‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 54 sur 385 · AME · texte numérisé non relu

AME

au premier sous-ordre, Aroïdées vraies^ de Robert Brown, i caractérisée par des fleurs unisexuées, sans périanthe. Ses caractères sont : spathe persistante ; spadice appcndiculé au sommet portant inférieurement une fleur femelle et supérieurement les fleurs mâles, qui en sont séparées par une sorte de cloison. Ovaire à une on plusieurs loges, stigmate étoilé. Les ambrosiniées qui croissent dans la Barbarie, les Indes orientales et la Chine sont en outre vivaces et présentent un rhizome stolonifère et des pédoncules très-courts. Les genres de cette tribu sont : V Ambrosinie qui lui a donné son nom {Ambrosinia, dédiée à Bartolomeo Anibrosini, intendant du jardin botanique de Bologne, mort en JG57), et le Cryptocoryne , Fisch. (de kruptos^ caché, et koruhê^ massue). L’ambrosinie est une petite plante qui croît en Sicile ; elle est vivace, à racine tubéreuse et charnue; entre ses feuilles longuement pétiolées, s’élève une hampe qui ne porte qu’une fleur verdâtre. G — s.

AMBULANCE (Médecine), du latin amhulare, marcher. — On donne ce nom à un établissement temporaire destiné à suivre les troupes en campagne pour porter secours aux blessés ou aux autres malades. Une ambulance peut être établie en pleine campagne, sous une tente, dans un bâtiment quelconque , à portée de la division à laquelle elle appartient : le personnel se compose d’un médecin-chef et d’un nombre d’aides, de pharmaciens, d’officiers d’administration et d’infirmiers déterminé par les règlements, notamment celui du I avril 1 83 1 , sur les hôpitaux militaires : trois ou quatre caissons sont chargés du transport de tout le matériel nécessaire pour le service, tels que vêtements, denrées, objets de pansement, médicaments, instruments de chirurgie, etc. Au moment du combat une section de l’ambulance, sous le nom d’J. voUinie, se porte en avant, va donner les secours d’urgence aux blessés j usque sous le feu de l’ennemi, les fait enlever et transporter en arrière; l’autre section, sous le nom d’/l . de resrrve, établie plus en arrière, à l’abri du danger, reçoit et panse les malades, elle peut être convertie en hôpital temporaire. Un drapeau rouge est toujours placé sur le point culminant de l’établissement d’ambulance.

Historique. — C’est dans les légions romaines de César, en Afrique, qu’on trouve les premières traces d’ambulances; un auteur rapporte qu’après une bataille, le général fit transporter sur des chariots, ses blessés à Adrumetum, port de mer à cette époque. Plus tard, au II® siècle de notre ère, Hyginus Gromaticus, dans un traité De cnstrametatione , indique la place que doit occuper dans un camp, le valetudinarium ou hôpital. Après cela, il faut arriver à Henri IV au siège d’Amiens en 1597, pour trouver le premier hôpital destiné à recevoir les soldats malades ou blessés. Cependant il faut bien croire que les chirurgiens qui suivaient les princes à la guerre, devaient soigner les blessés : ainsi on voit à la bataille de Fontanet ou Fontenailles près d’Auxerre, en 841, les vainqueurs prendre le plus grand soin des blessés. Beaucoup plus tard, notre immortel Ambroise Paré, en Italie et au siège de Metz, où il fut reçu si chaudement par la garnison, prodigua aussi ses soins aux blessés. Mais toutes les créations du môme genre n’eurent rien de permanent, et c’est véritablement dans les grandes guerres de la République et de l’Empire, et par les soins dePercyetde Larrey, que les ambulances ont été forméiis sur des bases solides et durables, et la supériorité acquise par les années françaises dans cette partie des services militaires n’est que le développement de la belle création de ces illustres chirurgiens.

