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née de plus en plus, l’auscultation est devenue entre les mains des médecins instruits une méthode d’apprécier les moindres nuances des bruits qui se produisent dans la poitrine, et de préciser avec une certitude presque mathématique les lésions des poumons , du cœur et des gros vaisseaux. Deux méthodes peuvent être employées : la première, qui porte le nom (i'auscullation médiate^ se pratique au moyen d’un instrument nommé stéthoscope (voyez ce mot), que le médecin interpose entre son oreille et la poitrine du malade, et qui sert d’intermédiaire pour transmettre le son ; la deuxième méthode, nommée auscultation immédiate^ consiste dans l’application immédiate sur la poitrine du malade de l’oreille du médecin, qui perçoit directement, et sans intermédiaire, les sons qui se produisent dans les organes. Il existe encore un autre mode d’auscultation véritable, c’est la percussion directe, ou indirecte par l’intermédiaire du plessimètre de M. Piorry. Il en sera traité aux mots Percussion, Plessimètre.
On a employé encore l’auscultation dans d’autres cas que les maladies de poitrine ; ainsi, dans les grossesses douteuses, elle peut faire reconnaître les battements des artères du fœtus, ou le bruit de ce qu’on a appelé le souffle placentaire ; par les mêmes indications elle peut faire découvrir au médecin si le fœtus est vivant dans le sein de sa mère. Elle a servi quelquefois à préciser le diagnostic des fiactures et de quelques maladies du basventre, etc. F — N.
AUSTRAL, du latin auster^ vent du sud. — Se dit en astronomie, comme en géographie, de l’hémisphère sud, ou des astres qui y sont compris. En physique, on appelle pôle austral d’une aiguille aimantée celui qui se tourne vers le nord (voyez Aiguille aimantée. Aimant, Magnétisme).
AUTEUIL (Médecine). — Village qui fait partie aujourd’hui de la ville de Paris, iG* arrondissement; il y a une source d’eau ferrugineuse froide qui contient, entre autres principes minéraux, 16® de sulfate double d’alumine et de fer protoxydé, et un peu de manganèse ; employée contre les gastralgies, la chlorose, l’anémie.
AUTOMATE. — Machine qui, par l’effetd’un mécanisme caché, imite les mouvements des créatures vivantes. Dans la plupart des automates le moteur est un ressort d’acier agissant par un système de roues dentées, de leviers et de cordons sur les pièces mobiles de la machine. On la monte alors comme une montre ou une pendule ; toutefois, dans un certain nombre de jouets d’enfants, le mouvement est produit par du sable fin qui tombe d’un réservoir sur les palettes d’une petite roue. Pour les remonter il suffit de tourner la boîte sur elle-même de manière à reporter le sable dans le réservoir supérieur. Vers la fin du xiii® siècle plusieurs horloges, entre autres celles de Lubeck, de Prague, d’Ohnütz, et surtout celle de Strasbourg, qui a été restaurée récemment par M. Schwilgué, faisaient mouvoir des mécanismes remarquables. Deux automates du célèbre mécanicien français Vaucanson excitèrent au plus haut point l’admiration publique dans le courant du siècle dernier. Le premier, qui fut terminé en 17-18, était un joueur de flûte, de 1“,G7 de hauteur, y compris son piédestal, et qui exécutait plusieurs airs par l’insufflation dans la flûte d’un courant d’air modifié par la langue et par un mouvement convenable des doigts sur les trous et les clefs de l’instrument. L’autre était un canard qui imitait plusieurs des mouvements de cet oiseau d’une manière surprenante. Vaucanson eutdes imitateurs, parmi lesquels se distinguèrent Droz, de La Chaux-de-Fonds, et Frédéric de Knauss, de Vienne. Aujourd’hui on n’exécute plus de ces tours de force, l’industrie réclamant ou absorbant toute l’intelligence des mécaniciens pour la construction de ses automates, bien autrement utiles que les précédents. L’industrie des automates est restreinte à la confection des jouets d’enfants, dont il se fait un grand commerce dans la Suisse française, dans la Forêt -Noire et aux enviions de Nm embeig. On doit citer à Paris maintenant les beaux automates de M. Théroude.
Les principaux automates connus sont, de Vaucanson :
hQ Joueur de flûte (voyez plus haut).-
Le Joueur de ftageolet^ qui s’accompagnait en outre du tambourin.
