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ponctuées. Calice i\ 5 dents ; étendard concave, onguiculé, dressé, le reste de la corolle papilionacée est avorté ; 10 étamines monadelphes, saillantes ; ovaire sessile, biovulé; style droit, filiforme, glabre ; stigmate simple ; gousse oblongue, comprimée, à 1 ou 2 graines. Les espèces d’amorpha habitent l’Amérique septentrionale et principalement la Caroline. On les cultive dans nos jardins comme bordures de massifs où elles sont d’un joli effet.

L’Â. frutiqueux {A. fruticosa^ Lin.), nommé vulgairement indigo bâtard^ parce que ses feuilles ressemblent à celles de l’indigo, donne en juin et juillet des fleurs pourpres disposées en longs épis. VA. laineuse {A. croceo-lanata, Walt.) est un arbrisseau pubescent grisâtre. VA. herbacé [A.

herbacea^ Walt.) a des tiges herbacées, ses fleurs en épis sont bleues.

VA. de Lewis [A. Lewisii., Loddig.) est glabre, et ses fleurs sont d’un violet foncé. G — s.

AMORPHE, sans forme fixe; — Se dit d’un corps non cristallisé.

AMORTISSEMENT. — Extinction d’une dette ou d’un capital employé (voyez Dictionnaire des lettres et arts et Anxuité).

AMOURETTE (Dotaniqne), nom vulgaire du genre

Fig. 113. — Fleur

à'amorjpha fruiicosa.

Fig. 114. — Amourette {Brîza medicu, Lin.).

Brize Lin.), du grec brithein, pencher.

Les

épillets de cette plante se penchent et se balancent gracieusement au moindre vent ; ils ont une forme en cœur très-élégante, et c’est cette double circonstance qui lui a fait donner le nom éé amourette : elle constitue un genre appartenant à la famille des Graminées.^ tribu desFestucacées. Il comprend en général des herbes annuelles, indigènes, à panicule formée d’épillets pédicellés, contenant plusieurs fleurs distiques et imbriquées ; glume de 2 folioles presque arrondies, membraneuses, concaves et ventrues ; 2 paillettes membraneuses dont l’inférieure est presque arrondie, en cœur à la base, arrondie au sommet, tandis que la supérieure est beaucoup plus petite et bicarénée. La Brize très-grande ( B. maxima., Lin.) est une très-jolie plante qui croît spontanément dans le midi de la France et de toute l’Europe. On l’emploie souvent pour faire de gracieuses bordures autour des corbeilles de fleurs dans les jardins. La B. moyenne {B. media., Lin.), porte aussi avec le nom A Amourette ceux de Pain d'oiseau, de Gramen tremblant. C’est la plus communément répandue dans nos environs. Elle est vivace, s’élève souvent de 0™,3S à 0m,60. Elle fait un beau fourrage très-recherché par les moutons à cause de sa finesse; elle a l’avantage de réussir très-bien dans les terrains arides et sablonneux, et sa présence dans les herbages est, pour le cultivateur, l’indice de leur bonne qualité. Enfin la Petite B. {B. minor) ou B. à petite panicule, quoique plus petite, est d’un très-bel effet dans les champs.

On donne encore le nom d’ Amourette : 1° à la Saxifrage ombreuse [Saxifraga ombrosa. Lin.) ; 2® à une espèce du genre Paturin, le Paturin eragrosfis, Lin., dite aussi Petite Amourette; 3» à la Lychnide fleur -de -coucou [Lychnis ftos-cuculi. Lin.), lampretfe, œillet des prés.

AMPÉLIDÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones dialypétales, à étamines hypogynes, ovaire à 2 loges, baie globuleuse, adoptée par Kunth et correspondant aux Vinifères de de Jussieu et aux Sarmentacées de Ventenat. Cette famille tire son nom du genre Vitis^ vigne, en grec ampelos : elle contient les trois genres C issus. Lin. ; Ampélopsis, Mich. ; Vitis, Lin. G — s.

AMPELIS (Zoologie). — Nom donné par Linné aux oiseaux du genre Cotinga, Cuv. (voyez ce mot).

AMPÉLITE, Pierre a vigne ^Minéralogie). — Espèce de schiste noir, bitumineux, connu aussi sous le nom de Pharrnacife ; la propriété qu’elle a de s’effleurir à l’air permettait de la répandre au pied des vignes, soit comme engrais, soit pour détruire les insectes. Une variété de cette pierre, nommée par A. Brongniart A. graphique^ est connue sous les noms de Pierre noire, Pierre à dessiner, Pierre des charpentiers, et est très-employée par les gens de bâtiment, et surtout les menuisiers et les charpentiers. Ce minéral est composé d’anthracite avec schistes talqueux et pyrites.

AMPÈRE (Table d’). — Appareil de physique imaginé par le physicien dont il porte le nom et servant à étudier les actions exercées par les courants électriques soit sur eux-mômes, soit sur les aimants (voyez Électroaimants, Sülénoïdes).

AMPHIARTHROSE (Anatomie), du grec amphi , des deux côtés, et arihron, emboîtement. — On appelle ainsi une articulation dans laquelle les surfaces articulaires planes sont unies dans toute leur étendue par un fibrocartilage inter-articulaire, qui ne permet que des mouvements bornés, sans glissement : ainsi ['articulation du corps des vertèbres, la symphyse dit pubis, etc.

AMPHIBIE Zoologie), du grec amphi, des deux côtés, et bios, vie, — On a donné ce nom à la quatrième classe des animaux Vertébrés, formée par de Biainville et adoptée par Duvernoy, aux dépens de la classe des Reptiles de Cuvier. Ils présentent nécessairement avec celle-ci des conformités remarquables. Onpares ou ovo-vivipares comme les reptiles, ils ont, comme eux, le sang froid, la circulation incomplète, vn seul ventricule au cœur, la respiration pulmonaire. Mais tous ces caractères ne se montrent qu’à l’âge adulte. Les jeunes amphibies sortent de l’œuf avec une forme et une oiganisation trèsanalogue à celles des poissons, et u'ai rivent à cet âge adulte qu’après avoir subi des -métamorphoses et dans leurs formes extérieures et dans leurs organes internes. Le jeune, que l’on nomme souvent Têtard, et dont nos eaux stagnantes renferment de nombreux exemples (têtards de grenouilles, de crapauds), a un corps ramassé, dépourvu de membres, et terminé par une queue aplatie et une longue nageoire verticale. Ce têtard respire par des branchies; il a l'organisation intérieure d’un poisson. Avec l’âge il perd peu à peu scs branchies; ses deux

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poumons se développent, et son appareil circulatoire se modifie pour se prêter au mode de respiration pulmonaire; les membres se développent, la queue diminue ou disparaît complètement. Quelques espèces conservent à l’âge adulte leurs branchies avec des poumons (les axolotls, les protées, les sirènes). La classe des amphibies ne peut guère former qu’un seul ordre, celui des Batraciens, divisé en quatre familles : les Cœcilies, les Anoures, les Urodèles^ les Pérennibranches (voyez Batraciens). ^

Amphibie (Zoologie). — Petite tribu de Mammifères carnivores aquatiques, qui comprend seulement les Phoques ( Pkoca , Lin. ) et les Morses ( Trichechus , Lin. ) , leur mâchoire supérieure est armée d’énormes défenses dirigées en bas. On leur fait la chasse pour en recueillir l’ivoire, particulièrement propre à la fabrieation des dents artificielles ; leur peau est aussi trèsrecherchée pour la carrosserie. Ils viennent des mers polaires. Ce sont des animaux monodelphes, à quatre membres très-courts organisés pour la nage; corps effilé postérieurement en forme de poissons ; membres postérieurs dirigés en arrière, de façon à former une double nageoire à l’extrémité postérieure du corps ; poils ras et serrés contre la peau ; régime carnivore ; dentition analogue à celle des carnivores terrestres.

AMPHIBOLE (Minéralogie), du grec amphi, ambigu, à cause de son analogie avec d’autres minéraux. — Sous le nom de ScAo?7, on avait réuni une multitude de pierres de toutes sortes et de couleurs variées. Haüy vint à bout d’en extraire un genre, le Schorl noir, auquel il donna le nom A' Amphibole, avec les caractères suivants : structure lamelleuse dans un sens, raboteuse dans l’autre ; éclat assez vif ; dureté plus grande que celle du verre ; pesanteur, 3,0 à 8,3; cristaux dérivant d’un prisme rhomboïdal à base oblique , dont l’angle obtus varie entre 124° 30' et 127°. Cette roche est formée d’un silicate double de chaux et de magnésie, coloré par une quantité variable de protoxyde de fer. On en distingue deux espèces principales : l°la Tre/wo/iYe, de la vallée deTremola, près du mont Saint-Gothard, où on la trouve surtout; elle comprend les variétés à couleurs claires, est moins dure que l’autre espèce, et affecte souvent une texture fibreuse, flexible, constituant dans ce cas une espèce d’^miante ou Asbeste : lorsqu’elle est cassante, elle prend le nom de Grammatite, blanche ou verdâtre; 2° VActinote ou Amphibolite comprend des variétés noires, vertes, bleu foncé : elle est beaucoup plus dure que l’autre espèce et raye le verre ; sa texture est lamellaire, quelquefois massive : unie au feldspath, elle constitue la Diorite ; au granit, XdiSyénite d’Égypte; l’actinote noire est V Hornblende. L’amphibole est peu employée; on en a cependant fait des boutons, des manches de couteaux, etc.

AMPHIGOME (Zoologie). , — Genre à' Insectes coléoptères pentamères, de la tribu des Scarabéides, établi par Latreille ; confondu autrefois avec les Hannetons, dont il diffère surtout par les mâchoires, la languette et la saillie du labre; ces insectes vivent sur les fleurs, dans les pays méridionaux.

AMPHIGÈNE (Minéralogie). — Sorte de pierre ressemblant par sa forme â une variété de grenat, connue aussi sous les noms de Grenat blanc, de Grenatite, de Leucite (voyez Leucite).

^AMPHINOME (Zoologie), Amphinome, Brug. — Genre àl Aimélides dorsibranches, qui a une paire de bran-, chies en forme de houppe ou de panache ; l’J. chevelue, Brug. {Terebella flava, Gm.), est très-remarquable par ses longs faisceaux de soies couleur de citron et les panaches pourpres de ses branchies ; une crête verticale sur le museau. Elle habite les mers de l’Inde.

AMPHIOXUS (Zoologie), du grec amphi, dou’ole, et oxus, pointu. — Animal considéré d’abord comme une sorte de ver, puis reconnu pour le plus imparfait des Vertébrés et placé à la fin de la classe des Poissons. Sou sang presque incolore est mu par des vaisseaux contractiles, à défaut de cœur ; la colonne vertébrale n’est plus qu’un cordon fibreux, le cerveau est un simple renflement nerveux. Il a l’aspect d’un petit poisson, long de 0“, 05, et pointu à chaque extrémité. La bouche porte des cirrhes regardés à tort comme des branchies ; ce qui lui a valu aussi le nom de Branchiostome (v. Ann. des Sc. not.^ 1845)'; Mémoire àç. M. A. de Quatrefages).

AMPHIPODES (Zoologie), du grec amphi, qui exprime le doute ; et vous, podvs, pied. — Les Amphipodes forment le troisième ordre des Crustacés malacostracés, les seuls qui aient des yeux sessiles et immobiles ; ils ont les mandibules Eçiunies d’une palpe, et les appendices sous-caudaux toujoii]?s très-apparents ressemblent à de fausses

pattes (d’où leur nom éé Amphipodes) ou à des pieds-nageoires. Plusieurs offrent des bourses vésiculaires placées entre les pattes ou à leur base extérieure, dont l’usage n’est pas encore bien déterminé ; ils ont la tête distincte du tronc, avec deux yeux et quatre antennes presque toujours sétacées, et le corps le plus souvent comprimé et arqué. Le tronc est divisé en sept anneaux portant chacun une paire de pieds, et se termine par une queue de six à sept articles avec cinq paires de pieds-nageoires. Ces crustacés nagent et sautent avec agilité et toujours de côté. Les uns habitent les ruisseaux et les fontaines , les autres les eaux salées. Cuvier, dans son Règne animal, n’en forme qu’un grand genre, les Crevettes [Gammarus, Fab.) qu’il subdivise en sections et sous-genres, dans lesquels on distingue surtout les Phronymes, les Talitres, les Crevettes ou mieux Chevrettes, les Mélites, les Corôphies, etc.

