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qu'ils vivaient de limon; il en est encore ijui uni UQ goût très-vif pour de« graines «l «l'autre* parties de végétaux lerreslres ou Saviatilea : maii le plus graod uotubre de PoisK)ns préfôrenl des Vers marins, de rilière on de tM-re, des InseEles aquatiques, des œub pondus par leur^ femelles, déjeunes iodividug de leur classe, et en général tous les aoioiaux qu'ils peuvent rencontrer au milieu des eaui, saisir et dévorer sans éprou* rer un^ résistance trop dangereuse.
Les Poissons peuvent avater, dans un espace de temps très-court, une très-grande quantité de oourriture; tuais ils peuvent aussi vivre sans manger pendant ui> Irè^ ^n<l nombre de jours, même pendant plusieurs mois, et quelquefois pendant plus "•-■-■ • ■ les
d'uQ an. Les Poissons, dont sanguins, ainsi que ceux des Beptiles et des Quaarunèdes ovipares, sont parcourus par un Quiae très-peu échauffé, et dont le corps est recouvert d'écailles ou de [égumenls visqueux et huilés, doivent hatiitaellemenl perdre trop peu de leur suhs- Uiice, pour avoir besoin de réparations trèscopieuses et très-fréquonles : mais non-seulement ils vivent et jouissent de leur vivacité ordinaire maigre une attslinence trèsprolongi^e, mais ces longs jeûnes ne les eutpéctieni pas de se développer, de croître, et de produire d.ins leur tissu cellulaire cetts matière onctueuse à laquelle le nom de graisse a élé donné. On conroit tiès-aisé* ment comment il sulfit à un animal de ne pas laisser échapper beaucoup de substance l>our nt> pas diminuer très-sensiblement dans son volume oii Japs ses forces, quoiqu'il ne reçoive ccjichdanl qu'une quantité eilrèmement petite tle matière nouvelle : mais
au'il s'étende, qu'il grossisse, q;i'il présente (^s dimensions plus grandes et une masse plus nesaiilc, quoique n'ayant pris depuis un très-long lemns aucun aliment, quoique n'ajanl introduit depuis plus d'un ai) dans wn roqis aucune substance réiaratrice et nutritive, on ne peut le comi.reiidre. Il faut donc qu'une matière vérilablL'iuenl alimcnlalre maintienne et accroisse la substance et Im forces des Poissons pendant le temp§ plus ou moins long, où l'on est assuré qu'ils ne prennent d'ailk-nrs aucuue portion de leur nourriture ordinaire: celte matière les touche, le* environne, les nénètre sans cesse. Il ii'ïsi en elT^I aucun ] nvsicien qui ne saeho maintenant combien l'eau est nourrissante lorsqu'elle a subi certaines combinaisoDa; et les phénomènes de la naniQcalion, si biien d-îvcloiipés par les cnimisies modenies, en sont surtout une très-grande preuve {!). Mais c'est au milieu de cette eau qae les Poissons sont continuellement plo igés ; elle bnigne toute leur surface; elle fiarcourt leur canal intestinal; elle remplit plusieurs de leurs cavités; et, pompée par les vaisseaux absorbants, ne peut-elle pas éprouver, dans les glandes qui réunissent
le système de ces vaisseaux, ou dans d'autres de leurs organes intérieurs, des combi- ' naisons et décompositions telles, qu'elle devienne une véritable substance nutrilivs et angmentative de celle des Poissons 1 Voilk pourquoi nous Toyons des Carpes suspendues hors de l'eau , et auxquelles on na donne aucune nourriture, vivre longtemps, et même s'engraisser d'une manière très-remarquable, SI on les arrose fréquemment, et si on les entoure de mousae ou d'autres végétaux qui conservent uns humidité abondante sur toute la surface de ces animiiitx (1).
Le Uuide dans leqnel les Poissffios sont plongés peut donc non-seulement les préserver de cette sensation douloureuse que l'on s nommée soif, qui provient de la sécheresse de la bouche et du canal alimentaire, et qui par conséquent ne doit jamais exister au milieu des eaui, mais encore entretenir leur vie, réjiarer leurs perles, bccrottre leur substance ; et le* voilà liés, par de nouveaux rapports, avec, les végétaux. Il no peut cependant pas les délivrer, au moins totalement, du tourment de la faim : cet aiguillon pressant agite aurloul les grandes espèces, qui ont besoin d'aliments plus copieux, plus actifs et plus souvent renouvelés; et telle est la cause irrésistible qui maintient dans un état de guerre perpétuel U nombreuse classe des Poissons, les fait coutinuellenienl passer de l'attaque h la défense, et de la défense à l'attaque, les rend tour à tour tyrans et victimes, et convertit en champ de carnage la vaste étendue des mers et des rivières.
