DISCUSSION DES SYSTËHES ET RÉFUTATION
Omne vivum ex ovo.
Uàrvey.
De quelque côlé que Ton envisage la queslion, VimmutabilUé de$ espèces est le grand faii, le fail qui ressort de tout et que tout démontre. Flourens, Travaux de Cuvier^ p. S94.
La science a eu ses folles témérités et son orgueil impie; elle a blasphémé Dieu et a osé rappeler unehypolA^e (de Laplace). Oui, il s'est trouvé, non des songe-creux, mais des hommes de génie, esprits superbes, qui, sur certaines questions, résolues depuis six mille ans par le sens commun de toutes les générations, sont descendus jusqu^àTidiotismo et ont imprimé sur \exxr front ce stigmate ignominieux, juste châtiment réservé à la raison humaine toutes les fois qu'elle prétend se passer de Dieu : Factus est sicut equus et mulus quibusnon est intellectus. C'est dans les écrits de ces savants que le panthéisme matérialiste va, de nos jours, recruter ses forces et chercher des armes : c'est donc de ce côté que les défenseurs de la religion et de la saine philosophie doivent diriger leurs efforts afln de combattre cette grande erreur de notre époque, et de désabuser les esprits peu expérimentés que ces doctrines funestes, destructives de toute foi et de toute morale, auraient égarés et séduits. Parmi les théories qui ont été imaginées pour appuyer cette déplorable aberration de la science, celle de l'origine des êtres organisés, par la génération spontanée et par la transformation graduelle des espèces, est présentée avec le plus de complaisance (1). Ce n'en est pas moins assurément Tune dea plus honteuses et des plus humiliantes pour la raison humaine, ainsi que nous allons essayer de le démontrer.
(1) c La nature a commencé, comme elle comeoce tous les jours dans les temps et les lieux les
eus favorables, par créer directement les animaux ^ plus simples. En vertu de ces facultés d*accroisscmeni el de reproduction qui sont essentiellement propres aux premières périoNdes de la vie, elle a pu,
Er h complication graduelle de Torganisation dans ; circonstances convenables, et par la transmissMMi héréditaire des progrés acquis, créer, non pas directement, mais progressivemenl, des animaux de plus eo plus parfaits ; et dans le long cours des sièdes et avec Finfinie diversité des conditions extérieures, elle a produit cette multitude énorme d'espèces diont h série, habilement échelonnée , révèle encore anîourd*hui, malgré quelques irrégularités et quelques lacuiies, une manifeste communauté d'orifiae. > Encyctopédie nouvelle^ art. AnimaL Voy. de phtft les an. Christiam$me et Ciel, dans la même En-
Sdopédie, et les ouvrages de Robinet, de Telliamed, la Métbrie, Lamarck, Bory Saint-Vincent, Pierre
DiCTioNN. DE Zoologie. II.
Leroux, Burdach, Carus, Gœthe, Spix, Oken, etc.; Dans Pantiquité Kapila , (Inde) , Epicure , Lucrèce, Pline. Que dirons-nous de Buffon et de ses mole' cules organiques ? Les générations spontanées admises par Buffon sont une conséquence des molécules organiques. € Il y a peut-être, dit-il, autant d^étres, soit vivants, soit végétants, qui se reproduisent par l'assemblage fortuit des molécules organiques, qu'il y a d'animaux ou de végétaux qui peuvent se reproduire par une succession constante de générations. > (Tome IV, page 335, Suppléments^ édit. in4« de rimprimerie royale.) — t Plus xm observera la nature, dit-il encore, plus on reconnaîtra qu*fl se produit en petit beaucoup plus d'êtres de cette façon (par la génération spontanée) que de toute autre. On s assurera de même que cette manière de génération est non-seulement la plus fréauente et la plus géné^ raie, mais la plus ancienne, c estp à-dire la première et la plus universelle, i (Tome IV, page 357, Suppléa menis. ) — C'est un spectacle qu'il ne faut pas se*
il INTRODUCTION. 12
A Tarticle Génj^eatiox spontanée de ce Dictionnaire, nous avons présenté avec étendae les recherches heureuses qui viennent d'être faites sur les Entozoaires et les Infusoires, et sur leur mode de propagation. Ces découvertes si remarquables ont enlevé à Fbypothèse des générations spontanées ce qu'elle avait encore de captieux pour les esprits superficiels. Sans reproduire cet article auquel nous renvoyons le lecteur, nous nous bornerons à grouper ici quelques considérations de simple bon sens scientifique, qui suffiront pour montrer tout ce qu*il y a d'absurde et de futile dans le roman de la molécule organique et de ses transformations.
