‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 152 sur 204 · ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

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longue habitude de ces aliments vénéneux peut 'dénaturer un Poisson, au point de faire partager à ses muscles, à ses sucs, à presque toutes ses parties, les propriétés redoutable de la nourriture qu'il aura préférée, et de le rendre capable de donner la mort à ceux qui mangeraient de sa chair, quand bien même ses intestins auraient été nettoyés avec la plus grande attention. Mais il est aisé de voir que le poison n'appartient jamais aux Poissons par une suite ae leur nature; que si* quelques individus le recèlent, ce n est qu'une matière étrangère que renferme leur intérieur pendant des instants souvent trèscourts; que si la substance de ces individus en est pénétrée, ils ont subi une altération profonde; et il est à remarquer, en conséquence, que lorsqu'on parcourt le vaste ensemble des êtres organisés, que Ton commence par l'homme , et que, dans ce loDg examen, on observe d'abord les animaux qui vivent dans l'atmosphère, on n'aperçoit pas de qualités vénéneuses avant d'être parvenu à* ceux dont le sang est froid. Parmi les animaux gui ne respirent qu'au milieu des eaux, la limite en oeçà de laquelle on ne rencontre pas d'armes ni de liqueurs empoisonnées est encore plus reculée; et Ton ne voit d'êtres vénéneux par eux-mêmes que lorsqu'on a passé au delà de ceux dont le sang est rouge.

Continuons cependant de faire connaître tous Jes moyens d'attaque et de défense accordés aux Poissons. Indépendamment de quelques manœuvres particulières que de

fetites espèces mettent en usage contre des nsectes qu'elles ne peuvent pas attirer jusqu'à elles, presque tous les Poissons emploient avec constance et avec une sorte d'habileté les ressources de la ruse; il n'en est presque aucun qui ne tende des embûches à un être plus faible ou moins attentif. Nous verrons particulièrement ceux dont la tête est garnie de petits filaments déliés et nommés barbillons , se cacher souvent dans la vase, sous les saillies des rochers, au milieu des plantes marines, ne laisser déf)asser que ces barbillons qu'ils agitent et qui ressemblent alors à de petits vers , tâcher de séduire par ces app&ts les animaux marins ou (luviatiles cru'ils ne pourraient atteindre en nageant qu en s'exposant à de trop lon-

Î;ues fatigues, les attendre avec patience, et es saisir avec promptitude au moment de leur approche. D'autres, ou avec leur bouche (l], ou avec leur queue (2), ou avec leurs nageoires inférieures rapprochées en disque (3), ou avec un organe particulier situé au-dessus de leur tête (4), s'attachent aux rochers, aux bois flottants, aux vaisseaux, aux Poissons plus gros qu'eux, et, indépendamment de plusieurs causes qui les maintiennent dans cette position , y sont retenus par le désir d'un approvisionnement plus fa-

(\) Les Pctromyzons.

(2| Quelques Murènes et les Murénopbis.

(5) Les Cyclopières, etc.

h) Les Echénéis.

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POiSSONS» ETC.

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cile^ oa d*aDe garantie plus sûre. D'autres eocore, teles que les Angnillesy se ménagent dans des cavités qu'ils creusent, dans des terriers qu'ils forment arec précaution « et dont les issues sont iiratiquées avec une sorte de soin» bien moins un abri contre le froid des hiyers, qu'un rempart contre des ennemis plus forts ou mieux armés. Ils les éfiteol aussi quelquefois, ces ennemis dangereux, en employant la faculté de ramper que leur donne leur corps trds*alloneé et serpeotiforme, en s'élançant hors de Peau, et en allant chercher, pendant quelques instants^ loin de ce fluide,, non-seulement une nourriture qui leur platt, et qu'ils y tron- ▼ent en plus grande abondance que dans la mer oa dans les fleuTes, mais encore un asile plus sûr que toutes les retraites aquatiques. Ceux-ci» enfin, qui ont reçu des nageoires pectorales très-etendues , très-mobiles, et composées de rayons ftcÛes à approcher ou à écarter, s'élancent dans l'atmosphère pour échapper à une poursuite funeste, frappent l'air par une grande surface, arec beaucoup de rapidité, et, par un déploiement d'instrumenl oa une yitesse d'action moindres dans un sens que dans un autre, se soutiennent peodaot quelques moments au-dessus des eaux, et ne retombent dans leur fluide natal qu'après ayoir parcouru une courbe assez loogoe. 11 est des plages où ils fuient ainsi en troape et où ils brillent d'une lumière phosphorique assez sensible, lorsque c'est au milieu de l'obscurité dés nuits qu'ils s'efforcent de se dérober à la mort. Ils représentent alors, par leur grand nombre, une sorte de nuage enflanmié, ou, (>our mieux dire, de pluie de feu; et l'on dirait que ceux qui, lors de l'origine des mytholo^es, ont mTeoté le pouvoir magique des anciennes enchanteresses, et ont placé le palais et l'empire de ces redoutables magiciennes dans le sein ou auprès des ondes, connaissaient et ces légions lumineuses de Poissons volants, et cet éclat phospborique de presque tous les Poissons, .et cette espèce de foudre que lancent les Poissons électriques.

