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pellent en général tissu ligneux [lignum, bois) le tissu dur, évidemment fibreux, qui forme le bois. Lorsque, sur un fragment d’arbre, on examine la constitution du bois, on y reconnaît deux tissus élémentaires : 1" le tissu fibreux ; 2“ les faux vaisseaux spiraux. Chaque couche de bois est une masse de fibres végétales au milieu desquelles sont dispersés des vaisseaux ponctués, des vaisseaux rayés, et rarement des vaisseaux annulaires . Les cellules qui forment ces fibres sont allongées ; leurs parois épaisses renferment des couches dont le nombre augmente avec l’âge. Souvent elles présentent des ponctuations nom-

Fig. 130. — Vaisseaux moniliformes, milieu du tissu fibreux du bois.

breuses, particulièrement remarquables dans le bois des arbres verts ou conifères. Dans la tige de nos arbres, chaque couche ligneuse est interrompue à de courtes distances par des lames de tissu cellulaire qui la traversent perpendiculairement à sa direction ; c’est ce que nous nommerons plus tard les rayons médullaires; ils font partie du bois, mais non pas du tissu ligneux.

Les fibres textiles sont entièrement analogues, pour la structure intime, aux fibres ligneuses dont je viens de parler. Ce sont également des cellules allongées, que plusieurs couches intérieures ont fortifiées et enraidies; mais au lieu d’être unies et accolées, comme on les trouve dans le bois, elles sont restées isolées par petits faisceaux ou petites bandelettes flexibles, et forment des fils résistants que nous tissons pour en obtenir nos toiles de fil et de lin. C’est sous la face interne de l’écorce des végétaux dicotylédonés que se trouvent habituellement les fibres textiles (le Chanvre [cannabis sativ a], le Lin [linum usitaiissimum]). Un grand nombre d’arbres ou de plantes herbacées pourraient, suivant les pays, rendre des services du même genre. D’autres écorces fournissent des tissus plus grossiers; ainsi les cordes à puits sont fabriquées avec la couche interne des fibres ligneuses ou liber de l’écorce du tilleul. Les Monocotylédones présentent souvent dans leurs feuilles, ou même dans leurs tiges, des faisceaux ligneux plus ou moins isolés et plus ou moins grêles et flexibles que l’on a pu utiliser comme fibres textiles t les Bananiers {Musa sapientum; M. teo:iilis, etc.) sont particulièrement dans ce cas, et l’on peut citer aussi les fibres de V Agave, vulgairement Aloès [Agave americana), si répandu dans les contrées chaudes et sablonneuses.

Vaisseaux de la sève et du suc propre. — Les vaisseaux dont il s’agit maintenant sont d’une double nature : la sève et le suc propre ou latex sont deux liquides que la plupart des botanistes s’accordent à regarder comme bien distincts l’un de l’autre, et les tissus où on les observe sont bien différents. La sève du printemps, ou sève ascendante, circule dans le tissu cellulaire, les vaisseaux et les fibres du bois ; la sève élaborée, ou sève descendante, dans les fibres et les vaisseaux de l’écorce. Les vaisseaux décrits sous le nom de trachées, fausses trachées, etc., ne sont pas les principales voies que la sève doit suivre ; loin de là, on les trouve le plus souvent remplis de gaz qu’ils semblent conduire ainsi à travers les diverses parties de la plante; c’est surtout dans le tissu cellulaire et dans les cellules tubuleuses du tissu fibreux, que la sève paraît se mouvoir habituellement.

Les vaisseaux propres, vaisseaux laficifères, ou du suc pr&pre, sont des tubes membraneux développés entre les cellules du tissu environnant, et qui ne se montrent jamais eux-mêmes comme composés de cellules. Ils paraissent dans l’origine être de simples canaux lacuneux

Fig. 129. — Un vaisseau réticulé.

formés par l’écartement spontané des cellules environnantes; puis ces canaux se revêtent d’une membrane qui leur constitue des parois, et leur organisation est alors complète. Ces tubes membraneux communiquent entre eux par des branches transversales qui leur donnent la disposition d’un réseau très-compliqué, et ils of-

Fig. 131. •— Vaisseaux laticifères Fig. 132. — Portion du réseau lapris dans l’éclaire. ticifère pris dans l’euphorbe.

frent une bien grande analogie avec les vaisseaux des animaux. Le latex ou suc propre, qui circule dans ces réseaux vasculaires, est un liquide incolore ou coloré, chargé de granulations opaques (yoyez Latex, Sève, Tissu).

On consultera utilement pour l’anatomie végétale ; Ad, de Jussieu, Cours élém. d'Hist. nat., Botanique; A. Richard, Nouv. élém. de Botanique, 7® édition, et un grand nombre de mémoires de Dutrochet, Amici, de Mirbel, H. Mohl, Ad. Brongniart, Decaisne, etc., dans les Ann. des Sc. nat., 1®, 2®, 3®, 4® séries.

ANATROPE (Botanique), du grec anatropê, renversement. — Terme applif}ué par de Mirbel à une direction de l’ovule végétal (voyez Règne végétal).