AMPHIROE (Zoologie). — Genre de Polypes établi par Lamouroux aux dépens des Corallines de Linné ; ils sont articulés, rameux, à rameaux épars ; articulations séparées les unes des autres par une substance nue et cornée. Plusieurs espèces se trouvent dans nos mers.

AMPHISBÈNE (Zoologie), du grec amphis, des deux côtés, et ôamd, je marche. — Nom que les Grecs, grands amateurs de merveilleux, donnaient à un serpent auquel ils attribuaient la faculté de marcher en avant ou en arrière, parce qu’ayant un volume égal dans toute l’étendue de son corps, ils avaient pensé qu’il avait deux têtes. Les naturalistes modernes ont adopté ce nom d’après Linné, pour désigner un genre de Serpents d’Amérique et des Antilles qui présentent cette singulière conformation d’être à peu près cylindriques et d’avoir la queue aussi grosse que la tête : classés dans l’ordre des Ophidiens ou Serpents, famille des Vrais Serpents, tribu des Doubles marcheurs, ils ont pour caractères, la tête obtuse, arrondie, la bouche petite, peu dilatable, les yeux peu ou point visibles, l’anus transversal, placé très-près de l’extrémité postérieure; des dents petites, presque égales; un seul poumon. Ils se nourrissent d’insectes et surtout de fourmis. Ils ne sont pas venimeux. U A. alba de Lacépède et VA. fuliginosa de Séba habitent l’Amérique méridionale ; et, comme elles se tiennent souvent dans les fourmilières, le peuple a cru que les grandes fourmis les nourrissaient : ces amphisbènes sont ovipares. Il y en a une autre à la Martinique, VA. cœca de Cuvier, entièrement aveugle, dit cet auteur. Lacépède se contente de dire qu’elle a les yeux très-petits ; Spix avait dit : Les yeux sont à peine visibles (oculi vix conspicui).

AMPHISTOMA (Zoologie), Amphistoma, Rudolphi. — Genre de vers de la classe des Intestinaux, ordre des Parenchymateux, famille des Tixmatodes, voisin des Douves, dont il a été détaché par Rudolphi. Ils ont une ventouse à chaque extrémité, un corps mou, aplati, peu allongé, une couleur blanchâtre. On les trouve dans l’intestin des oiseaux, des amphibies et de quelques mammifères.

AMPHITRITE (Zoologie), Amphitrite, Guv. — Genre éV Annélides tubicoles, vulg. Pinceaux de mer. Les Amphitrites ont pour caractères d’être renfermées dans des tubes plus ou moins homogènes; d’avoir à la partie antérieure de la tête des pailles de couleur dorée, rangées en peignes ou en couronne, sur un ou plusieurs rangs ; autour de la bouche sont de nombreux tentacules, et sur le commencement du dos de chaque côté, des branchies en forme de peignes. Parmi leurs espèces, les unes se construisent des tuyaux légers en cônes réguliers, qu’elles transportent avec elles ; ce sont VA. auricoma belgica, Gmel., dont le tube a 0“^05 de longueur, et qu’on trouve sur nos côtes; et VA. auricoma capensis, Pall., encore plus grande, qu’on trouve dans la mer du Sud. D’autres habitent des tuyaux factices fixés à différents corps: ainsi sur nos côtes VA. à ruche [Sabella alveolata, Gm. ; Tubipora arenosa. Lin.) dont les tuyaux unis les uns aux autres ressemblent aux alvéoles des abeilles ; enfin 1’^. ostrearia, Cuv., établit ses tubes sur les coquilles d’huîtres, et nuit, dit-on, à leur propagation.

AMPHIUME (Zoologie), Amphiuma, Garden. — Genre

Fig. lis. — Exemple d’Amphipode. Talilre (grossi) .

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“ Reptiles "Batraciens, placé? p :ir Cuvier à la suite des 'Salamandres (voyez ce mot), auxquelles ils ressemblent ' eaucoup; comme ils les perdent sans doute de très- 1» une heure, ils passent pour n’avoir jamais de branchies. C.irps fusiforme très-allongé, quatre pieds très-courts, très-distants l’un de l’autre. On ne connaît que 1’^. à Unix deigts et VA. à trois doigts. Ce dernier atteint J usqu’à un mètre de longueur. On les trouve en Amérique dans la vase des étangs. Ils sont inoffensifs.

AMPHORE (Métrolo gie) {quadronta! , un pied romain en tous sens). — Unité de mesure des Romains pour les liquides, valant 25’“, 89542. On conservait une amphore éialon au Capitole.

AMPLEXICAULE (Botanique). — On donne ce nom aux organes de végétation qui embrassent la tige. Les feuilles du salsifis des prés, du chardon-marie, du pavot etc., etc., qui de leur base élargie embrassent la lige, sont par conséquent dites ampi exicaules. Les mûriers, les figuiers ont des stipules arnplexicaules.

AMPLITUDE (Géométrie). — Grandeur d’un arc, ou distance qui sépare ses deux points extrêmes. IV amplitude d’oscillation d’un pendule est l’angle formé par les deux directions extrêmes qu’il prend à chaque oscillation. V amplitude de jet d’un projectile est la distance qui séj)are son point de départ de son point d’arrivée.

AaiPLiTUDE (Astronomie). — Arc de l’horizon compris entre le point du lever et le point du coucher d’un astre. On a des tables donnant pour chaque jour de l’année l’amplitude diurne du soleil à diverses latitudes. On peut en faire usage pour trouver la direction du méridien (voyez Méridienne).

AMPOULE (Médecine), du latin ampulla, fiole à gros ventre. — Le mot ampoule, synonyme de cloche, phlyctène , a été réservé pour désigner plus particulièrement de petites fumeurs qui surviennent aux pieds ou aux mains, à la suite des frottements répétés, des compressions violentes par des corps durs: ainsi, des marches forcées, des chaussures trop étroites et dures, des travaux manuels rudes surtout pour des mains peu habituées, etc.; quelle qu’en soit la cause, il faut ouvrir le plus tôt possible ces ampoules, évacuer la sérosité qu’elles contiennent, et si elles sont douloureuses, les panser avec de l’eau blanche, sans enlever l’épiderme, à moins que l’ampoule ne soit ancienne et que la sérosité qu’elle contient ne soit devenue purulente et fétide.

Les ampoules se développent quelquefois à la langue du bœuf, dans une maladie grave nommée glossanthrax. Cette affection se déclare spontanément avec le caractère épizootique et fait périr beaucoup d’animaux si Ton ne l’arrête pas à temps (voyez Glossanthrax). F — n.

AMPULEX (Zoologie). — Genre d’insectes, établi par Jnrine dans Tordre des îhpnénoptères, famille des Fouisseurs; l’espèce qui sert de type à ce genre, est le Chlorion compressum de Fabricius, Ampulex compressa de Jnrine. Il est commun à Tlle de France, où il fait la guerre aux Blattes kakerlacs ou Ravets, au grand contentement des habitants.

AMPULLAIRE (Zoologie), ^mpM(/arm,Lamk, du latin ampulla, vase à gros ventre. — Genre de Gastéropodes pectinibr anches, famille des Trochoïdes de Cuvier, établi par Lamarck dans une petite famille à laquelle il adonné le nom de Péristomiens. Il est caractérisé par une coquille ronde, ventrue, à spire courte comme celle de la

Fig. 116. — Ampiillaire. Fig. IP. — Son opercule.

plupart des hélices ; ouverture plus haute que large, munie d’un opercule; columelle ombiliquée. Une espèce, T/L idole [A. rugosa), habite le Mississipi; c’est une des plus grosses que Ton connaisse ; ses stries d’accroisse-

ment sont très-prononcées. VA. cordon bleu (A. fasciata) est reconnaissable par les zones bleues qui teignent son dernier tour.

AMPUTATION (Chirurgie), du latin amputare, couper. — Opération chirurgicale qui consiste à enlever au moyen de l’instrument tranchant un membre, une portion de membre ou quelque autre partie du corps, comme le sein, etc. Cependant ce mot s’applique plus spécialement aux membres. I? amputation peut se pratiquer dans les articulations : alors on l’appelle amputation daiis l'article; mais le plus souvent c’est dans la continuité des membres qu’elle se fait ; quoi qu’il en^oit, on ne doit retrancher d’un membre que le moins do parties possible, si ce n’est à la jambe, où Tusage d’un membre artificiel devient très-gênant lorsque l’opération n’a pas été pratiquée au lieu dit d’élection, c’est-à-dire quatre ou cinq travers de doigt au-dessous de la tubérosité du tibia. On a pratiqué les amputations des membres d’après deux procédés autour desquels viennent se grouper un grand nombre de modifications : ce sont les amputations circulaires et les amputations à lambeaux. I® Vamputation circulaire consista d’abord à faire, comme son nom l’indique, une incision circulaire et d’un seul trait, jusqu’à Tos ; il en résultait un moignon conique, puis la saillie et la dénudation de Tos, et par suite rupture fréquente de la cicatrice, etc. Plus tard J. L. Petit, si Ton en croit les Français, Cheselden au dire des Anglais, firent l’opération en deux temps ; ils incisaient d’abord la peau par une section superficielle, puis, celle-ci étant fortement tirée en haut, l’opération était complétée par une seconde incision des muscles jusqu’à Tos. Cette méthode offrait déjà de grands avantages sur la première ; cependant la rétraction des muscles n’était pas égale. Louis en eut bientôt reconnu la cause; il porta la première incision et sur la peau et sur la couche superficielle des muscles, en terminant par la section des muscles profonds ; cette méthode, par les succès qu'elle donna, eut de nombreux imitateurs. Enfin Dupuytren, voulant abréger tous ces temps de Topération, l’exécuta de la manière suivante: la peau étant fortement tirée en haut, il faisait son incision à deux ou trois travers de doigt de l’endroit où il voulait scier Tos ; il pénétrait circulairement d’un seul trait jusqu’à Tos ; puis, l’aide continuant la traction en haut, il en résultait un cône dont il incisait la base par une nouvelle section encore jusqu’à Tos. Par ce procédé on a., un moignon convenable, où Tos ne fait pas saillie, et c’est sans contredit la modification la plus heureuse de la méthode circulaire, méthode qui est la plus généralement employée aujourd’hui. 2" V amputation à lambeaux consiste à tailler un ou plusieurs lambeaux destinés à couvrir l’extrémité du moignon, comme une espèce de coussin. Nous n’insisterons pas sur les nombreux inconvénients qui résultent de l’existence d’une plaie aussi étendue que celles des amputations à lambeaux ; il nous suffira de dire qu’elles sont presque toujours réservées aujourd’hui pour les cas où il s’agit d’opérer dans les articulations, parce que là on n’a pas le choix de la méthode et qu’il faut aviser à recouvrir le mieux et le plus tôt possible les surfaces articulaires; c’est ce qui se fait pour les amputations des doigts, du pied, du poignet, mais surtout pour Tépaule et pour l’articulation de la cuisse avec le bassin. Sans entrer dans la description de ces opérations de grande chirurgie, nous dirons seulement qu’elles ont donné de beaux succès entre les mains de Ledran, de Lafaye, de Larrey, de Dupuytren, etc. Une dernière modification de ce procédé est celle qu’on désigne sous le nom d amputation oblique et que M. Scoutetten propose d’appeler oua/aire; cette opération consiste à couper les parties molles obliquement en bec de flûte. Quel que soit le mode suivi pour la section des parties molles, il reste à scier Tos ou les os et à lier les artères, et ce n’est pas nominalement telle ou telle, mais toutes celles qui donnent du sang. Les pansements varient suivant les indications qu’on se propose: ainsi la réunion dite par première intention se fait au moyen des agglutinatifs recouverts de charpie,* de compresses, de bandes, etc. Cette méthode, qui compte des succès remarquables, a été suivie parfois d’accidents formidables. L’autre méthode consiste à préparer la suppuration des parties par un pansement à plat avec les gâteaux de ! charpie, soutenus par des compresses, etc. La chirurgie moderne emploie depuis quelque temps, sous les noms |f d Ancsthésiqjjics, des moyens propres à éteindre la sensibi- | lité, pendant les opérations, et particulièrement pendant | les amputations (voyez les mots Anesthésie, Ghloro- FORME, Ethérisation). 7

Les amputations exigeant un arsenal complet et spé« ^

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cial, on a formé des appareils ou boites à amputations contenant tout ce qui est nécessaire pour pratiquer ces opérations. Ainsi, des moyens anesthésiques, des objets de pansement, des ligatures de tout genre, des aiguilles, des pinces, des tourniquets, des couteaux de toutes formes, des scies, des bistouris, des tenailles incisives, des bandelettes, des éponges, etc., etc. F — n.