Ce n'est donc pas seulement dans le fond des eaux, mais sur la terre et au milieu de Tair, que quelques Poissous peuvent trouver quelques moments de sûreté. Mais que cette garantie est passagère I qu'en tous les moyens de défense sont inférieurs à ceux d'attaque ! Quelle dévastation s'opère à chaque instant dans les mers et dans les fleuves 1 combien d'embi^ons anéantis, d'indiyidus dévorés 1 et combien d'espèces disparaîtraient, si presque toutes n'avaient reçu la plus grande fécondité , si une seule femelle , pouvant donner la vie à plusieurs millions d'individus, ne suffisait pas pour réparer d'immenses destructions ! Cette fécondité si remarquable commence dans les femelles lorsqu'elles sont encore très^eunes ; elle s'accroît ayec leurs années, elle dure pendant la plus grande partie d*une vie qui peut être très-étendue; et si l'on ne compare pas ensemble des Poissous qui viennent au jour d'une manière 'Jifféreote, e'eai4-dire ceux qui éclosent dans

le yentre de la femelle, et ceux qui sortent d*un ceuf pondu, on yerra que la nature a établi, relativement à ces animaux, une loi bien différente de celle à laquelle elle a soumis les Quadrupèdes, et que les plus grandes espèces sont celles dans lesquelles on compte le plus grand nombre d'oeufs. La nature a donc placé de grandes sources de reproductions où elle a allumé la guerre la plus constante et la plus cruelle; mais Téquilibre nécessaire autre le pouvoir qui conserve, et la force consommatrice qui n'en est que la réaction, ne pourrait pas subsister si la nature qui le maintient, négligeait, pour ainsi du^, la plus courte durée ou la plus petite quantité. Ce n'est que par cet emploi de tous les instants et ne tous les efforts qu'elle met de l'égalité entre les plus petites et les plus grandes puissances : et n'est-ce pas là le secret de cette supériorité d'action à laquelle l'art de l'homme ne peut atteindre que lorsqu'il a le temps à son commandement ?

Cependant ce n'est pas uniquement par des courses très-limitées que les Poissons parviennent à se procurer leur proie, ou à se dérober à leurs ennemis. Ils franchissent souvent de très-grands intervalles; ils entreprennent de grands voyages ; et, conduits par la crainte, ou excités par des appétits vagues, entraînés de proche en proche par le besoin d'une nourriture plus abondante ou plus substantielle, chassés par les tempêtes, transportés par les courants, attirés par une température plus convenable, ils traversent des mers mimenses ; ils vont d'un continent à un autre, et parcourent dans tous les sens la vaste étendue . d'eau au milieu de laquelle la nature Jes a placés. Ces grandes migrations, ces fréquents changements, ne présentent pas plus de régularité que les causes fortuites qui les produisent; ils ne sont soumis à aucun ordre : ils n'ai^rtiennent point à l'espèce; ce ne sont que des actes individuels, il n'en est pas de même de oe concours périodique vers les rivages des mers, qui précède le temps de la ponte et de la fécondation des œufs. U n'en est pas de même non plus de ces ascensions régulières exécutées chaque année avec tant de précision, qui peuplent, pendant plus d'une saison, les fleuves, les rivières, les lacs et les ruisseaux les plus élevés sur le globe, de tant de Poissons attachés à l'onde amère pendent d'autres saisons, et qui dépendent non-seulement des causes que nous avons énumérées plus haut, mais encore de ce besoin si impéneux pour tous les animaux, d'exercer leurs fsH cultes dans toute leur plénitude, de ce mobile si puissant de tant d'actions des êtres sensibles, qui imprime à un si grand nombre de Poissons le désir de nager dans une eau plus légère, de lutter contre des courants, de surmonter de fortes résistances, de rencontrer des obstacles difficiles à écarter, de se jouer, pour ainsi dire, avec les torrents et les cataractes, de trouver un aliment moins ordinaire dans la substance d'une

