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Si nous examinoDs actuellement ce qui se passe chez les animaux qui peuvent vivre quelque temps hors de Teau, nous vovons
Îue c*est à cause de la disposition de leurs ranchies, dont Tarransement se rapproche plus ou moins de celle des poumons.
Si les Crustacés peuvent vivre ^ hors de Feau pendant un temps plus ou moins long, c'est que la disposition de leur cavité branchiale leur permet de retenir ce liquide comme dans une sorte de réservoir, et d'humecter ainsi à un degré suffisant les lames ou les filets dont leurs Branchies se composent.
Les espèces qui passent beaucoup de temps à terre sont celles où la membrane qui tapisse intérieurement cette cavité, se repliant sur ^elle-même, forme des espèces de cellules ou des rigoles, dans lesquelles l'eau est retenue plus abondamment. Cette organisation est analogue à celle des [)Oissons que le célèbre Cuvier appelle Pharyn-gienslabffrifUhiqtteSyQi qui sont connus aussi pour ramper des heures et des journées entières loin des rivières, leur séjour ordinaire. Du reste, si Ton retient de force des Crustacés, quels qu'ils soient, dans une petite quantité d'eau, ils s'y asphyxient, quand ils lx)nt épuisée d'oxygène, plus vite que dans l'air libre, et l'air sec les tue beaucoup
Ïlu8t6t que l'air humide, en desséchant leurs ranchlea.
Enfin, pour ce qui regarde les animaux dits Ampmbies, nous pensons que la coïncidence chez eux de Branchies et de sacs pulmonaires n'implique pas contradiction a la définition que nous avons donnée des Branchies. Car s'il est vrai que ces organes se trouvent sur des animaux qui ont eu même temps des poumons et des Branchies, il est vrai aussi de dire que chez eux les sacs pulmonaires sont si peu vasculaires, que la respiration aérienne n'est jamais complète, et qu'elle a besoin du secours des Branchies pour donner au sang tout le desré d'artéria-. lisation nécessaire, voir pour plus de détails, ce que nous avons dit h l'article Amphibies. (Voy. Poisson etRESPiEATioN.)
BRANCHIOSTÈGE. — On donne ce nom 1* à un appareil osseux qui concourt, avec Topercu/e, aux mouvements respiratoires des Poissons ; 2" à un ordre de Poissons cartilagineux, à squelette sans côtes ni arêtes, à branchies libres : tels sont les genres Mormyr$9 Ostraciofiy Tétraûdon^ Dxodon^ Syngnathêf Pégase ^ Ctntritque^ Balisitj Cyclopîèr$ et Lophie.
BRÈME, Abramis. — Genre de poissons de la famille des Cyprinoïdes. Petite bouche t mâchoires sans dent; corps couvert de grandes écailles. Sa langue est lisse, son palais garni d'une substance épaisse, molle, singulièrement irritable, que l'on nomme vulgairement langue de carp^. Les brèmes manquent d'épines et de barbillons, et leur dorsale est courte, placée en «prière des ventrales ; l'anale au contraire 6»t assez longue. Ce genre ne se compose •ncore aujourd'hui que de deux espèces; ctlie qui kii a servi de type , Brème com-
mune (Cyprinuê brama^ Linn.), est en même temps plus grande et plus commune; sa longueur est d'environ dix-huit pouces. Ce poisson vit dans les fleuves et les rivières de presque toute l'Europe, ainsi que dans les grands lacs : il est 1 obiet d'une p(^cbe importante ; on le prend fréquemment sous la glace, où il se tient; il est si commun dans certaines contrées de l'Europe, qu'on rapporte qu'en mars 174^9 on en prit d'un .seul coup de filet, dans un grand lac en Suède, cinquante mille individus, qui pesaient ensemble plus de mille kilogrammes.
