‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 62 sur 209 · CHARBON · texte numérisé non relu

CHARBON

CHLORE

feuillets qu'elle îascrit (ont ce dont o}le désire conserverie souvenir * c'est en lui qu'elle concentre toutes ses £»eu4^és intellectuel Les et tous les seiitiiueots affectifs, pour, par l^i, les communiquer et 1^3 répandre. {Vov. mon Introduction au Dictionnaire des facultés i/itellectiiclles ei affectives de l'Ame.)

CÉVADIU.Ë, s. f. , veratrum sabadilh:

plante du Mexique^ de la famille des colchicaeées, dont les fruits capsulaires sont à trois coques jaunAtres > allongées, et ressefoblaojL grossièrement à des grains d'ofge ; ils ren^ ferment un jirincipe très-actif, d&ouverlpar Pelletier, qui Va nommé vér4Urine.

La véralrine, prescrite à l'intérieur dans la goutte et le rhumatisme, parait égaleo^ent utile, f:oit qu'on J'adiaînistre sous forme ^'a* cétaie, de sulfatée ou <le taKrate ; axais c'c^t surtout dans les névralgies qu'elle produit les meilleurs effets. Dans ces cas, dix grains d^ vératrine « mêlants exactement h uw ofic^ d'axon^e« forment une pommade qi^j, étendue »vf une large surface, calme bionT tôt la dotUeur^ éjlojgn/e les aceès^ et $ait p«r les £aire ces&er .complètement.

Qm^i aux capsuWs elles-mAmes,e}le^oi)t été de tout temps coMseiJléç^ coipme vermi* fuges, ci, dans ces derniers temps, oji «ijsignalé l^r cfficficiié contre hd ténia ; mais on y a bieii viie renoncé, pûfC9 que Tadministralion dç ces fruiis n'est piis S9»s ^^ng^» alor^

Sue ia fougère ot Técorce déracine degrena* içr n'enofff^nipts. C'esiLcofl^^ie pourThabi^jlude où sont les habitants de la province dj^ saupoudrer la tête de leurs enfants avoK^ I4 4)oudre de cévadille, lorsqu'ils oi^t des poux ; cette pratique ne saurait^lre tropcondamnéCi Jes ulcérations que les en&nts déterminent comntunément au cuir chevel-u, lorsqu'ils se griittent, offrant une su^rfiice par laquelle ;la poudre peut être absorbée, c^ quji est géaé-r raicment suivi d*Accidents graves.

ÇMAJ^CJttE, s. m., cancer. — C'est Je nom que ron 9 donné à ccrtai^JS ulcères^ de nai\xm syphilitique, qui ont de la tendance k s*étenare et à ronger ies parties environ-r naates,èla manière d^ca9cer.(Foy.S¥f)im.is.)

CHARBON, s. m., carbunculus ou«vd^aS.

— Il consiste dans une tu,meur circonscrite,, aviuU son siège dans le tissu cellulaire sousjcûtané^ ressemblant beaucoup à un furoncle^ dont il diffère pourtant uar sa couleur bleuâtre, livide et quelquefois noirâtre, et par les douleurs bien plus vives encore qu'il détermine. Cet(t^ tumeur peut affecter toutes les parties du corps : si on t'abandonne au^ sQins .île la nature* une escarre se forme, J*abcès s'ouvre, et il s'en écoule un bourbillon .^pi|i s'échanpant par lambeaux des ouvertures multiples qui se sont formées; tandis que si on i ouvre de bonne beure è Taide d'un X|iu5tique, 4)n procure la sortie d'une matière livide, semblable & de la lie de vin.

On a assig(ié pour cause au obarbon le contact de la peau d'animaux morts, et Ton considère IMuilai^uiAti^n qui s'y manifeste , .oonune jétarét d'une nature paruculière. C'est pourquoi on a proscrit ^\x traiterpeni les aatiimlo^istiques qui, notn-seulemeiut sont

inutiles, mais souvent préjudiciables. Ou i£ur préfère avec raison rapplication des topiq^ues maiuratifs, Teicision ou la cautérisation de la peau, ^t & l'intérieur l'emploi des purgatifs et des toniques. Du reste, tant que la charbon reste à l'état de maladie locale, charbon bénin, soijt pronostic n*a rien de grave, mais s il s'y joint des symplômos généraux, ij constitue alors le charbon maliv, mieux désisté et plu^ connu ^ous le nom de pustule maligne {Voy. ce motj^ maladie qui n'est pas sçn s danger.

CUAUDÇ-PISSE, s, .f.| gonorrhusa. — Nom vulgaire donné ^ l'écôulemeat blennorrhagiqiie, è cause de la c^^^eur et de la douleur que l'urine occasionne en traversant le c^- ^al dâ l'urètre. Yoy. Blennoaiij9A6|e.

CflAU^, 6, f., calço, — {«a cbaux vive^ pro* toxyde de calcium^ est toujours un produit de l'aii't. iSoR usage est si répandu que nous croyons .devoir passer sous $ilence les ciiraclères auxq^^iels on la reconnaît ; tout comoie Aouç lite dirons rien de sa propnïiê caustique, tout le monde sadiant bien q^c la çhauix possèdiÇ œite propriété au mh\^^ degré que Ja potasse «t )a soude. Mais ce qui est ^omscoimu peut-être, c est qne la clinui fait la base des po^imades épiiatoires, et cefle centre autres que les frères llahou ont

1)ropo6ée pour faiiiie tomber les cheveux daJi> a :te^gne, «1 cjcat^iser Jes ulcérations du cuir chevelu ; que Unfeland préconisait un niî- Jauge de parties égales d'huile d'olive et do chaux contre la teigne, les 4art;res qui s'accompagnent dedémaogeaifiop, lesengeluirs etc. ; que l'eau de Qbaui^ ^qu'op obtient eu dissolvant l'hydrate de chaux dans i50 pnrtijes d*^au^ contient un ^rain de cbaux pzir once, a une saveur alcaline très-projiûnaV, et jpeut être .employée en lotions contre lo^ •vieux ulcères, le nrurigo ; en gargarisme .dans les angines chroniques atoniques ; on lioisson, chez les individus qui ont des aci- .dités dans les premières voies, des fl^tuu- ÀLlés; en injection dans les .catarrhes cbruniques de la vessie, la leucorrhée, etc. w]u'à la dose de deux à quatre onces par jour, coupée avec du lait chaud et sucré, elle guérit les \i\x% diarrhoïques, ce qu'on obtient bien plus facilement encore alors qu'on donne un lavementcntier^ dans lequel on fait «nlrer quatre ou six onces .d'eau de cbaux et .trois ou quatre gout,tes de laudanum defiousseauX'est encore parla cha\ixqu'el]ei>canlien-

neïit que l^s pouures dit^es absorbantes (/eux d*écre.visses, (icaillcs d'huîtres, etc.j Joiyiîiil de jou»ir dos propriétés qu'on leur attribue. CHÉMOSIS,.s. m.,cAmowi, de ;c«ï»«»v,bilï!- 1er.— Maladie de l'œil qui se mao/festequel' quefois dans l'ophlbalmio, et qui est caractérisée par le gonflement de la conjonclin» autour de \^ «cornée transparente ; cette dernièrê paraît comme enfoncée au milieu^^ bourrelet rouge formé par le boursouili';ment de la membrane qui recouvre l'^J^i**

r ou Op^thàluie

• CflLOBE, s..w.,riîorvm, de yV^^ }^f^' — Découvert en 177fc parSchéele, qui '»]'] pela acide .marin <;léphlogistiqué 1 il '^*

aiL0H8

CHLORE

ooDittié plus lanl ar î«Je marinUque oxygéné; mais ce n'a été qu'après que Dav^r, Gay*Lus- $jc et Tbéoani ont eu prouvé qu'il était un corps simple quHl prit le nom qu'il porte aujaurdliui. On !*oblîoDt en faisant réagir Ijeide bydrocfalurtque sur du peroxyde de iDaogaoèse, c'est-à-dire en m^^Iant 1 partie de ce dernier avec k parties d'aeide à ^Sr.

Dans on mémoire sur le traitement des maladies du foie, reproduit par les ÀrMreg êéntraUs de médecine^ I8â&, le docteur WiU bam Wailace nous apprend que lorsqu'on eipuse un individu, dans un appareilconv^ oable, à Taetion du chlore , suffisamment mêlé à de Tair on à de la vapeur d'eau, sous aoe température de kSr centigrades, il commence, ao bout de dix à douze minutes, il éiconrer en divers points de la peau une sen- ^;0Q comparable a la piqûre de très-petits insedes ; ce prurit est accompagné de «o^urs plus abondantes que n'en sollicite* nii lair chargé seulement de la Tajieur de feaa àla même température ; si l'eipérience est continuée, la peau finft |)ar se recouvrir de petites vésicules.

Si 00 fait arriver directement la vapeur cfaiorarée sur une partie, la peau prend bieolôt en cet endroit une couleur rouge de plus en plus intense ; elle devient chaude, dooloureuse» se tuméfie et se soulève. Cet «"tal persiste quelques jours au bout desquels Tépiderme se détache par desquammation; enfin Ton obtient la série de phénomènes qui se développent dans l'érysipèle. Les effets immédiats de l'application de la vapeur du chlore sont donc une exaltatio*i de la sensibilité de la peau accompagnée de sueurs particulières, avec augmentation de sécrétions, congestion sanguine dans les capil* iaires et élévation de la température.

Ce n'est pas tout, l'action du chlore est tellement irritante pour les organes pulmonaires qu'il cause immédiatement une vio* lente iollammation de la muqueuse du la* rvnx et des bronches, s'il est mêlé à l'air en Lotable quantité; respiré pur, il tue en quelques secondes.

Avant qu'on eût songé à faire servir le chlore au traitement des maladies, on l'appliquait à l'bjgiène comme désinfectant.

