REPTILES. POISSONS ET CÉTACÉS
ABACATDIA. — Nom, au Brésil, du Zeus- Gûiius de Lioné^ poisson que Daubenton a nommé Doré Gai. Le Zée gai est appelé par
les Portugais Peixe-Gallo y ce qui signifie
Poisson-Coq.
ABDOMEN, du latin abdercy cacher. — Il s^eroploie tour k tour pour désigner les parois, la cavité ou des organes placés dans une partie limitée du corps que Ton nomme région abdominale.
Dans les reptiles, il n*y a le plus souvent aueoDe séparation entre la poitrine et l*al> domeo ; les poumons et le cœur sont en contact immédiat avec le foie, l'estomac, etc., et situés dans la même cavité gui contient loas les autres organes abdominaux. C'est surtout dans la Grenouille et le Serpent que les deux cavités sont parfaitement confondues en une seule ; chez ce dernier, l'estomac, le poumon el le foie sont situés l'un à côté de Taotre, et parcourent ensemble le tiers en? Tiron de la longueur totale de l'animal.
0 existe aussi une particularité très-remarquable chez certains reptiles. La cavité du péritoine a une issue à l'extérieur, dans les Crocodiles et certaines espèces de Tortues.
Deux conduits, que M. Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire et moi, dit M. Martin Saint- Ange, avons fait connaître et nommés canaux I)éntonéaux , établissent cette communica* tion;run desorifices, celui quis'ouvredansie ▼entre, est disposé en entonnoir et situé dans le bas-fond de la cavité (abdominale; l'autre s'ouvre dans le cloaque. L'utilité de ces canaux péritonéaux n est pas encore bien déterminée; les Tortues aue nous avons exa-
minées y font entrer de l'eau, qu'elles lancent assez loin, et sous forme de jet. M. Geoffroy Saint-Hilaire a déduit de ce f^nt et de l'analogie de structure, que les canaux péritonéaux pouvaient avoir chez les Crocodiles une utilité importante. L'entrée et la sortie de l'eau de la cavité péritonéale a semblé, à ce célèbre zoologiste, être une condition favorable à une espèce de respiration abdominale, respiration qui seule semblerait remplacer celle des poumons, lorsque le Crocodile passe un certain temps sous l'eau.
Dans tous les cas, les animaux pourvus de canaux péritonéaux sont à l'abri de toute accumulation de liquide d'ans la cavité abdominale.
Les poissons qui n'ont pas de poumons n'ont point de cavité pectorale proprement dite ; leur cœur est cependant séparé de Tabdomen par une forte membrane qu'on pourrait nommer diaphragme. Les poissons cartilagineux,'tels que les Raies, les Squales, etc., ont deux cavités distinctes, l'une abdominale pour les organes de la digestion, de la génération et de la sécrétion urinaire; l'autre véritablement thoracique, pour les organes circulatoires et respiratoires ; seulement celte dernière cavité, au lieu de renfermer des poumons, contient des branchies (Yoy. ce mol).
ABDOMINAUX. — C'est le nom d'une
!;rande division, dans la classe des poissons, aquelle forme, pour Cuvier, le deuxième ordre des Malacoptérygiens ; ces poissons ont les nageoires vent«rales suspendues sous Tabdomen, on arrière dos pectorales, sans être attachées aux os de Tépaule. Cet ordre
ABL
REPTILES
ABS
qui est très-nombreux, renferme cinq familles : les Clupes , Ctprinoïdes , Esoges , Salmonrs et SiLUROÏDES. IVoy. ces mots et Halacoptérygiens.)
AELE, ou Poisson Blanc, sous-genre de la famille des Cyprinoïdes, ordre des Malacoptérygien^ abdominaux. — Les Ables diffèrent un peu des espèces qui composent le grand genre Cyprin de Linné. Ces poissons abondent dans les lacs et les rivières d'Europe, et Ton en connaît une quinzaine d'espèces, toutes assez petites ; mais la plus intéressante est celle qu'on appelle Ablette, ou Ablet (Cyprinus alburnus^ Linn.,Bloch.). Elle a rarement plus de six pouces de longueur; ses écailles sont minces, peu adhérentes, argentées sur le ventre et d'un bleu verdâtre foncé sur le dos. Sa chair, molle,
f>eu savoureuse, n'offre aucun avantage au uxe culinaire; mais ce poisson est très-recherché pour la matière nacrée , appelée essence d'Orient , qui entoure la base de ses écailles, et avec laquelle on fabrique les fausses perles. Celte liqueur se trouve encore dans Id capacité de sa poitrine et de son ventre ; son estomac et ses intestins en sont entièrement couverts. C'est dans l'am* rooniaque,ou alcali volatil, qu'on la conserve ; car elle est susceptible, surtout pendant les chaleurs, de passer très-rapidement à la fermentation putride ; elle commence alors par devenir phosphorique, et se résout ensuite en une liqut^ur noire.