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eau moins salée, et peut-être de jouir d'autres sensatioDs nouvelles. 11 n'en est pas encore de même de ces rétrogradations, de ces Yo yages en sens inverse, de ces descentes

3ui, ae Torigiue des ruisseaux, des lacs, es rivières et des fleuves, se propagent vers les côtes maritimes, et rendent à TOcéan tous les individus que Teau douce et cou-* rante avait attirés. Ces longues allées et ve^ nues, cette affluence vers les rivages, cette retraite vers la haute mer, sont les gestes de Tespèce entière. Tons les individus réu^ nis par la même conformation, soumis aux mômes causes, présentent les mêmes phé-^ nomènes. Il faut néanmoins se bien garder de coipprendre parmi ces voyages périodiques, constatés dans tous les temps et dans tous les lieux, de prétendues migrations régulières, indépenctantes de celles que nous venons d'indiquer, et que Ton a sup« posées dans quelques espèces de Poissons, particulièrement dans les Maquereaux el dans les Harengs. On a fait arriver ces animaux en colonnes pressées, en légions rangées, pour ainsi dire, en ordre de, bataille, en troupes conduites par des chbfs. On les a fait partir des mers glaciales de notre hémisphère a des temps déterminés, s'avancer avec un nouveau concert toujours soutenu, s'approchersuccessivemenide plusieurs côtes deTEurope, conserver leurdisposition, passer

Ear des détroits, se diviser en plusieurs aodes, changer de direction, se porter vers rOuest, tourner encore et revenir vers le Nord, toujours avec le même arrangement, et, pour ainsi dire, avec la même tidélité. On a ajouté à cette narration ; on a embelli les détails ; on en a tiré des conséquences multipliées : et cependant on pourra voir dans les outrages de filoch, dans ceux d'un très-bon observateur de Ronen, M. Noël, et dans les articles de ce I>ictionnaire relatifs à ces Poissons, combien de faits très-constants prouvent que, lorsqu'on a réduit à leur juste valeur les récits merveilleux dont nous venons de donner une id^ê^, on ne trouve dans les Maquereaux et dans les Harengs que des animaux qui vivent, pendant la plus grande partie de l'année, dans les profondeurs de la haute mer, et qui, dans d'autres saisons , se rapprochent, comme presque tous les autres Poissons pélagiens, aes rivages les plus voisins et les plus analogues à leurs besoins et à leurs désirs.

Au reste, tous ces voyages périodlgues ou fortuits, tous ces déplacements réguliers, toutes ces courses irréguhères, f)euventêtre etécutéspar les Poissons avec une vitesse très-grandi et très-longtemps prolongée. On ai vu^e ces animaux s'attaoner, pour ainsi dire, h des vaisseaux destinés à traverser de vastes mers, les accompagner, par exemple, d'Amérique en Europe, lessuivre avec constance malgré la violence du vent qui poussait les bâtiments, ne pas les perdre de vue, souvent les précéder en se jouant, revenir vers les embarcations, aller en sens contraire, se retourner, les atteindre, les dépasser de nouveau, et re-

gagnant, après de courts repos, le temps

Ju'ils avaient , pour ainsi dire , peraa ans cette sorte de halte, arriver avec les navigateurs sur les cAtes européennes.