Nous avons déjÀ compté les armes otTeusives et dtjfeosives que la nature a départies ) ces animaux, presque tous condamnés i d'éternels combats. Quelques-uns d'eux ont aussi re^u, pour atteindre ou rB)>ousser leur ennemi, une faculté remarquable : OOMs l'ubserverbns dans la Raie Torpille, dans un Télrodon, dans un (ïymnote, daus un Silure. Nous les verrons atteindre au luiu ))ar une puissance invisible , fiaj>|>er avec la ra*
fiidité de réclair, mettre eu mouvement ce eu électrique qui, excité par l'arl du piiysicien, brille^ éclate, bn nos laboratoires, et qi nature, resplendit dans la foudre dans les airs.
Icuse et soudaine, nous fesler par l'action de ces 1 comme dans tous les i depuis longtemps s<'ius Ii parcourir avec vitesse i ducleurs d'électricité, s' qui n'ont pas reçu celte
(I) On Mumil expliquer d< oiéQie l'âi ment que l'on a va prenilre pemiant Ji^jj jeûnes Irêspraloitgés. Il des Serperis el à quelqi!L-s Qiiailnipéiles ovipares, qoi, i )a vérilé. ne vivenl pas dans Ib seiu ilei eaux, maia liabiteni ordinairetnent an inflieii it'une atBtospbère chargée de vapean aqueuses, et qui aiirool nuise dans l'hiiDiitliië de lair une naurriutre (emJJIaUe à celle qaa les Poisum Mveui à l'eau douce ou salée.
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faire jaillir des étincelles, proauire de violentes commotions, et donner une mort imprévue à des victimes éloignées. Transmise par les neifs, anéantie par la soustraction du cerveau, quoique l'animal conserve encore ses facultés vitales, subsistant pendant quelque temps malgré le retranchement du cœur, nous ne serons pas étonnés de savoir qu'elle appartient à des Poissons à un degré que l'on n'a point observé encore dans les autres 6tres organisés, lorsque nous réfléchirons que ces animaux sont imprégnés d'une grande quantité de matière nuileuse, trèsanalogue aux résines et aux substances dont le frottement fait naître tous les phénomènes de l'électricité (1).
On a écrit que plusieurs espèces de Poissons avaient reçu, à la [)Iace de la vertu électrique, la funeste propriété de renfermer un poison actif. Cependant, avec quelque soin que l'on ait examiné ces espèces, on n'a trouvé ni dans leurs dents, ni dans leurs aiguillons, aucune cavité, aucune conformation, analogues à celles que l'on remaraue, par exemple, dans les dents de la Vipère, et qui sont propres à faire pénétrer une liqueur délétère jusqu'aux vaisseaux sanguins d'un animal blessé; on n'a vu, auprès de ces aiguillons ni de ces dents, aucune poche, aucun organe contenant un sue particulier et vénéneux; on n'a pu découvrir dans les autres parties du corps aucun réservoir de matière corrosive, de substance dangereuse, et Ton s'est assuré, ainsi qu'on pourra s'en convaincre dans le cours de cette histoire, que les accidents graves produits par la morsure des Poissons, ou par l'action de leurs piquants, ne doivent être rapportés qu'à la nature des plaies faites par ces pointes ou par les dents de ces animaux. On ne peut pas douter cependant que, dans certaines contrées, particulièrement dans celles qui sont très-voisines de la zone torride, dans la saison des chaleurs, ou dans d'autres circonstances de temps et de lieu, plusieurs des animaux que nous étudions ne renferment souvent, au moment où on les prend, une quantité assez considérable d'aliments vénéneux et même mortels pour l'homme, ainsi que pour plusieurs oiseaux ou Quadrupèdes, et cependant très-peu nuisibles ou innocents pour des animaux à sang froid, imprégnés d'huile, remplis de sucs digestifs d'une qualité particulière, et organisés comme les Poissons. Cette nourriture redoutable pour l'homme peut consister, par exemple, en fruits du mancenillier, ou d'autres végétaux, et en débris de Vers marins, dont les observateurs connaissent depuis longtemps l'activité malfaisante des sucs. Si des Poissons ainsi remplis de substances dangereuses sont préparés sans précaution, s'ils ne sont pas vidés avec le plus grand soin, ils doivent
Î>roduire les effets les plus funestes sur 'homme , les oiseaux ou les Quadrupèdes qui en mangent. On peut môme ajouter qu'une
(!) Voy. Tan. Iorpille, el surtout celui Gymnote