C’est sur le modèle des ambulances militaires que dans ces derniers temps on a formé des établissements temporaires pour distribuer rapidement les secours pendant les épidémies, et dans les moments de troubles auxquels notre pays a été en proie. D’après des instructions émanées du comité consultatif d’hygiène, l’administration j doit procéder le plus tôt possible à la nomination des commissions de secours, affecter certains locaux propices au service des ambulances, veiller à l’acquisition du matériel nécessaire, assurer ou faire assurer par l’autorité supérieure les services médical et pharmaceutique, pourvoir aux moyens de faire transporter dans ces établissements ou dans les hôpitaux, les malades qui ne pourront être traités à domicile, etc. (voir Supplément). F. — n.

AMÉIVA (Zoologie). — Nom brésilien o’un Reptile saurieti^ famille des Lacertie/is^ dont Cuvier fait une subdivision du genre Moni/or (voyez ce mot) ; ils diffèrent des lézards proprement dits, par leurs dents uniformes, simples, comprimées latéralement ; ils n’ont

point de dents au palais ; queue ronde garnie, ainsi que le ventre, d’écailles carrées ; ils habitent l’Amérique, ci ressemblent à nos lézards, dont ils ont les mœurs et les habitudes. Parmi les espèces, on peut citer le Teyus ameïva^ Spix, long de 0'",3h, vert, le dos plus ou moins piqueté et tacheté de noir; le T. cyoneus^ de Merrem, de môme taille, bleuâtre, à taches rondes, blapches sous les flancs.

AMÉLIE-LES-BAINS (Médecine). — Village et bains à 3 kilomètres d’Arles (Pyrénées- Orientales) et 32 de Perpignan. Il y existe de nombreuses sources thermales sulfureuses, dont la température varie de 40 à G4° cent., et la sulfuration de 0s'',008 à 0s%021. Employées contre les dartres, les rhumatismes, les scrofules, etc. Pour les maladies de poitrine, on respire le gaz sulfureux dans des appartements spéciaux. Le gouvernement y a créé un établissement permanent pour les militaire=î.

AMELLE (Botanique), Amellus^ Cass. Virgile a mentionné sous ce nom une belle plante qui croissait sur les bords du fleuve Mella. — Genre de la famille des Composées, Il comprend des herbes ou des arbrisseaux du Gap à feuilles inférieures opposées, à feuilles supérieures alternes, à fleurs ordinairement bleues. VArnellc-œil-du Christ.^ rentre dans le genre Aster, sous le nom de Aster amellus^ Lin.

AMÉNAGEMENT (Sylviculture). — On appelle ainsi cette partie de l’exploitation des bois qui consiste à diviser une propriété boisée en parties égales, destinées à être mises en coupe à des époques déterminées et régulières. Plusieurs raisons s’opposent à ce qu’une grande propriété en forêt soit exploitée d’un seul coup, surtout si elle est d’une étendue considérable ; car, outre l’inconvénient d’être obligé de vendre à plus vil prix une trop grande masse de bois, il y a encore celui de ne pas avoir à compter sur des revenus annuels. Il est donc d’une bonne administration de diviser les bois en autant de parties qu’on voudra, pour que les produits soient plus avantageux à la vente; ainsi 10, 15, 25 parts, de telle façon que tous les 10, 15 ou 25 ans, les mêmes portions soient remises en coupe périodiquement; c’est ce qu’on appelle aménager une forêt. Voir, pour plus de détails. Maison rustique du xix® siècle^ de la Librairie agricole, t. IV; — Encyclopédie de V agriculture, F. Didot, 1859, t. Dr, article Aménagement.