La pèche de 1 Able se t'ait toute l'année, soit à l'hameçon, ^oit au filet ; mais c'est principalement au printemps, lorsqu'elle fraye» qu'on en prend une grande quantité. Ce poisson préfère toujours le courant le plus fort et l'eau la plus a^^itée. L'Able multiplie beaucoup; petite, elle sert de nourriture aux Soissons voraces et aux oiseaux d'eau. L s rochets, Truites et autres poissons, en sont très-friands.
Pour obtenir l'essence d'Orient, il suffit d'écailler les Ables avec un couteau peu tranchant, au-dessus d'un baquet plein d'eau bien pure. On jette la première eau, ordinairement salie par le sang et les liqueurs muqueuses qui sortent du corps des poissons ; ensuite on lave les écailles à grande eau dans un tamis très-clair, au-dessus du môme baquet; l'essence d'Orient passe seule et se précipite au fond. On frotte une seconde, et même une troisième fois, les écailles pour en retirer toute l'essence. Le résidu E résente une masse boueuse d'un blancleuAlre très-brillant, couleur narfaitement en rapport avec celle des perles les plus fines, ou de la nacre la plus pure.
Le fabricant de perles doit, pour utiliser l'essence d'Orient , lorsqu'elle est puriûée par les diverses lotions ci-dessus indiquées, la suspendre dans une dissolution bien clarifiée de colle de poisson, en mettre une goutte dans la bulle de verre qui doit lui servir de moule, et fy étendre, en agitant dans tous les sens. On la fait ensuite sécher rapidement au-dessus d'un poêle, et, lorsqu'elle est bien sèche, on remplit la bulle,
en tout ou en partie, avec de la cire fondue» qui consolide le verre et fixe Tessence contre sa paroi intérieure.
ABLEPUARIS, g^^nre de reptiles Sauriens, famille des Scinco'ides, caractérisé par des yeux dépourvus de paupières. — On n'en connaît que deux espèces : VAblepharis pannonicuSf assez commun en Hongrie et en Morée , et VAblepharis LesckenauU , trouvé à Java par le voyageur dont il porte le nom.
ABLETTE, nom donné à plusieurs poissons, à une espèce d'Able, aux ËpinocheS) etc. Ablette de mer, nom donné a la Perche- Ablette {Perça albumuSf Linn.), désuètes d'Amérique.
ABRAMIS. Voy. Brème.
ABSORPTION. — L'Absorption e'^t l'acte par lequel les êtres vivants pomp nt en quel-
aue sorte, et font pénétrer, dans la niasse e leurs humeurs, les substances qui les environnent, ou qui sont déposées daus la profondeur de leurs organes.
Pour constater l'existence de cette faculté absitrbante, il suffît d'un petit nomb.e d'expériences. Si l'on plonge dans l'eau le corps d'une grenouille, de faron à ce que le liquide ne puisse s'introduire dans la bouche de l'animal, on trouve néanmoins qu'au bout d'un certain temps son , oids augmente; or, cette augmentation, oui, dans des circonstances favorables, s'élève jusqu'au tiers du poids total de l'animal, ne peut évidemment dépendre que de l'absorption de l'eau par la surface extérieure du corps.
Si l'on introduit une quantité connue d'eau dans l'esiomac d'un chien, et qu'à l'aide de deux ligatures on ferme toutes les ouvertures qui l'ont communiquer l.i cavité de cet organe avec d'autres parties, le liquide n'en dis[»araîtra pas moins au bout de peu de temps, car il sera absorbé par les parois de l'estomac et se mêlera ainsi «u sang.