Eu réunissant ces faits à ceux qui ont été observés dans des fleuves d'un cours tr^ long et très-rapide, on s'est assuré, ainsi que nous rexposerons dans l'histoire des Saumons, cfue tes Poissons peuvent présenter une vitesse telle que, dans une eau tranquille, ils pfarcoul'eDt deux cent quatrevingt-huit hectomètres par heure, huit mètres par seconde, c'ost-^à-dire un espace douze fois plus erand que celui sur lequel les eaux de \k Seine s'étendent dans le même temps, et presque égal à celui qu'un Henné fait franchir h un traîneau éga* lement dans une seconde*

Pouvant se mouvoir avec cette grande rapidité, comment les Poissons ne togueraient-ils pas à de grandes distances, lorsque en quelque sorte aucun obstacle m se présente à eux f En effet, ils ne sont point arrêtés dans leurs migrations, comme les Quadrupèdes, par des forêts impénétrables, de hautes montagnes, des déserts brûlants; ni comme les oiseaux, par le froid de Talmosphère au-dessus des cimes congelées des monts les plus élevés : Us trouvent dans presque toutes les portions des mers, et une nourriture abondante, et une température à peu près égale. Et quelle est la barrière gui pourrait s'opposer h leur course au milieu d'un fluide qui leur résiste à peiM, et se divise si facilement à leur approche? D'ailleurs^ non-seulement ils n'éprouvent pas, dans le sein des ondes, de frottenaent pénible ; mais toutes leurs parties étant de très-peu moins légères que 1 eau, et surtout que 1 eau salée, les portions supérieures de leur corps, soutenues par le nquidedans lequel elles sont plongées, n'exercent pas une très-grande pression sur les inférieures, et l'animal n'est pas contraint d'emplojer une grande force pour contre-balaocer les effets d'une pesanteur peu considérable.

Les Poissons ont cependant besoin de s* livrer de temps en temps au repos et mèffle au sommeil. Lorsque, dans le moment (m ils comn^encent h s'endormir> leur ve^ natatoire est très^gonflée et ren^plie «nj gaz très-léger, ils peuvent être souteoi» « différentes hauteurs par leur seule ^^^'^^ glisser sans effort entre deux coiwbes de fluide, et ne pas cesser d'être plongé» ws un sommeil paisible, que ne trouble pw bJ| mouvement très-doux et indépendant de leur volonté. Leurs muscles sont iiéa»Hioiiis si irritables, quiils ne dotmenl V^^^t ment que lorsqu'ils reposent suf iwwjw stable, que la nuit règne, ou qu'éloigna* "^ la surface des eauî, el caehés dans ^^^ ^ traite obscure, ils rte reçoivent presi|tfe,«**" cun rayon de lumière ûans des yeux qu aucune paupière ne garantit, qu'aucune ffli^ brane clignotante ne voile, et qtri pw ^' séqueot sont toujours ouverts.

Maintenant, si nous portons notrej"^ en arrière, et s^ nous coftfrpw^oas^ ^ ^^

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lais de loulM les obserrations que dous Tenons de réunir, et dont on trouvera les deuils Pilec preuves dans ç«tie histoire, nous aduelUoni d^ns les Pois&ons un instinct qai, CQ a'aOaiblisMQl dans les osseux dont le corps est trè^-^ati, s'apime au coutraire Umm ceui qui ont uu corps serptntiforOM, s'Mcroit encore dans presque tous les carlilagiiieux, et peut-être paraîtra, dans

Eresqiw toutes les es)>àce«, liien plus vif et i«a plus étendu qu'on ue l'aurait pensé. On Ml sera plus coov«ia«u lorsqu'on aura rMoanu uu'aveo très-peu da soins on peut les «ppriiôiser, les rendre familier. Ce fait, biea oonnu des anciens, a été très-souvent Jéri&i dans les temps modaroes. Il v a, par ex«aud«, tû«n plu^ a'uo siècle que 1 ou sait que ues poissons nourris dans des bassins d'ua jardin de P«r)s, celui des Tuilerif s, accoBraient lorsqu'on les appelait, et particuUèr«inBal lersau'on proooo^it le nom qu'on (enr avait uanoé. Ceux a qui l'éducation des (toissous n'est pas étraotjère, u'i- SQûrtnt pas que, dans les étangs d'une riraiHle parti» de l'Allemagne, on accoutume les Truites, les Carpes et les Tauches à se rasMmbler au sou d'une cloche, et >i venir prendre la nourriture qu'un leur desline (ly. Uo a uéiae observé a^sez souvent ces babititdas, pour savoir que les espèces qui ne se coutientttBt pas de débris d'animaui ou de Tégélaiix trouvés dans la fange, ni même de petits Vers, ou d'Insectes aquatiques, s'apfinvoisent plus promptement, et s'atlacbent, pour ainsi dire , davantage h la main qui las nourrit, parce que, dans les bassùu oi on les renferme, files ont plus besoin d'assistance pour ne pas manquer de {'«liment qui leur est néce.'^sairc.

