‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 93 sur 385 · AUS · texte numérisé non relu

AUS

Rncorel’id. de Midas {Voluta aurisMidæ^ Lin.), coquille terrestre de 0“,10 à 0'",I2 de long, de l’Inde et des îles qui en dépendent.

Aüricule (Zoologie), du latin auHeula^ qui vent dire petite oreille. — Nom donné, par les ornithologistes, à des espèces de crêtes formées sur les côtés de la tête de certains oiseaux par les pennes les plus élevées, comme cela se voit dans plusieurs espèces de chouettes.

Auricüle (Botanique). — Espèce du genre Primevère, type de la famille des Primulacées. C’est le Primula nuricula de Linné. On la nomme aussi vulgairement Oreille d'ours. Cette plante présente des feuilles épaisses, glabres, glauques, farineuses. Ses fleurs viennent à l’extrémité d’une hampe de à 0“,l0. Elles sont disposées en ombelle munie d’un involucre composé de bractées ovales, obtuses; corolle en forme d’entonnoir. L’auricule croît naturellement dans les Alpes et les Pyrénées. Ses fleurs s’épanouissent au printemps; elles varient de couleurs suivant les variétés extrêmement nombreuses de la plante. Celles-ci ont été divisées en plusieurs sections principales : les A. liégeoises dont les fleurs sont glabres; les A. anglaises à fleurs recouvertes d’une sorte de poussière blanchâtre, etc. Les Flamands ont été les premiers à cultiver les auricules; ils en ont obtenu à fleurs doubles, à fleurs panachées, et d’une variété infinie de nuances.

Auricules. — Les botanistes désignent sous ce nom certains appendices arrondis en forme d’oreilles, qu’on rencontre à la base des feuilles de la sauge, par exemple : les pétioles de Yoranger et les stipules de quelques espèces d'hépatiques, sont garnis d’appendices foliacés auxquels on a donné le même nom.

AÜRICULO-VENTRICÜLAIRE (Anatomie). — On appelle orifices auriculo-ventriculaires ceux qui établissent la communication entre les oreillettes et les ventricules du cœur. On appelle quelquefois Valvules auriculoventriculaires : 1° la valvule centrale qui se trouve à l’ouverture auriculo-ventriculaire gauche; 2° les valvules tricuspides, à l’orifice auriculo-ventriculaire droit (voyez Coeur).

AURIQUE (Acide), Au -O®. — Combinaison d’or et d’oxygène que l’on obtient en traitant le sesquichlorure d’or par une dissolution de potasse que l’on porte à l'ébullition, puis, traitant la liqueur par un léger excès d’acide acétique. Il se forme un précipité jaune pulvérulent de sesquioxyde d'or jouant le rôle d’acide avec les bases (voyez Or).

AUROCHS (Zoologie), Bos urus. Cm. Urus, Bison des anciens, Zubr, des Polonais, Bonasus, d’Aristote. — Espèce du genre Bœuf [Bos, Lin.), appartenant à l’ordre des Ruminants (voyez ces mots). Au milieu de la confusion qui existe dans les auteurs et parmi les naturalistes, sur la synonymie de ce ; différents noms, il est difficile de se former une opinion bien arrêtée. Buffon pense que l’aurochs ou urus est le même animal que notre taureau commun, dans son état naturel et sauvage, que le bison ne diffère de l’aurochs que par des variétés accidentelles, et qu’il est de la même espèce que le bœuf (Buffon, article Buffle, etc.). Pour Cuvier Yaurochs est le même que le bison des anciens, mais ce n’est pas leur urus, et il n’est pas davantage la souche sauvage de nos' bêtes bovines (Cuvier, Règne animal, éd., t. I®'', p. 279; Milne-Edwards, Éléments de Zoologie, Ifl-Si, p. 4G6). M. Boulin rejette absolument l’idée que Yaurochs puisse être Y urus de J. César {Diction, de D’Oibigny, article Aurochs; Comment, de César, De bello gallico,\ liv. VI). Voici, du reste, quels sont les caractères que Cuvier assigne à l’aurochs : « Il se distingue par son front bombé, plus large que haut, par l’attache de ses cornes au-dessous de la crête occipitale, par la hauteur de ses jambes, par ses côtes au nombre de 14 paires, par une espèce de laine crépue qui couvre la tête et le cou du mâle, et par sa voix grognante. C’est le plus grand des quadrupèdes de l’Europe. » En effet, il mesure 2 mètres de hauteur, au garrot, ce qui a sans doute amené Buffon à y reconnaître Yurus des forêts de la Gaule, car on lit dans César cit.) : li sunt magniiudine paulo infra elephantoi: ils (les urus) sont, par la taille, peu au-dessous des éléphants. Du reste, c’est un animal farouche ; il habitait autrefois les grandes forêts marécageuses de l’Europe tempérée; on assure qu’il n’en existe plus aujour d’hui que dans deux provinces de la Russie (P. Gervais, Hist. nul. des Mammifères), dans la forêt de Bialowdeza, gouvernement de Grodno, d’où vient celui que possède la ménagerie du Muséum de Paris, et dans la province d’Avvhasie ^Caucase). .. |