Amputation (Vétérinaire]. — On n’est que très-rarement appelé à pratiquer les amputations des membres chez les grands animaux domestiques : un cheval, un bœuf, privés d’un membre, ne peuvent plus rendre de services, et, lorsqu’ils ont éprouvé un de ces accidents qui en rendent la conservation impossibie, il vaut mieux les abattre pour utiliser leurs dépouilles : on a pratiqué quelquefois des amputations sur le chien. Du reste, ces opérations, soit par les méthodes à employer, soit par les modes de pansement, soit par les précautions à prendre, rentrent dans les règles qui ont été exposées pour celles que l’on pratique sur l’homme. Il ne sera donc question ici que des amputations spéciales des cornes, des oreilles, de la queue, renvoyant pour tout le reste à l’article précédent.

U amputation des cornes se pratique quelquefois pour des cas pathologiques, le plus souvent pour remédier à des vices de conformation, à une mauvaise direction des cornes dans l’espèce bovine, et aussi dans les cas où un animal de cette espèce, ou bien un bélier, devient indocile, méchant et dangereux. On se sert le plus souvent de la scie pour couper la corne d’un bœuf ou d’un bélier ; on a aussi proposé, dans ce dernier cas, d’employer le ciseau et le maillet, en raison de la dureté de cette corne, mais ce moyen ne donne pas une section nette et a l’inconvénient d’ébranler trop fortement la tête de l’animal.

\J amputation des oreilles du cheval était de mode vers la fin du dernier siècle ; à ce point de vue, c’était une chose ridicule, et on ne doit y avoir recours que pour remédier à un cas pathologique. Cette opération se pratique assez souvent sur les chiens, quelquefois sur les chats, et nous dirons, comme pour le cheval, qu’on ne doit y avoir recours qu’en cas de maladie. Elle n’offre, du reste, aucune difficulté, et on peut se servir ou du bistouri ou de forts ciseaux.

V amputation de la queue, bien qu elle soit souvent aussi une affaire de mode, est quelquefois nécessaire, surtout pour les chevaux de trait ou d’attelage et pour ceux qui fout le service de halage. On coupe la queue :

en balai, lorsqu’on laisse dans toute leur longueur les crins qui adhèrent à la portion conservée; pour cela, on SC sert d’un instrument nommé coupe-queue , et, après avoir relevé les crins au-dessus de la partie où l’on veut faire la section, on l’opère d’un seul coup ; si l’hémorrhagie est inquiétante, on cautérise avec le fer chauffé à blanc. Les maréchaux la font tout simplement en appliquant la queue sur un boutoir (voyez ce mot) et en frappant dessus avec un bâton; c’est un mauvais procédé. 2« La queue écourtée est celle qui a été coupée à environ de sa racine, et sur laquelle les crins ont été aussi coupés au même niveau. 3'> Dans la queue en catogan, on laisse de chaque côté du moignon une mèche de crins le dépassant de 0^,7 à 0“,8. On coupe la queue des chiens avec des ciseaux ou un bistouri. On coupe souvent la queue des mérinos^ parce qu’elle leur est inutile et qu’elle a l’inconvénient de se couvrir d’ordures; c est vers la fin du premier mois qu’on fait cette oi3ération aux agneaux. F n.

AMYGDALÉES ( Botanique ) , du grec amugdalê , amande. — • Famille de plantes Dicotylédones diaJypé- ^a/ev, extraite dt s Bo.9acee5 de de Jussieu par les botanistes contemporains. Elle comprend des arbres ou des arbrisseaux stipulés, à feuilles alternes, simples. Caractères : fleurs axillaires en grappe, corymbe ou ombelle ; calice régulier à 5 divisions; 6 pétales insérés sur un disque charnu; étamines indéfinies insérées aussi sur ce disque; ovaire unique, libre, à une seule loge renfermant deux ovules collatéraux pendants ; le fruit est une drupe charnue ou coriace fibreuse, à noyau osseux, ou ligneux. Les Amygdalées habitent principalement les régions tempérées de l’hémisphère boréal. On en rencontre peu dans l’Asie et dans les Amériques tropicales. Genres Amandier {Amygdalus, Lin.), Prunier {Prunus, Lm.). G— s.

AMYGDALES (Anatomie). — On donne le nom d’annjy dates ou tonsiUes à un groupe de follicules muqueux qui occupent de chaque côté l’intervalle des piliers dr voile du palais. Elles ressemblent assez bien à une amande. Chez certains sujets elles existent à peine ; chez d’autres elles sont volumineuses au point de gêner lu dé-

glutition et la respiration. Les amygdales sont constituées par une agglomération de follicules qui font suite à ceux de la base de la langue. Ces follicules s’ouvrent dans de petites cellules qui communiquent au dehors par des trous dont est criblée la face interne de la glande, et qui laissent suinter un mucus transparent et visqueux destiné à lubrifier le fond du gosier pour faciliter la déglutition et la digestion : malgré l’importance de cette fonction, on est obligé, dans certains cas, d’en faire la résection (voyez Amygdales [Résection des]. Amygdalite). F — n.

Amygdales (Résection des) (Chirurgie). — Il arrive fréquemment qu’à la suite d’amygdalites répétées (voyez Amygdalite), chez certains sujets, ces organes restent durs, gonflés ; il y a un engorgement extraordinaire de tout leur tissu : de là, gêne de la parole, de la déglutition, sentiment de strangulation, de suffocation continuel ; il n’y a pas d’autres moyens que d’enlever tout ou partie des amygdales. On a proposé, pour cela, le caustique, la ligature, la résection avec l’instrument tranchant : le dernier procédé est le seul employé aujourd’hui. Indépendamment du bistouri ordinaire, plusieurs instruments spéciaux 'ont été inventés pour cette opération; le plus usité de nos jours est le sécateur de Fahnestock. Il se compose d’une canule terminée par u» anneau elliptique ; dans cette canule, glisse un mandrin armé en haut d’un autre anneau tranchant, et terminé en bas par un manche ; vers le milieu de la longueur de la canule existe un chevalet à bascule, sur lequel est montée une aiguille terminée en fer de lance, et qui, enfoncée dans l’amygdale, sert à la fixer et à la faire saillir dans l’anneau, au moyen du mouvement de bascule imprimé à l’autre extrémité de l’aiguille par le doigt de l’opérateur Lorsque ces préliminaires de l’opération sont terminés, le chirurgien tire vivement à lui le manche de l’anneau sécateur, et la résection a lieu d’un seul coup. Le plus ordinairement, il n’y a qu’un écoulement de sang insignifiant, et la guérison ne se fait pas attendre longtemps. Plusieurs modifications plus ou moins heureuses ont été faites à cet instrument. F — n.

AMYGDALINE (Chimie), G^OH^^AzO’-^ + 6HO. — Principe immédiat, de composition très-complexe, qui existe tout formé dans le tissu des amandes amères ; on l’obtient en lessivant des tourteaux d’amandes amères par l’alcool absolu et bouillant. La liqueur alcoolique, ultérieurement concentrée, laisse déposer des paillettes cristallines d’aspect soyeux ; ce sont des cristaux d’amygdaline. Mis en contact avec de l’eau et un ferment particulier, la synaptase, ce corps éprouve un dédoublement spontané qui lui permet de fournir, à l’aide de la distillation, l’e^sence d'amandes amères. En effet, dans 1 équivalent d’amygdaline C'‘0H^"AzO2’^ se trouvent à la fois les éléments de 1 équivalent d’acide cyanhydrique, de 2 équivalents d’essence d’amandes amères, de 2 équivalents d’acide formique, de 1 équivalent de glucose et de 3 équivalents d’eau.

L’amygdaline pure ne paraît pas vénéneuse; pourtant, les amandes amères prises en trop grande quantité ont causé des empoisonnements véritables : cela tient probablement à la présence de la synaptase qui produit dans l’estomac le dédoublement dont nous venons de parler et met ainsi en liberté de l’acide cyanhydrique, quoique l’influence de la synaptase soit notablement affaiblie par le contact du suc gastrique.

L’amygdaline a été découverte en 1830 par MM. Robiquet et Boutron-Charlard ; MM. Liebig et Wœhler en ont proposé l’emploi en médecine à la place de l’eau distillée d’amandes amères et de laurier-cerise. B.

AMYGDALITE (Médecine), du gvQç, amugdalê, amande, et de la terminaison ite, inflammation des amygdales ; on lui donne aussi le nom à.' Angine tonsillaire (voyez Angine). — Elle peut être simple ou compliquée de l’inflammation des autres parties de l’arrière-gorge : le plus souvent elle affecte les deux amygdales à la fois, quelquefois successivement. Un refroidissement subit, l’humidité du soir, sont les causes principales de cette maladie; mais les prédispositions individuelles jouent un grand rôle dans sa production, et la rendent souvent très-fréquente chez les mômes individus. La maladie débute par un malaise subit, le frisson, la fièvre, le mal de tête ; bientôt surviennent de la difficulté à avaler, de la gêne dans la respiration, un certain empâtement dans la parole, de la sécheresse dans la gorge ; la bouche laisse échapper une quantité plus ou moins considérable de mucus que le malade ne peut avaler ; en abaissant la langue, on aperçoit, entre les piliers du voile du palais, les amj^gdalos rouges, saillantes, quelquefois au point d’intercepter

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presque l’entrée du gosier, etc. Le traitement consiste dans l’emploi sagement réglé des saignées, des sangsues, suivant la violence du mal et les forces du malade, des cataplasmes, des bains de pieds, des gargarismes émollients, alumineux si l’inflammation n’est pas trop intense, des boissons adoucissantes tièdes; quelquefois les vomitifs sont indiqués, surtout lorsque les amygdales se couvrent de petits points blancs qui peuvent faire craindre le développement de fausses membranes. Cette maladie se termine souvent par un abcès dans le tissu même de la glande ; rarement il est nécessaire d’ouvrir cet abcès, qui se fait jour de lui-même au dehors. Souvent, après une ou plusieurs amygdalites répétées, ces organes restent gros, gênent la respiration, la déglutition, la parole, sont une cause toujours présente de nouvelles récidives, et il peut devenir nécessaire de les enlever en tout ou en partie ; c’est à l’aide de l’instrument tranchant qu’on procède le plus ordinairement à cette opération (voyez Amygdales [Résection F — n.

AINIYGDALOÏDE (Minéralogie). — Texture d’une roche à fond uni où se dessinent des noyaux d’une autre couleur.

AMYLÈNE (Chimie), C'^Hio. — Hydrogène carboné liquide à la température ordinaire, incolore ; il bout à 40°; sa densité de vapeur est 2,45. Il dérive de l’alcool amylique de la même manière que le gaz oléfîant dérive de l’alcool vinique. II suffit de traiter l’alcool amylique par l’acide sulfurique ou le chlorure de zinc pour lui faire perdre les éléments de 2 équivalents d’eau et le convertir en amylène.

C10H12Q2 — 2HO = CIOHIO Alcool amyliq. . Amylène.

On obtient par la distillation, quand la température s’élève, des composés isomériques de l’amylène :

A 160o, le paramylène C20H20

A 300», le métamylène

L’amylène a été employé dans ces derniers temps comme anesthésique pour remplacer l’éther et le chloroforme ; l’insensibilité est produite rapidement ; mais les expériences ne sont pas assez nombreuses pour établir son innocuité.

L’amylène a été découvert par M. Balard. B.

AMYLIQUE (Alcool) (Chimie), huile de pommes de terre, C'^H’-’O^. — Liquide huileux, incolore, brûlant avec une flamme bleuâtre d’une odeur spéciale caractéristique ; sa vapeur est irritante pour la membrane pulmonaire et détermine la toux ; sa saveur a quelque chose de corrosif. Il bout à 1 32° ; sa densité à la température ordinaire est de 0,818 ; sa densité de vapeur, 3,15. Il se comporte, dans la plupart de ses réactions, comme l’alcool vinique (voyez le mot Alcool), et l’on peut aussi le considérer comme l’hydrate de l’oxyde d’un radical.

Varnyle C'^H’U On connaît :

L’oxyde d’aniyle ClOHllQ ou éther amylique.

Le chlorure d’amyle.... Ctoniici.

Le sulfure — .... ClORtlS.

L’azotate — .... CtOHtlO.AzOS.

L’acide sulfo-amylique. . Cl0HtlO,2i^SO3)HO.

... ... etc.

Sous l’influence de la potasse, à une température de 200° environ, l’alcool amylique se convertit en acide valérianique en dégageant de l’hydrogène.

