‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 16 sur 204 · ANS · texte numérisé non relu

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POISSONS, ETC

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on filet, et c*est de là que vient le nom de fild (filet) qa*on lui a donné dans plusieurs départements méridionaux de France. C'est aussi d« cette manière (^u'il attaqne et retient dans ses contours sinueut les Poulpes OQ Sépie, ainsi que les Crabes quMl rencon- Ire dépouillés de leur tôt. Mais s'il est daneereat pour un grand nombre d'habitants delà mer, il est exposé à beaucoup d'ennemis irhomoie le poursuit avec araeurdans les pays où sa chair est estimée, les trèsgraods poissons ie dérorent; la Langouste le combat avec avantage; et les Murénophis, qui sont tes Murènes des anciens, le pressent afcc une force supérieure. En vain, lorsqu'il sedéfend contre ces derniers animaux, em-

Êo\e-l-fl la faculté qu'il a reçue de s'attacher «Itmeot avec sa queue qu'il replie; en vain oppose-t-il par là une plus grande résislOTce k la Murénophis qui veut Tenlraîner : ses efforts sont bientôt surmontés ; et cette partie de son corps, dont il voudrait le plusse servir pour diminuer son infériorité dans une lutte trop inégale, est d'ailleurs dévorée, sotttenl dès la première approche, par la Murénophis. On a pris souvent des Congres ainsi mutilés, et portant l'empreinte desdeois ac6rées de leur ennemie. Au reste, oiv Ks^ute que Va cpieue du Congre se reproduit auelquftois.

Redi a trouvé, daos plusieurs parties de fifité/iew des Couvres qu'il a disséqués, et, pêreXi^p!e sur la tunique externe del'eslomac, le foie^ les muscles du ventre, la tunique extérieure «les ovaires, et entre les deux tufiiques de la vessie urinaire, des hydatides à vessie blanche, de la grosseur d'une plume de coq, et de la longueur de vingtciûq i trente centimètres.

Sur plusieurs eôtes de l'Océan européen, ofl prend ]es Congres par le moyen de plusieurs jjgnes, longues chacune de cent trente ou cent 'quarante mètres, chargées, à une de \euîs eitrémttés, d'un plomb assez pensant pourn'ètfe pas soulevé par Taction do l'eau uir k ligne^ et garnies de vint^t-cincf ou trente piles oU cordes au bout de chacune desquelles sont un haim et nn appât.

La seconde espèce est le Mtre (Mur€ena «ynif, Linn.)» «i'tine taille beaucoup moins coQsidéraMe que le Congre commun. 11 vit <iaDs ia Méditerranée et est peu recherché poor la table.

Les O^Bisi^ES, c'est-à-dire queue:de Ser- P«U. — Ces po'ssons ont été séparés des Anguilles proprement dites, parce que leur »ile et leur dorsale ne s'étendent point, comme cher celle-ci, jusqu'à l'extrémité de ta «jueue, qui reste ainsi dépourvue de na*geoire et se termine en poinçon. Nous roen* donnerons I'Ophisure ophis , qui a une manière de "se mouvoir sinueuse, vive et rapide^ il se roule et déroule, et ces évolutions srat d'autant plus agréables à voir, que ses proportions sont très*sveltes et ses couleurs gracieuses. ~ L'OraisvRE Serpbnt est une autre espèce plus grande oue la première, fille parvient fréquemment a la longueur de prfts de deux mètres. Elle habite non-

seulement dans les eaux salées voisine de la Campagne de Rome, mais encore dans plusieurs autres parties de fa mer Méditerranée. Elle y a été nommée, plus souvent que presque tous les autres poissons. Serpent marin, et elle y a été connue d'Aristote, qui la distinguait par le même notti de Serpent marin, de Serpent de mer. Ses habitudes ressemblent beaucoup à celles de TOphis : ses mouvements sont aussi agiles^ ses inflexions aussi multipliées, ses circonvolutions aussi faciles, sa netation aussi rapide, et ses courses ou ses jeux plus propres encoTeà charmer les yeux de ceux qui sont à portée de l'observer, parce qu'elle offre des dimensions prius grandes, sans cessct d'avoir des proportions aussi sveltes. On ne voit pas sur son corps les taches rondes on ovales qui distinguent rOphis. Hle est jaun^re sur le dos, blanchâtre sur sa partie inférieui^e; et sa nageoire dorsale, amsi que celle de l'anus, sont liserées de noir.