Ainsi peu de temps après que le professeur llalfé eut le premier, dans un rapport sur les fosses d'aisances (1785), signalé la propriété antiseptimie du chlore, Fourcroy le recommanda (1791), comme prc^re à désiufecter les cimetières, leis caveaux funénires, les étables dans les cas d'éfHzootie, à détruire les effluves infectés, les virus con- ^gieux, les miasmes délétères ; et Guilbert, fQtéme année) le proposa pour centraliser les miasmes répandus dans l'air, ou qui aillèrent aux corps infectés, et comme le çieilleuranticontagiooniste. Ce dernier dit i'af«>ir employé avec Vauqueiin, pour déiraire l'odeur pernicieuse qui s'exhale des «iavres, et Ton sait que Cruikshank et Chaussier s'en serrirent dans les salles de dissection. Toutefois, nous devons le dire, ce t»*esl guère qu'à <luy ton de Morvcau que re-

vient la plus grande part du mérite d'avoir en quelque sorte popularisé remploi du dilore« son zèle et sa persévérance seule l'ayant faiteotin adopter partout et par t^us. Voici quel éitift son proche ;

Prenez du muriate de soude (sel grîg de cuisine) 5 parties; oxyde de «nangan^ pulvérisé et tamisé 1 partie; acide concentrée & 66** (l*bui!e de vitriol), 4 parties. H fiiez sans triturer le sel et le manganèse dans UD vase de porcelaine, e( mettez à froid ou à chaud, en une fois, l'acide sulfurique. 11 iSaut nSpandre la vapeur qui se dégage dans l'appartement que l'on veut désinfecter. A ▼rai dire,oe n'est que le chlore gazeux qui fut employé dans le principe k cet usage, et les choses se passèrent ainsi jusqu'ici 1815, époque à laquelle Tbénard proposa le etilore liquide, moyen bien plus commode et plus facilement applicable et qui d'ailleurs est aussi actif comme désiofaàani que les dijorares alcalins. •

Mais si le chlore et leseUnruress<Mit évidemment efficaces^ en tant que désinfectants, et deviennent par lÀ d'un bien grand secours dans les itoiuéraies« que dirons^nous du chlore employé en topique et mis directemeot en contact avec la matière organique chargée du prineipe virulent ? Nous dirons qu'il le détruit complètement, et la preuve, c'est que Fariset et les autres membres d«) la commission Hiédicale envoyée eu ^ypte, en 1829, pour y étudier la peste, ont pu se vêtir impuném^it des vêtements des pestiférés, après qu'ils eurent été lavés et mis en maoécation dans une solution decblorure de soude affaiblie et puis séchés au soleil. Nous dirons encore que les lotions et injections faites avec l'hydrochlore et les cJdorures alcalins ont pu modifier le virus rabiéique dans les plaies faites par un animal enragé, et préserver 4e l'hydrophobie ; mais que cependant les faits ne sont ni assez nombreux ni assez concluants pour négliger l'emploi des autres moyens oue l'on a conseillés uans ce double but (Foy. Rage). Nous dirons également, ou'il peut être avantageux d'injecter avec de l'eau chlorurée les fovers des vastes abcès qui entretiennent une fièvre de résorption (voyer de Marseille) ; de faire pénétrer des injections chlorurées dans la matrice, lorsque le placenta ou une masse queloonque se putréfient dans la cavité utérine; quop peut donner des lavements de chlorure de chaux ou de soude pour modifier Todeur des selles des dyssentériques ; de lotionner la surface du corps dans les cas de variole confluente, alors que le pus commence h exhaler une odeur fétide , etc., etc.

Nous avons parlé des propriétés irritantes du chlore sur les voies respiratoires ; ne serait-il pas possible de Tutiliserdans quelques cas de maladie des poumons ? Il parait qu'on l'a tenté et que même on en a un peu trop exalté l'efficacité, car il s'agissait déjà d'un spécifique de la phthisie pulmonaire. Il est facile de comprendre que, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, atoniques, bien souvent, trop souvent confondus avec h iihtt^'-

sir;

CHLORE

CHLOROSE

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sie luberculeuse, les vapeurs de chlore peuvent avoir facilité rexpectoralion, diminué l'exhalation bronchique et guéri lo catarrhe; mais faire inspirer un gaz irritant à des individus chez qui il y aintlammalion évidente, comme cela se passe dans la phlhisie pulmonaire, ce serait activer le foyer derincendie. Voilà pourquoi Laennec, Husson, MM. Chomel, Andral, etc., ont été contraints d*y renoncer. Après avoir, pour la plupart, constaté quelque mieux les premiers joun de son emploi, bientôt il fallut le suspendre, parce qu'il se manifestait de Tirritation au larynx, une sensation de sécheresse dans la poitrine ai de la toux, preuve bien manifeste de son action malfaisante.

Somme toute, le chlore agit, 1* comme désinfectant. A ce titre voici comment on doit procéder, suivant !es conseils deLabaraque: Pour éviter rinfection d'un appartement ou le désinfecter, il faut placer un plus ou moins grand nombre d*assi(lttes, selon l'étendue du local, contenant une cuillerée de chlorure de chaux liquide et six cuillerées d'eau : le mélange doit être renouvelé tous les jours. En outre, dans les magasins, les ateliers, on doit faire des arrosages avec un liquide contenant une partie d'hydrochloro par vingtcinq à trente parties d'eau. S'agit-ii des égouts, des latrines , on verse dedans une bouteille d'hydrochlorc, mêlée ii quarante bouteilles d'eau. A-t-on touché h des objets infectés, les mains doivent être lavées avec une eau contenant une vingtième de chlore. Veut-on retarder l'inhumation d*un cadavre et en empéther la putréfaction ; après avoir versé une bouteille d'hydrochlorc dans douze livres d'eau, on trempe des draps dans ce mélange, on en enveloppe le corps et on entretient les draps continuellement humides, par des arrosages avec le môme liquide.

2** Le chlore agit encore comme excitant, et se montre elTicace dans les ulcérations aloniques internes ou externes; dans l'angine gangreneuse, les aphthes , les ulcères scorbutiques des gencives ou de la surface du corps; contre certaines éruptions herpétiques, etc. ; en un mot, toute les fois qu'il faut stimuler les tissus et procurer un surcroit de vitabilité dans les |)arties affectées. 11 convient donc dans les catarrhes vésicaux, vaginaux (leucorrhée) et contre un flux séreux dont on veut tarir la source, alors que la période d'inflammation est complètement passée, et que la faiblesse de la partie devient une cause réelle de la prolongation de l'excrétion muç^ueuse anormale.

3Iode (V administration et dose. La dose de rhydrochlore àTintérieurvariededix gouttes h un gros par jour ; on le donne ordinairement méléà de Teau sucrée. Pourl'extérieur, on rétend avec deux, quatre ou six fois son volume d'eau, suivant Tusage auquel on le destine, et l'état des parties sur lesquelles il doit être appliqué. Quant aux vapeurs de chlore, on a imaginé des appareils pour les faire aspirer, mais ils fatiguent tous plus ou moins le malade, et l'on a cessé de les empbyer. Du reste, il sufTit de verser un peu de

chlorure de chaux dans un vase contenant <le l'eau, et d'en humer petit à petit la vapeur qui s'en exhale.

Pommade des frères Mahon contre la teigne, Pr. : soude au commerce trois gros; chaux éteinte, deu*x gros; axonge, deux onces ; M. — Leur poudre épilatoire,qui est un remèi» secret, contient, d'après l'anajysu

2u'en a faite M. Chevalier, de la chnui teinte et presque carbonatée, de la silice, do l'alumine et de l'oxide de fer, du 5ouscorbonate de notasse et du charbon. Pour la manière de s en servir. Voy, Teignr.

CHLOROFORME. Voy, ETeéiusATioN.

CHLOROSE, s. f., chlorosis ou xW^^ vert, ou tirant sur le vert. — C'est une maladie caractérisée par la décoloration de la Seau du visage et du reste du corps, par h accidité des chairs et un état de langueur el de faiblesse habituel, soit de tout Tor^v nisme en général, soit des divers systèmes d'organes en particulier. Cette maladie qui doit son origine à toute cause affaiblissante, physique ou morale, qui tend directement ou indirectementàapiauvrir le soiig, ou à l'altérer dans sa constitution physicochimique, se manifeste sous deux états, qui ne ditrèrent entre eux que par l'intensité, la gravité et la persistance des symptômes physiques et moraux. Ainsi, dans la ehlorose légère le teint perd son coloris, sa fraîcheur, il |)àlit (de là le nom de pâles couleurs qu'on a donné à cette maladie], et pas^e au jaune paille ; au lieu que, dans la ehlorose grave, la face est terne, verdâlre, plombée et uitme terreuse; dans Tune, les lèvres pâlissent, les yeux se cernent légèrement, la bouche est pâteuse, la langue blanche et un peu chargée, quelquefois rouge à la pointe et sur les bords, Tappétit nul ou dépravé ; dans l'autre, le visage est boufîi, le malin seulement, et les malléoles le soir, les joues sont flasques et pendantes, les oreilles pâles et froides, ainsi que le nez; les lèvres minces et vio- It'ttes ou pâles, les paupières cernées d'uu cercle bleuâtre, les yeux larmoyants, abattus, tristes, à demi fermés, et pourtant la conjonctive conserve toujours sa couleurhabituelle; les caroncules lacrymales, les gencives pâlissent, le goût pour les aliments est dépravé, et cette dépravation s'étend mfiiue

a uelquofois jusqu'aux boissons ;on découvre es tics de natures diverses (l'un croque du charbon, l'autre de la craie, celui-ci mange des acides, etc]. Dans le premier cas, le malade se plaint ae céphalalgie légère ainsi que d'une douleur épigastrique, douleur (qu'augmente la pression, mais qui néanmoms e>t encore supportable, de lassitudes, d'une sorte de torpeur générale, d'engourdissement et de brisement des membres, quelquefois de douleurs un peu vives dans fes cuisses et les lombes ; de respirer difficilement 3*il marche vite, court ou monte un escalier, d'avoir des battements de cœ^xr; dans le seconde, il éprouve des tintements d^oreilles, des éblouissements, un commencement d'aniblyopie, une céphalalgie vive à l'occiput, df^» douleurs plus ou moins fortes dans le fond