11 n'existe cependant, à la surface de la peau ou de l'estomac, ni pores (1), ni ouvertures quelconques qui conduisent diredte-^ ment dans les vaisseaux sanguins et qui servent au passage des liquides absorbés. Mais les tissus qui forment ces organes, de même que ceux de toutes les autres parties du corps, ont une structure plus ou moins spongieuse, et sont tous plus ou moins perméables aux liquides.
En effet, dans le corps vivant comme sur le cadavre, ces tissus s'imbibent toujours des fluides qui les baignent, et se laissent traverser par eux arec plus ou moins de facilité.
Ainsi, que Ton fasse passer à travers un tronçon de veine un courant d'eau acidulé, et que l'on mette en contact avec la surface extérieure de ce vaisseau une teinture bleue de tournesol , on ne tardera pas à .voir w
(l) Les pores que Ton aperçoit à la surface de la peau ne iraversenl pas ceUe membrane ei w conduisenl que dans de peiilcs cavités logées uai» son épaisseur el servanl à sécréter diverse» bumcur» ou à former les poils.
ABS
POISSONS, ETC
ABS
eo«ile«r de ee liquide virer au rouge par l'action de Tacide qui y sera parvenu en Inversant les parois de la veine. Dans le evhTre ces parties sont, par conséquent, perméables aux liquides.
Or, que ron mette à nu une veine chez un «aimai vivant, que Ton isole parfaitement ce vaisseau, et que Ton applique sur sa surface eitérieure de l'extrait de noix vomique, ce poison violent ne tardera pas à pénétrer à travers les (Nsrois membraneuses de la teioe, à se mêler au sang, et à occasionner les svmptômes terribles qui s'observent qtwna on Tinjecte directement dans un vais- :^u san^in. Il est donc évident que, pensai la vie comme après la mort, les veines sool perméables aux liquides.
La perméabilité des parties solides des corps organisés suffit déjà pour nous faire compraidre comment l'absorption est possible. A Taide de cette propriété des tissus Tirants, les liauides peuvent avoir accès partoot; niais elle ne saurait les y appeler, et pour qu'ils pénètrent dans l'intérieur des areanes, il faut nécessairement qu'ils soient sollicita à le faire par une force quelconque.
L'attraction capillaire contribue pulsammeut à produire cette imbibition ; mais elle n*esl pas \a seule force qui agisse dans ce sensuel pour se tonner une idée exacte du mécanisme-à Taide duquel les liquides pénètrent àâas la substâûce des tissus organiques, il est uécessêire de connaître un phénomène trèsctirieui, découvert par M. Dutrocbet, et désigné par lui sous le nom d^mdosmose*
Ce physiologiste a constaté que, si Ton renfenne de l'eau gommée dans un petit sac membraneux surmonté d'un tube et baigné par de Teau pure, ce dernier liquide pénètre du^ riotérieur de l'appareil, et s'élève dans le tube à une hauteur considérable. 11 y a donc ïd une véritable absorption, et la force
Îû la détermine agit souvent avec assez énergie pour faire équilibre à une colonne d*Mu de plusieurs centinlètres. En plagant au conU'aire de l'eau gommée ou sucrée au ddiors du sac membraneux, et de Teau pure dans son intérieur, le passage a lieu en sens iaverse, et le sac, au lieu de se remplir, se îide.
Ce phénomène a la plus grande analogie *vec 1 absorption qui a lieu chez les êtres vivants, et Texplication en est facile à trouver. Kous avons vu que les membranes organiques, de même que tous les corps spongieux M poreuXy se laissent traverser par les li- <(uides: mais la facilité avec laquelle ce transport a lieu varie suivant que ces liquides sont plus ou moins fluides et mouillent plus eu moins £acilement ces espèces de filtres. Si les deux liquides, placés dans l'intérieur et l'extérieur de la poche membraneuse pouvaient traverser également bien les parois de cette cavité, ils se mêleraient, et le même BÎTeau s'établirait en dedans et au dehors de linstrument. Mais si ce liquide extérieur Inverse plus fat-ilement les parois du sac que le liquide intérieur, le courant du dehors en
Digtioun. de Zoolooib. II.
dedans sera plus rapide que le courant en sens contraire, et le 'liquide s'accumulera dans rintérieur de l'appareil. Or, c'est ce qui a lieu quand il y a endosmose ; l'eau qui baigne le sac renfermant l'eau gommée filtre facilement à travers les parois de cette cavité, et lorsqu'elle est arrivée dans son intérieur, elle s'unit à la gomme et forme ainsi un li«* quide nouveau, dont le passaçe, à travers ces mêmes parois, est d'autant pius diflicile,que la quantité de gomme est plus considérable; elle doit donc s'y accumuler et s'élever dans le tube vertical qui communique avec le réservoir membraneux.