AMENDEMENT (Agriculture). — On appelle ainsi toute opération qui consiste à introduire dans le sol arable des éléments qui ont pour effet d’en modifier plus particulièrement la nature physique dans le but déterminé de l’accroissement des produits agricoles : il ne sera pas question ici des engrais (voyez ce mot), dont le rôle est plutôt destiné à modifier la nature chimique du sol. L’agriculteur doit considérer la nature physique de ses terres sous deux points de vue principaux : 1° leur degré de cohésion; 2® leur degré de sécheresse ou d’humidité. Dans le premier cas, si le sol est serré, compacte, argileux, il faudra le diviser en y incorporant du sable, des pierres concassées, les débris provenant de la réduction des métaux dans les forges, connus sous le nom de laitiers, des schistes, des marnes calcaires ou siliceuses, etc. Si, au contraire, on a affaire à une terre sablonneuse, friable, légère, on la modifiera au moyen de l’argile naturelle ou calcinée, des marnes argileuses, etc. Les terres pour être fertiles ont besoin d’un certain degré d’humidité, en rapport toujours avec la nature des plantes qui doivent y végéter; mais, poussée au delà de certaines limites, cette humidité devient nuisible : on y remédie au moyen des fossés, des empierrements, des labourages en binons, et surtout du drainage : le colmatage, les labourages profonds ont aussi leur degré d’utilité. La chaux est un de ces amendements physico-chimiques dont l’emploi demande la connaissance de la composition intime du sol ; ainsi il peut convenir aussi bien dans certaines j terres argileuses que dans d’autres composées de débris schisteux, granitiques, sablonneux, etc. (voyez Engrais, Drainage, Marnage, Argile).

AMENTACEES (Botanique), de amentum., lien, corde, toute chose allongée. — Famille de plantes Dicotylédones apétales établie par de Jussieu, et correspondant aujourd’hui aux familles des Cupulifères des Uétulncées,, généralement adoptées par les botanistes modernes (voyez Betülinées et Güpulifères). M. Brongniart désigne sous le nom d’Amentacées sa soixante-sixième classe caractérisée par des fleurs diclines, à calice imparfait, souvent adhérent à l’ovaire, corolle nulle, un pistil à 2, 3 ou (i carpelles, surmonté de 2, 3 ou G stigmates. Les ovules sont solitaires ou géminés; le fruit est indéhiscent, mono-

AMI

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sperme-, les graines sont dépourvues d’albumen, et présentent un embryon ordinairement à radicule inférieure. Cette classe comprend les familles des Juglandées ^ Salicinées, Qaercinées, Bétulinées, MyricéeSy Casuarinées (voyez’ ces mots) ; on y trouve les grands et beaux arbres qui font la richesse de nos forêts. G — s.

AMER (Anatomie). — On désigne ainsi quelquefois la vésicule du fiel du bœuf, du cochon, etc.

AMERS (Matière médicale). — On donne ce nom, en médecine, à un grand nombre de substances végétales caractérisées par une amertume plus ou moins considérable; les plantes qui présentent cette propriété appartiennent principalement aux familles des Gentianées, des Polygonées, des Rubiacées, des Euphorbiacées, mais plus particulièrement à celles des Labiées et des Composées. Tous les amers doivent être rangés dans la médication tonique ; cependant on peut les distinguer de la manière suivante; 1° les toniques proprement dits comme la gentiane, le trèfle d’eau, la petite centaurée, le quassia, le columbo, le quinquina à petite dose : 2” les stoniuchiquf‘s^ la camomille, l’absinthe, la germandrée, l’écorce d’orange, la cascarille ; 3" les dépuratifs^ la fumeterre, la pensée sauvage, l’hysope, la menthe; 4“ les fébrifuges^ l’écorce de quinquina, celles de chêne, de saule, de marronnier d’inde; 5® purgatifs^ la rhubarbe, l’aloès, la scammonée, la gomme-gutte, etc. Les substances amères doivent cette propriété, tantôtà un principe volatil aromatique, une huile essentielle, comme dans l’écorce d’orange, tantôt à un principe le plus souvent gommo-résineux intérieurement uni à un extractif féculent comme dans le fruit du marronnier d’Inde. On désigne sous le nom d’espèces amères^ un mélange par parties égales de sommités fleuries d’absinthe, de petite centaurée et de feuilles séchées de germandrée.

AMÉTHYSTE (Minéralogie), amethustés^ en grec. — Variété de quartz hyalin, coloré en violet par de l’oxyde de manganèse, probablement à l’état de silicate. Cette coloration n’est pas uniforme dans toute la masse, et le cristal ainsi coloré semble formé de lamelles perpendiculaires à l’axe, de quartz et d’améthyste. Cette substance diffère en outre du quartz hyalin ordinaire en ce qu’elle est dépourvue de la polarisation rotatoire. L’améthyste taillée est eniployée comme parure (voyez Quartz).