Ni les végétaux ni les animaux n^ont été, à Vorigine, le produit spontané de la madères
Commençons par les végétaux. On suppose l'existence d'une molécule organique
Qu'est-ce qu'une semblable molécule? D'où vient-elle? Qui l'a produite ? Pourquoi et comment organique? Que signifie ce mot ici? Evidemment on ne peut le dire; on ne le sait pas. Ce ne pouvait être une molécule organique semblable à celles qui entrent aujourd'hui dans la composition des corps organisés; car celles-là n'ont point la propriété de reproduire ces mêmes corps ou d'autres corps organisés. Encore une fois, qu'était-ce donc? C'était une molécule comme il n'y en a plus au monde, comme on n'en a jamais vu, ou plutôt c'est un être fantastique, un rêve de l'imagination, une chimère.
Voilà, dans le système panthéiste, le point de départ de tout ce beau règne végétal, si riche et si varié, qui pare de tant de grâce et de magnificence la surface de notre planète.
La molécule $e développe dans un globule de liquide,..» Se développe!... En vertu de quelles lois? On ne les connaît pas; ou n'a jamais eu occasion de les observer. Ces lois ont disparu du monde avec la molécule susdite.
Vous vous étonnerez que la terre, qui, de toutes parts aujourd'hui, se couvre d'arbres et de fleurs, n'ait plus la puissance de produire une pauvre petite molécule organique, et de la développer dans un globule de liquide pour en faire je ne dis pas un cèdre du Liban» mais un simple brin d'herbe, une mousse microscopique. Vous demanderez comment il est arrivé que des propriétés inhérentes à la matière aient pu ainsi cesser d'exister; vous direz que cela est contraire à la notion même de la matière, que l'on ne peut concevoir sans les qualités qui lui sont essentielles. Vous prétendrez qu'il n'y a plus de science possible, s'il est permis d'attribuer à la matière des lois qu'on appellera tantôt immuables et mathématiques, tantôt variables et temporaires, suivant qu'elles favoriseront ou dérangeront nos systèmes. Vous trouverez qu'une matière inerte, inorganique, morte, qui pourtant organise et vitalise, est un phénomène i>ien extraordinaire : c'est faire sortir l'organisation de l'inorganisé, la vie de la mort, c'est admettre qu'on peut communiquer ce qu'on n'a pas, contrairement au vieil adage : Kemo dot quod non habei. Vous objecterez encore que, si la matière ne peut plus engendrer une seule molécule organique, elle devrait au moins avoir conservé assez d'énergie pour agir sur les molécules déjà organisées pour en composer d'autres corps organisés, et que pourtant nous ne voyons aucun végétal se reproduire de cette manière: au contraire, dès qije la vie a cessé, tous les éléments se désorgamisent et rentrent immédiatement sous l'empire des lois générales , qui sont un obstacle à l'organisation bien loin de la favoriser, et contre lesquelles la vie, pour se conserver.
lasser d'observer que celui des muutlons profondes auxquelles ce beau génie a constamment soumis ses idées. Ici il admet le changement des espèces, il les tire toutes de quelques-unes, il suppose un petit nombre de lamilles ou souches principales, desquelles € U n*est pas impossible, dii-il, que toutes les espèces soient issues (Tome XIV, page 358). i Ici il veut que le Che\ai vienne du Zèbre, ou le Zèbre du Cheval, et ailleurs il ne veut pas même que Linné les mette Tun à côté de Fautre (Tome, I, p.'tge 56).
Ici les espèces peuvent changer, puisque quelquesunes donnent toutes les autres; et ailleurs il appelle les espèces t les seuls êtres de la nature, êtres perpétuels, aussi anciens, aussi permanents qu*elle (Tome XIII, page 1). i Et il écrit cette belle phrase : c L^empreinie de chaque espèce est un t^pe dont les principaux traits sont gravés en caractères ineffaçables et permanents à jamais ( Tome XUl , pngc 9 ). •