Lorsque dans le printemps les Brèmes cherchent les rivières unies, ou les funds de rivières garnis d'herbages pour frajer, chaque femelle est souvent suivie de trois ou quatre mâles ; elles produisent un bruit assez fort en nageant en troupes nombreuses, et cependant elles distinguent facilement celui que l'on produit autour d'elles, qui quelquefois les effraye, les éloigne, les disperse, ou les pousse dans les filets du pécheur. Les Brèmes frayent à trois époques de l'année ; les plus grosses se débarrasseût de leurs œufs pendant la première, et les plus petites pendant la troisième ; durant cet acte les miles, comme ceux de toutes les autres espèces de Cyprins, ont sur les écailles du dos et des côtés de petits boutons qui leur ont fait appliquer ditférentes dénominations, boutons que l'on avait observés dès le temps de Salvian, et que Pline méœe a remarqués. Si la saison à la fin du frai devient froide, les femelles éprouvent les accidents les plus funestes ; Vorifice qui lifre Sassage à la sortie des œufs se ferme et s'enamme, le ventre se gonfle, les œufs s'altèrent, se changent en une substance graouleuse, gluante et rougefltre ; alors ranimai dépérit et meurt.
Les Brèmes sont poursuivies par rbomoe, par les poissons voraces, par les oiseaui nageurs ; les Buses et d'autres oiseaux de proie veulent aussi dans certaines circonstances en faire leur proie ; mais il arrive soureot que si la Brème est forte et grosse, et que les serres aient pénétré assez avaDl ddos son dos pour s'engager dans sa charpente osseuse, elle entraîne au fond son ennemi, qui y trouve la mort.
Les Brèmes croissent assez vite; leur chair est agréable au goût pour sa bonté, et à l'œil par sa blancheur. Elles perdent difficilement la vie lorsqu'on les tire de l'eau pendant le le froid ; et alors on peut les transporter assez loin sans les voir périr, pourvu qu*on les enveloppe dans un linge humide ou dans de la neige.
M. Noël a écrit qu'on avait cru reconnaître dans la Seine trois ou quatre variétés de la Brème; on rencontre à la tête d'une troupe de Brèmes un poisson que les pêcheurs ont nommé chef ae ces Cyprins, et que Blocn était tenté de regarder comme un métis provenant d'une Brème et d'un Rotongle.Ce poisson a l'œil plus grand que la Brome, i?^ écailles plus petites et plus épaisses, 1 vis blanchâtre, la tète pourpre^ la surface en-
POISSONS, ETC
Riie
èûte (l'une matière visqueuse Irès-abon- (tete. Bloch considère aussi comme métis de b Brème et du Cyprin large, des pois- S005 quiy semblables à la Brème, ont la téie amsi que le corps et les nageoires comme le Cyprin large ; la seconde espèce e$t la BomDELi&iiE, petite Brème ou Hazelin [Cwrinus blicea^ Cyprinus haltiSj Gm., Bloch, p. 10). Celle-ci a les pectorales et les ventrales rougeâtres, vingt-quatre rayons à Taoale, et est peu estimée ; aussi les pécheurs les hisseni-ils pour servir de nourriture aax autres poissons, et particulièrement aux
Brochel^j^
BROCHET, Esox. — Genre de poissons de Tordre des Malacopiérygiens abdominaux, famille des Esoces.
Le Brochet est le Reauin des eaux douces; W y règne en tyran dévastateur, comme le Requin au milieu des mers. S'il a moins de paissance, il ne rencontre pas de rivaux aussi redoutables ; si son empire est moins ét«oda, il a moins d*esp^ce à parcourir pour assouvir sa voracité ; si sa proie est moins variée, elle est souvent plus abondante, et il ti*est point obligé, comme le Requin, de traverser d'immenses profondeurs pour TarrathwXsesasWes. Insatiable dans ses appétits, V\ ravaçe a^ec uoe promptitude eflfrayante les viviers et les étangs. Féroce sans discernement, il D'épargne pas son espèce, il dé- ^ore ses propres petits. Goulu sans choix, ildéchire et avale avec une sorte de fureur, les restes mêmes des cadavres putréfiés. Cet animal de sang est d'ailleurs un de ceux auxi^els la nature a accordé le plus d'années : c est pendant des siècles qu'il effraye, agite,
Gwsuit, détruit et consomme les faibles Citants des eaux douces qu'il infeste ; et comme si, malgré son insatiable cruauté il défait avoir reçu tous les dons , il a été dpné non- seulement d'une grande force, Qttû grand volume, d'armes nombreuses, ïûais encore de formes déliées, de proportiofii agréables, de couleurs variées et rirbes.