CHLOROSE

CHLOROSE

(les orbites, \es nerfs du crflne et du cou, ou une simple pesanieuc de tète avec somnolence. Néanmoins le sommeil est léger, pénible, troublé par des rêves ou par un affreux cauchemar , la respiration est gênée, rare : delà, des bâillements fréquents ; au moindre mouvement un peu brusque, et même par le plus léger exercice, TessoulSement est extrême, une toux nerveuse se déclare, les battements du cœur s'accélèrent au point de dégénérer en palpitations très-violentes et fort iDcommodes, les artères temporales et ca-* rotides battent avec force et produisent, à la région du cou, un bruit desoufflet, de diable^ bruit qui, du reste, peut être entendu h bien d'autres endroits qu*au cou et est Qaractéristique. La douleur épigastriquo est prescrue incessante, l*estomac se ballonne ai>rès les repas, les digestions sont très-pénibles et doooent lieu à la formation de gaz ; il s*jr /oiflt des borborygmes, des nausées, des vomissements avec constipation, ou des tranchées avec du dévoiement. Enfin , dans le premier cas, le pouls est vite et fréquent, les règles ne s*établissent pas chez les pubères, ou se supprinient après s*ètre montrées, ou n'apparaissent qu'à de très-rares intervalles, le sans est légèrement aqueux ; dans le second il se manifeste des némorragies sjmplomatiques parle nez, la bouche ouTutérus; le pouls est petit et faible, inappréciable; les sueurs sont rares et la perspiration se faisant mal, la neau paraît rude au toucher; le sang, qui s'échappe par hémorragie, est si séreux et si pAle, qu'il ne tache point le linge ; peu à oeu la faiblesse devient plus grande, la voix s'éteint (aphonie), des syncopes fréquentes se manifestent, il y a tension des hypooondres, boufUssure générale, ramollissement des ongles, des obstructions glandulaires, diarrhée colliquative, fièvre lente et mort.

Au moral, quand la chlorose est légère, ellese décèle par la tristesse, Tennui, la mélancolie ; la chlorotique fuit la société, renonce volontairement aux plaisirs, cherche la solitude pour y verser en secret quelques larmes, y soupirer, y lan^ir sans soulagement; et quand la maladie est confirmée ou grave, le caractère devient bizarre, taciturne, d'une morosité profonde.

En énumérant les symptômes qui caractérisent les chloroses commençantes ou confirmées, nousavons indiqué les changements turvenus dans l'éclat et la fraîcheur du teint, qui ont fait donner à la maladie le nom de p4leicou/eura; nous ferons remarquer maintenant quant à ce, et c'est chose excessiveoenl importante, qu'il est certaines femmes nabituellement très-colorées, et qui, quoique ayant conserv&ies apparences d'un étal pléthorique, n'en ont pas moins le sang not^lement appauvri. C'est un fait que nous <YOns signale, que Texpérience a confirmé; *t pourtant, combien ae médecins qui se surprennent encore à cette fraîcheur factice, c^t Qui tirent du sang à une chlorotiquel

In)Q8 avons dit et répété plusieurs fois que Id sang était appauvri dans la chlorose, et qu'il Tétait toujours dans toutes les ma-

DlGTlONIt. DE MÉDEGIlIB.

ladies dites anémiques {Vay. Anémie). Pour^ rait-on préciser à quoi tient cet appauvrissement du sang? Cf'est une tftche que nous avions entreprise dans un mémoire qui nous aurait procuré, nous le croyons, quelques encouragements, sans l'opposition que nous avons rencontrée dans le conseil de l'Académie royale de médecine de Paris, qui, trouvant mauvais qu'un médecin étranger h l'Académie frond&t les opinions d'un de ses membres les plus estimés, opinions qui du reste étaient partagées par la plupart de ses collègues (paroles de Parij?et), ne nous permit pas d*en continuer la lecture. On nous pardonnera donc de consacrer quelques pages de ce Dictionnaire à Texpositioa sommaire de ce travail inédit qui, du moins à nos yeux, n'est pas sans importance.

Ayant observé que les fonctions digestivc, circulatoire, nutritive et génératrice sont imparfaitement accomplies dans la chlorose, un médecin anglais, Copeland, se crut fondé d'en conclure que cette maladie provient d'une action insuffisante du système nerveux et principalement du système nerveux ganglionnaire qui préside en quelque sorte a toutes les fonctions de la vie organique. Cette théorie, très-séduisante sans doute, bt beaucoup de proséljrtes, et entre autres, en France, M. Jolly, qui, pour la faire géné^ ralement adopter, s'appuya sur deux ordres de preuves, h savoir : 1* les preuves anatomiaues et physiologiques; 2* les preuves patnologiques et thérapeutiques. Il fait reposer les premières sur la corrélation et l'aaêociation intimes des nerfs pnoumo-gastrique et tri-splanchnique, leur distribution commune aux organes et aux vaisseaux, leur solidarité, qui est telle que toute affection de l'un ou de l'autre entraine néces* sairement les mêmes désordres, leur corrélation étant d'ailleurs indispensable à Taccomplissement de la vie nutritive* Et ce gui le prouve, d'après lui, c'est que la section de la huitième paire a pour efiet constant et immédiat d'empêcher 1 exercice de la digestion, des sécrétions, de diminuer sensiblement la chaleur animale et de défibriner le sang, c'est^-dire de suspendre la conversion du sang veineux en sang artériel. Quant k ses preuves pathologiques et thérapeutiques, il les trouve dans les Vousidérations suivantes : l'anémie et la chlorose sont une seule et même maladie. Les causes physiques et morales qui la produisent déterminent des névroses de toute espèce et les passions dites systaltiques ont principalement cet eflét: la nubilité, qui -dispose aux maladies nerveuses, dispose également aux pAles couleurs; les coliques saturnine et végétale, formes de l'anémie, tiennent à une sédation nerveuse; il y a simultanéité d'apparition, dans certains climats, de chloroses, de névroses et de fièvres intermittentes tierces; et ces maladies, qui peuvent bien différer de forme, dit-il, mais nullement de cause intime, de siège, de nature, guérissent par le fer et ses préparations, le quinquina et les amerSy qui sont tous spécifiques. Examinons

CHLOROSE

CHLOROSE

'^e mérite de ces deux ordres de preuTes. Etd^abord, en admettant avec l'auteur une corrélation ei une association iniimes entre le pneumo-çastrique et le tri-splanchnique, il ne s'ensuit pas qu'elles soient indispensables à Vaccomplissement de ta vie^ puisque chez les acéphales et les anencépbales, qui se développent et vivent de la vie embryonnaire, la huitième paire manque à son origine; puisque certains poissons qui existent et se reproduisent (raies, lamproies, etc.) n'ont pas de grand sympathique, etc. : et aailleurs , n'est-ce pas que lacicatriculede Tceuf humain contenant les rudiments des systèmes sanguin, nerveux et digestif, on doit croire à leur indépendance relative, quoiqu'il faille rinté{;rité absolue do tous pour que les fonctions organiques s'exercent ? Allons plus loin, et oemandons si les effets gu'il attribue à la section de la huitième paire sont réellement constants et immédiats. Non, car nous avons établi dans notre travail par les faits, les expériences et les déductions que nous en avons tirées, premièrement : que la section de la huitième paire n'arrête pas toujours la digestion, et que, lorsque celte fonction est empêchée, ce n'est que conse'cu^ tivement à l'engouement pulmonaire, cause rie la mort des animaux soumis à Texpérience, ou, d'après certains, que consécutivement aux troubles généraux qui accompagnent cette section ; secondement^ que nonseulement la sécrétion gastrique a continué à se faire après Tablation de la huitième pafre, mais encore qu'il est des organes glanduleux, les glandes lacrymales, saiivaires, qui sont hors de l'influence du grand sympathique, et qui au contraire reçoivent du cerveau l'excitation sécrétoire ; assurément, on ne dira pas ({ue la sécrétion de la glande lacrymale soit suspendue dans la chlorose ; troisièmement^ que l'abaissement de la chaleur animale peut s'opérer alors que la huitième paire n'est pas lésée, et qu'il suffit de diminuer l'action cérébrale, ou d enlever une partie du cervelet, ou de détruire isolément la moelle épinière,pour obtenir ce résultat. Et qu'on ne dise pas que cela tient aux corrélation et association intimes qui unissent ces centres nerveux avec le trisplanchnique et la huitième paire, car le refroidissement peut provenir, on le sait, de la ligature des artères, et il est plus que probable que les animauxse refroidissent après la lésion du tri-splanchnique, parce que la vie s'éteint graduellement en eux ; donc ce ne serait pas d'une manière directe que la lésion du grand sympathique agirait sur la calorification ; qiuitrtimementf enfin, quant à la défibrinatioo du sang ou sa non-conversion de sang veineux en sang artériel, nous avons à nous demander si c^st en agissant sur le système circulatoire ou sur la respiration que la section de la huitième paire empêche cette conversion 7 or, ce n'est pas sur le système circulatoire, puisque, si on fait la section du nerf vague et du grand svuipathique, en ayant le soin d'entretenir cliez l'animal une respiration artificielle, on

voit l'hématose se continuer : elle se continue même quand on a décapité l'animal, si on lui insume de l'air dans les poumons ; ce n'est point dans l'air, car la section des nerfs ne peut pas modifier l'état d'un fluide qui est hors de l'économie, et qui» lorsqu'il est introduit artificiellement dans le poumon, a les mêmes propriétés chez l'animal mutilé que chez celui qui ne l'est pas; c'est doue en arrêtant la respiration. Je vais plus loin, la division des deux nerfs vagues, sans lésion dugrand sympathique, trouble lare$pira« tion et amène la mort ; tandis que la section de l'un et de l'autre filet nerveux grand sympathique, sans division des récurrents, n'altère point cette fonction : que devient, dés lors, la solidarité de leur association intime, de leur corrélation ? Donc, sous aucun chef, les preuves administrées par M. JoUy ne sont admissil>les, les faits d'anatomie corn* parée, de physiologie, et les expériences qui ont été faites, leur étant complètement contraires. Sera-t-il plus heureux pour ses preuves physiologiques ?. Non, car il part d'un faux principe, selon nous, à savoir que l'anémie et la chlorose ne constituent qu'une seule et même maladie (c'est par trop absolu, puisqu'on peut établir entre elles un dia^ostic différentiel ) ; et puis, parce qu*il croit et affirme que les causes physiques et morales agissent directement sur le système nerveux, alors qu'elles impressionnent tout l'organisme et le sang en particulier; que la frayeur porte directement sur les nerfs; alors qu'elle agit également, directement sur le sang : que les passions systaltiques affaiblissent inévitablement ; alors qu'elles peuvent parfois redonner des forces (nous prouvions tout cela dans notre travail) ; donc il se trompe encore.