A U vérité, leur organisation ne leur periwideiaire entendre aucune voix; ils ne peuvent proférer aucun cri, ils n'ont reçu aMCHO véritable instrumeut sonore ; et s il est quelques-uns de ces aniiuaux dans Ec»quels la crainte ou la surprise produisent une aorte de bruit, ce n'est qu'un bruissera«H asM> sourd, un siâlement imparlait, oceaaiannA par les gaz qui sorteot avec vitesse de leur eerps subitement comprimé, et qui froiaaenl avec plus ou moins de force les borda d«s ouvertures par lesquelles ils s'échappent. Cki ne peut pas croire non plus que, ne formant ensemble aucune véritable sooiéié, ne s'eotr'aidanl point Jans leurs bMoins ordinaires, ne chassant presque jamail avec concert, ne ae recherchant en quekfM suala que pour se nuire, vivant dam un état perpétuel de guerre, ne s'occitl-ant que d'Bltac|uer ou de se défendre, et ne (levant avertir m leur proie de leur s|iproche, ni leur ennemi de leur fuite, ils aient ce «ngage Imparfait, cette sorte de pantomime qu'on renarqM dans an gnnd nombre d'animsui, et qni naît du besoin de se eommoquer des sensations très-variées. Le sens de

(l)Iliereiiiber^M, flrdor pmInt. Kb. ni, — Gcer. " ' ' " riens de Im Httttrt, sim«M - Blacb, Um. 4*i PpiaiMu.

l'ouïe et celui de la vue sont donc h peine pour eux ceux de la discipline. De plus, oo<is avons TU que leurcerteau était jietit, que leurs nerfs efaientgros, 01 l'intelligence parait être en raison de la grandeur du cerveau, relaiivemont au diamètre des nerfe. Le sens du goiît est aussi Irès-émouss(! dans ces animaux ; mais c'est celui de h brutalité, te sens du toucher, qui n'est pas très-obtus dans les Poissons, est au contraire celui des sensations précises- La vue est celui de l'activité, et leurs yeux ont été organisés d'une manière très-analogue au tluide qu'ifs ha'biteut. Et enfin, leur odorat est exquis, l'odorat, ce sens qui sans doute est celui des appétits violents, ainsi que nous le prouvent W Squales,ces féroces tjrans des mers.

Mais pour^ouir de cet insilncl dans toute sonétendue,ilfaulque rien n'affaiblisse les fa* cultes dont il est le résultat. Elles s'émoussent cependant, cci facultés, loj-sque la lempératuie des eaux qu'ils babiteut devient trop froide et aue le peu de chaleur que leur respiration et leurs orgaues intérieurs font naître n'est point sulTisam ment aidé par une chaleur étranijère. Les Poissons qui vivent dans la nier ne sont poiul ei^posés à ce froid cngourdissement,à moins qu'ils ne s'approchent trop de certaines cAles dans la saiâou où les gUces les ont envahies. Us trouvent presque à toutes les latitudes, et en s'élevant où s'ahais^aut plus ou moins dans l'Océan, un degré do chaleur qui ne descend guère au-dessous de celui qui est indiqué par douze sur (e thermomètre de Héaumur. Mais dans les llcuves, dans les rivières, dans les lacs, dont les eaux de plusieurs, surtout en Suisse, font constamment descendre le thermomëlre, suivant l'habile observateur Saussure, au moins jusqu'à quatre ou cinq degrés au-dessus de zéro, les Poissons sont soumis à presque toute rionueoce des bivers, particulièrement auprès des pôles. Ils ne peuvent que difbcileœent se soustrtLire à celle torpeur, à ce sumnieJ profond doc ' d'exposer les causes, la en traitant des Qu^druf Serpents. C'est eu yaio froid pénètre dans leur cbeni les endroits les | éloignés d'une surface geler, qu'ils creusent q dans U terre, dans le qu'ils s'y réunissent [ amoncellent, qu'ils s'y combeni aux effets d'ui nution de cbaleur ; et s'il dans un eogourdissemei trent au moins un de et semetit de forces que l'i puis la diminution dos rieurs jus.iu'à une tr Pendant ce loiig sommei d'autant moins de leur substance, que leur engowrdi&semeni est plus profond; et plu sieurs fois on s'est assuré qu'ils n'avaient dissipé qu 'environ le dixième de leur {xiids. Cet «^ remarquable du Eroid, celte sorte de Diutailie |>ériouiquei n'est pas I4 seule k