Les corps organisés, qui absorbent du dehors les liquides dont ils sont entourés, sont placés dans les mêmes conditions que le sac membraneux dont nous venons de parler; il est donc à présumer que, dans tous les cas» les mêmes effets sont dus à des causes analogues, et que la force principale qui détermine le passage des substances absorbées à travers les membranes vivantes est la même
3ue celle qui produit ie phénomène de l'enosmose.
Dans certains animaux des classes inférieures, ceux dont la structure est la moins compliquée et les facultés les plus bornées, Tabsorption ne consiste aue dans l'espèce d'imbibitiondontje viens déparier. C'est par le mêmemécanisme que les substances élraii-
Sères traversent l'épaisseur des parties solies avec lesquelles elles sont en contact, pour aller se mêler aux liquides dont les aréoles de ces organes sont remplis; qu'elles se répandent ensuite dans tout le corps, et qu'elles pénètrent dan^ la profondeur des tissus. Mais lorsqu'on s'élève dans la série des êtres, on voit que bientôt la nature perfectionne le mécanisme de l'absorption , et Que, pour y parvenir, elle introduit dans cette fonction importante une division de travail de plus en plus grande.
Chez les animaux dans lesquels il se fait une circulation régulière, l'absorption proprement dite, ou le passa^edes substances étrangères du dehors danà l'intérieur de l'économie, s'effectue toujours de la même manière que chez les êtres moins parfaits ; mais, du moment où ces substances sont mêlées aux sucs nourriciers du corps, lesichoses se passent tout autrement; car au lieu de se répandre de proche en proche dans les]diverses parties par l'effet de Timbibition, elles sont entraînées par des courants plus ou moins rapides, et distribuées immédiatement dans tous les points où le sang lui-même pénètre. On voit donc que l'absorption de ces matières et leur transport dans rintérieur de Téconomie ne sont plus un acte unique, mais se composent de deux séries de phénomènes parfaitement distincts : les uns, purement locaux, consistent dans l'imbibition des tissus et dans le mélange des matières absorbées avec les humeurs de ces parties; les autres, dépendant de la circulation générale, consistent dans le transport de ces mêmes substances dans des parties éloignées de celles où elles avaient d'abord pénétré.
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Chez tous ces êtres, l'agtfnt principal à l'aide duquel ce transport s'effectue est le snng (|ui traverse les organes où l'absorption a lieu, et qui retourne vers le cœur pour se porter ensuite de nouveau dans l'épaisseur des divers tissus. Il s'ensuit que, chez les animaux pourvus d'un système circulatoire, les veines jouent un rôle Irès-imporlant dans l'absorption, et que, dans l'immense majorité dos cas, c'est par leur intermédiaire que les li(|uides, dont un point circonscrit du corps est imbibé, se répendent dans toute l'économie.
Chez un grand nombre d'animaux, c'est seulement par l'intermédiaire dos vaisseaux sanguins que l'absorption s'effectue ; mais , chez l'homme et la plupart des autres animaux dont l'organisation est la plus compliquée, il existe un autre système de canaux, qui servent au même usaçe, et qui paraissent être spécialement destinés à absorber certaines substances déterminées. C'est l'appareil des vaisseaux lymphatiquts.
On donne ce nom à des canaux qui naissent par des radicules extrêmement déliées dans la profondeur des divers organes, et qui, après s'être réunis en troncs plus ofci moins gros, vont enfin déboucher dans les veines près du coBur. Un grand nombre de physiologistes regardent ces canaux comme étant les agents uniques de l'absorption, et les nomment vaissemuc abaorbanis, Mais rien Do«vient è l'appui de cette opiniort : l'anatomie comparée suffirait même pour rintirmer, et les expériences faites par M. Magendie et par plusieurs autres savants, prouvent qu elle est complètement erronée.