Il se trompe bien plus grossièrement à l'endroit de la nubilité, qu'il déclare disposer également à la chlorose et aux névroses, puisque pas un des seize faits qu'il cite ne s'est manifesté à l'époque de la puberté. Reste l'analogie qu'il trouve entre les coliques végétale et saturnine et l'anémie, qui toutes dépendent d'une sédalion nerveuse, et la similitude des pâles couleurs avec les névroses et les fièvres tierces des pays marécageux. Eh bien, nous le demandons, si la sédalion nerveuse est l'unique cause de la colique métallique et de la chlorose, pourquoi les antiphlogistiques réussissentils dans quelques cas de colique saturnine, et sont-ils toujours funestes dans la chlorose ? Pourquoi, s'il y a similitude entre celleH^i, les névroses et les fièvres tierces, voit-on si peu de ces dernières là où Ton voit tant de chlorotigues ? (Faits que nous établissons.} Pourquoi enfin, si le ler et ses préparations, le quinquina et les amers, sont spicifiaues de ces maladies, le fer ne guéritil pas les 6èvres,d'accès, le quinquina toutes les névroses, leÀ amers ou les toniques la chlorose confirmée ? Pourquoi ? parce que ces affections ne sont pas de même nature : donc la théorie de M. Jolly pèche co tous points^ et n'est point soutenable.

Ok>i>

CHLOROSE

CHLOROSE

Mais quelle est donc la nature dos pAlos couleurs ? nous demandera-t-on. La défer- RCGniTioN du sang : nous l'avions a? anoé en 1837, nous avons voulu le prouver en lSi4, on ne nous Ta point permis; le lecteur rompreodra donc que, dans cet article, où nous tenons moins à prouver la fausseté de la doctrine de M.Jolly,quela supériorité de la o6tre, nous nous soyons borné à une analyse sommaire de la pretnière partie de liotre travail, et insistions longuement sur la seconde. Voici quelles sont les questions que Dous y avions traitées:

l'Le sang contient-il du fer, et dans quelles proportions s'y trouve-t-il comparativement, chez les personnes saines et chez les fhloroliques ? 2" Le fer est-il le principe colonot du sang ? â* Comment le fer guérit-il kàlorose?

1" Question. Le sang contient-il du fer, et d.ir)s quelles proportions s'y trouve-t-il comparativement, chez les personnes bien portanles et chez les chlorotiaues ?

Si les détails dans lesquels nous allons entrer pour résoudre cette question ne devaient être lus que par des gens auxquels les sciences chimiques sont familières, nous nous serions bien gardé de formuler ainsi notre demande, attendu qu*il n*est pas une seule de ces personnes qui ne sache que Lemery a démontré le premier, je crois, la présence du fer dans le sang; que Menghini et Rose se sont occupés à déterminer les rapports de ce métal avec le fluide animal qui le conlient, preuve qu'il y existe ; que les Fourcroy, les Tbénard, les Vauquelin, MM.OrQlay Boudet^ Lassaigne, Lecanu, etc., en ont reconnu l'existence, et que Barruel a fait des expériences complètement décisivesàcet égard* Cependant, comme ces laits ne sont pas généralement connus de la classe intelligente à rjuimon livre est destiné, et qu'il pourrait se laire que parmi les curieux qui me liront il s'cnlrouvequi,n'ayantpastrouvédansle$ang le fer qu'ils y cherchaient, doutent encore et re^rdent comme cou trouvées les ex[>ériences ((ui ont donné des résultats contraires aux leurs, il ne seraj[>as inutile, je pense, pour porter la conviction dans tous les esprits, de rappeler en quelques mots les essais d'un des plus habiles chefs des travaux chimiques de la Faculté de médecine de Paris. J'en emprunterai le sommaire à MM. Trousseau et Pidoux, qui en ont été ou le sujet ou le témoin.

« L'un de nous, disent-ils, étant à l'école ^ de médecine en 1832, fut pris d'accidents graves qui nécessitèrent une copieuse sai- Koée. Deux livres de sang ayant été tirées le la veine en présence de M. Barruel, il proposa d'en extraire le fer; ce qui ayant éié accepté, le sang fut d'abord mis à calciner, et puis on le plaçay ainsi calciné, dans un creuset préparé d une certaine manière, cf^me pour réduire les métaux : il le sou- 'iiit à l'action d'un feu de forge très-ardent,

^^ nous trouvâmes au fond du creuset uu

9mule de fer pesant dix-huit grains. »

Le même Barruel traita de la même ma-

nière douze onces de sang tiré h M. Orfiln, pendant une attaque de choléra qui le mit aux portes du tombeau et en obtint un globule de sept grains, que madame Oriila fit monter sur une bague.

Enfin, en 1835, un jeune homme fait une chute de cheval, on lui tire une livre de sang et, comme il avait su de son médecin les expériences de Barruel, il désira également avoir le fer que contenait son sau^. Quand il fut rétabli, il alla trouver ce chimiste, et celui-ci obtint en sa présence un globule de fer pesant neuf grains f qui, monté sur une bague, fut ofiert en cadeau à une actrice célèbre de Pari^.

Partant, plus de doute sur l'existence du fer dans le sang. Il ne s'y trouve pas en assez grande quantité, il est vrai, fx)ur qu'on ait songé à en forger des clous, des épées et des instruments de toute espèce, oon^me Tavait espéré Menghini : on n'en a point frappé des médailles pour éterniser la mémoire des grands hommes, commç Beyeux et Parmentier en avaient eu l'ingénieuse idée; mais il suffit que Barruel en ait extrait des globules qui ont pu être montés en baguo pour que ?a démonstration soit évidente, incontestable.

Mais dans quelles proportions le fer se trouve-t-il dans le sang? Il sy trouve pour 0A03 dans les cendres du cruor, d'aprè.<9 Hhades; pour 0,500 à Tétat d'oxyde, ce qui équivaut à 0,379 de fer métallique, dans les mêmes cendres, selon Berzelius; Engelhars a trouvé au'il y avait 0,60 de fer dans le cruor sec; Wenzer, 0,054 d*oxyde de ce métal dans le sang humain, et M. Denis, eni\iu qu'il entrait pour dix parties sur dix mille =? un millième parmi les matériaux immédiats qu'il a rencontrés dans le sang comme le constituant. Quoi qu'il en soit, si nous en croyons Burdach,cechifi're un millième serait le terme moyen de la quantité de fer trouvée dans le sang, quoique Rhades en ait recueilli dans un cas 0,0019, dans un autre, 0,0023 , et que M. Denis l'ait rencontré dans un minimum de 0,0020.

Nous n'insisteronspas davantage là-dessus, et nous noushAtonsde dire qu'il a été observé une différence sensible entre les quantités relatives de fer qui se trouvaient dans le sang des jeunes hommes et celui des jeunes femmes, jouissant les uns et les autres d'une bonne santé ; et une différence bien plus tranchée encore entre le sang des jeunes fillesbien portantes et celui des chlorotiques. On a même déduit de la première de ces o bser« valions, soit dit en passant, la plus grande prédisposition aux maladies chlorotiques chez le sexe féminin, et je compte me servir delasecondepourélayermathéoriedeladéferrugination du sang dans les pâles couleurs.

C'est à FoBdisb que Ton doit toutes ces analyses ; ses expériences, consignées dans les journaux allemands, ont été reproduites

Sartout : aussi n'éprouvons-nous aucune dif^ culte à les reproduire nous-mème. Les ta-» bleaux qu'il a dressés sont d'ailleurs asser ^ curieux pour trouver ici leur place.

CULOROSE

Jeune homme sain.

Moyenoe»

Cruor.l'»exp. 13,611 i- > 15,000

TABLIAU COMPARATIF.

Jeune femme eaine.

Moyenne.

Cruor.l'*exp. 12,400 2- > 14,400

CHLOROSE

Jeune fille ehlorohquc.

Moj

Gruor. l*«exp. 9,141 2* I 8,590

ujeone.

S^Vos. l'-cxp. 8,801 2- > 9,320

Sôrès. l^'cxp. 8,601 2- > 8,920

Fibr. l'*exp. 2,460 2« > 3,111

Fer.

1" cxp, 2« t

Eftu. l'-exp. 74,248 2« > 71,586

Fibr. l"exp. 2,511 2* > 2,501

Fer. l^exp. 0,801 2« > 0,901

Eau. I'*exp. 75,687 2- > 73,278

17,731=8,8651/2 Séros. l^exp. 9,261 2- > 8321

Fibr. l'-exp. 0,640 2* > 0,631

Fer. l^exp. 0,330 2» » 0,501

Eau. l'«pxp. 80,628 2« > 83,075

Et maiotenaDt, si ron compare ces tableaux, on reconuait que les moyennes de ces expériences présentent une différence, savoir, entre le jeune homme et la jeune femme sains, de 0,903 1|2 en moins pour le cruor ; de 0,300 en moins pour la sérosité, de 0,2791 [2 pour la fibrine, de 0,089 li2 en moins pour le fer; total, 1,57b l[2,etccm6me nombre en plus pour Teau.