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laquelle la nature ait condamné les Poissons. Plusieurs espèces de ces animaux peuvent, sans doute» vitre dans des eaux thermales échauffées à un degré<^assez élevé, quoique cependant je pense qu il faut modérer beaucoup les résultats des observations que Ton a faites à ce sujet ; mais en général les Poissons périssent, ou éprouvent un état de malaise très -considérable, lorsqu'ils sont exposés à une chaleur très-vive et surtout très-soudaine. Ils sont tourmentés par des Insectes et des Vers de plusieurs espèces qui se logent dans leurs intestins, ou qui s attachent à leurs branchies. Une mauvaise nourriture les incommode. Une eau trop froide, provenue d'une fonte de neige trop rapide, une eau trop souvent renouvelée et trop imprégnée de miasmes nuisibles, ou trop chargée de molécules putrides, ne fournissant à leur sang que des principes insuffisants ou funestes, et aux autres parties de leur corps, qu'un aliment trop peu analogue à leur nature, leur donne différents maux très*souvent mortels, qui se manifestent par des pustules ou des excroissances. Dés ulcères peuvent aussi être produits dans leur foie et dans plusieurs autres de leurs or-

Î^anes intérieurs ; et enfin une longue vieilesse les rend sujets à des altérations et à des dérangements nombreux et quelquefois délétères.

Malgré ces diverses maladies qui les menacent, et dont nous traiterons de nouveau en' nous occupant de l'éducation des Poissons domestiques ; malgré les accidents graves et fréquents auxquels les exposent la place

au'occune leur moelle épinière, et la nature u canal qu'elle parcourt , ces animaux vivent cependant un trè&frand nombre d'années lorsquils ne succombent pas sous la dent d'un ennemi, ou ne tombent pas dans les filets de l'homme. Des, observations exactes prouvent, en effet, que leur vie peut s'étendre au delà de deux siècles ; plusieurs renseignements portent môme à croire qu'on a vu des Poissons Agés de près de trois cents ans. Et comment les Poissons ne seraient-ils pas à l'abri de plusieurs causes de mort naturelle ou acciaentelle ? Comment -leur vie ne serait-elle pas plus longue que celle de tous les autres animaux T Ne pouvant pas connaître l'alternative de l'humidité et de la sécheresse, délivrés le plus souvent des passages subits de la chaleur vive à un froid rigoureux, perpétuellement entourés d'un fluide ramollissant, pénétrés d'une huile abondante, composés de portions légères et peu compactes , réduits à un sans peu échauffé, faiblement animés par quelquesuns de leurs sens, soutenus par l'eau au milieu de presque tous leurs mouvements, changeant de place sans beaucoup d'efforts,

feu agités dans leur intérieur, peu froissés l'extérieur, en tout peu fatigués, peu usés, peu altérés, ne doivent-ils pas conserver trèsolongtemps une grande souplesse dans leurs parties, et n'éprouver que très-tard cette rigidité des fibres, cet endurcissement des solides, cette obstruction des canaux,

Sue suit toujours la cessation de It tlet 'ailleurs, plusieurs de leurs organes, plus indépendants les uns des autr^ qoe ceux des animaux à sang chaud, moins intimement liés avec des centres communs, pim ressemblants par là. à ceux. des TégéUux, peuvent être plus profondémeDtaIléKs,plas gravement blessés, et plus comriéienieiM aétruits, sans que ces accidents leur donnent la mort. Plusieurs de leurs parties peovent môme ôtre reproduites lorsqu'elles ost été emportées, et c est un nouveau trait de ressemblance qu'ils ont avec les Quadrupèdes ovipares et avec les Serp^ts. Broossonnet a montré que, dans quelques sens qu'on coupe une nageoire, les membranes se réunissent facilement, et les rayons, ceux môme qui sont articulés et compo«b de plusieurs pièces, se renouvellent et r^

