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sucre que renferme sa tige. Elle est appelée à rendre d’immenses services pour la production de l’alcool, et, par la suite, suivant différents auteurs, elle pourra remplacer la vigne à cet égard. Elle peut être cultivée en France ; mais principalement dans les départements méridionaux. Comme plante tinctoriale, le sorgho sucré peut être aussi employé avec avantage. M. Sicard en a extrait une belle couleur jaune qu’il a appelée gomme-gutte de sorgho; en outre, il a obtenu de la moelle un carmin très-vif. Cet inventeur a publié une Monographie de la canne à sucre de la Chine^ dite sorgho sucré. De plus, on a recueilli du sorgho sucré une matière analogue à la cire, et que l’on a nommée cérosie (voyez Sorgho). Toutes ces plantes, qui portaient le nom de Sorgho., appartenaient au genre llolcus; elles en ont été détachées par Kunth et réunies aux Andropogons. VA. muriqué (^4. muricatus., Retz), est originaire des Indes orientales, et connu sous le nom de Vétiver: ce sont ses racines sèches que l’on emploie si communément en parfumerie, à cause de l’odeur agréable qu’elles répandent, et qu’elles doivent à l’huilA essentielle qu’on en peut obtenir par distillation : on lui attribue la propriété de préserver les étoffes des vers, d’où lui vient son nom vulgaire de Vétiver (du l'atin veto^ je défends, etvermes., les vers). G — s.

ANE (Zoologie). — Cet animal, que l’on a parfois regardé comme un cheval dégénéré, est réellement une espece du genre Cheval; il se distingue des autres espèces de ce genre par la longueur de ses oreilles; par la houppe de crins qu’il porte au bout de la queue, tandis que celle du cheval en est entièrement couverte ; par la croix noire que l’on voit sur son échine et ses épaules; enfin par son cri discordant nommé braiment Qn français. Des figures parfaitement reconnaissables gravées sur les monuments égyptiens nous révèlent que l’àne était em-

ployé comme bête de somme en Égypte, dès la plus haute antiquité. Depuis le voyage d’Abraham dans cepays, l’àne est mentionné très-fréquemment dans la Genèse, et par conséquent il était très-répandu en Judée. Aussi’ le regarde-t-on comme originaire de l’Asie et du nord-est de l’Afrique, où les individus sauvages du type primitif errent encore sous le nom di'Onagi'es (en grec, Anes sauvages). Plus tard, cette espèce se répandit peu à peu en Barbarie, en Grèce, en Italie, en Espagne et vers les . contrées plus septentrionales de l’Europe ; Aristote affirme que de son temps (vers 300 avant J.-C.), il n’en existait pas en Scythie (Russie méridionale), ni môme dans les Gaules (France), et Buffon pense que l’intro- 1

duction de l’espèce asine en Suède et dans le nord de l’Europe, est un fait encore récent. Ce qui paraît hors de doute, c’est que, originaire des pays chauds, cette espèce dégénère, s’amoindrit dans les contrées du Nord où le cheval acquiert au contraire de grandes proportions. Les Espagnols ont importé l’âne en Amérique, en même temps que le cheval, le bœuf, etc.

L’âne vit normalement de 25 à 30 ans, comme le cheval. Notre climat et les mauvais traitements bornent communément sa vie à 15 ou IG. Sa croissance dure 3 ou 4 années; ses dents se développent à peu près comme celles du cheval et fournissent des signes analogues pour reconnaître l’âge. Les ânesses mettent bas ordinairement en mai et en juin, après un an de gestation. La taille varie selon les races et les climats : dans nos pays elle est de l mètre â 1™,4j0 (au garrot) ; dans le Midi, on trouve des races plus grandes. Du reste, il faut se hâter de le dire, l’âne étant la plus négligée de toutes nos espèces domestiques, et la culture ayant transformé de la façon la plus variée toutes celles que l’on a voulu améliorer, il est impossible de prévoir ce que l’espèce usine pourrait devenir si on entreprenait de la soumettre à un élevage soigné et méthodique. Cette idée d’un grand progrès agricole a été indiquée nettement par Buffon, et personne n’a tenté de la mettre à exécution. Produit et élevé presque au hasard, privé des soins du palefrenier, mal nourri, battu et surchargé de travail, l’âne reste, auprès du cheval, un animal dégradé, mal conformé, souvent fantasque et obstiné, mais sobre, rustique et patient : il a, en un mot, tous les défauts et toutes les qualités des races primitives. Il paraît incontestable que les ânes de Syrie et de Perse sont bien supérieurs aux nôtres. En Barbarie et en Espagne on en trouve de fort belles races. Le pelage est généralement gris cendré , sauf la croix noire du dos et des épaules ;

dans d’autres races il est noir ou bai brun.