C10H12O2 -f (KO, HO) = KO.CtOHlOO'î + 4 H

Alcool amyliq. Valérianate

de potasse.

L’acide valérianique est donc analogue à l’acide acétique (voyez Alcools). Soumis à l’action des déshydratants énergiques, l’alcool amylique donne l’amylène Gi^IUo qui est le pendant du gaz oléfiant L’alcool amylique s’extrait de l’eau-de-vie de pommes de terre; on l’obtient aussi dans la distillation du marc de raisin. Quand les produits volatils provenant de cette distillation donnent en se condensant un liquide laiteux, c’est qu’il passe de l’alcool amylique qui vient former à la surface du liquide obtenu des gouttes huileuses; on recueille ces dernières, on les lave à l’eau, on les met en contact avec le chlorure de calcium, et enfin on procède à une nouvelle distillation en recueillant seulement le produit volatil qui se dégage vers 132°.

li’alcool amylique et ses principaux dérivés ont été découverts par M. Balard. B.

• AMYRIDÉES ou Amyridacées (Botanique). — Famille dr> plantes autrefois réunie aux Téréhmfhaçées, puis établie par R. Brown, qui lui donnait assez d’étendue.

Kunth la restreignit et n’y renferma, pour ainsi dire, que le genre Balsamier [Amyris^ Lin.). Cette famille comprend des arbres à suc résineux, à feuilles opposées, ternées ou pennées avec impaire. Ils habitent l’Amérique intertropicale.

AMYRIS (Botanique), Amyris, Lin. — Voy. Balsamier.

ANA, ou plutôt R à (Médecine). — Mot grec que les mé decins inscrivent dans leurs formules après une énumération de plusieurs substances, pour indiquer qu’elles doivent y entrer en quantités égales. Hippocrate se servait déjà de ce signe.

ANABAINE (Botanique), Anabaina, Bory de Saint- Vinc., du grec anabainô, je monte, parce que quelques espèces de ce genre croissent au fond de l’eau et ont tendance à s’élever à la surface en prenant pour soutien les plantes voisines submergées. — Genre d'Algues de la famille des Zoospermées., tribu des Nostochinées. Il est très-voisin du Nostoc, une des plantes les plus simplement organisées. Les anabaines, qui sont d’un vert plus ou moins bleuâtre, se présentent sous la forme de filaments simples, muqueux, formés d’articulations globuleuses ou oblongues, cylindriques à l’extrémité. L’accroissement s’opère par la duplication des articles. Ces plantes avaient d’abord été mises au rang des Zoophytes : on en compte au moins une vingtaine d’espèces habitant les eaux douces de l’Europe. On distingue r.4. en formede lichen[A. /fc/iewf/brmf.?, Bory), qui se développe sur la terre humide, et VA. marine {A. marina)., qui est abondante à Granville, où elle croît principalement sur les sables un peu vaseux de la plage. G — s.

ANABAS (Zoologie), du grec anabainô, je monte. — Petit genre de Poissons aeanthoptérygiens., famille des Pharyngiens labyrinthiformes : une particularité remarquable dans cette famille, c’est l’existence de cellules aquifères formées par des lamelles de l’os pharyngien supérieur, qui tiennent constamment humides les bi-anchies au-dessus desquelles elles sont situées et permet-

tent à l’animal de vivre un certain temps hors de l’eau; le genre Anabas présente cette disposition au plus haut degré de complication [fig. 1 18) ; ses autres caractères sont : corps rond, couvert de fortes écailles; tête large, museau court et obtus, bouche petite*, le bord des opercules fortement dentelé; ouïes à 5 rayons. La seule espèce connue est VA. testudmeus, Cuv., nommée en malabar Panéiri ou Monteur aux arbres. Elle a la propriété remarquable de pouvoir vivre longtemps hors de l’eau, et il n’est pas rare d’en rencontrer se traînant sur la terre ou sur l’herbe, dans des endroits assez éloignés de l’eau ; Daldorf prétend même en avoir trouvé un à 5 pieds au-dessus de l’eau dans une fente de l’écorce d’un palmier, qui s’efforçait de grimper encore ; ce qui paraît difficile à concevoir, en raison de sa conformation peu favorable à ce genre de locomotion ; quoi qu’il en soit, ce poisson, qui atteint à peine 0i«,!5 à 0™,16, et dont la chair est fade et de mauvais goût, est recherché par les habitants du pays, qui lui attribuent des vertus médicinales, et surtout celle d’augmenter le lait des femmes et de donner aux hommes plus de force et de vigneur.

ANABLEPS (Zoologie), du grec anablepéin, regarder en haut. — Ce nom a été donné par Artedi à un poisson trèssingulier de la Guyane, lequel est le type du genre de ce nom formé par Block, adopté par Cuvier, et classé parmi les Malacoptérygiens abdominaux, famille des Cyprinoïdes. Les caractères de ces poissons, confondus pendant longtemps avec les Loches, sont : un corps cylindrique, couvert de fortes écailles, 5 rayons aux ouïes, la tête aplatie, le museau tronqué ; mais ce qu’ils offrent de plus curieux, c’est

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une conformation des yeux, qu’on ne rencontre chez aucun autre vertébré ; ils sont très-saillants, et la cornée très-bombée est partagée en deux par une bande transversale, de telle sorte que la portion supérieure de la cornée est dans un plan différent de celui de la portion inférieure, et que chacune d’elles appartient à une sphère différente. A travers chacune de ces portions, on aperçoit un iris distinct et une prunelle assez grande, et au delà un seul cristallin simple et sphérique. D’après cette disposition, ces poissons paraissent avoir la faculté de voir en même temps en haut et en avant. Ils atteignent une longueur de 0“,20 à 0“>,24 ; la femelle est vivipare et les petits naissent déjà très-forts. On ne connaît que l’espèce dite Cobitis anableps de Lin., Anableps tetrophthalmus^ùe Block, qui habite les rivières de laGuyane.

AN AC AN THE (Zoologie), Ehrenb. — Genre de Poissons cartilagineux, détaché du genre des Raies de Cuvier : ils ressemblent aux Pastenagues [Trygon, Adans.) ; mais leur queue, longue et grêle, n’a ni nageoire ni aiguillon. On en trouve dans la mer Rouge une espèce dont le dos est garni d’un galuchat (peau rude et chagrinée) encore plus gros que dans la Sephen {Trygon sephen) et à grains étoilés.

ANACARDIACÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones dialypétales , établie pour une tribu de la famille des Térébinthucées de de Jussieu. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux produisant de la résine ou de la gomme. Leurs feuilles sont alternes, dépourvues de stipules. Elles habitent principalement les régions intertropicales du globe. Genres principaux : Pistachier [Pistacia. Lin.); Sumac {Rhus, Lin.); Manguier {Mangifera, Lin.); Anacarde {Anacardium, Rottb.); Monbin {Spondias. Lin.). Caractères ; fleurs en général unisexuées régulières; calice ordinairenen!; libre, rarement adhérent à l’ovaire; 3-5 pétales; étamines en même nombre ou double ; disque périgyne ; les fleurs femelles présentent des étamines stériles ou simplement rudimentaires ; un seul ovaire à une loge, ou plus rarement 5 G ovaires distincts; un ou plusieurs styles; fruit indéhiscent, ordinairement une drupe charnue, quelquefois capsulaire, contenant une graine. G — s.

ANACARDIER (Botanique), Anacardium, Rottb., du grec cardia, cœur ; le fruit d’une espèce a la forme d’un cœur. — Genre de plantes de la famille des Anacardiacées. Caractères : calice à 6 divisions ; 5 pétales insérés au fond du calice; lO étamines, une est plus longue et stérile ; le fruit est une noix réniforme, latéralement portée sur le pédoncule extrêmement renflé, charnu, en forme de poire. VA, occidental {A. occidentale, Lin.), appelé aussi Acajou à pommes (voyez Acajou), est un petit arbre à tronc noueux, à feuilles ovales, entières, obtuses, fermes, un peu échancrées . Ses fleurs, disposées en panicules terminales, sont accompagnées de bractées lancéolées et présentent une coloration jaunâtre. Cette espèce est originaire de l’Amérique méridionale. Son bois est blanc et s’emploie dans la construction et dans la menuiserie. L’écorce infusée est recommandée comme gargarisme, chez les Indiens, pour le traitement des aphthes; elle donne aussi une gomme propre à différents usages. La pomme d'acajou est le pédoncule renflé qui supporte le fruit et qui est beaucoup plus gros que lui; il n’y a rien d’analogue dans tout le règne végétal ; il est comestible, sa saveur est aigre et vineuse. Son suc donne une boisson rafraîchissante ; on en obtient aussi par la fermentation une sorte de vin, de l’eau-devie et du vinaigre. Elle sert en outre à faire des compotes très-estimées. Qviant au fruit, bien connu sous le nom noxx d'acajou, il possède dans son enveloppe une huile caustique très-inflammable, que son âcreté fait employer contre les ulcères fongueux et certaines affections dartreuses. L’amande, au contraire, est douce et d’une saveur agréable ; aussi la mange-t-on fraîche ou rôtie sous la cendre comme les marrons. Une sorte de chocolat est préparé avec cette amande. G s.

ANADYOMÈNE (Zoologie), du grec anaduomai, je sors de l’eau. — Lamouroux a formé sous ce nom un genre de Polypiers, composés d’articulations flexibles régulièrement disposées en branches de substance verte, sillonnées de nervures symétriques, semblables à une broderie : « L’anadyomène, dit Cuvier [Règne animal, 2* édition, t. III, p. 308), est vulgairement connue sous le nom de Mousse de Corse. » Le genre auquel elle appartient a été établi parmi ces corps qu’il a ainsi désignés (p. 305) : « Il existe dans la mer des corps assez semblables aux polypiers par leur substance et leur forme générale, où l’on n’a pu encore apercevoir de polype.

Fig. 119. — Pyxide du Mouron rouge {Anagallis arvensis). — c, Calice persistant. — p, Péricarpe qui s’est séparé en deux moitiés, dont la supérieure se détache en opercule o. — g, Graines formant une agglomération globuleuse autour d’un placenta central.

Leur nature est donc douteuse, et de grands naturalistes, tels que Pallas et autres, les ont regardés comme des plantes : cependant il en est plusieurs qui les regardent comme des polypiers à polypes et à cellules extrêmement petites. »

ANAGALLIDE (Botanique), .4wa5'«//i>,Tourn., du grec anagelaô, je ris : allusion aux propriétés de cette plante qui passait pour exciter la gaieté. — Genre de plantes de la famille des Primulacées,trïhn des Primulées. Caractères ; corolle caduque, en roue, dépassant plus ou moins le calice, 5 étamines à filets barbus; anthères fixées par le dos, introrses ; le fruit est une pyxide ou capsule [fig. 119) dont la déhiscence s’opère transversalement de manière à simuler une boîte avec son couvercle ; la placentation est centrale et les graines sont anguleuses. Ce genre est désigné vulgairement sous le nom de Mouron. V Anagallide ou Mouron des champs {A. arvensis.

Lin.) est une herbe annuelle qui croît dans les endroits cultivés ; ses tiges sont couchées, rameuses, et sa corolle rotacée dépasse peu le calice . Deux variétés de cette plante ont été considérées comme deux espèces distinctes, l’une à fleurs rouges [A. phœnicea, Lamk), et l’autre à fleurs bleues [A. cærulea, Schrb.). Il ne faut •pas confondre le Mouron des champs avec le Mouron des oiseaux {Alsine., Lin. ; Stellaria media, Villars) (voyez Alsine). Mouron des champs a été très-vanté' autrefois pour guérir de la folie, de la rage, de l’épilepsie et des morsures venimeuses. Ses propriétés sont un peu déchues de leur réputation. Les variétés à fleurs bleues et à fleurs Wls&éiQV Anagallide des collines {A. Schousb.),

sont d’un très-joli effet dans les jardins ; elles sont originaires du sud de l’Afrique. L'A. délicate [A. tenella. Lin.) est une herbe indigène qui croît de préférence dans les endroits humides. Elle se distingue du Mouron des champs par ses corolles dépassant de beaucoup le calice. Ses fleurs sont rosées. G — s.

ANAGALLIDÉES (Botanique). — 'Tribu de plantes de la famille des Primulacées, et caractérisée principalement par un fruit en pyxide, c’est-à-dire un fruit qui s’ouvre à la maturité comme une boîte à savonnette [fig. 119). Genres principaux : Mouron [Anagallis, Tourn.), Centenille [Centunculus, Lin.). G — s.