Améthyste orientale. — Voyez Corindon.

AMÉTHYSTÉE (Botanique), Amethystea^ Lin., ainsi nommée à cause de la couleur de ses fleurs qui rappelle la pierre précieuse connue sous le nom d’améthyste. — Genre de plantes de la famille des Labiées^ tribu des Ajugoïdées. h’ A. bleue [A. cœrulea^ lAn.) est une jolie petite plante annuelle présentant une teinte bleuâtre dans toutes ses parties. Ses corolles dépassent peu les calices qui sont colorés aussi. Cette espèce est originaire des monts Altaï ; ses fleurs répandent une odeur suave ; on la cultive dans nos jardins. Caractères du genre : corolle à tube glabre intérieurement, plus court cjue le calice, à 5 dents égales, limbe découpé en 5 lobes dont un, l’inférieur, plus grand; 2 étamines fertiles faisant saillie à la surface antérieure de la corolle; anthères à 2 loges divariquées. G — s.

AMEUBLISSEMENT (Agriculture). — Ou ameublit une terre par des labours fréquents, plus ou moins profonds, et dont l’effet est de mettre toutes ses particules en rapport avec les éléments ambiants, la lumière, le calorique, l’air atmosphéri(|ue, l’humidité, la pluie, la neige, etc., et c’est lorsqu’elle a été modifiée par toutes ces influences qu’elle est apte à recevoir les semis. Les amendements divers dont il a été parlé ont aussi une grande part dans rameublissement des terres. Il ne faudrait pourtant pas pousser trop loin ce degré de friabilité, de légèreté ; d’abord le sol trop perméable se dessécherait plus facilement ; d’autre part, les plantes pourraient avoir à souffrir de cette division extrême de la terre, et la germination s’y développer irrégulièrement.

AMIANTE, Asbeste (^Minéralogie). — Voyez Asbeste.

AMIDES (Chimie). — Il en existe deux groupes : les uns neutres, les autres acides.

1" Amides neutres. — Groupe de corps qui dérivent d’un sel ammoniacal neutre, par la perte de 2 équivalents d’eau. Le type de cette famille est l’oxamide découverte par M. Dumas en calcinant l’oxalate neutre d’ammoniaque.

AzH3,H0,C203 — 2HO = C202,AzH2.

Oxamide.

Les amides s’obtiennent d’une manière plus commode

en décomposant les éthers composés par l’ammoniaque en dissolution dans l’eau; ainsi l’éther acétique, en réagissant sur l’ammoniaque, donne de l’alcool et de l’acétamide

C'^H80,C4H303 A- AzH3 = C4H602 + C'’»H302,AzI12.

Alcool. Acétamide.

si bien que chaque éther composé a toujours une amidc qui lui correspond.

Par une action hydratante prolongée, le contact avec l’eau bouillante, par exemple, les amides prennent 2 équivalents d’eau pour reconstituer le sel ammoniacal duquel elles semblent dériver. Ces amides qu’on nomme neutres se comportent cependant quelquefois comme des bases faibles ; le caractère commun qui les distingue des éthers, c’est de dégager de l’azote au contact de l’acide azoteux en reproduisant l’acide du sel qui les a produits.

2*^ Amides acides. — On a donné le nom d’amides acides ou d’acides amidés aux corps qui résultent du dédoublement des sels ammoniacaux acides sous l’influence de la chaleur. L’acide oxamique découvert par M. Balard a été obtenu par la distillation du bioxalate d’ammoniaque.

AzH3,2(C203,H0) =i2HO -f C4H3,Az06

Acide oxamique.

A leur tour, les amides acides peuvent reprendre leurs 2 équivalents d’eau pour régénérer le sel acide d’ammoniaque.

Aucune amide n’a encore d’usage pratique, l’importance de ces corps est surtout théorique; Gerhardt les fait dériver de l’ammoniaque par la substitution à l’un des équivalents d’hydrogène d’un radical variant d’une amide à l’autre.

Ammoniaque . Az ) H

[ Il

Oxamide. .... Az ) H

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