Les Murènes {Murœnophi$, Lacép. ), complètement privées de nageoires pectorales. —Nous distinguerons la Mdrène Hélènb (M. Helena, Lin.j.CetteMurénophisestIa Murène des anciens. Son histoire est liée avec celle des derniers temps de ce peuple politique et guerrier, qui, après avoir étonné et subjugué le monde, perdit l'empire avec ses viprtus, et lut précipité par la corruption dans l'abîme creusé par la tyrannie fe nlus avilissante. Mais avant de voir ce que 1 homme a fait de cette espèce, voyons ce qu' elle tient de la nature.

Dénuée de pectorales et de nageoires du ventre; avant sa dorsale, sa caudale et sa nageoire de l'anusnon-seulementtrès-basses, mais recouvertes d'une peau épaisse qui empêche d'en distinguer les rayooset la forme; semblable aux Serpents par sa conformation presque cylindrique, ainsi que par ses proportions déliées; douée d'une grande ^uplesse et d'une grande force, flexible dans ses parties, agile dans ses mouvements, elle nage comme la Couleuvre rampe; elle'ondule dans l'eau comme ce reptile -sui* 'ht terre; elle change de [)lac^ par les contours sinueux qu'elle se donne; et, tendant ou débandant avec énergie les ressorts produits par les diverses portions de sa queue ou de son corps, qu elle plie, rapproche, déplie, étend en un clin d'oeil, elle monte, descend, reciile, avance, se roule et s'échappe avec )a rapidité de l'éclair.

Aristote et Pline ont même prétendu, et l opinion de ces grands hommes est assez vraisemblable, que la Murénophis pouvait, comme l'Anguille et comme les Serpents, ramper pendant quelques moments sur ia terre sèche, et s'éloigner à quelque distance de son séjour habituel.

Les dents de la Murénophis hélène étant fortes, nombreuses, et [)Ointues ou recoure Hëes, sa morsure a été souvent assez dange* reuse pour qu'on ait cru que ce poisson était venimeux.

Chacune 'de ses deux narines a deux ori* lices. L'ouverture antérieure est plaoée au

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bout d'un petit tube voUin de l'extrémité du museau, et, comme ce tube flexible ressemble à un barbillon très-court, on a écrit que THélène avait deux petits barbillons vers le boui de la mâchoire s\ipérieure. Dne conformation semblable peul être observée dans presque toutes les espèces du genre que nous décrivons.

L'oritice des branchies est étroit, et situé presque horizontalement.

Une humeur visqueuse et très-abondante enduit la peau, et donne à Tanimal la faculté de glisser facilement au milieu des obstacles, et de n'être retenu qu'avec beaucoup de peine.

Les femelles ont des couleurs plus variées que les mâles : leurs nuances ne sont pas toujours les mêmes; mais ordinairement leur museau, est noirâtre. Dn brun rougeâtre et tacheté de jaune distingue le dessus de la tête ; la partie supérieure du corps et de la queue otfre une teinte d'un brun également rougeâtre, et d'autant plus foncée qu'elle est plus près de la caudale; des points noirs et des taches jaunes, larges et pointillées ou mouchetées de rougeâtre, sont distribuées sup ce fond brun; la partie inférieure et les côtés de ces mêmes femelles sont d'une couleur fauve, relevée par de petites raies et par des taches brunes.

Telles sont les couleurs que le savant et zélé observateur Sonniui a vues sur les Bélèiics femelles, pendant son voyage en Grèce, où il a pu en examiner un très-grand nombre de vivantes (1).

La livrée des mâles diffère de celle que nous venons d'indiquer, en ce que les taches sont très-ci air-semees sur leur surface, pendant que le corps et la queue des femelles en sont presque entièieiuent couverts (2).

Sur quelques individus femelles ou mâles, le fond de fa couleur est vert ou blanchâtre, au lieu d*être iauve ou d'un rougeâtre brun.