ANAGYRE [Rotdimc\xxo),Anagyris, Lin., du grec anaguros, nom d’une plante chez les Grecs. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées, tribu des Podalyriées, dont l’unique espèce cultivée dans les jardins est VAnagyre fétide [A. fœtida. Lin.), appelée aussi Bois puant. C’est un arbrisseau qui s’élève souvent à plus de 3 mètres, et qui ressemble assez par son port au faux ébénier. Ses folioles sont lancéolées, aiguës, entières, pubescentes en dessous, et sa gousse est terminée en pointe. Il donne en avril et mai des fleurs jaune pâle, à étendard taché de brun. L’anagyre fétide se trouve, dans le midi de la France, en Espagne, en Italie et en Grèce, sur les rochers, dans les lieux montagneux. Ses feuilles, légèrement froissées, répandent une odeur très-désagréable, que les Grecs avaient constatée. Ils avaient même un proverbe qui peut se traduire par secouer l'anagyre. Selon Mordant-Delaunay, c’était pour caractériser l’imprudence de celui qui parle de faits qu’on peut lui reprocher, manière de s’exprimer que nous rendons plus délicatement par l’antiphrase remuer le pot aux roses. Certains thérapeutistes ont prescrit les feuilles d’anagyre comme purgatives, et ses graines comme émétiques. Caractère ; Feuilles trifoliolées, d’un vert pâle, calice campanule à 6 dents, étendard arrondi; carène de 2 pétales distincts, droits, un peu plus longs que les ailes et l’étendard ; fleurs en grappe feuillée à la base ; gousse pendante stipitée, comprimée, à une loge interrompue par des lames qui séparent les graines. G — s.

ANALCIME (Minéralogie), du grec a, privatif, et alkimos, fort, parce que ses propriétés électriques sont trèsfaibles. — Substance minérale dans la composition de laquelle entrent la silice, l’alumine, la chaux, la soude et l’eau ; elle vaine de couleur du limpide au blanc mat veiné de rouge incarnat; cette pierre est assez dure pour rayer le verre. Elle n’a encore été trouvée que dans les produits des volcans, en Sicile, près du mont Etna, et dans les

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laves de Diimbarton en Écosse. On en connaît deux variétés : l’/l. triépointé elVA. trapézoïdal.

ANALE (Nageoire) (Zoologie). — Voyez Locomotion.

ANALEPTIQUES (Médecine), du grec analéptikos, propre à redonner des forces. — Médicaments ou aliments capables de réparer les forces : ainsi on peut dire que tous les toniques sont des médicaments analeptiques. Les bouillons gras, les consommés, les gelées de viande, les viandes succulentes, le chocolat, les œufs, sont des aliments analeptiques. Il faut pourtant faire une remarque très-importante, c’est que ces moyens sont employés, en général, chez les individus faibles et délicats, ou dans des convalescences lentes et qui ne marchent pas franchement; or il peut arriver que ces différents états soient entretenus par une inflammation latente d’un organe intérieur: on conçoit alors la réserve qu’on devra mettre dans l’emploi des analeptiques, qui, dans ce cas, loin de réparer les forces, pourraient, en augmentant l’inflammation, les diminuer de plus en plus. F — n.

ANALYSE, du grec ona/wd, délier, résoudre, dissoudre. — Réduction d’un tout en ses parties constitutives. Le sens propre de ce mot varie avec la branche de nos connaissances à laquelle il s’applique tout en conservant sa signification générale.

Analyse chimique. — Se dit de l’ensemble des opérations à l’aide desquelles on parvient à décomposer un corps en ses éléments constituants, soit pour en reconnaître simplement la nature [analyse qualitative).^ soit pour déterminer les proportions en poids ou en volume dans lesquelles ces éléments se trouvent associés dans la formation du composé [analyse quantitative ou dosage).

Les procédés d’analyse sont quelquefois très-complexes et varient beaucoup suivant la nature des éléments que l’on doit isoler ; comme ils sont tous fondés sur les propriétés particulières à ces éléments, il est indispensable, avant de procéder à l’analyse quantitative d’un corps, d’en faire l’analyse qualitative.

La plupart du temps, les conditions dans lesquelles un corps s’est formé donnent sur sa nature des indica- (ions précieuses qui simplifient beaucoup la marche à suivre ; mais lorsqu’on n’a aucune donnée sur un composé, il faut nécessairement procéder avec méthode et suivre rigoureusement une marche systématique. On fait alors usage de réactifs.^ substances chimiques destinées à provoquer des réactions., c’est-à-dire de nouvelles combinaisons ou décompositions chimiques. Ces réactions doivent être nettes, sensibles et fidèles, et permettre de diviser tous les éléments existants ou ceux entre lesquels on hésite en classes ou sections parfaitement tranchées. Chacune de ces sections doit comprendre, autant que possible, un nombre à peu près égal de corps, possédant tous au même degré les réactions communes qui ont servi à les grouper. Par l'emploi d’autres réactifs on établit ensuite des divisions et des subdivisions dans chaque section.

En opérant ainsi, on circonscrit de plus en plus, par exclusion des autres, le nombre des corps parmi lesquels se trouvent ceux dont on recherche la nature, et lorsque ce nombre est suffisamment limité, on détermine d’une manière spéciale les éléments auxquels on peut avoir affaire en se servant alors de leurs caractères spécifiques.

La nature des éléments d’un composé étant connue, l’analyse doit être reprise en vue du dosage de ces éléments. Les réactifs employés dans cette seconde phase de l’opération doivent avoir des qualités autres que dans le cas précédent ; ils ont en effet spécialement pour but d’engager l’élément connu dans une combinaison stable parfaitement définie, facile à isoler et dont la composition soit connue avec précision. Le ferrocyanure de potassium, par exemple, qui accuse d’une manière si nette les plus légères traces de fer ou de cuivre dans une liqueur, ne pourrait servir à doser ces métaux parce que les précipités qui se forment dans pes circonstances n’ont pas une composition bien constante. Il est digne de remarque que les corps se dosent presque toujours sous la forme (pi’ils affectent dans la nature, parce que cette forme est précisément la plus stable et se prête le mieux aux manipulations.

Pour l’une et l’autre analyse les réactions provoquées ont lieu par voie humide ou par voie sèche. Dans le premier cas, les réactifs sont employés en dissolution dans l’eau et mis sous cette forme en contact avec la substance à analyser également dissoute. Dans le second, la substance et le réactif sont mis en présence à l’état solide et soumis à l’action d’une chaleur plus ou moins forte.

Les opérations à faire pour le dosage de chaque élé-

ment d’un corps par voie humide, la plus généralement suivie et la plus exacte, se succèdent ordinairement dans l’ordre suivant : On commence par peser exactement la substance à analyser préalablement réduite et dont on a pris environ un gramme. On la dissout ensuite dans un liquide approprié, ordinairement l’eau, puis on précipite à l’aide d’un réactif convenable l’élément qu’il s’agit de doser. Ce précipité est recueilli sur un filtre, lavé avec soin pour le débarrasser de toute substance étrangère, desséché d’une manière très-complète,, souvent même calciné au rouge, et enfin pesé. Du poids du précipité on déduit par le calcul le poids de l’élément. Cette première précipitation n’a souvent d’autre objet que d’isoler plus facilement l’élément à doser. Dans ce cas, le précipité est redissous, puis l’élément précipité de nouveau sous une forme plus convenable au dosage.

Un autre mode de dosage qui prend actuellement une grande importance consiste à faire usage de réactifs en dissolutions titrées et à mesurer le volume de ces dissolutions nécessaire pour précipiter complètement la substance à doser. Du volume de la liqueur titrée on déduit par le calcul le poids cherché de la substance. Cette méthode est dite volumétrique. Elle a le double avantage d’être très-rigoureuse et très-expéditive, mais à la condition que la fin de l’opération soit accusée d’une manière très-nette.

Il nous est impossible, sans sortir du cadre de notre ouvrage, de donner une idée précise de la manière dont on doit conduire une analyse ; nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux, et notamment aux traités de Henri Rose et de Gerhardt et Chancel. M. D.

Analyse organique ( Chimie ). Opération ayant pour objet de reconnaître et de séparer les divers principes ou éléments dont se compose une matière organique. On distingue deux sortes d’analyses, Vanalyse immédiate et V analyse élémentaire.

Analyse immédiate. — Opération par laquelle on sépare les unes des autres, dans le but de les doser, les substances à composition définie [principes immédiats) qui, par leur mélange, constituent les différents produits du r%ne animal et du règne végétal. Le mode de séparation dépend, dans chaque cas, des propriétés du corps à analyser et des aptitudes chimiques des principes immédiats qu’il renferme. Le produit organique contient-il des matières volatiles? c’est par des distillations convenablement fractionnées qu’on parvient à isoler ces dernières. Telle est la méthode suivie pour estimer dans le vin la proportion d’alcool absolu qui s’y trouve. S’y rencontre-t-il des composés à réaction acide? on les unit à une base avec laquelle ils puissent former un sel insoluble dans l’eau ; ce sel lui-même est ultérieurement trai é par un acide minéral qui lui enlève sa base et met en liberté l’acide organique. C’est ainsi qu’en mélangeant le suc clarifié de l’oseille [Rumex acetosella) avec l’acétate de plomb en dissolution, on obtient un précipité d’oxalate de plomb qui, soumis à l’action de l’acide sulfurique, donne du sulfate de plomb insoluble et de l’acide oxalique libre. Les composés basiques sont isolés par un procédé analogue. Quant aux produits neutres, leur séparation à l’état de pureté est, en général, difficile; il faut, le plus souvent, pour les isoler, recourir à des dissolvants appropriés à leur nature chimique : eau, alcool, esprit de bois, éther, chloroforme , huiles essentielles, et faire agir le dissolvant au degré de température et de concentration le plus favorable.

Analyse élémentaire. — Le principe immédiat étant obtenu tout à fait pur, il s’agit d’estimer la proportion des éléments simples, carbone, hydrogène, oxygène, azote, soufre, phosphore, etc., qui en font une espèce chimique distincte. Tel est le but de l’analyse élémentaire. Deux cas doivent être distingués, selon que la matière organique est azotée ou ne l’est pas. Quant au soufre et au phosphore, on ne les rencontre que rarement.

1® Analyse d'une matière organique non azotée. — Elle s’opère en effectuant une véritable combustion , de manière à doser le carbone à l’état d’acide carbonique et l’hydrogène à l’état d’eau ; l’oxygène sera obtenu par différence, en retranchant du poids total de la matière organique employée, le poids du carbone et de l’hydrogène précédemment évalués. L’oxygène nécessaire à cette combustion est fourni par l’oxyde noir de cuivre, CuO, provenant de la décomposition à chaud de l’azotate de cuivre ou du grillage des planures de cuivre; cet oxyde fournit en présence de la matière organique tout 1 oxygène nécessaire à une combustion complète. Gela posé , voici les principaux détails opératoires :

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Dans un tube de verre vert de 0“,60 de longueur {fia 120), fermé à la lampe à l’une de ses extrémités, laquelle a été d’avance effilée, est introduit d’abord de l’oxyde de cuivre sec et chaud dans une longueur de 0®,08 à 0“,10, puis un mélange de nouvel oxyde de cuivre avec la matière à analyser pesée d’avance et séchée avec soin. On remplit ensuite la partie restante du tube d’oxyde noir mélangé de planures grillées jusqu’à 0“,02 ou 0«‘,03 de l’extrémité ouverte. Cette dernière est fermée par un bouchon de liège muni d’un tube A contenant du chlorure de calcium ou de la pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique concentré. A la suite du

tube à chlorure, et communiquant avec lui, est placé l’appareil à boules B de Liebig, contenant une dissolution de potasse caustique ; vient enfin un dernier tube C contenant des fragments de potasse sèche. Le tube de verre vert repose sur une grille de fer semblable à celle qu’emploient les repasseuses. On commence par chauffer au rouge la portion de ce tube la plus voisine du tube à chlorure, en plaçant sur la grille des charbons allumés, et protégeant le bouchon et la partie moyenne du tube qui contient la matière organique par des écrans en tôle placés comme à cheval sur le tube à combustion : de proche en proche, les différentes parties du tube sont soumises à une température élevée, jusqu’à l’extrémité fermée, afin que la matière organique puisse brûler complètement. L’eau qu’elle fournit à l’état de vapeur est retenue par le chlorure de calcium €t l’acide carbonique par la potasse du tube à boules ; de peur que quelques bulles n’échappent à l’action condensatrice de la dissolution alcaline, la potasse du tube G est là pour les retenir. Enfin le tube à combustion est maintenu au rouge pendant quelques instants dans toute sa longueur, et la fin de l’opération se trouve indiquée par la cessation du dégagement des bulles dans le tube B. On laisse refroidir, puis on recueille les dernières portions de vapeur d’eau et d’acide carbonique qui remplissent encore le tube à combustion en y faisant circuler un courant d’air. A cet effet, on casse la pointe effilée, qu’on met en communication avec un appareil de dessiccation, on aspire par l’extrémité ouverte de G. Les tubes condenseurs, qui avaient été pesés avant l’expérience, le sont encore après ; l’augmentation de leur poids donne les quantités d’acide carbonique et d’eau produites dans la combustion et, par suite, les proportions de carbone et d’hydrogène contenues dans la matière organique.