Le Canard^ qui battait des ailes, nageait, barbotait et avalait des aliments. Ce chef-d’œuvre de mécanique n’a pas été conservé.
Les Têtes parlantes^ de l’abbé Mical, qui mourut de misère.
Le Dessinateur et le Pianiste^ de Droz.
hQ Joueur d’échecs, ÔQVk\\emKx\à Compelen. ‘
(Voir Borgnis, Traité des machines imitatives.) M. D.
Automatique. — Terme employé par le docteur Ure, et adopté en Angleterre, pour désigner tout système de manufactures dans lequel les produits sont fabriqués au moyen de machines marchant d’elles-mêmes par l’action de l’eau ou de la vapeur, et où le rôle de l’homme se borne à une surveillance destinée à éviter les arrêts accidentels ou à y remédier. L’invention des machines diverses appliquées à une même industrie n’est réellement complète que lorsque ce résultat est atteint dans toutes les parties du travail qui constitue cette industrie. C’est là le problème que l’industrie moderne tend chaque jour à résoudre dans toutes les directions, et qui a déjà reçu de nombreuses solutions partielles extrêmement remarquables. Les découvertes obtenues dans cette voie depuis moins d’un siècle sont devenues la source principale de cet accroissement prodigieux de puissance et de richesse qui s’est manifesté presque tout à coup en Angleterre, en Amérique, en France, en Allemagne... Nous en citerons un seul exemple. Lors de la réalisation du premier système automatique de la filature du coton, en 1770, par Arkwright, l’Europe entière ne consommait pas annuellement 6 000 000 kil. de coton, dont 2 000 OOi) pour l’Angleterre. Aujourd’hui ce nombre dépasse 300 000 000, dont près de 200 000 000 pour l’Angleterre seule. M. D.
AUTOMNE (Astronomie). — En astronomie, l’automne, troisième saison de l’année, commencele jour du deuxième équinoxe, le 23 et quelquefois le 22 septembre, au moment où le soleil entre dans le signe de la Ba'ance, et finit le 21 ou le 22 décembre, lorsque le soleil entre dans le signe du Capricorne. Sa durée est de 89J 10’’ 30“ (voyez Saisons). Les jours vont en diminuant pendant toute la durée de l’automne et y sont plus courts que les nuits, abstraction faite des crépuscules.
En météorologie l’automne commence au 1 ®'‘ septembre, fin de l’été, et se termine au l®® décembre, commencement de l’hiver.
Automne (Médecine), Autumnus. — Saison de l’année qui s’étend de l’équinoxe de septembre au solsti?e d’hiver, mais qui pour le médecin doit être restreinte et considérée comme intermédiaire entre la saison chaude et celle où le froid commence. C’est dans cette saison que la fraîcheur des nuits, l’humidité des matinées et soirées, l’alternative des pluies et des brouillards avec un temps chaud et orageux concourent à produire un grand nombre de maladies; de là la nécessité de ne s’exposer que le moins possible à ces influences morbifiques, d’être bien vêtu, d’éviter les refroidissements, les changements brusques de température : d’autre part, il faut user avec modération des fruits de la saison, les choisir bien mûrs et surtout éviter les vins, cidres, poirés, nouvellement préparés.
Les principales maladies qui régnent en automne sont les fièvres intermittentes, les diarrhées, les dgssenferies, les affections catarrhales.
Automne (Travaux d’) (Agriculture). — Les travaux des champs pendant cette saison sont très-variés et trèsdifférents entre eux; ainsi d’une part, les vendanges, la récolte des plus beaux fruits, des légumes secs, des pommes de terre, etc., d’autre part, les semailles de blé, de seigle, d’orge, embrassent un ensemble de considérations qui rendent préférable de renvoyer ce que nous avons à en dire à chaque mois de cette saison (voyez Septembre, Octobre, Novembre).
AUTOPLASTIE (Médecine), du grec autos, soi-même, et plustos, modelé, modelé sur le malade môme. — Opération chirurgicale qui consiste à remplacer une partie détruite, en prenant sur le malade lui-même les parties nécessaires à cette réparation. Ainsi, lorsqu’on prend sur le front un lambeau de peau pour refaire un nouveau nez, c’est ôqV autoplastie, qui, dans ce cas, prend le nom de rhinonlastie (voyez ce mot).