Le pas est l’allure naturelle de l’âne; il a le trot court, dur et saccadé , et galope avec peine. Ses muscles ont une grande énergie, et ses articulations sont d’une extrême solidité.

Son pied muni d’un sabot dur et étroit, sa démarche posée le rendent particulièrement propre aux chemins escarpés des montagnes. Il traîne ou porte de lourds fardeaux, et rend, à cet égard, les plus grands services aux pauvies campagnards. La chair de l’âne est, dit-on, trèsestimée en Perse; frappée, chez nous, du môme préjugé défavorable que celle du cheval, elle est abandonnée aux équarrisseurs ; mais ceux-ci la recherchent comme beaucoup plus délicate.

La peau est employée pour faire les tambours, les cribles, les tamis, les gros parchemins des souliei’s et ce qu’on nomme la peau de chagrin qui se fait en Orient, sous le nom de Sagri.

On ne s’occupe d’élever l’âne, en France, que dans le Poitou et la Gascogne; mais c’est uniquement pour le croiser avec la jument et en obtenir des Mulets (voyez ce mot). Le croisement beaucoup plus rare du cheval avec l’ânesse donne le Bardot (voyez ce mot). Le lait d’ânesse, peu chargé de beurre, est d’une digestion facile, et fréquemment employé avec succès par les convalesœnts ou les personnes d’une faible constitution.

ANÉMIE (Médecine), du grec ai’mn, sang, et a privatif, privation de sang. — Genre de maladie qui était attribuée, avant ces derniers temps, à une diminution de la quantité du sang, d’où lui vient son nom; et Lieutaud dit môme que quelquefois les vaisseaux en sont, pour ainsi dire,

Fig. 138. — Ane, baudet de Gascogne,

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absoliiEiunt vides ; mais les progrès récents des observations mici'oscopiques, ont démontré qu’elle est due plutôt à la diminution des globules du sang. En effet, il résulte des recherches de MM. Andral et Gavarret, et de celles de plusieurs autres micrographes, que la proportion des globules a diminué environ d’un tiers dans l’anémie, tandis que dans la chlorose elle va à plus de moitié. Voici les chiffres : dans l’état de santé, la moyenne des globules est de 127 sur 1000 ; à 80 la santé se trouve déjà gravement compromise; enfin, dans la chlorose, le chiffre descend à 60 et même à 50. A mesure que les globules diminuent, la quantité d’eau augmente, les autres principes restant à peu près les mômes. L’anémie est déterminée le plus souvent par l’insuffisance et la mauvaise qualité des aliments, par le séjour dans des lieux bas et humides, par la respiration habituelle d’un air vicié, par les chagrins, par les hémorrhagies abondantes, etc. Elle vient quelquefois sans cause apparente ; les symptômes qu’on remarque sont l’affaiblissement, une décoloration particulière de la peau, qui prend l’apparence de la cire, des lèvres, des surfaces muqueuses visibles, un trouble général des fonctions, souvent des douleurs névralgiques, la perte de l’appétit : cette maladie réclame l’emploi des ferrugineux, des préparations de quinquina, d’autres toniques, d’une nourriture fortifiante, et surtout, lorsqu’il y a lieu, d’un changement d’air et d’habitation.

On a aussi décrit sous le môme nom à! Anémie ou d’^4némase^ une maladie épidémique observée parmi les ouvriers, dans certaines mines de la Hongrie, vers la fin du siècle dernier, et en France, en 180:» dans une galerie d’une des mines de houille d’Anzin : cette affection offrait pour symptômes principaux, coliques violentes, gêne dans la respiration, palpitations, prostration des forces, déjections noires ou vertes; au bout d’une dizaine de jours, pouls faible, concentré, accéléré, peau décolorée, d’une teinte jaune, marche pénible, visage bouffi, sueurs ; cet état qui durait souvent plusieurs mois, se terminait presque toujours par la mort. Les toniques, sous toutes les formes, furent d’abord administrés sans succès ; enfin, Ilallé leur adjoignit les ferrugineux et surtout la limaille de fer, et il réussit à merveille. F. — n.

ANÉMOMÈTRE, du grec anemoSs vent, métron. mesure. — Appareil servant à mesurer la vitesse du vent, comme les girouettes ordinaires en indiquent la direction. Ces appareils ont reçu toutes les formes. La plus simple consiste en une planche de bois ou une lame de métal mobile autour de son arête horizontale supérieure, que l’on expose au vent perpendiculairement â sa direction, qui se tient verticale dans un air calme, et qui s’incline à l’horizon sous la pression variable du vent. Cet appareil doit être gradué par des expériences directes, faites dans des courants d’air de vitesses connues, ou bien sur un convoi se mouvant dans un air calme avec une vitesse déterminée.