2® Analyse d’une matière organique azotée. — Il faut une seconde combustion pour doser l’azote ; cette fois, la partie du tube de verre vert voisine du bouchon contient une longue colonne de rognures de cuivre. On main-

tient celui-ci au rouge pendant toute la durée de l’opération, afin de détruire les composés oxygénés de l’azote qui peuvent se produire et le laisser dégager tout à fait pur. Seulement, comme on recueille eu même temps

l’azote atmosphérique qui remplit le tube' on commence par laver celui-ci avec l’acide carbonique que laisse dégager, en le chauffant, du bicarbonate de soude placé vers l’extrémité effilée; ce môme lavage est répété à la fin de l’opération pour balayer les dernières traces d azote. Tout le gaz fourni par la matière organique est ainsi réuni en totalité dans une éprouvette E placée sur la cuve à mercure G : on mesure son volume à une température et à une pression connues, et du volume on déduit le poids. Quelquefois on dose l’azote à l’état d’ammoniaque. Pour cela, on incorpore à l’avance un poids connu de la matière organique à un excès de chaux sodée (mélange iniime de chaux caustique et de soucie), puis le tout est calciné dans un tube à combustion. De cette façon, l’azote est converti en gaz ammoniac et re cueilli dans une dissolution titrée d’acide sulfurique, qu’on place dans un tube à boules. On a déterminé d’avance quel est le volume d’une certaine liqueur alcaline qui est nécessaire pour neutraliser le volume de la dissolution sulfurique employée; on refait le môme essai sur l’acide qui vient d’absorber le gaz ammoniac : cette fois, le volume de liqueur alcaline qui produit la neutralisation est moindre, la différence fait connaître quelle est la fraction du volume de l’acide que le gaz ammoniac a saturée, par suite la proportion de ce dernier, et enfin celle du gaz azote. La liqueur alcaline habituellement employée est produite par une dissolution de chaux dans l’eau sucrée (saccharate de chaux).

Enfin, le produit organique contient-il du soufre ou du phosphore, ces corps sont dosés séparément par les méthodes usitées en chimie minérale.

Lavoisier avait entrevu la méthode précédente d’analyse élémentaire ; mais c’est surtout aux travaux de Gay-Lussac, de Thénard, de MM. Dumas, de Liebig, de Will, de Warrentrapp, de Bineau et de Péligot qu’on en doit la découverte et les perfectionnements. B.

Analyse mathématique. — Branche des mathématiques ayant pour objet l’étude des propriétés des grandeurs considérées d’une manière abstraite et indépendamment de toute valeur numérique. On embrasse aujourd’hui sous le nom commun d'analyse diverses parties des mathématiques, telles que l’algèbre ou analyse algébrique, le calcul différentiel et le calcul intégral ou analyse infinitésimale. On peut dès lors distinguer dans les mathématiques pures trois branches principales : arithmétique., analyse et géométrie. Les applications de l’analyse à l’arithmétique constituent la théorie des nombres; l’application à la géométrie s’appelle géomètr e analytique.

U Analyse algébrique comprend les règles du calcul ou la transformation des expressions algébriques, la résolution des équations, la théorie des séries. V Analyse infinitésimale renferme le calcul différentiel et intégral, celui des différences finies. Mais aussitôt que l’on d jpasso les éléments de ces sciences, on reconnaît qu’elles se touchent et se confondent môme fort souvent, ce qui explique l’emploi du mot vague d'analyse pour embrasser à la fois toutes les recherches qui en dépendent (voyez Mathématiques).

On emploie quelquefois le mot analyse., par opposition au mot synthèse., pour représenter un certain mode de démonstration ou d’exposition. Employer la méthode analytique, c’est prendre la marche de l’inventeur, c’est-à-dire procéder constamment du connu à l’inconnu. E. R.

Analyse indéterminée (Mathématiques). — Partie de l’algèbre qui a pour objet de résoudre en nombres entiers les problèmes indéterminés. Lorsqu’un problème conduit à un nombre d’équations inférieur à celui des inconnues , il est indéterminé ., et l’on y peut satisfaire d’une infinité de manières. Pour fixer les idées, considérons une seule équation entre deux inconnues x Gty ; en donnant à l’une d’elles une valeur tout à fait arbitraire, on pourra trouver pour l’autre inconnue une valeur convenable. Mais si la nature de la question exige que les valeurs de x et y soient entières, cette nouvelle condition pourra restreindre beaucoup le nombre des solutions.

Prenons pour exemple l’équation 8æ -j- 3y = IL Tirons la valeur de y

puis donnons à x trois valeurs consécutives 0, 1, 2, par exemple. De ces trois valeurs, l’une rendra y entier, et donnera par conséquent une solution : ici c’est a: = i , d’où y ='2. Ge procédé est général et peut être aisément démontré.

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Les autres solutions entières sont renfermées dans les formules

t étant une indéterminée à laquelle on peut donner telle valeur entière qu’on voudra. On vérifie, en effet, que l’équation devient identique par la substitution de ces expressions.

Les solutions ainsi obtenues peuvent être positives ou négatives : or la question peut exiger qu’elles soient positives. Dans chaque cas, on fera la discussion nécessaire, c’est-à-dire qu’on cherchera les valeurs de t pour lesquelles x eiy sont positifs. L’équation précédente n’a qu’une solution entière et positive, qui est Æ = y==2. Le problème qui aurait conduit à cette équation serait donc déterminé.

Voici une question se rapportant à l’analyse indéterminée : On veut payer 28 francs avec des pièces de 5 francs et de 2 francs, sans aucune autre monnaie. Soit x le nombre des pièces de 5 francs et y celui des pièces de 2 francs, on devra avoir

Cette équation est vérifiée par rc=0, y = 14; et on en déduit toutes les autres solutions; mais comme l’énoncé n’admet que des valeurs entières et positives de x et y, on ne satisfait à la question que de trois manières différentes :

savoir, en donnant 14 pièces de 2 francs, 9 de 2 francs et 2 de 5 francs, ou bien 4 de 2 francs et 4 de 5 francs.

On peut également chercher à résoudre en nombres entiers les équations indéterminées du second degré. Mais ici le problème se complique; car, pour que les valeurs des inconnues soient entières, il faut préalablement qu’elles soient rationnelles. Aussi n’entrerons-nous dans aucun détail sur ce genre de question. E. R.

ANAMORPHOSES (Physique). — Jeux d’optique fondés sur la déformation qu’éprouvent les images des objets vus dans un miroir conique, cylindrique ou de toute autre forme. On trace sur des cartons différents dessins d’une

apparence bizarre, mais qui ont été construits de façon qu’en plaçant le miroir sur un point du carton, l’image vue dans^ le miroir représente un objet déterminé. La construction de ces dessins est d’ailleurs très-simple, car il suffit de représenter l’objet qu’on veut obtenir, pareil à l’image qu’on aperçoit, quand on place cet objet luimême devant le miroir.

ANANAS (Botanique, Horticulture), Ananassa^ Lindl. Genre de la famille Broméliacées. — L’espèce intéres-

sante du genre, commun {Bromelia anomas X^m.) est une plante vivace, à racines fibreuses, qui ne forme sa tige qu à l’époque de la floraison ; à feuilles linéaires entières ou épineuses, dentelées, couvertes d’une poudre glauque. Vers la troisième année, il s’élève du centre de ces feuilles une tige forte, droite, charnue, succulente, très-simple, de 0®,35 à 0“,7(), terminée par un faisceau de petites feuilles, appelé couronne, audessous duquel se développent des fleurs nombreuses, bleuâtres, sessiles,îormant un épi, et qui ont pour ca-

Fig. 123. — Sorose de l’ananas, surmontée du bouquet de feuilles qui termine l’axe fructifère.

ractère un périanthe épigyne, 6 étamines aussi épigynes, anthères introrses, biloculaires ; ovaire infère, triloculaire, style filiforme, stigmates dressés, frangés ; baies ordinairement uniloculaires, graines solitaires à testa membraneuse. Lorsque les fleurs sont fanées, les ovaires soudés ensemble grossissent, deviennent charnus et forment un seul fruit ovoïde ou conique, taillé à facettes comme une pomme de pin, jaunâtre ou violacé lorsqu’il est mûr, exhalant une odeur des plus suaves, et contenant dans sa chair fondante une eau sucrée, légèrement acidulée, d’un parfum qui rappelle la framboise, la pêche, la fraise, etc. La culture a produit beaucoup de variétés plus ou moins nuancées de rouge, de violet, de noir, etc.

L’ananas, découvert par Jean de Léry dans un voyage au Brésil en 1555, importé d’abord en Angleterre, ne fut cultivé en France que sous Louis XV, en 1733, pour la première fois, et encore dans les jardins royaux et chez quelques grands seigneurs. Il fut oublié pendant la Révolution et l’Empire, et sa culture ne fut reprise que sous le règne de Louis XVIII, par un ancien gardien du château de Choisy-le-Roi, qui en avait conservé la tradition ; aujourd’hui elle paraît arrivée à son plus grand degré de perfection. Cette culture, tout artificielle, se fait soit sous les châssis, soit en serre; la terre de bruyère est celle qui convient le mieux, et la température la meilleure est celle de 30® cent., il faut beaucoup arroser au pied et sur les feuilles, excepté dans les grands froids et lorsque le fruit commence à mûrir ; c’est du reste une culture qui demande une longue pratique et des soins assidus. Le mode de multiplication se fait au moyen des œilletons poussés à côté des pieds qui ont fleuri, ou de la couronne de feuilles vertes qu’on plante en terre sur une couche préparée spécialement à cet effet. Dans ces derniers temps on en a aussi obtenu au moyen des graines ; c’est par ce procédé qu’on fait des variétés nouvelles ; mais alors la plante ne donne de fruits qu’à la quatrième ou cinquième année. Parmi les nombreuses variétés de l’ananas, on peut citer ; 1’^. commun ou de la Martinique : c’est la variété préférée par les confiseurs; VA. de Cayenne à feuilles lisses, très-gros et trèsbon ; VA. Jamaïque violet., qui atteint jusqu’à 0“,30 de hauteur; VA. Saint-Domingue, fruit en pain de sucre; VA. de la Havane; VA. d'Otditi; VA. poli blanc, gros, cylindrique, etc. Pour la culture de l’ananas, consultez le Bon Jardinier, par Vilmorin, etc.

Ananas des bois (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce de Tillandsie (voyez ce mot).

Ananas-fraisier (Botanique), espèce de Fraise.

Ananas de mer (Zoologie). — Nom vulgaire de VAstrée ananas. (Madrepora ananas, Lin.) (voyez Astrée.)

ANARNAK (Zoologie), Anarnacus, Monodon spurius, Fab., Ancylodon, Ilig. — Espèce de Cétacé du genre Narval, qui habite les mers du Groenland ; il n’a que deux petites dents à la mâchoire supérieure et une nageoire dorsale ; il ne doit pas beaucoup s’éloigner des Hypéroodons.

ANARRHIQUE (Zoologie) , du grec anarrhichômai , grimper. — Poisson nommé ainsi par Gessner, parce qu’on a dit qu’il montait sur les rochers, ce qui est loin d’être prouvé ; c’est le type d’un genre qui appartient à l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Gobidides, très-voisin des Blennies, et qui s’en distingue par l’absence de nageoires ventrales. Ses caractères sont : la nageoire dorsale, composée de rayons simples, commence à la nuque et s’étend, ainsi que l’anale, jusqu’auprès de celle de la queue, qui est arrondie aussi bien que les pectorales ; leur corps est lisse et muqueux ; mais ce qu’ils présentent de plus remarquable, c’est que les os palatins, le vomer et les mandibules, sont armés de gros tubercules osseux qui portent à leur sommet de petites dents émaillées ; les dents antérieures sont plus longues et coniques; cette organisation constitue une armure redoutable, et en fait un poisson des plus féroces et des plus dangereux pour les habitants des mers, et môme pour

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les pêcheurs qui ont l’imprudence de s’en approcher de trop près. L’espèce la plus commune, qu’on appelle vulgairement le Z,omjo marin^Chien marin^ Chat marin {Anar, lupus ^ Lin.), habite les mers du Nord et vient souvent sur nos côtes; il atteint plus de 2 mètres de long ; il est brun avec des bandes nuageuses plus foncées. Sa pêche est une grande ressource pour les Islandais qui le mangent séché et salé, emploient sa peau pour leurs usages domestiques et son fiel comme savon.