AUTOPSIE (Anatomie pathologique), du grec autos., et opsis, vue, examen par soi-même. — En médecine ce mot n’a pas toujours eu la signification que nous lui donnons aujourd’hui ; suivant Galien, c’était l’observation et la mémoire des faits que chacun a examinés par soi môme. De nos jours le mot autopsie, môme lorsqu’on n’y ajoute pas l’épithète cadavérique, veut dire ouverture d’un cadavre, examen de toutes les parties, à l’effet de constater les différentes altérations des organes dans un intérêt scientifique; ou, en médecine légale, pour connaître quelle a été la cause de la mort, afin d’éclairer l’autorité et la justice sur toutes les questions qui peuvent surgir à cette occasion. Lorsque l’autopsie est faite
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dans un intérêt scientifique, elle peut avoir lieu dans un hôpital, et il ne peut y être procédé que dans le cas où il n’y a pas d’opposition formulée par écrit de la part des parents, ou si le cadavre n’est pas réclamé. Si c’est dans l’intérieur des familles, elle ne peut être faite que du consentement des parents, après déclaration au commismissaire de police, à Paris, et au maire dans les communes rurales, et lorsqu’il s’est écoulé vingt-quatre heures depuis la déclaration du décès. S’il s’agit d’un cas de médecine légah;, l’autopsie sera faite à la réquisition du procureur impérial, qui, après avoir jugé qu’elle était nécessaire, sur le vu du procès-verbal constatant la levée du corps, aura délégué des hommes de l’art pour procéder à cette opération. F — n.
AUTOSITE (Tératologie), du grec autoe^ soi même, et sitoe^ qui se nourrit soi-même. — Is. Geoffroy Saint- Hilaire a donné ce nom au premier ordre des monstres unitaires (V. Tératologie .Les ont pour carac-
tère principal d’être pourvus d’organes qui rendent la vie possible après la naissance pendant un temps dont la durée varie beaucoup suivant les espèces.
AUTOUR (Zoologie), Cuv., Astur, Bechstein ; Dét/elion, Savig. — Genre de l’ordre des Oiseaux de proie, famille des Diurnes, formant la deuxième division de la section des Ignobles, du grand genre des Faucons {Falco, Lin.) (voyez ces mots). Ce genre se divise en deux sousgenres, les Autours proprement dits, et les Eperviers (voyez ce mot), et a pour caractères communs les ailes plus courtes que la queue, et le bec courbé dès sa base ; quant aux Autours proprement dits, ils ont le bec court, convexe en dessus, les doigts longs, les tarses écussonnés et plus courts que ceux des éperviers. La seule espèce connue en Europe est VA. ordinaire {Falco palumbarius. Lin.; Falco gallinarius, Gm.) ; il est brun en dessus, à sourcils blanchâtres, blanc en dessous, rayé en travers de brun dans l’adulte, et offrant sur son plumage des espèces d’étoiles, d’où lui vient son nom astur, du grec asterias, étoilé ; il habite nos montagnes et nos collines boisées, et se nourrit de pigeons, de poules, de lapins, de rats, etc. Son vol est bas et il fond obliquement sur sa proie. Comme dans tous les oiseaux de proie, la femelle de l’autour est beaucoup plus grosse que le mâle, ce qui a fait donner à celui-ci le nom de tiercelet, c’està-dire un tiers plus petit que la femelle, qui égale en grosseur un gros chapon; ainsi on dit un tiercelet d'autour, un tiercelet d'épervier, etc., pour désigner le mâle de chacun de ces groupes. Outre l’espèce de nos pays, on en remarque une de la Nouvelle-Hollande, Falco Novœ Ilollandiæ, qui est souvent tout entier d’un blanc de neige. On peut citer encore VA. multiraie {Falco strioloJus) du Brésil et de la Guyane; 1’^. mélanope {Falco melanops) de la Guyane. Pour la chasse avec l’autour, voyez Autoürserie.