ANCHILOPS (Médecine), du grec anchi, près de, et ops, œil. — On donne ce nom à une petite tumeur inflammatoire située à l’angle interne de l’œil, à côté et au-devant du sac lacrymal; quelquefois elle intéresse ce sac, et alors elle constitue une véritable tumeur lacrymale (voyez ce mot), le plus souvent elle en est séparée et forme un petit abcès isolé ; il peut arriver que l’inflammation disparaisse, et il en résulte un kyste (voyez ce mot). Ordinairement la tumeur s’abcède, il s’en écoule du pus, et il survient un petit ulcère qui porte le nom à'Ægilops (voyez ce mot). F — N.

ANCHOIS (Zoologie), Engraulis Guv., en grec eggraulis. — Ce petit poisson , dont la longueur ne dépasse pas 0“,15 à 0™,18, forme un genre dans l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux, famille des dupes, assez voisins des Harengs (voyez ce mot) ; ils en diffèrent par la bouche, fendue jusque loin derrière les yeux, par des ouïes plus ouvertes; un petit museau pointu, sous lequel sont fixés de très-petits intermaxillaires, fait saillie en avant de leur bouche ; les maxillaires

Fig. 133. — Anchois.

sont droits et allongés, et le plus souvent hérissés, ainsi que la mâchoire inférieure, d’une infinité de dents extrêmement fines; leur corps est allongé, étroit, couvert d’écailles qui se détachent si facilement qu’on a cru qu’ils en étaient dépourvus. La couleur de V anchois est brune, nuancée de vert sur le dos, nacrée sous le ventre. Les principales espèces sont VA. vulgaire [Clupea encra Lin.), qui se pêche en quantité innombrable dans la Méditerranée, et qui constitue un des mets les plus répandus; le Melet [Engraul. meletta, Cuv.), plus petit et à profil moins convexe, qui habite aussi la Méditerranée ; enfin l’Amérique en a plusieurs espèces, parmi lesquelles on doit en citer une entièrement privée de dents, VEng. edentulus, Cuv. C’est dans les mois de

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mai, juin et juillet que se fait la pôche des anchois ; vers cette époque, après avoir quitté à la fin de l’hiver les profondeurs de la mer, où ils vivent en troupes comme les harengs, ils s’avancent vers le détroit de Gibraltar, et pénètrent dans la Méditerranée pour venir frayer sur les côtes; alors la pêche a lieu pendant les nuits obscures. Les pêcheurs réunis sont pourvus de trois barques, l’une portant des feux allumés s’avance jusqu’à 6 ou 8 kilom.; les poissons se réunissent en troupes autour de cette lumière, et les deux autres barques portant chacune une extrémité d’un long filet qui a au moins 40 brasses de longueur sur 8 à 10 mètres de hauteur, avec des mailles serrées, entourent la première. Cela fait, le feu est éteint, les pêcheurs battent l’eau de leurs rames et les poissons effrayés vont, en se sauvant, se mailler dans le filet. La pêche faite, on coupe la tête aux anchois, on leur ôte les entrailles ; ils sont ensuite lavés plusieurs fois, puis placés par lits dans les barils, alternativement avec une couche de sel en poudre mêlé d’un peu d’ocre. Ainsi préparés, ils peuvent se conserver plus d’un an. Les bons anchois, dans cet état, doivent être petits, nouveaux, blancs dessus, vermeils dedans, le dos rond. C’est avec ce poisson , déjà connu des Grecs et des Romains, que l’on préparait la sauce que ceux-ci appelaient garum. La chair des anchois excite l’appétit et aide à la digestion ; elle est estimée sur toutes les tables.

ANGHOMÈNES (Zoologie). — Genre établi par Bonelli, parmi les Coléoptères pentamères , tribu des Carabiques. Ils ont le corselet en forme de cœur tronqué, le corps peu aplati ; ce sont des insectes de petite taille, ordinairement verts ou cuivrés : on les trouve au bord des eaux, dans les lieux humides; l’A. albipes^ Fab., est très-commun sur les bords de la Seine.

ANCHUSE (Botanique). — Voyez Büglosse.

ANGHÜSÉES (Botanique). — Sous-tribu de plantes appartenant à la tribu des Borraginées dans la famille du môme nom. Elle se distingue par ses akènes au nombre de 4, distincts, uniloculaires, se fendant ensuite, circulairement de la base au sommet, enfoncés dans un réceptacle épais; un style gynobasique; une corolle régulière, garnie de poils ou d’écailles à la gorge. Les Anchusées, qui doivent leur nom au genre Anchusa^ appelé vulgairement Büglosse, renferment des genres importants dont voici les principaux : Nonnea, Medik ; Bourrache {Borrago, Tournefort) ; Consoude { Symphytum, Tourn.) ; Lycopside [Lycopsis, Lin.) ; et enfin la Buglosse, dont il vient d’être question. G — s.