ANAS (Zoologie). — Nom donné par Linné au genre Canard (voyez ce mot).

■ ANASARQUE (Médecine), du grec ana^ à travers, sarx , sarkos , chair, sous-entendu eau, c’est-à-dire eau à travers les chairs. — C’est une tuméfaction générale ovl partielle du corps, déterminée par une infiltration dans le tissu cellulaire intermusculaire et souscutané. Lorsqu’elle est partielle, elle prend le nom d’œdème, et a son siège particulièrement aux paupières, aux pieds, aux mains, au scrotum, etc. L’anasarque est encore ou essentielle ou symptomatique ; dans le premier cas, elle reconnaît pour cause le tempérament lymphatique, la vieillesse, l’habitation dans des lieux humides, dans les prisons, les cachots; la suppression d’une transpiration abondante, d’un écoulement; une convalescence longue et pénible; les suites de la rougeole, de la scarlatine , lorsque les malades se sont exposés trop tôt à un air froid et humide. Dans ces différents cas, la peau devient pâle, luisante ; il y a une tuméfaction générale qui conserve l’empreinte du doigt après la pression, les urines deviennent rares, il y a perte d’appétit, etc. Les principaux moyens curatifs consistent dans l’emploi des diurétiques, des purgatifs, des excitants à la peau, de la chaleur, des toniques, d’une bonne nourriture , etc. L’anasarque symptomatique se développe sous l’influence d’une hydropisie ascite; d’une maladie organique du cœur ou des gros vaisseaux, du poumon, du foie, de la rate, de l’estomac ; du développement de tumeurs dans la cavité abdominale, etc. Dans tous ces cas, l’anasarque se présente sous le même aspect que nous avons décrit plus haut ; sa gravité est en raison des maladies dont elle n’est qu’un symptôme, et elle réclame les mêmes traitements (voyez les mots Ascite, Hydropisie). F — N.

ANASPE (Zoologie), du grec a, privatif, et aspis, bouclier rond, et par extension écusson. — Genre de Coléoptères hétéromères^ famille des Trachélides^ tribu des Mordellones, voisin des Morde lies propres (voyez ces mots), dont ils se distinguent par leurs antennes simples et qui vont en grossissant, par l’échancrure de leurs yeux et leurs quatre tarses antérieurs. Ils sont très-petits et se trouvent sur les fleurs dont ils sucent le miel et sur les feuilles des arWs qu’ils dévorent. On y remarque les espèces A. frontalis^ Lin., lateralis, Lin., thoracica, Fabr., /üam, Lin., a^rn, Fabr.

ANASTATIQUE (Botanique), Anastatica, Gærtn., du grec anastasis, résurrection : allusion à la propriété que possèdent les branches desséchées de cette plante, de se relever lorsqu’on la met dans l’eau. — Genre de plantes de la famille des Crucifères^ type de la tribu des Anastaticées. Caractères : silicules terminées par 2 appendices ailés ; valves à cloisons tronquées obliquement. VA. ou Jérose hygromètre {A. hiet'ochuntina. Lin. plus connue sous le nom de Rose de Jéricho., est une petite plante annuelle, velue. Ses feuilles sont spatulées, dentées, duvetées. Ses fleurs sont blanchâtres. Elle croît dans les lieux arides de l’Arabie et de la Palestine, où elle est connue sous le nom de Kaf mary am, mots arabes qui signifient main de Marie. Lorsque la plante se dessèche sur pied, ses branches et ses rameaux se ramassent en une boule de la grosseur du poing. Un vent un peu fort la déracine facilement et la fait rouler comme une boule dans les sables des dé-:erts. Vient-elle à toucher un lieu humide, elle reprend tout son éclat. Cette propriété existe même, quelque sèche que soit la plante. Aussi se sert-on de celle-ci comme d’un hygromètre. Dans les pays où elle croît, la Rose de Jéricho est l’objet d’une superstition très -enracinée. Lorsqu’une femme est en mal d’enfant, on place le bout de la tige de cette plante à l’état sec dans un vase rempli d’eau, et l’accouchement a lieu, dit-on, dès qu’elle a repris sa fraîcheur. G — s.

ANASTOMOSE (Anatomie), du grec ana, ensemble, et stoma, bouche. — C’est la communication ou l’abouchement de deux vaisseaux ; les anastomoses sont d’autant plus fréquentes que les vaisseaux son\ plus petits. Elles peuvent se faire par inosculation ou par arcade, lorsque deux vaisseaux venant en sens opposés s’abou-

chent par leur extrémité ; par communication transversale, lorsque deux troncs parallèles se communiquent par une branche transversale; enfin par convergence, lorsque deux branches se réunissent à angle aigu ; celles des veines sont plus nombreuses que celles des ârtères. — On a admis aussi des anastomoses nerveuses, parce qu’on supposait l’existence d’un fluide circulant dans les nerfs; mais l’anatomie démontre que, dans ce cas, il n’y a pas abouchement, mais seulement juxtaposition des filaments qui arrivent de points différents. F — n.

ANATASE. — Acide titanique naturel, de couleur bleue, et cristallisant en prismes droits à base carrée (voyez Rutile).

ANATIDÉES (Zoologie). — Famille de l’ordre des Valmipèdes de Cuvier, qui répond à celle des Lamellirostres (voyez ce mot).

ANATIFE (Zoologie), Anatifa, Brug., du latin anas^ canard, et fero, je porte, à cause de la fable qui en faisait naître les canards. — Genre d’animaux Articulés, ordre des Cirrhipèdes, classe des Crustacés. Ses caractères sont : coquille à 5 valves,' deux de chaque côté, la cinquième sur le bord dorsal, rapprochées et réunies en forme de cône par une membrane qui les borde et les maintient ; ces valves sont soutenues par un pédicule tubuleux, à parois musculaires et membraneuses, flexible, susceptible de s’allonger et de se contracter, et toujours fixé sur différents corps marins, le plus souvent sur la cale des vaisseaux, ce qui fait probablement qu’on les

Fi;j. 124. — Analife.

retrouve dans toutes les mers. Ses espèces sont peu nombreuses, et Lamarck n’en compte que cinq ; l’espèce la plus commune dans nos mers est V Anatifère {Lepas anatifera, Lin.), ainsi nommée à cause de la fable dont il a été parlé plus haut. C’est sur l’anatife qu’ont été faits les beaux travaux de M. Martin Saint-Ange, pour son mémoire intitulé : Observations faites sur les Anatifes vivants; et qui, en définitive, ont déterminé les zoologistes à retirer de l’embranchement des Mollusques l’ordre des Cirrhipèdes , pour le reporter dans celui des Articulés (voyez Cirrhipèdes).

ANATINE, Anatine, Lamk (Zoologie). — Genre à.' Acéphales testacés, famille des En fermés, voisin des Myes proprement dites (voyez ces mots). Ils s’en distinguent parce que chaque valve a une petite lame saillante en dedans, et que le ligament va de l’une à l’autre. Les espèces les plus remarquables sont VA. solen, Chemnitz, et 1’^. hi'ipidula, Cuv., remarquable parce qu’elle est couverte de petites épines. Ce genre est très-voisin des Gorbules et des Rupicoles.

ANATOMIE (Sciences naturelles), du grec temno, je coupe, et ana, parmi, traduit exactement par le mot dissection. — L’Anatomie est la science qui a pour objet l’étude et la connaissance des parties qui composent les êtres organisés, de leur forme, de leurs dimensions, de leurs rapports, de leur structure, etc., soit au moyen de la dissection, soit par tout autre mode d’investigation 6t d© r6ch6rch6S*

Historique. — Dans l’antiquité, les mœurs, les doctrines

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philosophiques, les croyances religieuses, tout s’opposait aux études anatomiques, dont les dissections sont la base ; aussi n’en trouve-t-on aucune trace chez les Égyptiens, les Indiens, les Chinois, etc. C’est seulement chez les Grecs qu’on commence à entrevoir le goût de ces études : un des derniers disciples de Pythagore, Alcméon de Crotone, qui vivait vers le milieu du vi® siècle avant J.-C., paraît être le premier qui ait disséqué, mais seulement des animaux, c’est-à-dire que l’anatomie humaine a été précédée par celle des animaux : moins de cent ans après, pendant le v« siècle, Démocrite, les Asclépiades au milieu desquels brille le grand nom d’Hippocrate, Empédocle, Anaxagore, se livrent à des dissections sur les animaux et font des découvertes importantes. Enfin Dioclès de Caryste, le plus célèbre des successeurs d’Hippocrate, écrit le premier sur les préparations et les démonstrations anatomiques; dès lors l’anatomie est constituée comme science et comme art. Puis Aristote paraît (quelquesuns ont prétendu qu’il avait vécu avant Dioclès, c'est un point obscur d’histoire difficile à élucider) ; il enseigne vers 330, et dès lors, sous la protection et par les encouragements d’Alexandre, le domaine de l’anatomie et de l’histoire naturelle s’accroît prodigieusement ; cependant on ignore si Aristote a disséqué des cadavres humains : Théophraste, son disciple et le compagnon de ses travaux, crée l’anatomie des végétaux. Moins d’un demi-siècle s’écoule et la fondation de l’école d’Alexandrie, la protection des Ptolémées, appellent les savants de toute part; Hérophile, Erasistrate, dissèquent des cadavres humains et font faire à l’anatomie des progrès remarquables; mais à dater de cette époque, sous la domination romaine, tout s’éteint jusqu’au règne de Néron, c’est-àdire pendant un siècle et demi ; enfin, vers le milieu du 1*® siècle de l’ère chrétienne, Marinus, cité avec éloge par Galien, qui le nomme le restaurateur de l’anatomie, reprend l’étude de cette science: Rufus d’Ephèse, sous le règne de Trajan, Galien, sous Marc-Aurèle, viennent dore la série des travaux snatomiques de cette époque; Galien surtout, qui est, de tous les médecins de l’antiquité, celui qui a écrit avec le plus d’exactitude sur l’analomie : n’oublions pas non plus les travaux de Celse, de Pline, d’Arétée. Cependant l’Europe tombe dans la barbarie, le foyer des. sciences s’éteint, un faible rayon seulement est recueilli par les Arabes ; mais la loi de Mahomet inspire l’horreur des cadavres ; et les Arabes ne font que traduire, dénaturer les livres de Galien ; les études anatomiques sont abandonnées. Enfin, après la chute de l’empire grec , Frédéric II , empereur d’Allemagne, en 1238, défend aux chirurgiens d’exercer leur art s’ils n’ont étudié Vanatomie ; on ne disséquait pourtant encore que des animaux, lorsqu’un 130U et en 1316, Mondino étudia enfin publiquement à Bologne sur deux cadavres de femme ; après lui, viennent Nicolas Bertuccio, Pierre d’Argelata, Benedetti ; au xvi® siècle paraissent Achillini, Massa, Eustachi, Fallope, Ingrassias; la France leur oppose déjà avec orgueil Charles Etienne, puis Rondelet, Sylvius, Vésale, et notre immortel Ambroise Paré qui ne fit faire tant de progrès a l’art chirurgical qu’au moyen de ses profondes connaissances en anatomie. En 1619, Harvey démontre la circulation du sang ; un peu plus tard Bartolin et Rudbeck découvrent les vaisseaux lymphatiques; puis vien.ient Pecquet, Stenon, Willis; enfin Théoph. Bonnet réunit dans un ouvrage complet les découvertes faites avant lui. Le xviiie siècle s’ouvre par l’apparition de Valsai va, de Lancisi, de Heister, de Ruysch ; enfin paraissent Haller et Boërhaave, ces brillants génies qui laissent pourtant encore à glaner à Winslow, à Lieutaud et à Vicq-d’Azyr. La fin de ce siècle avait vu naître à la science celui que le xix« devait voir mourir presque à son aurore, Bichat, l’un des plus grands hommes de notre époque et qui nous a laissé des travaux immortels ; nous n’avons pas besoin de dire que depuis lors la science a continué ses progrès incessants, mais ils appartiennent à une époque trop rapprochée pour qu’on puisse encore les juger.