Lorsque les Muréuophis hélènes ont atteint une longueur de trois pieds, leur plus granet diamètre n'égale pas tout à fait le douzième de leur longueur.

Leur chair est grasse, blanche, très-délicate, et, sans les arêtes courtes et recourbées dont elle est remplie, elle serait très-agréable à manger.

Suivant Sonuini, les Hélènes ont l'estomac assez çrand, gris, et tacheté de noirâtre vers sou origine; un foie long et a'un rouge jau« nâtre; une vessie natatoire petite, ovale, jaude en dehors, blanche en dedans, et formée par une membrane très-épaisse.

Le même naturaliste nous apprend que les œufs de ces Murènes sont elliptiques et jaunes.

Ces œufs sont fécondés comme ceux des Raies, des Squales et d'autres poissons, par l'etfet d'une réunion intime du mâle et de la femelle, qui, pendant leur accouplement, semblable à celui des Couleuvres, eutrela»»

({) Voyage en Grèce et en Turquie, par C. S. Son- Bini, eic., u 1,p, 190 et s.

{%) Bélon, De aquaiHibuêt i. i, c. 12.

cent leurs queues et leurs corps déliés. Le témoignage de Sonuini confirme, à cet égard, l'opinion d'Aristote et de Pline; et c'est cette conformité entre l'accouplement des Couleuvres et celui des Hélènes, qui a fait croire à tant de naturalistes, et persuade encore aux Grecs modernes, que les Serpents s'accouplent avec les Murenophis, qui leurressemhldai par un si grand nombre de traits extérieurs.

Les œufs des Hélènes étant fécondés dans le ventre même de la mère, on doit regarder comme possible, et (bême comme très-probable, que, dans beaucoup de circonstances, ces œufs éclosent dans le corps de la feuielle ; et dès lors les Murenophis hélènes devraient être comptées parmi les poissons ovoviti^ pares (1).

Ces Apodes vivent non-seulement dans l'eau salée, mais encore dans l'eau douce. On les trouve dans les mers chaudes ou tempérées de l'Europe et de TAmérique, particulièrement dans la Méditerranée, et sur* tout près des côtes de la Sardaigne. Ils se retirent au fond de Teau pendant que l'hiver règne.

Dans toutes les saisons , ils aiment à se loger dans les creux des rochers. Quand le printemps commence, ils fréquentent les rivages.

Ils dévorent une grande quantité de cancres et de noissons. Ils recherchent avec avidité les Polypes. Rondelet raconte que le Polype le plus grand et le plus fort fuit rapproche de \h Murenophis nélène ; que cependant, lorsqu'il ne peut éviter son attaque, il s'etforce de la retenir au milieu des replis tortueux de ses bras longs et nombreux, de la serrer, de la comprimer, de l'éioutfer; mais qu'elleglisse comme une colonne fluide, échappe à ses étreintes, et le déchire avec ses dents aiguës.

Les Hélènes sont d'ailleurs si voraces, que, lorsqu'elles manquent de nourriture, elles rongent la queue les unes des autres. Elles ne meurent pas pour avoir perdu une partie considérable de leur queue, non pius

3ue lorsqu'elles sont longtemps hors de Veau, ont elles peuvent se passer pendant quelques jours, si la sécheresse de l'atmospnèrc n'est pas trop grande, ou si le froid n'est pas trop violet.t; mais ou a remarqué que, ^«eudant l'hiver, elles sont sujette:» h des maladies. Plusieurs de ces Murenophis ont présenté, pendant cette saison, des vessies jaunâtres de diverses formes, et dont chacune contenait un ver, sur la tunique externe de l'estomac, sur la surface extérieure du canal intestinal, sur le foie, ou sur les muscles du ventre, entre les arêtts, dans la tunique extérieure de l'ovaire, et dans l'intervalle qui sépare les deux tuniques de la vessie urinaire.

On pêche la Murenophis hélène avec des nasses et avec des li^^nes de fond : mais son instinct la fait souvent échapper à la ruse. Lorsqu'elle a mordu à rhamefon, elle l'avale

(1) Voyez rariide du Blewiiî ovovivir^as ele.

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