l'ouverture de sa bouche s'étend jusqu'à aes^eux. Les dents qui garnissent ses mftcboires sont fortes, acérées et inégales; les unes sont immobiles, fixes et plantées dans les alvéoles ; les autres, mobiles et seulement attachées à la peau, donnent au Brochet un nouveau rapport de conformation avec le Requin. On a compté sur le palais sept ceitt dents de différentes grandeurs, et disposées sur plusieurs rangs longitudinaux, indépendamment de celles qui entourent le gosier. Le corps et la queue, très-allongés, très-souples et très-vigoureux, ont depuis la ouque jusqu'à la dorsale , la forme d'un prisme à quatre faces dont les arêtes seraient eSacées.
Pendant sa première année, sa couleur générale est verte; elle devient, dans la seconde année, grise et diversifiée par des taches pAles, Qui Tannée suivante présentent une nuance uun beau jaune. Ces taches sont irrégulières, distribuées presque sans ordre, et quelquefois si nombreuses qu'elles se touchent et
forment des bandes ou des raies. Elles acquièrent souvent l'éclat de l'or pendant le temps du frai, et alors le gris de la couleur générale se change en un beau vert. Lorsque le Brochet séjourne dans des eaux d'une nature particulière, qu'il éprouve la disette, ou qu'il peut se procurer une nourriture trop abondante, ses nuances varient. On le voit , dans certaines circonstances , jaune avec des taches noires. Au reste, parvenu à une certaine grosseur, il a presque toujours le dos noirâtre et le ventre blanc avec des points noirs.
Le Brochet passe pour avoir le sens de l'ouïe très-développe ; cet avantage lui donne la facilité d'éviter de plus loin un ennemi dangereux , ou de s'assurer de l'approche d'une proie difficile à surprendre. C'est en effet dans les rivières, dans les fleuves, les lacs et les étangs qu'il se plaît & séjourner ; on ne le voit dans la mer que lorsqu'il est entraîné par des accidents passagers, et retenu par des causes extraordinaires ; mais il a été observé dans presque toutes les eaux de l'Europe. Le Brochet parvient jusqu'à la longueur de deux ou trois mètres, et jusqu'au poids de quarante ou cinquante kilogrammes. 11 croît très-promptement ; on sait que dès sa première année il est très-souvent long de trois décimètres ; dès la seconde de quatre ; dès la troisième de cinq ou six ; dès la sixième de près de vingt ; ce ne sont point ici des exagérations, ni des opinions établies sur des renseignements vaçues. Willugby parle d'un Brochet qui pesait quarante-trois livres. Brand en prit un dans ses terres, près de Berlin, qui avait sept pieds. Bloch a vu le squelette d'une tête qui avait dix pouces de large, ce qui donnait au corps une longueur de nuit pieds; mais de tous les faits de cette nature , le plus remarquable et le plus constaté est le suivant: En 1&-9&-, on
8 rit à Kaiserslautern, dans le Palatinat, un rochet qui avait dix-neuf pieds de long, et qui pesait trois cent cinquante livres. Le Brochet n'est pas dangereux seulement par la grandeur de ses dimensions, la force de ses muscles, le nombre de ses ar^ mes, il l'est encore par les finesses de la ruse et les ressources de l'instinct. La voracité du Brochet est telle, qu'il s'élance sur de gros poissons, sur des Serpents, des Grenouilles, des oiseaux d'eau, des Rats, déjeunes Chats, ou môme de petits Chiens tombés ou jelés dans l'eau, et que, si l'animal qu'il veut dévorer lui oppose une trop grande résistance, il le saisit par la tète, le retient avec ses dents nombreuses et recourbées jusqu'à ce que la portion antérieure de sa proie soit ramollie dans son large gosier,. en aspire ensuite le reste, et l'engloutit ; s'il nrend un poisson hérissé ^^ piauants mobiles, il le serre dans sa gueule, le tient dans une position qui lui interdit tout mouvement et l'écrase ou attend qu'il meure de ses blaasures. Rondelet raconte qu'une Mule buvant dans le Rhône vis-à-vis un Brochet, oui sans doute était en observation, celui-ci s attacha