Anatomie en général. — Elle embrasse les deux grandes divisions du règne organique. Lorsqu’elle s’occupe de l’étude des animaux, elle prend le nom ù' Anatomie animale ou zootomie {zôon, animal). On l’appelle Anatomie végétale ou Phytotomie {phuton^ plante) lorsqu’elle a pour objet la connaissance des végétaux en général.

Anatomie animale. — Suivant les différents points de vue sous lesquels on l’envisage, on l’a subdivisée de la manière suivante : l’ânatomie spéciale de l’homme a reçu le nom éi Anthropotomie {anthrôpos^ homme) ; l’anatomie

ueïeVmafre est celle qui a pour but de nous faire connaître la structure des animaux domestiques. Quand l’anatomie embrasse dans une étude générale la série des animaux, en examinant comparativement chacun des organes dans les divers groupes, elle prend le nom d’J. comparée et celui 6.' A. philosophique.^ lorsque de la réunion et de la comparaison des faits particuliers, elle déduit des résultats généraux, des lois générales d’organisation. Considérée dans son ensemble, l’anatomie se divise en^. générale et A. descriptive. L'A. générale ne s’arrête pas aux qualités extérieures, à la surface des parties, elle pénètre par l’analyse dans leur substance, les décompose en tissus simples, générateurs, en éléments anatomiques, qu’elle étudie in dépendamment des organes qu’ils forment, et montre les secrets des organisations les plus complexes et les plus différentes en apparence ; elle s’occupe successivement des parties simples ou élémentaires, des principes immédiats, etc., et enfin, sous le nom à' Histologie [histos, trame, tissu), elle embrasse l’étude des tissus qui entrent dans la composition des organes. L'A. descriptive, au contraire, s’attache spécialement à faire connaître la forme des parties, leur situation, leur volume, leur figure, leurs rapports ; elle nous apprend leurs noms, nous en donne la nomenclature ; elle trace en un mot la topographie de l’être organisé. L’anatomie descriptive prend diflérentes dénominations, suivant les différents points de vue sous lesquels on l’envisage : 1“ VA. descriptive proprement dite s’occupe de l’étude successive de toutes les parties du corps, sans autre but que la connaissance de tous les organes ; elle comprend : la Squelettologie [skelctos., desséché), étude des parties dures, divisée elle-même en Osiéologie [osieon, os), étude des os, oXSyndesmologie {syndesmos, lien) ou étude des ligaments ; et la Sarcologie {sarx, sarkos, chair), étude des parties molles, que l’on divise en Myologie {mus., muos, muscle), étude des muscles; Angéiologie vaisseau), celle des vais-

seaux; Névrologie (neuron, nerf), celle des nerfs; enfin Splanchnologie \splanchna, entrailles) qui s’occupe de l’étude de tous les organes intérieurs, tels que ceux de la digestion, de la respiration, etc. 2" L'A. chirurgicale ou A. de régions s’occupe de l’ensemble des applications pratiques qu’on peut faire des connaissances anatomiques à la médecine et à la chirurgie; elle a pour but de déterminer dans une région ou une étendue quelconque de la surface du corps, les parties qui y correspondent à diverses prol'ondeurs, et l’ordre de leur superposition. 3“ L'A. artistique des peintres et des sculpteurs se rattache à 1’.^. descriptive, comme étant une de ses dépendances ; c’est la connaissance de la surface extérieure du corps, soit dans le repos, soit dans les différents mouvements; elle comprend l’étude des formes extérieures dans les animaux aussi bien que dans l’homme.

Dans tout ce qui vient d’être dit sur les différentes manières d’envisager l’anatomie, on a supposé que cette étude avait pour objet les êtres organisés à l’état sain : lorsqu’elle s’occupe de rechercher, de décrire et d’analyser les altérations que peuvent éprouver les organes, leurs tissus, leurs principes élémentaires, elle prend alors le nom d’.4. pathologique. Celle-ci ne date véritablement que du xvp siècle; Vésale, Fernel, A. Paré, Colombo, Fallope, et surtout Théoph. Bonnet et Morgagni, etc., en furent les créateurs.

Enfin on a appelé A. artificielle, l’art de modeler, et de représenter avec de la cire, du carton ou toute autre matière, les différentes parties du corps de l’homme ou des animaux ; lorsque ces pièces peuvent se démonter pour la facilité de l’étude et des démonstrations, on lui a donné le nom à' A. élastique (c/od, je brise).

Nous avons dit que l’anatomiste avait recours à plusieurs modes d’investigation autres que la dissection ; en eflèt, les actions physiques et chimiques, les réactifs divers, les impressions tactiles, l’odeur et la saveur, la dessiccation, la coction, la fermentation, la putréfaction, l’action de l’électricité, etc., sont des auxiliaires puissants qu’il met à profit; mais lorsqu’il pénètre dans l’étude des éléments anatomiques, des principes immédiats, ou lorsque ses recherches ont pour objet des êtres infiniment petits, le microscope est appelé à rendre les plus grands services, et son emploi nous révèle un ordre de faits qui constituent V Anatomie microscopique ^ nommée aussi Micrographie anatomique, ou bien encore Histologie.

Ouvrages généraux à consulter : r pour l’anatomie du corps humain, ceux de Bichat, de J. Cruveilhier, de G. Sappey,' et les atlas de H. Cloquet, de Bourgery et Jacob, de Bonamy, Broca et Beau; 2" pour l’anatomie comparée, ceux de G. Cuvier, de Meckel, de Carus, de

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R. Wagner; 3“ pour l’anatomie générale, ceux de Bicliat, de Béclard, de Kôlliker ; 4" pour l’anatomie vétérinaire, ceux de Girard, de Bigot et Lavocat; 5" pour l’anatomie microscopique, ceux de Mandl, de Ch. Robin. F — n.

Anatomie végétale (Botanique). — C’est cette partie de la science qui a pour but l’étude et la connaissance des organes chargés d’exécuter les différentes fonctions qui constituent la vie d’un végétal : on la divise en Anatomie descriptive ou des organes^ et Anatomie générale ou des tissus; il ne sera question ici que de cette dernière : pour la première, il en sera traité aux mots Organes et Végétal.

Les parties qui -constituent un végétal ne sont formées que d’un petit nombre d’éléments. Le microscope nous montre tout organe d’un végétal comme composé de cellules ou utricules ; ce sont de petits sacs variables dans leurs formes ou leurs dimensions, mais toujours beaucoup trop petits pour être aperçus à l’œil nu. Ces cellules accolées en tous sens les Unes aux autres forment un tissu général qui est la matière première de tout organe végétal.

On distingue dans les végétaux trois tissus élémentaires ; tous trois sont composés d’utricules ou cellules, et sont également des tissus cellulaires ou utriculaires; mais la forme des cellules, très-différente dans chacun d’eux, leur donne un aspect, des propriétés et des usages parfaitement distincts. Ces trois sortes de tissus végétaux élémentaires sont ; 1" le tissu utriculaire ou cellulaire proprement dit; 2® le tissu utriculaire fibreux; 3‘Me tissu utriculaire vasculaire.

1® Tissu utriculaire ou cellulaire. — Ce tissu, auquel on donne le nom de moelle^ tissu médullaire^ parenchyme^ est caractérisé par les dimensions égales en tous sens que montrent ses utricules. Elles conservent leur forme arrondie, globuleuse ou ovale dans les organes où elles ne sont pas serrées les unes contre les autres ; mais dès qu’elles se pressent entre elles, on les voit prendre l’aspect de polyèdres réguliers ou irréguliers. Lorsque le tissu peu serré laisse aux cellules leurs formes arrondies, on observe entre elles des intervalles [fig.

125) que l’on nomme les méats intercellulaires. Parfois on trouve au milieu des cellules des espaces vides plus considérables compris entre elles, qui ont reçu le nom de lacunes. On remarque dans certains tissus cellulaires les cellules disposées par rangées parallèles rectilignes ; alors elles pré-

Fig. 125. — Tissu Cellulaire ou utriculaire. — aa, Méats intercellulaires.

Fig. 126. — Disposition du tissu fibreux. Cette figure montre l’épaisseur des parois des molécules.

sentent ordinairement un léger allongement dans le sens môme de ces rangées.

^ Parmi les cellules du tissu cellulaire proprement dit, il en est quelquefois qui sont ponctuées, rayées, spirales (marquées d un réseau irrégulier). Dans certains tissus cellulaires, les parois des cellules s’épaississent peu à peu, de façon que leur cavité s’amoindrit ou môme s’oblitère complètement : la chair des fruits, la farine, sont des- tissus de ce genre.

2® Tissu fibreux. — Ce second tissu élémentaire est composé de fibres accolées parallèlement; mais ces fibres résultent de cellules allongées toutes dans un même sens. Ordinairement effilées aux deux bouts, et souvent assez longues pour former de véritables tubes fermés en pointe aux deux extrémités, elles constituent en s’accolant une masse fibreuse dont le bois, par exemple, est essentiellement composé. Le tissu fibreux a reçu de certains botanistes le nom de prosenchyme. Ces cellules peuvent aussi être ponctuées, rayées, spirales, etc. , comme celles du tissu précédent.

3“ Tissu vasculaire. — Les cellules du tissu vasculaire sont aussi très-allongées dans un môme sens, et on leur donne alors le nom de vaisseaux. Le tissu vasculaire des plantes est formé de ces cellules effilées, dont chacune peut former déjà par elle-même un long tube d’une finesse généralement capillaire.

La surface des vaisseaux n’est jamais lisse, mais toujours on y aperçoit des rayures spiriformes, annulaires, réticulées, ou des ponctuations telles que certaines cellules en montrent assez souvent dans le tissu utriculaire proprement dit. En outre, le diamètre des cellules vasculaires ne demeure pas uniformément le même : la disposition spirale des dessins que l’on aperçoit sur leurs parois leur a souvent fait donner le nom général de vaisseaux spiraux, et parmi eux l’on distingue habituellement les V7'ais, ou trachées et les fuux,c[m reçoivent les noms de vaisseaux annulaires, l'éticulés , ponctués, rayés, etc,

Les trachées sont des tubes cylindriques contenant dans leur paroi un fil spiral continu, régulièrement enroulé d’un bout à l’autre de la cellule vasculaire, et qui souvent se déroule lorsqu’on vient à la rompre en déchirant le tissu dont elle fait partie. Cette circonstance leur a valu parfois le nom de trachées déroulables , par opposition aux fausses trachées ou vaisseaux annulaires et réticulés. Leur enroulement marche ordinairement de gauche à droite, en supposant le végétal dans sa position'naturelle , et l’observateur en face de lui. Les tra-

Fig. 127. — Fragments de trachée avec le fil déroulé.

Fig. 128. — Trachée montrant une des cellules qui la forment, • unie à la cellule suivante.

chées se trouvent habituellement, chez les Dicotylédones, dans le canal médullaire, au centre du bois; dans le pétiole^ et les nervures des feuilles, et dans la plupart dos parties de la fleur. Dans lesMonocotylédones, les trachées s’observent à la partie interne des faisceaux ligneux.

Les vaisseaux annulaires ou annelés ont été souvent nommés fausses trachées , parce qu’ils simulent grossièrement l’aspect des vrais vaisseaux spiraux. Leurs parois membraneuses sont soutenues intérieurement par des anneaux épais, régulièrement placés les uns à la suite des autres. Lorsque les anneaux moins réguliers dans leur direction se joignent en outre par de nombreuses bandelettes intermédiaires, les vaisseaux sont réticulés. D’autres vaisseaux sont simplement rayés, et souvent alors ils affectent la forme d’un prisme dont chaque face porte une série de^ raies parallèles et régulièrement superposées. Cotte disposition rappelle celle des barreaux d’une échelle, et leur a valu le nom de vaisseaux rayés scalariformes (scala,échQ\\Q).

Les vaisseaux ponctués sont ceux qui atteignent les plus grandes dimensions. De distance en distance, on aperçoit sur le vaisseau un espace circulaire complètement dépourvu de points ; souvent à ce niveau se manifeste un étranglement qui, répété régulièrement, donne au vaisseau l’aspect d’un chapelet et lui vaut alors les noms de moniliforme [monile, collier) ou vermiforme [vermes, ver). Les vaisseaux ponctués, qui s’aperçoivent très-bien sur une coupe transversale du bois, sont communément désignés sous le nom de pores.

Tissu ligneux et fibres textiles. — Les botanistes ap-

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