Puis, entre les produits obtenus chez la jeune femme saine et chez la jeune femme chlorotique, une différence savoir, : : 13,600 : 8;865 i[2,soit b,734> li2 en moins, près de la moitié pour le cruor, : : 8,700 1[2 : 8,7il, soit 0,019 1(2 en moins, quasi rien pour la sérosité; : : 2,306 : 635 1]^, soit 1,870 li2 en moins, près des trois quarts, pour la fibrine; et : : 7b,482 li2 : 81,851 li2, soit 7,369 en+, plus du onzième pour l'eau.

II' Question. La coloration du sanç tientelle à U présence du fer? Avant de discuter cette question on ne peut plus intéressante, qu*il nous soit permis ae faire remarquer qu'une difficulté tpès-grande dans sa solution naît de ce que, alors que des hommes trèsrecommanuables se prononcent pour l'affirmative, d'autres non moins estimés le nient, et ceux-ci, divisés entre eux, admettent individuellement une matière colorante particulière, d'où une série de matières colorantes entrant dans la composition de ce liquide ; ce qui ferait supposer qu'on n'a pas des idées bien arrêtées sur cet objet. Pourauoi cette dissidence d'opinions 7 parce que les procédés par lequel les chimistes ont opéré variant entre eux, les uns ont trouvé du fer dans la matière colorante et les autres non ; la matière colorante a paru rouge à celuici ; noire ou d'une couleur moins foncée è celui-lî , etc.

Mais si , comme l'affirment Burdacfa et H. Raspail, c'est en n'obtenant pas la matière colorante à l'état de pureté , ou en variant les modes de décomposition du liquide, qu'on obtient des produits diversement colorés, il doit nous importer peu, à nous pathologistes, $i ces produits spéciaux ont reçu des dé-

96S=74,4821;2 163,705=81,851 \ft

nominations diverses, pourvu que nous dé* couvrions en eux le métal auquel nous attribuons cette coloration. Or, comme l'acide hématique de Tréviranus rougit par Taddition du nitrate de fer; comme riiématosioe ou hématine de MM. Chevreul et Lccanu contient sept centièmes de fer ; comme la gliadine contient du fer; et enfin, comme par le lavage du sang, Peau qui a servi è Topération est devenue rouge, et qu'en faisant évaporer ce liquide jusqu'à siccilés on en a obtenu un résidu qui, brûlé dans un creuset, a donné du phosphate de fer avec excès de ce métal; qu enfin les globules rouges du sang étaiit lavés , ils restent sans couleur, parce qu'on en enlève la matière colorante, quelle conclusion en tirerons-nous?

Je passe une foule de détails, pour arrirer à mes conclusions dont ces détails sont les prémisses. Ces conclusions sont : l' La plupart des chimistes affirment que la matière colorante, quel que soit celui des procédés gu'on emploie pour son extraction, retientrou* jours du fevj mais, comme l'observe M. Lccanu, en combinaison si intime qu« les réactifs ordinaires ne peuvent l'y déceler tant Îu'elle n'a pas été profondément altérée; * qu'un habile expérimentateur, M. Raspail, a assuré que considérer lé fer comme le principe colorant du sang est Yopinion h plus accréditée f tt cette qui mérite le plus m l'étrb : or, si nous rapprochons ces conclusions, nous dirions presque pratiques de ce qui a été établi par la solution de là première question, à moins de fermer les yeux àTévidence, on ne peut se refuser à admettre que le fer o une très-grande part à la coloration du sang, ce qui rend parfaitement l'idée que nous voulions exprimer par le mot déferrugination du sang.

m- Question. Comment le fer auérit-tlla chlorose? J'ai dit dans ma préface quelle était la composition du sang à l'état norma j

Sue ce liquide contenait une certaine qirantut e fibrine, un nombre donné de globules rouges, de l'eau dans telles ou telles proportions, etc. ; nous Gravons donc pas è y rêve-

CHLOROSE

CHLOROSE

nir (Foy. pag. fci à U) : mais ce que nous dirons, c*ést quMI résulte de» travaux de MM. Andral et Gavaret, que les globules du sang sont exempts de fibrine, que la partie colorée du sang se compose, ainsi que Garus préCeod s*en être assuré par des études mi«croscopiques, des globule» organiques qui se reproduisent d'autant plus facilement, iagitaii avec d'atUani plus d'énergiefqixe les sujets en qui on les observe réunissent davantage les conditions de la force ei de la santé (hypérëmie) ; tandis que dans les maladies chforotiqueSi au contraire, les globules organiques moins nombreux se reproduiseot plus rarement, se meuvent et $ agitent piut diffkilement^ jusgu*à ce que Téquilibre de la santé se rétablisse. Ainsi le sang est altéré dans les pAles couleurs, et Taltération ^*ii éprouve porte sur les globules colorés par la «présence du fer. Or, comme il est pmxfé par des expériences très-habilement Mes par M. Orfila et autres que l'altération artificielle du sang amène des phénomènes secondaires dans réconomie, je ne vois pas pourquoi nous n*admettrions pas qu'il en est de même dans la chlorose : et, attendu qu'aucune cause matérielle n'agit dans ce cas sur le liquide, nous dirons que, dans certains cas, c'est à une modification vitale que le sang doit de perdre ses globules colorés, son fer; et dans d'autres, à un défaut de nutrition qui l'appauvrit. Eh bien, quelle que soit la cause qui a déterminé cet appauvrissement du sang, comme des expériences journalières ont établi et établissent journellement encore, que l'administration du fer reconstitue le sang , lui rend ses globules rouges, et que la proportion de ces globules augmente plus ou moins rapidement, selon que le malade fait un plus grand usage du fer, mais augmente toujours par son usage, et que quand le malade est guéri, le nombre de ces globules est arrivé au chitTre du sang normal : nous en concluons que le fer guérit la chlorose, en restituant au sang le fer qu'il avait perdu, d'où l'augmentation de ses globules rouges, du cruor, d'où l'augmentation aussi de son activité, de f on énergie vitale. Et la preuve que le fer entre directement dans la masse du sans, c'est que Bruck de Dribourg,dans ses expériences sur des lapins,a constatéque le phosphate, le muriate et le carbonate de fer, et moins rapidement la limaille, étaientdigérés et assimilés à la dose d'un grain par jour pour les premières préparations , et à celle d'un demi-grain pour la dernière. Le sang aa^ur^,le fer passe par les selles.

Conclusions. Il résulte de tout ce qui précède, 1* que le sang contient du fer , et que ce métal s'y trouve en plus grande quantité chez les personnes saines que chez les chlorotiques : c'est dans le cruor des unes et des aatres qu'on le rencontre ; 2* que la matière colorante du sang contient du fer, ce qui établit que si ce métal n'est pas le principe colorant unique du liquide, il est du moins un des principes les plus propres à lui restituer sa coloration; 3' qu'en même temps que

le nombre des globules rouges diminue dans le sang, celui-ci perd sa couleur, et les symptômes morbides se prononcent ; h' que le fer, à^ mesure qu'il est abaorbé, guérit les pâles couleurs, en restituant directement au sang les gl(H[>ules ferro-colorét qu'il avait perdus, et lui a rendu par là sa vitalité ; 5" que le sang ainsi reconstitué ranime et excite le jeu des organes et de tous les appareils organiques, qui reprennent toute l'énergie de leurs fonctions, de telle sorte que petit à petit les sympr tomes morbides s'effacent et la santé se rétablit; d'où cette conséauencerigoureuscque la chlorose tient à la défetrugination du sang.

Voilà ce que nous avions voulu établir ; voilà ce qu'on n'a pas voulu entendre; nous nous en sommes consolé, en songeant que le mot déferrugination du sang par nous prononcé en 1837, et l'effet que ce mol a produit sur MM. les académiciens^ qui ont prétendu que f aurais dû prouver cola, n'est pis étranger aux expériences postérieures qui ont été tentées, aux observations que l on a recueillies,.en un mot, aux progrès que la science des maladies anémiques a faits dans ces derniers temps dans leur étiologie et dans leur traitement. C'en est plus qu'il ne m'en fallait pour me dédommager. Peut-être quesi ces Messieurs parcourent cetarticLe, un peu long sans doute, si Ton s'en tient à rétendue, mais pas trop long si on considère Timportancedes questions que nous v avons traitées, ceux-là même qui ont refusé de m^entendre me rendront la justice tardive qui m'a été refusée, celle d avouer quejo suis complètement dans le vrai.

Le traitenoent de la chlorose est constamment le même, que la maladie soit commençante ou confirmée, légère ou grave. 11 se compose des moyens hygiéniques que nous avons proposés contre sa sœur consanguine et jumelle, I'Anémie (Foy. ce mot), a veccertaines modifications qui se tirent ae l'état de la menstruation. Ainsi,ya-t-il non-apparition ou suppression des règles à l'époque nubile, il faut, tout en employant un régime restaurant, les toniques martiaux, etc., mettre en usage les moyens qui, sans affaiblir la jeune personne, peuvent favoriser l'écoulement menstruel: s'agit-il de pertes utérines, il faut au contraire se comporter comme dans les cas de ménorrhagie asthénique {Voy.

MEMSTiguATiON, Pertes utérinbs); et faire constamment observer aux malades que ce n'est qu'à la longue qu'elles commenceront h s'apercevoir des bons effets du traitement qu on leur fait suivre ; que ce n'est qu'alors que le fer est pris à haute dose qu'il agit efficacement, et qu'alors qu'on en a usé pendant longtemps,que la guerison est assurée; si on Tabandonne trop tôt, la maladie reparaîtra. Une autre règle importante à suivre, c'est de ne (loint saigner les chlorotiqui's dont le visage est coloré par une fausse pléthore, ni les femmes enceintes lympl^itiques, (^ui se plaignent d'étouffements et do palpitations, les analyses du sang ayant prouvé que , chez les unes et les autres, le nombre des globules rouges diminue plus ou

CHOLÉRA

cmiÈnx

moins, f(u*it s'appauTrit davantage, circoirstance qui contr indique l*einploi des évacuations sanguines.