AUTOURSERIE (Chasse). — On a donné ce nom à la chasse qui se pratique au moyen des autours et des éperviers, et à l’art qui consiste à élever et à dresser ces oiseaux pour cet objet. On l’appelle encore du nom de chasse du bas vol, pour la distinguer do celle qui se fait avec le faucon, et qu’on appelle chasse du haut vol ou fauconnerie. Les autours, n’ayant pas un vol très-élevé, étaient employés à la chasse des perdrix et autres oiseaux de bas vol qu’ils faisaient lever devant eux, qu’ils poursuivaient jusqu’au milieu des buissons et des taillis, et qu’ils saisissaient môme quelquefois avec leurs longues pattes ; et, comme ils étaient très-souvent sur le poing du chasseur et qu’ils revenaient aussitôt qu’ils étaient réclamés, ils étaient dits oiseaux de poing. Du reste, ils n’étaient pas chaperonnés. Les faucons, au contraire, dès qu’ils étaient déchaperonnés, s’élançaient au haut des airs où on les abandonnait à eux mômes ; on les voyait alors planer et tournoyer au-dessus des spectateurs, jusqu’à ce que, le gibier étant levé et parti, ils se laissaient, pour ainsi dire, tomber sur lui comme un trait; cette dernière chasse par son importance, par le luxe et les prodigalités qu’on y déployait, était vraiment la chasse des rois et des princes, tandis que l’autourserie était réservée aux simples particuliers et aux gentilshommes. Pour avoir des autours propres à la chasse, il fallait les éle.er et les dresser d’une manière particulière ; ainsi on ne doit prendz’e les petits, qu’on appelle niais, que lorsque les plumes commencent à prendre une teinte noire; on leur donne à manger de petits oiseaux qu’on a soin de nlumer; on les tient dans un lieu chaud, et, dès qu’ils commencent à se percher, on les habitue à se tenir sur le poing et à se laisser manier; on les habituera aussi à voir le monde et à entendre 1® bruit ; on les mè-
nera à la chasse de bonne heure, et on commencera par leur laisser manger les premiers gibiers qu’ils prendront ; mais on se gardera de leur faire connaître la volaille et les pigeons; enfin, lorsqu’à force de soins et de patience, on est venu à bout d’assouplir leur caractère farouche, on commence à les éprouver au vol ; mais on ne doit pas les perdre de vue dans les commencements, parce qu’ils pourraient bien manger leur chasse. On peut, avec les autours, chasser les perdrix, les faisans, les canards sauvages, les lièvres, les lapins, etc.
AUTRUCHE (Zoologie)* Struthio, Lin. — La grande espèce des oiseaux de ce genre que nous voyons dans nos jardins zoologiques d’Europe est celle dont les longues plumes blanches des ailes et de la queue deviennent, par leur mollesse et leur flexibilité, un objet de parure recherché avec avidité, et dont il se fait une si grande consommation en Europe, aussi bien pour ombrager la tête des guerriers, que pour flotter mollement sur la chevelure de nos élégantes, et pour former des touffes légères au-dessus des riches ameublements. Les autruches forment pour Cuvier {Règne animaj) un genre de la famille des Bréoipennes, ordre des Echassiers. Ch. Bonaparte les range, dans sa famille des Struthioninœ, ordre des Struthiones {Rudipennes), sous-classe des Grnt latores ou mieux Præcoces. Plusieurs auteurs les ont classées parmi les Gallinacés. Elles sont caractérisées par des ailes courtes, et cependant encore assez longues pour accélérer leur course, revêtues, aussi bien que la queue, des plumes lâches, molles et flexibles dont il a été parlé plus haut : le bec est déprimé horizontalement, l’œil grand, les tarses et les jambes d’une hauteur remarquable; entre leur jabot qui est énorme et le gésier, elles ont un ventricule considérable; elles sont pourvues d’un vaste réservoir où s’accumule l’urine, comme dans une vessie ; ce sont en effet les seuls oiseaux qui urinent. Comme les autres Brévipennes, elles n’ont pas de pouce. On n’en connaît que deux espèces, et Cuvier pense qu’on pourrait en faire deux genres : 1° L’d. de l’ancien continent, A. d’Afrique {Struthio camelus, Lin.), nommée A.-chameau, à cause de la conformation de ses pieds, de sa manière de se coucher en trois temps, comme le chameau, de ses mœurs, de sa manière de vivre comme lui dans le désert, etc. {,fig. 235). C’est le plus grand des
Fig. 235. — Autruche d’Afrique.
oiseaux vivants; il peut atteindre 2“,50 de hauteur et peser 40 kil. Il se distingue par deux doigts à chaque pied, dont l’externe, de moitié plus court que l’autre, est dépourvu d’ongle. Ils vivent en troupes dans les déserts de l’Arabie et de l’Afrique : les femelles pondent de douze à