‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 20 sur 209 · ALUN · texte numérisé non relu

ALUN

AMAOROSK

des liëuiorragies actives, est-ce h dire qu'il ne se rattache pas aussi à Tordre des hémor^ r.igies ^ssives? Eh bien I c'est dans cos cas, a iis ne sont pas rares, que le sulfate d'aluuùne doit être employé. Qui ne sait que les {lilules dites d'Hrivétiut^ qu'on donne à la dose de> six , douze et trente-six grains, uu( joui et jouissent encore d'une grande lugue, dans les perles, les hémorragies ( assives, les crachements ei les vomissements de saog passifs, et que ces pilules se composent d'aluD et de sang-dragon, soit par parties égales, comme on le fait en Angleterre, soit deux parties d alun et une partie de sangdragon, comme cela «e pratique en France. Cbose certaine, c'est que ces pilules fon les fait ordinaireoicnt de trois grains) h la dose dedeui, quatre, huit, douze, ou Valun seul en poudre, à la dose d'un demi-jçros, produisent d'heureux effets quand il y a faiblesse de la constitution ou faiblesse locale 6<?(deizieut.

Est-il nécessaire que nous disions que la propriété astringente de l'alun Ta fait employer extérieurement dans les hémorragies traumatiques? Je ne le crois pas nécessaire; cependant nous ferons observer que ce n est qu'alors que des petits vaisseaux sont divisés, que l'alun en topique peut arrêter lo cours du sang. A ce propos, nous devons laire remarquer que si, en l'absence du chirurgien qui a pratiqué une opération majeure, on s'apercevait que les pièces de Tapl>areil sont imbibées de sang, et que ce liquide continue h s'exhaler, ce qui affaiblit liiaucoup ro|iéré et met ses jours en danger; dans ce cas> on saupoudre d'alun ou on imli.be avec une forte dissolution de ce sel les lMècesdel'appareil,pendantqu'on va prévenir le docteur; ou si I appareil est facile à reluellre en place, on Tôte, et après avoir trempé U charpie qui a servi à ce pansement dans le topique alumineux , on la remet en l'Iace.

Si des hémorragies ititemos ou traumatiques nr)ii5 passons à des maladies d*un autre ordre, nous constaterons que l'alun agit avec la même efficacité, soit d^ms les leucorriiées atoniques, soit dans les phlegmasies ^atarrhales avec prurit des parties de la gé- Itération chez les femmes et les jeunes filles, ^il dans certains flux diarrhéiques ou dys- ^Mîutériques, soit même dans la colique de [jomb, etc. AinsiHome,par exemple, assure, f après ses expériences clinic]ues, avoir, (>ar i adiBinistration de l'alun» diminué des flux de ventre invétérés; et depuis bien des ann^s,il est de notoriété publique que Kœpe- K médecin de l'hôpital Saint -Antoine, a combattu avec le plus heureux succès les coliques de plomb par l'administration du sulfate d'alumine à la dose d'ui à deux gros dans une potion gommeuse. Cette dose était réitérée quand la maladie ne se dissipait pas ^prèt la première: et Ton sait combien est long le traitement de la colique de plomb.

Mode d'administration. Nous avons peu de tbose à dire du mode d'administration et des doses de l'alun, les détails dans lesquels

DlCTlONN. DB MÉDECINE

nous sommes entré nous (laraissa&t suffisants. Nous ajouterons cependant, en lenni« uant, que, d'après H. Merat et Delens, Talun, associé à un blanc d'œuf et à reau-<ie-Tie camphrée, forme uti liniment propre k fortifier la peau contre les engelures et contre les rougeurs ou escarres qui sont ia suite d'un décubitus prolongé.

AMAUROSE, Goutte sebbi^ib; s« f., nmau* rosis ou ft/»ftÔ0vtfic, de a^jptepoc, obtus. — Ce oui la caractérise, c'est la diminution ou 1 abolition complète de la vue, sans la perte de transnarence des humeurs ou des membranes ae l'oeil, avec dilatation ou resserre^ ment des pupilles, l'iris ayant perdu, en tout ou en partie, la faculté de se contracter sous l'influence de la lumière; ce qu'on attribue généralement à une altération plus ou moins profonde de la sensibilité des nerfs optiques ou des plexus ciiiaires.