En effet , l'absorption par les veines est facile à constater ofcez tous les animaux qui ont un système de vaisseaaix lymphatiques » eommeehez ceux qui en sont dépourvue.
Toiot des expériences qui ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
MM. Magendie et Delille, avant assoupi un chien avec de l'opiiun pour lui éviter les douleurs occasionnées par une opération la«borieuse, pratiquèrent l'amputation de l'une de ses cuisses, en laissant seulement iiitadleâ Fartère et la veine, afin de conserver la condmunieation entre le membre et le reste du corps ; puis ils ef^ncèreot^ dans la patte ainsi séparée, un poison violent (de l'upas tieuté). Or, les effets do poison se manites^ tèrent avec autant de promptitude et d'imeH^site que si la euisse n eût pas été séparée du corps , et l'animal périt dans l'espace de quelques minutes.
On pourrait objecter que , malgré toutes les*précautioni8 prises, les parois de l'artère et de la veine laissées intaetes contenaient dans leur épaiseew les vaisseaux lyiupbati-
Sues, et que ces canaux avaifent aum pour onner passage au poison.
Pour lever cette difficulté , M. Magendie /épéta l'expérience sur un autre chien, avec eette rooditieation qu'il introdu sil dans l'artère crurale un tuyau de plume sur lequel il lita le vaisseau par deux ligatures; il coupa ensuite circulairement les parois de l'artère
entre les deux liens, et pratiqua la même opération wir la veine. H n'y eut donc plus de communication entre la cuisse de l'animal et le reste de son corps, si ee n'est par le sang artériel qui arrivai! dans le membre et par le sang veineux qui retournait vers lo oœur; néanmoins le poison introduit ensuite dans ta patte produisit la au)rt avec sa rapidité ordinaire.
Cette expérience ne laisse point de doute que le poison n'ait passé de la palte au trône à travers la veine crurale, et pour rendre le phéRonène encore plus évident, ifi suffit de presser cette veine entre les doigts au moment où les effets du poison commeMent à se manifester; car, en empêchant ainsi le
f)as$Hge du sang, on voit les symptômes de 'empoisounement cesser aussitôt, pour reparaître dès qu'on laissnde nouveau le vaisseau libre et le sang retm)nter vers le cmur. Dans d'autres expéritâaces on a constaté directement la présence des matières absorbées dans le sang des veines. Il est donc évident que ces vaissemx sonttfes organes actifs de rabsor)>tioB^ mais on ne peut douter aussi que, dans certains oas^ les vaisseaux lymphatiques ne servent aux mômes usag*^s. Ainsi que nous le verrons ^lar la ^ite, ces derniers conduits sont dpéeiatBRteftt chargés du transport des Bsatières nutritives extraites des alimfents par le travaii de ht digestion, et dans les autres parties du eo'pps ite paraissent remplir de^ fenctiôns analogues. En effet, M. Dupu^tren , en faisant Taïutopsie d'un malade cpM avait sucChmbéè unénornie abcès (ie la euiese, tnovva les vaiBsëaux lyin^ phatiques voisimi distendus peh un liquide ayant tous les caractères du pîii, M Ton sait ctepuis longtemps que si uwe perseune, len disséquant un cadavre putréfie^ ae pique le doigt, il survient souvent des «ecideuts gra-^ ves dus à l'absorption des ^ubstonces ainsi ittoculées et qu'il n'est pas rare du voir alors les vaisseaux lymphatiques qui a'étemient éapuis la blessure jusqu au tronc, gonflée et enflammés, comme si le padbage du poison eût irrité leur^ panoie.
Du reste, l'dbsoivtion qui se fait par les vaisseaux lym{)hjitiques doit être beaucoup plus leate que eelle effectuée par les veines, car le sang coule avec une grande rapidité dent ees derniers canaut , et lé liquide contenu dans les vaisseaux lympbsliqoes ne s'y meut qfÊe très^emement.
Ce liquide perte le éoiu de It/mphr. Ses propriété» pHyeiuues ne sont pas toujours les oiémee ; tantôt il est opelifir el à peine tosé, d'autres fois jaunâtre -et quelquefois pouge; examiné au rnicroscope, en y vioit une multitude 4e petile olobules analogues à ceux du saBg,et abanGlolméàlui«-tnènie, il se coagule comme ce liquide, et se sépare on deux parties^ un liquide séreux tt unoailiol solide qui, exposé a l'action de l'aiTy fu^nd une teinte rouge (1).
