IV
Le système de la transformaiion des espèces est réfuté par Vexamen comparatif des espèces
fossiles avec les espèces actuelles,
« Si les espèces, ditCuvier, ont changé par degrés, on devrait trouver des traces de ces modifications graduelles, on devrait découvrir quelques formes intermédiaires entre le palœotherium et les espèces d'aujourd'hui, et jusqu'à présent cela n'est pas arrivé. Pourquoi les entrailles de la terre n'ont-elles point conservé les monuments d*une généalogie si curieuse, si ce n'est parce que les espèces d'autrefois étaient aussi constantes que les nôtres (1) ?»
Pénétrons donc au fond des domaines de la nature inorganique ; interrogeons les débris des espèces animales et végétales que les révolutions du globe ont ensevelies dans les roches, et voyons si l'assertion du grand observateur que nous venons de citer est basée sur des faits incontestables.
Rappelons-nous que l'échelle des terrains, en descendant des formations les plus récentes aux p1*is anciennes, est ainsi construite : terrains alluvien, diluvien, tertiaire, secondaire, transitaire et primitif. Eh bien, dans cette longue si'Tie de couchf^s qui constituent l'enveloppe minérale de notre planète, il n'a été découvert aucun fossile, animal ou végétal, qui ait nécessité l'établissement de quelque classe nouvelle. Tous, au contraire, viennent se ranger dans les mêmes grandes divisions qui ont été créées pour les espèces actuellement existantes. De là nous sommes autorisés à conclure que les créations organiques les plus anciennes, comme les plus modernes, se sont accomplies d'après un même
(!) Oi>c urs/elc, p. !!8, 1825.
89 INTUODUCTIO.N. 90
{lUn fteéral» et par conséquentt ^oin de pouvoir être décrites comme coosti tuant des sys« ièmes distincts et isolés dans la nature, elles ne doivent être considérées que comme des systèmes qui se corre<pondent et ne diffèrent que par quelques-uns de leurs détails. Ces diffërem^s très-souvent ne constituent que de minutieuses distinctions spécifiques. Nous TojODS donc le problème des rapports entre le$ organisations récentes et celles dont il nous est parrenu des restes fossiles, résolu par une analogie générale dans Tensembie de Torganisation, par de nombreuses similitudes dans les ooints essentiels, et par une divergence presque universelle dans les détails (1) Considérons d*abord les plantes fossiles.
QuAAd on compare les lois qui ont dirigé les divers systèmes de végétation qui se sont succédé sur les surfaces anciennes de notre globe, avec celles dont Tinfluence règle et coordonne la végétation actuelle, il résulte dacette investigation un fait d'une haute importance reUlivement à l'unité du plan de la création, c'est que les familles dont se compose la flore fosstte forent organisées d'après des principes identiques avec ceux qui président encore aojourlliui au développement des végétaux, ou tellement analogues, que leur ensemble De constitue qu'un seul et même grand code de lois destinées à la coordination universelle de la vie. Ainsi nous trouvons, dès les formations les plus anciennes, celles de tran-> sitioD, des formes végétales présentant, non-seulement les caractères fondamentaux qui distingufrnt entre elles les plantes endogènes et leà plantes exogènes , mais offrant aussi ^ jusque dans les moindres détails, une relation intime de structure et d'organisation avec les plantes deTépoque actuelle. C'est fondés sur cette identité de construction organique que les pa\sonlologistes ont pu rapporter aux familles actuelles les végétaux de la période de transiUon et de toutes les autres périodes subséquentes, les Calamités aux Equisélacées» les Lépidodendronsaux Lycopodiacées, les Conifères, les Fougères, les Cycad^es, les Palmiers» i leurs bailles et à leurs genres respectifs. Ces plantes fossiles, que tant de siècles séparefitdeoous, ont pourtant traversé tous ces âges pour arriver jusqu'à nous avec leurs caradères spécifiques. Plusieurs seulement, telles que les Calamités, les Lépidodendrons, etc., prenant au rebours la prétendue loi de la iransmutaiion progressive^ sont de dimension giguitesqae durant ces âges primitifs, et n'ont que des représentants nains dans la création actuelle. La présence simultanée des plantes acotylédones et dicotylédones , dans les couches les plus anciennes, est un autre argument dont le lecteur saura apprécier toute la force, contre la théorie qui veut faire descendre, par un changement graduel, les êtres lea plus complexes des êtres les plus simples et les plus imparfaits.