Divisée en complète ou incomplète, en récente ou invétérée, en continue ou périodique parles uns; en idiopathique, aymyttomatique ou métastatique par d'autres, Tamaurose se manifestera d'autant plus facilement, qu'on y sera pr%dis{)Osé davantage par l'impression sur les yeux d'une lumière trop vive; l'habitation dans des lieux bas et humides, obscurs; les veilles opiniâtres, les contentions d'esprit, les travaux de cabinet trop assidus, les études poursuivies sans re* lâcne, l'état pléthorique, la suppression d'une hémorragie habituelle, l'abus des plaisirs vénériens et des bains chauds, certaines professions (graveur de musique, joaillier, compositeur d'imprimerie, vidangeur, etc.); celles surtout où l'on travaille sur des objets brillants, incandescents, ou qui obligent qu'on se serve habituellement du microscope ; la réflexion des rayons solaires, la lactation prolongée chez la classe indigente, de longs ei violents chagrins, les saignées répotées, la salivation ou des suppurations abondantes, une diarrhée opiniâtre, et enOn certaines maladies : les principales sont l'hydrocéphalie, aiguë ou chronique, l'inflammation chronique des yeu x qu'on néglige. Nous ne par^ Ions pas des âges, puisque Tamauroseestcongéniale et peut nous alt'ecter à toutes les époques de la vie (quoique plus fréquente cependant dans l'âge viril); m du sexe, pulsqu elle attaque également les hommes et les femmes ; mais nous signalerons, comme une prédisposition à peu près certaine, la couleur noire ou brune des yeux, ceux-ci étant plus fréquemment affectés que les bleus ou les gris dans une proportion ;; 25 ou 30 : 1 ; et comme causes occasionnelles, l'action des narcotiques, l'usage prolongé et immodéré des préparations arsenicales, le pain de seigle ergoté, une irritation gastrique, l'impression de la foudre, une violente colère, un froid excessif, la grossesse, les v^rs intestinaux, les calculs vesicaux engagés dans l'urètre, la section des nerfs de la cinquième paire ou de la portion cervicale du grand sympathique, la compression ou la paralysie du nerf optique, (es plaies et les contusions de la région surcfllière, ou des paupières, ou du

AITAUROSË

A^fAUROSE

glt^ile ro:il, les plaies pénétrantes de l'or* bile, les caries ellmioidales oudentaires, etc.

Quand Taniaurose s'établit» elle le fait ordi- Mirement avec lenteur, c'est-à-dire que le plus souvtnt^ soit qu'elle attaque un seul œil, soit qu'ils en soient affectés tous les deut simultanément, le raalade se plaint, dans le dernier cas surtout, d'éprouver beaucoup de difficulté à distinguer les objets éloignés et peu. éclairés , d'un sentiment de sécheresse incommode & la surface du globe de l'œil, d'une sorte de battement ou seulement de tension dans cet organe, et de cel>halalgie bornée parfois à Id région susorbitaire ou aux régions temporales , et qui d'autres fois se prolonge plus ou moins et disparaît c^uandla cécité est complète. Cette céphalalgie s'accompagne , en outre, de vertiges, d'éblouissements, de tintements d'oreilles, d'un engourdissement général et d'insomnie. Par une singularité assez reinar- (]uabl6, le moindre mouvement des paupières détermine chez certains malades une gène douloureuse aux yeux, semblable à celle qu'occasionnerait un corps étranger interposé entre elles et l'œil ; cnez d'autres, il y a des hallucinations de la vision telles et* si variées, que les uns croient apercevoir des filaments, des taches noires, des insectes, des flocons blancs ; et que les corps qu'ils veulent examiner leur semblent voilés par une vapeur épaisse ; les autres voient ces corps coloriés, défigurés* entourés d'une auréole brillante, et quelques-uns, enfin, perdent la faculté de discerner les couleurs. De môme, il n'est pas rare que le malade devienne presl^te ou myope (il est plus souvent presbyte), ou qu'il soit atteint alternativement de cécité et de vision distincte, et cela pendant on temps plus ou moins long; ou bien, enfin, qu'il soit béméralope ou nyctalope (Foy. HfcMÉRALOPiE, NvcTàLOPiE), phénomènes pathologiques diffi^rents, qui ne sont que des degrés divers de lamaurose, et que, par conséquent, on aurait tort de décrire sous des noms particuliers, comme étant des mnladies distinctes.