Earaissent ce qu'ils étaient, pour peu qoe b lessure ait laissé une petite portion de lear origine. Au reste, nous devons faire reourquer aue le temps de la reproductioD »i pour les différentes sortes de nagaoiw, très-inégal, et proportionné, comwceln de leur premier développement, à rifAoeon que nous leur avons assignée sur II o^ tion des poissons : et comment, en ^k& nageoires les plus nécessaires aux ïïmtments de ces animaux, et par conséquoi les plus exercées, les plus agitées, ne seraient-elles pas les premières formées et les premières reproduites ?

Tout se réunit donc pour faire adoettre dans les Poissons, ainsi que dans lesQoadnh pèdes ovi|)ares et dans les Serpents, unetrèsgrande vitalité : et voilà pourquoi il n'est aucun de leurs muscles qui, de même qoe ceux de ces deux dernières classes d'animaux ,ne soit encore irritable, quoique séparé de leur cor|)s, et longtemi» après qu'ils ont perdu la vie.

Comme le devoir de ceux qui cultifeot les différentes branches des sciences oatarelies est d'en faire servir les fruits i augmenter les jouissances de Thomme, à câliner ses douleurs et à diminuer ses mauxt ce serait ici le lieu de mentionner les.productioDs que fournit la nombreuse classe des Poissoos au commerce et à l'industrie. Nous proarerions qu'il n'est presqu'aucune partie de ces animaux qui ne soit utile aux arts, et quelquefois môme à celui de guérir. Nous montrerions leurs écailles revêtant le stoc d^ f)alais d'un éclat argentin, donnant des perles iausses, mais brillantes ; leur peau, 1^ membranes, et surtout leur vessie natatoire, se métamorphosant dans cette colle qu^ tant d'ouvrages réclament, que tant dopé^ rations exigent» que la médecine napas dédaigné d'employer; leurs arêtes et leurs vertèbres nourrissant plusieurs m^^ sur des rivages très-étendus; leur hiwj éclairant tant de cabanes et assonpli^]^ tant de matières ; leurs œufe^leur wte « leur chair, nécessaires au luxe des fc** somptueux, et cependant consolant I iw^ tune sur l'humble table du pauvre. Sous^ rions par quels soins leurs différentes •**

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pèi^es deTienoeni pias fécondes, plus agréables au goât, plus salubr^s, plus propres aux divers dimats; commeot on les introduit dao5 les contrées où elles étaient encore inconnues ; comment on doit s'en serrir pour embelUr nos demeures, et répandre un DOUTeau diarme au milieu de nos solitudes. Quelle extension, d'ailleurs, ne peut pas rece- Toir cet art si important de la pèche, sans lequel il n'y a pour une nation, ni narigation sâre, ni commerce prospère, ni force marilime, et par conséquent ni richesse ni pouTOirl Quelle nombreuse population ne serait pas entretenue par Timmense récolte que nous pouvons demander tous les ans aux mers, aux fleuves, aux rivières, aux lacs, aux viviers, aux plus petits ruisseaux I Les eaux peuvent nourrir bien plus d'hommes que la terre. Et combien d'exemples de toutes ces vérités ne nous présenteront pas, et les hordes qui commencent à sortir de l'état sauvage, et les peuples les plus éclairés de Tantiquité, et les habitants des Indes orientales, et ces Chinois si pressés sur leur vaste territoire, et plusieurs nations européennes, particulièrement les moins éloignées des mers septentrionales !

L'histoire naturelle des Poissons utiles servira à nous faire comprendre quelle ressource inépuisable nous a ménagée la Providence, en entourant nos continents d'une ceioCnre maritime habitée par d'innombrables bancs de Poissons, qui n'attendent, pour nourrir le senre humain tout entier, que des pécheurs plus nombreux et des moyens de transport plus rapides. L'abondance des poissons comestibles prouve la bonté de r£tre S!fprëme, tout aussi bien que les antres merveilk» de la nature. Racine a pu dire, pour célébrer les bienfaits de Dieu *

n donne aax floirs lear aimable peioture ;

U fait oailre et mûrir les fmils,

il ktirdispeose avec mesure El b chaleur des jours et la fralcheor des nails ; Le champ qui U» reçut les reod avec usure.