AURONE (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce à' Armoise [voyez ce mot) appelée aussi Citronnelle, Aurone mâle, et désignée par Linné sous le nom de Artemisia abrotanurn . Dans certains endroits, on l’appelle encore Garderobe, parce que l’on met quelques-unes de ses tiges parmi les vêtements pour en éloigner les mites et autres insectes destructeurs. C’est un ai brisseau dressé, dépassant quelquefois un mètre de hauteur. Toute la plante jouit des propriétés de l’armoise commune, mais à un moindre degré ; elle est aromatique et s’emploie en médecine comme vermifuge. On la cultive dans les jardins pour son odeur pénétrante.

Auroî\e femelle (Botanique). — Nom vulgaire de la Santoline cyprès (voyez ce mot).

AURORE. — Crépuscule du matin (voyez Crépuscule).

AURORE BORÉALE (Météorologie). — Phénomène lumineux extrêmement remarquable qui apparaît presque chaque nuit au pôle boréal et probablement aussi au pôle austral, et qui de là peut s’étendre à de très- grandes distances. Nous extrayons du Traité de météorologie de MM. Becquerel la description suivante des aurores boréales observées à Bossekop, dans la Laponie norwégienne, à 70° de latitude, dans l’hiver de 1838 à 1839.

Le soir, entre quatre et huit heures, la brume qui règne habituellement au nord de Bossekop se colore à la partie supérieure. Cette lueur se régularise peu à peu et forme un arc vague d’un jaune pâle tournant sa concavité vers le sol, et dont le sommet se trouve sensiblement dans le méridien magnétique. Bientôt des stries noirâtres séparent régulièrement les parties lumineuses de l’arc. Des rayons lumineux se forment, s’allongent et se raccourcissent lentement ou instantanément, leur éclat augmentant et diminuant subitement. Les pieds de ces rayons offrent toujours la lumière la plus vive et forment un arc plus ou moins régulier. La longueur de ces rayons est trèsvariée, mais tous convergent vers un même point du ciel indiqué par le prolongement du pôle austral de l’aiguille d’inclinaison. Parfois les rayons se prolongent jusqu’à leur point de concours et figurent ainsi une immense coupole lumineuse. L’arc continue à monter vers le zénith, présentant dans sa lueur un mouvement ondulatoire. Parfois un de ses pieds, ou tous les deux, abandonnent l’horizon; l’arc ne forme plus qu’une longue bande de rayons qui se contourne et se sépare en plusieurs parties en formant des courbes gracieuses dont l’ensemble constitue la couronne boréale. L’éclat des rayons, variant subitement d’intensité, atteint celui des étoiles de première grandeur; ces rayons dardent avec rapidité, les courbes se forment et se déroulent comme les replis d’un serpent ; puis les nappes se colorent, leur base est rouge, leur milieu est vert et leur bord supérieur, comme la bande à laquelle elles paraissent suspendues, conserve la couleur jaune pâle. Enfin l’éclat diminue, les couleurs disparaissent, tout s’affaiblit peu à peu ou disparaît subitement. «=>

La commission scientifique du Nord a observé 150 aurores boréales dans un intervalle de 200 jours ; et il paraît qu’aux pôles les nuits sans aurores sont exceptionnelles. Ce météore peut être visible à la fois à des distances considérables du pôle et sur une immense étendue ; quelquesuns été vus en môme temps à Moscou, à "Varsovie, à Rome, à Cadix.

La nature des aurores boréales est encore assez mystérieuse. La direction constante de leurs arcs, par rapport au méridien magnétique, et les perturbations violentes qu’elles apportent pendant toute leur durée dans la direction de l’aiguille aimantée, leur ont fait attribuer une origine électrique. Il est probable qu’elles sont dues à l’énorme quantité d’électricité qui est versée journellement dans l’atmosphère par l’effet de l’évaporation trèsrapide qui s’effectue à la surface du sol dans les régions équatoriales, et qui serait transportée par les vents alizés supérieurs vers les régions polaires, où elle retournerait au sol (voyez Électricité atmosphérique, Inductiok).

AUSCULTATION (Médecine), du latin auscultare , écouter. — Action d’écouter; en effet Y auscultation est l’action d’écouter attentivement, et à l’aide de tous les moyens possibles, les bruits, normaux et anormaux, qui se produisent dans nos organes, à l’état de santé ou de maladie. C’est bien véritablement la volonté dans l'audition, ainsi que l’a définie Buisson dans sa thè e inaugurale. Indiquée déjà par Hippocrate, peu pratiquée pendant les longs siècles qui se sont écoulés depuis, ce n’est que do nos jours que Laënnec, en 18 16, l’a remise en honneur pour préciser surtout le diagnostic des maladies de la poitrine; depuis cette époque, étudiée et perfection-

Page 1