Cherchons à présent si, parmi les innombrables débris d'animaux fossiles que recèlent les entrailles de notre globe, il ne se trouveraeit point quelque chose à l'appui de la théone que nous combattons. C'est d'abord' une présomption singulièrement défavorable au système de révolution successive que ce résultat, auquel a conduit l'étude des débris animaux, que les quatre grands embranchements actuellement existants des Vertébrés^ des ArtkuUi^ des Mollusques et des Rayonnes^ ont commencé à la même époque, et que cette époque coïncide exactement avec celle où apparaît la vie organique sur le globe. Si le systèmtf avait quelque fondement, ne serait-ce pas à l'origine de la vie, aux âges du globe où elle a fait sa première apparition, qu'il devrait triompher surtout? Ne devrions-nous pas trouver, dans les couches les plus anciennes,- les classes de zoophytesà l'exclusion des animaux qui appartiennent aux classes plus élevées; puis, dans les couches qui suivent, les espèces successivement plus complexes et plus parfaites ne Jevraient-elles pas apparaître dans Tordre relatif de leur perfection organique? Il n'en est rien cependant; mais les animaux qui sont placés aux deux bouts de l'échelle zcologique se trouvent associés, an contraire, dans k formation qui nous offre les premières traces d'êtres vivants (2).
(1) Voy. Phillips, Guide to Geology^ p. 64. époque, el ne se soient pns transformés en molla»-
(2) Gomment se fait-il, poiirrâit-on demander <|ues, en articulés, etc., et ceux-ci en classes plut
aossi, que les zoopbytes de ces âges primitifs, sépa^ élevées! Il ne devrait plus y avoir aujourd'hui snr
rn de nous par Unt d*années, aient traversé toutes le girbe qu'un seul embranchement, celui des ver
fc» périodes gëologiiucspour arriver jusqu'à notre tébi*és.
91 INTRODUCTION. ftt
On remarque entre les espèces fossiles des formations les plus anciennes et )es espèces récentes, les rapports les plus intimes de structure et d*organisation. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, il existe une similitude parfaite entre les dents, les écailles, les c» des plus anciens poissons Sauroîdes des couches carbonifères (genre Migalichthys) et ceux du genre Lépidostée actuel. Examinez les dents et les épines osseuses du seul C$$trac%ofi (1) qui fasse encore maintenant partie de la famille des Squales ; comparez-les aux nombreuses formes éteintes de cette même sous-famille des Cestracions qui abondent dans toute rétendue des terrains houillers et secondaires, et vous découvrirez des rapports non moins frappants. L*étude des poissons fossiles démontre que chacune des formes pcincip^iles d'organisation que présentent ces animaux existait dès les âges les plus reculés du glol>e, et que toujours ils y ont rempli, dans Téconomie générale de la nature, les mômes fonctions importantes que nous voyons conflées à leurs représentants actuels, dans nos mers modernes, dans nos lacs et dans nos rivières.
De même, dans Tembranchemcnt des Mollusques, les Nautiles^ et les Térébraiutes se présentent à tous les étages delà série des terrains, et se sont perpétués jusqu'à nos jours. Une quantité innombrable d'Univalves, de Bivalves, de Multiloculaires que Ton trouve à rétat fossile dans les couches les plus profondes, offrent la plus grande analogie avec les espèces actuellement existantes. D'où Ton a conclu que les mêmes fonctions ont dû leur être assignées, et que les animaux qui les habitaient, avaient les mêmes formes, les mêmes habitudes, et remplissaient le même rêle dans Téconomie sous-marine que les Mollusques de nos eaux actuelles.