ANCILLAIRE (Zoologie), AncillarïajJjSimk. — Genre de Mollusques établi par Lamarck dans sa famille de Enroulés, ordre des Trachélipodes, entre les Porcelaines et les Olives; adopté par presque tous les conchyliologistes, il n’a pas été admis par Cuvier, qui en fait un sous-genre du genre Buccin , famille des Buccinoïdes, ordre des B ectinibr anches : voisines des Olives, les Ancillaires s’en distinguent par leurs plis columellaires réunis en forme de torsade, et par l’absence du canal spiral. L’animal ressemble à celui des Olives, avec le pied plus développé. Ce genre, composé aujourd’hui d’une quarantaine d’espèces, dont la moitié fossiles, renferme des coquilles toujours rares et très-recherchées des amateurs.

ANCOLIE (Botanique), Aquilegia, Tourn. Ancolie est la corruption A’aquilegia, qui veut dire wme, parce que ses pétales ont cette forme : d’autres disent que ses nectaires sont contournés, aigus, et ont été comparés à la serre d’un aigle. — Genre de plantes de la famille des Renonculacées, tribu des Belléborées. Il comprend des plantes vivaces à calice composé de 5 sépales colorés, à 5 pétales bilabiés. Leurs ovaires, au nombre de 5, deviennent des follicules dressés, distincts, terminés en une pointe, qui n’est autre chose que le style persistant ; ces fruits renferment des graines nombreuses. L’A. commune {A. vulgaris. Lin.) , Gants de Notre-Dame, Aig tontine, Colombine, est une herbe rameuse, un peu velue. Ses feuilles sont découpées en seg ments et en lobes incisés d’un vert foncé en dessus et glauque en dessous. Ses fleurs sont terminales, pendantes, colorées d’une teinte qui varie du bleu au rouge, au violet et au blanc. Cette plante croît dans les bois et le long des haies de la plu-

Pig. 134. ] Fleur d’ancolie. Les pétales sont éperonnés (coupe de la fleur, sépales enlevés)

part des contrées de l’Europe. Ou a attribué autrefois à l’ancolie vulgaire des propriétés médicinales importantes. C’est à la fois dans sa racine, ses feuilles, ses fleurs et ses graines, qu’on avait cru reconnaître des principes apéritifs, diurétiques, antiscorbutiques. On fait aujourd’hui très-peu usage de cette plante. En général, Içs espèces de ce genre sont, ainsi qu’un grand nombre de plantes de la famille des Renonculacées, un peu âcres et narcotiques. L’A. glanduleuse {A. glandulosa, Fisch.) de Sibérie a les rameaux terminés le plus souvent par une seule fleur d’un beau bleu. VA. du Canada [A. canadensis, Lin.),l’^. des Alpes {A. Alpina, Lin.), VA. de Siberie {A. Sibirica, Lin.), sont toutes des espèces qui font l’ornement de nos parterres. G - s.

ANGONÉ (Anatomie), du grec ankôn, coude. — Muscle du coude. Il va delà tubérosité externe de l’humérus (épicondyle) au côté externe de l’olécrane et au bord postérieur du cubitus {épicondylo-cubital de Ghaussier).

ANCYLODON (Zoologie). — Nom donné par lliger à un Cétace du genre Narval, Anarnak de Lacépède (voyez ce mot).

Ancvlodon (Zoologie), du grec ankulos , crochu, et du génitif odontos, dent. — Genre de Poissons acanthoptérygiens, famille des Sciénoïdes, très-rapproché des Otolithes,à museau très-court, dents inférieures trèslongues, queue pointue. On n’en connaît que deux espèces, qu’on trouve à Cayenne, l’.;4. à dents en flèche {A.jaculidens, Guv. ; A. lonchurus, Bl.), et VA. à petites nageoires [A. parvipinnus, Cuv.).

ANCRE (Terme de marine). — Pièce de fer à double crochet variant de grosseur et de poids suivant la force du navire, dont on se sert pour l’arrêter dans sa marche lorsque l’on arrive dans un port ou sur une rade. L’un de ses crochets, que l’on appelle bec, s’enfonce au fond de la mer, dans le sable ou dans la vase. A l’extrémité de la verge de l’ancre , c’est-à-dire de la forte pièce de fer B à forme cylindrique qui s’élève du mi- ]P5

lieu des deux becs, et qui tient à eux par deux autres pièces également en fer, un peu recourbées C, F, nommées pattes, se trouve un anneau A, appelé organeau, sur lequel est fixé le câble, soit 'en filin, soit en fer, qui vient entrer dans le navire par une ouverture pratiquée sur son avant,

ouverture que l’on nomme écubier, et qui y est solidement fixé. Le jas de l’ancre est la pièce, soit en fer, soit en bois, qui, placée au-dessous de l’organeau en IT, transversalement aux deux pattes, sert à les faire tenir au fond de l’eau dans une position droite, de manière qu’un des deux becs puisse mordre dans la vase. Les forts bâtiments de guerre ont généralement cinq ancres à peu près de la même dimension pour le mouillage, et plusieurs

Fig. 13b. — Ancre.

autres bien moins fortes qui servent à divers usages. Toutes ces ancres se placent, en nombre à peu près égal, en dehors de chacun des côtés du navire, excepté toutefois la plus forte de toutes, que l’on appelait^autrefois ancre d’espérance, qui se trouve souvent dans l’intérieur

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