CHOLÉRA-MORBUS, s. m., x^épa^dex^^^j bile, et fw. je coule. — Choléra est le nom que Ton a donné h une maladie qui règne sporadiquement, tous les étés, dans les climats chauds, tous les ans dans le midi de la France, et qui consiste dans des évacuations bilieuses par le haut et le bas, s*accompagnant de refroidissement, d'une douleur épigastrique, de coliques et quelquefois de crampes. Par extension, on a nommée choléra asiatiaue 1j maladie épidéroique qui s*est montrée trèsviolente à Paris en 1832, à Toulon, Mar^ seille, etc., en i835> et qui nous est revenue moins meurtrière, mais plus longue, en 1849. On comprend combien la dénomination de choléra est fautive, quand on Tai^plique à ces dernières épidémies , puisqu'il n'y avait pas unatomedebileni dans les matières vomies, ni dans les selles ; néanmoins Tusage ayant consacré cette expression, nous nous j conformerons, et décrirons dans cet article la maladie dont il s'agit.

Choléra- spodarique. Il consiste , avonsnous dit, dans des évacuations bilieuses plus ou moins abondantes et parfois excessives; des douleurs stomacales ou intestinales variant d'intensité, un sentiment de chaleur brûlante à l'intérieur et soif, avec refroidissement extérieur général, inquiétudes, constipation avec ténesme ou dévoiement; des crampes dans les extrémités inférieures et supérieures, des inquiétudes douloureuses dans les cuisses, et, s*il est grave, de défaillances, de palpitations, de la petitesse du pouls, qui est profond et à peine sensible, d*une prostration extrême des forces, de hoquets et de mort; ou bien, si les sym[)tômes s améliorent, un retour très-prompt et immédiat à la santé ; néanmoins il peut se prolonger jusqu*au quatrième ou au septième jour.

Survenant spontanément chez les bilieux, durant les fortes chaleurs, après un excès de table ou l'abus de certains aliments (champignons vénéneux , œufs de brochet ou de barbeau, oignons, ananas, melons, etc.), de certaines boissons (vins doux et nouveaux, cidre, etc.), l'administration intempestive d'un vomitif ou d'un purgatif, un accès de colère expansive ou qu'on aura réprimée, une métastase goutteuse, rhumatismale, etc.; nous devons» pour le traiter efficacement, remonter & la cause qui Ta produit, attendu que, dans le principe surtout, s'il était le résultat d'une indigestion , il faudrait, à l'aide de boissons tièdes émoltientes, favoriser l'expulsion des aliments qui seraient encore dans l'estomac; au lieu que si le viscère en est complètement débarrassé , les boissons froides acidulées, conviennent parfaitement. Dans le village où je suis né, tout le monde est dans l'habitude (d'après mes conseils), sitôt que le choléra se manifeste, d'aller puiser de l'eau, la plus froide de l'endroit, dei'aciduler avec du suc de limons, et de la boire, non sucrée, par |X)tites lasses.

A la ville, je faisais prendre iromédiatement une demi-glace ou une glace au citron, mangée très-lentement, et, a défaut d une glace, je conseillais de tenir constamment de petits glaçons dans la bouche; puis, h mesure que la glace qu'on avait laissée sur l'assiette fondait, je faisais avaler une petite tasse de cette eau glacée, dans laquelle on avait exprimé quelques gouttes de suc de citron Je n'ai janais perdu un seul malade, et la maladie n'a jamais duré plus de vingt-quatre à trente-six heures. Dans un cas plus violent que de coutume, nous fûmes obligé d'âdœinistrer une cuillerée à café de sirop de morphine pour calmer les crampes d'estomac et tes coliques ventrales, qui persistaient après que le vomissement eut été arrêté. Il y avait une demi-heure à peine que la malade avaitavalé le sirop (onze heures et demi du soir), que le sommeil la gni^na; elle s'endormit bientôt, et tout rentra dans l'ordre pendant son sommeil.

Encore une observation; mais celle-ci est pour établir que les fièvres pernicieuses peuvent prendre le caractère cholérique. C'e^t une circonstance importante h noter, ail i d'éviter les erreurs de diagnostic toujours fatales dans ces cas, pour les jours du malade, et fort souvent , pour la réputation du H)édccin.

Jacques Vinas ()èrc, ancien postillon ê(^(' de soixante - quatorze ans, dun tempérament bilieux, après s'ôtre occupé quelques heures à couper des légumes dans son jardiut situé à une très-petite distance de sou habitation, rentra chez lui à sept heures du matin, où étant arrivé il éprouva des vertiges, une violente douleur au creux de Tesiomac suivie de vomissements.

Je fus appelé (31 mai 1827), et voici ce que nous observâmes : langue rouge à la pointe et sur les bords, jaunâtre au milieu; face |>illo et recouverte d'une sueur froide : eitréiiiités également froides, pouls petit et faible. etc. Comme ce vieillard buvait habituellemeut b^uconp de vin, nous supposâmes que ces vomissements étaient le résultat d'une irritation gastrique, et prescrivîmes un régîuie antiphlogistique, consistant en crèmes de riz à l'eau très-légères, et pour tisanereaudepoulet légèrement acidulée avec le suc de citron.

Quelques instants après» les vomissements cessèrent, les douleurs devinrent supportables, en un mot, la soirée et la nuit suivaulc se passèrent d'une manière très-satisfaisante.

Le lendemain matin, 1" juin, les synip^ tomes se renouvelèrent avec une nouveiie intensité, se calmèrent ensuite de nouveau, pour laisser au malade un asseï long intervalle de tranquillité et de repos, t esi pourquoi, malgré la rougeur de la tanguera soif, la sensibilité àl'épigastre; malgré les w-

miiêementi, je fis prendre à Vinas trois grains de sulfate de quinine dans une potion ao"spasmodique : le même régime fut c^^nv""^:

â juin : retour de l'accès, mais il J»; moins violent que le précédent : le 9«*"*»ic de quinine fut porté à dix grains. .

3 juin : vomissements réi^élés le 1»^"^''

CHOLÉRA

CHOLÉRA

mais les autres symptômes oirt diminué d'intensité : aussi portons^nous la dose de la quinine h douze grains^

i juin : Taccès manc^ue : il eut lieu encore b 5, et ce jour-^là, Vinas ayant pris douze grains de sulfate de auinine dans deux onces de siroiii de gomme, les* accès cessèrent pour ne plus reparaître. Nous ferons observer que pendant tout le cours de la maladie, te naïade a été tenu h un régime très-sévère, malgré le vif désir qu'il éprouvait, pendant les moments de calme, de prendre des aliments ; seulement, les boissons ont varié, pour éviter te dégoût qu'on éprouve à boire toujours la môme tisane; ainsi il prit tantôt *i petit-lait gommé, tantôt de Keau d'orge nitree, etc.

Cette observation est d'autant plus intéressante à connaître que, malgré les accès fébriles et les symptômes d'irriliation de l'estomac, il n'a pas été tiré une gotUte de san^; et que les accidents, le vomissement luimême, ont cédé au sulfate de quinine qui, à mesure qu'il a été donné à des doses plus élevées, s'est montré plus efficace. Ajoutons qu'une fois çuéri, Vinas a repris l'usage du vie presque immédiatement après la cessation des accès, sans que la maladie ait reparu.

Choléra asiatique. Ce qui distingue le choléra asiatique du choléra sporadique, cest le caractère épidémique qu'il prend chaque fois qu'il éclate dans une contrée, l'absence complète de la bile dans les matières rejetées par le vomissement ou les selles, ce qui rend les déjections aqueuses» blanchâtres, troubles, homogènes comm.e de l'eau de riz sale, ou semblables à une décoction de gruau, à do l'empois délayé dans l'eau; le refroidissement complet, général, absolu, extrême (période algicle), la coloration bleuâtre ou violacée de certaines parties (la face, les mains, les pieds), ou de toute la surface du corps (cyanosej, l'amaigrissement extrême qui ride et vieillit l'individu comme dans la vieillesse, l'acuité et la persistance des crampes, dans les jambes surtout; une anxiété extrême, une soif inextinguible, le ralentissement et la faiblesse extrêmes de la circulation : c'est à peine si les battements du cœur sont entendus, et les pulsations artérielles perceptibles par l'exploration.

Par guoi le choléra asiatique est-il occasionné? C'est ce qu'on n'a pu découvrir jusao'à présent: mais ce sur quoi on est

erfaitement fixé^ c'est que la peur le donne, jssurer le moral du malade, est donc ce qu'on doit tenter avant toute chose, puis on administre un vomitif : celui qui nous a le mieux réussi dans l'épidémie de 1849, c'est un mélange de iO grains d'ipécacuanha, ( grains de kermès minéral, 30 gouttes d'étber sutforique, lâO grammes d'eau de laitue et 90 grammes de sirop d'oranger, à prendra une cuillerée toutes les cinq minutes. Après ^administration de ee vomitif, que nous répétions quelquefois le lendemain, nous l>rescrivions une bouteille d'eau de sediitz, uu de ia limonade au citrate de magnésie,

quelques opiacés, et à titre de caléfiicteur, les sinapismes promenés sur les extrétuités et le tronc. Nous permettions l'eau gïacée pour calmer la soif, bue par petits coups, acidulée avec le sirop de limbns ou de groseilles, etc. Du reste, nous ferons remarquer, car ceci nous parait excessivement important, que pendant la dernière épidémie de choléra gue nous avons eue à Paris, dès mon arrivée auprès d'un malade, qu'il eût des coliques ou le devoiement, ou qu'il se plaignît de n'être pas 6ten, vite je lui donnais le vomitif, et presaue toujours il y avait du mieux à la suile des évacuations par le haut; deux Jours après, il prenait un purgatif, et tout était fini, c'est-à-dire la guérison complète. Ces malades avaient-ils ou non un commencement de choléra ? les coliques, le devoiement, etc., en étaient-ils les prodromes ? nous ne résoudrons pas la question, mais ce que nous pouvons afQrmer, c't st que sur quarante-deux malades qui ont pris le vomitu au début de leur indisposition, en juin, trois seulement ont eu le choléra asiatique bien caractérisé : sur ces trois, ua s'est rétabli. Néanmoins, comme le choléra n'est pas toujours un dans sa nature, nous ne saurions conseiller exclusivement collo méthode de traitement : au contraire, nous prétendons qu'il est des cas où les évacuations sanguines peuvent être utiles; d'autres où les antispasmodiques sont rigoureusement nécessaires, etc.; qu'il faut, en un mof, savoir varier les méthodes curatives suivant certaines circontances individuelles, qu'un homme de l'art peut seul apprécier. On ne saurait donc trop se hâter d'en appeler à son expérience. — Yoy. ma brochure sur le choléra-morbus et ses méthodes curatives, in-8% Paris, 1832.