De même encore, dans Tembranchement des Articulés, nous trouvons des Crustacés fossiles appartenant aux plus anciennes formations, lesquels se rattachent par tes plus évidentes analogies de structure avec les Crustacés actuels. Tels sont, par exemple, les Tri^ lobUes^ les Limules, etc., comparés aux Séroles, aux Limules et au Branchippe de nos étangs. Prétendrait-on que les Trilobites, dont les organes de locomotion paraissent avoir été à rétat rudimentaire, c'est-à-dire à la fois locomoteurs et respiratoires, sont la souche éteinte d*où sont dérivées, dans la suite des âges, les formes les plus élevées des Crusta* ces d'aujourd'hui? Mais alors nous no devrions plus trouver dans le Branchippe actuel 4les conditions organiques tout aussi simples, c'est-à-dire des pattes branchiales comme dans la famille éteinte des Trilobites, et le Limule, qui se montre dès les premiers Ages,, n'eût pas dû conserver non plus les caractères intermédiaires qu'on lui connaît, ni demeurer à un degré si inférieur dans l'échelle organique, depuis le moment où il apparut pour la première fois dans la série carbonifère, jusqu'à l'heure actuelle (2).
Enfin, l'embranchement des Zoophytes ou Rayonnes nous offre également des familles qui ont traversé toute la série des terrains et qui se rencontrent encore dans nos mers actuelles. Nous nous bornerons à mentionner la belle famille des Encrinitesy qui se montrent parmi les ordres les plus anciens de la création. Leur organisation présente à ces époques reculées un degré de perfection bien supérieure à celle des Pentacrinites actuelles. Lorsque l'on compare l'une des formes les plus anciennes de ce genre, la Pcntacrinite Briarée du lias, par exemple, avec les espèces fossiles des formations plus récentes, ou avec la Pentacrinile tête de Méduse de la mer des Antilles, on reconnaît dans son organis/rtioa une perfoction de mécanisme, un fini de combinaison, beaucoup plus admirables que chez
(1) Cfstracion Philippin Ciiv. Ce squale a été péebc dans le port Jackson de la Noavelle-Hol lande, pendant le voyage du capilaliie Philipp à Botany-Bay.
(2) Parmi les dëcouverlcs fossiles les plus remar-
Î|uable8, on peut citer celle d'yeux composés ou à acettes que présentent les restes des Trilobites. Nous irouvons, dans les Crustacés et dans les insectes de notre époque, des yeux offrant absolument la même structure. Ces organes ont donc tous été construits sur le mente plan et d*aprè8 le même principe, et puisque les Ti jlobitcs se montrent des rét»6auc où la
vie se manifeste pour la première fois sur notre pîa* nète, il est évident que les instruments visuels dont nous parlons ne sont point passés , |>ar une série de cbançemenls, des formes les plus simples aux formes Tes plus compliquées, mais qit*ils furent créés, dès leur première origine et sans tâtonnement, dans une bnrmonic parfaite avec les usages et les conditions de la classe d'animaux qui a toujours été, comme elle nous apparaît maintenant , en possession d'yeux construits sur ce principe. • il est démontré aussi que l'oppanlion des Iroi*
au^me des espèces qoi la représentent» soit parmi les Encrinites fossiles d'une date plus récente» soit panni les espèces qui vivent encore. Une telle perfection organiquei dans ces espèces lés plus anciennes, comparée à Tinfériorité des espèces qui se sont succédé jusqo'aajourdliuU n'est-elle pas en opposition la plus formelle avec la doctrine qui veut que la vie» chez les animaux» ait progressé depuis les rudiments les plus simples jusqu'aux
Sonnes les plus élevées ?