L’anémomètre de Combes {fig. 139) se compose d’un -moulinet très-léger, formé de quatre ailettes inclinées sur

Fig. 1P)9. — Aiicnioinèlrt'. •

l’axe comme les ailes d’un moulin à vent, et destinées à mesurer la vitesse du vent, d’après la rapidité avec laquelle il tourne, sous l’action du courant d’air. Le nombre de révolutions qu’il exécute pendant un temps déterminé,

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est indiqué au moyen d’un système de deux roues dentées, appelé compteur^ dont l’une R peut engrener, au moment voulu par l’opérateur, avec une vis sans fin V, montée sur Taxe du moulinet, et marche ainsi d’une dent à chaque révolution de cet axe, tandis que l’autre R' marche d’une dent à chaque tour complet de la première roue. Le moulinet étant exposé en plein à l’action du vent, et ayant pris toute sa vitesse, on engrène à un moment marqué sur une montre à secondes ; puis, au bout d’un nombre déterminé de secondes, on désengrène et on compte, sur le compteur, le nombre de révolutions opérées, nombre que l’on divise par le temps évalué en secondes qu’a duré l’opération, pour obtenir le nombre de tours effectués par seconde. Connaissant ce nombre w, on en déduit la vitesse U du vent au moyen d’une formule simple, mais qu’il faut établir une fois pour toutes pour chaque appareil, et qui, pour l’un d’eux, a été trouvé

Il existe actuellement dans quelques observatoires météorologiques des Anémomètres enregistreurs inscrivant eux-mêmes leurs indications sur une feuille de papier, à laquelle un mouvement d’horlogerie imprime un mouvement de translation régulier. Ils sont fondés sur l’un ou l’autredes deux principes précédents, particulièrement le premier.

ANÉMONE (Botanique), d’après Pline, ce nom vient du grec anemos^ vent, parce que l’anémone ne s’épanouit qu’au souffle du vent, que la plupart des plantes de ce genre croissent dans les endroits élevés et exposés au vent. — Genre de plantes de la famille des Renonculacées , et type de la tribu des Anémonées. Il renferme des plantes vivaces à feuilles radicales, bipennées ou digitées, du milieu desquelles s’élève une hampe portant une fleur solitaire. L’anémone était, chez les anciens, l’emblème de la maladie. On sait qu’Adonis fut métamorphosé en anémone, fleur de courte durée, et que les vents ont bientôt abattue, ainsi que le disent les poètes. Ce genre comprend environ une cinquantaine d’espèces connues aujourd’hui en horticulture. VA. pulsatille {A. pulsatilla, Lin.), nommée aussi vulgairement Coquelourde., Coquerelle., Herbe du vent, est une charmante plante indigène. On la trouve abondamment aux environs de Paris, pendant le printemps, sur les coteaux secs ; ses feuilles sont 2 à 3 fois pennatiséquées, velues, à découpures fines, pointues; sa hampe, haute de 0“,25 à 0“,30, porte une grande fleur violette foncée et velue à l’extérieur. La pulsatille était en faveur dans l’ancienne médecine, contre les paralysies, les rhumatismes, les maladies de la peau. VA. étoilée {A. stellata, Lamk; A. hortensis, h\n.) donne de belles variétés à fleurs doubles et colorées de violet, de lilas ou de rouge. VA. œil de paon (.4. Lamk) est

originaire du Levant; sa fleur, qui s’épanouit en mai, est rouge au sommet et blanchâtre à la base. L’4. des bois ou Sylvie {A. nemorosa, Lin.) est une très-gentille plante qui décore agréablement nos bois dès les premiers jours du printemps ; ses fleurs sont d’un blanc souvent purpurin. Elle est quelquefois employée çomme révulsif dans le rhumatisme, la sciatique, etc. Enfin, VA. à flnirs bleues {A. apennina, Lin.),

1’^. à fleurs jaunes {A. ranunciàoides , Lin.), sont fréquemment employées dans la décoration des jardins.

Une espèce des Alpes du Dauphiné, de l’Auvergne,

VA. sylvestris, croît aussi naturellement dans quelques localités sablonneuses des environs de Paris.

Caractères du genre ; L’involucre est à 2 ou 3 folioles et situé à plus ou moins de distance de la fleur; 5 à 1 6 sépales pétaloïdes ; corolle nulle ; étamines nombreuses portées sur des filets de moitié plus courts que le calice; ovaires nombreux, devenant des akènes comprimés laineux ou plumeux. G — s.

L’horticulture a produit par les semis un grand nombre de variétés d’anémones qui ornent admirablement nos jardins : en choisissant les plus belles couleurs, les fleurs les plus larges, les plus régulières, celles dont les tiges sont les plus fortes, on obtient de bonnes graines qu’on sème en automne ou au printemps suivant le cli-

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