J'ai dit qu'il fallait en appeler à l'expérience d'un bon praticien pour se faire soigner du choléra; mais il n'en est pas de mêmu pour éviter d'en être attaqué et empêchor que Képidémie se répande. Il ne sera donc pas inutile, quoique nous soyons sans crainte sur la réapparition de ce Ûéau dais nos contrées^de faire connaître les instruc^ tions hygiéniques que nous avons em[}ruutées au journal anglais The Lancet^ atin de les répandre davantage.

Frécautions à prenure contre le choléra. Elles consistent en ceci : 1" ne négliger aicune indisposition, queloue légère qu'elle

f misse être ; car, pendant l'épidémie, toutes es maladies sont susceptibles d'entrer dans son domain»; 2* apporter un soin particulier aux désordres intestinaux;. 3* éloigper des habitations toute espèce de matières corrompues, animales ou végétales ; t* nettoyer les égouts et les laver avec un soin Sarticuîier; 5* éviter que les alentours es habitations soient numides, écouler avec soin toute espèce d'eau stagnante ; 6** abattre toutes les cloisons qui empêchent la ventilation nécessaire; 7" aérer les chambres tous les jours à l'heure de midi; 8' opérer tous les nettoyages avec des torchons secsy plutôt qu'avec des torchons mouillés;.

cnoutjfi

CHOREE

9* é?iler une trop grande fatigue, surtout dans les temps humides; 10** éviter les boissons froides et acides, surtout pendant lès grandes chaleurs; 11"* s'abstenir des fruits crus et acides; 12" apporter un grand soin dans lechoix de l'eau, tant pour la cuisineque pDur la boisson ; 13' s'abstenir des boissons alcooliques et de tabac; 1^** se vêtir chaudement ; 15* porter de la laine sur le ventre ; 16* ne négliger aucun soin de propreté personnelle ; 17* éviter lesfortescommotions ; 18" éviter les réunions trop nombreuses; 19" éviter les chambres humides ; 20" faire du feu pendant la nuit dans les chambres à coucher ; 21* mettre à Tair les draps de lit et les couvertures.

Voilà les instructions que nous avons em()runtées à la Lancette, et voici les réflexions dont nous les avons accompagnées. ( Voy. Courrier Français, n* du 30 mars 1850.)

En parcourant la longue énumération des moyens hygiéniques à mettre en usage pour se préserver du choléra, on ne peut qu'être ému de compassion pour les classes populaires sans fortune, et pour l'ouvrier sans travail, qui, malj^é les meilleures dispositions qu'ils pourraient avoir de mettre à profit ces instructions salutaires, en seront néanmoins empêchés par une foule de circontan- 6es indépendantes de leur volonté. Et par Gxemple : le pauvre pourra-t-il démolir les (toisons pour aérer son appartement, lui qui n'a qu'une chambre étroite et mal ajourée 7 pourra*t-il se défendre chez lui de rhumidité, quand il pleut dans sa mansarde 7 pourra-t-il se vêtir chaudement, quand il n'a que des haillons pour couvrir sa nudité 7 ()Ourra-t-il faire du feu pendant la nuit 7 quand il n'a pas de quoi réchauffer ses membres engourdis par le froid, pendant le jour, etc. Non, et c'est parce qu'il ne le peut pas, que le gouvernement et toutes les personnes charitables devraient, dans leur sollicitude pour le pauvre, lui fournir tout ce 3ui serait nécessaire à ses besoins — chlorure e chaut, aliments sains, bois, linge, bains, etc. — Par ce moyen, l'épidémie serait moins meurtrière, cesserait prol>abIement plus tôt : tout le monde y gagnerait. C'est du reste ainsi que les crasses aisées devraient agir, dans toute épidémie meurtrière.

CHORÉE, s. f., ckorea ou x^/>t^, danse. Danse de saint Guy ou saint Vit. — Chorée est le nom français adopté par Bouteille et généralement accepté aujourd'hui, pour désigner une maladie convulsive, plus commune de six à quinze ans que plus tard, mais se manifestant rarement avant la sixième année, qui a cela de particulier que, le cerveau n'ayant presque plus d'empire sur les muscles soumis à sa volonté, le malade éprouve des mouvements involontaires soit de quelque partie seulemerft (la face, le cou, un deis membres, etc.), soit de la moitié (chorea dimidiata), soit du corps tout entier. C'est-à-dire que la maladie consiste» tantôt en de simples grimaces, ou petits mouvements convulsifs du visage, tantôt au rontraire en mouvements spontanés, brus^

SU

ques ou saccadés, faibles ou forts, et séparés par des intervalles de repos très-inégaux. Ainsi, la chorée occupe-t-elle le bras, par exemple, 'eh bien, quand l'individu veut diriger la main vers un but quelconque, le bras s'agite en mille mouvements divers, d'où résultent les gesticulations parfois les

f»lus burlesques. Mais c'est surtout lorsque a choréïque veut faire des mouvements qui exigent une certaine précision, que les contorsions deviennent involontairement très-bizarres; veut-elle boire, son verre n'arrive à ses lèvres qu'après une successloo de mouvements angulaires opposés, les uns volontaires tendant à rapprocher le vase de la bouche, les autres involontaires et tendant à l'éloigner : c'est pourquoi, sitôt qu'il est assez près pour être saisi, elle le prend avec les dents, le serre et le vide eu entier presque d'un seul trait» Sent-ce les extrémités inférieures qui sont affectées ; au lieu de marcher comme dans l'état uormal, c'est-à-dire, comme toute personne qui n'a pas de vice de conformation, les malades vont de côté cl d'autre, d'une manière irrégulière, sans suivre une ligne droite, s'arrêtant subitementt se renversant à terre et se roulant quelquefois en tous sens, sans pouvoir se relever. Enfin il en est même certains qui sont forcés, contre leur volonté, de se livrer aux efforts musculaires les plus violents, et par exemple de danser ou de courir pendant des heures entières (de là probablement l'origine du nom charimanie qu'on lui avait donné] ou . Jusqu'à ce qu'ils tombent de fatigue; de tourner sur un pied, d'exécuter des sauts étranges, de soulever et d'abaisser le corps avec une incroyable rapidité, etc., etc. Le plus souvent les mouvements convulsifs se suspendent pendant le sommeil, pour reparaître au réveil : mais parfois aussi il y a une insomnie et une agitation si grandes, qu'il faut attacher les enfants, de peur qu'ils ne se blessent en tombant du lit. Heureusement cette maladie est ordinairement guérissable et ne tue pas ; malheureusement elle résiste quelquefois à tous les moyens et se prolonge indéfiniment. Ainsi nous avons connu une demoiselle qui, atteinte de chorée à la suite d'un violent chagrin, est morte à cinquantedeux ans, étant encore choré'ique. Générale^ ment, quand elle doit guérir, c'est dans moins d'une semaine, ou après un ou deux mois. D'après Rush, sur cent quatre-vingt-neuf cas, la durée moyenne fut de trente et ua jours.

Continue, rémittente ou irrégulièrement intermittente, la chorée reconnaît pour causes éloignées toutes celles qui, en général,

nroHnisAnt les maladies nervensfis sans 61-

taines d'entre elles. Peut-être est-ce à cette circonstance qu'on doit de l'avoir déclarée épidémique. Quoi qu'il en soit, après avoir recherche cette cause pour la combattre, si elle influe toujours sur l'existence de la maladie^ il faut attaquer celle-ci plutôt i^

CIGUK

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les aolîspasmodiciues et les toniques», qae par les anliphlogistiques.

Nous disons plutôt par les uns que par les autres, quoique nous sachions bien qu'il est des praticiens très-renommés qui ont conseillé les émissions sanguines, soit gi^oërales, soit locales, et parmi ces deruières l'application des sangsues à la partie supérieure de la région cervicale, au pourtour de la bosse occipitale ; d'autres, les purgatifs ; ceux-ci, Télectricité ; ceux-là, l'assa-fœtida ; quelques-uns, le camphre, etc.; mais comme la déplétion des vaisseaux sanguins est préjudiciable dans la plupart des cas, il faut savoir s'en abstenir, (roy. du reste l'article Éléveut nbbtbux, dans lequel sont exposés les principes généraux d*après lesquels on doit se conduire dans le traitement de touies les maladies nerleuses.)

CHYLE, s. m., chyius ou x^^^^» suc extrait des plantes ou des animaux. — Il est le produit de la digestion. D'après les expériences qui ont été faites sur plusieurs espèces d'animaux , le chyle a toujours paru aux observateurs un liquide blanc de lait, limpide et transparent dans les herbivores, opaque dans les carnassiers, ni visqueux ni collant, selon les uns ; légèrement visqueux et semblable à du lait dans lequel on aurait délayé une petite quantité de larine, selon les au* 1res. Sa saveur est douceAtre, quelquefois même légèrement sucrée et assez analogue il celle du lait. Sa consistance varie selon la nature des aliments, et surtout suivant la quantité de boissons que l'on a prises. Il a une odeur de sperme et une pesanteur spécifique supérieure à celle de l'eau distillée, mais inférieure à celle du sang ; enfin une saveur salée qui happe la langue et est surtout alcaline. Quant à sa nature chimique, le chyle a beaucoup de ressemblance avec le sang ; comme lui, il se sépare en caillots et en sérosité ; mais ce dernier diffère en ce qu'on y trouve une matière colorante et une matière grasse. Quoi qu'il en soit, la liqueur chyteuse dont les aliments sont pénétrés, s en échappant par la compression intestinale, elle est pompée par les vaisseaux chyliferes, élaborée par les glandes mésentériques et portée dans le canal thoracique.