(1) Par Tanalyse chimique oo a UtMi^ le caillot ée la lymphe composé de : eau, 925 ; fîbriiie, 3 ; albu men, 57 ; chlorure alcalin, soude et phosptiaie du
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Las ?«îsseaaT Ijinphatiquea ressemblent, assez aux veines par leur structure et leur «ode ch^ distribution; mais ils sont bten dk» fins' et leurs parois sont plus minces. m en trouve dans presque toutes les parties du o(H^»s; ils forment,en généralideux plans» Tim ssperticieU l'autre profond ; ilsoommunquent «ntre eux ^r de fréquentes anastomo^est et se réunissent en rameaux et en brancties comme les veines. La plupart de ces vaisseaux forment ainsi un gros tronc <|m remoMe au-derûnt de la colonne verte* Me et oui va déboucher daas la veine jious* davière au eûlé guuche (on le nomme canal ikvmei^ne) ; mais d'autres s'ouvrent isoJé*mentdans la veine du cdté opf)Osé du cou, oa même quelquefois dans divers vaisseaux nngoins situés plus près de leur origine, ïemknt leur traj^ on les voil passer à travers ée petits organes irrégulièrement ar*fDHéH et situés aux aisselles, au pli de l'aine, au fOQ, dans la poitrine et dans Tabdaraen. La structure et les usages de ees corps sont encore ^»eu eontius ; dn les appelle ^anifiioru ou ghnke$ l^mphait^eg. Enfin, dans rintérieur des vaisseaux Ijnaophatiques, il existe un grand nombre de replis transversaux qui fean>lis$ent les mêmes fonctions que les vaWules des tchies et qui s'opposent au re- &nxàe\atjmptie.
l>'après ce que wms tenwis de d4re sur le
ffiéfanisme de /absorption, on- comprendre
triment quelles sont les principales cir-
constênrès qui doivent inflaer sur la marche
de certe fonction -
Ainsi la première condiMen de tonte al!K sorpeion étant la perméabilité des tissus 4uttrnosés entre la sutïstance qui doit être abîmée et les liquides qui servirent à en effectuer le transport, il est évident que, toutes rbo5es égales d'ailleurs, ce phénomène àoii éUt d'aulant plus raprde, que ce tissu hri-mème offre une letture plus lâche et plus spongieuse.
Vn autre principe également facile à déduire des faits déjà exposés, c'est que, toutes choses égales d'ailleurs, la rapidité de fibsorpiion doit être en raison du degré de TasiTjJarité du tissu qui en est le siège.
£o effet, la texture Iftche et spongieuse des solides organiques est, de toutes les propriétés phvsiaoes, celle qwi doitfecilîler da- ▼âDlage rimbibition, el les veines étant la rouie principale par laquelle les substances «bsorbées se répandent au loin dans Féco* Dumie, rinfluence du nombre plus ou moins Sraod de ces vaisseaux et de leur grosseur (^t trop évidente pour nécessiter aucun comcoentàire.
Dans la plupart des cas, ces deux lois suffisent déjà pour nous fournir Texplication des différences énormes que Ton remarque daa^ la rapidité avec laquelle l'absorption s^etTectue dao$ diverses parties du cor|)s ; elles pourraietrt même hous ftiire prévoir ces
(Iiaoi, U, pour mille parties. La proportion da caillot et da sérum par»t être à peu près comme t
(iifïérences d'après la seule considération d^ a dispositon anatomiauode nos organes.
Ainsi les pounvons, «îont je ferai connaître plus tard la structure et les fonctions, sont 06 lout«'S les parties de Téconomie, celles dont la structure est la plus spongieuse, et dont le sj^stème vasculalre est le plus développé. Il s'ensuit que Tabsorption doit être Elus rapidedans ces organes aue partout ailmrs, et c'est effectivement le résultat auquel on est arrivé pai- rexpérience.
La substance molle et blanchâtre que Ton h'ouve entre lou« les organes, et que loi nomme la lissu cellulaire^ est aussi très-perméable aux liquiaes, mais ou y trouve bien moins de vaisst'aux sansuins que dans le tissu du poumon : aussi 1 absorption s'y faitelle avec moins de vitesse que dans ces organes, sans laisser cependaut que d'ôtre encore très-rapide.