Nous pouvons citer de semblables faits physiologiques dans les autres embranchements. Ainsi, dans celui des Mollusques» l'histoire des coquilles cloisonnées nous fait voir que plusieurs des formes les plus simples ont conservé leur simplicité primitive».en traversant loos les changements qu'a subis la surface de notre globe; tandis que dans d'autres cas des formes d'un ordre plus élevé précèdent plusieurs des formes les plus inférieures de l'animilité» et quelques-unes de ces dernières n*apparaissent pour la première fois qu'après la destruction complète de plusieurs espèces et de plusieurs genres d'un caractère beaucoup phis complexe. Nous trouvons» par exemple» que» durant les périodes tertiaires» une classe d'ammaux inférieurs en organisation» celle des Trachélipodes (1} carnivores» a pris la place qa*ûccupait» durant les périodes secondaires, l'ordre plus élevé des Céphalopodes carnivores» substitution qui est une véritable rétrogradation» loin d'être un développement progressif. De mtme encore» il résulte de l'étude des coquilles de Nautiles fossiles» qu'elles ont con* serve dans les terrains stratifiés de tous les âges la simplicité primitive de leur structure et que cette structure est essentiellement» dans le Nautile /Iam6/ des mers actuelles» ce qu'elle était dans les espèces fossiles les plus anciennes des couches do transition ; tandis que la tamille des Ammonites» si voisine de la précédente et dont les coquilles sont d'un travail pluscompWqué et plus parfait que celles des Nautiles» a commencé d'exister à la même époque reculée des formations de transition» et s'est éteinte dès la fin des formations secondaires.
Eofia, dans l'embranchement le plus élevé de la série zoologique» celui des Vertébrés, nous trouvons également des faits qui ruinent complètement la vision panthéistique du frogrêê continu : c'est la classe des poissons qui nous fournit ces arguments décisifs. Voici par quelles conclusions un savant célèbre termine ses recherches sur les poissons fossiles : • Il n'existe aucun point dans tout l'ensemble de la nature qui» plus que cette progression que sous avons tracée dans la classe des poissons, repousse la doctrine du développement padael ou de la transmutation des espèces. Les Sauroïdes» en effet» qui occupent dans rëcfaeUe organique une place plus élevée que les formes ordinaires des poissons osseux», ne $*en montrent pas moins en nombre considérable dans les formations carbonifères et Mtoodaires où elles atteignent une taille énorme» tandis qu'ils disparaissent pour être remplacés par des formes moins parfaites dans les couches tertiaires, et que deux genres seulement les représentent parmi les poissons actuellement existants.
« Ici, comme dans plusieurs autres cas» ce que l'on observe, c'est une sorte de développement rétrograde qui s'avance des formes complexes aux formes simples. Il existait à ces époques reculées des espèces qui réunissaient plusieurs caractères organiques que l'on ne retrouve plus dans dos périodes modernes que répartis sur des familles séparées ; et ces bits semblent indiquer que la nature» dans la création successive des poissons, est plutôt partie des formes les plus parfaites en suivant les procédés de la division et do la soustraction, qu'elle n'a opéré par addition, en prenant pour point de départ les formes lesmoins parfaites (2). »
Nous pouvons donc conclure par ces paroles mémorables de deux illustres savants aux-
fnuQes de RepiRes, les Plésiosaures, les Icblhjosau- théorie oui voudrait faire descendre les Crocodiles-
itt ei les Crocodiles, a été simultanée, et qu*iis ont actuels oes Plésiosaures et des Ichtliyosaurcs.
cmiiiBiié d'exisler ensemble jusqu'à la tin des forma- (4) L'ordre des Trachélipodes de Lamarck eom-
tioM secondaires, époque où les Ichlhyosaure s el les p^end la plus grande partie des Moliusques qoi ap-
Plésiosaures onl disparu, tandis que les Crocodiles parliennenl à la classe des Gastéropodes de Cuvier^
se sont perpétués jusqu'à nos jours. Celle simulu- /q\ R,,«i.|«n,i r^nl w Min^r 1 I n ^H7 ■éiié d-eiut^ce dan^ les mêmes couches les plus (^) «"ckland, GéoL et Mtnéu, t. I, p. 257.
SKienoes esi donc encore en opposition avec la
gS INTRODUCTION. 09
quels semble s'être révélé le génie des créations antiques, et dont Ta Toix s'élève dans la question qui rient de nous occuper comme un jugement solennel et sans appel : « Parmi les divers systèmes sur Torigine des êtres organisés, il n'en est pas de moinj vraisem* blable que celui qui en fait nattre successivement les différents genres par des dévepope— ments ou des métamorphoses graduelles (1). »
« Les doctrines qui expliquent Tcxistence des espèces actuelles par un développement o\h une (ranêmutation d'autres espèces, ou qui admettent une succession étemelle d'individus dés mêmes espèces sans un commencement comme sans une fin probable, ne s'étaient encore heurtées contre aucune réponse aussi décisive que celle qui nous est fournie par les débris organiques fossiles (2). »
ConcloftloB.
