliés.

Or et zinc.

Or et étain.

Or et bismuth .

Aigeiit et antimoine.

— et zinc.

— et plomb.

— et étain.

— et bismuth Cuivre et zinc.

— et étain.

— et bismuth.

— et antimoine.

Plomb et bismuth.

— et antimoine.

Alliages dont la densit ' est moindre que la den=ité moyenne des métaux qui la constituent.

Or et argent.

— et fer.

— et plomb.

— et cuivre.

Argent et cuivre.

Étain et plomb.

— et antimoine.

Cuivre et plomb.

Zinc et antimoine.

Fer et bismuth.

— et plomb.

— et antimoine.

Alliage d’argea’T et d’aluminium. — Aluminium, 100; argent, 5 : alliage plus élastique et plus dur que l’aluminium, et prenantun plus beau poli tout en restant malléable. Aluminium, 6 ; argent, 95 : alliage ayant la dureté et l’aspect de l’argent monétaire, blanchissant au lieu de noircir à l’eau forte.

Alli.\ge d’argent et de cuivre. — Plus dur et plus élastique et cependant aussi malléable que l’argent; blanc

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