Mais croyez bien qu'un pécheur de la Norvège, de la Bretagne ou de la Méditerranée, préférerait à cette strophe harmonieuse un cantique ayant pour refrain :

Adorons le Seigneur, doot la bonté divine donne le Hareng, le Thon ei la Sardine.

— Cela peut être, direz-vous : le grain de sablé raconte la gloire du Créateur non moins éJoquemment que les sphères célestes; mais, dans une Sardine, malgré ses écailles argentées, ses formes élégantes, ses allures agiles, il est bien ditllcile de voir autant de poésie qtie dains la fleur qui , après avoir cuarmé nos veux et notre odorat par son calice, sa corolle et ses étamines, rafraîchit délicieusement notre palais par son pistil devenu fruit. — Que ne puis-jCt au lieu de chercher à vous réfbter par des raisons qui ne vous convaincraient |)as , que ne puis-je vous transporter eu Bretagne, sur les promontoires du Finistère ou du Morbihan, et vous faire assister i la bénédiction de la iitfr, cérémonie simple

DlCnOlllV. DE ZOOLOGIL. II.

et sévère, qui a lieu vers le solstice d'été, et sert de signal à la pèche de la Sardine !

Sur ces eûtes pittore$<|ues, vous trouveriez de charmantes églises, construites au temps des croisades, et dont Saini^Sulpiee et Saini^Roch seraient jaloux; vous croiriez voir Noire-Dame de Paris en petite proportion, mais Notre-Dame debout, svelte, élancée, posant délicatement son pied sur un tertre de gazon , et non pas accroupie entre les immondices de THôtel-Dieu et les cloaques de la Cité, comme la géante parisienne; ce serait Notre-Dame festonnée et brodée , moins richement que celle de la métropole , mais en revanche exempte de mutilations, et respirant à l'aise dans une atmosphère spacieuse, que limite une bordure de vieux noyers.

Dans ces temples modestes se réunissent de pauvres pécheurs, dont le front hâlé par les orages fvirte un caractère touchant de résignation ; ils passent à genoux sur la pierre les heures consacrées au repos, et labourent des rochers, quand ils ne luttent pas contre les lames courroucées de la Manche. Chez ces infortunés, la religion est inébranlable ; ils ont un si grand besoin de l'espérance d'une vie future , moins pénible et moins agitée, que leur foi ne saurait faiblir; aussi, dans toute la Bretagne, le christianisme eslil debout et le culte florissant. Les habitants des côtes trouvent encore, malgré leur misère, le moyen de faire des offrandes destinées à orner leurs églises. Vous y verrez, suspendues à la voûte, de petites frégates qui sont des ex-voto de marins sauvés du naufrage, et leut ont coûté des années de travail et de privations; dans ces chefs-d'œuvre de patieiice, la grande frégate est complètement représentée; toutes les pièces en sont reproduites dans une proportion vingt mille fois moindre : cordages, mâts, sabords, canons, tout s'y trouve réduit en miniature , avec tant d'exactitude et de précision, qu'un ingénieur pourrait, sur ce modèle, construire en grand un bâtiment de guerre, et le lancer à leau, sans craindre qu*il pût manquer d'équilibre, ou éprouver quelque accident.

C'est pour demandera Dieu la subsistance de ces populations laborieuses qu'a lieu chaque année la bénédiction de la mer. Le jour de Saint-Jean, tous les pécheurs du pays se rendent processionncllement dans les eaux où se pèchent la Sardine; en tète de leurs bateaux s'avance celui qui porte le prêtre, dont rintercession doit appeler sur eux la clémence du Très-Haut. 11 y a loin de ce cortège rustique à la brillante théorie des vierges athéniennes , revenant paisiblement de Délos :

Ce n'est ps sor les mers me poape dorée

Aa bruit des hynuies saiois voguant vers le Pirée.

Ce sont des barques grossières, entr'ouvertes par l'étemel as>aut des vagues, et portant sur l'abime des hommes , des femmes , des enfants, qui lancent de toutes leurs forces vers le ciel les Litames de la Vierge, Avec quelle profonde émotion vous saisi-

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REPTILES

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