D'après les considérations que nous avons exposées dans cette Introduction, nous pouvons tirer, relativement à la génération* spontanée et à la réalité des espèces dans la nature,, les conséquences suivantes :
La génération spontanée est une hypothèse qui ne repose sur aucun fait, sur aucun argument de quelque valeur, et toutes les observations tendent à justifier ce mot, à la vérit5 un peu dur, de l'immortel Linné, qu'il faut avoir une éponge au lieu d'une cervelle dans la tête pour croire aux générations spontanées.
Toutes les espèces sont douées de la faculté de se plier, jusqu'à un certain point, aux changements qui peuvent survenir dans les circonstances extérieures, changements dont retendue varie considérablement suivant les espèces.
Lorsque ces ch.ingemenls sont importants, il en résulte ordinairement, pour les espèces»
juc Iques modifications dans la forme, la couleur, la taille, la structure, ou dans qut^lque
autre (larticularité ; mais les altérations ainsi produites sont soumises à des lois constantes»
et la faculté de varier ainsi, dont jouissent les espèces, fait partie du caractère permanent qui
leur est propre.
Quelques particularités de forme, de structure et d'instinct sont transmissibles aux descendants ; mais ces particularités ne sont que des qualités et des attributs intimement subordonnés aux tendances et aux besoins naturels des espèces.
La somme totale de la déviation que tout changement peut produire par rapport au type original s'effectue ordinairement dans une courte période de temps, après laquelle nulle déviation ultérieure ne peut se manifester, même sous l'influence d'une modification de circonstances continue et graduelle , une divergence sans bornes ne pouvant avoir Hou ni dans le sens du perfectionnement ni dans celui do la dégénérescence, et le moindre excès possible au-delà des limites déterminées étant préjudiciable à l'existence de l'individu.
Le mélange des espèces distinctes est réprimé par l'aversion qu'éprouvent à se rapprocher les uns des autres les individus dont chacune d'elles se compose, ou par la stérilité des hybrides. On ne sache pas que les vraies races hybrides se soient jamais perpétuées pendant plusieurs générations, même avec l'intervention de l'homme; car les divers exemples que l'on cite à ce sujet ont rapport à des croisements de Mulets avec des individus de pure race, et non à des mélanges d'hybride à hybride.
Enfin, les considérations précédentes portent à croire que les espèces ont une existence réelle dans la nature, et que chacune d'elles a été douée, au moment de sa création » des Attributs et de l'organisation qui la caractérisent aujourd'hui. Nous l'avons démontré et pour les espèces actuelles et pour les espèces fossiles; il semble donc que nous ayons le droit do répéter avec M. Flourens ces paroles qui formulent nos conclusions :
(I) Cnxicr, 0\scmcut$ (try.lcs, l. \\\, p. il»7. (i) HtidaïKl, I. I, p.,.M5
97 INTUODUCTION. 9S
€ L'histoire naturelle ii*a pas de fait mieux démontre que celui de la fixilé des espèces ; et pov qui sait voir la beauté de ce grand fait» elle n'en a pas de plus beau (1). »
c Les espèces sont donc immuables ; elles ont toutes une même origine, une même date, et c'est la même main, la main du Maiire du monde, qui les a toutes formées (2). »
Eh bieol pourtant les débats ne sont pas clos. Cette grande question de riromutabiiité des espèces a été envisagée sous d*autres faces et a donné lieu à des difiScultés d*un autre ordre» h des théories scientifiques dont les tendances favorisent également le panthéisme matérialiste. Cet 4iutre côté de la question fera ailleurs Tobjet de notre examen approfoodi.
\1) Bnflbii, Hiêi. de ses travaux^ page 106. (2) Id., t6fa., page 98.
Fnr l>K L*IKTaODCCTION.