CHYME, s. m., chymus^ de x^f*^» ^^c* — Us physiologistes modernes donnent le nom de chyme à une sorte de bojuillie grisâtre et homogène formée par la masse alimentaire après qu'elle a été soumise à la digestion.

ClGUE, s. f., cicuta. — Rien n'est plus nécessaire que de signaler les plantes vénéneuses et d'apprendre à les connaître , alors surtout qu'elles appartiennent à des familles qui se trouvent en grand nombre parmi les

fiantes potagères, ce qui donne souvent lieu des méprises on ne peut plus fâcheuses. Ceci s'applique surtout a la ciguë, qui croit altondamment en France, et qui, par son feuillage, du moins la grande ciguë, a beaucoup oe ressemblante avec le cerfeuil sauvage.

€iguë est le mot générique appBqué h plusieurs espèces de plantes qui api)artiennent à la pentendrie digynie, L., famille des ombellifères. On les oistingue entre elles par des noms divers, à savoir : 1* la petite ciguë, cicuta mt'tior, œthusa cynapium ; 2" la grande ciguë ou ciguë commune, conium ma^ culatum^ cicuta major ^ cicuta officinalis; 3* la ciguë vireuse, cicuta virosa et k*' la cieuë aquatique, pkeltandrium aquaiicum. Elles sont toutes quatre eroi}loyées en médecine, et toutes ont des propriétés toxiques.

Ces plantes, avons-nous dit, la cicuta major surtout, ont une grande ressemblance avec le cerfeuil sauvage ; néanmoins on peut les distinguer en ce que les feuilles du conium maculatum ont des maculatures noirâtres ou d'un brun pourpré, qui se remarquent sur sa tige, et à la forme parlicuhère de ses fi uits, qui sont courts, presque

Î;lobuleux et relevés de côté, crénelés. D'aileurs, les ombelles du cerfeuil sauvage manquent d'involucre. Du reste, si la grande ciguë a quelques points de son feuillage qui l'ont fait prendre pour du cerfeuil, celui de la

E élite ciguë la fait confondre quelquefois, son tour, avec le persil ; et pourtant l'erreur peut encore être évitée, en ce que la cicuta minor n'est pas odorante comme le persil , en ce que sa racine est plus petite, en ce que ses feuilles sont d'un vert jaunâtre à leur surface supérieure, en ce crue ses fleurs sont Manches, enfin en ce qu*eu6 est munie d'un involucre partiel.

Quoiqu'on se soit servi, à Athènes, du poison tiré de la ciguë, l'histoire ne dit pas à quelle espèce appartient cellequ'on employait pour faire périr les criminels que l'Aréopage avait condamnés à moft ; les médecins de cette époque ne nous ont rien transmis nott plus qui lût relatif aux symptômes éprouvés par les condamnés : c'est pourquoi il faut arriver jusqu'à une époque assez rapprochée de nous pour savoir, non-seulement, que les effets de l'empoisonnement f)ar la grande ciguë sont d'autant plus vioents que la plante a crû dans un climat plus chaud ; mais encore que les elTets de l'empoisonnement se traduisent par l'assoupissement, des vertiges, des douleurs d'estomac, le délire, la syncope, des convulsions, des nausées, le Tomissement, quelquefois l'extrême ralentissement du po'uls, la dyspnée, un refroidissement général, etc. Les entants dont parle Murrav, qui s'empoisonnèrent avec cette plante, éprouvèrent, en outre, un flux de sang par les oreilles, des hoquets et la tuméfaction de l'abdomen ; tandis que, chez le jeune garçon dont parle Bulliard, qui s'empoisonna en croyant manger du persil, tout son corps s'enflamma, se couvrit de taches livides, sa respiration devint embarrassée, et bientôt après il expira.

Tels sont les effets de la ciguë, en générai, à dose toxique: donnée â petite dose, elle ne procure d'abord que Quelques légers vertiges, de l'obnubilation, de la céphalalgie, de l'anxiété, des nausées. Les sécrétions cutanée et urinaire sont généralement auBiQcotécSt

acuE

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ixmis rarement elles le sont en môme temos.

Les secours qu'on administre dans les cas d'empoisonnement par la ciguë, sont re« latifs au temps qui s'est écoulé depuis Tac^ cident, et à la nature des symptômes distants ; néanmoins» faire^ vomir par des moyens arti&ciels ou par un émétique f)lus ou moins actif, prodiguer Teau acidulée, voilà , en général, les principaux moyens à mettre en usage.

Propriétés médicinales. Quoiqull soit à peu près certain aue remploi de la ciguë remonte à la plus naule antiquité, ce n est guère qu*à dater du jour où le baron Storck fit part de ses expériences sur plusieurs médicaments yireux, et entre autres, sur ^a grande ciguë, que Tattention des médecins s'est portée sur les propriétés curatives de cette dernière. Il ne pouvaii en être autrement, puisque, dans son enthousiasme, et s'appuyant sur les faits, le médecin de Vienne prétendit qu'on pouvaii guérir le cancer par l'administration, à rintéricur» de l'extrait de cigué, et que bientôt il se trouva des praticiens qui, non nooins en-» thousiasles que lui, accordèrent à cet ex-» trait des vertus qui tiennent vraiment de l'exagération la plus grande. £t pourtant, malgré la haute position de Storck, malgré même la réputation de ceux qui s'étaient faits les apologistes de la cigué, malgré en* fin des affirmations précises et de nature à inspirer la plus grande confiance dans remploi thérapeutique de la ciguë, et à mettre ' désormais son efficacité à lahri de toute contestation, un praticien. Millier, osa se* couer le joug de l'autorité, et s'efi'orça de faire mieux apprécier les vertus médicinales de ce médicament. Qu'est-il résulté de ce débat? que les éloges mensongers donnés par les uns ne trouvant plus de créance, et les expériences postérieures ne lui étant pas favorables, la ciguë tomba dans un discrédit qu'assurément elle ne méritait pas. Néanmoins, on considéra comme acquis à la science, et cela le devint davantage encore par la suite, que l'usage interne et l'application do la ciguë sur des tumeurs de nature cancéreuse avaient procuré une amélioration évidente dans l'état du malade. £taient-ce biea des cancers? Nous ne le croyons pas ; mais comme le diagnostic de cessortesd^affections est excessivement difficile à établir, dans l'incertitude où le praticien se trouve, mieux vaut administrer avec prudence un moyen douteux que de ne pas s'en servir, l'engorgement SQuirreux pouvant d'ailleurs être dissipé par 1 usage de la ciguë, et la masse cancéreuse ne devant pas s aggraver par l'emploi de ce médicament qui, aujourd'hui on le sait, est tout à fait exempt d'inconvénients.

De l'action résolutive de la ciguë, eu égard âu< tumeurs squirreuses, à sa propriété ré- Milutive à l'endroit des engorgements scrofuleux, il n'y avait qu'un pas à faire : il fut bientôt franchi. De là les observations

Bibliées par Marteau de Granvilliers , par uteau de Roquement, par Lcmoine, par

CoUin, par^ Hufeland, oui établissent que» si la ciguë portée dans Vestomac ne guérit pas toujours les tumeurs scrofuleuses, dans quelques cas du moins elle les fait disparaître, et amende sensiblement l'état général. Ce n'est pas que (ainsi qu'itlibert L-a observé dans ses expériences sur la ciguë, contre le squirre ou le cancer à faiérus) le médecin ne soit contraint de suspendre l'emploi de ce remède, les voies gastriques se refusant è le supporter, dès qu'on était arrivé à une dose considérable; eh bien, eomme on est à temp«i de s'arrêter sitôt qu'on reconnaît que io médicament n'est pas toléré, tenter n'est pas bJâmnble.

Puisque nous en sommes au traitement, par la ciguë, des maladies dyscrasiques m

Ear vice humoral constitutionnel, nous ('(alirons encore que ce remède a été utile, soit seul-, soit associé au mercure, dans le traitement de la syphilis. Il le serait môme à ce point, si l'on en croit Hunter, Cuilen, Swodiaur, que plusieurs affections sypliiiitiques, qui avaient résista au Iraitemerl morcurief^ auraient enfin cédé aux préf)arntions de ciguè. Ce sont de nouvelles ex(iériences à faire, de nouveaux essais h tenter.

C'est comme dans les maladies de la penu, il suffit que des praticiens recommandables affirment que des dartres rebt'lles, des espèces de teigne et des ulcères du mauvais caractère ont cédé quelquefois à 1 action seule du conium macxUalum^ oui appartient, on lu sait, à cette classe de médicaments qui eiercent une grande influence sur le sjsièuie lymphatique, pour que nous y ayons recours lorsque les maladies cutanées résistent aux moyens ordinaires.

il n'est pas jusqu'à la coqueluche invétérée et rebelle, contre laquelle nous l'emploierions aussi, HL Guersentpère ayant déclaré l'avoir fait prendre quelquefois, avec avantage, à des jeunes gens. A la vérité, il la leur a donnée unie à parties égales d'oxyde d<^ zinc et de poudre oe belladone (trois'quart» do grain do chaque, trois fois par jour), dans uu lock, augmentant progressivement la dose des drogues; mais qui nous empêche d'en faire autant? Le point important, c'est de guérir, et il est certain qu'il a guéri ces jeunes gens.

Si nous avonsencouragé nos lecteurs dans l'emploi de la ciguë h l'intérieur contre certaines maladies, alors que son eificacité est contestée, dans les mêmes cas, par des hooQmes très-recommandables, à plus forte raison, les inviterons-nous à essayer des «ffiets salutaires qui résultent souvent de son application à l'extérieur, en ayant retiré nousmême des avantages positifs dans bien des cas, et principalement, soit dans les névralgie* de l'estomac et le lombago, soit dans ^engo^

très-pèu de temps la douleur d'estoiDaÇ| ou la douleur lombaire ; dans le secoou, » a procuré la résolution des glandes engorgées.

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