Ce n'est pas tout: à mesure que la maladie fait des progrès, Tiris et la pupille offrent des changements notables. Ainsi, l'un perd peu & peu de sa mobilité, et l'autre se dilate etcbange de figure ; c'est-à-dire qu'elle quitte sa forme circulaire, pour prendre une torme irrégolière, ovale, anguleuse, paraissant même dévier de sa situation normale. Notons bien qu'il n'en est pas toujours ainsi, puisque, dans certains cas, les pupilles restent resserrées et Irès-étroites (ce qui déf>end peut-être d'une piilegmasie latente de 'iiis), et dans d'autres, 1 ouverture pupillaire,quoiquemédiocrementdilatée, conserve encore de sa mobilité, malgré que la vue suit complètement perdue. Ceci s'observe surtout quand la goutte sereine n'affecte qu*un œil, on lorsque les deux yeux ne sont pas affectés au même degré. Pour constater ce phénomène, il Ciut ouvrir et fermer en môme temps les deux yeux du malade; dans ces mouvsemettts opposés on voit les deux iris se

mouvoir également, et au môme moment, celui qui est malade se dilate sympathiquement, au lieu que si on ferme l'œil sain sans fermer l'autre, l'iris frappé de cécité resle immobile.

Nous avons un autre moyen de constata* tion : il consiste à diriger un rayon de lumièri^ très vive sur l'œil affecté ; dans ce cas, la pupille reste immobile, tandis qu'elle renretul sa mobflité lorsque l'un et l'autre œil sont simultanément exposés & la lumière. Remarquons encore que l'ainaurose n'entraîne pas constamment VaboHtion des mouvements de l'iris, puisque, dans certaines ceci tés ama;:rotiques , il y a une (elle exaltation de la sensibilité de celte membrane, qu'elle se contracte de manière à produire l'occlusion de la pupille sous l'impression d'une hunière modérée. M. Himly a observé un fait plus curieux, il a vu les contractions de l'iris s'effectuant dans un sens inverse à leur mouvement physiologique, c'est-à-dire, que les pupilles de son malade se contractaient pendant que l'œil était fenné, et se dilataient ensuite progressivement, à mesure que la lumière qui frappait l'œil qu'on venait d'ouvrir, devenait plus vive.

Quant à la couleur du fond de l'œil qu'on distingue h travers la pupille, on a remar(]né qu'elle présente souvent des nuances variées autres que celles qu'on observe dans l'étal normal. Ainsi elle paraît vordâtre, grisâtre, plombée, jaunâtre et rarement d'un noir aussi pur qu'en santé. Je l'ai vue auelquefois avoir cet aspect nébuleux qui résulte, aîl-on, d*une altération de la rétine; d'autres fois cette couleur rougeûtre et brillante qu'on attribue à la congestion sanguine des rameaui do l'artère centrale de la rétine, selon quelques-uns; à l'absence du pigment noir de la cnoroïde (c'est l'œil de chat amaurotique de Béer) selon d'autres ; et enfin, cette teinte d'un blanc jaunâtre qui a quel^uU analogie avec l'aspect que présente un œil frappé de cataracte: heureusement qu'aucune ue ces différentes altérations de couleur n'annonce rien de fâcheux. Reste que, quand l'amaurose est complète, fœil pera toute expression, il reste fixe et dans une immobilité absolue comme les paupières, sans se dirieer vers aucun objet; et pourtant toute faculté visuelle n'est pas entièrement éteinte, puisque lorsqu'on approche un corps quelconque des yeux, on dirait qu'ils en sentent la présence, pour ainsi dire, ce qui n'a pas lieu dans la cataracte et sert à les distinguer. Disons, en terminant la svmi)tomatologie de la goutte sereine, que la vision de flocons blancs ( dont nous avons déjà parlé ) accusée par les malades, n'est pas toujours un symptôme d'àmaurose, attendu que et tte aberration visuelle résulte parfois de la présence de véritables flocons blancs qui se trouvent flottant dans l'humeur de Morgaj^ni, ou bien d'une illusion morbide de la rétine malade; toutes circonstances à prendre en considération, quand on établit le diagnostic de Tamaurose.

A ce propos, nous ferons remarquer que,

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