La peau présente, au contraire» upe texture très-dense, et sa surface est recouverte d'une espace de vernis formé par l'épiderne ; en général, les vaisseitux sanguins y sont également petits et peu nombreux; et eomme on pouvait s'y attendre d'après cette disposition anatoraique, l'abaorptiou ne s'y Jdit que très-diiUcilemeat. £n enievant i'épiderme« on facilite considérablement Timbi* bition de cet46 membrane, et on rendf par tonséauent, l'absorptioa plus facile ; enan, torsqu on ne se borne pas à dénuder ainsi le derme, mais qu'on déi^mine la dilatation de son système vasculavre ( en l'irritant au moyen 4'ua vésicttoire, par exemple )» on rend cette foaietion eucore plus active.
£n rDédecine, on tire parti de la connaissance de ce fait pour obteoir l'absorption de eartaines substances dont oo craint l'action irritante sur l'estomac» ei cette manière d'administrer les médicaments est désignée sous le nom de méihoée mdarmique. Le |)eu de perméabiHié de l'épiderme nous explique aussi pounmoi on peut manier sans dan* ger la plupart des poisons les plus violents, pourvu toutefois que la peau des mains soit fntacte, car alors rabfior(jtiou est à peu près Bulle ; tandis que lesacciderUs les plus gra* ves et la mort môme peuvent être le résultat du contact de ees mèofes substances sur un point où la peau est entamée par une coi4>ure ou seulement dépouiJléd de son épiderme.
Une autre efiroouetance qui ei^erce aussi une influence très-grande sur la rapidité de Fabsorptioo, est l'état i^pUêhmrt (1) plus ou moins grand de l'animaL
La quantité de liqitide qui peut être con^ tenue dans le corps d'un animal vivant a des limites, de même que le degré de dessication compatible avec la vie. Or, plus le corps approdie de son poiei de saturation, plus les liquides éprouvent de difiicultés pour pénétf^^r dans son intérieur.
Ainsi, que Ton administre à deux chiens
(4) Le mot pléthore (<)r>Y)9b>/sc, Tr^nOca, je remplis) est entployé pour indiquer TéUit de pléoitudo du •ystf^me vascnUiie.
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REPTILES
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des doses égales d'un poison dont les effets ne se manifestent qu'après son absorption» et que, préalablement a cette opération, on diminue la masse des humeurs de l'un de ces animaux par une saignée copieuse, tandis que chez l'autre on augmente le volume des liquides contenus dans le corps par l'injection d'une certaine quantité d'eau dans les veines, l'empoisonnement aura lieu chez le premier avec plus de rapidité que dans les cas ordinaires, et chez le dernier les symptômes qui dénotent l'absorption du poison, ne se montreront qu'après un temps bien plus long.
Ces résultats sont d'autant plus importants à connaître qu1ls trouvent des applications nombreuses dans l'art de guérir, et qu'ils montrent combien les fonctions des êtres vivants sont soumises aux lois ordinaires de la physique. Les recherches du docteur W. Ecfwards, relatives à l'influence desagents physiques sur la vie, ont mis cette vérité dans tout son jour, et M. Magendie est arrivé au même résultat en suivant une autre route.
£nQn, la nature des substances absorbées influe aussi sur la promptitude avec laquelle elles pénètrent dans l'épaisseur des tissus et sont portées dans le torrent de la circulation. £n thèse générale, on peut dire que, toutes choses égales d'ailleurs, l'absorption sera d'autant plus rapide, aue les liquides sont moins denses et mouillent plus facilement les'tissus ; pour les solides, il faut tenir compte, en premier lieu, de leur degré de solubilité, et ensuite des propriétés physiques des dissolutions qu'ils forment.
Ainsi, lors(;^u'on iniecte de Teau dans la cavité abdominale dun animal vivant, on voit ce liquide disparaître promptement, tandis aue de l'huile, placée dans les mêmes condfitions, ne diminue pas sensiblement de volume dans un laps de temps considérable.
ACANTHOPHIS, ax«v9«, épine, et S^cf, serpent. C'est le nom d'un genre de serpent de la famille des Vipères. Les Acanthophis ont des plaques sur le devant de la tète, des écailles rhomboïdales, lisses, égales sur le dos; presque toutes les plaques du dessous de la queue sont simples ; elle en a quelquefois de doubles sous son extrémité ; mais le caractère particulier est d'avoir l'écaillé terminale de la queue prolongée et recourbée en crochet. Comme leurs congénères, les Acantophis paraissent très- venimeux. L'espèce la plus commune est Y Acanthophis carastinuê^ gris pâle en dessus, marqué de taches bleuâtres de la largeur du doigt, allongées transversalement, jetées à des distances presque régulières et parsemées de points noirâtres rares ; le dessous du corps est blanchâtre ; Tangle de chaque lamelle est imprimé d'une tache noire en forme de virgule, l'écaillé qui les borde est marquée d'un point noir. La longueur de V Acantophis cerasrtnus est de 24^ à 30 pouces ; la queue forme è peu près la neuvième partie de la longueur totale; sa grosseur est à peu près
celle du doigt ; il vient de la Nouvelle -Hollande.
ACANTHOPTÉRYGIENS, de deux mots grecs qu'on peut traduire par nn^eotres-^tnef. Cuvier désigne ainsi un ordre de la classe des poissons caractérisé par la disposition normale des branchies et de la mâchoire supérieure et par les nageoires épineuses. Les trois quarts des poissons connus se rapportent à ce groupe ; mais ces animaux présentent entre eux des rapports si multipliés, que, malgré les différences nombreuses qu'on leur remarque, on ne peut les séparer autrement qu'en plusieurs familles naturelles, et qu'on est obligé de les réunir tous dans un même ordre.
Les premiers rayons du dos sont toujours osseux et spiniformes. Lorsqu'il existe deux nageoires dorsales, ces- rayons épineux soutiennent seuls la première, et, lorsqu'il n'y a qu'un seul de ces organes, ils en soutiennent au moins la portion antérieure ; eufin on en trouve quelquefois d'entièrement libres. En général, il y a aussi un rayon osseux & chaque nageoire ventrale, et souvent l'anale a aussi quelques épines pour premiers rayons.
On range dans cette grande division des poissons ordinaires seize familles naturelles, désignées sous le nom dePRBCo'ioES,MuLLBS,
JOUBS GUIRàSSéBS, SciéNOÏDES , SPàBOJiDBS, MÉNIDES , SQUlMMIPBtfNBS , SCOMBÉROÏDES
TÉNioïoES, Theuttbs, Phibtngibns LABT-
RlNTHIFOBMBSy MUGILOÏDBS, GoBIOÏDES, Lo- PHIOÏDES OU PECTORALES PÉDICULÉBS, Lâ- BB0ÏDB8 et BOUCHBS EN FLUTE.
ACANTHURË. — Genre de poissons de l'ordre des Acanthoptérygiens, appartenant à la famille des Theutyes. —Il en est de l'histoire naturelle comme de l'histoire civile ; on ne peut la parcourir qu'en ayant sous les veux la nature inventant sans cesse, comme l'art, des moyens de blesser et de détruire. La terre est jonchée d'instruments de mort créés par la nature, plus nombreux peut-être que les traits meurtriers forgés par rhomme. Mais, à la honte de l'espèce numaine, des passions furieuses et implacables ont, sans nécessité , armé pour Tattaque les bras de l'homme, qui n'auraient dû porter que des armes défensives, et quedes graines substaotielles et des fruits savoureux auraient rendu plus sain, plus fort et plus heureux, tandis que, dans la nature, le fort n'est condamné à la guerre offensive que pour satisfaire les besoins impérieux imposés par son organisation, et le faible n'est jamais sans asile, sans ruse, ou sans défense. Les Acanthures sont un exemple de ce secours compensateur donné à la faiblesse. Leur taisle est petite ; leurs muscles ne peuvent opposer que peu d'efforts; ils succomberaient dans presque tous les combats qu ils sont obligés de soutenir: mais plusieurs dards leur ont été donnés; ces aiguillons sont longs, gros et crochus ; ils sont placés sur le côté de la queue ; et comme cette queue est très-mobile, ils ont, lorsqu'ils frappent, toute la force qu'une grande vitesse peut
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POISSONS, ETC